Implication au travail et allaitement

Implication au travail et allaitementVous tirez votre lait au travail, une critique peut arriver rapidement dans la bouche de votre entourage professionnel : vous n’êtes plus impliquée comme avant dans votre travail, vous avez la tête ailleurs ! Ah bon, implication au travail et allaitement sont incompatibles ?

Essayons de voir ce qu’il en est : tirer votre lait vous demande une ou deux pauses de quinze à vingt minutes, auxquelles vous avez droit et pendant lesquelles vous ne travaillez pas. Quoique je sais que certaines d’entre vous continuent à travailler pendant ce temps… Le reste du temps, vous travaillez !

En quoi cette ou ces pauses vous empêchent d’être impliquées au travail ? Est-ce que les fumeurs sont moins impliqués dans leur travail parce qu’ils prennent des pauses cigarettes (qui elles ne sont pas prévues dans le code du travail…) ?

Au contraire, une étude que j’avais menée avec une collègue il y a quelques années montrait que les femmes interrogées qui poursuivaient l’allaitement après la reprise du travail avaient l’esprit plus tranquille et s’inquiétaient moins au cours de la journée pour leur enfant que celles qui n’allaitaient pas ou plus. Cette étude incluait un échantillon de cinquante mères, ce qui est trop peu pour extrapoler. Ceci étant dit c’est un résultat intéressant.

La peur du milieu professionnel serait-elle liée à l’intrusion sur le lieu de travail d’une problématique jugée intime ?

Comment faire reculer cette idée ? Certainement en vous montrant professionnelle jusqu’au bout des ongles. Soyez correctement habillée en fonction de votre poste, arrivez à l’heure, ne parlez pas de votre enfant en permanence à vos collègues ou pour justifier tout retard ou absence.
Est-ce suffisant ?

J’attends que vous me disiez ce que vous en pensez et comment vous l’avez vécu !

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23 Comments

  1. Julie

    C’est une problématique intéressante. De toute façon, après une absence de plusieurs mois, on peut être attendues au tournant, d’autant plus qu’avoir un enfant change l’ordre des priorités !

    En ce qui me concerne, le retour au travail pour ma fille aînée s’est plutôt bien passé. Je travaille dans la fonction publique, dans un milieu plutôt féminin et avec certaines collègues qui avaient allaité leurs enfants et sevré à la reprise. C’était donc une première à mon boulot pour le tirage de lait ! Les collègues ont soit été plutôt bienveillants, soit m’ont laissée tranquille avec mon choix. J’avais aussi de quoi argumenter face aux interrogations éventuelles des collègues, je m’étais documentée et je savais pour quelles raisons (y compris les avantages pour l’employeur) je souhaitait poursuivre l’allaitement exclusif.

    Je pense que le fait que la pause ne soit pas rémunérée, même si je ne suis pas d’accord avec ça, a permis de couper court à tout commentaire négatif. En outre, j’ai toujours accepté que l’heure du tirage varie en fonction des nécessités de service. Et j’ai toujours mis mon lait dans une boîte qui ne laissait pas transparaître les biberons, dans le frigo commun. Ainsi, je ne dégoûtais pas les collègues sensibles 🙂

    Enfin, pour la petite histoire, tant que j’ai allaité ma fille, je n’ai pas pris un seul jour pour enfant malade et une autre collègue a fait le même choix un an après, de tirer son lait au travail. Je pense qu’une fois que ce choix est vu comme quelque chose de normal et non d’une « foldingo de l’allaitement », les gens verront cela comme une possibilité tout à fait normale et qui n’a pas d’impact sur les qualités professionnelles !

    Il serait intéressant de faire une étude plus large sur la question !

    • @Julie
      Merci pour ce retour d’expérience ! Oui j’ai toujours eu envie de refaire une étude plus large mais je n’en ai pas les moyens :-(.

  2. Vervaine

    Tout à fait d’accord ! On n’est pas moins impliquée parce qu’on allaite! Parce que l’on a un enfant, peut-être.
    Mais comme Julie, je n’ai pris aucun congé enfant malade la première année. Et j’avais entière confiance en la nounou et en ma fille !
    J’en parle discrètement au boulot, certains savent que je tire, d’autres pas, tous savent que je continue à donner le sein.
    J’avoue que je passe parfois 10 ou 15 min à lire des blogs de maman au boulot, mais avant, je passais ces mêmes minutes à lire d’autres choses ou aller prendre un café…
    Ne mettons pas tout sur le dos de l’allaitement et voyons surtout ses avantages !

  3. Fraisouille63

    Si on m’avait fait des remarques sur ce temps passé à tirer mon lait j’avais le choix entre répliquer que :
    – Vu toutes les heures supp accumulées les années précédentes je pouvais tirer mon lait à plus soif
    – L’on aille voir un peu combien de temps les fumeurs passent dehors (et empestent en revenant pouah)

    Soyons professionnelles certes, et gardons de la répartie 🙂 (sérieusement la comparaison avec les fumeurs, je pense, coupe court à toute discussion !)
    Et j’espère ne froisser aucune fumeuse mais je suis sidérée par le temps passé dehors par certains collègues plutôt dépendants !

  4. Vervaine

    @Fraisouille63: oui, on peut comparer avec les fumeurs, les pauses-café et les pause tout court. Combien de collègues papotent 5, 10, 15 minutes autour de la machine à café, de la photocopieuse ou juste dans les couloirs?
    Je ne critique pas car je fais pareil (sauf pour la clope), et je pense que c’est bon pour le travail aussi: on a BESOIN de faire des pauses. Cela renforce ensuite la concentration et améliore la productivité. Je crois que des études ont été publiées à ce sujet…
    Donc un pause tire-lait a sîrement aussi des bénéfices (et moins nocives pour la santé que clope ou café!!!)

  5. Assez d’accord avec tout ce qui a déjà été dit. j’ajouterai que si les pères prenaient des jours pour les enfants malades, ou un 4/5 la première année, etc… peut-être moins de choses seraient reprochées aux mères qui travaillent… ce serait match nul !
    Mais dans certaines branches, être mère et rester salariée = reproches continus d’une soi-disant non disponibilité (plus de charrette…), et ce quelque soit le nombre d’heures effectivement travaillées !
    Pour ma part, j’ai ressenti très fortement cette pression, allaitement ou pas allaitement, la question était plutôt bébé/pas de bébé…

  6. Emmanuelle

    j’ai un vécu un peu atypique du contexte « allaitement et travail ». Pour mes deux premières (le troisième est sur le feu), je n’ai pas réellement pris mon congé mater car mes collègues ont fait « comme si » j’étais opérationnelle 100% du temps (même en salle d’accouchement, quasiment). Résultat : aucune remarque quant-au fait que je vienne aux réunions avec des nourrissons (ils n’y avaient pas intérêt, j’étais en droit de rester tout bonnement à la maison et de faire silence radio), ou que je tire mon lait (par contre, n’ayant pas d’infra-structure, j’étais contrainte de le faire enfermée dans les toilettes, assise sur le WC). J’ai fait ça la première année de chacune de mes filles, la plupart du temps, et personne n’a rien eu à redire non plus à mon 80%, puisque je continuais à accomplir 100% du boulot, étant simplement « physiquement ailleurs » une journée par semaine. C’est un choix très ambigu, puisqu’en le faisant, j’ai plus ou moins renoncé à me mettre réellement en congé mater… moyennant quoi je n’ai jamais aucun commentaire lorsque je reste bloquée à la maison pour une otite (jamais eu dans la première année non plus) ou tout autre problème de garde. Par contre, ça nécessite une bonne résistance au stress, et un boulot plutôt flexible…

    • @Emmanuelle
      Effectivement c’est un choix particulier dont je peux tout à fait comprendre les avantages mais qui doit être lourd… Bravo !

  7. Oui, mais « problème » résolu, maintenant en libéral 😉
    Pas de congé mater, pas de pause allaitement, certes, mais une organisation à trouver seule… J’aime !

  8. C’est un très bon conseil. Cela va faire 3 mois que je tire du lait au travail, et après un petit recadrage désagréable, j’ai fini par comprendre que, moins je parlerai de ma fille, mieux ce sera. ça m’attriste, mais tout plutôt que de paraître pas professionnelle, avec tous les efforts que je fais dans mon travail…

    Au passage, je voulais vous remercier, votre blog a joué un rôle très important dans ma décision de tirer du lait au travail, malgré les difficultés que ça présentait pour moi (pas de bureau individuel, de longues journées, aucune collègue ne l’ayant fait avant moi…). Je m’étais dit « j’essaierai au moins, pas question de laisser tomber l’allaitement sans me battre un peu ». Finalement ma fille n’a jamais pris plus d’un biberon de lait artificiel par jour, et le week-end elle ne prend que le sein. Elle grandit bien, notre allaitement nous convient bien à toutes les deux, pas d’arrêt en vue ! Merci !

  9. michele

    Bonjour
    j ai repris le travail il y a un mois, mon bb a 7 mois.
    je travail a l hopital, il va donc a la creche hospitaliere qui est dans un batiment a coté. Je comptais arréter l allaitement lors de ma reprise mais je n est pas pu je n avais pas envie j aime trop ce momment prévillégié.
    Je m organise pour que mon travail soit fini auw heures de tétées.je n est pas encore eut de reflection de la part de mes collegues mais je sent bien que certaines sont agacées…

  10. Bonjour,

    Reprise du travail pour moi il y a 2 mois, j’allaite ma fille de 5 mois et je ne tire mon lait qu’une fois par jour à ma pause déjeuner ! Je travaille uniquement avec des hommes (non-fumeurs 🙂 ) difficile de faire passer plusieurs pauses dans la journée ! J’ai aussi beaucoup de projets en charge avec des rendez-vous clients à des horaires différents. Ceci m’oblige à mener un allaitement mixte (3 repas au LM et 2 au LA) même si je l’aurai préféré exclusif. C’est toujours mieux que d’avoir sevré !

  11. melodie

    Bonjour !

    Ici, j ai repris le boulot début sept aux 5 mois et demi de mon fils.

    J ai menti pour ne pas que l on me pose trop de questions en disant qu il était allergique au lait en poudre et que le pédiatre m avait conseillé de continuer l allaitement jusque 12 voir 18 mois.

    Je sais que c est moche d en arriver là mais j avais tellement peur de casser ce lien qui nous uni…. J ai repris le boulot par obligation à 80% après ce n est pas terrible de mentir mais ça a été ma protection, notre protection.

    Ça m évite aussi les questions du genre « tu arrêtes quand ? ».
    Pour mes collègues, il est allergique point. C est « ma galère » et ça me va bien comme ça !

    L an prochain j aurais ma mutation donc…. Je ne les verrais plus. (je suis fonctionnaire)

  12. Bonjour,
    De mon côté, quand j’ai repris le travail, ma fille avait 3 mois et demi, et il ne m’est pas du tout venu à l’idée de la sevrer : par chance, des amies avaient poursuivi leur allaitement et tiré leur lait, cela m’a paru absolument naturel de faire de même.
    C’est seulement par toutes les réactions de mes collègues que j’ai pu percevoir combien c’est inhabituel, combien cela surprend, et combien cela amène de questions aussi. Je me retrouve dans l’expression utilisée plus tôt : être vue comme une « foldingue de l’allaitement » !
    Lorsque j’ai demandé l’autorisation, c’était au moment des congés d’été, ma Direction s’en fichait, mon DRH a tiqué en demandant « combien de temps elle va faire ça ? » (c’est une question qui revient très souvent, d’autant que je n’ai pas de réponse, vu que je n’ai pas une lactation abondante et que j’attends simplement de savoir combien de temps elle va durer – je complète avec du LA depuis ses 5 mois), et mon supérieur direct m’a expliqué qu’il préférait largement me laisser largement me laisser cette liberté (je prends 2 fois demi-heure par jour et je reste rémunérée) et me voir pleinement concentrée le reste du temps que de me savoir en train de ruminer s’il n’avait pas été d’accord.
    Je prends mes pauses café en plus, avec mes collègues, quand ma charge de travail le permet.
    Mais effectivement, à mon poste, je me donne de fois plus, par reconnaissance.
    Les questions sont très nombreuses aussi : ça prends combien de temps, tu produis combien, est-ce que ton conjoint a gouté ton lait, combien coute la machine, est-ce que tu tires les 2 seins en même temps…
    Quand des collègues me cherchent, les autres répondent que je suis « à la traite », ou partie « faire du beurre » !! C’est un peu moqueur, mais au moins ils en parlent librement. Mes jeunes collègues féminines font un retour positif, je pense que j’ai ouvert une voix…

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