sevrage allaitementVous avez tout prévu pour votre reprise de travail : vous avez pu prolonger votre congé d’un mois, vous avez fait un stock de lait (facile vous débordez de lait la plupart du temps), prévu les pauses pour tirer votre lait au travail, prévenu votre patron qui vous a trouvé une pièce pour tirer le lait, la nounou est d’accord pour donner votre lait et votre mari vous soutient dans votre projet.

Arrive le jour de la reprise. Vous êtes quand même un peu inquiète car votre bébé n’a jamais pris de biberon… Mais forte de la lecture de ce blog, vous vous dites que ça devrait bien se passer, surtout que l’assistante maternelle n’est, elle, pas inquiète du tout.
Vous lui passez un petit coup de téléphone lors de votre pause de midi : petit garçon adoré a accepté le biberon sans aucun problème et il est en train de s’endormir dans les bras de l’assistante maternelle. Parfait, vous reprenez votre travail le sourire aux lèvres, votre bébé est vraiment un ange…

Il est 18h, vous courez chercher votre cher petit ange qui vous a quand même un peu manqué aujourd’hui.
De retour à la maison, vous vous installez dans votre canapé pour lui donner à téter : il est temps car vos seins sont quand même très tendus.

Catastrophe : votre cher petit ange qui a accepté le biberon sans problème avec la nounou refuse brusquement le sein !… Et plus vous insistez, plus il pleure et repousse le sein. Vous n’aviez pas prévu ce sevrage allaitement.

Cette situation est malheureusement parfois vraie… Certains enfants préfèrent le biberon… Je vous engage d’ailleurs à aller lire cet article.

Certains enfants vont finir par reprendre le sein…et d’autre non. C’est en général très difficile pour vous car c’est une surprise. Comment un enfant peut-il préférer une tétine en silicone à mon sein ???
Il faut garder à l’esprit qu’un bébé peut faire un choix qui n’est pas le vôtre, et vous devez le respecter. Ceci dit, vous n’avez pas trop le choix car il est impossible de forcer un bébé à prendre le sein :-).

Refuser de téter ne veut pas dire que votre bébé ne vous aime plus ! Vous êtes toujours sa mère et vous êtes toujours une bonne mère ! L’assistante maternelle ne va pas vous remplacer car vous êtes irremplaçable !!! Vous allez apprendre à materner votre petit bout sans l’aide l’allaitement.
C’est souvent difficile au début car il faut trouver de nouveaux gestes pour consoler son enfant, le nourrir, l’endormir, le rendormir s’il se réveille la nuit. Comme vous venez de reprendre votre travail, votre vie se trouve complètement chamboulée. Courage ! Ce n’est pas parce que votre enfant refuse le sein qu’il n’a plus besoin de contacts physiques, au contraire… et vous aussi ! Alors à vous les câlins prolongés, le portage et les massages. N’hésitez pas, testez de nouvelles manières d’avoir ce contact physique avec votre bébé !

Enfin, si vous n’avez plus la tétée de retrouvailles le soir, n’en profitez pas pour faire le repas ou le ménage, gardez ce temps de retrouvailles sous forme de câlins et de jeux

Et vous, votre enfant a-t-il refusé le sein ? L’a-t-il repris ou pas ?

Article en rapport : Quand mon bébé refuse le sein.

L’illustration : Saint-Nicolas refuse le sein de sa mère, fresque fin XI°, abbaye de Novalera, Piemont italien.

 


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sevrage bambinVous avez choisi d’allaiter au moins six mois, vous avez diversifié votre enfant, il a désormais 8, 9 ou 10 mois et vous souhaitez le sevrer…mais personne ne vous a prévenu de ce à quoi vous deviez vous attendre pour un sevrage bambin.

En effet, un enfant de cet âge sait désormais très bien exprimer son désaccord…
Vous avez décidé de ne plus l’endormir au sein mais il hurle à vous vriller les tympans jusqu’à ce que vous lui donniez le sein ; vous avez décidé de supprimer les tétées la journée mais il vient soulever votre chemisier pour se servir seul…alors que vous êtes en visite chez belle maman, et bien d’autres situations dont vous n’arrivez plus à vous sortir.

Voyons ensemble ce que vous pouvez faire.
La première chose, et certainement la plus importante, c’est de prendre une décision qui vous convienne vraiment. Que vous choisissiez de poursuivre l’allaitement ou de sevrer, il faut absolument que vous vous sentiez à l’aise avec votre choix et que vous l’assumiez. Ainsi, votre enfant pourra s’appuyer sur vous en toute tranquillité. S’il sent un malaise, il ne peut pas être tranquille pour affronter cette nouvelle situation pour lui.

Beaucoup de femmes se disent alors qu’elles auraient dû sevrer plus tôt, que ça aurait été plus simple.
Je pense plutôt qu’un enfant plus petit n’exprime pas toujours aussi clairement son désaccord. C’est normal qu’un enfant ne veuille pas être sevré. Il a le droit d’en être triste…et de le dire.
Soyez donc prête à entendre cette tristesse et à l’accepter, ce sera beaucoup plus facile pour votre enfant.

Sachez aussi qu’un enfant de cet âge là a des ressources pour passer au delà de sa frustration. Tous les enfants s’adaptent au sevrage, à vous de l’y accompagner.

Commencez pas choisir quelles tétées vous souhaitez supprimer en premier. Parlez-en à votre enfant mais ne vous attendez pas à ce que cette parole suffise pour que cela se passe sans pleurs. Au moment de ces tétées, voyez si autre chose peut l’en distraire : manger ou boire quelque-chose s’il a faim ou soif, lire un livre ou chanter une chanson pour la tétée du soir, sortir se promener pour la tétée de l’après-midi.
Si malgré tout votre bébé pleure parce que la tétée lui manque, parlez-lui pour reconnaitre sa tristesse, proposez lui un câlin ou un massage ou bien portez-le. Le sevrage ne signifie pas la fin du corps à corps ! Votre enfant a toujours besoin de contacts physiques.

Plus vous serez paisible face à ses pleurs, plus votre enfant pourra trouver ses ressources pour passer au delà ! Cela prendra surement quelques jours, qui pourront vous sembler très longs, mais votre bébé a besoin de ce temps.
Si cela vous semble impossible, vous n’êtes peut-être pas prête à le sevrer. Attendez un peu et retentez l’expérience plus tard, lorsque vous serez sûre de vous…ou attendez que votre enfant se sèvre seul

Et vous, comment avez-vous sevré votre grand bébé ?

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quel laitVoici une question que l’on me pose souvent : par quoi remplacer le lait maternel au moment du sevrage ?

Cela dépend beaucoup de l’âge de votre enfant.

  • Si votre bébé a moins de six mois, il ne se nourrit que de lait. S’il ne prend plus de lait maternel, il faut le remplacer par une préparation pour nourrisson qui est l’aliment le plus adapté pour prendre la suite de votre lait.
    Toutes les préparations pour nourrissons doivent répondre aux mêmes normes. Il est donc inutile de choisir le lait le plus cher, vous pouvez prendre le premier prix du supermarché, sauf indication contraire de votre médecin.
  • Si votre bébé a entre six mois et un an, son alimentation reste en majorité lactée, les solides ne sont encore que du complément. S’il ne prend plus de lait maternel, vous devez lui proposer une préparation pour nourrisson. Vous pouvez continuer à lui donner du lait premier âge sans aucun souci. Les laits dit « deuxième âge » ont été inventés pour contourner la législation qui interdit de faire de la publicité pour les laits premier âge.
  • Si votre bébé a plus d’un an, vous avez plus de choix. Certains bébés continuent à boire beaucoup de lait alors que d’autres vont plutôt manger des laitages sous la forme de yaourts, fromage,…
    Pour le lait, c’est à vous de choisir si vous continuez à lui proposer une préparation pour nourrissons ou si vous passez au lait entier.
    Votre enfant peut aussi avoir son comptant de laitages sous forme de « solides » sans aucun souci pour sa santé.

Il est important de ne pas proposer de lait de chèvre, de jument ou autre à un bébé de moins d’un an s’il n’a pas été transformé en préparation pour nourrisson !

Les laits végétaux ne sont pas adaptés pour nourrir exclusivement un bébé sauf les préparations pour nourrisson à base de soja. Pour ces dernières, il est recommandé de ne pas les utiliser au long cours pour les petits garçons en raison des phyto-hormones contenues dans le soja.

Vous n’êtes pas obligée d’acheter des petits-suisses « spécial bébé » à base de lait de croissance, les petits suisses normaux peuvent être mangés par votre enfant.

Enfin, l’utilisation d’un lait de croissance est très controversée. L’ajout de fer dans le lait pouvant provoquer une réaction de Maillard, nocive pour l’enfant.
Voir cet article.

Et vous, qu’avez-vous donné à votre enfant après votre lait ?

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anticiper le retour au travailLorsqu’on allaite son enfant, on a envie de rester dans cette bulle intime, et songer à la reprise du travail n’est pas une partie de plaisir. Pourtant, plus l’échéance approche, plus la question se pose : que vais-je faire de mon allaitement ?

La plupart des mères souhaitent que tout se passe au mieux lors de cette première séparation d’avec leur bébé. Elles souhaitent alors préparer au maximum pour être sûre que tout se passera bien.
Pour autant, faut-il et peut-on anticiper le retour au travail ?

Bien sûr, il est important de savoir si l’on souhaite sevrer complètement son bébé ou bien continuer l’allaitement. Cependant, une telle décision prise un mois avant la reprise du travail peut très bien ne plus convenir trois jours avant l’échéance. Alors, comment faire ?

Tout d’abord, profiter pleinement de son allaitement sans se gâcher le plaisir à l’idée de la reprise du travail. Un mois avant le reprise du travail, se renseigner sur les différentes options possibles, quelles sont celles compatibles avec sa situation. Puis prendre une décision environ trois semaines avant la reprise en gardant à l’esprit que l’on peut changer d’avis en cours de route.

Si l’on souhaite un sevrage complet avant la reprise, il vaut mieux le décider au plus tard trois semaines avant la reprise pour avoir le temps de le mener en douceur. Il faut alors commencer à supprimer une tétée à la fois, et surveiller la réaction de ses seins. Voir cet article.

Si l’on souhaite continuer un allaitement complet, il faut se renseigner sur la possibilité matérielle de tirer son lait sur son lieu de travail et sur le matériel à prévoir. Puis prendre le temps de se procurer ce matériel (tire-lait, sachet de conservation, glacière éventuelle, biberons, …). On peut prévoir d’essayer le tire-lait tranquillement à la maison et de faire un peu de stock de lait au congélateur en prévision des jours possibles où l’on ne tirera pas assez de lait pour le lendemain. Cela permet de reprendre le travail plus tranquillement.
Si l’on souhaite garder un allaitement partiel, il faut juste prévoir d’acheter du lait en poudre et de quoi le donner au bébé (biberon, tasse,…).
Dans ces deux derniers cas, il n’est pas indispensable de préparer son enfant au biberon. Voir cet article.

Dans tous les cas de figure, il vaut mieux essayer de préparer cette reprise le plus sereinement possible. En effet, si votre bébé sent de la tension chez vous, l’urgence qu’il accepte le biberon par exemple, il y a de fortes chances qu’il refuse et se braque.
Gardez à l’esprit que c’est un moment de transition, que tous les bébés s’adaptent à la nouvelle situation et que plus on est zen, mieux cela se passe. Il faut laisser à votre bébé le droit d’exprimer son mécontentement et la possibilité de s’adapter à sa manière (qui n’est pas forcément celle que vous aviez imaginée).

Et vous, comment avez-vous préparé votre reprise du travail ?

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sevrage bébéSouvenez-vous, lors d’ un précédent article, j’évoquais le sevrage et je vous avais promis de développer. Aujourd’hui, je vous explique comment arrêter l’allaitement.

En tant que consultante en lactation, je suis convaincue que l’idéal pour un bébé est d’être allaité exclusivement pendant six mois puis que l’allaitement se poursuive après l’introduction des solides. Cependant la vie n’est jamais idéale et l’allaitement ne concerne pas uniquement le bébé mais aussi sa mère, vous. Un enfant veut toujours devenir grand et si on le laisse faire, un jour ou l’autre il se sèvre seul, mais pas toujours au moment où sa mère le souhaite, souvent même beaucoup plus tard (voir cet article sur cette question du sevrage naturel). Or vous pouvez avoir beaucoup de raisons différentes pour souhaiter sevrer. Cette décision vous appartient et personne ne devrait se permettre de vous juger, que vous souhaitiez sevrer votre enfant ou au contraire que vous souhaitiez poursuivre l’allaitement, et ce, quel que soit l’âge de votre bébé.

Première chose importante, prenez le temps de la décision. Il est toujours possible de relancer une lactation si l’on change d’avis mais cela demande quand même beaucoup de temps et d’énergie que vous préfèrerez certainement passer ailleurs : dormir par exemple parce que bébé n°3 se réveille encore plusieurs fois par nuit et qu’entre ses réveils s’intercalent les cauchemards de fiston et les réveils pipi de grande fille (pas si grande que ça d’ailleurs).
Vous pouvez vous poser les questions suivantes : pourquoi ai-je envie de sevrer, qu’est-ce que j’en attends, est-ce mon désir ou celui de belle-maman, suis-je prête à faire les efforts nécessaires ? Si vous souhaitez sevrer pour que Ondine fasse enfin ses nuits, autant vous prévenir tout de suite que vous pourriez être déçue, le biberon règle parfois ce genre de soucis mais pas toujours. Si la pression est forte autour de vous pour vous inciter à sevrer, vous risquez de vous apercevoir un peu tard que vous regrettez votre décision.

Maintenant vous êtes vraiment décidée : vous ne voulez plus donner le sein parce que l’usage exclusif de votre corps vous appartient, vous reprenez le travail et n’avez pas envie ou pas la possibilité de tirer votre lait au travail, ou tout autre raison qui vous sont propres. Dès demain vous commencez le sevrage.

De quel sevrage parle t-on ? Quel est l’âge de votre bébé ? Vous voulez un sevrage rapide ou vous avez le temps ? Vous souhaitez conserver certaines tétées ou bien arrêter totalement l’allaitement ?

L’âge du bébé change beaucoup les conditions du sevrage. Un bébé de moins de 6 mois prendra des biberons de lait industriel pour remplacer les tétées supprimées, un enfant de plus de 6 mois pourra aussi remplacer certaines tétées par des solides, tout dépend si vous avez le modèle qui dévore tout ce qui lui tombe sous les doigts ou le modèle que rien d’autre que le sein n’intéresse jusqu’à fort tard. Un enfant de plus d’un an est désormais capable de bien faire comprendre sa volonté et de rester inflexible, votre propre volonté doit donc être sans faille si vous voulez que votre enfant accepte le sevrage.

Vous avez le temps: vous voulez juste vous dire que dans quelques temps petit Sacha ne tètera plus ou bien le travail vous impose de supprimer trois tétées par jour. Ou bien vous souhaitez un sevrage rapide : vous devez vous faire opérer en urgence par exemple et ne pourrez pas poursuivre l’allaitement avec le traitement proposé (situation particulièrement rare il faut le rappeler), ou bien le ras-le -bol est trop grand et vous ne tiendrez pas 12h de plus (ce n’est pas de l’humour, certaines femmes en sont là pour des tas de raisons différentes).

Comment faire ? Dans les deux cas prenez soin de vos seins : le plus gros risque encouru lors du sevrage, ce sont les engorgements.

Pour un sevrage en douceur, que ce soit un sevrage complet ou la suppression de quelques tétées, commencer par supprimer une tétée par 24h (pas celle du matin qui est en général celle où l’on a le plus de lait), et attendre que ses seins soient confortables avec une tétée en moins. Cela peut prendre de un à plusieurs jours selon les femmes et leur lactation. Lorsque les seins sont confortables, on peut supprimer une tétée supplémentaire et ainsi de suite. Avec cette méthode , on peut obtenir un sevrage complet en une semaine pour les femmes dont la lactation s’adapte très rapidement, dont le bébé a plus de quatre mois et qui ne sont pas en surproduction de lait ; ou en plusieurs semaines pour les autres. Le critère principal : être attentive à ses seins et aux possibles signes d’engorgement. C’est la méthode la plus douce, la plus confortable. Cela vous permet aussi un retour en arrière si finalement vous changez d’avis au bout de trois jours ou si vous avez finalement opté pour un sevrage partiel.

Si l’on veut un sevrage rapide, il faut s’attendre à plus d’inconfort. Vous pouvez supprimer toutes les tétées et utiliser un petit tire-lait manuel. Dès que vous sentez qu’un sein commence à durcir un peu ou à être douloureux, vous tirez un peu de lait, juste pour soulager le sein mais surtout pas plus pour ne pas relancer la lactation. Cette méthode est souvent inconfortable et certaines femmes devront tirer un peu de lait toutes les 2 heures ou plus pendant les premiers jours, ce qui n’est pas forcément pratique, surtout lorsque l’on a repris le travail : « Pourquoi tu t’absentes toutes les heures alors que tu ne fumes pas ? Oh, pour rien , je me soulage juste les seins…  » Hum…

A savoir : certaines plantes peuvent aider à faire diminuer la lactation à condition d’être prises en grande quantité : le persil et la sauge semblent être les plus efficaces. Un bon taboulé libanais à tous les repas pendant plusieurs jours, accompagné d’une infusion de sauge bien serrée trois fois par jour…

Et après ? Vous avez sevré votre bébé, vous êtes heureuse de ne pas avoir à vous en occuper seule à chaque fois qu’il pleure. Oui mais même sevré, il reste un bébé qui a besoin d’être porté, caliné, qui peut faire des cauchemards, avoir faim toutes les nuits et qui a fondamentalement besoin de vous, surtout si vous avez repris le travail et qu’il ne vous voit qu’une heure par jour (raison de plus pour qu’il se réveille pour vous voir la nuit). Il faut donc garder à l’esprit les besoins de tout bébé, allaité ou pas.

Et vous comment avez-vous sevré et surtout comment l’avez-vous vécu ?


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