Allaiter et travailler : le témoignage de Noémie

allaiter et travaillerPremier enfant, née en Ariège dans une maternité très « pro allaitement ».
C’était une évidence pour moi d’essayer de l’allaiter mais je n’y connaissais rien …

Trois premières semaines = la galère ! => Tenir bon !!!

Tout petit bébé (2kg750 47 cm), toute petite poitrine mais tétons très adaptés d’après les sages-femmes (commentaires surprenants à la maternité mais encourageants !), malhabiletés de ma part (novice), succion très importante du bébé avec un raclage de mon pauvre téton contre son palais à chaque succion.

Résultats : des crevasses etc, je me revoie en larmes pendant la nuit à lui tendre mon sein crispée, pleine d’interrogations, fatiguée, à me demander si le fait qu’elle me sente en larmes pendant son repas pouvait être néfaste psychologiquement pour elle, entraîner des troubles alimentaires type anorexie boulimie en grandissant etc (siii je me posais toutes ces questions…..!!! A me dire qu’il valait peut être mieux arrêter que de risquer de lui entraîner tout ça….!!!)
Des coliques les trois premiers mois qui ont été soulagé transitoirement par 2 séances d’ostéopathies prodiguées par la sage-femme qui m’a suivie pour la préparation à l’accouchement.
Donc beaucoup de questionnements sur la ‘qualité’ de mon lait etc, sa digestibilité etc…
Vu sa courbe de poids parfaite et la lecture de votre blog etc j’ai persevéré en me bouchant les oreilles lors des commentaires désagréables de tout un chacun…

Les solutions que j’ai trouvé (grâce à ma sœur qui a allaité, ma sage femme, votre site internet etc) : tenir bon, se détendre, « rien de mieux pour mon bébé », j’ai suivi les conseils, pas de sucettes les trois premières semaines (malgré les recommandations de tous ceux qui l’ont vu autant pleurer, « ça lui fera du bien etc », je ne suis pas sûre que ça ait aidé mais j’ai appliqué bêtement les conseils, et à 3 semaines elle en voulait pas tellement, a fini par accepter mais que celle en caoutchouc, et c’est surtout pour aider la nounou à l’endormir qu’elle y est passé du coup à 3 mois environ); pommade et crème et tout ce que vous voulez n’ont pas eu tellement d’effet, le top a été d’améliorer la position, de la changer à chaque tétée, et pour les crevasses les pansements hydrogel de chez Medela ont été tout simplement magiques !

Les problèmes d’engorgements n’ont trouvé qu’une réelle solution : le tire lait.

Sevrage : fait en trois jours à peine juste avant ma reprise de boulot a à peine 3 mois : par mamie qui la pauvre l’a entendu hurler car elle refusait la tétine du biberon.
Je n’ai jamais fait l’essai moi-même, convaincue qu’elle ne comprendrait pas, sentant mon sein gorgé disponible tout près…

Nounou 12h/j 4 jours et 1/2 / semaine (je suis vétérinaire).
Elle-même a allaité deux de ses quatre enfants et comprenait très bien ma volonté de poursuivre mon allaitement. N’a pas trouvé embêtant de gérer le lait maternel.
Pourtant ma petite fait plein de mini repas, encore aujourd’hui où l’on a commencé la diversification, elle prend des bibi de 150 ml max en moyenne, on est loin du compte pour le standard de cet âge là.

Pour tirer le lait : dans la salle de radio sans lavabo, sans frigidaire suffisamment propre, je rentrais le midi, le stocker dans un sac isotherme avec des pains de glace que je changeais (plus de 4h le matin/ plus de 5h30 l’après midi => jamais eu de soucis d’indigestion chez la petite même si pas idéal). Bu le lendemain en général, essentiellement conservé au frigo.
En double pompage, à peine plus d’un quart d’heure par « traite » avec nettoyage de la salle etc.

Fréquence des traites : les premiers mois elle ne buvait que sur un sein à la fois, je tirais donc la fin du sein en question et surtout l’autre une fois au petit matin (4h), une fois à 7h, une fois dans la matinée au boulot sur les 2 seins en même temps, une fois à midi chez moi sur les 2 seins puisque je ne la reprenais pas (pause trop courte et aléatoire selon les urgences), une fois l’après-midi au boulot sur les 2 seins, et une fois le soir à 23h quand elle dormait sur les 2 seins.
(autant vous dire que le dimanche soir quand je préparais le tire-lait pour la semaine, je n’avais pas envie de le voir….!)
Mais je voulais absolument maintenir l’allaitement et je faisais une fixette pour qu’elle ne reçoive pas de préparation pour nourrisson, je suppose que c’était ma façon de me déculpabiliser de la laisser autant si petite à la nounou (top heureusement…).
Avec ça j’étais en flux tendu d’un jour à l’autre environ en quantité de lait. J’avais juste fait quelques réserves avant la reprise en le tirant le soir à 23h et le matin sur le deuxième sein…

Aucune discussion au travail par rapport à ça; (gros conflits pour finir avec mes employeurs qui m’ont mis une pression énorme pour que je démissionne à cause de la maternité et car ils avaient trouvé un nouveau collaborateur homme qui correspondait mieux à leur entreprise…pas très légal….mais bref, j’ai trouvé un autre emploi et ai démissionné pour ne pas me retrouver à la rue…); par ma fonction de vétérinaire, avec le rythme de ce métier très fluctuant et relativement imprévisible, les traites au travail étaient à des heures irrégulières et parfois j’en ai sauté une dans la journée (vive les coussinets à placer dans le soutien gorge…!).

Le premier bibi en poudre donné par la nounou m’a fait pleurer : je me donnais tellement de mal ça a été une terrible déception ! Et puis j’ai relativisé et me suis appliquée à bien poursuivre mon rythme de traite pour obtenir la quantité nécessaire.

Mais quel bonheur de la voir se développer si bien, elle a eu une petite rhino une fois seulement et elle a quasiment 8 mois, et je pense que c’est surtout à cause de grosses variations de températures extérieures et entre ma maison et celle de la nounou.
Elle n’est pas en crèche mais la nounou a deux petits de 2 ans et 1/2 , une fille 8 ans et beaucoup de va et vient chez elle…
1 seule journée d’absence en 8 mois !!

En volume : vers ses 3 mois des petits bibi de 60 à 90 mL / repas 5 à 6 repas sur les 12 h avec la nounou.
A la maison une tétée le soir plus une ou deux dans la nuit et une au matin avant le départ pour nounou.

Puis elle a augmenté avec des volumes de 120 à 150 mL en moyenne/ repas, et 4 à 5 repas sur les 12 h avec nounou.

Je pense avoir approvisionné en moyenne de 500 mL / j la nounou en lait maternel, et aujourd’hui encore c’est ce qu’elle boit, avec en plus un repas le midi avec un petit pot de 120g de légumes et peut être un quart de petit pot de compote de fruits.
Elle a du mal à prendre ce repas, souvent la nounou met la moitié du pot dans 60mL de lait au bibi pour qu’elle le prenne.

J’ai lâché beaucoup de lest sur les traites au quotidien, entre la fatigue s’accumulant, le stress avec ces employeurs etc, et je pense que depuis ses 6 mois je tire mon lait que deux à trois fois par jour, et la nounou donne du lait en poudre pour compléter…

Très heureuse d’avoir tenu bon, j’ai un mois de vacances entre mes deux boulots du coup, et c’est un bonheur de me simplifier la vie avec l’allaitement.
Elle commence juste à sortir des dents : les tétées semblent être un grand réconfort pour elle j’ai l’impression.
Je la couche dans son lit le soir mais chaque nuit elle se réveille plusieurs fois et elle reste avec moi, tétouille je pense plus pour se consoler et je me sens vraiment là pour elle dans « cette épreuve qu’est l’éruption dentaire »!
Elle m’a quand même mordu deux fois dans un demi sommeil ; j’ai hurlé tellement fort qu’elle s’est mise à pleurer !!! La pauvre ! Alors je lui ai expliqué qu’ elle devait vraiment se contrôler car je ne lui donnerais plus le sein si elle me mordait…pour le moment on dirait « qu’elle a compris »!

J’avais juste un projet d’allaitement initialement le temps de reprendre mon boulot…
Aujourd’hui je crois que j’aimerais le poursuivre jusqu’à ce qu’elle mange vraiment du solide pour la plupart de ses apports (au moins midi et soir de vrai repas)…On verra si je tiens le coup et si l’arrivée de ses quenottes ne nous perturbe pas trop !!

Par rapport à mon corps à moi : la fatigue ressentie me parait bien plus venir du stress de mon boulot que de l’allaitement, malgré les nombreux réveils nocturnes, sachant que je me rendors très facilement, et qu’elle aussi elle voulait juste téter et se rendormait illico au sein.

J’ai même observé des montées de stress au boulot, qui étaient apaisées par ce moment d’intimité avec mon tire-lait !!! Siii je suppose l’afflux d’ocytocyne associé à la traite ! Je m’en suis même servie, par exemple avant d’opérer un chien, quand j’étais méga énervée par mes connos de patrons, pour ne pas entamer une chirurgie en étant à cran! Je prenais le temps de tirer mon lait et était plus détendue pour m’occuper du toutou ! hihi

Toujours pas de règles à presque 8mois de l’accouchement.
Quelques jours de douleurs intenses au niveau du bas ventre, m’évoquant des contractions, lors des périodes où j’ai moins tiré mon lait (stress manque de temps etc)…J’espère que le retour des règles ne sera pas si violent, je crois que je ne serais bonne à rien avec de telles douleurs!!!
(je ne prends pas de contraception car je suis seule avec ma petite, j’attends le retour des règles pour me faire placer un stérilet).

Pour la location du tire-lait je suis passée par le site grandir nature, infos via internet et entre autre votre site, ma sage-femme, la maternité, vu une consultante en lactation à la maternité une fois avant la reprise du boulot, contact avec une asso de femmes ayant allaitées dans ma région par téléphone pour un soutien et des questions ; hauts d’allaitement acheté sur le site envie de fraises, soutien-gorges d’allaitement acheté chez Kiabi pas trop cher…

Merci à vous pour votre travail, j’espère que vous parviendrez à toucher des petites entreprises comme les cliniques vétérinaires, métiers qui se féminisent et où le salaria grandit, car aujourd’hui c’est vraiment « arriéré » comme mentalité…

Et merci à toutes les mamans qui ont témoigné, grand réconfort au moment du stress du sevrage pour le bibi, des fameux pics de croissance où les critiques vont bon train…

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3 Comments

  1. Leterrier

    Bravo, bravo, bravo!
    Je suis ASV (assistante vétérinaire) et j’allaite et tire mon lait. Je dois justement rédiger mon témoignage.

    • Noémie

      Merci! Hâte de lire votre témoignage ! (remarque entre « collègues » : j’ai eu l’impression que les animaux étaient plus ‘relax’ à mon contact…comme si ils sentaient des phéromones de maman , il parait que ce sont les mêmes produits dans le sillon inter mammaire quelques soit le mammifère!!)

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