Un peu de diplomatie que diable !

allaitement et code du travailVous avez décidé de tirer votre lait au travail et vous avez besoin d’en parler à votre patron, ne serait-ce que pour obtenir un lieu pour tirer votre lait et pour pouvoir prendre vos pauses.

La tentation est grande alors de prendre votre revanche sur toutes les petites humiliations du monde du travail et de montrer que vous êtes la plus forte…en sortant le code du travail pour montrer que vous êtes dans votre droit.

Et bien croyez moi, c’est bien la dernière chose à faire !

En effet, je vous rappelle qu’en l’absence de mention contraire dans votre convention collective, l’heure d’allaitement n’est pas rémunérée ! Votre patron l’ignore certainement, comme il ignore que vous avez droit à une heure d’allaitement.
Si vous commencez par sortir le code du travail, vous permettez à votre patron de vous enlever une heure de votre salaire quotidien, quand bien même vous n’utilisez pas toute l’heure pour tirer votre lait. Faites le compte sur votre salaire à la fin du mois…

Il vaut donc mieux adopter une autre attitude. La meilleure en général est juste d’annoncer que vous tirez votre lait pour votre bébé et que vous auriez besoin qu’il vous aide à trouver un lieu pour cela. Le fait de ne pas demander de permission, évite que votre patron ait l’idée de vous refuser vos pauses. En général, cela se passe plutôt bien, passé la première stupeur.
Si ce n’est pas le cas, vous pouvez toujours annoncer que vous êtres dans votre droit et que l’heure d’allaitement est inscrite dans le code du travail, sans le montrer.
Et si vous n’avez vraiment pas le choix, alors vous pouvez le sortir mais il faut que vous soyez consciente du risque sur votre salaire.

Et vous, comment cela s’est passé avec votre patron ?

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31 Comments

  1. beatrice

    Bonjour

    Je pense ne rien demander à mon patron et tirer mon lait dans mon bureau fermé à clef sur mon heure de déjeuner.
    Certains collègues vont courir le midi, je considère que tirer mon lait relève de la même liberté. Mais j’ai quelques doutes 🙂

  2. Emilie

    J’ai vraiment de la chance : mon responsable m’a permis d’utiliser la salle de réunion attenante (j’ai un double des clés) autant que je le souhaite et me permet même de faire une petite sieste de 30 min si je le souhaite. Il est papa de 2 filles et comprend l’importance de l’allaitement pour mon fils et moi. J’ai à disposition un frigo avec mon compartiment réservé.

  3. Kaline

    J’ai eu de la chance moi aussi : à chaque fois j’ai informé simplement mon responsable que j’allaitais mon fils et souhaitait prendre des pauses dans la journée pour tirer mon lait à l’infirmerie.
    Je suis cadre en forfait jour, je n’ai pas la notion d’heure dans mon contrat de travail, donc j’ai toujours considéré que c’était une simple adaptation de mon rythme de travail.

  4. Duduche

    Hello
    Mon patron a été aussi compréhensif. Il est lui même papa, et pour son premier sa femme a tiré son lait.
    J’ai donc la salle de réunion à ma disposition.

    Sauf que concrètement, la salle de réunion est souvent prise et les collègues n’ont pas le réflexe de me prévenir à l’avance pour que je puisse m’organiser. Ils sont pourtant bien tous au courant depuis le temps.

    Tout ça pour dire que le soutien du patron ne suffit pas toujours, il faut aussi celui des collègues. Et c’est pas toujours évident.

    • @Duduche
      C’est exact ! Merci de ce complément !

      • Emilie

        Dans ces cas là (ça ne m’est arrivé qu’une fois) mon collègue va faire sa pause café de 15/20 min et me laisse le bureau (qui ferme à clé). Oui les collègues aussi sont impliqués.

  5. Gariguette

    Avant la reprise du travail j’ai envoyé un mail au DRH pour lui dire que je souhaitais continuer à allaiter mon enfant à mon retour et que je souhaitais savoir si je pouvais utiliser l’infirmerie pour cela. La réponse a été positive. J’ai appris par le médecin du travail qu’avant moi une autre maman avait utilisé l’infirmerie pour tirer son lait. Ça aide. La femme de mon responsable hiérarchique a allaité son enfant jusqu’à ces 6 mois, il m’a même venté les mérites de l’allaitement quand j’étais enceinte… Du coup Je peux accéder à l’infirmerie avec petit frigo quand je veux car la responsable RH (enceinte à mon retour 😉 m’a donné un double des clefs car elle m’a dit que « ça serait plus simple pour moi ». Voilà j’ai eu beaucoup de chances, mais je me rends compte que plus les mamans demandent à leur patron à allaiter sur leur lieu de travail plus cela deviendra un geste naturel et normal dans les entreprises.

  6. Tatouee

    Bonjour,

    J’ai 2 filles, allaitées 7mois et 18mois.
    Avant de revenir j’ai demandé un local pour tirer et à chaque fois cela a été positif. Mais on ne peut pas dire que les conditions étaient optimales…
    Pour la première, on m’a mise dans les « douches » femme, jamais utilisées par qui que ce soit… Lieu un peu glauque pas ouvert depuis 1000 ans donc interdiction de toucher à l’eau du robinet « au cas où » et pièce assez éloignée de mon bureau, mais bon au moins j’étais tranquille. Pour le frigo, il était encore un peu plus loin, mais globalement c’était OK.
    Pour la seconde, tirage jusqu’à ses 12 mois, d’abord dans l’infirmerie, d’où je me suis faite jetée par un médecin qui ne considérait pas normal de tirer son lait au boulot (mais bien sûr!) et qui considérait la salle où j’étais comme SA salle « Madame, et SI j’en ai besoin MOI de cette salle, je fais comment?? ». Ensuite dans la salle derrière l’accueil, qui en fait était un sas de passage… (Youpi!) j’ai demandé à changer. On m’a mise dans la salle de pause des hôtesses d’accueil qui ont demandé à ce que j’arrête car « mince quand même c’est LEUR salle! » (Quelle chouette attitude…) Et enfin, j’ai trouvé moi même MA salle… Les toilettes!!!! Assez spacieuses avec un évier, le luxe!
    J’ai testé les salles de réunion vitrées (bien qu’un peu opaque), avec la seule prise électrique du côté de la surface vitrée… C’est le top!

    Voilà voilà …

  7. Gariguette

    J’ai oublié de préciser que pour le temps consacré au tirage, j’avais précisé au DRH que je tirerai mon lait durant mes pauses am/pm ou déjeuner. Du coup on va dire que je n’utilise pas l’heure d’allaitement, ça évite qu’on pense à me la déduire mais que j’utilise pendant quelques temps mes pauses pour tirer mon lait pendant que d’autres vont boire un café ou fumer…

  8. Miette

    Super chef aussi qui m’a fait de suite fait un double des clés pour que je puisse utiliser une salle de réunion (que j’appelle MA salle :))!

  9. Vervaine

    J’ai moi aussi été très discrète.
    C’est mon deuxième enfant, je tire mon lait à nouveau (il faudra que j’écrive un témoignage d’ailleurs…) J’ai la chance d’avoir un bureau personnel qui ferme à clef et même un frigo dans le bureau d’à coté, où vient se réunir mon équipe, mais qui n’est pas tj occupé.
    Pendant 3-4 mois, j’ai tiré mon lait 2x/jour, et maintenant seulement une fois, sur ma pause déjeuner.
    Je n’ai jamais rien dit à mon supérieur direct, seuls mes collègues proches sont au courant. Mais pendant le tirage, j’en profite souvent pour travailler, et puis c’est assez rapide, donc bon…
    J’ai parfois un peu de remords de ne rien avoir officialisé, car oui, cela pourrait faire avancer petit à petit les mentalités. Mais il y a très peu de jeunes et a fortiori de jeunes femmes en âge d’avoir des enfants, donc… Par contre, en parler aux collègues peut faire aussi son petit chemin…

  10. CELINE

    Bonjour,
    Je tire mon lait pour ma fille qui a aujourd’hui 14 mois. Au départ, j’ai demandé l’accord de ma directrice d’utiliser un petit bureau d’accueil en milieu de matinée et d’après midi 1/2h comme le prévoit le code du travail jusqu’au 1 an de ma fille. Ce temps là ne m’était pas rémunéré bien sur . Dès que je me suis aperçue que 10 min me suffisait (au bout d’une semaine),j’ai sollicité la bienveillance de ma direction pour qu’à titre exceptionnel mon salaire soit maintenu . Ce qui a été le cas, et j’ai même été indemnisée sur la totalité de mes pauses ! OUf et chouette !Depuis que ma fille a 1 an, je n’ai rien demandé et je continue à tirer mon lait à la pause déjeuner et en dehors des horaires d’ouverture du service, pour être tranquille au cas où !

  11. Sibylle

    Bonjour !
    Comme je cumule les fonctions de responsable juridique, RH et maman allaitante 😉 je confirme qu’il n’est pas conseillé d’évoquer le code du travail, il y a des mots comme ça qui affolent une direction (avec « syndicat », « inspection du travail » etc ;-)…) et je valide la démarche en plusieurs temps, les responsables aiment bien (comme tout le monde d’ailleurs) avoir l’impression qu’on leur laisse le choix… Mais bien sûr, les textes sont utiles, nécessaires, et à évoquer si besoin ! En ce qui me concerne c’est avec joie que j’ai donné un double des clés de mon bureau à une collègue allaitante qui la pauvre s’était retrouvée enfermée aux toilettes à tenter de tirer son lait avec un tire-lait électrique pendant que quelqu’un s’excitait sur la porte, peut-être intrigué par le bruit inhabituel… Son garçon a 20 mois et elle continue à investir mon bureau tous les midis, bravo à elle 🙂

  12. bonnaud

    De mon coté la première fois, je ne savais pas que je pouvais demander un local donc j’ai tiré dans les toilettes pour handicapé pendant 1 mois et demi. J’avoue qu’à l’époque je ne leur ai pas demander leur avis. J’ai juste dis que j’allais continuer de tirer mon lait et que j’allais m’absenter 2 fois 15min dans la journée (moins qu’un fumeur!) et ce le temps qu’il fallait pour que je puisse arrêter en douceur. Comme je bosse dans un métier à dominance masculine j’ai eu droit à des regards fuyants et des collègues tout gênés de me voir …faire la vaisselle ! Au bout de 3semaines j’ai réduit à un seul tirage (donc pas de vaisselle et seulement 15min sans me voir) et c’est passé un peu mieux socialement d’autant que j’avais pris l’habitude de réduire ma pause déjeuner d’autant pour ne pas « pénaliser ».

    Pour la seconde j’ai vu mon chef juste avant la reprise pour une réunion « d’accueil » et je l’ai juste prévenu que j’allais continuer d’allaiter mais grande différence(!), nous avons déménager dans des locaux beaucoup plus grands qui possèdent une douche ! Donc aujourd’hui je tire dans la salle de douche. L’avantage il y a peu de passage et c’est l’une des pièces les mieux insonorisés et c’est nettoyer 3 fois par semaine. Autre différence, je sais que ma carrière est au point mort et qu’elle ne décollera pas tant que mes dirigeants me verront comme la jeune maman. En accouchant de ma première fille j’ai perdu mes projets, mes responsabilités et mes avancements de carrière… Donc je ne réduis plus ma pause déjeuner. Je prends juste ces quelques minutes pour m’occuper de ma fille à distance. J’ajouterai que j’ai eu des remarques du genre « c’est dégueulasse de stocker ça dans le frigo commun », de la part de collègue féminine, donc j’ai ajouté un sac opaque pour mettre mon lait tirer au frais et à l’abri des regards.

    Maintenant légalement, étant cadre au forfait jour, sans minimum de durée de travail, je ne sais pas si légalement ils peuvent vraiment faire quelque chose « contre » moi. Je ne suis pas allé à la confrontation non plus… J’ai évoqué ça comme si c’était la chose la plus naturelle au monde et mon petit coté féministe me fait dire aussi que je prends ce droit aujourd’hui pour que d’autres puissent avoir le choix plus tard… Un droit non utilisé est un droit qui devient un privilège et qui se perd au fil du temps.

    • @Bonnaud
      Merci beaucoup pour ce témoignage ! Pas facile les remarques des collègues et encore moins facile d’être pénalisée parce qu’on est mère… Bon courage !

  13. Dur ce dernier témoignage Sur le côté « propreté » du lait dans le frigo, pour avoir travaillé dans beaucoup d’entreprise, je ris (jaune) : quid de la propreté même du frigo ? et ne parlons pas des éternelles expériences biologiques (oublis de yaourts et autres périssables )

    Sinon je vais réagir côté employeur pour commencer 😉
    Je vais dans le sens de Sybille. Le droit du travail est très protecteur du salarié en France, et en tant que petite entreprise (sans conseil juridique interne) cela est très stressant (peur de faire une bêtise sans même le savoir). Donc si on évoque le code du travail, le patron va stresser un max, lire tous les textes (et donc sera « ravi » de la perte de temps occasionnée puisqu’il n’est pas professionnel du droit et que les textes sont imbuvables) et appliquer tout à la lettre, pas pour être embêtant mais pour ne pas prendre le moindre risque. Mais si on engage la conversation tranquillement, sans forcément raconter toute sa vie mais dire concrètement « cela va me prendre 2 fois 15 min, j’ai besoin de ça et ça, je suis non fumeuse et je ne prend pas de pause café abusive, je vais donc rester tout aussi performante, cela n’interfèrera pas avec mes capacités à assumer mon job » je trouve cela assez clair et en tant que patron, c’est ce que j’attendrai d’une salariée.

    Côté salariée (j’ai tiré mon lait pour mon second avant de me mettre à mon compte), et travaillant à l’époque dans une équipe majoritairement féminine, je n’ai rien dit et je me suis débrouillée, quitte à tirer dans les toilettes, dans le train lors de déplacement Vu l’accueil de ma première grossesse, je savais que le sujet ne serait que source de conflits stériles !

  14. Ici, ça a aèté reçue positivement tant que ça se cantonnait à tirer mon lait dans un placard de rangement.

    État de propreté tout de meme impec’ car bossant en milieu hospitalier, le placard étant utiliser pour ranger du matériel paramédical, la propreté est au rendez vous, mais un placard quoi…

    C’est devenue moins positif quand j’ai demandé à ma chef si je pouvias, quand le travail le permettrait d’aller allaiter direcetment ma fille à la crèche qui est dans l’hopital.
    Ça ne l’enchante pas du tout, elle pense que je vais refiler mon boulot a mes collègues et mettre un temps fou et donc plus que ce que j’ai le droit.
    J’ai donc proposer d’utiliser ma demi heure de repas à cet effet mais sa seule réponse a été « vous n’avez jamais le temps de manger d’ahbitude » ! Réponse cohérente et constructive d’une cadre de santé.
    La conclusion a été un « non de principe mais oui pas en systématique » vous comprenez la nuance ? En bref, si j’y vais j’en prends la responsabilité.
    Voilà en pratique ça donne que j’arrive a y aller tous les jours. Avec des supers collègues qui me « couvrent » mais surtout qui me foutent dehors et assurent la surveillance de mes patients.
    Ma chef ne l’a pour le moment meme pas remarqué, n’a même pas vu d’impact sur mon travail, n’a meme pas remarqué non plus que je tirais son lait et a été stupéfaite de voir du laiiiiiit maternel dans le frigo !

    Donc je gère et c’est un vrai moment de bonheur ce moment d’allaitement en plein milieu de journee 🙂

  15. Avant mon retour,lors de mon entretien reprise (car j’ai aussi changé de service) j’ai indiqué à ma RH 90 cinquantaine,pas très sympa)que je souhaitais continuer l’allaitement es tirer du lait au bureau, comme il y a une possibilité selon le CDT. Elle a été étonnée en disant qu’elle n’a jamais entendu parler de ça, donc j’étais obligée de parler du texte de la loi, et à quoi ça donne droit, en précisant que de mon côté je voulais juste un bureau séparé pour cet activité. Elle était très négative, comme si je voulais faire un truc bizarre et degeu. Elle m’a fait part de ses sentiments par rapport à l’allaitement (qu’elle l’a détesté et elle ne comprend pas pourquoi je veux le continuer).
    Peu avant de la date de mon retour je l’ai envoyé un email pour savoir comment m’organiser, pas de réaction. J’ai laissé des msg à son assistante,rien. Le premier jour j’en ai parlé à mon nouveau chef (un peu plus jeune que moi),il a dit que ça ne le dérange pas tant que je fais mes heures. Il a aussi envoyé un email au DRH, il n’a pas eu de réaction non plus…
    En attendant je prenais une petite salle de réunion mais je stressais que qn m’entend dans le couloir(car il s’agit d’un bâtiment désormais vide). J’ai donc commencé à utiliser l’ancien bureau de mon nouveau service, à l’étage,aucun passage et j’ai demandé à mon chef s’il avait encore les clefs,car ce serait plus discret. Il a toute suite vu la direction pour me demander un bureau, il m’a bien surpris!
    Donc c’est bien terminé pour moi, je tire tranquillement. (Petit info:la DRH a été finalement licenciée pour discrimination et faute grave – pas à cause de moi, mais je comprends mieux son comportement…)

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