Sevrages : le témoignage de Françoise

allaitement et travailC’est une première sur ce blog. Françoise nous avait déjà parlé de ses allaitements et de ses reprises de travail ici et . Elle nous parle maintenant de sevrage, et encore mieux de 2 sevrages ! Merci Françoise !

Le sevrage de Raphaël

A quel moment avez-vous décidé de sevrer votre bébé ?

Vers ses 12 mois. J’avais déjà un premier bébé et je pense qu’ensuite c’est plus compliqué à gérer. Un bébé de 1 an peux bien entendu exprimer son mécontentement, mais à 18 mois, c’est à mon avis plus compliqué ; comme nous allions être en vacances à la montagne lors de son anniversaire, je pensais le sevrer en revenant, afin de continuer de voyager sans biberon. Il était déjà bien diversifié, il prenait déjà le biberon avec la nounou, et nous avions commencé à réintroduire les laitages « classiques » (suite à une éviction car intolérance).

Finalement, cela ne s’est pas passé ainsi. J’ai eu une rage de dent terrible, douleur insupportable. Le seul antalgique pouvant me soulager, sachant qu’il n’y avait pas de dentiste dans toute la vallée où nous étions et qu’il me fallait tenir le coup encore 1 semaine était l’Xprim. Compte tenu des indications sur le site du CRAT et de la dose nécessaire pour m’éviter trop de douleur, j’ai préféré arrêter de l’allaiter. Cela n’aurait pu être que le temps du traitement, car même après une semaine j’avais bien sûr « encore » du lait, mais comme nous avions l’objectif de le sevrer au retour, cela n’a fait qu’avancer un peu la date du sevrage.

Comment vous y êtes-vous prise ?

J’en ai parlé à mon bébé : je lui ai dit que je n’allais plus lui proposer le sein, qu’il ne prendrait dorénavant son lait qu’en biberon. Je lui ai expliqué que je devais prendre un médicament très fort, que je ne voulais pas qu’il en ingère, et que j’avais envie de retrouver mon corps pour moi toute seule, puisque c’était mon envie aussi. Il n’a ensuite jamais demandé à téter.

Quelles difficultés avez-vous rencontré ?

Pas beaucoup : mon bébé était habitué au biberon, je n’avais pas peur de ce côté là . J’avais vraiment envie de le sevrer, en partie car c’était un allaitement pas toujours très facile (bébé avec reflux qui demandait toutes les 2/3 heures pour se soulager au début, puis qui a continué sur ce schéma car tout petit mangeur), et j’en avais assez de devoir « réfléchir » pour m’habiller (se retrouver au moment de la tétée de retrouvaille en robe avec sein non accessible est quelque peu énervant quand on est à l’extérieur ).

Les premières fois où il s’est fait mal, qu’il était en pleurs ont été un peu difficile car il a fallu trouver un autre moyen de le réconforter. Et lui qui était 100% accro à moi, sa maman, s’est d’un coup complètement tourné vers son père.

Etes-vous satisfaite de ce sevrage ?

Oui : j’angoissais un peu en entendant des mères parler des difficultés qu’elles avaient rencontrées, et pour nous cela a été finalement très simple.

Qu’aimeriez-vous dire aux femmes qui souhaitent sevrer leur bébé ?

J’aimerai leur dire de le faire pour de bonnes raisons, c’est-à -dire pour leurs raisons à elles, pas celles des autres ! Je crois que si on est vraiment convaincue, cela sera plus simple de le faire comprendre à son enfant.

Le sevrage de Simon

A quel moment avez-vous décidé de sevrer votre bébé ?

Je pensais le sevrer vers ses douze mois, comme son frère. Cet allaitement était plus facile que le précédent, bébé qui tète parfaitement, gros mangeur et gros dormeur, le rêve. Puis cela s’est compliqué, beaucoup de réveils la nuit, des cris transperçant, en fait il faisait otite sur otite Une fois diagnostiqué et soigné tout est rentré dans l’ordre. Nous devions partir à l’étranger en vacances, donc sevrage prévu au retour. Et là rebelote, otite Dans ces conditions, difficile d’envisager de sevrer, car comment ne pas proposer le sein à un bébé qui hurle et pour qui on sait que cela sera un vrai soulagement ?! le papa étant d’accord avec moi, nous avons repoussé encore le sevrage, qui a eu lieu finalement entre ses 14 et 15 mois.

Comment vous y êtes-vous prise ?

Je pensais tout d’abord faire comme pour son frère, d’un coup, en lui expliquant ; il prenait déjà des biberons et il était diversifié. Mais comme ce n’était pas la même situation, c’est mon troisième et dernier bébé, je savais être un peu plus ambiguë (envie de sevrer mais dernier bébé donc un peu de nostalgie quand même). Donc j’ai supprimé pas mal de tétées, pour en garder une par jour pendant quelques temps et finalement profiter d’une fois où il n’a pas demandé pour arrêter définitivement.

Quelles difficultés avez-vous rencontré ?

Le fait qu’il demande beaucoup de lui-même à téter (en tapotant avec les mains sur la poitrine, en essayant de faufiler main ou tête dans le décolleté). Pas si évident de dire non à son bébé ! Mais finalement se laisser un peu de temps m’a permis d’être certaine de ma décision.

Etes-vous satisfaite de ce sevrage ?

Oui, encore une fois cela a été moins compliqué que je ne le pensais.

Qu’aimeriez-vous dire aux femmes qui souhaitent sevrer leur bébé ?

Et bien qu’il ne faut pas forcément en faire une montagne : oui, il peut y avoir des difficultés, mais ce n’est pas systématique ! On croit souvent qu’il va être difficile de sevrer un bébé, ce n’est pas toujours le cas et je pense que c’est utile de le savoir. Il est vrai que le sevrage est intervenu pour les deux à un moment où ils mangeaient aussi autre chose et qu’ils ont eu des biberons assez tôt (et donc la question de l’acceptation du biberon était déjà réglée depuis longtemps).

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3 Comments

  1. Florence

    Félicitations ! J’admire ces longs parcours !

  2. Et voila, j’ai sevré mon bébé, et ce n’est pas si facile! Moi qui n’était pas du tout partie pour un allaitement long, j’ai allaité mon premier 10 mois avec un sevrage tout naturel d’un commun accord et mon second 11 mois. Même si j’avais bien accepté l’idée d’allaiter un bébé de plus de trois mois, je n’étais pas prête à allaiter un bambin qui marche et viendrait se « servir » tout seul. Un WE de 4 jours prévu sans enfant a été le coup de pouce pour me décider. Mais cette décision « raisonnable » a été dure à prendre. Pourtant en donnant moi même quelques biberons, j’ai compris que la fin de l’allaitement ne signifiait pas la fin des calins, de la complicité, des sourires la bouche pleine… j’ai espacé les tétés et aujourd’hui j’ai passé 24 heures sans donner le sein et je n’ai pas les seins tendus. Même si je suis contente de ce sevrage qui a été bien accepté par mon bébé, je me sens toute triste ce soir…

    • @Camille
      Il y a bien sûr le côté psychologique mais aussi la chute des hormones de l’allaitement qui peut vous donner cette sensation. Courage, ça ira vite mieux !

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