Rencontre avec Ségolène Finet, co-fondatrice de Mamanana

Segolene et TaliaJe vous ai déjà parlé de Mamanana pour ses vêtements d’allaitement et ses accessoires d’allaitement (les Lilypadz ou le bustier pour tire-lait par exemple).

Aujourd’hui, je suis heureuse de vous faire rencontrer Ségolène Finet, la co-fondatrice de Mamanana, qui partage avec nous son expérience du travail et de l’allaitement.

– Bonjour Ségolène. Peux-tu nous parler de ton métier ?

J’ai plusieurs casquette : je suis la fondatrice de la boutique en ligne www.mamanana.com et à ce titre je m’occupe des achats (c’est moi qui choisit la collection de vêtements et de lingerie auprès de plus de 30 fournisseurs), et du marketing du site (publicité, relations presse, etc.) Je suis aussi bloggeuse et j’écris sur mon expérience de maman allaitante, l’actualité de l’allaitement, etc. : http://blog.allaitement.mamanana.com/2008/01/pour-changer-de.html

– Y a-t-il des « trucs » vestimentaires qui peuvent aider une maman qui tire son lait au travail ?

Il y a deux types de trucs : les trucs pour se sentir bien, et les trucs pour tirer son lait facilement.

Pour se sentir bien : souvent quand on reprend le travail après un congé de maternité, on y va un peu à reculons en espérant toujours qu’un miracle de dernière minute nous permettra de rester à la maison au chaud avec bébé. On a tendance aussi à se préoccuper uniquement des besoins futurs de bébé, et à oublier les siens. Du coup, et cela m’est arrivé pour mon premier bébé, on arrive souvent pour le premier jour de boulot avec des cernes, pas super bien coiffée, un tailleur qui date d’avant la grossesse, et souvent, des kilos en trop qui dépriment. Difficile alors d’avoir confiance en soi et de projeter l’image dynamique attendue des collaborateurs de votre entreprise. Donc mon premier truc est de se préparer au retour de manière un peu égoïste : de s’accorder une petite virée shopping, un tour au rayon maquillage de Monop, une coupe de cheveu, etc. C’est plus important qu’on ne le pense.

Deuxième truc, il faut se préparer une garde-robe qui fonctionne bien pour tirer son lait au travail et/ou pour allaiter bébé en le retrouvant le soir (car s’il faut enlever votre robe pour allaiter à la crèche c’est moyen.) Cela inclut la lingerie. Voilà ma petite liste :

  • Des soutiens-gorge d’allaitement suffisamment souples et élastiques pour tenir les téterelles du tire-lait (si vous utiliser un tire-lait à double pompage), ou un bustier tire-lait à rajouter dessus.
  • Des hauts et robes qui vous permettent facilement de tirer votre lait, c’est-à -dire, soit des hauts et robes d’allaitement, soit des tenues qui peuvent suffisamment s’ouvrir devant (chemisier boutonné, pull de forme cache-coeur, superposition caraco élastique sous veste, etc.) et qui ne se friperont pas trop lors de l’opération. Vous pouvez aussi porter un haut que vous soulèverez mais c’est moins pratique car 1) vous avez le ventre à l’air, donc risquez d’avoir un peu froid si les locaux sont climatisés, et 2) avec le tee-shirt remonté au dessus de la poitrine vous voyez moins bien comment positionner les téterelles, c’est énervant.
  • Difficile de tirer son lait, du moins au début, sans qu’une goutte ou deux atterrissent sur vos vêtements, donc privilégiez les matières non fragiles (pas de nettoyage à sec !), les teintes sombres, et les imprimés. Amenez aussi une petite serviette de toilette ou un foulard en coton qui ne craint rien que vous posez sur vos genous afin de protéger votre jupe ou votre pantalon.
  • Avoir toujours sur son lieu de travail une tenue complète de rechange (haut et bas), et un soutien-gorge de rechange, en cas de catastrophe (genre, vous renversez sur vous la bouteille de lait tiré) ou d’écoulement de lait intempestif. Prévoir aussi des coussinets d’allaitement de rechange, des barres de céréales, et un petit tire-lait manuel que vous pouvez glisser dans un sac à main en cas de déjeuner client qui s’éternise (et auquel vous n’avez pas amené votre tire-lait électrique plus encombrant).
  • Ne pas lésiner sur les coussinets d’allaitement si vous en avez besoin. En essayer plusieurs afin d’identifier les plus discrets et les plus absorbants. Rien de pire que de sentir un écoulement de lait tremper votre pull lors d’une réunion de fin de journée.

– Quelles sont les erreurs à éviter ?

Idéalement, pour limiter le stress des premiers jours, il faut faire une répétion générale. C’est-à -dire chez soi (ou dans l’entreprise mais c’est difficile !) s’habiller comme pour le premier jour de travail (avec collants et chaussures !), installer son tire-lait, tirer son lait, etc. C’est incroyable le genre de petits détails qu’on découvre « en situation » : le tire-lait qu’on ne sait pas bien assembler, la goutte de lait qui tombe de la téterelle et tâche votre pantalon, les compresses d’allaitement qui se voient sous le haut qu’on avait choisi, etc.

L’autre erreur c’est de ne planifier que la première journée de travail. Il faut prévoir suffisamment de tenues propres et repassées pour toute une semaine de travail, y compris tous les accessoires (des boucles d’oreilles aux chaussures), car en rentrant le soir vous n’aurez qu’une envie : vous occuper de votre petit bout, et dormir dormir dormir (donc repasser vos chemisiers vous paraîtra une tâche insurmontable.) Mieux vaut préparer tout cela avant, pour éviter les matins paniquants ou vous cherchez désespérement une paire de collants non filés (surtout au début quand la nouvelle routine avec bébé et le tire-lait et la crèche ou nounou n’est pas encore rôdée.)

Je crois aussi que les congés de maternité peuvent changer la manière dont vous êtes perçue dans une entreprise (surtout si vous travaillez dans un milieu très masculin), de femme vous passez à mère, avec tout le cortège de clichés que cela suppose sur votre compétence au travail, votre motivation, etc. C’est particulièrement vrai pour les femmes cadres, ou toutes celles qui font un métier peu féminisé (dans l’industrie en particulier). Donc présenter une image professionnelle, féminine, tendance, c’est un moyen de visuellement combattre ces clichés et leur impact négatif sur votre carrière (et votre rémunération). Si vous hésitez à justifier des dépenses vestimentaires à ce moment là (surtout si vous n’avez pas repris votre poids d’avant la grossesse et vous vous dites que cette garde-robe n’est que temporaire), dites-vous que c’est un investissement, et pas une frivolité.

– As-tu toi-même expérimenté le travail et l’allaitement ?

Avant de fonder mamaNANA, j’étais cadre chez un grand éditeur de logiciel et parcourais la planète pour rencontrer mes clients et les équipes de développeurs. C’est dans ce cadre là que j’ai continué à allaiter ma fille aînée donc les problématiques rencontrées par les lectrices d’A tire d’Ailes me parlent beaucoup ! J’ai tiré mon lait au bureau pendant plusieurs mois et cela m’a beaucoup aidé, psychologiquement, à mieux gérer la séparation avec ma fille. Par contre, dans mon poste, et dans cette entreprise en particulier (et il y a 9 ans de cela), j’étais un vrai extra-terrestre et je tirais mon lait en secret dans des conditions pas optimales, donc j’avais trouvé cela un peu stressant, surtout avec les voyages d’affaires, les réunions tard le soir, et bien sûr un environnement très masculin, etc. Après, je l’ai sevrée dans la journée (elle était diversifiée) et lui donnais le sein à la demande le matin, le soir, et les week-ends. Cela fonctionnait super bien et je l’ai ainsi allaitée jusqu’à 11 mois.

– Qu’est-ce qui t’a facilité la vie ?

Avoir un super tire-lait double pompage électrique (Medela, mais je n’ai pas d’actions chez eux) qui me permettait des séances tire-lait super rapides et sans stress. Et surtout, avoir un mari qui me soutenait à fond ! C’est important du point de vue de l’organisation familiale, d’avoir un mari ou compagnon qui fait partie prenante du projet allaitement/travail : que ce soit pour les petites choses (comment stériliser les pièces du tire-lait, les consignes de conservation du lait, etc.), que les plus complexes (s’occuper d’un bébé allaité pendant les voyages d’affaires de sa maman, renforcer l’importance de la poursuite de l’allaitement auprès de la nounou, etc.)

Et puis, je savais que c’était faisable car j’avais vu d’autres femmes le faire lorsque je travaillais aux Etats-Unis au siège social de mon entreprise. Les femmes cadres et non cadres avaient des congés de maternité très courts et elles étaient nombreuses à revenir au travail avec des tire-lait ! Il y avait même une salle réservée pour cela, accessible à toutes, avec fauteuils confortables, réfrigérateurs, prises électriques, etc. Leur exemple m’a beaucoup aidée.

Merci beaucoup Ségolène pour ce partage avec les lectrices d’ A tire d’Ailes !

 


2 Comments

  1. Virginie F

    Je connais Mamanana depuis près de 5 ans (je n’ai pas d’action). J’ai repris mon
    travail lorsque ma puce fêtait ses 4 mois, je m’étais équipée du tire lait Medela
    en format sac à dos (que l’on peut trouver depuis peu chez Mamanana)importé de Suisse,
    car je n’en trouvais pas encore en France. Mon entreprise a été super, j’ai eut les
    clés de l’infirmerie et à part la salle de repos avec le Babyfoot un peu bruyant et
    l’infirmerie pas chauffée (dur dur), j’ai passé près de 6 mois à tirer mon lait sans
    aucun soucis (ma fille a refusé le sein au moment où j’entamais ma 2e grossesse).
    Ma fille a donc bénéficié grâce à ce système des bienfaits du lait maternel, pour celle
    qui hésitent, je n’ai pas trouvé de contrainte à allaiter au travail. Virginie (qui
    allaite le 3e, 13 mois et qui travaille).

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