Aborder son patron

patron et allaitementPatron et allaitement : beaucoup de femmes se demandent s’il vaut mieux cacher le fait qu’elles tirent du lait ou en parler au travail.
La loi est de votre côté puisque vous avez droit à une heure pour tirer votre lait mais d’un autre côté cette heure n’est pas rémunérée, sauf si votre convention collective le spécifie. Certaines femmes craignent donc que cette heure soit déduite de leur salaire si elles mentionnent le fait qu’elles tirent leur lait.

C’est vous qui connaissez le mieux votre patron. Dans la majorité des cas, il semble préférable de dire que vous souhaitez tirer votre lait mais de ne pas aborder la loi. Comme la majorité des entreprises l’ignorent, elles ne retireront pas une heure par jour à votre salaire. Bien sûr, si l’on vous refuse le droit de tirer votre lait, vous devrez faire état du code du travail en votre faveur. Je vous suggère dans ce cas de prendre connaissance de votre convention collective avant de faire cette démarche pour savoir sur quoi vous appuyer. Vous pouvez également vous renseigner sur les précédents au sein de l’entreprise et faire remarquer que l’on déduit pas de leur salaire les pauses cigarette aux fumeurs.

D’autres femmes ont des conditions de travail suffisamment souples pour savoir qu’elles peuvent s’absenter deux fois vingt minutes sans que personne ne leur en fasse la remarque. Dans ce cas, vous n’êtes pas obligée d’en parler. D’autres encore savent qu’un tirage sur la pause du midi suffira et elles n’en parlent pas non plus.

C’est à vous de voir en fonction de l’ambiance régnant dans votre entreprise et de vos possibilités.

Si vous pensez qu’il est préférable d’en parler à votre patron mais que vous n’osez pas l’aborder, voyons ensemble quelle stratégie vous pouvez adopter.

Il vaut mieux, en règle générale, annoncer à votre patron (ou votre supérieur hiérarchique, ou votre DRH, tout dépend de votre situation) au retour de votre congé maternité, que vous allez tirer votre lait sur votre lieu de travail plutôt que de demander une permission. Vous lui laisseriez ainsi le pouvoir de refuser. Alors que si vous annoncez votre décision de la façon la plus naturelle, sans laisser la possibilité de refus, vous avez plus de chance que cela se passe mieux.

Avant la rencontre, visualisez la, dans ses moindres détails de la manière dont vous souhaitez qu’elle se passe : ce que vous allez dire, comment va réagir votre interlocuteur, ses questions et vos réponses, votre posture, votre respiration… Il est important de contrôler votre respiration : si vous respirez calmement, cela vous évitera de paniquer et de laisser prise à votre interlocuteur.

Pensez également que votre patron a besoin de savoir que vous êtes prête à reprendre votre poste de façon efficace, que vous êtes toujours la personne que vous étiez avant votre départ. Pensez à votre présentation : soyez correctement habillée en fonction de votre poste, arrivez à l’heure, ne parlez pas de votre enfant en permanence à vos collègues ou pour justifier tout retard ou absence. Ainsi le fait que vous souhaitiez tirer votre lait passera beaucoup plus facilement, votre patron sera rassuré sur votre efficacité.

Enfin, souvenez-vous que vous ne risquez pas grand-chose : vous ne serez pas renvoyée pour avoir voulu tirer votre lait au travail.

Et vous, comment avez-vous parlé à votre patron ?

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26 Comments

  1. J’en avais parlé au service du personnel, avant la reprise et il m’a été répondu que comme cette heure ne m’étais pas rémunérée je devais alors « dépointer »…
    En pratique : je suis enfermée dans mon bureau pour tirer mon lait et je ne dépointe pas. Qui va venir vérifier que je tire bien mon lait???
    J’en avais parlé à mes collègues mais pas à mon chef et du coup quand il s’est heurté à la porte close il m’a ensuite demandé pourquoi je m’enfermais, etc… et je lui ai lâché le morceau mais à contrecoeur, surtout pour être tranquille par la suite : venant de quelqu’un qui parle de convalescence pour le congé de maternité j’imaginais ce que ça pouvais donner pour l’allaitement…!

  2. claire

    Je n’ai jamais parlé à mon employeur de mon allaitement car j’étais consultante et je travaillais sur le site client : je me voyais mal expliquer à mon client que j’avais besoin d’une heure pour tirer mon lait…. en plus, aucune salle dans l’entreprise ne fermait à clé; j’ai donc du tirer mon lait dans les toilettes…. rajouter 3 heures de transport par jours, j’ai tenu 3 semaines et j’ai arrête. J’ai quand même pu allaiter ma fille jusqu’à ses deux ans et demi. La lactation s’est adaptée a deux tétées par jour et je ne « manquais » pas de lait. Comme j’ai repris le travail au 7 mois de ma fille ma lactation a pu facilement s’adapter je pense qu’il n’y aurait pas été de même en reprenant après 2 mois et demi…

    • @Claire
      Merci pour votre réponse.
      Déjà félicitations pour les trois semaines, ce devait être difficile ! C’est vrai qu’à sept mois, la lactation s’adapte beaucoup mieux et c’est chouette que vous ayez pu allaiter le temps que vous souhaitiez !

  3. Agnès

    Bonjour,

    J’ai parlé de mon projet à ma chef de service qui m’y a encouragée. La directrice a donc été au courant par là . En pratique les 1ers jours ont été durs car j’étais mal à l’aise de m’isoler et donc de ne pas être disponible pendant les 2 pauses tire-lait…Maintenant ça va mieux ! Parfois je fais 1 tirage à midi, parfois 2, un en fin de matinée et un en fin d’aprem. Ma fille a 4,5 mois, j’ai l’impression que la lactation commence à s’adapter…mais quasiment que d’un sein ! L’autre a encore beaucoup de montées de lait !

    • @Agnès
      Merci pour votre réponse.
      C’est plus facile quand on a l’accord de sa hiérarchie mais c’est vrai que réussir à de « déconnecter » le temps de tirer son lait n’est pas toujours simple.
      C’est normal que les deux seins réagissent différemment…mais pas toujours pratique.

  4. Kaline

    J’ai repris le travail 10 semaines après l’accouchement, j’avais besoin de pouvoir tirer mon lait deux fois dans la journée pour fournir suffisamment.
    J’ai la chance d’avoir un contrat en jour de travail, et non un contrat en heure, j’ai donc le droit de m’absenter sans que ce temps ne soit décompté. En revanche je ne suis pas seule dans mon bureau, donc il m’était impossible de m’y enfermer.

    Le jour de la reprise je suis passée voir ma DRH, et l’ai informée que je voulais tirer mon lait au travail. Je l’ai un peu mise devant le fait accompli : j’allaite, il me faut un endroit pour tirer mon lait (demande polie bien sur, mais qui ne lui permettait pas de me refuser ce droit). Sa réaction a été immédiatement positive, et nous avons convenu que le plus simple était que je me rende à l’infirmerie.
    De la même façon, j’ai informé mon supérieur hiérarchique, histoire qu’il ne s’inquiète pas de mes absences répétées, de façon simple et directe. J’ai la chance que pour lui seul le résultat soit important : mon travail est fait, peut importe mon rythme de travail.

    • @Kaline
      Cela confirme ce que j’écris : il vaut mieux le mettre devant le fait accompli.
      Bravo pour ce résultat !

  5. margotton

    J’ai prévenu mon employeur, mon commercial et le client chez qui je travaille, que je prennais 1h par jour pour tirer mon lait.
    Je me suis rapprochée de l’infirmerie de mon client pour effectuer les scéances de tirage et profiter de leur frigo.

    Tout le monde est au courant que je tire mon lait, ou presque 🙂

    • @Margotton
      Merci pour votre réponse.
      Comme quoi on peut même demander chez son client. Encore que je pense que cela dépend du client…

  6. Le chef en question a marmonné une vague réponse et je n’en ai plus entendu parler!

  7. depassage

    Bonjour,

    ok, on ne se fait pas officiellement virée parce qu’on allaite.
    comme on ne se fait pas officiellement virée parce qu’on a eu un enfant.
    pourtant…
    mon retour au boulot a été tendu.
    en plus j’avais eu le culot de le prolonger de 4 semaines.
    alors je me suis cachée dans les toilettes pour tirer mon lait.
    et une guerre des nerfs a commencé.
    lequel du boss ou de la blonde allait résister le plus longtemps.
    il a finalement réussit à me virer au bout de presque 2 ans dont 7 mois d’arrèt maladie. on y a perdu des plumes tous les 2.
    conclusion : la loi n’a aucun poids face à un patron rétrograde.
    (il a gagné au prudhommes)

    • @depassage
      C’est vrai que cela peut se passer particulièrement mal avec certains patrons. Il a gagné en contestant aux prudhommes le droit à l’heure d’allaitement ???

  8. depassage

    @Véronique
    il n’a pas pris le risque de me licencier pour ce genre de raison.
    il en a inventé d’autres moins vérifiables, plus floues et moins périlleuses pour lui.
    le sujet de la plainte était un licenciement sans causes réelles et sérieuses.
    la loi protège des situations précises.
    mais elle est facile à contourner.
    il est clairement utopique de croire que l’on peut se sentir en sécurité parce qu’une loi existe.

    • @depassage
      Je suis tout à fait d’accord, on peut toujours contourner une loi, et je suis désolée que ça ait été à votre encontre…

  9. Clara

    J’ai la chance de pouvoir le faire relativement discrètement, sans avoir eu à le demander.
    Après avoir hésité, je n’en ai pas parlé, parce mon directeur était nouveau, et qu’il ne me connaissait pas.En revenant de mon congé de maternité, ça a été difficile car j’ai senti qu’il fallait que je prouve sans arrêt mes compétences, montrer que j’existe, d’autant plus que j’avais été arrêtée presque toute ma grossesse… J’ai donc été pas mal sous pression.
    Même si certains collègues étaient au courant (forcément avec mes A/R au frigo), la plupart n’y ont pas prêté attention, et j’évitais d’en parler. Discrétion et efficacité étaient mes buts.
    J’ai eu quelques frayeurs quand certaines personnes ont tenté d’entrer dans ma salle pendant que je tirais (surtout ne jamais oublier de laisser la clé sur la porte !), en effet n’importe qui peut se procurer la clé de la salle où je fais mes cours…
    Mis à part ces moments désagréables, et le fait que j’étais très mal à l’aise au début, j’ai pris confiance en moi et j’ai même un certain plaisir à le faire parfois, car c’est une pause dans ma course contre la montre. J’ai la chance de pouvoir organiser mon emploi du temps, même si je ne suis pas à l’abri d’une réunion mal placée ou d’un changement de planning…
    Par hasard, j’ai dû en parler à mon directeur quelques semaines après être revenue, pour m’assurer que j’aurais accès à ma salle un dimanche, et je l’ai fait le plus naturellement du monde , comme si tout le monde allaitait et tirait sur son lieu de travail !
    Comme il voyait que j’étais investie dans mon boulot et que je sentais qu’il ne me percevait plus comme « celle qui était en congé… »,je lui ai dit avec assurance, et il m’a montré de la compréhension.
    Je ne pense pas qu’il sache que je continue toujours (j’en suis à mon 8ème mois de tirage) et la plupart de mes collègues pensent que j’ai arrêté depuis longtemps.
    Mais j’ai dû affronter des semaines de folie parfois, avec des journées de 18h (!) où le seul moment où j’allaitais était le matin très tôt tout en tirant mon lait, puis je tirais 2 ou 3 fois après puisque je revenais vers minuit ou 1h du matin !
    A présent je n’ai plus besoin de tirer autant heureusement, et je n’ai pas des semaines comme ça toute l’année, mais une chose est sûre, quand on l’a expérimenté avec succès et qu’on a la chance de ne pas avoir eu à tirer son lait aux toilettes ou à affronter des fous furieux, on se sent capable de continuer longtemps à vivre comme ça !

  10. Marion

    J’ai eu la chance d’être appelée pour du travail quand mon bebe avait 4 mois. Mais donc nouveau travail, nouveau patron… Dur dur de commencer à un poste intéressant, tout prêt de chez moi, en disant que je voulais tirer mon lait. Pourtant c’est ce que j’ai fait. Je n’ai rien dit à l’entretien d’embauche mais le 1er jour de travail, alors que ce n’était qu’un contrat d’essai, j’ai dit que je souhaitais tirer mon lait car j’allaitais mon bebe. Grande chance, mon patron me demande combien de fois, j’ai répondu pour le moment 3 fois : pendant ma pause repas mais aussi une fois le matin et l’après midi. J’ai rajouté que j’en avait pour 15-20 min maximum. Il m’a amené à la sale de Réunion et m’a demandé si le lieu me convenait… Depuis bebe a 9 mois et je ne tire plus que le midi pendant ma pause. Je n’ai jamais entendu de remarque sur les tirages et c’est même mes collègues, quand j’en étais à 3-4h de travail qui me disaient « allez Marion faut que tu tire !!! » Je me rends compte que j’ai eu bcp de chance car ça aurait pu se passer très différemment vu l’audace avec laquelle je l’ai imposé…

  11. Bonjour,

    Je viens de rentrer du boulot, commencé une missin chez un client et manque de pot ils n’ont pas d’infirmerie.
    Je n’ose pas en parler a mes supérieurs car je crains les remarques mysogines et tout (milieu très masculin). Du coup, pour le moment je tire aux toilettes mais suis très stressée je tire beaucoup moins qu’avant.
    on verra comment la suite se passera !

  12. J’ai mis mon chef devant le fait accompli : je suis arrivée le premier jour avec mon tire-lait en lui demandant la clé du meuble où il range son ordinateur portable pour que je puisse y ranger mon tire-lait (je ne tire mon lait qu’au travail, autant que le matériel y reste). Il n’y a pas eu de souci.
    Je suis sur un site client, et j’ai décidé toute seule de m’installer dans la cafeteria vers 15-16h. Je ne ferme pas à clé car je ne veux pas priver quelqu’un de pouvoir accéder à sa nourriture. Par contre je m’installe au fond face au mur, comme ça si quelqu’un rentre je dis ce que je fais là et les gens peuvent farfouiller dans le frigo sans voir quoi que ce soit. Au moins il y a un frigo et un évier dans la pièce.
    Après, j’ai de la chance, je n’ai jamais d’engorgements, et mon fils de 6 mois, fraîchement diversifié, ne boit quasiment pas de lait chez la nounou, du coup mon petit tirage de l’après-midi suffit largement à couvrir ses besoins.

  13. Bonjour, je suis infirmière de la fonction publique dans un chs, pour faire court, je suis allaitante, je suis revenue de congés maternité hier, mon petit refuse le biberon depuis plus d’un mois et ma drh refuse catégoriquement que je tire mon lait au travail, savez-vous ce que je peux faire ? Bonne journée à vous. Une maman désemparée…

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