Le médecin du travail, votre allié ???

question-mark-295272_640Au vu de tous les messages reçus après la publication de mon dernier article, il m’a bien fallu revoir ma position plutôt optimiste de départ…

Alors voilà tous ce que les médecins du travail ont fait subir aux lectrices de ce blog :

  • « Ils s’en fichent. Quand j’ai dit à mon médecin que j’arrêtais l’allaitement à cause de la reprise du travail que j’étais donc épuisée, elle m’a répondu « et alors c’est compatible  » en gros je me suis fait rembarrer« .
  • « Ben moi, le médecin du travail m’a ordonné d’arrêter d’allaiter, car j’allais m’épuiser et je ne pourrais plus travailler convenablement. Je ne lui avais rien demandé. Bien sûr, je n’ai pas écouté cette incompétente. »
  • « Moi mon médecin du travail ( une femme) a été choquée quand je lui ai dit que j’allaite toujours mon fils de 13 mois et je compte continuer … Et quand je lui ai dit les bienfaits de l’allaitement sur la santé elle n’a rien dit , quand je lui ai demandé un soutien pour l’accès a la salle  » de tire lait »(car on m’a interdit l’accès depuis le 1 an de mon fils ) elle m’a dit gentiment dit qu’il est temps d’arrêter l’allaitement … »
  • « Ah la la…les choses ne changent pas…en 2002, mon médecin m’avait dit tout pareil ! Vous allez vous épuiser madame avec cet allaitement ! »
  • « Pff moi pour les 2 premiers (la 1ere fois j’avais demandé de l’aide pour une salle, la seconde fois non) quand j’ai dit que j’allaitais toujours (à 3 et 8 mois), même réplique : « mais enfin 2 mois d’allaitement c’est dejà bien, pas besoin de vous fatiguer plus, arrêtez et passez à autre chose ».
  • « Pour ma part, le médecin du travail n’a pas du tout été d’un grand soutien, bien au contraire !
    Quand j’ai repris après mon congé maternité, ce fut un renouvellement de contrat et j’ai dû passer la visite médicale et à ce moment la reprise s’annonçait difficile car ma fille de 3 mois refusait le biberon (j’en parle dans les commentaires de votre fameux article le plus lu sur le refus du biberon). Votre site et tous ses témoignages ainsi qu’une consultante en lactation de ma ville m’avaient rassurée en me disant que ma fille finirait par prendre le biberon chez la nounou
    Sauf que voilà , je suis ressortie en larmes de cette visite médicale car le médecin du travail (une femme) m’a complètement culpabilisée en me disant que j’aurais dû essayer le biberon bien avant alors que ça faisait plus d’un mois qu’on avait fait des essais le papa et moi ! M’enfin bref, je me souviendrai toujours avec rancÅ“ur de ce mauvais moment, de cette mauvaise rencontre. »
  • « Pour ma part, pas du tout !
    Lors de ma visite médicale de reprise, le seul commentaire de la médecin lorsque j’ai évoqué très pudiquement le fait que j’allaitais « encoooore » (ma fille avait 4 mois!), elle m’a répondu, « mais vous avez encore du lait ? » suivi du « ah ben vous devez être fatiguée alors ». Deux clichés en moins de 30 s, chapeau. Quand j’ai commencé à dire que oui, j’ai encore du lait car ma fille tête (tire-lait pas encore évoqué), elle me répond « ah mais non, ça n’a rien à voir, il y a beaucoup de femmes qui n’ont pas assez de lait, vous avez de la chance, vous ». Quand c’est la boulangère ou Mme Michu qui dit ça, c’est déjà énervant, mais on comprend, mais venant de la part d’une mé-de-cin !!! J’en suis restée scotchée et n’ai pas voulu embrayer sur le sujet, expliquer, etc, j’avais juste envie de partir vite de son bureau (bien sûr, elle avait déjà 3/4h de retard).
    Voilà ma mauvaise expérience avec la médecine du travail « 
  • « Le médecin du travail m’a sidéré lors de la visite. Heureusement, j’avais pu trouver toutes les infos sur le net (sur votre site entre autres 😀 ) et ma titulaire n’a rien dit quand j’ai proposé mon organisation pour tirer mon lait à l’officine (suis pharmacienne). Comme dans un commentaire précédent j’ai eu droit à tous les poncifs possibles et inimaginables qui se sont enchaînés : « encore » (mon fils devait avoir un an à l’époque, je ne sais plus), « après 6 mois ce n’est plus nourrissant », quand je lui ai parlé des 2 ans ou plus de l’OMS on a atteint le point « nan mais c’est pour les pays du tiers-monde ça ! », et j’en passe J’ai fini par lui dire qu’en tant que mère et professionnelle de santé je m’étais beaucoup renseignée et qu’elle devrait peut-être faire de même J’étais dans une rage folle en sortant du centre en pensant qu’une mère allaitante dans le besoin n’aurait vraiment pas trouvé d’aide auprès de ce médecin. Et même si par le plus grand des hasards je l’ai poussé à réfléchir et se renseigner, elle avait l’air tellement débordée que je doute qu’elle puisse le faire :(« 
  • « Expérience négative également pour ma part. Lors de ma visite de reprise, le médecin (femme) a sous-entendu que mon travail ne devait pas être très difficile pour réussir à concilier vie professionnelle et allaitement J’ai failli lui faire manger son crayon ! Elle a ensuite rajouté que sa fille avait elle aussi allaité très (ou trop) longtemps : 6 mois ! »

Alors, si jamais vous êtes médecin du travail et que vous lisez ce blog, n’hésitez pas à donner de l’information à vos collègues !

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19 Comments

  1. Catherine

    Bonjour
    J ai allaité mon fils aine pendant 12 mois. Ayant repris le travail après les 10 semaines réglementaires, j ai eu droit à la visite médicale. Lorsque je lui ai dit que j allaitais mon fils, sans lui demander son avis, le médecin du travail m a dit qu elle était contre… Et bien au lieu de me décourager cela m a donné une motivation supplémentaire. Je précise que je suis cadre dans une grande entreprise française. Bon courage à vous toutes.

    • @Catherine
      Mais comment peut-on être contre ???

      • j’hallucine totalement « le médecin m’a dit qu’elle était contre ». Non mais 1) de quoi j’me mêle !!! 2) c’est pas ses oignons et 3) qu’est-ce que ça peut lui faire !!!
        (et 4) bien sûr, comment peut-on « être contre ». Ne pas le faire soi-même, c un choix, être contre, c’est… débile!)

        Non mais ces médecins qui se permettent de donner leur avis NON MEDICAL sur nos choix de vie, ça me hérisse.

        • @Vervaine
          J’adore lire vos réponses 😀

          • J’aime aussi lire cette réponse ! Pour ma part, je n’en ai pas parlé lors de la visite (qui n’était d’ailleurs pas une visite post congé mais la visite normale qui tombait à ce moment là . je n’ai jamais eu de visite post congé mater????). Bref, je n’en ai pas parlé car lors de ma première visite chez ce médecin du travail, elle m’avait demandé de me déshabiller pour m’ausculter, ce que j’avais refusé, car en moins de deux minutes en m’accueillant, elle avait déjà trouvé moyen de me faire des remarques sur mon poids (j’étais maigre) ; elle a donc refusé de continuer la consultation, et j’ai répondu qu’elle pouvait m’examiner sans que je me déshabille et que sinon je partirai sans son avis. Je suis partie en claquant la porte. Donc deux ans après, vous pensez bien que je n’allais pas papoter tranquillement d’allaitement et travail !!!! Moi aussi j’hallucine qu’un médecin puisse se permettre de ‘ »juger » des choix de vie !

          • @Francea
            Ouch ! Effectivement, pas simple !

  2. Catherine

    Oui c est exactement ce que je me suis dit, surtout étant médecin et femme en plus… Elle ne doit pas avoir eu la chance d avoir des enfants…

  3. le médecin du travail, moi je ne l’ai pas vu! j’ai repris il y a 6 mois mais je n’ai pas eu de visite de reprise

  4. Je vais faire figure d’exception, mais mon médecin du travail a été au petit poil : elle n’a jamais été jugeante.

    Quand je lui ais dit que j’allaitais, on a discuté du tire-lait, des conditions matérielles dont je pouvais bénéficier dans mon boulot. Elle était très rassurée que je ne doive pas m’isoler dans les toilettes et s’est beaucoup intéressée à ce que j’ai un point d’eau et un frigo à proximité immédiate du lieu de tirage. Elle a effectivement été un professionnel respectueux, à l’écoute.

    Si j’avais eu des problèmes, elle était toute prête à me soutenir dans mon choix. Je note au passage que cette femme n’a pas eu d’enfants et ne pas aucunement imposé ses opinions sur l’allaitement, l’éducation, le sommeil ou quoi que ce soit.

    Je me souviens de la dernière phrase de notre entretien : si vous avez quelque problème que ce soit, même en dehors du travail, n’hésitez pas à venir me voir. Même si je n’y suis pas retournée, je garde cette petite phrase en souvenir sympa !

  5. Bonjour à tous,
    Merci pour cet article et les commentaires très intéressants qui mettent en lumière certains motifs justifiant la mauvaise réputation des médecins du travail. En tant que femme et médecin du travail, je m’efforce d’être le plus distante possible, car je ne suis pas là pour juger du style de vie des salariés lors des consultations. Simplement leur donner des pistes et conseils ou encore leur conseiller des psychologues du travail ou des activités sportives (pour certaines personnes). Il ne m’est jamais venu à l’idée de les juger sur leur style de vie personnel.
    Et, pour éviter la routine et les risques d’habitude pouvant conduire à de mauvaises humeurs entrainant l’impolitesse et le mauvais traitement vis à vis de travailleurs souvent sous pression, j’ai décidé de tenter l’intérim. Et, c’est justement depuis que je le fais que je m’aperçois de la mauvaise notoriété dont souffre ma profession pourtant si belle.
    #Sophie: votre commentaire me fait très plaisir. Cela fait du bien d’être face à un professionnel compétent et qui se contente d’être réellement à l’écoute.

  6. Loupascale

    Je suis désolée pour toutes celles qui ont fait des rencontres antipathiques à leur reprise maternité.
    Je suis médecin du travail, femme et mère.
    La visite de reprise après le congé maternité est celle a la qu’elle je porte une attention toute particulière et cela quel que soit le type de poste. Par expérience, j ai repéré que la reprise après bébé était souvent difficile ( sommeil, allaitement, mode de garde, aide du conjoint, horaires et rythme de travail.’.etc…) tout une cohorte d éléments qui peuvent altérer tant la relation mère enfant , le couple et la qualité de vie au travail et sa pérennité.. Quand je sens que la,patiente est en difficulté, je lui propose toujours de revenir en visite spontanée ( l employeur n est pas informé , elle s effectue en dehors des heures de travail et nous reprenons ensemble les points qui,la mette en difficultés, au besoin , nois revoyons si des aménagements temporaires du poste sont envisageables….
    Ps ce métier est mal connu et passionnant!

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