8 idées reçues sur les femmes qui travaillent et allaitent.

féminisme et allaitement

  • Ces femmes sont trop fusionnelles avec leur enfant. Chaque femme qui a déjà apporté son lait à la crèche a entendu cette reflexion au moins une fois. Et pourtant, rien ne la justifie. Choisir de donner son lait à son enfant est une décision personnelle, du même ordre que choisir les aliments que l’on proposera au moment de la diversification. Mettre son enfant en crèche n’est pas synonyme de sevrage, c’est un choix.
  • Ces femmes sont toutes des fanatiques de l’allaitement. Choisir d’allaiter plus de dix semaines n’a rien de fanatique. Les recommandations officielles mentionnent un allaitement exclusif de six mois. En France, avec un congé maternité qui s’arrête aux deux mois et demi de l’enfant, choisir de poursuivre l’allaitement à la reprise du travail correspond juste aux recommandations officielles…
  • Ces femmes n’ont rien compris au féminisme. Certes le féminisme des années 70 a mis à mal l’allaitement en France. Ce n’est pas le cas dans d’autres pays comme la Suède par exemple, où les femmes ont revendiqué le droit de travailler à égalité avec les hommes tout en conservant la possibilité de porter des enfants et de les allaiter, de vivre leur vie de femme ! Féminisme et allaitement sont compatibles.
  • Ces femmes ne peuvent pas tenir leur poste correctement. Il n’y aucune raison à cela. Produire du lait n’a jamais empêché de se servir de ses mains ou de réfléchir, de parler, de soigner, bref d’exercer un métier. Et si l’on choisit de tirer son lait sur le lieu de travail, cela ne signifie pas que l’on transforme son bureau en laiterie…
  • Ces femmes perdent du temps sur leur temps de travail. Tirer son lait deux fois sur son lieu de travail prend en moyenne 40 minutes, alors que la loi prévoit une heure. Prendre dix pauses cigarettes dans la journée (moyenne des fumeurs) prend au moins 50 minutes, non prévues dans le code du travail…
  • Ces femmes ne sont plus que des mères. Toute femme ayant un enfant conjugue sa vie de femme avec sa vie de mère au quotidien. Travailler ne supprime pas le fait d’être mère, allaiter ne transforme pas une femme en nourrice tel qu’on l’entendait aux 18e et 19e siècles.
  • Ces femmes ne sont pas nombreuses. C’est surtout que de nombreuses femmes cachent le fait qu’elles poursuivent leur allaitement. L’allaitement appartient à l’intime d’une famille et ne se dévoile que rarement sur son lieu de travail. On n’a aucune idée aujourd’hui du nombre de femmes qui travaillent et allaitent…et tant mieux !
  • Ces femmes ne peuvent pas être élégantes. Faux ! Aujourd’hui, il est facile de trouver une garde-robe élégante qui permette de tirer son lait sur son lieu de travail ou de donner le sein à son bébé quand on va le chercher à la crèche.

Et vous, à quelles idées reçues avez-vous dû faire face ?

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27 Comments

  1. Merci Véronique pour ce très chouette article! Effectivement, plein d’idées reçues auxquelles j’ai du faire face. Et pourtant, je me sens pleinement libre, femme, responsable de mes choix tout en allaitant ma fille. J’ai tiré mon lait au bureau, et j’ai voulu donner l’image d’une femme moderne, actuelle, tout à fait présente à travail. Je crois d’ailleurs que j’ai pas mal réussi 😉

    Petite anecdote: en Belgique, l’assurance-maladie prévoit le remboursement à 90% de 2 fois 1/2 h par jour de pauses pour tirer son lait. Lorsque je reçois ma première fiche de paie, je vois que ces pauses n’ont pas été indiquées, et que j’ai reçu mon salaire habituel. Par souci d’honnêteté, j’en parle à mon boss. Sa réponse: laisse tomber, je vois bien que tu fais tout pour que cela se fasse rapidement et soit sans conséquence pour ton boulot… Bref, je n’ai jamais fait intervenir l’assurance maladie.

    Je pense que les médias sont en partie responsables des idées reçues sur l’allaitement prolongé. Ils perpétuent une image vieillotte et peu moderne. Peu avant mon accouchement, j’ai vu une émission sur le maternage. Tout y était caricatural, : l’allaitement prolongé, le type de femmes qui le choississaient(présentées quasi comme des intégristes), le portage, … Je me suis dit « quelle horreur, je ne veux pas devenir comme ça!! ». Et pourtant, c’est tout l’inverse qui s’est passé à la naissance de ma fille: j’ai choisi de l’allaiter (longtemps), je la porte très souvent, j’ai dormi avec elle longtemps… Cette émission avait un parti pris énorme, et je suis encore très en colère quand j’y repense!

  2. Personnellement, je n’ai pas particulièrement eu à faire à des idées reçues ou des réflexions « bêtes ». Lorsque je tirais mon lait, avec mes collègues, on avait trouvé un joli terme: on disait que j’allais « méditer » ou que j’étais « en méditation ».
    Ma fille va avoir 18 mois et ne prend plus que quelques têtées. C’est si simple!!!

  3. La première crèche qu’on avait visité, la directrice nous avait laissé entendre que l’adaptation se passait bien en général pour les enfants, ils en avait juste un pour qui s’était plus difficile mais c’était normal il était allaité! Et de conclure que pour notre miss ça irait par ce qu’elle serait sevrée… ah bon? elle n’est finalement pas allée dans cette crèche là , a eu du lait maternel dans son bib jusqu’à ses 10 mois…
    Et au travail, comme l’heure n’est pas payée, j’aurai dû « dépointer » pour décompter mon temps de tirage de mon temps de travail! ce qui m’aurait fait des journées effroyablement longues… j’ai eu la même réflexion, je me suis dit « mince j’œuvre pour la santé publique et je ne suis pas payée alors que les fumeurs eux sont payés!!! »

  4. Hélène

    Merci pour cet article qui me rassure en me montrant qu’il n’y a pas que moi qui ai affaires aux remarques et aux critiques. Autant je ne savais pas, avant d’être maman, si j’aurais envie d’allaiter, autant il me semble impensable aujourd’hui d’arrêter mon allaitement. J’ai repris le travail, mon bébé a un peu plus de 3 mois et je me heurte à des réflexions telles que : « Tu es sure qu’il a suffisamment mangé ? Si le bébé pleure, c’est qu’il a encore faim. Pourquoi ne pas compléter avec un bon biberon ? » « S’il dort avec la nounou, c’est parce qu’elle lui donne suffisamment à manger. » »Vous ne lui donnez pas un biberon d’eau ? » « Il veut encore têter, c’est que ton lait n’est pas assez riche ».
    Heureusement, le papa est là pour me rassurer et me montrer que notre bébé mange suffisamment puisqu’il grandit bien, sinon, je me serais presque laissé faire.
    J’ai l’impression que certaines personnes s’en veulent d’avoir interrompu leur propre allaitement trop tôt ou voudraient participer aux repas du bébé, si bien qu’elles se permettent ce genre de remarques.
    J’ai repris le travail mais je ne veux pas interrompre mon allaitement. Je veux garder ce moment si particulier avec mon bébé et lui donner le meilleur.

  5. Hélène

    Et j’oubliais aussi le fameux : « Les biberons, c’est bien aussi. Tu n’as pas l’impression d’être une vache ? L’allaitement, c’est très bestial. »

  6. bonjour, on m’a fait le coup de la mère trop fusionnelle; de celle qui se met trop la pression alors que c’est si simple de donner un biberon de lait en poudre !
    Vu comme ma fille est épanouie et confiante même en mon absence et moi impliquée et motivée dans mon travail, je ne crois vraiment pas que l’on soit fusionnelles.
    Je ne sais pas comment font les autres mamans avec tous ces biberons à laver et ce lait à acheter. je trouve bien plus simple de donner le sein !

    Autrement, l’accueil et le soutien des collègues et supérieurs ont été présents depuis ma reprise du travail. J’ai annoncé que le comptais tirer mon lait, je ne m’en cache pas et en suis même plutôt fière ! Du coup, je n’ai que très rarement de remarques assassines, même si certaines n’en pensent pas moins (d’accord avec remarque surla frustation de certaines femmes qui ont arrêté d’allaiter trop tôt)

  7. Moi je n’ai jamais eu de réflexions, on ne m’en parlait jamais, mais j’ai été changée de service sous des prétextes qui me paraissaient un peu fallacieux, et j’ai eu avant ce changement des reproches sur mon travail alors que ça n’a jamais été le cas auparavant…pourtant dieu sait que je n’abusais pas, sur l’heure prévue j’utilisais 1/2h maximum, voire moins…
    Alors je me pose beaucoup de questions, d’autant que dans le nouveau service où le travail et la charge de travail sont tout autres, j’ai eu des rélexions plutot positives, et des questions sur ça, mais pas des questions malsaines , juste de la curiosité, de l’intéret.

  8. Au final, il semble que oui.
    Mais il n’empeche, les préjugés sont tenaces.

  9. Je crois que j’ai beaucoup de chance car je n’ai jamais entendu dire que j’étais trop « fusionnelle » avec mon fils de la part des puéricultrices de sa crèche. Et pourtant, lorsque nous avons eu enfin une place, à ses 12 mois, j’étais la seule maman à le faire (crèche de 45 places) !!
    Quelques semaines plus tard, 2 puéricultrices m’ont même dit discrètement que tant qu’il prenait mon lait, j’étais assurée qu’il prenait ce qu’il y avait de meilleur… Ça m’a beaucoup touchée, et en plus de la part de femmes qui n’avaient pas eu d’enfant.
    Pour les réflexions de collègues, j’ai compris une chose: d’un côté les « vraies » mères, généreuses, donc encourageantes et admiratives même si elles n’avaient pas pu le faire aussi longtemps que moi, et de l’autre côté, des personnes qui ne comprennent pas qu’on s’investisse autant, qui pensent à elles d’abord, et qui me prédisaient que j’allais avoir des problèmes osseux ou dentaires à long terme si je continuais…Du coup je laissais dire en les plaignant de ne pas avoir connu « ça » !
    C’est vrai qu’on est très retard par rapport à la Suède dans ce domaine, et bien d’autres…

  10. Je retrouve dans cet article tout plein de commentaires auxquels j’ai le droit. J’ai allaité mon ainée jusqu’à sa diversification et déjà on m’avait fait remarqué que j’avais dépassé les 3 mois et qu’il fallait « que je coupe le cordon ». Le second est toujours allaité. Polyallergique ( Lait de vache, chèvre, brebis, gluten, œuf, poisson), nous trouvons tous les deux dans l’allaitement des « vertus thérapeutiques » et une « relation fusionnelle ». Ce qui nous est reproché au moins deux fois par semaine. Mais nous tenons bon même lorsqu’on me dit que je suis une « vache laitière » dans ma fonction nourricière!!!! Malgré ses 12 mois!!
    Cependant, pourquoi penser que seule la mère allaitante est fusionnelle, est « mère » au sens maternante? Les « mères biberons » ne seraient donc pas en mesure de créer ce genre de relations avec leur enfant parce qu’elles donnent un biberon.
    Si tel était le cas, ce serait fort dommage. Je plaisante.
    Si un bébé allaité a des difficultés à s’adapter à la vie en crèche c’est de la faute de l’allaitement et de sa mère qui refuse de lui laisser une once de liberté. Quel argument utiliser pour le bébé « biberon »?
    Certes nous ne sommes pas « fanatiques » mais peut-être ne sommes-nous pas assez affirmatives et revendicatrices? Et si nous osions un peu plus nous « imposer » dans l’espace public, peut-être que certaines tendances s’en trouveraient inversées?
    Il est

    • @Sophie
      Oui sûrement… En même temps, j’ai l’impression que le plus efficace pour faire avancer l’image de l’allaitement, c’est bien de vivre son allaitement de manière la plus sereine possible, en affrontant sans peur le regard des autres…

  11. Entièrement d’ accord. Le terme « s’imposer » n’était peut-être pas le plus approprié. Mais nous sommes trop peu à revendiquer notre allaitement.
    Je rajouterais juste vivre son allaitement sereinement en public, au parc, au café, dans le TGV ou dans l’avion…
    Trop d’ amies n’ont pas « osé » et ont sevré plus vite qu’elles ne l’auraient souhaité. Alors, parfois je me dis que si nous étions juste un tout petit peu plus militantes. Moi la première…

    • @Sophie
      Je ne me sens pas militante mais je trouve très important d’offrir de l’information à ceux qui en ont besoin 😉 .

  12. @ Véronique
    Ta disponibilité, ton dévouement, ton soutien et tes encouragements sont, pour moi une forme de militantisme. Pour ma part, quand on me demande un renseignement ( ex samedi dernier, une amie pour son 3e enfant qu’elle allaite depuis 3 semaines. Pour le premier on lui avait dit qu’après une césarienne ce n’était pas possible et pour le second qui pleurait après chaque tétée qu’elle n’avait pas assez de lait alors qu’il avait un reflux !!!) suite à des réflexions à la pmi , je suis gênée, j’ai peur de ne pas trouver les mots justes. Alors je parle de mon expérience, leur dit de se faire confiance et surtout je donne ton nom et tes coordonnées. Car c’est un métier que tu exerces formidablement.
    A mes yeux tu es une véritable militante.

  13. En voyant le titre du message, je me suis dit que je n’étais pas concernée, que je n’avais pas entendu de choses comme ça pendant mon allaitement au travail. Et puis finalement en lisant plus en détail, plusieurs petites phrases me sont revenues en mémoire, principalement sur la fusion avec mon fils (c’est vrai que c’est très fusionnel de tirer son lait et de le faire donner au biberon par la crèche O_o), sur mon fanatisme supposé, et mon côté extra-terrestre (sauf que depuis mon allaitement, l’infirmerie est devenu le refuge officiel des mamans allaitantes 😉 )
    Mais finalement j’en avais déjà pris tellement dans la figure avec la pédiatre pendant mon congé maternité, que j’étais complètement blindée, et que j’avais décidé d’assumer complètement mon choix, et que ces petites phrases m’ont plus amusées que blessées. Ma seule crainte était que mon chef me reproche mes absences, mais il a été vraiment génial, et a totalement respecté mon choix, sans me pénaliser d’aucune façon (j’ai été augmentée comme mes collègues masculins en fin d’année, malgré le congé mat et plusieurs mois d’expression de mon lait au travail).

    Et puis soyons honnête, j’avais trouvé un blog génial, avec plein d’infos pour m’aider
    et rempli de témoignages qui me montraient que j’étais loin d’être seule à avoir fait
    ce choix, ça donne confiance en soi : merci Véronique

    • @Kaline
      Merci pour les compliments 🙂
      Je trouve ça vraiment chouette que tu aies ouvert la voie à d’autres mamans. Bravo !

  14. Audrey

    J’ai eu droit à la mère trop fusionnelle mais ça ne m’a pas touchée plus que ça. Oui, je suis très fusionnelle avec mon fils. Je ne m’y attendais pas car je suis d’un caractère plutôt indépendant, mais j’ai accueilli ma maternité avec cette boule d’amour de bébé comme elle était.
    Les premiers temps en nounou n’ont pas été faciles. Mon petit ne se nourrissait pas chez elle, je ne voulais pas retourner travailler. On me disait que c’était peut-etre parce que je ne voulais pas le laisser qu’il refusait le biberon : je répondais que bien sûr que je ne voulais pas le laisser, j’en avais bien conscience mais je n’avais pas le choix !
    J’ai continué à l’allaiter pour des tas de raison, notamment parce que j’ai la flemme de lui faire des biberons
    Ma décision a bien été accueillie au bureau, en revanche. Ma chef a d’abord cru que je voulais amener mon fils au bureau (Le manque d’infos sur l’allaitement…) mais mon heure de tirage n’a pas été décomptée pendant les 4 mois que ça a duré, au contraire, j’ai plutôt été soutenue.
    Aujourd’hui je l’allaite quand je suis avec lui et il mange à la cuiller chez la nounou, tout roule !

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