égalité homme-femme et allaitementAssocier les expressions « allaitement » et « égalité homme-femme » en France peut paraître un brin provocateur. Dans notre pays, les courants féministes ont plutôt cherché à développer l’alimentation artificielle, justement pour plus d’égalité homme-femme. Or la poursuite de l’allaitement maternel à la reprise du travail peut être un facteur de développement de cette égalité, d’un point de vue professionnel mais aussi du point de vue du partage des tâches domestiques.

Du côté professionnel, ce sont en général les femmes les plus pénalisées lorsqu’un enfant est malade, ce sont encore elles qui s’absentent le plus souvent pour s’en occuper. Or ces absences à répétition nuisent au bon déroulement d’une carrière.
On sait aujourd’hui qu’un enfant allaité est statistiquement significativement moins malade qu’un bébé au biberon. Une femme qui poursuit l’allaitement après la reprise du travail est donc beaucoup moins souvent absente et moins pénalisée d’un point de vue professionnel. Cela lui permet d’être sur un pied d’égalité avec les hommes de son entreprise.

D’autre part, certaines femmes reculent le plus longtemps possible la reprise du travail afin de retarder le moment du sevrage. Quand une femme sait qu’elle peut poursuivre l’allaitement tout en travaillant, elle peut faire le choix de reprendre le travail plus tôt pour ne pas nuire à sa carrière et parce que son travail lui plaît. En cela également elle se met sur un pied d’égalité avec les hommes de son entreprise.

Bien évidemment, tout cela n’est possible que si le fait de tirer son lait au travail devient quelque-chose de normal, admis par tous et ne sucitant aucun commentaire déplaisant.

Du côté domestique, la poursuite de l’allaitement nécessite souvent un nouveau partage des tâches. Lorsqu’une femme retrouve son bébé en rentrant du travail, la plupart du temps, elle lui donne à téter et personne ne peut prendre ce temps à sa place. Il faut également qu’elle nettoie son matériel pour le lendemain et éventuellement qu’elle fasse un tirage supplémentaire le soir. Elle ne tient pas souvent le coup si son conjoint ne prend pas sa part des tâches domestiques, ne serait-ce que pour s’occuper des enfants plus grands ou préparer le repas. Ce choix de la poursuite de l’allaitement implique également l’homme et la femme n’est plus la seule à faire une double journée.

Enfin, certaines femmes prennent un congé parental pour pouvoir poursuivre l’allaitement. Si elles peuvent à la fois reprendre le travail et poursuivre l’allaitement, le père peut aussi prendre un congé parental. C’est un nouveau choix possible.

C’est finalement ça le plus important : que les femmes aient désormais de vrais choix : arrêter ou poursuivre l’allaitement, reprendre le travail rapidement pour gérer sa carrière ou profiter de ses enfants, ne pas être pénalisée par les absences pour maladie de l’enfant, choisir qui dans le couple prendra un congé parental.
Une femme peut ainsi garder sa spécificité de femme (elle est la seule à pouvoir allaiter son enfant) tout en développant ses compétences professionnelles au même titre que ses homologues masculins. N’est-ce pas cela la vraie égalité homme-femme ?

 


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bébé refuse le biberonVoici l’article le plus lu depuis la création de ce blog. Surtout n’hésitez pas à parcourir les commentaires dans lesquelles de nombreuses personnes témoignent du refus du biberon avant la reprise mais de la résolution de la situation avec la personne qui garde le bébé.

Ça y est, vous reprenez le travail dans quinze jours et vous avez décidé d’introduire les premiers biberons pour que votre admirable poupon s’y habitue et ne pose pas de problème chez l’assistante maternelle.
Oui mais vous n’aviez pas prévu que ce bébé devienne soudain moins admirable : il refuse catégoriquement de prendre un biberon…

Voilà une situation finalement assez fréquente à laquelle la plupart des parents ne sont pas préparés. Ils sont donc très souvent démunis et ne savent pas comment y faire face : bébé refuse le biberon.

Le bébé refuse le biberon, ou bien il accepte mais ne prend que 5 ml de lait, il se recule et pleure, voir hurle. Soit sa maman est là et il ne se calme qu’au sein, soit il pleure de détresse jusqu’au retour de celle-ci.
La personne qui s’en occupe et les parents sont destabilisés. Prendre un biberon semble quelque-chose de normal pour un bébé dans notre culture occidentale, pourquoi mon enfant refuse-t-il ?
En général, en tant que mère, on se dit que l’on a raté quelque-chose: on aurait dû lui proposer un biberon plus tôt, les autres ont raison, je suis trop fusionnelle,… De plus, la reprise du travail approche, il faut trouver une solution rapidement sinon cela va mal se passer. Ou bien la personne qui va garder le bébé ne veut le prendre que s’il est déjà habitué au biberon et ne pose pas de problème. La pression est forte…et ce bébé qui refuse de prendre un biberon… C’est une situation très stressante pour les parents et en particulier pour la mère qui a tendance à culpabiliser.

Essayons de comprendre ce qui se passe et comment se sortir de cette situation.

Du côté du bébé, la situation est tout à fait compréhensible. Celui-ci est allaité depuis sa naissance, il ne connait rien d’autre ou bien a complètement oublié les quelques biberons qui lui ont été donnés à la maternité. On lui explique (ou pas) qu’il va devoir prendre des biberons car sa maman reprend le travail. Cela a-t-il un sens pour lui ? On lui présente ce fameux biberon qu’il est censé prendre en bouche alors qu’il ne connait que la douceur du sein. Il a faim, on lui demande de changer de comportement alors qu’il n’aspire qu’à téter. Tout ceci est incompréhensible. Pour un bébé il est normal de préférer le sein (essayez de prendre une tétine de biberon en bouche, ce n’est pas l’expérience la plus agréable) et il ne comprend pas pourquoi tout d’un coup il ne peut plus téter.

Rassurez-vous, cette situation est transitoire et on trouve toujours une solution.

La première chose à faire est de se détendre. En général, plus le bébé sent la pression monter autour du biberon, moins il accepte de le prendre. Vous pouvez faire confiance à votre enfant, il va trouver sa solution pour s’adapter à sa nouvelle situation lorsque vous serez retournée au travail. Tous les bébés s’adaptent (ils n’ont d’ailleurs pas vraiment le choix). La personne qui va s’occuper de votre enfant pendant votre absence va également s’adapter. Si elle refuse de réfléchir à une solution avec vous, êtes-vous prête à lui confier votre tout petit ?
Cette situation n’étant problématique que peu de temps, autant ne pas la dramatiser.

Ensuite, vous pouvez essayer de repérer si votre bébé refuse le lait ou la tétine du biberon. Si vous lui proposez votre lait fraichement tiré dans ce même biberon, l’accepte-t-il ? Si oui, alors vous avez la réponse, c’est le lait en poudre qu’il n’aime pas. Vous pouvez alors commencer par tirer un peu votre lait. Dans le premier biberon, vous lui donnez 100% de lait maternel, dans le second 75% de lait maternel et 25% de lait artificiel pour qu’il s’habitue au goût petit à petit. Dès qu’il accepte ce mélange, vous pouvez passer à 50% de lait maternel et 50% de lait artificiel et ainsi de suite jusqu’au 100% de lait artificiel. C’est finalement une situation assez simple.
Attention, chez certaines femmes le lait tiré se « pré-digère » et prend un goût et une odeur très forts. Ce lait est toujours bon mais certains bébés le refusent (alors que d’autres le prennent sans problème). Dans ce cas, il suffit de chauffer le lait à 60° juste après l’avoir tiré pour arrêter le processus. Il n’y a alors plus de problème de goût.
Encore une petite chose, certains bébés ont une préférence pour le lait froid ou le lait chaud ou tiède

Si votre bébé refuse la tétine, vous pouvez essayer de varier l’offre. Essayez différentes sortes de tétines, certains bébés ayant leurs préférences (silicone ou caoutchouc, différentes formes ou tailles). Si vous trouvez la tétine que votre bébé accepte, vous avez gagné et résolu votre problème !
Mais certains bébés refusent toutes les tétines. Vous pouvez alors essayer le verre car on se contente de poser le bord du verre sur la lèvre inférieure et on n’introduit rien dans la bouche du bébé, cela convient mieux pour certains.

Pour tous ces essais, il vaut mieux ne pas attendre que votre bébé ait très faim car il n’est plus en état de faire un effort d’apprentissage.

Enfin, si votre enfant a plus de six mois, vous n’êtes pas obligée de lui faire prendre des biberons, il peut prendre des solides(s’il les aime) lorsque vous êtes absente et téter quand vous êtes avec lui. Cela résout le problème facilement.

Il faut savoir que de nombreux bébés refusent le biberon lorsqu’on essaie de les habituer avant la reprise du travail mais les acceptent lorsque c’est « pour de vrai ». Quand vous êtes absente, votre bébé se rend bien compte qu’il ne peut plus téter et accepte les biberons soit le jour même, soit dans les jours qui suivent.
Un bébé qui refuse de manger toute la journée n’est pas en danger, de même qu’un bébé qui dort toute la nuit sans manger. Simplement il compensera quand il vous retrouvera.
Vous pouvez alors rassurer la personne qui le garde en votre absence : si votre enfant n’a rien mangé de la journée, vous ne serez ni inquiète ni fâchée, vous savez que cela peut arriver et que c’est transitoire et sans danger.
Dans de très rares cas, un bébé va refuser de manger la journée pendant plusieurs semaines. C’est fatigant pour la mère car il va alors compenser en tétant la nuit mais ce n’est pas inquiétant pour la santé de l’enfant. Je le répète, c’est très rare.
Enfin pour un enfant, refuser de manger peut être une façon de protester contre l’absence de sa mère. Un bébé n’est jamais content de ne plus avoir sa mère avec lui et il a peu de moyens de le faire savoir. Le refus du biberon en est un.

Dans tous les cas, la crispation accentue le problème et on gagne à dédramatiser la situation. Toutes les familles sans exception s’adaptent à la reprise du travail et il suffit souvent de faire confiance à la capacité d’adaptation du bébé et de prendre le temps de l’écouter.

Et pour votre enfant, comment s’est passé le passage au biberon ?

 


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bebeL’académie de médecine se prononce en faveur de l’allaitement maternel en demandant un congé maternité d’au moins 4 mois pour les femmes qui allaitent. Voilà une bonne nouvelle !

C’est la première fois que cet organisme fait une déclaration publique aussi nette sur le sujet.

Espérons qu’il sera entendu.

 


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Encore trop souvent à mon goût, j’entends les femmes raconter que la crèche qui va très bientôt s’occuper de leur enfant leur a demandé de sevrer bébé…

Quelle justification les crèches apportent-elles à cette demande ? Souvent aucune, soyons clairs. Il s’agit principalement de la peur de se tromper dans la manipulation du lait (n’oublions pas que la France est encore traumatisée par l’histoire du sang contaminé) et de donner à un autre bébé le lait maternel qui est destiné à votre fiston. Pourtant, chaque maman apporte la plupart du temps un lait différent de celui qui nourrit le petit copain. Les boites de lait sont soigneusement étiquetées, tout comme vous allez étiqueter votre biberon de lait maternel.

La crèche peut également refuser pour des raisons d’hygiène : peur de contaminer votre bébé avec un produit dont le personnel ignore souvent tout des conditions de recueil et de conservation.

Plus difficile à vivre pour les mamans, le discours culpabilisant : » il faut le sevrer, Madame, car il est trop attaché à vous ». Là derrière se cachent toutes les craintes au sujet de la mère fusionnelle, ainsi que la méconnaissance des rythmes et des besoins des bébés allaités. Très concrètement la personne qui va s’occuper de l’enfant peut avoir peur de ne pas réussir à calmer ce bébé qui à l’habitude de la chaleur des bras de sa maman.

Parfois la crèche demande aux mamans de « substituer le lait maternel à un autre aliment (solide ou liquide) afin que conformément aux règles HACCP , plus aucun aliment non traçable ne soit introduit à la crèche. » Alors là , dur dur, vous avez une crèche qui assimile le lait maternel aux fluides corporels et qui, par peur de la contamination pour son personnel, applique une règle strictement, sans réfléchir.

Comme vous voyez, les raisons de cette demande de sevrage peuvent-être multiples. Il s’agit donc d’en parler, d’en parler et d’en parler… avant de commencer l’adaptation. Ce sera plus facile pour vous d’en discuter de manière détendue et si vous êtes détendue, ce sera plus facile pour le personnel de la crèche de vous entendre, parce qu’ils n’auront pas le sentiment d’être dans la confrontation.

sevrage crècheDès lors que dire ?

Vous pouvez tout d’abord écouter et essayer de comprendre quelles sont les peurs derrière les raisons invoquées. N’oubliez pas que le personnel de la crèche fait partie des professionnels de la petite enfance, et à ce titre, est très soucieux du bien-être de votre bébé. Entendez et faites savoir que vous entendez ce souci.

Ensuite, vous pouvez donner de l’information et suggérer d’en discuter ensemble. De plus en plus de brochures sont publiées sur le sujet :

  • La mairie de Paris accueille depuis 2002 les bébés allaités dans les crèches collectives et familiales : « L’entrée à la crèche n’est pas synonyme de sevrage. L’allaitement maternel est d’un nourrisson en crèche est possible et même souhaitable ». La brochure « Allaitement maternel à la crèche » conseille les parents sur la manière de s’y prendre.
  • Le Conseil Général des Alpes Maritimes a publié une brochure intitulée « Allaiter et confier son enfant à des tiers ».
  • La ville de Pau, en collaboration avec la Caisse Primaire d’Assurance Maladie, a publié une brochure intitulée « le bébé allaité et les modes d’accueil« .
  • Juliette Le Roy, médecin, a publié un article dans la revue Spirale, intitulé « Allaiter à la crèche ou l’accueil des mamans et de leur bébé allaité ». Il décrit le projet de la crèche familiale « les p’tits malins » autour de l’accueil des bébés allaités.
  • Le Département de la Seine Saint Denis, dans son règlement intérieur des établissements départementaux d’accueil du jeune enfant, stipule à l’article 5 sur l’alimentation : « la poursuite de l’allaitement maternel, soit au sein, soit par du lait tiré, est possible dans les établissements départementaux, dès lors que la mère le souhaite. (merci Elisabeth ;-))

Et chez vous, comment cela se passe-t-il ?

 


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