Genèse

Nous avions avec mon conjoint placé ma grossesse, mon accouchement et le développement de notre petit (et premier !) garçon sous le signe de la physiologie et du naturel. Après un accouchement merveilleux et en douceur en salle nature à l’hôpital, un peau à peau et une première tétée à quelques minutes de vie, je ne m’étais jamais vraiment posé la question de la longueur de mon allaitement. Dans notre cercle familial et amical, nous entendions ici et là combien l’allaitement était laborieux, douloureux, fatiguant pour la maman… Et pourtant, après les quelques jours où il faut tout apprendre aussi bien pour la maman que pour le bébé, l’allaitement s’est tout doucement mis en place. Avec son lot de douleurs, de fatigue, d’engorgement certes mais bien loin du tableau qui m’avais été dressé et avec le soutien indéfectible du papa indispensable en cas de découragement ! Ce qu’on oublie souvent de préciser aux jeunes mamans, c’est qu’une fois que l’allaitement fonctionne bien, ces petits moments maman-bébé sont synonymes de tendresse, douceur et n’ont tout simplement pas de prix.

La fausse conviction de la nécessité d’un sevrage

Au bout de trois mois et quelques de congés maternité, un allaitement bien en place et un déplacement de 10 jours aux Etats-Unis en vue, il était pour moi certain que je ne pouvais, même si cela me chagrinait énormément, continuer à allaiter mon petit. Nous avons donc commencé à lui donner mon lait tiré au biberon pour l’y habituer petit à petit. Puis, nous avons introduit (à mon grand désespoir) un biberon de lait artificiel. Après 3 mois d’allaitement exclusif, le biberon de lait tiré a été accepté sans problème mais pour le lait artificiel, c’était une autre histoire – rejet complet ! Même si dans le fond, je n’étais pas mécontente qu’il refuse le lait artificiel, je comprenais l’angoisse de mon conjoint de se retrouver seul avec un stock de lait certes important mais pas suffisant pour couvrir les besoins de notre petit pendant 10 jours. Après un changement de marque de lait, il a finalement accepté le lait de vache avant mon départ. Cet épisode de refus m’a pourtant permis de repenser mon allaitement car je n’étais vraiment pas prête à le sevrer, j’ai donc congelé un maximum de lait tiré. Nous avons décidé ensemble de continuer l’aventure allaitement et de compléter avec un minimum de lait en poudre pendant mes déplacements.

Le premier déplacement lointain et long

Après des au revoirs difficiles, c’est parti pour la reprise et me voilà en route pour les Etats-Unis avec un congélateur bien achalandé en lait maternel à la maison et un tire-lait manuel dans mon sac, objectif : maintenir ma lactation ! Ça peut paraître bête mais l’allaitement était pour moi le lien qui m’unissait à mon bébé et me permettait de moins culpabiliser de partir loin de lui. C’est, aujourd’hui encore, toujours le cas à chacun de mes déplacements, comme un petit fil rouge, qui nous lie tout au long de la journée. Je vous avoue qu’avec un long courrier, un décalage horaire de 10h, contrôler mes montées de lait et maintenir ma lactation n’a pas été une mince affaire, loin de là ! J’ai été chanceuse à l’aller de pouvoir tirer mon lait à ma place (car personne à côté de moi), ce fut un peu plus difficile au retour avec deux voisins de siège et des toilettes que je ne me voyais pas bloquer pendant quinze minutes.

Une fois sur place, je travaillais sur un salon et j’ai expliqué à mes collègues proches que je devrais m’absenter plusieurs fois pendant la journée, ils ont tous compris et cela a même aiguisé la curiosité de certains hommes sans enfant qui m’ont posé tout un tas de questions sur les mécanismes de l’allaitement !

A mon retour, quel bonheur cela a été de pouvoir allaiter mon bébé et de retrouver cette proximité et douceur qui m’ont tant manquées pendant mes dix jours d’absence. Il a fallu certes relancer la lactation et mettre mon bébé au sein plus souvent, reprendre les tétés nocturnes, faire une cure de fenugrec (merci Véronique !!) mais tout est revenu dans l’ordre au bout de quelques semaines.

Epilogue

Je suis maintenant devenue une professionnelle du tirage de lait en toutes circonstances avec mon tire-lait électrique de poche ! Pendant ces dix jours aux Etats-Unis et mes quelques déplacements européens depuis, j’ai tiré mon lait dans tellement d’endroits, des toilettes d’aéroport, d’hôtels mais aussi découvert que certains pays proposent des ‘lactation suites’ dans les gares et aéroports, très appréciables, et qui permettent de tirer son lait/allaiter dans de biens meilleurs conditions ! Quand je ne suis pas en déplacement, je tire deux biberons de lait pour la journée chez la nourrice, le reste du temps, c’est allaitement ! J’arrive à apprécier mes déplacements car je sais qu’à mon retour la tétée des retrouvailles sera merveilleuse.

J’aurais des milliers d’autres choses à vous raconter sur cette magnifique aventure qu’est l’allaitement mais mon texte est déjà bien long… Je vous confesse toutefois que ça m’est tombé dessus, je ne pensais pas trouver cette expérience si enrichissante, gratifiante, pourtant il n’y a rien de plus naturel au monde.  Aujourd’hui, après 6 mois et quelques semaines d’allaitement, je me dis que finalement, ça n’était pas si compliqué et que si on le souhaite, tout est faisable….

Enfin, si c’était à refaire, j’aurais tiré plus de lait pendant mon congé maternité pour ne pas avoir à introduire de lait artificiel et être en allaitement exclusif !

PS : c’est une aventure collective que je n’aurais pas réussi sans le soutien de mon conjoint, la Leche League, et les mamans et conseillères en lactation sur Facebook !

 

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Je vous livre aujourd’hui le témoignage d’Emmanuelle. Un grand merci à elle !

Je travaille pour une association de solidarité internationale et suis régulièrement amenée à faire des missions d’une ou deux semaines dans des pays du Sud, en Afrique de l’Ouest, Afrique Centrale ou encore Asie du Sud, dans des zones souvent rurales et loin des infrastructures de santé auxquelles nous sommes habituées. A la reprise du travail j’ai été confrontée au dilemme arrêter ou poursuivre l’allaitement. Or je viens de réussir à partir 8 jours en déplacement professionnel sans ma fille, en continuant l’allaitement à mon retour, et c’est cette expérience que je souhaite partager avec les autres mères qui pourraient se retrouver face au même dilemme. J’ai moi-même beaucoup cherché de témoignages avant de partir sans pour autant trouver beaucoup de conseils pratiques, parfois même ils ont plutôt élevé mon niveau d’anxiété, face à des situations imprévues et à l’absence de préparation de certaines mères qui partageaient leur expérience. Alors ici je partage mes « trucs » pour partir plus sereine, gérer le quotidien en déplacement, et une checklist de choses à emporter avec soi pour faire face à différentes situations possibles. Si j’ai réussi c’est sûrement que les autres mères le peuvent aussi, si elles ont la possibilité et la volonté de le faire. Je suis absolument soulagée aujourd’hui de savoir je ne suis pas obligée de choisir entre mon travail et mon allaitement, et que les deux sont possibles.

Pour remettre mon expérience en contexte, je suis le genre de mère allaitante qui a eu « trop de lait », et des engorgements à répétition pendant les trois premiers mois. Ma fille vient d’avoir 9 mois, et jusqu’à très récemment l’idée d’être loin d’elle faisait surgir en moi une impression de menace vitale ! L’angoisse de la séparation, au sens affectif, si elle était présente, était estompée par la peur immédiate de problème médicaux pouvant découler du « trop de lait ».

J’ai repris le travail aux 6 mois de ma fille, « résignée » à l’idée que cela rimerait avec arrêt de l’allaitement dès le premier déplacement professionnel. Puis, plus le premier voyage approchait, moins je n’avais de volonté pour forcer une fin d’allaitement. Ma fille est une sacrée gourmande. Elle est si visiblement heureuse de téter, et affiche une préférence si nette pour les biberons de lait maternel par rapport aux biberons de lait de vache reconstitué, que je ne voyais pas le sens de lui infliger la peine d’un sevrage forcé en plus de mon absence imminente. Je suis fière des moments de tendresse ou de réconfort que nous permettent l’allaitement. Et l’arrêt de l’allaitement rimerait aussi pour moi avec tracas logistiques, fin des sorties libres et improvisées sans une smala de biberons, poudres, eau minérales et autres ustensiles en tout genre que les magasins de puériculture savent nous vendre.

J’ai pris du temps pour préparer ce voyage, et j’ai fait le grand saut, je suis partie 8 jours à l’autre bout de la planète sans ma fille. Et ça a marché ! Voici les 6 trucs qui sont devenus pour moi des incontournables pour mon prochain voyage :

1) Partir en confiance, accompagnée. J’ai trouvé une conseillère en lactation qui me connaissais, avec mon histoire d’allaitement unique, en qui j’avais confiance et que je pouvais joindre n’importe quand en cas de besoin. Ce point était d’autant plus important pour moi que j’étais amenée à voyager seule. J’ai trouvé une conseillère qui a déjà accompagnée plusieurs mères dans les problématiques de reprise du travail et de « trop de lait », et avec qui je me suis entraînée à l’expression manuelle avant de partir.

2) Pouvoir tirer son lait sans contrainte psychologique ni peur du jugement des autres. Mon truc pour y arriver était d’informer et d’impliquer les partis prenants de mon voyage dès la première rencontre. Je leur expliquais ma situation et le fait que j’ai besoin d’eux pour trouver un lieu propice pour tirer mon lait à heures fixes et non négociables, et de le prévoir dans la planification de la mission. J’ai ainsi engagé les hôtesses de l’air (24 heures et 2 escales étaient nécessaires pour parvenir à ma destination) et les partenaires locaux qui m’ont accompagné pendant toute la mission. Dès mon arrivée je leur ai expliqué que je ferais un « break » à heures fixes. « Break » était le mot magique qu’on utilisait pour pas avoir à parler de « milk pumping » ou autre vocabulaire étrange qui passerait mal dans un contexte professionnel ! On s’adaptait chaque jour à la situation, grâce à leur soutien : j’ai utilisé une salle de classe dans un village, des salles de bureau, une salle de bain chez l’habitant, des toilettes de restaurant et aéroport, quand il n’était pas possible de rentrer à l’hôtel. Mes hôtes ont été absolument extraordinaires et compréhensifs pendant le voyage. Ma conclusion est qu’avec un entourage coopératif, il est très facile de trouver un lieu adéquat pour tirer son lait, dans n’importe quelle situation.

3) Être rigoureuse sur les heures, et flexible/réactive pendant la phase d’adaptation. La règle d’or étant, qu’il pleuve ou qu’il vente, de ne pas se permettre de « sauter une tétée » (un tirage en l’occurrence). J’avais l’habitude d’une tétée le matin, deux le soir et une la nuit (et le midi au travail un simple soulagement manuel de l’excès), donc environ 4 tétées par jour. Par précaution j’ai mis des réveils qui se répètent toutes les 5h, plutôt plus souvent que d’habitude, pour penser à vérifier l’état de mes seins. J’ai pris soin de réajuster les réveils à chaque changement d’heure (et non ils ne changent pas d’heure automatiquement… !). Au final pendant les 8 jours il n’y a jamais eu plus de 6h entre chaque tirage. En revanche, ma physiologie a été comme chamboulée les 2-3 premiers jours. J’ai dû tirer mon lait 5-6 fois par jour pour éviter l’engorgement. C’est donc vraiment important de vérifier plus souvent que d’habitude au début du voyage pour laisser le corps passer une « période d’adaptation ». Quand on y pense quoi de plus normal ? Il y a tant de raisons possibles car tant de différences dues au voyage. Par exemple :

– comme je tirais mon lait au lieu d’être tétée, mes seins étaient vidés moins efficacement donc, dans l’immédiat (avant qu’un réajustement physiologique ne soit possible), ils remplissaient plus vite.

– le décalage horaire qui a fait que, en l’absence de repères horaires et de repères jour/nuit, mon corps a produit beaucoup de lait tout le temps (sans les trêves habituelles le midi et la nuit).

– pendant les vols j’ai eu l’impression que la position fixe assises avec les vibrations « stimulaient » le remplissage de mes seins tout en les « anesthésiant » (attention ! au 1er vol ils sont devenus durs sans que je ne ressente aucun inconfort, d’où les checks réguliers à s’imposer pour éviter cela).

– ma nourriture était subitement complètement différente, et, en l’occurrence, est devenue très épicée (Inde).

La conclusion c’est qu’il faut s’attendre à une phase d’adaptation et être flexible en soulageant ses seins aussi souvent que nécessaire, et en mettant des réveils comme « garde-fou ».

4) Avoir l’équipement adéquat et plusieurs cordes à son arc pour tirer son lait. En cabine d’avion vous ne pourrez prendre qu’un tire-lait avec batterie. Moi je n’en n’avais pas donc toutes les périodes de voyage (24h aller et 24h retour) se sont passées en expression manuelle. Tout le reste du temps j’alternais tire-lait électrique (Medela Pump in Style), plus rapide et efficace. Mon truc pour ne pas surstimuler : je n’utilisais le tire lait-électrique que 3 fois par jour, le reste du temps j’exprimais mon lait manuellement, ce qui me permettait aussi de reposer mes aréoles du tire-lait. J’ai mis 6 mois à réaliser que l’inconfort permanent que je ressentais avec le tire-lait électrique venait :

– d’une part de téterelles trop grandes : je fais du 17-19mm mais la plus petite taille que Medela commercialise est du 21mm. Heureusement Maymom vend des téterelles en 15-17-19mm compatible avec les tire-laits Medela

– d’autre part mon tire-lait électrique ne me convenait pas (un autre Medela). Il fallait plus de deux minutes pour que le lait commence à couler. Un peu par hasard j’ai essayé le Pump in Style, et la sensation était complètement différente et le lait commençait à couler en quelques secondes. Ce tire-lait est rapidement devenu mon meilleur atout pendant le voyage.

J’avais deux alternatives avec moi : un tire-lait manuel, et l’expression manuelle. Pour moi c’était clé de savoir que je maîtrisais l’expression manuelle, que j’avais pratiqué avec ma conseillère, pour faire face aux situations imprévues (surtout si pas de prise pour le tire-lait car il n’avait pas de batterie). Un bon test pour savoir si vous avez le bon matériel : avant le voyage, essayer 2-3 jours uniquement en tirant votre lait. Si quelque chose ne convient pas il est probable que des douleurs ou blocages apparaissent. C’est comme ça que je me suis décidée à consulter car dans mon cas c’était trop douloureux de tirer mon lait tout un week-end.

5) Se connaître et savoir créer des conditions propices pour tirer son lait. Ennemi numéro 1 : le stress ! Dans mon cas c’était flagrant : du stress, un malaise, des douleurs, ou de la presse, et pas d’écoulement de lait, même (ou surtout !) avec le tire-lait. Chacun ses trucs qui marchent, moi c’était une vidéo de ma fille qui tête (radical !), un petit massage des omoplates avec une balle de tennis dos à un mur, et des respirations profondes pour me relaxer avant de tirer mon lait.

6) Pas de panique ! Je sais maintenant qu’il peut être normal d’avoir une phase d’adaptation ou la lactation semble être inhabituelle, trop abondante dans mon cas. Cela s’accompagnait d’une réaction légèrement inflammatoire (probablement due au mécanisme de succion différent), mais dès que cela devenait perceptible je prenais un ibuprofène et tout rentrait tout de suite dans l’ordre. J’alternais aussi les différentes façons de tirer mon lait pour ne pas créer de tension trop récurrente sur mes aréoles, l’expression manuelle étant une bonne alternative « relaxante » au tire-lait. Et si au début il peut y avoir « trop de lait » et des tirages un peu anarchiques, j’ai pu voir qu’e c’est bien la loi de l’offre et la demande qui prévaut in fine, car en deuxième partie de voyage ma lactation a commencé à baisser significativement.

Et pour une liste de matériel qui me semble utile pour être parée en toute situation :

  • Pour l’expression manuelle : un flacon, un tissu/serviette pour protéger ses habits
  • Le(s) tire-laits, avec prises et adaptateur compatible avec le pays, un accessoire et valve de pompage de rechange en cas de perte/ défaut, des piles si nécessaire
  • Un bustier en cas de double pompage
  • Une balle de tennis pour se masser le dos contre un mur
  • Une vidéo et des photos de l’enfant si vous y êtes sensible
  • Une lampe frontale en cas d’absence d’électricité nocturne
  • Des compresses thérapeutiques de gel qui vont au congélo et aux micro-ondes et qui peuvent être utilisées soit pour chauffer soit pour refroidir le sein en cas d’engorgement (je n’en n’ai pas eu besoin)
  • De l’ibuprofène, à utiliser sans état d’âme !
  • Vos remèdes médicinaux à base de plantes si vous en avez
  • Un petit sac passe partout que vous ne serez pas gêné d’avoir toujours avec vous-même en contexte professionnel, pour y mettre tout ceci

 

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allaitement et travailJe me présente, je m’appelle Flo j’ai 34 ans et je suis maman de deux garçons de 6,5 et 2,5 ans.

Ma mère m’a allaitée 9 mois alors j’ai toujours considéré l’allaitement comme quelque chose de simple et naturel. Mais j’avoue que j’avais du mal a croire qu’on pouvait toujours avoir du lait passé un an … L’allaitement long ou non raccourci n’était pas une évidence de départ et encore moins une volonté. Mais avec les problématiques de santé RGO fort, intolérances aux protéines de lait de vache, eczéma…. J’ai poursuivi pour lui pour sa santé.
Apres 3 ans nous avons décidé de commencer les essais bébé 2. Essai très concluant car il en aura fallu un seul. J’avais souvent lu que les enfants se sevraient, ou alors que le lait se tarissait pendant la grossesse. Puis l’envie du co-allaitement est venue. Une envie de faire partager ce moments de tendresse entre 2 frères alors j’ai décidé de ne pas lui imposer un sevrage.

J’ai eu quelques douleurs au premier trimestre puis c’est passé. Plus la grossesse avançait plus il pompait longtemps pour avoir quelques gouttes du précieux breuvage.

A la naissance de son frère, j’ai découvert qu’un bébé ça pouvait aussi dormir plusieurs heures d’affilée voir la nuit presque complète. J’avoue j’étais ravie que le grand tête encore pour soulager mes seins devenus des obus de lait.

Rapidement j’ai interdit les tétées le soir au grand pour laisser la priorité au petit. Après un an de co-allaitement quotidien, j’ai commencé a vraiment limiter les tétées du grand. Il s’est progressé sevré tout seul. Il a pris sa dernière tétée à l’aube de ses 6 ans.

Le petit de 2,5 ans tête toujours à volonté ou presque. Et oui « presque » parce que je travaille !

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’ai repris quand mon premier avait 2,5 mois et le deuxième 4 mois. J’ai fait un stock sous forme de glaçons majoritairement. J’avais aussi quelques poches et pots de 100 ml environ chacun. Je tirais chaque jour du lait dans les toilettes de mon travail. Le lait frais était donné le lendemain par la crèche au biberon avec une tétine bas débit. Le vendredi soir je congelais ma traite. Le lundi matin je décongelais mes plus anciens glaçons. Ainsi j’entretenais mon stock.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Des difficultés ? Je n’en ai pas eu liées à l’allaitement. Le premier était un bébé aux besoins intenses et tétait chaque demi heure. Cela a été fatigant. Mais les BABI sont épuisants allaités ou non.

Des difficultés par rapport au travail ? J’ai vécu mes allaitements dans deux entreprises différentes. J’ai toujours pu tirer mon lait sans problème. En revanche, j’ai eu des déplacements professionnels sur plusieurs jours avec découchage. Donc plusieurs nuits loin de mon bébé. Je n’étais pas ravie mais je n’avais pas le choix. Papa a toujours pris le relais en lui donnant mon stock de lait au biberon. Bébé a toujours repris le sein sans problème à chacun de mes retours.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Si c’était à refaire ? Je refais pareil sans hésiter. Je suis sûr que l’allaitement a contribué à créer cette relation si fusionnelle que j’ai avec mes enfants.

Ce qui m’a vraiment aidé dans cette réussite c’est d’avoir un super mari qui cuisine et qui participe aux tâches ménagères.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

A toutes les mamans je vous souhaite de vivre ces moments là. A celles qui hésitent je vous recommande d’essayer. Vous pourrez toujours arrêter si cela ne vous convient pas. L’inverse est moins évident.

 

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tirer son lait à la mainSur ce blog, je parle beaucoup de tire-lait car il est utilisé par de nombreuses femmes qui reprennent le travail. Cependant, il n’est pas absolument nécessaire car quasiment tout le monde dispose de … ses deux mains !

Et oui, il est tout à fait possible de tirer son lait à la main sans utiliser d’autre accessoire qu’un récipient pour recueillir le lait. Cela ne coûte absolument rien, vos mains sont faciles à nettoyer, bref c’est le plus simple.

D’autre part, même si vous utilisez habituellement un tire-lait, c’est très utile de savoir le faire lorsque vous avez oublié votre tire-lait, qu’il s’est cassé ou qu’à l’étranger la prise électrique ne fonctionne pas, toutes situations déjà vécues par les lectrices de ce blog.

C’est un geste à apprendre, simple et qui a été utilisé par les femmes de tout temps. Cela ne prend pas forcément plus de temps qu’un tire-lait, c’est surtout une question d’habitude. De plus, les études montrent que l’on obtient un lait plus riche en graisses lorsque l’on tire à la main, comparé à un tire-lait.

Comment faire ?

Tout d’abord, se munir d’un récipient à col large, un bol par exemple, car les jets de lait partent un peu dans tous les sens et qu’il peut être difficile de viser avec un récipient à col étroit. Faites des essais et choisissez le récipient qui vous convient le mieux.

Placez votre main en forme de C et placez le pouce et l’index de part et d’autre de l’aréole, assez loin du mamelon. Vous devez pouvoir tracer une ligne imaginaire qui va de l’ongle de votre pouce à l’ongle de votre index en passant par le mamelon. Vous devez sentir la glande mammaire sous vos doigt.
Vous appliquez une légère pression vers le torse puis vous faites comme des empreintes digitales vers l’avant, sans faire glisser les doigts sur la peau. Vos doigts doivent rester loin du mamelon et ne jamais le pincer. Vous ne devez pas vous faire mal.

Puis vous relâchez et vous recommencez.

Pour visualiser la technique, voici une vidéo (en anglais) très claire. Une autre video en français.

La technique est bien expliquée dans ce document .

Et vous, avez-vous l’habitude de tirer votre lait à la main ?

 

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  • allaitement et travailQuel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Poursuite de l’allaitement car j’ai allaité mon aînée jusqu’à 23 mois. j’ai repris le travail quand bébé avait 7 mois. Il a bientôt un an. On a découvert à ses 5 mois, lors du premier biberon de lait artificiel qu’il était allergique sévèrement au lait de vache (boutons et gonflement du cou). Cette allergie n’est pas à l’origine de mon souhait d’allaiter longtemps mais a renforcé ma détermination.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Au début je tirais mon lait pendant la tétée du matin, et en revenant du travail pendant la tétée du soir. Je voulais donner du lait maternel à la crèche mais je n’ai pas pu tirer du lait au travail. Du coup mon fils prend du lait spécial pour les allergie au lait de vache à la crèche.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Je souffre depuis 5 mois d’une candidose mammaire qui n’a pas disparu avec l’antifongique. Vu que la bouche de mon fils n’a pas de taches blanches je ne suis pas prise au sérieux. Je souffre énormément car mes mamelons et toute l’auréole sont secs et la peau pèle régulièrement les laissant à vif.

Il y a eu ma difficulté à tirer du lait au travail.
Je voulais donner du lait maternel à la crèche mais je n’ai pas pu tirer du lait au travail.
En effet, mon entreprise offre une heure de travail rémunérée en moins, non conditionnée à l’allaitement jusqu’aux 18 mois de l’enfant mais je me suis heurtée à un refus implicite de m’accorder cette heure que je voulais prendre pour tirer du lait au travail sous prétexte que je suis cadre en forfait jour (je n’ai pas d’horaires juste un nombre de jour dans l’année à faire Et des RTT). C’était pareil pour l’heure en moins pendant la grossesse. Je n’ai rencontré personne qui a pu me dire si elle avait pu bénéficier de cette heure. En plus, parler d’allaitement est tabou. On nous fait vite comprendre que ça ne regarde que nous. Pourtant on a la possibilité d’aller à l’infirmerie avec une salle fermée et un frigo.
Je pense que j’ai manqué de volonté car j’aurais pu tirer pendant ma pause déjeuner. Mais je tenais à manger chaud à la cantine.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

La découverte de l’allergie de mon fils m’a rendue fière de l’avoir allaité exclusivement les 6 premiers mois. Bien que je consommais du lait de vache qui, je pense, était à l’origine de ses régurgitations fréquentes.
Quand mon fils est malade, surtout lors de la rentrée à la crèche, je suis contente de le réconforter et de le nourrir alors qu’il refuse tous les autres aliments.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

La reprise du travail est très dure. Nous nous jugeons nous même par rapport à nos performances de travailleuses tout en nous jugeant sur nos performances de maman. Dans le discours il est évident que c’est le rôle de maman qui prime mais travailler a un côté épanouissant car il nous permet de subvenir à nos besoins et ceux de notre famille.
Donc si allaiter à la reprise du travail est une source de stress il ne faut pas hésiter à en parler afin de trouver le meilleur rythme et comment entretenir sa lactation. Il ne faut pas cesser de se documenter mais aussi il faut savoir s’aménager des breaks s’il le faut.
Donner du lait artificiel lorsque l’on sent la pression monter.
Faire savoir à son conjoint que le temps mis à allaiter est du temps « de travail domestique» donc qu’il prenne le relais sur ce temps en s’occupant des plus grands ou d’autres tâches. Sinon on a tendance à s’impatienter et chronométrer les tétées, ce qui y enlève tout le plaisir.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Oui si c’était à refaire je referais le même choix ! Je l’ai fait pour ma fille et là pour mon fils. J’espère allaiter jusqu’aux 2 ans de mon fils même si je ne crois pas vu la fatigue et ma candidose mammaire qui commence vraiment à m’épuiser.
Si c’était à refaire je changerais les tétées pour l’endormir et les tétées nocturnes qui me fatiguent et des fois me font aller travailler fatiguée.

 

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biberon lait maternel entaméVous avez réchauffé un biberon de lait maternel pour votre bébé et il ne l’a pas terminé.
Qu’en faire ?

S’il s’agit de lait décongelé, vous ne pouvez malheureusement pas le garder et vous devez le jeter.

S’il s’agit de lait frais qui a atteint les maxima de conservation, déjà 5 heures à 25° par exemple, vous ne pouvez pas non plus le garder.

S’il s’agit de lait frais qui n’a pas atteint les maxima de conservation, vous pouvez le remettre au frigo et l’utiliser pour le repas suivant, sans aucun risque.
Cette information est particulièrement importante pour ne pas gâcher de lait maternel.

Malheureusement, il n’est pas sûr que votre crèche ou votre assistante maternelle l’accepte.

Pour leur donner des arguments, voici les études récentes qui en parlent :

  • Le lait maternel restant après un repas peut être stocké pour une alimentation prochaine avec un statut bactériologiquement sûre et immunologiquement stable (Fogleman A, Allen J, Meng T, Storage of Human Milk, JHL, 2015).
  • On a testé la conservation du lait maternel restant dans le biberon. Le lait proposé était du lait pasteurisé, ayant déjà perdu une partie de ses défenses contre les microbes, mais sans microbe au début du test. Le lait préparé d’une part, et le reste dans le biberon d’autre part, ont été conservés 24h à 24°C ou 7 jours à 4°C. La conclusion est que :
    – le lait restant, conservé à 24°C, se conserve bien pendant 3h puis perd une partie de ses protéines et IgAs. La quantité de bactéries commence à augmenter significativement après 9h à 24°C
    – Le lait restant, conservé à 4°C, se conserve parfaitement à 4°C : il n’y a aucune modification de concentration en bactéries, protéines et IgAs, entre la fin du repas et 7 jours plus tard.
    (Meng, Perrin, Allen, Osborne, Jones, Fogleman, Storage of Unfed and Leftover Pasteurized Human Milk, Breastfeed Med. 2016 Dec)

Cette dernière étude étant réalisée sur du lait pasteurisé, les résultats sont d’autant plus extrapolables à du lait non pasteurisé car celui-ci contient des facteurs immunologiques qui nettoient le lait au fur et à mesure de sa conservation.

 

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