Allaiter et travailler : le témoignage de Virginie

  • allaiter et travaillerQuel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai allaité mon premier neuf mois, ce fut une belle expérience facile car je n’ai eu aucun problème et j’ai pris six mois de congé parental.
Pour mon deuxième, j’allais évidemment allaiter mais je me posais des questions sur la reprise. Comme l’allaitement était aussi sans souci, je n’ai pas eu le cœur de le sevrer et j’ai décidé d’essayer de continuer, surtout que j’avais des exemples d’amies qui avait fait ce choix. Néanmoins je pensais passer à l’allaitement mixte, car si dans la loi on a une heure pour tirer le lait, dans les faits pendant cette heure mon travail n’aurait pas été fait, ma collègue déjà surchargée aurait du le faire, ou alors j’aurai du partir une heure plus tard le soir. J’ai donc décidé de ne tirer que le midi et d’acheter une boite de lait. Que je n’ai jamais ouverte, comme quoi.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Je travaille dans une petite boîte qui n’a donc pas l’obligation de mettre une salle à dispo. J’en ai parlé à la RH. Comme toutes les portes des bureaux sont en verre, j’avais deux choix, la salle des archives sale et poussiéreuse et minuscule ou les toilettes. A l’heure du midi, je savais qu’i n’y aurait pas trop de va et vient et elles sont propres. J’ai donc passé 30 minutes chaque midi dans les toilettes en toute discrétion. Comme je n’avais pas d’autres tirages, je mettais mes accessoires sales dans un sac à laver le soir. J’ai comme tire-lait le Calipso d’Ardo qui m’a bien convenu surtout car il était petit et à pile (j’utilise des rechargeables). Il est fourni avec un petit sac isotherme et des blocs froids.
A partir du printemps, j’ai tiré dans ma voiture, le parking est calme, avec une étole pour cacher au cas où.
Je mettais la bonne quantité pour le lendemain et congelais le reste. J’ai appris à mes dépends que j’ai intérêt à congeler le plus frais possible sinon mon lait a une odeur rance à la décongélation. J’ai toujours congelé dans un bac à glaçon en silicone, super pratique. Je mets le bon nombre de glaçons dans un bib le soir, la nuit au frigo, le matin il est prêt pour chez la nourrice.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

J’ai des déplacements ponctuels, au début j’ai prévenu ma chef que souhaitais les éviter le premier mois pour ne pas me compliquer la vie, elle a bien compris pourquoi. Je n’en ai parlé qu’à ma chef, je savais qu’elle respectait les choix des gens en général, et la RH quand on a cherché une salle, et c’est tout, je n’avais pas envie d’attirer là dessus l’attention des autres sur ce sujet personnel. En revanche les collègues proches qui ont demandé je l’ai expliqué, pas de souci.
Par la suite j’ai repris les déplacements, une à deux fois par mois, ça impliquait de ne pas tirer le lait de la journée (pas d’endroit pour), je me ruais donc dans les WC dégueu du train le soir avec mon tire-lait manuel, ça c’est pas des très bons souvenirs ! Surtout quand le train a deux heures de retard et que tu débordes de partout ! Une fois je me suis même collée une mastite (mais pour en avoir eu à mon premier j’ai développé les bons réflexes et c’était réglé en 48h).

Autre anecdote, ne pas oublier ses coussinets… une fois que je tardais le soir à discuter boulot, j’ai senti la cata arriver, j’ai dégouliné et ne pouvais pas trop expliquer pourquoi à la personne…

Sinon pour Bébé, ça a été très compliqué. Refus de biberon (et de tasse, et de dispositif…) il buvait rien la première semaine, 30 mL la deuxième, 60 ML la troisième et n’a jamais dépassé 100 ml. Il compensait la nuit. Après je suis passée au yaourt pour compléter. Même maintenant à 10 mois il ne veut pas de biberon. J’ai eu la chance d’avoir une super nourrice pourtant absolument pas familière de l’allaitement qui n’a pas remis en doute mon choix et a été patiente quoique inquiète. On pouvait en parler en toute sérénité. Actuellement je ne tire plus, j’ai des stocks à écouler et il est diversifié. Je continue d’allaiter par contre.
Anecdote, à une visite à la PMI à l’époque où il buvait 40/60 mL par jour, la puéricultrice commence par dire « ha, mais ça ne va pas, en plus il grossit pas assez », de quoi me faire un peu vaciller. Arrive la pédiatre. « Quel beau bébé en pleine santé. Il boit 60 mL en journée ? Mais c’est bien, tu te débrouilles bien bébé, c’est déjà pas mal ! ». Cette pédiatre m’a tellement reboostée ! Effectivement avec ce qu’il buvait la nuit pas de souci !

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Le soir, quand on rentre du boulot, il fait beau, et hop une petite tétée au jardin pour oublier tous les soucis ! Et puis finalement, enfermée 30 minutes dans les toilettes ou la voiture, on est peinard, on peut bouquiner, ça fait une pause (l’investissement dans la brassière mains-libres vaut le coup !).

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

En fait, ça peut aussi être simple, je n’ai jamais eu de soucis d’organisation alors que je redoutais vraiment de me charger avec ça en plus. Bon, certes, il mangeait la nuit plutôt que le jour, mais mon ainé qui têtait correctement le jour ne me laissait pas dormir pour autant, donc bon j’ai l’habitude !
J’avais énormément lu ce blog pour me préparer, ça aide. On se sent seule alors qu’en fait on est plein. Moi j’ai pas mal tannée une amie qui l’avait fait pour avoir plein d’info, après chaque situation est différente mais ça aide. J’ai aussi posté une ou deux fois sur les forums de la LLL dans des moments de doute et j’ai eu des tas de commentaires bienveillants qui remotivent.
Un autre conseil, c’est de retarder le plus possible la reprise pour avoir un allaitement bien mis en place. Moi j’ai pris un mois de congé parental et deux semaines de vacances pour ne reprendre qu’à ses quatre mois.
Bonus : regarder sur le bon coin pour les accessoires, moi ça m’a coûté 1 € symbolique !

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Honnêtement, tout pareil ! Si je suis contente de ne jamais avoir utilisé le lait en poudre, je pense que partir en me disant que je ferais du mixte m’a bien allégé niveau anxiété. Pour moi l’important de l’allaitement c’est plus le lien physique et les câlins, tant pis si un biberon était artificiel.

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