Allaiter et travailler : le témoignage d’Emilie

J’ai un petit garçon de treize mois. J’ai voulu l’allaiter parce que pour moi c’etait « normal », que mon corps y avait été « préparé » avec la grossesse et que c’était la suite logique de l’accouchement. Grâce à ce blog et à la Leche League, j’ai eu assez d’informations qui m’ont aidées les premiers mois. Du coup je n’ai pas rencontré de soucis particulier. Il a été nourri jusque ses cinq mois exclusivement au lait maternel, date à laquelle il a commencé la diversification. J’ai eu la chance de pouvoir retarder la reprise du travail jusqu’à ses sept mois. Et pendant toute cette période je lui ai donné mon lait « à la source » ainsi que quelques biberons de mon lait lorsque je devais m’absenter, à partir d’un mois et demi (pour éviter une éventuelle confusion sein/tétine).

La nounou n’étant pas franchement enthousiaste à l’idée de devoir donner du lait maternel, quinze jours avant la reprise du travail (mon bébé avait six mois et demi) j’ai voulu commencé à le sevrer avec du lait deuxième âge acheté dans le commerce et là … Le hic. On a découvert une intolérance à la protéine de lait de vache.

Quinze jours plus tard, le moment de la reprise était là et l’allergologue n’ayant pas encore les résultats d’analyse qui lui permettraient de prescrire le lait en poudre adapté, je suis partie avec une idée en tête : continuer à lui donner mon lait. En plus cela ne posait pas de problème avec le mode de garde, puisque c’est ma famille qui a gardé mon petit garçon pendant les trois premiers mois de la reprise du travail.
Au final pendant ces trois mois ma famille n’a eu aucune difficulté à donner les biberons de lait maternel (tiré la veille au travail à l’infirmerie – merci le tire-lait Ameda double pompage en location avec le sac à dos de transport et la glacière !- ), et j’ai juste donné quelques recommandations sur la conservation du lait maternel ainsi que quelques réserves congelées pour faire face à un éventuel besoin de lait supplémentaire.
J’en profite pour signaler que prendre trente minutes sur une journée de travail pour aller au calme tirer son lait en pensant à son bout de chou et en fermant les yeux…ça fait du bien ! C’est un moment de pause appréciable lorsqu’on reprend le travail avec le rythme soutenu que cela suppose et avec la fatigue associée !

Passés ces trois mois, dix jours avant de confier mon bébé à l’assistance maternelle nous avons introduit les biberons de lait en poudre adapté à l’allergie. Devant cette nouvelle mixture, mon garçon alors âgé de dix mois a refusé net de boire ce lait à cause de son goût particulier. Nous avons du ruser en y ajoutant un peu de cacao les premiers jours puis nous en avons diminué la dose jusqu’à ne plus en ajouter du tout. Et à l’heure actuelle notre garçon reste sur ce régime :
tétée le matin au sein, repas solide et biberons de lait en poudre dans la journée, puis repas solide le soir et tétée de retrouvailles avant le coucher (je rentre assez tard le soir) !

Il est donc à l’âge de treize mois encore en allaitement mixte, et a priori le temps n’est pas encore venu pour nous d’arrêter les tétées pour notre plus grand bonheur… à tous les deux !

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5 Comments

  1. Fraisouille63

    Bravo tu as super bien géré !

    Nous avons le même problème d’intolérance et par chance notre fils ne prend que des bouillies, pas de biberons, depuis bien longtemps. Du coup les céréales ajoutent du goût !
    Et je trouve que le lait spécial que nous avons, qui lui est uniquement à base de protéines de riz, n’a pas un goût trop fort (ce qui semble être le cas des autres lait à hydrolysat)

    La nounou a bien cerné les problématiques liées à l’allergie au lait de ton tout petit ?

  2. Viollette

    Bien géré, tu as de la chance de pouvoir tirer ton lait au boulot, on aura beau faire des lois moi, heureusement que je pouvais rentrer chez moi le midi parce que sinon ça aurait été la galère. Je me disais juste en vous lisant, moi mon fils n’a pas d’allergie mais il n’aimait pas bien le lait en poudre et, assez rapidement après le début de la diversification, la nounou m’a dit « il faudrait lui donner du yaourt à midi » puis « un petit suisse au goûter », parce qu’il repoussait le biberon. Et du coup, je me demandais pourquoi n’avoir pas tenté les yaourts de « lait » végétal (riz, ou châtaigne) ou de lait de chèvre ou brebis, plutôt que des biberons de lait en poudre ?

  3. Merci!
    Je ne pensais pas que ma propre expérience pouvait être utile à d’autres mamans, mais je suis finalement ravie que cela puisse être un moyen de discuter de cas particuliers que l’on peut trouver en allaitant. 🙂

    @Fraisouille63:
    Ne sachant pas au moment du recrutement de l’assistante maternelle que mon fils était allergique aux protéines de lait de vache, je pensais le sevrer en partie et garder les deux tétées quotidiennes. L’allaitement mixte était pour moi un bon compromis dès le départ et nous n’avons pas recherché de nounou qui soit « en phase » avec l’allaitement.
    Au final elle a eu mon garçon en garde quand il a eu 10 mois et nous avions eu entrée temps les résultats d’analyses demandés par l’allergologue, ce qui nous a permis d’acheter le lait qu’elle nous recommandait. Elle lui a donc donné ce lait, et strictement rien d’autre (fromages, plat avec du beurre, crèmes, gâteaux au lait…). Les résultats s’améliorant maintenant avec le temps on a bon espoir de voir son allergie disparaitre dans les mois qui viennent, mais en attendant on continue encore comme ça (mon fils a maintenant 21 mois). 🙂

    @Viollette:
    Je suis devenue assez proche avec l’infirmière avec le temps et à sa connaissance je n’étais que la deuxième salariée à venir tirer mon lait. Dommage, dans une entreprise qui compte des milliers de salariés!
    Enfin, mes collègues et mon chef étaient au courant par la force des choses, et tout le monde finissait par comprendre où j’allais, lorsque je prenais mon sac à dos.

    A vrai dire je n’ai même pas pensé aux yaourts de lait végétaux quand le problème s’est posé. Quant aux autres laits, mon fils y est aussi allergique!
    Donc bon, l’allergologue allait me donner le lait adapté, et j’étais habituée au tire-lait que j’avait depuis les 1 mois et demi de mon garçon (pratique pour les absences temporaires: rééducation périnéale, kinésithérapeute pour tonifier la ceinture abdominale et autres…). Je ne me suis pas plus posé de questions, je vais toujours au plus évident pour moi. C’est pour ça que l’allaitement me convenait bien d’ailleurs!! 😉

  4. Dommage que la nounou ne veuille pas donner ton lait. Il faudrait sans doute que dans leurs formations on en parle plus. Heureusement la mienne elle m’encourage plutot.

  5. Fraisouille63

    C’est bien si le régime d’éviction est respecté à la lettre ! Car je ne sais pas si tu as remarqué mais il est totalement affolant de découvrir qu’il y a du lait dans tout !
    Nous faisons avec mon mari un double contrôle, à l’achat et lorsque l’on cuisine, mais un jour de fatigue nous nous sommes loupés et avons donné une knaki (du moins un morceau de knaki, qui contient des traces de lait) à notre fils … qui s’est retrouvé avec une grosse réaction d’urticaire. (heureusement rien de plus)
    Tiens une petite info : il existe sur internet des sites de vente spécialisés pour les allergiques. On peut notamment y trouver pour pâques et autres fêtes des chocolats garantis sans traces. 😉

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