Allaiter et travailler : le témoignage de Sophie

  • sophieQuel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Encore enceinte j’étais décidée à poursuivre l’allaitement après la reprise du travail. J’avais gardé un souvenir frustrant du sevrage de mon ainée. Stressée, j’avais tenu à introduire les biberons avant la reprise. En quinze jours elle était totalement sevrée séduite par la facilité qu’ offrait le biberon. Une véritable déception pour moi. Alors pour ma seconde grossesse, j’ai pris les devants. J’ai fait appel à une consultante qui m’avait aidé pour mon premier allaitement (Véronique) afin d’éviter tous les petits soucis de démarrage ( mise au sein, ouverture de la bouche, fréquence des tétées…). Elle m’a été d’ une grande aide et reste un précieux soutien. J’ai également pris conseil pour le sevrage et le tire-lait. Je voulais tellement allaiter après la reprise du travail que j’ai suivi ses conseils : je n’ai présenté aucun biberon avant le jour fatidique de la reprise. Il ne s’agissait pas d’un acharnement mais tous les deux nous prenions et prenons encore beaucoup de plaisir dans cet allaitement malgré les difficultés de mise en route ( deux mastites en deux semaines). De plus après modification de mon congé maternité je n’ai repris le travail qu’ en avril. Mon fils avait alors cinq mois : un petit mois à tenir jusqu’à ses six mois, cela valait la peine de tenter le coup. Enfin comme il souffre d’ un reflux gastro-oesophagien doublé d’ une allergie aux protéines de lait de vache, je tenais à maintenir un allaitement exclusif au maximum pour éviter d’ aggraver la situation.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Avant la reprise j’ai commencé par faire du stock conservé au congélateur par peur de manquer et pour me familiariser avec le tire-lait. Je gardais un mauvais souvenir de ma première expérience avec le tire-lait manuel d’ Avent. J’ai donc loué sur les conseils de Véronique le lactaline d’ Ameda. Un très bon tire-lait. A la reprise, j’ai demandé à mon administration de bénéficier de l’heure d’ allaitement. Ils étaient paniqués, n’osaient pas refuser mais préféraient trouver un autre système. Finalement j’ai bénéficié d’ un aménagement de mon emploi du temps. J’ai ainsi pu allaiter le matin avant de partir, le midi car je rentrais chez moi, puis en sortant en fin d’après midi et enfin le soir. Sur place, je tirais mon lait le matin et parfois en début d’après midi. Mon fils n’a pratiquement jamais pris de biberons : une situation exceptionnelle qui m’a demandé de déployer un art de la négociation avec mes chefs. Je reconnais être une privilégiée.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

La seule véritable difficulté était de parvenir à tirer mon lait en un temps imparti très court : 15 minutes pour installer, tirer et ranger. Malgré le stock accumulé, j’étais angoissée car j’avais peur de manquer de lait et d’ être interrompue, ce qui m’est arrivé le premier jour lorsqu’un collègue est entré dans la salle pourtant fermée à clef ! Aux conditions matérielles s’ajoute la fatigue liée aux nuits très courtes et à la reprise du travail.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Toutes les tétées sont des moments inoubliables même lorsqu’elles sont quelque peu agitées à cause du reflux. Entendre ses petits cris lorsqu’il veut téter, voir ses petits yeux rieurs et ses mains s’accrocher à mon sein puis le sentir s’apaiser, se laisser aller et même parfois s’endormir… De grands moments de bonheur !

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

A toutes ces mamans, je leur conseillerais de faire comme elles le sentent mais  » le jeu en vaut la chandelle ». Si elles prennent plaisir à allaiter, je leur conseillerais de mettre toutes les chances de leur côté en s’informant auprès d’une consultante en lactation et surtout de ne pas écouter tout ce qui peut leur être dit par le corps médical ou l’entourage surtout si l’allaitement dépasse les six mois du bébé. Qu’elles profitent pleinement de leur allaitement.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Si c’était à refaire, je referais le même choix et je ne changerais rien !! Je suis contente d’avoir tenu car maintenant qu’ est venu le temps des vacances, allaiter offre de nombreux avantages : pas de problèmes d’ intendance, tout est prêt à toute heure et quel que soit l’endroit, c’est aussi un remède aux « petits malheurs » quotidiens. Et même s’il faut gérer l’aînée pendant les tétées, allaiter c’est la solution de facilité.

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