Allaiter et travailler : le témoignage de Solyane

allaiter et travaillerAu regard de tous vos jolis témoignages, j’ai eu aussi l’envie de vous faire part de ma propre expérience, et vous dire que la reprise d’une activité professionnelle est tout à faire compatible avec un allaitement maternel.

Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Je suis l’heureuse maman de quatre enfants (7 ans, 5 ans, 2 ans et 8 mois). Grâce aux conseils avisés de la PMI et de La Leche League, j’ai allaité ma fille, Mya, pendant 13 mois (âgée aujourd’hui de 2 ans), et je continue d’allaiter le petit dernier, Floris, 8 mois. Pour info, j’ai repris mon activité professionnelle lorsque Mya a eu 10 mois, et Floris 4,5 mois. Ma motivation de perdurer l’allaitement à la reprise du travail était telle que rien ni personne ne pouvait m’en dissuader, d’une manière ou d’une autre (pression familiale, médicale). En effet, donner son lait signifie pour moi une preuve d’amour supplémentaire qui se traduit par : une relation unique avec son bébé, un regard complice pendant la tétée, des anticorps pour échapper aux maux des collectivités ; bref, du bonheur à volonté !

Comment vous êtes-vous organisée ?

Une réduction du temps de travail accordée dans le cadre d’un congé d’allaitement (qui est aussi un droit au Luxembourg), me permet de passer plus de temps avec mon enfant, matin et soir. Il faut préciser que je travaille à plus d’une heure et demi de mon domicile (soit trois heures de trajets par jour).

L’organisation de la journée est rythmée de la façon suivante : tétée le matin d’un sein (couplée avec tirage de lait à l’autre sein), tirage de lait entre midi et vers 16h30 au bureau (soit 400 ml au total, en moyenne), tétée de retrouvailles vers 18h30, ainsi que tout au long de la soirée (à volonté) jusqu’au coucher (vers 23h30). Soit environ sept tétées par jour.
Mon service m’a donné libre accès à l’infirmerie pendant la pause déjeuner. Je dispose donc de trente minutes pour tirer mon lait dans de bonnes conditions – sans la crainte de voir quelqu’un débarquer dans la salle pour une réunion ! – et nettoyer les accessoires dans la cuisine de proximité. Je place alors le lait au frigo, le transporte le soir dans une boite isotherme, puis le donne à la crèche pour le lendemain. La chaîne du froid est ainsi bien respectée. Si jamais il reste du lait que Floris n’a pas bu, je le donne à ma fille dans un biberon.

J’utilise un tire-lait électrique à double-pompage, pratique (léger, discret) et facile d’entretien et d’utilisation. Par ailleurs, Grandir-Nature, chez qui je me suis procurée ce tire-lait, est à l’écoute du moindre problème (remplacement d’accessoires abîmés, conseils en cas de doutes), et fait en sorte de régler la situation très rapidement.

Quelles ont été vos principales difficultés ?

A la reprise du travail, la principale difficulté a été de faire face à une certaine fatigue. Floris, qui venait tout juste de commencer à faire ses nuits, a quelquefois dérogé à cette règle, ce qui m’a valu des réveils difficiles et des cernes sous les yeux !
D’autre part, une épreuve très douloureuse a failli compromettre tous mes projets : j’ai attrapé deux mastites (Mya a 6 mois, Floris à 3,5 mois), survenues sans signes avant-gardistes. Il est alors indispensable de consulter rapidement un médecin qui vous administrera un traitement adapté (antibiotiques), et d’être déterminée, motivée et soutenue (par un cercle familial, des associations spécialisées qui vous apporteront toutes les réponses à vos questions, vos doutes).
Enfin, le revers de la médaille de l’allaitement est la disponibilité, si rare avec quatre enfants à la maison ! Heureusement, je peux compter sur mon mari pour les bains, les devoirs, gérer les disputes, ainsi que les tâches ménagères.

Quels ont été vos meilleurs moments ?

Tous les moments passés à donner le sein sont des moments privilégiés et merveilleux. Si je devais en choisir un en particulier, ce serait celui de la tétée câlins, réconfort ; celui où votre bébé ne vous réclame pas uniquement parce qu’il a faim, mais parce qu’il recherche le contact, le toucher, votre odeur, … La tétée retrouvailles n’est pas mal non plus : bébé se jette sur votre sein, goulument, dès qu’il vous voit passer le pas de votre porte !
Allaiter son bébé n’est donc pas que synonyme de tétées nourricières. Cela englobe aussi la notion de maternage, et un sentiment d’exclusivité.

Ce serait à refaire, referiez-vous le même choix ? Que changeriez-vous ?

La question ne se pose plus, vu que je ne peux plus avoir d’enfant ! Néanmoins, je regrette profondément de ne pas avoir tenté l’aventure de l’allaitement pour mes deux premiers garçons, ayant subi à l’époque la pression des dictats familiaux (j’ignorais alors tout de cette philosophie de la vie, et obéissais sans me poser de questions outre mesure).

Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Dans tous les cas, je conseillerais aux futures mamans qui hésitent encore, de considérer l’allaitement au travail comme un pur plaisir, et non comme une contrainte. Prendre le temps de penser à son bébé pendant la pause déjeuner, tout en tirant son lait, n’est pas insurmontable : imaginez-le en train de manger, de dormir, de sourire, de téter à grandes gorgées, et vous éprouverez alors un pur moment de bonheur.

Courage !!

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