Allaiter et travailler : le témoignage de Salima

  • allaiter et travaillerQuel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Ma fille Élisa est née fin avril 2016 (le 26 pour être précise). J’étais à ce moment là en conflit avec mon employeur (conflit lié à ma grossesse). J’ai été en arrêt de travail deux mois après la fin de mon congé maternité. Cela m’a permis de continuer à allaiter au sein Élisa jusqu’à ses 4 mois. Pour moi, il n’était pas concevable d’arrêter l’allaitement parce que je reprenais le travail. J’ai donc fait le choix de tirer mon lait, puisque mon objectif était de pouvoir allaiter exclusivement Élisa jusqu’à ses 6 mois, comme le recommande l’OMS.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Au vu des conflits avec mon employeur, ça n’a pas été simple d’obtenir mes heures d’allaitement, malgré ce que prévoit la loi. J’ai du me battre et ai finit par obtenir gain de cause. Deux fois par jour, j’avais une demi-heure pour tirer mon lait. Je tirais ce qu’il fallait pour le lendemain, et parfois même plus, ce qui m’a permis de compléter les stocks commencés avant la reprise.
Je travaillais à 10 minutes de la crèche et ayant deux heures de pause le midi, j’ai pu aller allaiter Élisa à la crèche chaque jour. La directrice de la crèche est pro-allaitement et a tout fait pour que je sois le mieux possible. Elle a mis à ma disposition une petite salle puisque j’étais la seule maman a venir allaiter mon enfant.
J’ai repris à temps plein mais me suis arrangé pour poser une journée de congé par semaine. (une sorte de 80% déguisé). Le mercredi, quand j’étais à la maison, je mettais Élisa au sein à la demande, à la fois car elle en avait besoin et à la fois parce que ça me permettait de favoriser la lactation. Je faisais de même le week-end.

Puis, en novembre, j’ai changé d’emploi. J’ai eu une opportunité de travailler à 70%, ce qui ne m’arrangeait pas forcément mais je me suis dit que c’était le moment ou jamais de profiter de ma fille et de poursuivre mon allaitement. Mon premier objectif de 6 mois d’allaitement exclusif était atteint… Le seul bémol, c’est qu’à partir de ce moment là, je n’ai plus eu la possibilité d’aller allaiter ma fille à la crèche, par manque de temps. J’ai donc continué à tirer mon lait, 2 fois par jour, parfois même 3 fois par jour.

Elle n’a donc jamais eu autre chose que mon lait jusqu’à ses 11 mois (à part les purées et compotes bien sûr, à partir de 6 mois). A ce moment là, j’ai eu la possibilité de reprendre à temps plein, et ne pouvais pas refuser cette chance. J’ai depuis, moins de lait et n’arrive plus à tirer assez pour le repas du midi et pour le goûter. J’ai alors introduit courant mars un yaourt pour le repas du midi, le restant étant du lait maternel.
Elle a maintenant 14 mois et est toujours nourrie de cette manière (tétées matin et soir, yaourt le midi et biberon de lait maternel pour le goûter).

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Les premiers jours, les premières semaines et les premiers mois n’ont pas toujours été simples.
D’abord à la maternité où le personnel soignant m’a fortement encouragé à donner des compléments . Elisa pesait 2.7kg à la naissance et a perdu +de 10 % de son poids dans les jours qui ont suivis. Heureusement, une des auxiliaires puéricultrice s’est fortement investie et s’est montré très patiente avec moi car elle a réellement compris mon désir d’allaiter.
La pédiatre a voulu plus d’une fois que je donne des compléments de lait maternisé , ce que j’ai toujours refusé. Elisa n’a jamais été bien grosse, mais a toujours bien suivi sa courbe de poids : je ne voyais donc pas pourquoi je devais lui donner autre chose que mon lait.
J’ai eu quelques engorgements, mais j’ai su m’entourer de personnes et professionnels experts en allaitement, qui m’ont donné des trucs et astuces pour m’en dépatouiller.
Ce qui a été difficile également, c’est le regard et remarques des autres, surtout à l’approche de son 1er anniversaire. Je ne compte plus le nombre de fois où on m’a demandé combien de temps je comptais allaiter ma fille (et on me le demande toujours d’ailleurs). Je sens que cela gêne… car les gens ne sont pas habitués à ce qu’on allaite longtemps nos enfants.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Je crois que chaque tétée a été et est un moment de bonheur… car en plus de l’aspect nutritif, c’est un moment d’échange, de tendresse et de complicité entre ma fille et moi.
Maintenant qu’elle est plus grande, à la fin de chaque tétée, elle me sourit et rit parfois aux éclats comme pour me dire merci.
Je n’ai jamais eu de douleurs que ce soit lors de la mise au sein ou avec le tire lait, et je mesure ma chance !

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Que l’allaitement, ce n’est pas toujours simple, qu’on se pose beaucoup de questions mais qu’il faut se faire confiance et faire confiance à son bébé. Et qu’il faut passer outre les remarques et conseils des autres, même si très souvent, ils sont bienveillants.
La place du papa est aussi très importante: se sentir soutenu par son conjoint est important…

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Si c’était à refaire, je referais exactement le même choix. Si j’avais la chance d’avoir un deuxième enfant, je m’organiserais de la même façon car je pense avoir eu (et avoir toujours) un bel allaitement. Je mesure cependant ma chance car ma fille a toujours accepté le biberon et je n’ai jamais eu de douleurs (ni avec le tire-lait, ni lors de la mise au sein).
Allaiter en travaillant, ce n’est pas toujours simple, assez fatiguant mais tout à fait possible quand on le souhaite vraiment.
L’allaitement demande du temps, de la patience et quelques sacrifices, mais c’est tellement magique que je le conseille à tout le monde (sans pour autant juger les mamans qui n’allaitent pas).

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