Allaiter et travailler : le témoignage de Marie

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Je suis Professeur des écoles et j’ai eu la chance que ma fille pointe son petit nez au printemps. Lorsque mon congé maternité se terminait, les grandes vacances commençaient…

Je n’ai donc repris le travail à 100% qu’à ses cinq mois. L’allaitement se passait très bien, même si les tétées n’étaient pas toujours une partie de plaisir puisque Louise a beaucoup souffert de RGO. Ma décision était prise depuis longtemps : j’allaiterai tant que possible ! Je ne voulais pas que ma fille goûte au lait en poudre ! Une amie avait tiré son lait pour sa fille et elle m’a été un bon guide autant pour le choix du tire-lait (Ameda double pompe, si pratique à transporter !) que pour toute l’organisation des tirages.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Dès début août, j’ai commencé à tirer quotidiennement un peu de lait (le soir) que je congelais pour avoir des réserves. Je suis passée à deux tirages par jour les quinze derniers jours de vacances (matin et soir) pour habituer mon corps à ces « tétées fictives ». Puis, de septembre à fin décembre, j’ai tiré chaque jour matin et soir (week-end inclus !) ainsi que le midi lorsque je travaillais.

Après les vacances de Noël, j’ai arrêté le tirage du matin et remplacé un biberon par un yaourt.

Ce n’était pas toujours facile de se réveiller une demi heure plus tôt, ou de devoir tirer le soir quand on a juste envie de se blottir sous la couette, mais le tirage est vite devenu pour moi un geste aussi banal que « se brosser les dents ». Souvent le soir, je tirais devant mon ordinateur (grâce à ma parfaite maîtrise du double pompage à une main !) et le midi devant des copies d’élèves ! Le matin, c’était mon « petit moment à moi », tout le monde dormait encore, et moi j’en ai profité pour me remettre à la lecture ! Finalement ce n’est pas si désagréable de tirer son lait ! On est obligée de rester assise au calme. C’est l’occasion de réfléchir aux mille choses qui nous trottent dans la tête.

Je suis maîtresse remplaçante donc il a fallu expliquer de nombreuses fois aux collègues que je tirais mon lait. Ca fait drôle d’être assise au bureau les seins à l’air alors que quelques minutes avant, la classe était remplie d’enfants ! Il y a quelques jours, la maîtresse que je remplaçais avait prévu une sortie à la journée. J’ai du m’organiser pour avoir suffisamment de mamans accompagnatrices pour tirer mon lait sur le lieu de la sortie.

Louise a toujours bu beaucoup de lait chez la nounou ! 600ml jusqu’à ses sept mois. Aujourd’hui à presque dix mois, elle boit encore 350-400ml chez sa nounou et tète le matin, à 17h (la tétée de retrouvailles !) et le soir ! Le tirage d’une journée entière servait à fournir la nounou pour le lendemain. Les tirages du week-end m’ont aidé à avoir toujours assez de lait à fournir. J’ai même pu en donner au lactarium tellement mon petit congélateur débordait. En cas de baisse de lait, je mangeais de l’Ovomaltine ou encore des amandes (radical !).

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Un manque de motivation certains soirs, pas spécialement pour tirer mon lait mais pour préparer et laver tout le matériel.

Le plus difficile dans cette reprise du travail a été le passage de Louise au biberon. Nous avons essayé durant tout le mois d’août sans succès. Il a fallu une petite semaine chez la nounou à ma reprise pour qu’elle finisse par l’accepter.

Je n’ai jamais eu de mauvaise remarque des gens. En général, tout le monde trouve ça bien que j’allaite encore ma puce.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

J’ai toujours pris beaucoup de plaisir à allaiter et je garde de beaux souvenirs de chaque moment ! Quand Louise était toute petite et qu’elle secouait sa tête de droite à gauche la bouche grande ouverte pour trouver mon téton… Toutes ces fois où elle s’est endormie si paisible au sein lorsqu’elle était repue…. Le grand sourire qu’elle me fait lorsque le matin je l’amène dans mon lit pour son petit déjeuner… Et depuis peu, lorsque je rentre du travail et qu’en ouvrant la porte de chez moi, je vois ma petite crapouillette venir vers moi à quatre pattes en haletant et n’attendre qu’une chose : la tétée de retrouvailles !

L’allaitement est une si belle aventure ! Et plus le temps passe, plus c’est une aventure agréable ! Mon premier objectif d’allaiter six mois a été repoussé à un an et maintenantque je m’approche de son anniversaire, je me vois repousser cet « objectif » toujours plus loin. Aujourd’hui je ne m’imagine pas du tout arrêter !

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

La location d’un tire lait est gratuite… ça ne coûte rien d’essayer de continuer ! Bien sûr, l’allaitement qui est si facile et naturel losqu’on est tous les jours avec son bébé, se complique un peu avec les tirages, mais le jeu en vaut la chandelle !

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Je ferais la même chose ! Pouvoir continuer d’allaiter mon bébé est très important pour moi ! Par contre, je ne proposerais plus de biberon avant le jour de ma reprise ! Les bébés comprennent tout !

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5 Comments

  1. Violaine

    Bonjour, moi aussi, j’ia voulu continuer l’allaitemetn et tirer du lait au travail, mais là , catastrophe ! Impossible de tirer assez de lait, et ma puce qui s’est mis à boire des biberons de 210 mL ! Avec la reprise du travail, j’ai senti le alit se tarir presque du jour au lendemain. Je n’arrivais plus à tirer que 60 mL sur un sein ! Le stress, la fatigue ?… Là , cela fait une semaine que j’ai repris et cela va un peu mieux (du au repos du week-end ?), mais j’ai été obligé de passer à un biberon de lait en poudre, car je n’ai plus assez de lait maternel, j’en tire juste assez en une journée pour un biberon le lendemain (ma puce prend 2 biberons chez la nourrice).
    Des conseils ?

  2. Violaine

    Bonjour, merci de votre réponse rapide!

    Et désolée, car j’ai laissé plein de commentaires sur plusieurs articles! J’ai découvert votre site hier, et n’ai pas pris le temps de tout lire avant d’écrire…
    Donc en effet, je vais essayer de changer de tire-lait (j’ai en ce moment le Kitett, à simple tirage seule option proposée par ma pharmacie dans un petit bled). Donc je vais essayer un double, pourquoi pas le Lactaline, en le commandant dans une pharmacie de la ville où je travaille.
    Je vais aussi essayer le Fenugrec. J’avais intensifié ma consommation de tisanes spéciales allaitement, au cas où. On va aller un peu plus fort avec les gélules!
    Sinon, ma fille a eu trois 3 mois le lendemain de la première journée chez la nounou (le 2 mai). On n’ pas fait de semaine d’adaptation, mais juste deux 1/2 journées en même temps que ma reprise du travail (j’habite loin de mon lieu de travail, je ne voulais pas venir exprès). Je vais demander à la nounou de la faire téter plus lentement. Mais cette dernière me dit qu’elle fait déjà faire des pauses au bébé.
    A suivre…

    En tout cas, en lisant vos articles et les commentaires, cela fait vraiment du bien de voir qu’on n’est pas seule à « faire la vache laitière » au travail (c’est pas très glamour, il faut en convenir). Cela rassure et renforce pour supporter les petits regards ou remarques critiques…
    Merci donc !

  3. C’est tout drôle de retomber sur mon témoignage 3ans plus tard !

    Louise a finalement eu un biberon de lait tiré jusqu’à la fin de mon année scolaire : 15mos, elle a continué à téter jusqu’à 20mois. J’étais alors enceinte de 6mois et elle a arrêté du jour au lendemain.

    Pour son petit frère, même schéma : reprise du boulot à ses 5mois, mais grosse cata : impossible de lui faire boire mon lait chez la nounou… biberon, pipette, cuillère, flans…. Il refusait tout… Du coup il a eu des yaourts pour remplacer les tétées et a été diversifié à 5moois.

    On a continué les tétées matin et soir… il s’est arrêté… du jour au lendemain à 20mois aussi !

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