Allaiter et travailler : le témoignage de Marianne

themis 5 juillet 2009 002Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai eu tellement de difficultés à démarrer que lorsque j’ai commencé à me sentir bien dans cette expérience de l’allaitement, la reprise du travail pointait son nez. J’avais été informée lors de la pré inscription de mon futur enfant à la crèche de la possibilité de donner mon lait pour qu’il soit donné à mon bébé. J’ai donc souhaité poursuivre cette belle aventure et tirer mon lait pour qu’il soit donné à ma fille pendant mes absences.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’avais été informée du droit de tirer son lait sur mon lieu de travail. J’ai donc informé ma directrice que je souhaitais continuer à allaiter et donc m’organiser pour tirer mon lait. Nous avons réfléchi à la meilleur solution. J’ai donc pu m’installer dans les toilettes handicapées, lieu spacieux où je pouvais mettre une chaise et être sûre de ne pas être dérangée. Je tirais au début 3 fois par jour matin, pause déjeuner, après midi au tire lait manuel puis je suis passée au médéla double pompage et 2 fois par jour matin et soir. Je rapportais le lait dans un sac isotherme le soir pour qu’il soit donné le lendemain à la crèche. Le lait du vendredi était congelé dans des bacs à glaçons et ensuite soit donné le mardi (je ne travaille pas le lundi) soit mis en sachet. Chaque glaçon faisait 20ml, et un sac était conservé à la crèche en cas de besoin.
J’ai tiré mon lait jusqu’au 13 mois de ma fille.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

La première difficulté est arrivée au bout d’un mois, ma production a diminué dû à un manque de tétées avec mon bébé. Mon médecin m’avait conseillé de passer à 4 tétées par jour et du coup je ne produisais pas assez. J’ai donc suivi les conseils de La Leche League, tétées à volonté le week end et matin et soir en semaine. Ajouté à cela du fenugrec en gélules, le tirage double pompage et tout est reparti.

La deuxième a été une mycose mammaire qui est revenue et qui m’a fait souffrir pendant mes tirages de lait.

Autre difficulté, l’organisation. Entre le travail, se reposer, s’occuper de bébé et gérer le quotidien cela n’a pas été de tout repos mais j’y suis arrivée!

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Les tétées retrouvailles après une dure journée de travail, lorsque ma fille a commencé à parler et me disait en tendant les bras vers mois TETEE maman, « j’adore téter maman » un soir, les regards complices lors des tétées, mes rencontres avec d’autres mamans qui allaitent et qui m’ont fait réaliser que je ne suis pas une extra terrestre, juste une maman qui suit son instinct!

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Que le jeu en vaut la chandelle! que la tendresse partagée avec son enfant est un cadeau inestimable! que cela les rend plus fort! qu’il faut s’accrocher et surtout ne pas hésiter à demander de l’aide (LLL, sage-femme, consultante en lactation, amies qui ont allaité etc…), qu’il faut croire en soit et en ses capacités à rebondir, que cela est possible d’allaiter ET de travailler qu’il faut juste trouver l’organisation qui convient à la famille. Que cela est pratique: on est chez des amis, ils nous invitent à rester diner, hop le diner du bébé est tout prêt! On part en balade, bébé a faim, hop le sein de maman. Que cela renforce la confiance en soi, cela booste et donne envie de déplacer des montagnes!

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

OUI mille fois oui!
Je me serais informée avant la naissance sur le nombre de tétée (à la demande est la meilleure réponse) pour éviter de diminuer à 4 et baisser ma lactation.J’utiliserais un tire lait double pompage où les mains seraient libres (j’arrivais pas avec le double pompage).

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1 Comment

  1. Solyane Lorkovic

    Super Marianne pour votre témoignage. Moi aussi, je suis PRO allaitement. Je suis maman de 3 enfants (5 ans, 3 ans, et 3 mois 1/2). Je n’ai malheureusement pas eu la chance d’allaiter les 2 premiers, par manque d’information. C’est vrai que, même après un début douloureux, je trouve l’expérience unique et magique, la complicité que nous avons avec notre enfant. Je ferai comme vous, et allaiterai ma fille le plus longtemps possible. Merci encore !!

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