Allaiter et travailler : le témoignage de Florence

florenceBonjour Florence,

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Pour mes deux enfants, le choix a été comme une évidence : l’allaitement mixte. J’ai essayé de garder les tétées du matin et du soir afin d’avoir, malgré la reprise du travail, nos moments de complicité et de tendresse. Je continuais ainsi à les nourrir mais d’une façon unique : celle que seule leur maman puisse leur donner. Les assistantes maternelles leur ont donné le biberon mais j’avais ce « truc » qui me différenciait d’elles. C’était important car à la reprise du travail, surtout pour mon aînée, je me suis posé beaucoup de questions du style : va t’elle l’aimer plus que moi ? Finalement ma fille était ravie de retrouver maman le soir et de faire une tétée-câlin. Mon fils est pareil. Dès qu’il me voit le soir il réclame sa tétée et me regarde dans les yeux. J’ai l’impression que c’est leur façon de me dire « je t’aime ».

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’ai commencé à introduire les biberons trois semaines avant la reprise du travail. D’abord des biberons de lait maternel et j’ai testé pas mal de biberons jusqu’à ce que je trouve celui qui convenait. J’ai commencé par la tétée du goûter pendant trois jours puis celle du midi et celle de dix heures. Une fois le rythme installé avec l’assistante maternelle j’ai pu reprendre l’allaitement exclusif les jours où je suis avec eux.

Pour mon aînée, elle a eu du lait artificiel en journée et tétée soir et matin. J’ai regretté de ne pas avoir stocké de lait et de ne pas avoir fait en sorte de lui fournir au moins un biberon de lait maternel.

Pour mon fils, j’ai donc tiré mon lait et préparé des biberons au congélateur. J’ai utilisé un tire-lait manuel afin de pouvoir l’emmener facilement au travail avec un bon sac isotherme. A presque cinq mois, il a deux biberons de lait artificiel et un biberon de lait maternel chez son assistante maternelle en plus des tétées soir et matin et celle des retrouvailles.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Pour le sevrage : entendre son enfant pleurer car comme moi il préférait l’allaitement.

Après la reprise du boulot : la motivation pour tirer son lait quand on est fatiguée. Il y a des jours où on n’a pas envie de le faire mais il faut se forcer pour pouvoir garder le rythme. Sinon on risque de vite perdre la lactation. Heureusement les week-ends la boostent.

Au niveau du travail c’est pouvoir le faire discrètement notamment quand il est prévu une réunion tout l’après-midi. Mais après quelques jours on trouve le rythme aussi.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

J’étais incapable d’arrêter l’allaitement pour ma fille. Je garde au fond de mon coeur ces instants magiques, ses regards de petite fille. Aujourd’hui encore, même si elle a arrêté elle-même l’allaitement, on reste complice. C’est pour moi la magie de l’allaitement.

Pour mon fils j’ai sensiblement les mêmes instants magiques. Ils sont juste différents car mes enfants sont différents, ils tètent différemment… Ma plus grande fierté était le jour où j’ai réalisé que j’avais « travaillé  » pour faire un stock de trois semaines de lait pour la reprise du travail. Je suis fière le matin de donner un biberon de lait maternel à la tata de mon fils. C’est le seul biberon qu’il termine et en réclame encore. Je me dis que ça en vaut la peine.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Comme choisir d’allaiter c’est un choix personnel de conserver au moins deux tétées et peut-être de tirer son lait. Mais si on aime donner le sein à notre enfant il n’y a pas de raison que le travail nous prive de ce bonheur. Profitez de ces instants magiques encore longtemps après la reprise de travail. C’est entre vous et votre bébé et personne ne peut vous dire quoi que soit. Certes c’est fatiguant mais ça en vaut la peine. C’est compliqué d’expliquer quelque chose qu’on ressent comme ça. Fermez les yeux et pensez à ce que vous ressentez quand votre bébé tète. Si le sourire apparait c’est que vous devriez continuer pour vous deux parce que vous aimez et lui sera ravi de continuer.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

A 300% je referais le même choix! A défaut de pouvoir allaiter sur mon lieu de travail. Pour ce qui est des changements, peut-être tenter de faire deux biberons de lait maternel par jour!

 


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