Allaiter et travailler : le témoignage de Béatrice

  • interviewQuel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai repris le travail pour trois de mes quatre enfants. Pour le deuxième, j’ai pris quelques mois de congé parental.
La poursuite de l’allaitement me semblait naturelle, je n’envisageais pas du tout de passer aux bibs de lait « en boite ».
Il me semblait que mon lait était ce qu’il y avait de mieux.

Pour le petit quatrième (9 mois) qui a 9 ans de différence avec le troisième, je ne me sentais pas le courage de tirer du lait sur mon lieu de travail (je suis enseignante, j’ai repris en septembre dernier). Pour la première fois, j’ai acheté une boite de lait (bio …) ; il prend un tout petit bib (90ml) vers 9h les jours où je travaille. J’ai la chance de pouvoir le faire manger à midi (avec une petite tétée comme dessert).

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Pour les trois premiers, j’ai tiré du lait pour le lactarium à partir de leur premier mois. J’étais donc habituée au tire lait. J’ai fait quelques réserves au congélateur avant la reprise du travail.

J’emmenais une glacière, des blocs gelés et le tire-lait stérilisé dans une boite. Pour l’ainé, je tirais le lait entre midi et 13h30. Pour le troisième, je tirais du lait pendant la récréation du matin, à la main, sans tire lait (méthode d’expression Marmet je crois ).

Je n’ai jamais donné de biberon moi même : je donnais le sein, la nounou le biberon de lait maternel. L’ainé a eu un peu de mal à s’y mettre, la nounou a donc essayé la cuillère, la tasse jusqu’à ce qu’il prenne enfin le biberon. Elle n’avait pas allaité ses propres enfants et ne connaissait pas ce genre de difficultés. Elle a malgré tout accepté de me suivre dans l’aventure et je l’en remercie !

Mes enfants prennaient donc un repas de midi et un goûté « solide » et pour le reste des petites faims, il y avait les bibs de lait maternel à la demande. Le matin et à mon retour, c’était le sein, à la demande (y compris la nuit). Pour le petit dernier, c’est un peu la même chose, avec juste un biberon de lait « en boite » en milieu de matinée.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Pas vraiment de difficultés, sauf peut être le jour de la reprise du travail pour l’ainé : le ressort du tire-lait s’est cassé juste au moment où je voulais commencer à tirer, les seins à la limite de l’engorgement … J’ai passé toute la pause de midi à tirer le lait à la main, en larmes, je n’ai pas eu le temps de manger et j’étais soulagée de rentrer chez moi à 16h30.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Les meilleurs moments, ce sont toutes les tétées « de retrouvailles », allongés au chaud dans le grand lit !

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

De s’écouter et de faire ce qu’elles ont vraiment envie de faire.

Ce n’est pas toujours facile d’allaiter et de travailler en même temps, la fatigue est là . Ce n’est pas toujours facile ni évident de tirer son lait sur son lieu de travail.
Mais si c’est celà qui fait envie, il faut foncer. J’ai toujours adoré voir mes enfants me faire de grands sourires dégoulinants de lait au moment des tétées « de retrouvaillles ».

A l’inverse, si on est plus à l’aise avec l’idée de passer au biberon de lait artificiel parce que tirer son lait semble trop compliqué, trop stressant, trop aléatoire, et bien il faut le faire aussi.

C’est un choix qui concerne la maman, le papa … et le bébé (certains sont très doués pour imposer leur choix à eux !!)

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Quatre bébés, quatre situations différentes, mais toujours ce même plaisir à allaiter. Je referais les mêmes choix sans hésiter et j’espère bien que l’allaitement en cours, et qui sera le dernier, durera encore longtemps (record à battre, 13 mois !!).

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3 Comments

  1. Ficelle

    Tu as bien raison concernant les bébés qui savent imposer leur loi! La mienne par exemple a refusé obstinément le biberon jusqu’à l’âge de 9 mois, alors que j’ai repris le travail quand elle avait 10 semaines. A/R à la crèche plusieurs fois dans la journée jusqu’à ses 6 mois et gros bras de fer avec elle (14 heures sans rien manger une fois, no comment…) surtout jusqu’à ses 4 mois et une relative diversification précoce. Ce qui m’a le plus peser, sont les reproches déguisés du père et pas déguisés du tout du pédiatre, les deux convaincus que c’était mon refus du bib que la petite exprimait par son refus. C’est pas eux qui tirait du lait TOUS les jours, lait qui finissait ensuite dans l’évier… Mais comme toi, je ne regrette pas d’avoir tenu bon. Je ferai par contre un peu différemment la prochaine fois…

    • @Ficelle
      Oui, le regard des autre est difficile à supporter dans ces cas là . Félicitations d’avoir tenu bon !

  2. Béatrice

    @Ficelle, c’est à MissA. que je pensais en écrivant cette remarque (plus qu’à P’tit Mec N°1 qui a vite pris le bib finalement) !

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