Allaitement et travail : le témoignage de Virginie

travail et allaitement

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’étais un peu perdue, mon nouveau rôle de maman était compliqué, ma fille souffrait d’un RGO, de coliques, et elle pleurait beaucoup. Aussi on m’a énormément culpabilisée vis à vis de l’allaitement. En me disant que c’était à cause de cela que ma fille souffrait. Qu’elle devait avoir faim. Elle tétait énormément, environ 18 à 20 fois par jour, et dormait très peu, 4h sur 24h, la plus part du temps au sein. Forcément, pédiatre, sage femme et compagnie me disait d’arrêter, de sevrer? Alors que faire, que choisir ?
Je ne me voyais pas reprendre le travail, alors qu’elle tétait encore toutes les heures.
On me parle de me tirer le lait, pourquoi pas ? J’essaye et là , déception, je tire 3 fois rien, simple pompage en plus.
J’ai commencé à me faire à l’idée de la sevrer. Mais au fond de mon cÅ“ur, je n’arrivais pas à m’y résoudre.
Elle souffrait tellement, et était si apaisée par ces tétées, que je ne pouvais pas lui enlever ça.
Je devais reprendre fin janvier, elle aurait du avoir 2 mois et demi. Et ça me semblait insurmontable.
J’étais dans un tel état de fatigue et de stress que mon médecin m’a prolongé d’un mois. J’étais soulagée et je me suis dis que j’allais tout mettre en Å“uvre pour pouvoir continuer l’allaitement au moment de la reprise, du moins essayer.
J’ai commencé à tirer le lait, devant le peu de récolte, je décide de changer de tire-lait, et là : miracle, je tire de grosses quantités. Je suis alors motivée et congèle 7 litres de lait. Après 15 jours de prolongation par le médecin, je me sentais encore incapable de reprendre, ma fille souffrait toujours et on m’avait donné une piste à explorer : un régime sans protéines de lait de vache.
Je pose alors 15 jours de congés à la suite de la prolongation, ce qui m’a permis de reprendre qu’aux 4 mois et demi de ma fille.
Pendant le mois qu’il me restait, j’ai commencé un régime strict et il s’est avéré gagnant. Disparition du reflux, des coliques, des pleurs.
Elle a commencé à dormir la nuit (6-7h d’affilé, jusqu’ici elle ne dormait jamais plus de 2h d’affilé), elle a commencé à faire des siestes, même sans le sein ! Elle est passée de 18 tétés à « seulement » 8, et je voyais enfin une étincelle d’espoir pour ma reprise.
Ma sage-femme continuait de me dire de sevrer, de commencer le biberon etc.
Et heureusement avant de faire cela, on m’a parlé de La Leche League, je me suis inscrite à la communauté internet, et j’ai beaucoup appris. J’ai commandé des livres comme L’art de l’allaitement maternel, et j’ai acquis des connaissances. J’ai compris beaucoup de choses et j’ai arrêté de culpabiliser et d’avoir peur.
Ma fille est née à terme à 4.100kg et 53 cm, et malgré une bonne prise de poids, on n’a cessé de me dire qu’elle n’avait pas assez de lait, qu’il était pas nourrissant, pas bon, voir acide. Personne n’a jamais une seule fois admis que si elle tétait autant, c’était juste pour se soulager.
Pour mon mari et moi, il était évident qu’il y avait un lien entre les protéines de lait de vache, et tous les symptômes qu’elle avait. Les proches aussi ont dit que c’était pas possible une telle coïncidence, mais n’étaient pas à fond avec nous pour autant. Le pédiatre m’a cru ridicule et ne voulait pas explorer plus cette piste.
Mais pour moi, ça a été le vrai déclic pour continuer l’allaitement maternel. Et avec les livres, la Leche League j’étais motivée pour allaiter 6 mois exclusivement.
Me voilà armée de mon tire-lait double pompage, de mon sac Medela, et de ma motivation grandissante pour affronter la reprise.
Douloureuse cette reprise, surtout avec des seins qui « pleuraient » ma fille pendant mes longues absences.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Je suis infirmière, j’allais donc être confrontée à 3 horaires de boulot (matin, soir et nuit).
J’ai prévenu mes collègues que j’allais tirer mon lait et qui ont trouvé ça honorable pour certains, bizarre pour d’autre, voir même dingue pour quelques-uns. Mais à aucun moment ils m’ont reproché quoi que ce soit.
Je faisais le boulot que j’avais à faire, je demandais toujours s’ils avaient besoin de moi, et si tout était OK, je m’isolais dans le vestiaire, où il y avait un fauteuil, un point d’eau, une prise électrique.
Quand je commençais mon service j’installais tout mon matériel pour ne pas perdre de temps. J’avais une pochette où je mettais liquide vaisselle, éponge, torchon, que je mettais sur un bord du lavabo, je branchais mon tire-lait et le posais sur le fauteuil.
Je prenais mon téléphone avec moi et je prenais 15/20min, 10min de tirage et 5 à 10min pour le nettoyage.
Sur mon téléphone je regardais l’heure mais surtout des photos ou des vidéos de ma fille afin de favoriser le réflexe d’éjection. Ou mieux encore, je me permettais d’appeler la nounou (ma mère), pour l’entendre gazouiller, avoir des nouvelles, bref avoir une pensée positive.
Une fois le tirage fini, je pouvais conserver mon lait dans un frigo dans la salle de pause du personnel.
A la fin du service, je le mettais dans la glacière fournie avec le sac Medela où un pain de glace est installé et permet de stocker jusqu’à 4 pots ou biberon de lait maternel.
Le 1er mois de ma reprise, je tirais 4 fois par jour (2 fois sur le lieu de travail, parfois sur ma pause déjeuner, quand j’en avais une. Et 2 fois à la maison)
Très vite je n’ai pu le faire qu’une fois au boulot, trop de pression, trop de travail, trop de fatigue.
Et pour finir, au bout de 2-3 mois de reprise, je ne tirais plus que 2 fois par jour, et les 2 fois c’était à la maison.
Sauf quand j’étais de soir ou de nuit, horaires qui permettaient de faire 1 à 2 tirages encore.
A la maison, réveil à 5h30 du matin TOUS LES JOURS, même pendant les jours de repos, même pendant les week end. J’ai ainsi créé une tétée fictive. Je faisais pareil à 15h.
Ce qui me permettais de tirer 200ml par tirage, donc 400ml.
Ma fille prenait 2X150ml, donc j’avais toujours 100ml d’avance pour le lendemain, ce qui me rassurait.
En fin de semaine, tout le surplus je le congelais.
Dès que le boulot était fini, c’était tétées à volonté, plus de tire-lait et ma fille au sein +++.
On s’est parfaitement adapté à ce rythme, pourtant on est parti de loin.
Mes seins ont arrêté de pleurer son absence, pour s’adapter parfaitement à ces horaires.
On est arrivé aux 6 mois d’allaitement exclusif, pour notre plus grande fierté, mon mari et moi !
A ses 7 mois jusqu’à ses 1 an, j’ai donné tous le surplus au lactarium, car je n’ai jamais eu besoin de taper dans le stock.
A ses 11 mois, une prise de sang (longuement demandée) a révélé une allergie aux protéines de lait de vache.
Par la suite on a découvert qu’elle était aussi allergique aux protéines de lait de chèvre, brebis et au soja.
C’est aussi à ce moment là où je n’arrivais plus à tirer autant de lait qu’avant. Mon pédiatre m’a dit que c’était alors la fin, et qu’il fallait la sevrer. Il avait raison, il était temps de sevrer, mais de se sevrer de ce pédiatre ! J’ai changé de médecin, et après quelques recherches sur le net, je suis tombée sur un pédiatre pro-allaitement. Il a été mon arc en ciel dans ce paysage si gris. Il m’a reboosté à fond, et m’a dit que ce n’était pas la fin non, mais une évolution de l’allaitement. Il m’a dit d’arrêter de paniquer sur la machine, et de ne plus stresser sur les quantités.
Je suis alors passée de 200ml par tirage à 100, puis à 70, puis à 50 sur quelques mois, pour ne plus tirer que 20ml à ses 20 mois.
Ne pouvant pas compenser par d’autres laitages, c’est dans la diversification que j’ai trouvé les apports nécessaires et que j’ai appris que le lait de vache n’apporte rien en réalité. Qu’on trouvait tout dans les légumes, fruits, poissons…
Comme je continue à paniquer de perdre ce lien lacté, mon « Sauveur » de pédiatre m’a dit de ne plus tirer mon lait, mais de prendre doucement ma fille dans son lit le matin, pour la mettre au sein avant de partir bosser quand je suis d’horaire du matin.
Voilà donc 15 jours que lorsque le réveil sonne à 5h15, au lieu de me diriger vers le tire lait avec la tête dans le….brouillard, je vais doucement, tout sourire, la sortir de son lit, pour la lover dans mes bras délicatement, elle ne se réveille même pas. Elle prend sa dose de bonheur, et je la repose ni vu ni connu. Mais moi je pars au boulot gonflée de soulagement.
Quand je suis de soir, elle tète tout le matin et a une tétée de retrouvaille vers 22h, seules fois où elle se couche si tard. Mais elle est trop accro pour s’endormir sans.
Quand je suis de nuit, elle tète une fois à son réveil, quand je rentre de ma nuit, puis je dors pendant qu’elle va chez la nounou (ma mère). Et je la récupère vers 14h, elle tète à volonté jusqu’à 20h30, heure à laquelle je pars pour aller bosser.
Notre aventure avec le tire-lait aura duré 17 mois.
Cela fait aussi 17 mois que nous faisons toutes les deux le régime sans protéines de lait animal et soja.
Notre histoire lactée évolue et continuera d’évoluer. Ce qui ne change pas, c’est ce plaisir qu’on partage.
Je rêve secrètement d’un sevrage naturel, quand elle l’aura décidé elle, et non pas la société ou une quelconque personne.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Trouver du temps pour tirer mon lait au travail.
Les préjugés, les remarques négatives, le réveil à 5h30 les jours de repos pour maintenir cette tétée fictive.
La peur de manquer de lait.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Le fait d’avoir eu le « choix » de lui offrir le meilleur. Et dire qu’à la naissance je pensais ne pas tenir plus de 2 mois et demi (date à laquelle j’aurais du reprendre le travail)…
Les tétées retrouvailles aussi sont d’excellents moments. Je n’en ai pas une en particulier, car elles sont toutes merveilleuses. C’est chaque jour ma bulle d’oxygène pour finir ma journée de travail.
Le soutien du papa, sa fierté et ce regard qu’il porte sur moi.
Avoir pu surmonter 2 pyélonéphrites, où à 41° de fièvre, elle ne voulait rien d’autre que mon lait. La satisfaction et ce côté rassurant de savoir que je pouvais lui apporter tout ce dont elle avait besoin à travers un bout de moi. Chaleur, câlin, réconfort, sécurité, réassurance et du lait adapté.
Avoir acquis la confiance qu’on m’avait enlevé au tout début de mon rôle de maman.
Avoir su faire confiance à mon instinct. Cette fierté que je ressens quand je m’aperçois que je viens de passer une semaine de 52h, en ayant bosser lundi et mardi en horaire du matin, mercredi en horaire du soir et vendredi-samedi et dimanche en horaire de nuit et que malgré ça ma fille eu ses 5 à 7 tétées journalières, que je prends toujours autant de plaisir et que je la vois s’épanouir sereinement.
Ce que j’adore, c’est quand elle vient avec ses yeux brillants me demander « poupou maman teplait » ou qu’elle me dit « poupou est bon et doux ».

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Ne pas se précipiter, écouter les besoins de notre enfant, et se faire confiance.
Je n’ai aucunement préparé la transition pour la reprise du boulot, si ce n’est avoir stocké du lait au congélateur, je ne l’ai pas habituée au biberon. Son 1er biberon était le jour de ma reprise, avec une tétine spéciale qui réduit le risque de confusion sein tétine. Elle a mis une semaine avant de prendre des quantités raisonnables, mais se rattrapait toujours le soir quand je rentrais.
Se rapprocher d’associations qui soutiennent l’allaitement, car seule, c’est très difficile d’y arriver.
Car quand on a des coups de mou, c’est toujours bien d’avoir du soutien de partout.
Lire un peu sur l’allaitement, pour éviter tous les « on dit » qui peuvent détruire le peu de confiance en nous.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Absolument. Il me tarde déjà le prochain allaitement. Je sais maintenant tout ce que j’ai à savoir pour allier allaitement et reprise du boulot. Il me tarde, car je sais que je ne le vivrai pas de la même manière.
Moins de stress et de pression. Plus de confiance, de sérénité. J’ai vécu les premiers mois de souffrance et d’amour, mais ce qui nous a permis de surmonter tout ça, c’est l’allaitement. Ainsi ce choix est resté le meilleur que j’ai pris dans ma vie de maman.
Ce que je changerais et qu’il me semble que je change déjà , c’est le regard des gens sur l’allaitement. Je prouve que quand on veut on peut. Et surtout, je n’aurai jamais de regret, c’est le plus important pour moi.
C’est une histoire que j’écris avec ma fille, et qui restera à jamais gravée dans notre âme, une histoire que mon mari nous aide à écrire, et qui nous unis tous les 3 comme personne ne pourra jamais le faire.

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28 Comments

  1. très beau témoignage.

  2. Merci Véronique Darmangeat pour nous permettre d’apporter un témoignage et d’ainsi encourager les mamans qui se trouveraient en difficulté face à leur allaitement.
    Je me suis battue, mais ma plus grande récompense c’est le quotidien que j’ai aujourd’hui avec ma fille.
    Elle a été ma force d’avancer malgré le reflux et l’allergie alimentaire
    J’en ai d’ailleurs fait un blog, et je co-modère un groupe facebook sur les allergies alimentaires, afin d’aider et de soutenir les mères allaitantes (ou non) dans les régimes d’éviction, le rgo

    Petit clin d’Å“il vous avez publié mon témoignage, le 30 juillet, c’est mes 3 ans de mariage. Un beau symbole <3

  3. Oh la la, ce témoignage m’a donné les larmes aux yeux!
    Bravo pour cette persévérance! Et quel dommage d’entendre de tels discours de la part du corps médical.

  4. Merci Laure !
    Oui le discours médical m’a toujours effrayé
    Heureusement de par mon métier, je sais aller chercher ailleurs et ne pas faire aveuglément confiance à leur discours.
    J’aime chercher par moi même d’autre témoignage, quand je connais la formation médicale…
    Le plus dur finalement a été de ne pas écouter l’entourage

  5. Un magnifique témoignage !

  6. Guariguette

    Bravo et Merci pour ton témoignage Virginie qui m’a beaucoup ému et m’a fait sourire aussi (surtout quand tu parles du sevrage du pédiatre ;-). On sent tout l’amour que vous portez ton mari et toi à votre fille.

    • Merci beaucoup.
      Je ne pensais pas touché autant.
      Ça a été une vrai révélation pour moi.
      C’est à travers l’allaitement que je me suis sentie pousser des ailes et aller au delà du schéma social.

  7. Magnifique témoignage.

    J’en ai lu beaucoup, et celui là me touche énormément car même si je n’ai pas du tout vécu les mêmes difficultés que Virginie, je me retrouve dans ses écrits. Refuser les « on-dit », même médicaux, écouter son bébé, et s’écouter, construire une relation unique avec lui, le soutien du papa, le rythme du travail et des têtes à têtes avec le tire lait, la peur du « manque de lait », …. bref, et peut être que ce qui me touche aussi, c’est ce rêve que je partage : un sevrage naturel, malgré une reprise de travail « précoce »!!
    Bonne continuation à vous deux (+le papa!)

    • Merci beaucoup à toi sabine pour ce retour.
      Je te souhaite aussi une bonne continuation dans ton allaitement.
      Beaucoup de moments lactés et surtout fermer ses oreilles sur les non dits et se rapprocher des professionnels de la lactation

  8. Vervaine

    Quel parcours difficile et quel courage !
    Quel dommage de constater que l’allaitement est parfois un combat, mais vous l’avez réussi !

    (Quand je pense que je me plains car je me lève à 5h45 tous les matins…)

    • Merci Vervaine,
      Effectivement un combat mais qui en valait la peine.
      Quand je vois maintenant le rythme que nous avons et que je fais la rétrospection de notre allaitement, je me demande comment j’ai pu tenir, mais finalement, je préfère me dire que c’est par choix que j’ai réussi. En écoutant les besoins de ma fille et en ayant surtout le soutien inconditionnel de mon mari, qui nous accompagne à merveille.

  9. Bravo pour ton allaitement et merci de ton témoignage.
    Comme je te comprends… Mon fils dormait très peu, tétait tout le temps et ne s’endormait qu’au sein. Il était allergique aux PLV et c’est moi qui ai compris ça vers ses 3 mois. Je ne me suis pas du tout sentie soutenue dans mon allaitement.
    Le pédiatre n’a jamais voulu faire de test pour son allergie. Ce n’est qu’à ses 9 mois que j’ai trouvé l’allergo pro-allaitement qui m’a aidé. A cause de la fatigue et de la difficulté de mon fils à prendre du poids, j’ai arreté mon allaitement. C’était à contre coeur mais c’était la meilleure décision pour tous les deux à ce moment là .
    Aujourd’hui mon fils à 15 mois, il boit du lait de riz infantile et mange un yaourt de lait de vache par jour. Il dort 12h la nuit et 2h l’après-midi.
    Je te félicite d’avoir tenu le régime sans PLV et d’avoir donné le meilleur des laits à ton enfant.

    • Merci Laura,
      Très touchant son vécu, comme je te comprends aussi
      Je me doute que tu as du être déçu de devoir arrêter l’allaitement.
      Mais encore une fois, on fait avec nos moyens, et sur le moment c’était la meilleure décision pour vous.
      Je me dis que si je n’étais pas tombée sur les bonnes personnes, si mon mari n’avait pas été là , je pense que mon allaitement se serait arrêté à 2 mois et demi, même pas.
      9 mois c’est énorme de nos jours j’ai l’impression, tu peux donc être fière et te féliciter d’avoir déjà tenu autant de temps, ton fils a eu bien de la chance !
      Et je vous souhaite le meilleur pour toi et ton fils.

  10. Merci beaucoup pour ce beau témoignage. Les points communs avec ce que nous vivons par ici sont nombreux, alors il me donne du courage !
    Nous connaissons aussi le RGO sévère (avec oesophagite, muqueuses ORL très abîmées, grande souffrance…) dû à l’allergie maintenant confirmée aux protéines de lait et à une allergie associée (soja). Nous en sortons petit à petit mais que de difficiles moments traversés pour notre petit garçon et pour nous…
    « Ne pas se précipiter, écouter les besoins de notre enfant, et se faire confiance », Virginie a raison, là se trouve la clé. Les « on-dit », médicaux ou non, peuvent effectivement mettre à mal un projet d’allaitement (que l’on rencontre de grosses difficultés ou non !)… Chaque couple maman-bébé est différent, chaque relation maman-bébé est unique. Il faut savoir être têtus et persévérer, même sans soutien de l’entourage. A notre grande surprise, nombreux sont ceux qui ont critiqué notre volonté de continuer l’allaitement, malgré les difficultés de notre tout-petit (justement !), nombreux sont ceux qui ont critiqué notre décision de tenter une éviction stricte, alors que nous sentions que les solutions étaient peut-être là . Peu importe, nous avons fait ce qui nous semblait juste et les solutions se révèlent finalement être là … Nous ne regrettons pas une seconde.

    En cas de coup de mou, je viendrai relire ton témoignage, Virginie ! Il me donne de l’espoir quant au fait que j’arriverai à trouver des solutions pour poursuivre l’allaitement à la reprise du travail, dans des conditions pas idéales pour ! Tes conditions n’étaient pas idéales non plus, mais ta volonté a été plus forte. Merci beaucoup pour avoir partagé ton expérience avec nous !

    • Merci Marie pour ce témoignage
      J’imagine bien par là où tu es passé !
      Quand ma fille a eu 7 mois, j’ai témoigné pour LLL « allaiter un bébé RGO »
      On peut y voir notre calvaire quotidien.
      Ma fille a certainement eu une Å“sophagite, mais vu le soutien des médecins…aucune investigation.
      On m’avait à l’époque proposer des examens, comme la fibro, mais en fait, cela n’aurait rendu à rien, car ça n’aurait fait que confirmer le RGO et rien aurait été mis en place par la suite.
      Heureusement c’est plutôt rapidement que j’ai découvert l’allergie sans examens médical.
      On souffre avec nos enfants et on est souvent culpabilisé, pire si on allaite j’ai l’impression. C’est l’excuse à tout.
      Je sis bien d’accord avec tout ce que tu écris.
      Il faut parfois se faire violence pour sauver notre allaitement, vu tous les commentaires qui peuvent nous mettre des bâtons dans les roues.
      Ici c’est pareil, je croise pas mal de monde qui me demande pourquoi je me prends autant la tête à faire un régime d’éviction, alors que des laits infantiles sont adaptés à ma fille, et que comme ça je pourrais manger du fromage et boire du lait.
      Mais jamais il s’imagine que c’est un choix, et non pas une contrainte ou un obligation.

      C’est pour cela que ça m’a donné envie d’aider les mamans dans le régime d’éviction.
      Avec une autre maman on a un blog et un groupe Facebook pour aider dans le régime d’éviction, notamment en proposant des recettes, des aliments de substitution, des produits « sans ». Plus de 160 fichiers actuellement, fruit de recherche et de tests culinaires notamment.
      Si jamais ça te dit de venir y jeter un Å“il, je ne sais pas si je peux mettre le lien ici ?

      • Marie

        Au vu de ce que tu écris, je crois que je te dois bien d’autres mercis…….
        Ton témoignage sur la LLL (si tu es bien VB !) nous a énormément aidés, mon mari et moi. J’ai beaucoup lu, que ce soit sur le net ou non, errant à la recherche de solutions, désespérée parfois. Ton témoignage comportait tellement de points communs avec ce que nous vivions, qu’à sa lecture, j’ai eu le sentiment immédiat de me sentir moins seule… De même pour mon mari. Ton écrit nous a énormément aidés à faire face à l’attitude médicale fataliste et parfois moqueuse (si si, vraiment… mais ceci n’est pas valable pour tous les médecins rencontrés, heureusement !). Nous l’avons également fait lire à différentes personnes de notre entourage pour tenter de leur faire comprendre ce que nous vivions…

        Le blog que tu tiens avec une autre maman, je pense le connaître également (je ne sais effectivement pas si tu peux mettre le lien ici mais a-t-il bien un fond coloré empli d’allergènes en tous genres ?) et il m’a énormément aidé aussi. Jusqu’à maintenant, je n’avais pas la force de poser des mots par écrit sur le calvaire que nous avons vécu ces derniers mois et que nous voyons petit à petit s’éloigner, avec une profonde joie. Mais je me suis toujours promis de rédiger un témoignage, pour aider encore d’autres mamans, comme tu l’as fait. Il me faut encore un peu de temps mais si tu acceptes que je le fasse sur votre blog, ce sera volontiers. Mon mari et moi sommes extrêmement reconnaissants, concernant ce type d’initiatives. Merci à vous deux !

        • Bonjour Marie !

          Ça me touche que mes écrits ne soient pas vain.
          C’est un peu sous conseils que je me suis mise à écrire mon histoire à droite et à gauche.
          J’étais en grande souffrance, et à la recherche de ce genre de témoignage.
          C’est pourquoi quand j’ai vu LLL (je suis bien V.B) demandé aux mamans de témoigner, je me suis dis que ça pouvait être un début.

          Ça libère énormément, et de tomber sur des personnes comme toi, qui ont trouvé des réponses, du réconfort par ma lecture, ça me conforte dans ce que je fais.

          Le sentiment et les émotions qu’on a traversé avec mon homme ont été bouleversant pour nous, et je me devais de le dire, comme une bouteille à la mer, pour que comme toi des personnes se reconnaissent et ne se sentent pas seul, et essaye de voir plus loin que la non reconnaissance d’un médecin.
          Et comme tu dis, parfois moqueuse, et très culpabilisante.
          Moi comme je suis infirmière, le pédiatre pensait que je voulais faire son boulot, alors que je ne venais pas dans son cabinet comme infirmière, mais comme maman démunie et en quête de réponse.

          Du coup, depuis qu’elle a 7 mois, je témoigne à droit et à gauche, que ce soit mon Blog (c’est bien celui avec le fond des photos avec allergènes), le groupe Facebook, la Leche League, si tu es abonné à la revue de LLL, j’ai apporté aussi mon témoignage pour le numéro de septembre sur la reprise du travail (récit écrit il y a 6 mois déjà , donc depuis ça a encore évolué, c’est comme ça que je me rends compte des progrès accomplies).
          Je conseille souvent le blog A Tire d’Ailes, et après 1 an, je me décide enfin à y témoigner.

          Ça serait avec grand plaisir que je publierais ton témoignage avec ton mari.
          N’hésite pas à me contacter, via le blog !!

          Merci à toi pour ce retour !

  11. Estelle

    Incroyable ! Ton témoignage m’a donné les larmes aux yeux…et une bonne leçon 🙂 Et oui je fais partie du corps médical…
    Il est vrai que depuis que j’allaite mon bébé de 6,5 mois j’ai beaucoup appris 😛 Plus que pendant toutes mes années d’études (je n’ai au souvenir de cours d’allaitement pendant mes études de médecin généraliste). J’ai aussi beaucoup appris de Véronique bien sûr et de toutes les mamans du blog en particulier toi Virgnie. Alors merci ! Evidemment je fais une pub incroyable à ce blog à tous mes collègues médecins, pédiatres, sage-femmes…
    Je me rends compte également que la société n’est pas encore tout à fait prête. Et que Mme Badinter nous a fait beaucoup de tort ! Pour ma part allaiter EST un acte 100% féministe ! Il faut lutter contre les préjugés encore et toujours.

    • Merci Estelle pour ce retour qui m’encourage.
      Bien que j’ai du courage à bloc, ça me fait du bien de vous lire.
      En tant que médecin, ça rassure de voir que tous ne sont pas avec des discours comme j’ai pu entendre !
      Il en faut plus comme vous, et je suis ravie de voir que vous faite de la pub autour de vous, c’est ce que j’essaye de faire à mon échelle aussi !
      Je vous rejoins parfaitement pour l’allaitement et l’acte féministe !
      J’ai déjà eu une conversation animée avec une collègue, rigide et qui se disait féministe, nous n’avons jamais pu nous entendre sur cela.

      Merci à vous et bonne poursuite de l’allaitement !

  12. Audrey

    Personnellement, je ne vois pas en quoi l’allaitement est un acte féministe, ni pourquoi il le serait davantage que le choix de ne pas nourrir son enfant au sein. C’est la liberté de chacune qui en soi est un acte militant. Etre libre d’allaiter ou non et le faire en conscience sans jugement d’aucune sorte.

    • Bonjour, je réponds tard, je n’avais pas vu avant.
      Je parle de féminisme car j’ai une collègue (qui se revendique féministe) qui me disait que j’étais esclave de ma fille, que « les biberons étaient une révolution positive et heureusement ».
      Que « si les biberons existaient ce n’était pas pour rien »
      Dans l’histoire ce n’était pas moi qui juger la liberté de chacun.

  13. Tres beau temoignage!! Votre bataille sera d’une grande aide pour beaucoup de femmes qui seront au bord de baisser les armes! Je mene aussi ce jugement au quotidien, ma fille a 13 mois et ne boit que le lait de maman! C’est en parlant ouvertement que l’allaitement des enfants de plus de 3 mois ne sera plus tabou! C’est pas tout les jours faciles mais une fois la decision prise les remarques negatives ne m’atteindent plus! Quesque je connais bien cette peur du manqué de lait, ce tete a tete avec son tire lait!!
    Bon allaitement et bonne continuation a toutes!

    • Merci beaucoup pour ce retour.
      Bonne continuation pour toi aussi 😀
      Tu as raison c’est en montrant que c’est possible que le tabou se lèvera !

  14. Bonjour, je viens de lire ce témoignage passionnant et très émouvant (il m’a tiré les larmes du début à la fin).
    J’allaite (exclusivement) ma fille de deux mois passé. Et je rencontré beaucoup moins de problèmes que toi mais je suis convaincu par toutes tes réflexion et aussi convaincue que tout tes choix étaient les bons, surtout celui de changer de pédiatre!
    Je reprend le travail dans deux semaines et je commence a faire des réserves de lait. Le plus stressant pour moi est de ne pas savoir combien il lui faudra.
    Je tiens a te féliciter pour ta persévérance. Je pense que tu doit être très fière et avoir lié une relation avec ta fille qui est indescriptible. Je ressent aussi ce sentiment d’assouvir tout ses besoins lorsque elle est au sein et c’est une sensation magique!!

    • Merci beaucoup Camille. C’est vrai que j’ai lutté pour y arriver.
      Et ça en valait la peine !
      Je te souhaite le même parcours (sans les difficultés).
      Et il est vrai que ce lien que j’ai avec ma fille est indescriptible.
      J’espère que ta reprise du boulot se passe bien ?
      Moi aussi au début je ne savais pas quoi donner comme quantité, c’est ma fille qui m’a aidé à le savoir 🙂
      Bon continuation lactée !

  15. Merci Virginie pour ce témoignage émouvant. J’y pense régulièrement pour aider, soutenir les patients que j’entoure. Merci d’avoir posé des écrits pour aider les personnes.

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