• Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Marie-CécileJe n’ai jamais imaginé allaiter, cela me semblait impudique et douloureux. Puis, enceinte je me suis renseignée (la bible du lait du Dr Marie Thirion), et là, c’est apparu comme une évidence : mon petit bébé allait avoir besoin d’un lait adapté à un humain et non à un petit bovin !
Et Lucie, à peine sur mon ventre, la première tétée a scellé entre nous un lien d’une puissance qui m’a retournée. Je me suis transformée en louve, heureuse d’allaiter, mettant à la poubelle fièrement le petit biberon de lait « chimique » que cette si « attentionnée » puéricultrice m’avait mis dans le sac de la mater.
Il y a eu du lait qui déborde, des seins vides, des hauts ,des bas mais globalement avec ma bonne tetouilleuse de fille on a surmonté les petites difficultés.
Quelle fierté de voir ses petits bourrelets dus au bon lait de Maman !
A 15 jours de la reprise, ajouter à la détresse de la séparation, le sevrage , c’était impossible pour moi. J’ai donc décidé de prolonger ce lien, cet amour liquide entre nous. Au moment de la reprise je l’avais laissé une heure chez la nounou où elle avait accepté un biberon du lait que j’avais tiré. J’avais un peu de réserve au congélateur (le trop plein). Malgré les difficultés que laissait entrevoir ma bible du lait j’y suis allée motivée. J’étais chirurgien viscéral en fin de formation (chef de clinique).

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’ai repris au trois mois de ma fille. Je donnais le sein aussi souvent que possible quand nous étions ensemble ( la nuit aussi) pour stimuler au maximum.
La journée commençait tôt, je tirais mon lait vers 8h30 après une heure et demi de travail, puis aussi souvent qu’elle tétait et que je pouvais me le permettre. Heureusement j’avais un bureau que je partageais avec une collègue proche et on s’arrangeait. Et j’avais récupéré un petit frigo. Je tirais mon lait pour le lendemain en frais pour la nounou et je le congelais les week ends où je ne travaillais pas.
Pour les gardes de nuit je congelais le lait dans le congélateur du service. Je le transportais dans un petite glacière avec des blocs de glace. Je tirais environ un litre par 24 h, plus ou moins en fonction de ma fatigue et/ou moral. La nounou étais formidable et a toujours bien accepté de donner mon lait. Je lui avais imprimé les règles de conservation du lait maternel du site de la LLL pour éviter qu’il y ait trop de gâchis.
J’avais loué à la pharmacie un tire lait électrique que j’avais bidouillé en double pompage avec une tubulure en y. Comme j’ai allaité longtemps (22 mois) et que la sécurité sociale ne rembourse que partiellement et pas plus d’un an, je pense que j’ai payé trois fois le prix de ce gros tire-lait lourd et pas pratique.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Les quolibets de mes collègues hommes. Les petites phrases assassines du genre « tu n’y arriveras jamais, tu vas être trop fatiguée » qui m’ont rendues encore plus déterminée. Les regards réprobateurs quand je partais 5 min avant la fin du staff pour tirer mon lait, sachant que les pauses cigarettes de mes collègues fumeurs, elles, n’étaient pas soumises à caution !

Les difficultés de quantité avec des baisses de régime et l’angoisse de ne pas avoir assez pour mon bébé. Tout y est passé : galactogyl, tisane d’allaitement , fenurec, levure de bière, dompéridone.

Les interventions longues (7/8h sans tirer mon lait) avec un engorgement physiologique mais très douloureux.

Le jour où j’ai oublié mon tire-lait et je dis « le » car, vu la douleur, c’est arrivé qu’une seule fois.

Les lymphangites dues à une malposition du tire-lait pendant que je tapais à l’ordinateur.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Le fierté de l’avoir allaitée quasiment 8 mois sans autre lait que le mien (elle a longtemps refusé les purées).

Tous ses petits bourrelets : « c’est moi qui l’ai fait ».

Et d’avoir tenu jusqu’à ses 22 mois malgré les « tu l’allaites encore ? pourquoi ? : elle refuse le biberon ? tu vas l’allaiter jusqu’à ses 18 ans ?»

La liberté d’allaiter partout et d’avoir tout à dispo sur soi et à bonne température ( à la plage en avion, en ballade, à un café, au resto ,dans l’église le jour de son baptême, le bain, dans mon lit)

Le soutien indéfectible de mon mari , quelques soient les circonstances, l’heure de la nuit, mon humeur ou mes doutes, il a toujours été là.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Que si on a envie, c’est possible.

Qu’avec un peu d’aide (un local et frigo) une nounou compréhensive on y arrive au jour le jour. Pas besoin de se donner de date butoir, laisser passer les semaines de tétouille, quand on se retourne et que l’on voit la route parcourue on est étonné. Je n’aurais jamais imaginé allaiter aussi longtemps.

Et rien que pour le plaisir de l’avoir au sein, pour le lien ça vaut le coup de se battre un peu…

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Oui définitivement oui.

Faire des réserves si on peut, pour éviter les coups de stress ou de trop peu.

Acheter un bon tire-lait double pompage pratique et léger.

Acheter une brassière de pompage pour pouvoir faire autre chose en même temps sans risquer la lymphangite.

Et prendre un peu plus de congés si c’est possible trois mois c’est trop tôt pour reprendre.

Pour info, j’ai trois filles allaitées 22 mois, 25 mois et la dernière de 19 mois encore allaitée pour le temps qu’elle voudra.

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sophie3Bonjour, je suis Sophie, j’ai 32 ans. Maman d’une petite Honorine de bientôt 9 mois… Je vous fais part de mon expérience d’allaitement au travail.

  • Dans quel pays travaillez vous ?

Je suis infirmière en service de pédiatrie, je travaille en douze heures aussi bien de jour que de nuit, c’est variable d’une semaine à l’autre donc aucune régularité. Je travaille en Suisse sur le canton de Vaud.

  • Connaissez vous la législation locale en matière de congés maternité, congés allaitement, pauses d’allaitement ?

En terme de congés, j’ai bénéficié d’un mois supplémentaire à mon congé maternité pour promouvoir l’allaitement.

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ?

A ma reprise, j’ai décidé de continuer. Je m’étais fixé l’objectif des 6 mois et je m’étais dit que si ça se poursuivait, ce serait du bonus.

  • Pourquoi ?

J ai fait le choix de continuer car l’allaitement me convient et marche très bien, c’est une chance alors j en profite. Mais je ne suis pas mis de pression lors de mon retour au travail si ça marchait c’était bien mais dans tout les cas elle aurait eu à manger.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Étant donné que je travaille en douze heures (7h-19h30 ou 19h-7h30) et que j ai de la route (de 30 à 45 min) je ne peux pas faire de tétée le matin avant de partir, donc je tire mon lait à 5h30 avant départ. J’essaie de retirer dans la matinée vers 10h-11h mais en fonction de la charge de service je ne peux pas toujours me libérer comme je veux et il faut que ma collègue puisse prend le relais…
Et j’essaie de tirer de nouveau vers 16h. Si c’est après 17h, je ne tire qu’un sein de façon à ce que, si elle n’a pas fait sa tétée du soir, ma fille puisse prendre le sein quand je rentre vers 20h15 mais c’est assez rare…

Très souvent, les jours où je suis au travail, je n’ai que le tire-lait pour stimuler donc 48h ou 72h sans bébé, mais pour le moment ça tient.
Et quand je suis de nuit, je tire deux fois sur la nuit même si elle ne fait plus de tétée la nuit, je stimule quand même.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

En terme de pause allaitement, étant donné que je travaille en 12h, je suis censée avoir 90 min par jour mais on ne m’en a pas vraiment informée et je n’ai pas besoin d’autant. De plus je ne sais pas comment on ferait en terme d’organisation. Je tire mon lait en 15-20 min.

Avant ma reprise j’avais fourni un certificat pour justifier la continuité de mon allaitement mais mon employeur ne m’a pas donné d’infos sur l’organisation pour le retour.

Mes principales difficultés furent la fatigue des journées et la non régularité des horaires de tire-lait ainsi que le rythme jour/nuit… J’ai essayé de faire au mieux… et de m’écouter sur ce que je souhaitais ainsi que d’écouter mon corps.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Mes moments de plaisirs sont en fin de journée quand je rapporte le fruit de ma production. Chaque biberon de lait maternel est une victoire pour moi et un beau cadeau pour ma fille. Et de la voir jongler entre sein et biberon avec aisance, je me dis qu’ils sont formidables ses petits bouts.

Je ne savais pas pas si l’allaitement me conviendrait mais c’est pour moi une évidence maintenant.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ?

Si c’était à refaire je re-signe immédiatement la même chose sans rien changer. Oui ça prend du temps et ça me demande de l’organisation mais cela fait partie de mon rôle de maman que d’offrir du temps et du bien-être à ma fille. Alors aucun regret. Que de l’amour sous forme de lait.

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revues de presse allaitementVoici l’actualité que j’ai repérée pour vous depuis un peu plus d’un mois :

Allaitement et travail :

– Des études :

  • Obésité et allaitement.
  • Deux enfants sur trois sont allaités à la naissance… mais vite sevrés.
  • Lait maternel : Il booste le développement du cerveau chez le prématuré.
  • Prolactinome, grossesse et allaitement.
  • L’allaitement maternel jusqu’à 6 mois, un rempart contre l’hépatopathie non alcoolique à l’adolescence.
  • Les scientifiques montrent que la glande mammaire « se souvient » de la grossesse précedente, ce qui stimule la production de lait.

– Un peu d’histoire :

  • L’histoire du biberon.
  • Pour celles qui ont des crevasses, petit kit d’urgence…
    baume delacour

– Le rapport annuel sur le respect du code international de commercialisation des substituts du lait maternel

– Des photos et des vidéos :

– Enfin, mon activité se développe et devient le Centre allaitement Véronique Darmangeat. Pour pouvoir vous donner des rendez-vous le plus rapidement possible, deux consultantes en lactation travaillent désormais avec moi, ce sont Patricia Coutable et Abigail Vaine. Pour que vous retrouviez toujours la même qualité de service, ces 2 consultantes en lactation se sont formées auprès de moi.

Rappel : vous pouvez traduire toutes les publications en anglais grâce à Google et donc les lire à peu près correctement en français !

Bonne lecture ! Et surtout, n’hésitez pas à nous faire partager vos découvertes…

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Articles en rapport : 

Voir l’onglet Revues de presse.

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tirer son laitJe me suis aperçue qu’aucun article du blog ne répondait clairement à cette question alors même que j’ai détaillé toutes les étapes dans d’autres articles.

Je vous propose donc une série d’étapes pour reprendre le travail en conservant un allaitement exclusif et donc en tirant son lait :

  • Vous avez le choix entre faire un stock de lait ou pas. Faire un stock n’est pas forcément indispensable et surtout pas toujours possible.
  • Vous pouvez choisir de préparer votre bébé au biberon ou pas.
  • Vous devez vérifier si votre lactation n’est pas trop abondante, ce qui peut créer des problèmes à la reprise du travail.
  • Vous pouvez vous renseigner sur le lieu disponible pour tirer votre lait sur votre lieu de travail.
  • Vous pouvez vous renseigner sur vos droits en matière de pauses d’allaitement.
  • Vous devez choisir comment tirer votre lait : à la main, tire-lait électrique ou manuel,…
  • Vous allez réfléchir à comment transporter votre lait et comment le conserver.
  • Vous allez discuter avec la personne qui va s’occuper de votre enfant de la manière de gérer votre lait et de la quantité de lait à prévoir pour votre bébé.
  • Et vous allez peut-être vous apercevoir que votre enfant refuse le biberon
  • Enfin, au travail, vous allez avoir besoin d’être efficace en tirant votre lait.

Et vous, pensez-vous qu’il y ait des points à rajouter dans cette liste ?

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justineBonjour,
Je n’ai pas l’habitude d’intervenir sur internet, mais votre site, vos conseils et les témoignages des autres femmes m’ont beaucoup aidée et rassurée, je voulait donc, moi aussi, partager mon expérience, et peut-être, être utile à d’autres femmes.

J’ai accouché en juin 2014, par césarienne en urgence, d’un petit garçon, Isaac.
J’avais toujours dit que je ne voulais pas allaiter, que cela me paraissait aliénant. Je le disais depuis si longtemps et avec tellement de conviction, qu’aujourd’hui, mes amies, mon compagnon et ma sœur s’en donnent à cœur joie dans les moqueries (gentilles), car cela fait plus de 14 mois que Isaac est allaité et ceci exclusivement.
Je ne voulais pas allaiter donc. Et J’ai allaité finalement. D’abord pour voir. Puis parce que cela se passait si bien. Jour, nuit, à la demande. Et avec beaucoup de plaisir. Retardant de semaines en semaines l’introduction des biberons de préparation pour nourrissons qui devaient rendre cet allaitement « mixte »… Ces biberons ne sont jamais venu.
Et je répétais: « En tout cas, le tire-lait: JAMAIS!!! »

Deux mois après la naissance de Isaac, ma sœur a, elle aussi, mis au monde un petit garçon, Soan. Elle l’a allaité aussi, exclusivement. Moins grande gueule que moi, moins catégorique, elle avait toujours dit: « Si j’allaite, je tirerai mon lait pour pouvoir sortir ». Elle loue donc un tire-lait. Et donc, je décide d’en louer un, moi aussi , pour essayer. D’autant que la date de reprise du travail se rapprochait à grande vitesse et que je me voyais de moins en moins commencer à donner du lait artificiel à Isaac…

Je reçois mon tire-lait ( un Mamivac Sensitiv à double tirage) quelques semaines avant la reprise du travail. Je tente quelques tirages (en simple tirage), la récolte est maigre. Il faut dire qu’Isaac était un « téteur » de compet et qu’il buvait tout. A coup de 30 ml et 40 ml, j’arrive tout de même à faire quelques réserves… Mais je vois la reprise du boulot se profiler sans savoir si oui ou non je pourrais fournir des quantités suffisantes… Bref !

N’ayant pas obtenu de place en crèche, nous optons pour une garde partagée à domicile avec des voisins. Je rencontre la nounou, lui parle de mon projet de continuer à donner mon lait à Isaac. Elle est OK (elle même a allaité sa fille), mais n’a jamais tiré son lait elle-même, ni donné des biberons de lait maternel aux bébés qu’elle a gardés. Les voisins, eux, sont OK, pour que je stocke des biberons de mon lait dans leur frigo, chaque matin, lorsque la garde s’effectue chez eux.

Reste deux inconnues :
1/ Est-ce que j’arriverai à fournir suffisamment de lait ?
2/ Isaac acceptera-t-il de boire ce lait au BIBERON ?

Parce que des biberons, bah il n’en avait jamais eu (enfin si, deux de quelques millilitres à la maternité, avant que j’ai ma « révélation » de mammifère)…

Quelques jours avant l’adaptation avec la nounou (bon juste deux jours avant, pour être tout à fait honnête…), mon compagnon tente de donner un biberon de mon lait à Isaac. On fait tout comme il faut (comme je l’ai lu sur ce site quoi) et c’est le drame. Isaac huuuuuuurle comme il n’a jamais hurlé (c’est un bébé qui ne pleure presque pas…), il repousse le biberon, détourne la tête, bref, gros gros échec…. Pas grave je me dis! C’est normal, ça va venir! Juste par acquis de conscience, je renifle le biberon (de lait frais tiré la veille), et là, MON DIEU, mon lait pue. Je savais que cela pouvait arriver, mais je n’avais même pas envisagé que cela pourrait m’arriver à moi (oui je sais, je suis pleine de certitudes qui s’effondrent les unes après les autres). Et ça pue grave ! Un truc entre le vomi, le savon et le parmesan. Tu m’étonnes qu’il n’en voulait pas !
Je panique un peu en me disant mais si mon lait pue, ça veut dire que tout le lait que j’ai stocké au congélateur pue aussi !!!! Je décongèle en vitesse quelques petits sachets, les renifle, encore et encore et ceux là, ne puent pas. Étrange….

Le lendemain, je décide de faire un nouvel essai. Ma sœur est à la maison, je prépare un biberon de lait décongelé. Il ne sent rien. Je laisse ma sœur avec Isaac, je m’éclipse dans une autre pièce et de nouveau c’est le drame. Isaac tète un peu puis s’étouffe, pleure, se détourne… Ma sœur essaye de lui donner du lait avec une pipette de Doliprane et il veut bien en boire un peu. On laisse tomber… Et à nouveau je renifle le lait. Il pue !!! Ma sœur me fait remarquer que les biberons en verre (Avent) peuvent parfois donner une odeur au lait. Bon, on va voir…(finalement, c’est sans doute le biberon en verre qui a fait « sentir » mon lait ». Avec les biberons en plastique cela ne s’est jamais reproduit).

Lundi, c’est le démarrage de l’adaptation avec la nounou. Je reste avec Isaac, mais le lendemain, il devra boire un biberon avec elle. Mardi, je le laisse avec un nouveau biberon en plastique (MAM). Mon lait ne sent rien, j’ai vérifié, reniflé et encore reniflé. J’ai tout expliqué à la nounou et surtout j’ai beaucoup insisté sur le fait que ce n’était pas grave si Isaac ne mangeait pas au début, que c’était normal et qu’en aucun cas je ne penserais que c’était de la faute de la nounou. Malgré tout, je ne la sens pas très à l’aise avec tout ça…Une heure plus tard, je reçois un appel paniqué de la nounou, me demandant de venir immédiatement. J’entend Isaac qui hurle derrière elle. J’arrive dans les 5 minutes suivantes et elle m’explique qu’Isaac s’est étouffé avec sa gorgée (ce qui veut dire qu’il a tout de même accepté de boire) et qu’elle a eu très peur parce qu’il s’est mis à crier très fort. Je la rassure et lui propose de finir de donner le lait à Isaac avec la pipette. Je les laisse. De retour une heure après, il semble que Isaac a accepté de boire un peu. La semaine d’adaptation passe ainsi. Chaque jour, La nounou propose le biberon à Isaac, qui tète un peu, puis se détourne et boit finalement un peu à la pipette. Bon. Il n’a pas l’air mal…

Au fil des jours, tout se stabilise. Isaac accepte de boire les biberons. Je lui en prépare alors 3 pour chaque journée de garde. Un petit de 60ml pour le matin (10h30), un « grand » de 120ml pour le déjeuner et un autre entre 60 et 90ml pour le goûter.

J’ai donc repris le travail et j’ai la chance de disposer d’un bureau personnel dont la porte peut fermer à clé. J’appose une petite affiche sur ma porte qui informe mes collègues que si elle est fermée c’est parce que je suis en train de tirer mon lait et que je serais de nouveau disponible dans quelques minutes.
Je tire alors deux fois par journée de travail. Une fois autour du déjeuner et une autre autour de 16h. Les quantités tirées sont assez aléatoires : les bons jours, je tire 140ml en double pompage à chaque tirage. Les mauvais , je tire 70ml… Je remarque rapidement que ma production dépend beaucoup de ma fatigue, du fait de boire suffisamment et de la température dans mon bureau. Lors d’une panne de chauffage en plein mois de décembre, je ne tire strictement rien : panne sèche.

Niveau logistique, j’ai adopté la technique du sac plastique « zippé ». J’emmène mes téterelles propres et assemblées dans un sac congélation hermétique. Après mon premier tirage, je transfère le lait dans des sachets spéciaux qui sont stockés dans le réfrigérateur de mon travail , et les téterelles sont rangées dans le sac congélation et mises elles aussi au frais en attendant le tirage de 16h. Puis nettoyage le soir à la maison.

Tout se passe bien. Avec la diversification d’Isaac autour de ses 5 mois, il s’intéresse de moins en moins aux biberons. Il tête toujours beaucoup le soir et la nuit (merci le co-dodo) mais, de plus en plus souvent, la nounou me rend des biberons quasi-pleins le soir… Je supprime donc le biberon du matin, puis celui du midi que je remplace par un yaourt bio nature. Je supprime donc un tirage lors de mes journée de travail.
Vers les 8 mois de Isaac, je supprime aussi le biberon du goûter remplacé lui aussi par un laitage.

Et tout se passe bien encore.

Aujourd’hui Isaac a 14 mois et il est toujours allaité. Le soir, la nuit (une ou deux tétées chaque nuit) et le matin. Son alimentation est totalement diversifiée. C’est un bébé magnifique.

A aucun moment je n’ai regretté de m’être finalement lancée dans cet allaitement « long ». Je ne l’avais pas prévu, pas documenté, pas anticipé. Les sites et blogs spécialisés, les témoignages de femmes allaitantes et les conseils de professionnel(les) formées à cette question que j’ai pu y trouver ont été déterminants dans mon parcours d’allaitement et dans sa réussite. Le fait d’avoir une sœur devenu mère et allaitant en même temps que moi a aussi été un soutien précieux. Encore aujourd’hui, je suis abasourdie de l’ignorance de beaucoup et des mensonges ou contre-vérités qui sont colportées au sujet de l’allaitement. L’absence de formation de la plupart des médecins est réellement incroyable.

Moi qui ne voulait pas allaiter car je trouvais cela incompatible avec mon féminisme, j’en ai finalement tiré une force tout fait féministement correcte ! Je trouve fascinant cette autonomie du corps des femmes à nourrir leurs enfants hors de tout circuit marchand. C’est une des rares choses non marchandisées que j’ai fait dans ma vie jusqu’à présent.

Et surtout, le plaisir manifeste de mon fils à téter , son épanouissement dans ce lien si particulier, ont été et sont encore une immense satisfaction pour moi.
Il a donc aujourd’hui 14 mois. Je ne sais pas quand il arrêtera de téter, ou quand moi, j’en aurais assez. Je ne ferme plus aucune porte. Je verrais bien ! Merci et bravo à toutes les femmes qui partagent leurs expériences et leurs compétences sur ce site ou dans des cadres différents. Il s’agit là d’une véritable solidarité féministe !

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  • allaitement et travailDans quel pays travaillez vous ?

Suisse.

  • Connaissez vous la législation locale en matière de congés maternité, congés allaitement, pauses d’allaitement ?

Oui congé maternité minimum de  13 semaines (je travaille pour l’Etat, le minimum est de 16 semaines nous avons un supplément de 4 semaines si on allaite). Certains emplois, selon l’employeur bénéficient aussi de ces 4 semaines de congé allaitement. Sinon, nous avons une prime d’allaitement donnée à l’assurance sous certificat médical qui stipule que l’on allaite (se fait à 6 semaines de vie du bébé), Ensuite lors de la reprise, nous avons droit à des pauses plus longues ou plus nombreuses pour notre allaitement. On peut même rentrer chez soi si on vit près du lieu de travail. Nous pouvons aussi combiner ce temps en un jour et cela représente une journée de congé par semaine tant que l’allaitement dure.

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ?

Poursuite de l’allaitement.

  • Pourquoi ?

Parce que c’est le meilleur pour mon bébé et qu’aucun de mes enfants n’a été prêt à 6 mois pour être sevré.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Tétée la matin avant de partir, Tire-lait à 10h, Tire-lait à midi, Tétée à 15h30, tétée à 20h. Et parfois 1-2 fois la nuit jusqu’à 13 mois.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Gérer un nombre suffisant de tétées pour garder ma production lactée. Lorsque je suis en lactation autocrine…c’est plus facile. Lors de mon 1er allaitement, à 13 mois, je n’étais toujours pas en mode autocrine et la travail a vraiment été la perte de mon allaitement.

(Note de Véronique Darmangeat : la lactation passe en mode autocrine au cours du premier mois, cela signifie que ce sont les seins qui régulent la fabrication du lait en fonction du taux de drainage des seins.)

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Les tétées du soir, câlin et quel bonheur d’endormir son bébé contre soi.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ?

Oui, et je ferais en sorte de tenir un maximum de temps.

  • Que changeriez-vous ?

Je me ferais rembourser mon tire-lait ! J’ai appris récemment que les gynécos pouvaient faire des bons pour faire rembourser en partie ou en totalité nos tire-laits !!!!

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sevrage de nuitAujourd’hui, je vous propose une nouvelle fiche pratique pour répondre aux nombreuses demandes sur ce sujet :
Le sevrage de nuit

Cette fiche est un condensé de mon article sur le même sujet.

Vous pouvez l’imprimer et la partager avec votre conjoint quand vous souhaitez sevrer votre bébé la nuit, c’est un aide-mémoire.

Articles en rapport :

Voir l’onglet fiches pratiques à gauche de la barre de menu.

 

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