allaitement et travail

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Pendant la grossesse, il était évident pour moi que je voulais essayer l’allaitement. Je voulais vivre tous les aspects de la maternité, ne rien louper (même si je suis convaincue qu’il vaut mieux un biberon qui se passe bien qu’un allaitement conflictuel).

Je n’avais pas mesuré l’importance que cela prendrait pour moi, ni la portée affective que cela aurait dans la relation à mon fils. Cela fut une découverte… incroyable.

Pendant la grossesse, j’avais participé à une réunion d’information à la maternité organisée par l’association solidarilait. Le discours était positif et serein et cela m’a vraiment renforcé dans mon choix. Alors j’ai commencé à me documenter sur le net, notamment avec le blog de Véronique. Cependant, comme je n’ai pas d’autre exemple autour de moi que l’arrêt rapide de l’allaitement pour des raisons diverses, je m’étais donnée une date en me disant : « Ce sera déjà bien ». Mon fils est né fin août, je savais que je devais reprendre le travail en novembre, alors j’avais fixé la date de noël. La reprise du travail me semblait un obstacle à l’allaitement alors je voulais être raisonnable.

La naissance de mon fils s’est très bien déroulée, j’ai donc pu le mettre au sein dès les premiers instants dans la salle d’accouchement et c’était merveilleux.

L’allaitement se passait tellement bien (malgré mes doutes), je trouvais ça tellement fort dans la relation avec mon fils que mon choix de poursuivre à la reprise du travail s’en est trouvé renforcé. C’était déjà difficile de le laisser pour la journée, alors me priver de ce moment privilégié, c’était trop me demander.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

En premier lieu, je me suis INFORMEE. J’ai scruté le net et étudié quasiment toutes les pages du blog de Véronique. J’ai même acheté son livre.

J’ai commencé à faire du stock dès le premier mois d’Eliott avec un tire-lait doddie que j’avais acheté (pas trop cher). Mais cela me prenait trop de temps alors j’ai loué un tire-lait Calypso de chez Ardo chez Grandir Nature. Avant de reprendre le travail, j’avais deux tiroirs de notre congélateur rempli à ras-bord de pochettes.

J’exerce une profession libérale, donc l’organisation a été facile. Deux tirages par jour à 12 et 16h jusqu’au 7 mois de mon fils, puis une fois à 13h jusqu’à ses 11 mois. Il a suffit que je bloque le créneau sur mon agenda. Un manque à gagner, certes, mais nous ne sommes pas riches que d’argent.

J’avais fait l’acquisition d’un petit frigo pour pouvoir conserver ma production correctement.

Après m’être bloquée les cervicales en tenant les téterelles sans bouger pendant 20 min, je me suis décidée à sacrifier un soutien-gorge d’allaitement qui ne m’allait pas pour en faire une brassière. Une petite entaille au niveau du mamelon, on glisse la téterelle et le tour est joué. Ça m’a vraiment soulagée. J’ai aussi fait le stock de séries à regarder sur l’ordi pour passer le temps en attendant que les pots se remplissent.

Je n’ai que 20 min de trajet pour rentrer chez moi donc le transport se faisait dans un petit sac isotherme avec les pains de glace.

Je travaille trois jours par semaine alors, quand mon fils est gardé, je donnais du lait congelé (max 2 mois) et je renouvelais mon stock avec les tirages du jour. Quand je suis avec lui à la maison, c’est à la demande.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Les doutes : pendant 4 mois, j’ai vécu dans la peur de ne pas avoir assez de lait. Une petite crainte est restée longtemps car j’ai continué à carburer à la tisane d’allaitement (beaucoup moins qu’avant désormais : je pouvais en boire jusqu’à 5 fois par jour) et aux gélules de fénugrec (mon mari m’appelait « mon petit couscous » tellement je sentais les épices) jusqu’au sevrage. Les appels aux bénévoles de solidarilait de ma région et les messages à Véronique m’ont bien aidé à baisser la pression.

Les réflexions de l’entourage : au bout d’un mois, on me disait déjà « bon ben maintenant, tu vas arrêter doucement »…  puis c’est devenu « bon, tu vas te décider à le lâcher oui ! »… Les sous-entendus des âmes bien-pensantes qui m’ont soutenu mordicus que le refus du biberon de mon fils pendant la semaine d’adaptation chez la nourrice était « à cause » de l’allaitement… Les premiers temps, j’ai eu l’impression de me battre et que beaucoup de personnes se permettaient de faire intrusion dans mon intimité. Puis, j’ai fini par comprendre que les personnes qui réagissent comme ça sont systématiquement des femmes (oui, je n’ai jamais eu de réflexions de la part d’hommes) qui n’avaient pas pu allaiter comme elles l’auraient voulu. En fin de compte, elles me font de la peine car, en réalité, elles culpabilisent beaucoup et c’est dommage.

Le manque de lait avec le retour de couche : j’ai eu mon retour de couche au bout de 8 mois et pendant les règles, les quantités de lait étaient vraiment moins abondantes. Je me suis dit que peut-être il était temps de penser à un sevrage progressif, que mon corps voulait reprendre un peu de féminité. Il m’a fallu du temps pour l’accepter mais la survenue d’une nouvelle grossesse m’a amené à mettre en action les choses : mon fils s’est mis à accepter le biberon d’un coup d’un seul alors j’en ai profité et nous nous sommes arrêtés à 12 mois ½.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Définitivement, les tétées du matin, pleine de tendresse et de calme.

Quand mon fils s’impatiente quand il me voit m’installer pour la tétée.

Les moments de rigolade quand il essaye de nouvelles positions pour manger.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Faites ce qui est bon pour vous. Informez-vous auprès des personnes qui ont les bonnes informations (en d’autres termes, évitez les médecins et les puéricultrices qui souvent désinforment plus qu’autre chose). Faites un vrai choix, c’est-à-dire un choix éclairé, sans se soucier du regard des autres. Alors, ce sera le bon choix, quel qu’il soit.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Sans aucune hésitation, je referai la même chose. J’ai bien l’intention d’allaiter aussi longtemps avec le petit bout qui arrivera ce printemps. 12 mois : je n’imaginais pas aller aussi loin et j’avoue éprouver un peu de fierté.

Si je devais changer quelque chose, je pense que ce serait ma peur de ne pas y arriver… mais ça, je ne suis pas sure que ça se contrôle 😉

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allaitement et travailJe suis ce qu’on peut dire une pro-allaitement (tout en respectant les différences et sans vouloir imposer mon opinion) et apprécie particulièrement les études qui permettent d’informer les mamans.

  • Dans quel pays travaillez vous ? Connaissez vous la législation locale en matière de congés maternité, congés allaitement, pauses d’allaitement ?

Je vis actuellement en Suisse dans le canton de Fribourg et travaille à mi-temps depuis la naissance de ma fille qui aura bientôt 20 mois.
Depuis la reprise du travail (aux 4 mois de ma puce) je me suis quelque peu renseignée sur les lois en vigueur (moins de 4 mois de congé maternité 😕 et le droit de tirer mon lait pendant les heures de travail durant la première année).

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Pour moi il était évident que j’allaiterai et ce, pendant en tout cas les 2 premières années. J’ai fait ce choix afin d’apporter le meilleur pour ma fille tout en profitant du côté pratique et économique.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’avoue qu’il n’a pas toujours été facile de concilier allaitement et travail, il a fallu un moment pour m’adapter (déjà qu’avec ma fille tout était nouveau), au travail le stress n’arrange pas les choses, et ce n’était pas évident de tirer beaucoup à chaque fois et je trouve que le tire-lait n’est pas très agréable à force, à la fin j’en avais vraiment marre. 😥
Heureusement ma fille qui était gardée par les grands-parents s’est plutôt bien adaptée. Elle a bien accepté de prendre les bibis mais quand elle est avec moi elle est très demandeuse, ne serait-ce que pour un moment câlin.
La première année passée, nous avons trouvé notre rythme. On se retrouve les jours où je suis à la maison et ça nous fait du bien à toutes les deux. De ce fait, je commence à envisager un sevrage naturel. (Voir un co-allaitement, puisque nous pensons à un deuxième bébé pour fin 2016).

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

De mon parcours, franchement, je ne changerai rien. Je pense que si on est décidée, bien informée et bien entourée, ça ne peut que bien se passer… 😊
Je le souhaite à toutes pour le bien de nos petits!!! 😉

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revue de presseVoici l’actualité que j’ai repérée pour vous depuis un mois (et oui le mois d’août ne compte pas, j’étais en vacances 😉 ) :

– De belles histoires :

– Des articles :

  • Retarder le début de l’allaitement augmente sérieusement le risque de décès des nourrissons. Or, selon l’Unicef, dans le monde, 77 millions de nouveau-nés -soit un sur deux- ne sont pas allaités au cours de leur première heure de vie.
  • La culpabilité autour de l’allaitement.
  • Allaitement et Développement Cérébral.
  • «Couvrez ce sein que je ne saurais voir !»
  • Croatie : un banc dédié à l’allaitement.
  • Leucémies chez l’enfant et allaitement : le point.

Travail et allaitement :

– Un peu d’histoire :

  • Un article sur la première crèche en France. On y traite des sociétés de protection de l’enfance. On y apprend que la société d’allaitement maternel, et celle de la protection de l’enfance ont à peu près le même but. « les mères qui nourrissent elles-mêmes leurs enfants sont soutenues, protégées, aidées par le cœur et les ressources de toutes les femmes intéressées à la santé et au bien-être des pauvres petits êtres que menace la misère dès leur entrée de vie. C’est dans le but de faciliter ce devoir au mères indigentes retenues par un travail indispensable qu’ont été fondées les crèches ».
  • Histoire de l’allaitement au 20e siècle.
  • 200 ans de tire-lait en 18 images.
  • Un dessin animé pour enfants des années 90 parle librement de l’allaitement.

– Des études :

  • Zika ne contre-indique pas l’allaitement.
  • Le rôle des oligosaccharides du lait humain dans la lutte contre la colonisation par le  streptocoque B.
  • Asthme : Son risque génétique réduit de 27% par l’allaitement maternel.
  • L’allaitement permet de prévenir le diabète.

– Mon coup de gueule (profitez-en, c’est rare 😀 ) :

Les courbes de croissance de l’OMS ont été faites uniquement avec des bébés allaités et bien allaités. Comme la norme alimentaire des bébés humains est d’être allaités, la norme de croissance doit être celle des bébés allaités.
Ainsi, pour s’occuper au mieux des bébés qui ne sont pas allaités, nous devrions tout mettre en oeuvre pour qu’ils puissent suivre ces courbes qui correspondent à des bébés humains ayant un développement harmonieux.
On contribue ainsi à diminuer les risques d’obésité par exemple.
Les auteurs de cet article et les personnes interrogées n’ont absolument rien compris à tout cela et voudraient des courbes françaises car les courbes de l’OMS sont faites avec des bébés allaités !!! Mais ils ne se rendent pas compte qu’avec une telle façon de penser, ils contribuent à détériorer la prise en charge et la santé des bébés qui ne sont pas allaités, en plus de ceux qui sont allaités !

– Des photos :

  • De jolies photos d’allaitement !
  • 27 photos de deux seins pour deux bébés.
  • Faire du Yoga et allaiter ? Mais pas de souci !

– Des vidéos :

Rappel : vous pouvez traduire toutes les publications en anglais grâce à Google et donc les lire à peu près correctement en français !

Bonne lecture ! Et surtout, n’hésitez pas à nous faire partager vos découvertes…

 

Articles en rapport : 

Voir l’onglet Revues de presse.

 

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travailler en horaires irréguliersDe nombreuses femmes travaillent en horaires irréguliers : professionnelles de santé hospitalières, femmes travaillant dans les medias, photographes, musiciennes et toute personne travaillant dans les métiers du spectacle, chauffeurs routiers (oui il y a des femmes aussi dans ce métier), et j’en oublie sûrement…

Pour toutes ces femmes, l’organisation de la vie personnelle est compliquée car il faut trouver une garde irrégulière pour les enfants et que l’on a souvent du mal à planifier.

Pour la poursuite de l’allaitement, est-ce un problème ?

Si vous faites partie des femmes qui souhaitent tirer leur lait, le fait de ne pas avoir d’horaires réguliers n’est pas vraiment un souci : vous tirez votre lait lorsque vous travaillez, quels que soient vos horaires et votre bébé le prend en votre absence. Normalement, pas de souci d’engorgement puisque vous tirez votre lait.

Si vous faites un allaitement mixte avec des biberons de préparation pour nourrisson donnés en votre absence et un allaitement à la demande quand vous êtes avec votre enfant, la situation peut se compliquer un peu.
Soit vous avez la chance d’avoir des seins qui s’adaptent facilement et vous éviterez les engorgements, soit au contraire vos seins s’engorgement au moindre changement de rythme et la reprise du travail risque d’être compliquée. Dans ce dernier cas, je vous suggère de prévoir un petit tire-lait manuel au travail, juste pour soulager les seins si vous les sentez trop tendus, même si vous ne gardez pas ce lait.

En général, lorsque que l’on travaille en horaires décalés, on a droit à des jours de récupération (sauf si vous travaillez à votre compte…). Ces jours de récupération permettent de reprendre un allaitement complet et de relancer la lactation régulièrement, ce qui permet à l’allaitement de se poursuivre sans trop de risques.

Et vous, travaillez-vous en horaires décalés ? Comment l’allaitement se passe t-il pour vous ?

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allaitement et travailJe suis la maman de 2 enfants, dont Léo né en mars 2014, dans des conditions très difficiles, ce qui lui a occasionné un handicap moteur.

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?
Après avoir combattu plusieurs mois pour que Léo apprenne à téter, en ayant utilisé DAL puis bouts de sein, il était hors de question d’arrêter d’allaiter, surtout que Léo refusait toute alimentation autre que le sein. L’allaitement est aussi cet outil miraculeux qui nous a aidé à restaurer le lien malmené par notre séparation à la naissance. Je suis aussi persuadée que le lait maternel avec ses pouvoirs magiques a aidé à réduire l’impact de ses lésions neurologiques.
 
  • Comment vous êtes-vous organisée ?
J’avais un tire-lait et la nounou était « formée » puisqu’elle s’est occupée de ma grande qui a été allaitée jusqu’à 2 ans et demi. J’avais l’énorme chance d’avoir un employeur très coopératif qui m’a permis de prendre des pauses rémunérées et de bénéficier d’un coin pour tirer mon lait et d’un frigo.
  • Quelles ont été vos principales difficultés ?
Si mon premier allaitement a été très simple, celui-ci a été compliqué dès le début. En plus, Léo refusait le biberon et était allergique au lait… Mon stock de lait tiré pour stimuler la lactation a fini au lactarium, 10 litres pour les prématurés. Ensuite, Léo a passé un premier hiver très difficile, et des vomissements quotidiens cumulés à un accompagnement médical peu efficace ont conduit à la mise de Léo sous nutrition artificielle. Plus que jamais, l’allaitement était indispensable afin de permettre à Léo de garder l’habitude de manger par la bouche.
  • Quels ont été vos meilleurs moments ?
Les tétées de retrouvaille le soir et surtout l’aide énorme des tétées pour affronter les séjours à l’hôpital.
 
  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?
Allaiter c’est dur mais magique. Quand l’enfant est handicapé, les tétées sont encore plus essentielles car elles aident l’enfant en le stimulant et le faisant progresser.
 
  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?
J’ai pas mal de regrets de ne pas avoir insisté pour que Léo reçoive mon colustrum en réanimation. Du coup, il n’en a pas reçu mais directement du lait mature. Il n’a malheureusement pas bénéficié de ce concentré d’anticorps. Je regretterai toute ma vie d’avoir accepté la sonde naso-gastrique et d’avoir accepté de gaver de force mon fils. Aujourd’hui,  Léo est incapable de se nourrir et est en sous-poids. Il est toujours sous nutrition artificielle, ce qui implique qu’il n’a aucun plaisir à manger et qu’au quotidien nous devons l’accrocher à une pompe d’alimentation. En France, on met les enfant sous nutrition artificielle, mais rien n’est pensé pour que l’enfant réapprenne à se nourrir. Nous souhaitons plus que jamais que Léo n’ait plus besoin de sa sonde, et nous souhaitons l’emmener en Autriche suivre la méthode NoTube. Ce programme très efficace n’est malheureusement pas financé par la Sécurité Sociale, c’est pour ça que nous avons créé une cagnotte en ligne  et une page Facebook .

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allaitement et travail

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai repris mon travail quand mon bébé avait 3 mois.

Les débuts de l’allaitement ont été difficiles. Pendant 3 jours à la maternité, mon bébé n’a pas su téter et personne ne m’a aidée, on m’a juste sommée de donner des biberons. Depuis, je suis plus motivée et déterminée que jamais à allaiter mon bébé, et à l’allaiter longtemps.

Je voulais continuer l’allaitement exclusif. J’avais peur de manquer de lait si je passais à l’allaitement mixte. J’ai vu beaucoup d’amies arrêter l’allaitement pour cette raison. Je voulais aussi pouvoir allaiter exclusivement pendant les weekends et les vacances, et j’avais peur que ma lactation ait du mal à s’adapter en cas d’allaitement mixte en semaine.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’en ai discuté avec Véronique Darmangeat et j’ai beaucoup lu le site A tire d’Ailes. J’ai décidé de tirer mon lait tous les jours au travail pour le lendemain.

Mon bébé est gardé par une assistante maternelle. Elle a tout de suite été d’accord pour donner à David mon lait tiré, même si elle n’avait jamais fait ça avant. La seule condition était que David accepte le biberon, ce qui était le cas.

J’ai loué le tire-lait Améda Lactaline. D’ailleurs, au bout de 10 mois de location, ils me l’ont vendu pour 20 euros. Je le conseille pour son sac à main pratique, sa glacière et son double pompage doux et efficace. Les point faibles sont la fragilité des valves (à remplacer tous les 3 mois environ) et du transformateur (j’en suis au 3e).

J’ai pris contact avec l’infirmerie de l’Université Paris 6, où je travaille. Ils réservent une salle pour que les femmes qui allaitent puissent tirer leur lait tranquillement. Ils laissent aussi le frigo de l’infirmerie à disposition pour y stocker les biberons de lait. Les infirmières sont adorables.

Concrètement, je passe tirer mon lait entre 2 et 3 fois par jour, selon ma lactation. En cas de lactation très poussive, je tire 4 fois. Chaque tirage prend 25-30 minutes. Le tirage en lui même prend 10 minutes, et j’ai acheté la brassière main libre de Mamanana pour pouvoir travailler en même temps. Le reste du temps est dédié au chauffage du lait pour détruire les lipases, à la vaisselle, puis au remplissage et étiquetage des biberons.

J’avais commencé à faire des réserves de lait congelé avant la reprise. Ça m’a permis de reprendre sans stress. Mais au final, non seulement je n’ai jamais utilisé ces réserves, mais en plus j’ai tout jeté (>3 L !) quand je me suis rendue compte que mon bébé était allergique aux œufs par le biais de mon lait. Maintenant, je garde maximum 500 mL de réserve au congélateur.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

1) L’épuisement à cause des reflux
Mon bébé, depuis sa naissance, a des gros problèmes de reflux internes. C’est d’ailleurs Véronique Darmangeat qui l’a diagnostiqué quand il avait 1 mois, alors que je galérais et qu’aucun médecin ne me prenait au sérieux. A chaque tétée, au bout d’1 minute, il se tordait et hurlait de douleur. Et il était impossible de l’allonger. Il ne dormait que dans mes bras ou l’écharpe de portage. Et il tétait (et tète toujours !) toutes les heures, jour et nuit !
Pendant 3 mois, j’ai essayé en vain le faire dormir incliné dans son lit. J’ai tout essayé, même un magnifique parachute de proclive. J’étais épuisée. Alors à la reprise du travail, j’ai pris une décision radicale : je ne me fatiguerai plus à essayer de l’allonger, il dormira toute la nuit dans l’écharpe. De 3 mois à 7 mois, il a ainsi dormi dans l’écharpe, pendant que je dormais assise contre des coussins. Cette position inconfortable, en plus des tétées toutes les heures et des crises de reflux à gérer, m’a épuisée. Mais c’était un moindre mal par rapport à l’épuisement d’avant cette décision.
A 7 mois, il m’a fait comprendre qu’il se sentait trop à l’étroit pour dormir dans l’écharpe. J’ai donc décidé de l’allonger à côté de moi, sur un gros oreiller pour lui sur-élever le haut du corps. J’ai redécouvert le confort du sommeil allongé. Mais ce sommeil est devenu plus court, puisqu’il faut que j’attende au moins 15 minutes pour le reposer après chaque tétée. Sinon, il se réveille en se tordant au bout de 2 minutes. Ça ne me laisse que 30 minutes de sommeil chaque heure. Parfois, même en attendant la fin de la digestion, je n’arrive pas à le poser, il dort alors dans mes bras. Quand il va bien, il dort aussi dans mes bras, car je m’endors avant de la poser.
Il a maintenant presque 14 mois. Ça va mieux, il arrive parfois à dormir 2 h d’affilée. Mais les nuits restent encore difficiles, avec au moins 7-8 tétées et plusieurs crises de reflux à gérer chaque nuit. Et ça, c’est quand il va bien, je ne parle pas des angines.

2) Les lipases
Avant la reprise, tous les dimanches, j’allais à la piscine. Mon mari gardait mon bébé et lui donnait mon lait tiré au biberon. Du jour au lendemain, vers 2 mois, il a commencé à refuser le biberon, puis à hurler quand on lui proposait. Mon mari a essayé de lui donner au verre, rien à faire. J’ai goûté le lait et il avait mauvais goût. Je me suis alors souvenu de l’article sur les lipases sur le site A tire d’Ailes. J’ai goûté le lait fraîchement tiré, il était délicieux. Au bout de 15 minutes, il était devenu mauvais. J’ai appliqué la méthode anti-lipase : chauffage quelques minutes à 60°. Et là, miracle ! Le lait restait bon, et mon bébé le prenait de nouveau, que ce soit au biberon ou au verre.
Depuis, je chauffe mon lait tout de suite après le tirage. Je verse le lait tiré dans un biberon fin en verre que je plonge au bain-marie dans une bouilloire. Je surveille la température avec un thermomètre de cuisson. Pendant ce temps de chauffage, je nettoie tout le matériel.

3) Les phases de lactation insuffisante
Il y a des jours où je tire moins, sans que je n’ai pu corréler cela à la fatigue ou à aucun autre facteur. Je compense les jours où je tire plus.
Le gros problème de lactation a eu lieu quand j’ai commencé un régime draconien pour éviter tous les allergènes potentiels pour mon bébé. Après 2 semaines de régime, il a commencé à aller nettement mieux et à avoir plus d’appétit. De 200 mL par jour chez la nounou, il est passé à 350 mL ! Ma lactation a mis plusieurs semaines à s’adapter à cette nouvelle consommation. Je me suis gavée de fénugrec pendant cette période.

4) Les problèmes techniques et étourderies
Valves abîmées, valve perdue, biberons ou bouchons de biberons oubliés, pannes de transformateur, piles du thermomètre usées, lait oublié le soir dans le frigo de l’infirmerie… Les problèmes techniques et étourderies sont rares mais très gênants ! A chaque fois, j’y perds une demi-journée de travail. Heureusement, mon travail, flexible, me le permet.

5) Les critiques des pédiatres
Mon bébé a un rythme très atypique. Ses reflux y sont probablement pour quelque chose. Il tète toutes les heures jour et nuit, au sein comme au biberon (chez la nounou). Chez la nounou, il n’a jamais pu avaler des biberons de plus de 50 mL. Les pédiatres trouvent ça très bizarre, eux qui ont appris qu’il fallait espacer les tétées d’au moins 2-3 h et qu’à tel âge, les biberons doivent faire tant de mL. Au début, c’était des recommandations plus ou moins insistantes. Puis vers 2 mois, mon bébé a cassé sa courbe, comme c’est souvent le cas des bébés à reflux. Entre 7 mois et 13 mois, il n’a pris que 100 g. Les recommandations sont devenues de vrais sermons culpabilisants. C’est de ma faute s’il ne grossit pas et s’il a des reflux, c’est parce qu’il tète trop souvent ! Je suis plusieurs fois rentrée déprimée de la PMI, et heureusement que Véronique Darmangeat et des monitrices de La Leche League étaient là pour me consoler. La fréquence des tétées n’est pas la cause des problèmes, c’est au contraire un moyen pour mon bébé de moins souffrir… Puis vers 11 mois, on lui a découvert une grosse anémie. Là, ce n’étais plus seulement le rythme, mais l’allaitement tout court qui était pointé du doigt. On m’a sommée de donner du lait de croissance. Heureusement, depuis, mon bébé est supplémenté en fer et son anémie s’est résorbée sans recours au lait de croissance.
Je pense que je peux écrire un bêtisier avec tout ce que j’ai entendu par les pédiatres sur l’allaitement : « S’il se réveille en hurlant, c’est un problème d’éducation » (quand mon bébé avait 7 jours); « L’allaitement à la demande, c’est bien dans les villages en Afrique, mais c’est incompatible avec notre mode de vie » ; « Le lait maternel, c’est infecte » ; « En tétant si souvent, il ne peut pas connaître les sensations de faim et de satiété » ; « Il fait 5kg, il doit faire ses nuits » ; « Les allergies par le lait maternel, c’est un mythe » ; « A force de téter, il va avoir des problèmes plus tard avec l’oralité ».

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Quand mon bébé est calme et sans reflux, chaque tétée est un moment de bonheur. C’est magique. On se regarde les yeux dans les yeux, on se câline, on se caresse, on papote avec des « Hmm hmm hmm ». Parfois, il sourit ou rit avec mon sein dans la bouche, c’est trop mignon.
Les nuits sont dures, mais ce sont aussi des moments de tendresse. S’il faisait ses nuits, je ne le verrait que 1 h le matin et 2-3 h le soir. Quand je l’entends se réveiller à côté de moi, je le prends dans les bras à moitié endormie, sans m’en rendre compte, instinctivement. Je le serre contre moi, il cherche le sein dans le noir et se met à téter, les yeux fermés. Ça aussi c’est magique.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Continuer l’allaitement exclusif en travaillant, c’est faisable et ça vaut la peine d’essayer.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Je referais exactement le même choix. Mais si c’était à refaire, je me serais mieux renseignée sur l’allaitement avant l’accouchement, ça m’aurait épargné bien du stress, des ennuis, des mauvais conseils de médecins et des coups de déprime. J’aurais aussi pratiqué le co-dodo dès le départ.
Aujourd’hui, mon bébé a bientôt 14 mois, je souhaite continuer à l’allaiter en travaillant aussi longtemps qu’il le désire.

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Suisse

  • Dans quel pays travaillez vous ? Connaissez vous la législation locale en matière de congés maternité, congés allaitement, pauses d’allaitement ?

Je travaille en Suisse, et j’ai pu continuer à allaiter ma petite fille.
J’ai repris le travail à ses 16 semaines, selon le congé maternité suisse.

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Cela me tenait à coeur de continuer à l’allaiter pour 2 raisons : j’avais mal vécu le sevrage forcé de son frère, 3 ans auparavant, et parce que ma puce est allergique aux protéines de lait de vache.
Après avoir informé ma supérieure hiérarchique, j’ai pu rencontrer, avant ma reprise, ma RH qui m’a largement encouragée à continuer l’allaitement.
Elle m’a expliqué mes droits : pour une journée de plus de 8h travaillées, j’avais le droit à 1h30 de pause pour tirer mon lait, pris sur mon temps de travail. Je pouvais avoir la possibilité de rentrer à la maison pour allaiter directement ma puce, mais j’habite trop loin de mon lieu de travail.
On a cherché quel endroit serait  idéal pour que je puisse tirer mon lait sans risquer d’être dérangée. Elle m’a alors confié qu’il y a 4 ans en arrière, elle tirait son lait aux toilettes.
Elle m’a proposé plusieurs solutions : l’infirmerie de l’entreprise….mais trop de risques d’être dérangée. Une pièce qui puisse être fermée à clefs…mais problème : tous les cadres de l’entreprise ont le pass des salles, donc si l’un décide d’entrer dans une salle, il peut le faire. Dernière solution, les toilettes. Celles qui sont le moins occupées, les plus « accueillantes « , et avec un lavabo pour pouvoir faire ma vaisselle. J’ai fini par choisir cette option, même si au départ je trouvais ça très glauque !

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Ensuite, c’était à moi de m’organiser, en fonction de mes horaires de travail et des tétées de ma puce.
Je n’avais finalement besoin que de 2 ×30 minutes pour tirer convenablement mon lait.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Parfois, en fonction du stress provoqué par mon travail, je tirais beaucoup moins de lait que les jours ou j’étais détendue !
Au bout de 3 mois de tirage au travail, j’ai fini par me sentir épuisée de devoir organiser les biberons du lendemain, faire la vaisselle de tout le tire-lait. .. cela me prenait plus de temps que je ne l’avais imaginé.
J’ai pris la décision d’arrêter de tirer mon lait au travail, alors que ma puce avait 7 mois. On a préservé 2 tétées à la maison, puis 1 jusqu’à ce que je n’ai plus de lait.
J’aurai allaité ma fille jusqu’à ses 8 mois, pour mon plus grand bonheur !
Parfois cela me manque…mais je sais que je lui ai donné le meilleur et que ça lui aura été bénéfique : elle est beaucoup moins malade que son grand frère !

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Si c’était à refaire, je le referais sans hésiter ! Je suis plutôt fière de dire que j’ai pu continuer à allaiter en reprenant le travail ! Ça surprend la plupart des personnes !

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