Aujourd’hui, je vous livre de le témoignage de Perrine qui est assistante maternelle et a trois enfants.
  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

En fait, je n’ai pas eu de choix à faire car je n’ai jamais pensé à arrêter ! Je ne me suis même pas posée la question. Si mon bébé avait été le bébé de quelqu’un d’autre, il aurait aussi fallu que je prenne tout autant de temps pour m’en occuper, pour le nourrir, le consoler, l’endormir… alors pourquoi arrêter si l’allaitement comble largement tous ces besoins ? Et mon enfant prenant une place dans mon agrément, il a tout autant de droit qu’un autre à ce que je m’occupe de lui et réponde à ses besoins.

L’allaitement est naturel pour moi, c’est ancré en moi, impossible d’y renoncer d’autant plus que j’ai la chance d’être avec mon bébé tout le temps !

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Pas vraiment d’organisation puisque soigner, éveiller, répondre aux besoins des bébés est mon métier. Mon bébé aurait été nourri au biberon, ça aurait été la même gestion. Pendant les tétées, je fais en sorte que la petite que j’accueille (deux ans) joue près de moi, tout en ayant au préalable vérifié qu’il n’y ait pas de potentiel danger (ex: un crayon par terre sur lequel elle pourrait glisser) et afin que je sois détendue au mieux durant la tétée. Quand mon bébé veut s’endormir au sein, on se pose sur le canapé et on raconte une histoire, on parle ou alors elle me demande pourquoi bébé boit son lait (je lui ai expliqué) bref c’est notre petit moment de conversation calme. J’ai la chance d’avoir un bébé qu’on peut déclipser du sein et poser sans qu’il ne se réveille alors une fois bien endormi, je vais le poser dans son lit.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

J’appréhendais la reprise du travail car c’est une petite fille que j’ai depuis qu’elle est tout bébé et elle est assez speed donc peur qu’elle chute et se blesse pendant que je donne une tétée. En plus, deux ans, l’âge de l’opposition… Lorsque je l’ai retrouvée, elle venait tout juste d’acquérir la propreté donc des va-et-vient aux wc toutes les vingt minutes… J’avais peur que ça se passe mal à cause de ça mais en fin de compte, ça se passe bien.

Après c’est sûr que s’occuper d’enfants demande beaucoup d’énergie, d’organisation, en plus des allers-retours à l’école pour amener mes deux grands… la journée passe vite !

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Le plus émouvant, c’est le premier jour, lorsqu’elle est revenue chez moi après mon congé maternité, mon bébé a voulu téter alors je me suis posée dans mon canapé et j’ai placé mon bébé au sein. Intriguée, la petite s’est approchée de moi, a pointé mon bébé du doigt en me demandant ce que mon bébé était en train de faire. Je pense qu’elle avait bien vu que mon fils faisait autre chose qu’un câlin alors s’est approchée un peu plus, s’est penchée et elle demandait à nouveau ce que faisait mon bébé. Je lui ai alors expliqué qu’il buvait son lait. Elle s’est mise à sourire, attendrie et sans doute émue de la scène, elle a posé sa petite main sur la tête de mon fils, comme pour ajouter de la douceur d’elle aussi.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Mon métier me permet d’allaiter facilement mon bébé dans le sens où je n’ai pas à tirer puisque mon fils peut venir le tirer à la source de lui-même. Mais j’aimerais quand même dire que le sevrage, lorsqu’on reprend le travail, n’est pas une fatalité et que c’est tout à fait possible de poursuivre l’allaitement. J’ai une maman, dont j’ai accueilli l’enfant, qui avait des horaires décalés et pourtant elle a poursuivi son allaitement jusqu’à douze mois. Alors que son entourage lui disait que ce n’était plus la peine d’allaiter, je l’ai encouragée à poursuivre (et quelque part, ça nous a rapprochées encore plus…)

Le lait maternel est un don précieux et les tétées-retrouvailles sont tellement plus intenses qu’il serait dommage de passer à côté de ça !

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Oui, bien sûr ! C’est d’ailleurs déjà la troisième fois. Ce que je changerais ? Rien car ça me convient très bien comme ça… et à bébé aussi ! Un néné tout bon, tout frais, n’importe où, n’importe quand, alors que maman travaille, que demander de plus…?

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J’avais très envie de vous livrer mon témoignage car je suis fière de mener mon projet d’allaitement comme je le souhaitais et j’espère pouvoir continuer…

Pour que vous compreniez un peu mieux mon témoignage, je voulais vous préciser que je suis gynécologue-obstétricienne dans une grande maternité (5500 accouchements) ; je travaille au moins cinq jours par semaine avec des horaires de 9 à 10 h par jour et une garde de 24 h par semaine suivie d’un repos de 24 h.

Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai repris le travail alors que mon fils avait deux mois et demi. J’avais envie de poursuivre mon allaitement maternel exclusif en me disant « on verra bien combien de temps j’y arrive » (et je me le dit encore). Je pense que le lait maternel est le meilleur des aliments pour mon bébé. Et puis je ne me voyais pas déjà le sevrer (et je ne me vois toujours pas).

Comment vous êtes-vous organisée ?

Mon bébé est à la crèche dans la journée et avec son papa en fin d’après-midi (il finit plus tôt que moi). Je tire mon lait : un sein le matin en lui donnant l’autre, sur mon lieu de travail une fois le midi et un sein le soir comme le matin. Parfois je refais un petit coup de tire-lait vers 22 h si mon bébé est couché tôt (20 h). J’avais fait une réserve de lait congelé puisque j’avais commencé à tirer mon lait un mois avant de reprendre le travail et que j’avais donc… 9 litres de lait au congel. Ça me rassurait de savoir que si ma lactation s’arrêtait d’un coup à cause du stress du travail, je pouvais faire un sevrage en douceur.

Quelles ont été vos principales difficultés ?

Les principales difficultés que je rencontre sont :

1- pouvoir tirer mon lait à heure fixe le midi

2- arriver à tirer mon lait régulièrement lors de mes gardes

3- SURTOUT relancer/maintenir ma lactation le lendemain de garde avec la fatigue

Quels ont été vos meilleurs moments ?

Les meilleurs moments sont :

1- le matin quand mon petit loulou me sourit et me regarde comme s’il avait envie de me manger « en entier » car il sait que je vais lui donner le sein.

2 – des petits moments de victoire comme après un déplacement de deux jours à 600 km de chez moi avec mon tire-lait et qu’en revenant tout marche encore ! J’ai encore du lait !

Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Faites-le si vous avez envie d’allaiter; ça vaut tout l’or du monde ! Et oui c’est possible même avec un métier à horaires non fixes avec urgences gardes et stress ! Et c’est le message que je fais passer à mes patientes.

Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Oui. Rien.

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allaitement et assistante maternelleJe suis très heureuse de pouvoir vous proposer le témoignage d’Anne. Elle est assistante maternelle et a accepté de répondre à mes questions sur l’accueil d’un bébé allaité.

  • Bonjour Anne, vous êtes assistante maternelle, avez-vous déjà gardé des bébés allaités ? Comment cela s’est-il passé ?

Je suis assistante maternelle depuis quatre ans. J’ai gardé trois enfants et fait un remplacement.
Deux de ces enfants ont été allaités plus d’un an pour un et deux ans pour l’autre.

Pour les repas chez moi, cela s’est très bien passé.

  • Avez-vous déjà gardé des bébés sevrés pour la reprise du travail ? Était-ce plus facile pour le bébé ?

Non, je n’ai pas gardé de bébés sevrés pour la reprise du travail.

  • Quels conseils donneriez-vous aux mamans pour mieux communiquer avec leur assistante maternelle ?

Je conseillerai de garder un rapport professionnel, de se vouvoyer par exemple.
Éliminer tout de suite les problèmes classiques et parasites qui peuvent survenir à propos des horaires, du salaire, date des congés, des heures supplémentaires…etc en mettant tout au clair dans le contrat. Et respectez les horaires.

Il faut parler des problèmes dès qu’ils se présentent et de ne pas hésiter à se voir sans la présence des enfants pour avoir une discussion dans le calme.
Si vous la sentez réticente sur un sujet, c’est peut-être qu’elle ne le connait pas. Parlez-en avec elle. Vous pouvez même lui proposer de la documentation.
Il faut aussi prendre en compte que l’assistante maternelle accueille d’autres enfants dont les parents auront d’autres principes d’éducations.

Si vous êtes contente de son travail, n’hésitez pas à lui dire. C’est un travail qui manque de reconnaissance (heureusement on a le sourire des enfants).

  • Quels conseils donneriez-vous aux assistantes maternelles pour garder un bébé allaité ?

Gardez un peu de lait dans votre congélateur. C’est pratique en cas de souci.
Demandez aux parents de bien noter le jour sur le récipient de lait maternel.

Les habitudes et les quantités ne sont pas les mêmes qu’avec un bébé au lait artificiel, il ne faut pas comparer les deux. Pensez à d’autres systèmes que le biberon si l’enfant le refuse, comme la tasse à bec pour les plus de six mois.

Je trouve que c’est beaucoup plus simple de donner du lait maternel que du lait artificiel épaissi qui fait des grumeaux…

Merci beaucoup Anne pour ce témoignage sur allaitement et assistante maternelle !

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J’ai repris le travail, chez moi, début septembre. En plus de Morgan, je garde un petit garçon de dix-huit mois et deux filles de quatre ans après l’école.

Pour moi, la question du sevrage ne s’était pas du tout posée ! Mais malgré tout, je dois parfois jongler entre essayer de donner une tétée tranquille qui tombe avant la sieste, et un petit de dix-huit mois qui lui a déjà dormi, est en pleine forme et pas forcément calme !

J’ai quand même la chance d’avoir un bébé qui est imperturbable face au Lolo de sa maman!

Mon meilleur moment, c’est au début quand les filles me regardaient, intriguées ! « Mais il fait quoi ? Et bien il boit le lait ! Et ça a le goût du cacao ? Et si tu manges des épinards ton lait il est vert ? »

J’ai adoré leur expliquer, leur transmettre cette manière de faire, me dire que de voir ça, pour ces petits bouts c’est naturel ! Et maintenant, au milieu d’un jeu, il arrive que Morgan réclame, je le mets au sein et les enfants n’y prêtent plus attention… Et je me dit que c’est une petite victoire !

Quel bonheur pour moi, car avec Louane, j’ai repris le boulot elle avait dix mois et a l’époque je travaillais dans le commerce. A trente kilomètres de la maison ! Je devais tirer mon lait la journée dans des conditions exécrables je perdais trente minutes à tout désinfecter ! (un bout de tabouret à côté des toilettes, hyper glauque !)

Je rentrais épuisée ! Et la nuit Louane réclamait encore de temps en temps je n’arrivais plus à la satisfaire… J’ai tenu presque deux mois comme ça à pleurer en donnant la tétée parce que ma Loulou s’énervait à tirer longtemps et que rien n’arrivait ! Et à me dire que cette aventure était finie… Mon sevrage avec ma fille a été brutal et douloureux… J’ai mis beaucoup de temps à en faire le deuil.

Voilà , c’est à peu près tout à part dire que je mesure la chance que j’ai de pouvoir dire que j’ai toutes les cartes en main pour allaiter le plus longtemps possible tout en travaillant sereinement !

Surtout à toutes celles qui reprennent le boulot, soyez encore plus soutenue et entourée pour continuer à allaiter, informez vous aussi sur vos droits, car oui nous en avons, nous, allaitantes !

Nadège 29 ans, assistante maternelle. Maman de Louane 4 ans et du petit Morgan 4 mois.

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J’ai un petit garçon de treize mois. J’ai voulu l’allaiter parce que pour moi c’etait « normal », que mon corps y avait été « préparé » avec la grossesse et que c’était la suite logique de l’accouchement. Grâce à ce blog et à la Leche League, j’ai eu assez d’informations qui m’ont aidées les premiers mois. Du coup je n’ai pas rencontré de soucis particulier. Il a été nourri jusque ses cinq mois exclusivement au lait maternel, date à laquelle il a commencé la diversification. J’ai eu la chance de pouvoir retarder la reprise du travail jusqu’à ses sept mois. Et pendant toute cette période je lui ai donné mon lait « à la source » ainsi que quelques biberons de mon lait lorsque je devais m’absenter, à partir d’un mois et demi (pour éviter une éventuelle confusion sein/tétine).

La nounou n’étant pas franchement enthousiaste à l’idée de devoir donner du lait maternel, quinze jours avant la reprise du travail (mon bébé avait six mois et demi) j’ai voulu commencé à le sevrer avec du lait deuxième âge acheté dans le commerce et là … Le hic. On a découvert une intolérance à la protéine de lait de vache.

Quinze jours plus tard, le moment de la reprise était là et l’allergologue n’ayant pas encore les résultats d’analyse qui lui permettraient de prescrire le lait en poudre adapté, je suis partie avec une idée en tête : continuer à lui donner mon lait. En plus cela ne posait pas de problème avec le mode de garde, puisque c’est ma famille qui a gardé mon petit garçon pendant les trois premiers mois de la reprise du travail.
Au final pendant ces trois mois ma famille n’a eu aucune difficulté à donner les biberons de lait maternel (tiré la veille au travail à l’infirmerie – merci le tire-lait Ameda double pompage en location avec le sac à dos de transport et la glacière !- ), et j’ai juste donné quelques recommandations sur la conservation du lait maternel ainsi que quelques réserves congelées pour faire face à un éventuel besoin de lait supplémentaire.
J’en profite pour signaler que prendre trente minutes sur une journée de travail pour aller au calme tirer son lait en pensant à son bout de chou et en fermant les yeux…ça fait du bien ! C’est un moment de pause appréciable lorsqu’on reprend le travail avec le rythme soutenu que cela suppose et avec la fatigue associée !

Passés ces trois mois, dix jours avant de confier mon bébé à l’assistance maternelle nous avons introduit les biberons de lait en poudre adapté à l’allergie. Devant cette nouvelle mixture, mon garçon alors âgé de dix mois a refusé net de boire ce lait à cause de son goût particulier. Nous avons du ruser en y ajoutant un peu de cacao les premiers jours puis nous en avons diminué la dose jusqu’à ne plus en ajouter du tout. Et à l’heure actuelle notre garçon reste sur ce régime :
tétée le matin au sein, repas solide et biberons de lait en poudre dans la journée, puis repas solide le soir et tétée de retrouvailles avant le coucher (je rentre assez tard le soir) !

Il est donc à l’âge de treize mois encore en allaitement mixte, et a priori le temps n’est pas encore venu pour nous d’arrêter les tétées pour notre plus grand bonheur… à tous les deux !

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Qu’est-ce qui vous a motivée pour poursuivre l’allaitement au-delà de la reprise du travail ?

En fait, je n’avais même pas idée que je pouvais être capable de tirer mon lait et de poursuivre l’allaitement malgré la fin du congé de maternité et la reprise du travail ! Lorsque l’on me posait la fatidique question « Quand vas-tu arrêter de l’allaiter ? », je répondais que j’avais l’intention de l’allaiter exclusivement jusqu’à l’entrée en crèche, c’est-à -dire jusqu’à ses cinq mois et demi. Il me semblait évident que je n’aurais d’autre choix avec un tel mode de garde que de donner des biberons de lait infantile à ma fille lorsqu’elle serait gardée à la crèche en journée. L’objectif que je m’étais fixé, d’allaiter ma fille jusqu’à ses six mois, était presque atteint. Malgré tout, je n’avais pas le cÅ“ur à la sevrer. Le sevrage, la séparation, la reprise du travail cela faisait déjà beaucoup trop de choses pour moi, alors comment était-il possible que ce ne soit qu’une formalité pour mon bébé ?

J’eus la chance de faire deux rencontres déterminantes : la médecin de la PMI où est suivie ma fille et la Directrice de la crèche où elle allait être gardée. Toutes les deux m’avaient demandé comment serait nourrie ma fille en mon absence. Lorsque je leur ai dit que j’avais l’intention de donner du lait infantile en journée et que je souhaitais très fort maintenir l’allaitement le matin et le soir, elles m’ont encouragée à tirer mon lait pour le déposer en même temps que ma fille à la crèche le matin. Je n’ai donc pas hésité une seconde ! Ma fille a aujourd’hui quinze mois, elle est toujours allaitée en complément de son alimentation largement diversifiée. Jamais je n’aurais imaginé poursuivre l’allaitement aussi loin et jamais je ne remercierai assez ces deux femmes de m’avoir présenté l’idée d’allaiter au-delà de la reprise du travail avec autant de naturel. Et surtout, en dépit de toutes les idées reçues véhiculées dans notre société au sujet des contraintes qu’engendrerait l’allaitement !

Comment vous êtes-vous organisée ?

Pour poursuivre mon allaitement, il a fallu que j’aménage ma reprise du travail. En fait, à l’issue du congé de maternité, j’ai demandé à mon entreprise un congé d’un an qui m’a permis d’exercer une activité en tant qu’indépendante avec la possibilité de retrouver mon poste. Ma fille était gardée en crèche la journée et je travaillais à domicile, ce qui me permettait de tirer mon lait (trois fois par jour les premières semaines puis deux et enfin une seule fois par jour par la suite). Cet aménagement d’un an m’a aussi permis de poursuivre l’allaitement d’autant. Sans cela, mon travail se trouvant à plus de deux heures quotidiennes de transport en commun de mon domicile et mon bureau étant en open-space, je pense que la fatigue et le stress auraient eu raison de ma lactation bien plus tôt. Je vais reprendre mon poste lorsque ma fille aura seize mois et demi, et j’aimerais qu’elle se sèvre progressivement et naturellement. À plus de quinze mois, nous avons passé un cap. J’envisage petit à petit le sevrage avec sérénité parce que j’ai le sentiment d’avoir pu vivre les choses comme je l’entendais. Je tire un véritable accomplissement de cette expérience d’allaitement.

Quelles ont été vos principales difficultés ?

Durant mes six premiers mois d’allaitement, de petits caillots de lait me provoquaient régulièrement des engorgements. Avant que je ne comprenne comment résoudre le problème simplement, cela a été douloureux. Le problème a aujourd’hui quasiment disparu comme il est venu.

J’ai aussi fait trois mastites avec fièvre et pour lesquelles seuls les antibiotiques ont permis de me soulager rapidement.

Pour préparer l’entrée de ma fille en crèche, j’avais constitué des réserves de lait maternel au congélateur. J’ai découvert avec stupéfaction quelques semaines plus tard que mon lait prenait une odeur de lait rance lors de la décongélation et ma fille refusait de le boire. On m’a expliqué par la suite que ce problème était dû à la concentration d’une enzyme appelée lipase, plus importante chez certaines mamans que d’autres. Pour éviter cela, il suffit de chauffer à 50-60°C le lait tout juste tiré dans une casserole. Cela a quelque peu alourdi mon organisation puisque j’ai beaucoup utilisé la congélation pour conserver mon lait.

Quels ont été vos meilleurs moments ?

Bien évidemment, les tétées de retrouvailles restent des moments particulièrement tendres et agréables. Certaines tétées pendant des siestes ou de nuit demeurent inoubliables. D’autres tétées laissent d’impérissables souvenirs parce qu’elles ont lieu à des moments ou à des endroits où l’on ne se serait jamais imaginé allaiter auparavant (en travaillant, devant mon ordinateur, par exemple !). Ce que je qualifierais de « meilleurs moments » sont ces moments où je me suis sentie comme frappée par la grâce, alors que je ne m’y attendais pas, parfois au beau milieu du quotidien C’est là , la magie de l’allaitement et ce qui le rend irremplaçable !

Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Moi-même, je ne savais pas que tout cela était possible. Je mesure au temps qu’il m’a fallu pour m’affranchir moi-même de toutes les fausses idées reçues au sujet de l’allaitement combien certains préjugés sont profondément ancrés dans notre société ! Au début de l’allaitement, je n’imaginais pas allaiter au-delà de six mois. Après six mois, j’ai repoussé le cap à un an, et ce n’est que depuis que nous avons passé le cap de la première année que je m’autorise à parler de sevrage naturel. Quand je regarde d’où je suis partie, je me dis que nous avons parcouru un sacré bout de chemin et rien n’aurait été possible si je n’avais pas été soutenue et épaulée par mon mari dans cette démarche. C’est une aventure que nous menons tous les trois et je crois pouvoir dire que toute la famille en tire bénéfice. En définitive, si l’on m’avait dit, même encore au stade de la grossesse, que j’envisagerais un jour le sevrage naturel pour mon enfant, j’aurais trouvé cela aussi invraisemblable que marginal ! Il est donc important de pouvoir faire un choix en connaissance de cause et je suis dorénavant persuadée que trop de mamans passent à côté de l’allaitement faute d’informations et de soutien, s’en tenant aux préjugés trompeurs de notre société. La première difficulté, dans tout cela, c’est finalement de faire son choix dans un contexte encore trop souvent hostile à l’allaitement. Il faut aussi savoir que les personnes défavorables à l’allaitement sont bien souvent des gens qui le méconnaissent et qu’une personne qui connaît bien l’allaitement y est rarement hostile. Il est donc important de frapper aux bonnes portes pour faire son choix !

Ce serait à refaire, referiez-vous le même choix ? Que changeriez-vous ?

Je referais, bien sûr, le même choix ! Il m’a toutefois fallu du temps pour trouver les bons soutiens (La Leche League, le blog A tire d’ailes notamment). En m’adressant aux personnes compétentes dès le départ, certaines des petites difficultés que j’ai rencontrées au cours de ces quinze mois d’allaitement auraient été réglées bien plus vite. J’essaierais aussi d’être moins stressée. J’ai toujours eu peur de manquer de lait et je n’ai jamais vraiment cessé de tirer mon lait au moins une fois par jour en l’absence de ma fille, même encore aujourd’hui alors qu’elle a quinze mois ! Je ne me sens tranquille qu’avec un tiroir de congélateur plein ! Il faut dire que ma fille boit encore 200 à 300 ml de lait maternel par jour lorsqu’elle est à la crèche, en plus de laitages et de la diversification alimentaire. Je pense que si c’était à refaire, j’essaierais de lâcher un peu de leste de ce côté-là et au besoin, passé un an, j’essaierais de remplacer les biberons de lait maternel de la journée par des laitages solides, surtout s’il n’y a pas d’allergie au lait de vache. J’espère que cette première expérience m’aidera à aborder les choses plus sereinement si j’ai un jour un deuxième enfant !

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