Alice est née le 28 mai. Mon mari et moi souhaitions qu’elle soit allaitée. Nous ne nous étions que peu renseignés pendant la grossesse sur l’allaitement mais étions vraiment motivés. Ma seule crainte était que « ça ne marche pas » et que je ne sache pas gérer ma déception.
Après sa naissance nous avons été un peu esseulés car la maternité était surchargée. J’ai essayé de mettre Alice au sein pour une tétée d’accueil mais ne savais pas bien comment m’y prendre. Une sage femme me l’a finalement mise au sein 3h après sa naissance.

Ensuite, durant les premiers jours, j’ai connu quelques difficultés pour bien la mettre. Les sage-femmes étaient débordées et passaient en coup de vent, essayant de m’aider comme elles le pouvaient. Finalement, le 3è jour, une sage-femme m’a remontré bien calmement et est restée plusieurs minutes pendant la tétée, j’ai fini par prendre confiance, bien comprendre comment faire et mieux m’y prendre. En parallèle, j’ai aussi ressenti une grande pression de la part du personnel médical: si tu veux que ton allaitement marche il faut lui donner très souvent pendant les premières semaines (toutes les 2-3h), y compris la nuit et il faut la réveiller pour lui donner, « merci de mettre votre réveil à sonner ». Cela m’a non seulement épuisée mais complètement stressée.
De retour à la maison nous avons continué avec ce rythme effréné. Le problème c’est que notre bébé pleurait beaucoup et avait beaucoup de mal à se rendormir. Quand elle finissait par dormir c’était déjà presque l’heure de la réveiller pour la tétée suivante! Au bout d’une semaine environ elle avait repris son poids de naissance et pour notre survie nous avons décidé d’allonger les périodes de sommeil la nuit. Si elle dormait 4 ou 5h alors nous aussi!
Dès le 3è jour d’Alice j’avais ressenti des douleurs à un téton mais les sage-femmes disaient qu’il n’y avait pas de crevasse et rien de visible, que ça passerait. Plus le temps passait et plus j’avais mal, y compris au deuxième. Les débuts de tétée devenaient vraiment difficiles. J’en ai parlé à la sage-femme qui venait à domicile. Elle a hésité entre une infection ou une candidose et m’a traitée pour les deux: crème antibiotique, crème antifongique sur les tétons et huile de coco dans la bouche de bébé après chaque tétée. Alice n’avait pas de muguet (et n’en a jamais eu). Les symptômes ont un peu régressé mais revenaient. Nous avons donc attaqué le deuxième traitement quans Alice a eu 3 semaines: la gentiane violette. Que ce fut difficile pour moi de voir mon bébé avec le tour de la bouche tout violet, comme un petit clown. Comme je culpabilisais de lui infliger ça! J’interdisais à tout le monde de prendre des photos. De nouveau les symptômes ont été très attenués mais sont revenus en puissance. Finalement, j’ai pris un troisième traitement: antifongique oral. Là les symptômes sont passés. Et revenus 2 semaines plus tard… J’en ai parlé à ma gynécologue qui m’a dit que je portais surement le champignon sur moi en permanence et que je ne pourrai pas l’éradiquer. Elle m’a prescrit plusieurs cures d’antifongique oral et m’a dit d’en prendre quand les symptômes étaient trop forts. D’apprendre que je pouvais arrêter de lutter, que je ne pourrai pas gagner, m’a beaucoup aidée psychologiquement. J’ai même eu un répit de plusieurs semaines. Après quelques cures, les comprimés ne m’ont plus fait d’effet, je pense que j’ai développé une résistance. Par contre, j’ai appris à maîtriser la douleur et le champignon: cure intensive de tisane de gingembre, huile de coco sur les seins et sommeil encouragé (en épisode douloureux je ne me lève plus la nuit, c’est mon mari qui gère tout et m’amène le bébé dans le lit si besoin de tétée), si douleur insupportable je tire mon lait et ne donne plus le sein pendant 24h. C’est mon remède et c’est ce qui marche le mieux pour moi et m’a permis de continuer l’allaitement malgré cette candidose chronique.
J’ai voulu continuer à allaiter en reprenant le travail. J’ai repris quand Alice a eu 4 mois. La crèche acceptait de donner du lait maternel. Nous avons décidé d’introduire les purées de légumes à ses 4 mois : elle a beaucoup souffert de coliques et de reflux, on espérait que le solide l’aide et cela me permettait aussi d’avoir moins de lait à apporter à la crèche et ça me rassurait. Mon entreprise encourage l’allaitement en offrant l’accès à une salle pour tirer son lait : fauteuil confortable, réfrigérateur, magazines, évier, calendrier de réservation etc. Ce fut un fiasco total pour moi: 7 minutes de marche pour aller à la salle, 50 minutes pour tirer une quantité plutôt faible de lait… J’étais hyper stressée et même si j’avais le droit de prendre jusqu’à 2h par jour pour le faire ça ne me convenait pas et je culpabilisais. J’ai ensuite trouvé la solution qu’il me fallait : trouvé la clé de mon bureau, tiré tout en travaillant (pas de culpabilité=pas de stress=production en très nette hausse), stocké mon lait dans des pots opaques dans le frigo commun du groupe et fait tout le nettoyage aux toilettes. Je tirais 2 fois par jour.
Je l’ai fait jusqu’aux 7 mois d’Alice où nous avons profité d’une semaine de vacances pour introduire un deuxième repas solide dans la journée. Dès lors je n’ai plus eu besoin de fournir de lait à la crèche et ai arrêté de tirer mon lait au travail (ce qui m’a quand même bien soulagée). Je me disais que si la lactation s’arrêtait ce n’était pas grave, que j’avais déjà fait 7 mois et j’en étais heureuse.
Finalement ma lactation a continué et nous avons toujours une tétée matin et soir. Parfois j’ai l’impression que j’ai moins de lait et qu’elle a toujours faim, nous complétons donc, soit par un biberon de lait maternel (il reste encore un peu de stock au congel), soit par du lait en poudre. Quand les épisodes de candidose sont trop fréquents ou douloureux il m’arrive de penser que nous allons nous sevrer prochainement mais pour l’instant Alice a 10 mois et nous profitons de chaque jour l’un après l’autre.
Ce que je retiens en vrac :
  • Il faut une motivation vraiment forte pour un allaitement réussi.
  • Mon mari a été d’un soutien inconditionnel et fondamental. Quand autour de moi tout le monde me conseillait d’arrêter car j’étais épuisée ou que j’avais très mal, il m’a toujours soutenue et encouragée. Il a toujours été le seul à comprendre qu’arrêter me ferait plus de mal psychologiquement que de bien physiquement. Je lui en serai reconnaissante pour toujours.
  • Je suis d’un caractère tempéré et n’aime pas les affirmations extrémistes ou jugement sur le choix des autres, par crainte de cela je ne me suis pas rapprochée de forum ou associations pour aider à l’allaitement et ce fut une erreur. J’ai écrit un mail une fois à la leche league et la réponse que j’ai reçue m’a beaucoup aidée et m’a fait sentir « normale ». Je pense qu’il suffit de rencontrer les bonnes personnes et que l’aide que l’on peut recevoir est vraiment bénéfique.
  • Pendant mon congé maternité tous les matins c’est mon mari qui donnait le premier biberon (vers 6h). Ca me permettait de dormir une heure de plus (sommeil de plomb sans guetter les petits bruits de bébé) puis de tirer mon lait (qui serait donné le lendemain matin) et de les retrouver tous les deux qui venaient de passer un moment privilégié ensemble. Ce mode de fonctionnement m’a été d’une grande d’aide.
  • En dehors de la candidose j’ai eu des conditions idéales d’allaitement, tout a toujours très bien marché et je connais ma chance.
  • Alice n’a jamais posé de problème pour prendre le biberon (tétine calma de medela pour les 3-4 premiers mois et le biberon du matin avec papa), ni ensuite pour les repas soit au biberon soit au sein, avec du lait maternel ou en poudre… tout passe!
  • Si c’était à refaire : je le referai 🙂

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allaitement jumeauxJ’ai 28 ans et j’ai l’immense bonheur d’être maman allaitante de deux petites filles, Adèle et Ambre. Elles sont nées par voies basses après déclenchement 3 semaines avant terme, pesaient 2kg850 et 2kg630 et étaient en parfaite santé.

Depuis « toujours » la question ne se posait pas : j’allaiterai !
Enceinte, j’étais déterminée et je me suis beaucoup documentée sur internet. La seule chose qui me hantait c’était la réussite de l’allaitement et plus j’avais de connaissances sur ses bienfaits plus je me disais qu’il était impossible qu’il en soit autrement.
Évidemment on trouve moins d’informations pour l’allaitement de deux enfants mais le peu que j’ai trouvé était rassurant : c’est possible !! Et puis je faisais confiance à mon instinct et ma détermination… Je m’étais fixée pour objectif 6 mois exclusifs.

Le Papa était de tout cœur avec moi et mes choix, j’ai voulu qu’il assiste au cours de préparation à l’accouchement sur l’allaitement pour être autant informé que moi car je redoutais les moments durs et je voulais qu’il m’aide et me soutienne.

En salle d’accouchement nous avons pratiqué une petite tétée d’accueil. Les premiers jours elles dormaient beaucoup, ont eu un ictère physiologique ce qui n’a pas aidé car ça les fatiguait. Le papa et moi les stimulions lors des tétées en changeant leurs couches avant, en les découvrant, en les titillant pendant…
Lors du 2ème jour, l’équipe médicale m’a un peu fait paniquer par rapport à la perte de poids de mes filles car elles avaient perdu 10% comme tous les bébés mais pour elles, petits poids, ça faisait beaucoup. Alors ils ont voulu que je leur donne des compléments après les tétées, au biberon… quelle horreur pour moi ! Alors j’ai mis les bouchées doubles !! Je prélevais manuellement mon colostrum pendant 45 min pour 10ml que je mettais dans une seringue pour le leur donner. Je pouvais le garder 4h en chambre.
Et j’ai fini par donner, sous la pression des soignants, du lait artificiel. Je craignais la confusion sein/tétine. Au début nous avons donné goutte par goutte à la seringue puis un ou deux biberons de 5/10ml. Ça n’a duré que quelques heures… j’ai vite dit qu’elles ne voulaient pas du lait artificiel alors que je n’essayais même pas car je savais que le poids allait remonter et c’est ce qu’il s’est passé.
Mais cette peur de la prise de poids et du « il faut qu’elles tètent, qu’elles tètent !! » m’est restée de longues semaines. J’étais obnubilée par l’allaitement. J’avais même beaucoup de mal à me concentrer sur autre chose, à faire à manger tout simplement. J’étais toujours sur le qui-vive et il fallait que je sois à 100% disponible pour mes filles à la seconde où elles réclamaient.

Nous leur avons donné les tétines à une semaine, après avoir passé de long moment à la maternité, la nuit, debout entre les deux berceaux avec les petits doigts dans la bouche pour calmer leur besoin de succion. Il y a eu une confusion… Au début de la tétée, elles tétaient mon sein comme leur tétine.
De plus, à cause de l’utilisation de la ventouse lors de l’accouchement, Adèle avait la mâchoire qui n’était pas symétrique ce qui compliquait la tétée et me faisait un peu mal. Au bout de 2/3 semaines j’avais les tétons rouge vif, irrités. J’avais mal mais je me disais « accroche toi ça va passer ». J’ai utilisé les bouts de seins et c’était très pratique car elles prenaient le sein plus facilement surtout quand je les mettais ensemble en position ballon de rugby. Mais après deux semaines d’utilisation, Ambre ne pouvait plus s’en passer alors je me suis dit qu’il fallait vite les supprimer. Ajouté à l’utilisation de la tétine ça faisait beaucoup de confusions pour elle. J’ai bataillé une dizaine de jours pour qu’elle retète correctement sans. Et je tiens à préciser que je n’ai jamais eu de crevasses ou autres grâce à la bonne compréhension du positionnement des filles et en mettant de la lanoline après chaque tétée !

La prise de leur premier biberon ?! Un grand moment pour moi…. Avec mon lait évidemment. Elles avaient 2 mois et demi. Enceinte je m’étais dit que je tirerais mon lait pour que le papa puisse avoir le plaisir de nourrir ses filles, sans me rendre compte que ce n’est pas anodin et que c’est toute une logistique. Pour le repas de Noël nous étions invités et je préférais donner un biberon plutôt que de « déballer le généreux matos » en public (Allaiter 2 bébés en même temps n’est pas très discret et j’ai horreur que l’on me scrute pendant ce moment). Alors nous nous sommes entraînés au calme tous les 4 la veille. Moi je ne pouvais pas le donner, il m’a fallu deux semaines de préparation psychologique pour déjà accepter le fait qu’elles prennent un biberon. J’avais le sentiment de trahir mes filles et puis peut être au fond la peur qu’elles ne veuillent plus le sein… je me suis mise loin d’eux et je regardais avec les larmes aux yeux le papa très content de donner le premier biberon à ses filles. Elles l’ont englouti comme si elles avaient toujours fait ça ! En me fixant du regard !! Avec une tétine lambda et il n’y a eu aucune confusion ou refus de sein après mais peut-être un petit peu d’impatience qu’au sein ça ne coule pas aussi vite mais ce n’est que mon interprétation.

Les deux premiers mois ont été extrêmement éprouvant… je m’en félicite encore.
Je les faisais téter à tour de rôle, rarement à deux car je voulais respecter le rythme de chacune et puis c’était aussi plus simple pour l’apprentissage. La nuit je faisais jusqu’à 12 tétées… je vous laisse imaginer les minutes de sommeil qu’il restait pour moi… heureusement le papa était beaucoup présent et je dormais en général 1h30 l’après-midi. J’ai atteint des niveaux de fatigue extrême…

A leurs 3 semaines, j’ai eu un engorgement. Tous les symptômes d’une grippe et je croyais que s’en était une ! J’ai dit à mon conjoint après toute une matinée à pleurer toutes les larmes de mon corps « va acheter une boîte de lait, je suis à bout, je peux plus! ». Et heureusement un ami dont la femme a allaité prenait des nouvelles de moi à ce moment-là, je lui ai dit « je crois que j’ai la grippe ça ne va pas du tout » et c’est lui qui m’a informé que l’engorgement donnait ces symptômes. Bingo c’était ça ! Je ne l’aurais jamais deviné ! J’avais simplement une petite douleur en haut d’un sein vers l’aisselle. Et dans les semaines suivantes j’ai fait 2 débuts d’engorgement que j’ai immédiatement reconnus et soulagés par paracétamol et tétées +++. Un à cause de mon soutien-gorge trop serré et l’autre à cause d’une très grosse contrariété.

J’ai demandé conseil et du soutien à des amies qui ont eu une expérience d’allaitement long et positif mais il y a eu aussi l’entourage qui n’a pas allaité ou qui n’a pas réussi à mener à bien son allaitement et qui commente sans arrêt vos faits et gestes, veut vous donner de grosses bêtises en guise de conseil. D’où l’intérêt d’avoir de solides connaissances pour ne pas se laisser influencer. Ou dans les moments où vous avez besoin d’encouragement, on vous conseille de passer au lait artificiel alors que c’est la dernière chose que vous souhaitez. Ce n’est pas tant l’allaitement qui fatigue, c’est d’avoir deux bébés tout simplement et surtout de ne pas dormir la nuit. Je ne me serais pas vu descendre plusieurs fois au rez-de-chaussée pour préparer les biberons dans la cuisine, allumer toutes les lumières etc… Allaiter c’est avoir toujours du lait prêt et à température idéale en toutes circonstances.

Une fois nous avons même eu une coupure d’eau et d’électricité pendant 12h à la maison, j’étais ravie d’allaiter.
Elles ont souvent dormi avec moi les 2 premiers mois. Une de chaque côté et je me tournais d’un côté puis de l’autre. Alors quand je faisais téter une et que l’autre voulait aussi et pleurait dans mon dos j’avais la pression ! Mais à un moment donné j’avais l’impression qu’elles voulaient téter encore plus car en tétant allongé elles se rendormaient beaucoup plus vite et tétaient moins. Puis je pense que mon contact leur donnait envie aussi, mes mouvements les réveillaient. Alors j’ai essayé plusieurs choses et le mieux a été de les faire dormir chacune dans un berceau à côté de moi.

A 1 mois et demi/2 mois elles ont commencé à dormir 4 à 6h d’affilées puis rapidement n’ont tété qu’une fois dans la nuit. Le comble c’est que c’est moi à la fin qui leur sautait dessus pour les faire téter car mes seins étaient deux grosses boules énormes et douloureuses et puis ça me rassurait de maintenir une tétée pour la lactation. Jusqu’à la dernière nuit où à peine réveillée je les ai fait téter et elles se sont rendormies sur mes seins en 30 secondes. Je me suis dit qu’il était temps de les laisser dormir. Depuis elles dorment de 20H30 à 7h environ et ma lactation s’est réglée petit à petit. Je ne produis plus la nuit ou du moins peu.

Jusqu’à 3 mois environ, les tétées duraient en moyenne 45 min et il se passait 2h entre deux débuts de tétées. Les rares fois où elles n’étaient pas synchros, je passais de longues heures sur le canapé à allaiter. Il m’est arrivé de rester 6h sans bouger lors d’un pic de croissance certainement. Mais depuis, c’est beaucoup plus rapide. En 5/10min c’est fait !

En fait ce qu’il faut se dire c’est que chaque semaine qui arrive sera beaucoup plus facile que celle qui vient de passer et chaque petit problème va passer plus rapidement que l’on croit.
J’ai plusieurs fois craqué d’épuisement physique et psychologique car on ne peut déléguer cet acte à personne et il faut toujours être présente et disponible mais l’allaitement m’apporte une relation unique avec mes filles que personne d’autre ne peux vivre ! A chaque tétée elles se tiennent et se caressent les mains, se regardent… c’est beau à voir !

Depuis leur 2 mois je les fais téter toutes les deux ensembles en ballon de rugby. Elles sont calées pareils au niveau dodo et tétées. Alors ça rend les sorties difficiles car à l’extérieur il est difficile de les allaiter de cette façon sur un banc public ! Mais ce n’est pas grave, ce n’est que pour quelques mois. Nous arrivons à faire des petites promenades entre deux tétées. Qu’elles aient le même rythme est la clé de beaucoup de choses.

allaitement jumeauxIl y a autre chose aussi dont je voulais parler, que je n’ai lu nulle part, mais je n’ai pas tout lu non plus…. je crois que nous avons aussi une dépendance physique et psychique à l’allaitement. Et que lorsque l’on emploie le mot sevrage, il y a celui de l’enfant mais aussi de la mère. Alors surement est-ce dû à la sécrétion d’ocytocine et en sécrétant deux fois plus de cette hormone, peut être que je le ressens deux fois plus fort ? Au bout d’un mois et demi je disais à mon conjoint que je ressentais de plus en plus de plaisir à allaiter, que quand venait ce moment je ressentais presque une excitation, une grande joie ! Que j’adorais de plus en plus la sensation. Et de plus en plus j’ai ressenti la libération d’ocytocine dans mon corps. Tous les matins quand ça fait 10h ou plus qu’elles n’ont pas tété, je le ressens très fort et je suis obligée de ne pas penser à la tétée qui arrive car sinon je me provoque une éjection de lait avant. Je me suis même étonnée un soir… je les ai laissées avec leur papa pour me rendre à l’anniversaire d’une amie. A l’heure de la dernière tétée, il devait donner des biberons. Et bien à partir de 20h30 j’ai commencé à être prise d’une angoisse incontrôlable, de pleurs. J’ai dû rentrer, et ce n’était pas le fait d’être loin de mes filles car j’ai pleuré jusqu’à m’endormir…

Je crois que je suis tellement accro que j’ai décidé il y a un mois d’aller au-delà des 6 mois, de continuer en travaillant et j’ai dit à mon conjoint « Mais en fait je ne voudrais jamais arrêter je crois ! » et donc je ne me donne plus de limite et souhaiterai même aller jusqu’au sevrage naturel… et là encore une fois les remarques fusent de tous les côtés… Mon conjoint me taquine en appelant ça « Ma Drogue !! » mais il me soutient et me défend auprès des personnes non tolérantes.

Aujourd’hui elles ont 4 mois et demi et je suis tellement fière d’avoir passé ces premières semaines difficiles, si fière de nourrir mes filles par moi-même ! Elles ont une très belle croissance ! De la naissance à 3 mois, Adèle prenait 40 grammes par jour et Ambre 32 grammes alors qu’on demande un minimum de 15/20gr par jour… Elles n’ont jamais été malades malgré la période hivernale en cours. Le papa et moi avons pourtant eu une rhinopharyngite tous les deux ! Vers 1 mois elles avaient eu une conjonctivite et le lait étant entre autres antiseptique, je les ai soignées avec des gouttes de mon lait dans les yeux.

Je reprends mon métier d’infirmière libérale dans 1 mois et demi, à leur 6 mois et depuis 3 semaines je commence mes stocks. Lorsque je tire bien, c’est ma petite victoire personnelle du jour ! Je tire le plus vite possible après la première tétée du matin. Au début, forte de ma motivation, je tirais 1h après la dernière tétée du soir mais tirant de moins en moins, je me suis démotivée et ai gardé que le tirage du matin. Je regrette presque de ne pas avoir tiré plus tôt car quand elles avaient 3 mois je me souviens encore avoir tiré 400ml en 7 minutes et me dire : je m’arrête là au cas où elles se réveilleraient.

J’espère de tout mon cœur que je vais continuer à allaiter le plus longtemps possible car je le vivrais comme un échec si cette belle aventure s’arrêtait avant sans que une de nous trois ne l’ai décidé. Au delà d’un échec, ce serait un déchirement…

L’allaitement me permet de passer des heures et des heures au contact de mes filles, de les regarder, de les observer, de les connaître davantage mais aussi qu’elles me connaissent encore plus, d’échanger lors des pauses, de créer des liens encore plus forts. Nous vivons toutes les 3 des beaux moments privilégiés et je nous en souhaite encore.

Je remercie Véronique pour le dévouement qu’elle accorde à cette cause. Bravo ! Et merci d’avoir répondu à mes questions quand j’en ai eu besoin !

 

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  • allaitement et travailQuel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Je travaille en indépendante et à domicile, et j’avais repris bien avant de faire garder mon bébé : en congé parental partiel, je me reposais également sur le papa, le week-end, pour maintenir un niveau d’activité suffisant. Mon bébé n’a donc commencé la crèche qu’à ses 11 mois. Depuis septembre dernier, il y est gardé par petites journées de six heures, cinq jours par semaine. La poursuite de l’allaitement était une évidence absolue, d’abord parce que celui-ci fonctionnait très bien depuis la naissance, ensuite parce que mon bébé comme moi y étions totalement « accro », avec encore de nombreuses tétées, y compris la nuit. Et puis j’avais et j’ai toujours pour projet de suivre la recommandation de l’OMS (allaitement maternel jusqu’à deux ans et plus) et idéalement de laisser venir le sevrage naturel, tout en travaillant.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Initialement, j’avais prévu de tirer mon lait à la maison pendant mes pauses-déjeuner, puis de le faire donner à mon bébé dans une tasse de type « 360 », qu’il connaissait déjà pour y boire un peu d’eau à l’occasion. J’ai donc loué le matériel auprès d’un site Internet spécialisé, et j’ai profité de la fin de l’été pour faire un petit stock de démarrage-dépannage avec du lait congelé. C’était surtout pour me rassurer, car avec un bébé diversifié, les quantités à fournir pour la garde ne sont évidemment pas les mêmes qu’avec un bébé de trois mois ! Par la suite, j’aurais donné du lait frais, tiré au jour le jour. La crèche (parisienne et respectant la circulaire municipale sur l’allaitement en crèche) avait tout accepté, mais…

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

…mon bébé a totalement refusé mon lait tiré, qu’il soit frais, congelé, lipasé ou non. Après deux semaines d’essais infructueux, j’ai donc décidé d’arrêter les tirages, et mon bambin ne consomme du coup que des solides en crèche. J’ai également refusé l’option « un yaourt au goûter » : comme je récupère mon bambin dès 16 heures, je préfère lui proposer une tétée de retrouvailles après sa compote prise en crèche. Il tète aussi le soir et la nuit, puis bien sûr le matin. Le week-end, il est à la demande, mais ajoute rarement plus d’une tétée en journée.
Autre difficulté : malgré l’allaitement, mon bambin a été pas mal malade, et j’ai trouvé très délicat de le mettre en crèche dans ces moments-là avant la rémission vraiment complète, car il ne se réconfortait et ne se nourrissait alors plus qu’au sein. Cela dit, même en temps normal, il mange extrêmement peu en crèche, car c’est un bébé DME : la totale…

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

L’arrêt rapide des tirages m’a bien plu, car je n’ai jamais été très à l’aise avec le matériel, malgré des dons au lactarium antérieurement. J’ai trouvé ça très contraignant. J’ai eu la chance de ne jamais avoir fait d’engorgement important après l’arrêt des tirages. Ma lactation s’est adaptée très vite.
Sinon simplement tous les moments d’allaitement qui se poursuivent et ne semblent pas près de s’arrêter malgré la garde. Mon bambin aura bientôt 17 mois.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Je leur souhaite à toutes ainsi qu’à leur bébé un bel allaitement, qui continue longtemps, afin d’adoucir la reprise.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Je ne tenterais même pas les tirages : dans ces conditions très confortables (bambin diversifié, tétées de nuit qui continuent, petites journées en crèche permettant de téter à la maison), ils ne sont pas indispensables.

 

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  • allaitement et travailQuel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

L’allaitement était avant même la naissance de ma fille une évidence ! J’ai été amenée à reprendre le travail à ses 6 mois, une reprise un peu chaotique avec un mode de garde qui n’a pas convenu et du rafistolage (ma maman, des congés sans soldes pour moi…) jusqu’à ses 10 mois pour me permettre de travailler. Mais de toute façon la poursuite de l’allaitement n’était pas négociable. Parce que je suis persuadée de l’importance pour la santé de ma fille de la poursuite de l’allaitement, mais aussi de l’importance qu’a la relation qui nait de l’allaitement pour sa sécurité émotionnelle et son équilibre cognitif.
Je ne suis pas en train de dire que les mamans qui choisissent de ne pas allaiter ou de ne pas poursuivre l’allaitement à la reprise du travail sont dans le faux, je partage juste un sentiment profondément ancré en moi qui fait que depuis très longtemps, avant d’être enceinte, je défends l’allaitement comme étant indissociable de la maternité.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Ma petite gloutonne tète 3 à 4 fois la nuit depuis notre sortie de la maternité (14 mois maintenant). Du coup la dernière tétée de la nuit se fait vers 5h30 et avant de partir je lui propose une petite tétée. Au début, elle venait de commencer la diversification et la tétée était copieuse, et maintenant que je lui propose un fruit et du pain au petit déjeuner, la tétée varie en fonction des jours, et de la durée de la dernière tétée «nocturne».
Et puis j’ai loué un tire-lait compact et sans fil que je promène avec moi au travail et lors de mes déplacements. Je tire mon lait le midi et vers 16h00 ce qui me permet en moyenne d’avoir 170 à 220 ml par jour.
Mon petit crapaud n’a jamais tété beaucoup au biberon, elle boit maximum 160 ml chez ses nounous. Du coup je congèle le surplus ce qui me permet d’être plus sereine.
Ce qui est vraiment facilitant pour moi c’est que je dispose d’un bureau dans lequel je suis seule et qui me permet de tirer mon lait en toute discrétion et sérénité. Et par ailleurs je dispose d’un point d’eau et d’un frigo, ce qui m’apporte une réelle sérénité quant au respect de la chaine du froid et l’hygiène.
Aujourd’hui c’est une routine bien huilée, la tétée du matin avec le petit déjeuner, je tire mon lait après mon déjeuner (12 minutes au total pour obtenir 170 ml), éventuellement si mon emploi du temps me le permet je tire de nouveau mon lait vers 16h30 (12 minutes pour environ 120ml) et hop direction la Maison d’Assistantes Maternelles pour chercher mon crapaud.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Je retiens 3 difficultés majeures :
– Le plus difficile a été « l’avant reprise ». Je me suis créé des angoisses de toutes sortes. Aussi j’ai parcouru des heures et des heures des forums, et notamment celui de Véronique, qui me permettait de me projeter avec des témoignages rassurant mais aussi alimenter mes angoisses : confusions seins tétines ? quelle tasses à bec choisir (je refusais de lui proposer le biberon et au final j’ai cédé après quelques jours d’essais chez sa première nourrice) ? comment argumenter auprès de la nourrice pour l’utilisation de la tasse à bec vs le biberon ? comment faire comprendre le rythme spécifique de tétées (maximum 10 minutes) mais jusqu’à 25 tétées par jours ?

– Les premières fois avec le tire lait ne furent pas concluantes … 20 ml maximum. Et plus l’angoisse de ne pas parvenir à constituer un stock de lait était présente, moins je tirais mon lait efficacement, surtout que pendant ce temps, ma fille tétait allègrement, ce qui ne me laissait pas beaucoup de marge de manœuvre. J’ai fini par relâcher la pression et j’ai réussi à tirer de quoi nourrir ma fille 2 jours en lait congelé et le lait frais a pris la relève naturellement dès le deuxième jour de garde.

– Je dois toujours anticiper mes déplacements pour permettre le biberon du petit déjeuner donné par son papa, ceux de la journée et celui du soir avant que je rentre mais aussi ceux du lendemain. Les semaines qui précèdent, j’essaye de tirer plus pour stocker plus…. Et c’est toujours dans ces moments que des aléas vous tombent dessus : réunions qui s’éternisent, votre bébé qui tombe malade et vous restez avec lui… Mais j’y suis toujours parvenue, souvent dans le stress, mais le résultat était là. Le problème lors des quelques déplacements d’une journée (départ 5h00 retour 20h00) que j’ai été amenée à faire, c’est que je tire mon lait sans volonté de le conserver (chaine du froid pas respectée et je suis un psychorigide sur ce sujet). Du coup tirer son lait aux toilettes me coupe le réflexe d’éjection et savoir qu’une fois tiré, c’est direction « égouts » renforce la difficulté. Ces soirs là quand je rentre j’ai les seins comme des pastèques et ma fille a pour mission de téter !

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Je ne vais pas mentir, la reprise du travail n’était pas pour moi un plaisir et si je l’ai fait c’est uniquement pour une raison financière. Alors parler de meilleurs moments…. Non je n’en ai pas eu. Pour autant c’est vrai qu’on parle souvent de la tétée retrouvaille, c’est devenu pour nous aussi un rituel doux qui nous amène, ma fille et moi, à ne rien faire pendant 10 minutes après notre arrivée à la maison. Juste être toute les deux. Et parfois même l’impatience a fait que je me suis assise sur le petit meuble à chaussures dans le sas d’accueil de la MAM ou ma fille est accueillie pour lui donner le sein…

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Écoutez votre cœur !!!!! Sincèrement, si votre bébé et vous n’avez aucune envie de mettre un terme à ce lien si doux qu’est celui de l’allaitement, alors donnez-vous les moyens et foncez !
Trouvez un tire-lait qui est compact qui vous permet de transporter votre lait avec des blocs de glaces. Trouvez-vous un endroit sur votre lieu de travail qui vous permet de tirer sereinement votre lait. Et en avant l’aventure !
Sincèrement ne vous arrêtez pas pour le regard des autres ou de votre hiérarchie. Il m’arrive de faire ma petite vaisselle quand certains de mes collègues (majoritairement des hommes) se trouvent en salle de pause. Au début j’étais discrète et maintenant je continue de l’être mais j’assume totalement la démarche surtout que la plupart sait que je tire mon lait. A une collègue avec laquelle je m’entends bien je dis « je vais au pré». Pour les mamans dont le métier est moins sédentaire que le mien, je pense que c’est une question d’habitude, une voiture peut devenir un endroit serein si on s’y sent bien à condition d’avoir de quoi stocker son lait convenablement.
Et puis surtout n’écoutez pas vos proches, vos amis, votre belle-famille, éventuellement vos parents, vos collègues et même trop souvent nos médecins qui vous diront que l’allaitement n’a pas de sens sur le long terme, que votre lait n’est plus bon, que cela vous fatigue trop, que vous devriez donnez du lait maternisé… j’ai une collègue qui vit l’aventure elle aussi et elle réponds à la question « tu comptes l’allaiter jusqu’à quand ? bah jusqu’à ses 18 ans et après elle choisira … »

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Bref, si c’était à refaire…. Sans hésitation oui je le referais ! En revanche, j’essayerais de ne plus me prendre la tête et d’angoisser avant l’heure (facile à dire…), en tout cas pour mon deuxième je me ferai confiance et surtout je lui ferai confiance. C’est ce qui m’a fait rater quelques doux moments d’endormissement au sein parce que pendant que mon crapaud tétait en fermant ses jolis yeux, moi je cherchais compulsivement sur internet des réponses à mes angoisses. Mais bon, il fallait bien avoir une première fois. Reprendre le travail c’est déjà renoncer à une partie de son rôle de maman, c’est accepter les règles d’une tierse personne qui vous impose plus ou moins sa façon de faire pour votre petit bout, alors continuer à lui permettre de boire notre lait, c’est un peu l’accompagner pendant notre absence.
Aujourd’hui ma fille a 14 mois, elle est diversifiée depuis ses 6 mois et continue à téter à la demande, et je continuerai jusqu’au sevrage naturelle. Pour finir, si je peux conseiller un ouvrage, certes très psychosociale, mais tellement décomplexant pour tout parents qui s’engage dans l’aventure de l’allaitement : « L’allaitement long expliqué à mon psy, mon généraliste mon pédiatre, ma voisine…, Agnès Vigouroux, Editions du Hêtre, 2015. »

Je vous souhaite à toutes un bel allaitement !!

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Je suis la maman d’un petit garçon de 3,5 mois que j’allaite exclusivement depuis sa naissance. Depuis 2 jours (oui c’est tout frais) j’ai repris le travail et j’ai décidé de donner mon lait à la nourrice.

A partir de 1 mois et demi j’ai commencé à tirer mon lait pour en faire un petit stock au congélateur. Mon fils tétait et de l’autre sein je tirais mon lait (tire-lait Kitett Fisio en location). J’étais assez dubitative parce que je tirais environ 200 ml par jour ce que je trouvais peu mais mon médecin qui s’y connait bien en allaitement puisqu’elle a allaité sa fille jusqu’à 2 ans et demi m’a dit que c’était une très bonne « consommation » puisque mon fils continuait à téter toute la journée. J’ai réussi à me constituer un stock d’un peu plus de 2 litres au congélateur (avec le recul et pour un second allaitement je pense que je m’y prendrai plus tôt et de façon plus régulière pour avoir un stock plus conséquent).

Comme je suis une maman assez stressée et angoissée nous avons décidé avec le papa d’habituer notre fils au biberon environ un mois avant la reprise. Premier essai (avec papa, moi à l’étage) avec une tétine Calma de Medela, mon fils a bu 90 ml. Deuxième essai (toujours papa et même tétine) : refus (je n’étais pas très loin et il était affamé…). Troisième essai (avec la mamie et même tétine) : 60 ml mais beaucoup de mal à prendre le biberon.
Voyant la reprise arriver à grand pas nous avons donc décidé de changer de tétine : Biberon Mam avec tétine débit 2. Mon fils a englouti le biberon et n’a plus voulu le sein de toute la journée, ça coulait plus vite que le sein et c’était plus facile. J’en ai pleuré toute la journée. Puis j’ai tenté de lui redonner la nuit quand il commençait à peine à se réveiller et il a repris le sein. Par la suite nous avons décider que ce serait seulement la nounou qui lui donnerait le biberon et nous avons pris une tétine nouveau né (débit 1).

A la reprise du travail (soit au 3,5 mois de mon fils) et un peu avant pendant l’adaptation, la nounou lui a donné le biberon pendant qu’elle le gardait et il l’a très bien pris. Quand j’allais le récupérer il prenait volontiers le sein que je n’avais pas « vidé » en son absence pour qu’il soit plein et qu’il ne râle pas parce que ça n’allait pas assez vite.

Aujourd’hui après deux jours de travail, voilà comment ça se passe : la nuit et le matin avant de partir travailler, il tète (environ 2-3 tétées), je tire mon lait à la dernière tétée avant de partir (mon fils sur un sein et tire-lait pour l’autre) et je récolte environ 80 ml.
Le midi, comme j’ai la possibilité de rentrer chez moi, je tire mon lait (double pompage) et j’obtiens environ 180 ml.
Le soir en rentrant (18h) soit il réclame une tétée de retrouvaille (c’était le cas hier) soit il dort (c’est le cas aujourd’hui) et du coup je tire mon lait sur le sein qu’il ne prend pas (environ 80 ml). Le soir il prend 2 tétées soit 4 à 5 tétées par jour environ et un tirage de lait de 340 ml environ.
Pour l’instant je donne à sa nourrice 400 ml de lait pour une garde de 9h à 18h mais sur les 2 jours il n’a pris que 300-310 ml à la journée, répartis sur 4 biberons. Comme je tire un peu le week-end et que pour l’instant je tire plus que ce qu’il consomme, j’ai toujours un peu d’avance sur le jour d’après et je n’ai pas besoin de piocher dans mes réserves de surgelé.

Je reviens après presque trois semaines complètes de travail pour vous faire part de l’évolution de ma situation. Pour l’instant tout se passe à merveille.
Très rapidement mon fils est passé d’une consommation de 300-310 ml en 4 biberons à une consommation de 300-310 ml en 3 biberons (vous aviez raison, sa consommation par jour ne varie quasiment pas de jours en jours, parfois 290, parfois 330 mais jamais au delà). Du coup alors qu’au début je fournissais 400 ml à la nounou, je commence petit à petit à diminuer mes doses données pour maintenant lui donner 340 ml. Cela me permet de moins me stresser sur la quantité que je tire par jour et de moins me mettre la pression.

Au début je lui fournissais un biberon de 150 ml et un autre biberon recharge de 250 ml qu’elle versait au fur et à mesure dans le premier biberon pour compléter sauf qu’au bout d’une semaine je me suis rendue compte que l’odeur du premier biberon était très forte, un goût très désagréable… J’ai pensé de suite (grâce à votre site) à un problème de lait prédigéré mais après avoir fait un test de laisser 20 ml au frigo pendant 5 jours et de le goûter tous les jours je me suis rendu compte que le problème ne venait pas de là. Je pense (mais je n’en suis pas certaine) que le problème venait peut être du fait que le lait du premier biberon était réchauffé plus de 2 fois puisque je lui fournissais 150 ml, qu’il buvait ce qu’il voulait, que la nounou complétait avec la recharge et ainsi de suite tout au long de la journée. Du coup il y avait toujours un reste de lait qui était réchauffé plus de deux fois.
Maintenant je lui fourni 3 biberons numérotés. Le premier contient le lait qui reste de la veille (et qui a été réchauffé 1 fois) et les deux derniers du lait frais (s’il en reste après la journée dans ces deux biberons il serviront pour le lendemain et ainsi de suite). Niveau quantité des biberons pour l’instant on tâtonne un peu puisque mon fils ne prends pas la même quantité à chaque fois. Souvent le biberon de 10 h il boit moins (donc actuellement je lui mets 100 ml), celui de 13 h un peu plus (donc je lui met 130 ml) et celui de 16 h est de 110 ml (sachant que je le récupère 2 h après il patiente sans soucis).

Et toujours tétées à volonté à la maison : deux tétées de nuit, une au matin, et le soir entre une à deux tétées. Ici on n’a pas souvent la tétée des retrouvailles parce que la plupart du temps il dort en rentrant de chez la nounou donc la tétée des retrouvailles se couple avec la tétée du soir.
Sinon pour tirer le lait je le fais toujours en trois fois :
– le matin sur un sein pendant qu’il tète l’autre.
– le midi sur les deux seins (le tirage le plus difficile parce que bébé n’est pas là et qu’il faut que je mange en même temps le tout en 30 min :/ ).
– le soir sur un sein pendant qu’il tète l’autre.
Pour l’instant ça fonctionne bien, on croise les doigts pour que ça continue (et au pire j’ai deux litres de lait au congélateur en cas de coup dur).
Voilà j’espère que ça pourra aider d’autres personnes.

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  • allaiter et travaillerQuel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Pour moi, allaiter était une évidence. Je voulais donner mon lait en cadeau à ma fille, au moins essayer. J’avais lu des témoignages avec des sevrages non voulus et des regrets. Mon but est un allaitement sans regret quelle que soit sa durée.
Allaiter en travaillant fût une question que je me suis posée très tôt dans la grossesse car je suis aide-soignante, avec des horaires postée très irréguliers et des nuits de temps en temps. Plus je m’informais sur comment tirer son lait, plus je trouvais cela impossible jusqu’au jour où j’ai lu le témoignage d’une infirmière qui l’avait fait !! Alors pourquoi pas moi ?
J’ai repris le travail à plein temps à la fin du congé maternité, aux 2 mois 1/2 de ma puce.
Aujourd’hui, elle a 11 mois, en pleine santé et toujours allaitée.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’ai commencé à tirer mon lait dès la naissance pour m’habituer et désengorger mes seins entre 2 tétées. J’ai pu trouver le tire-lait qui me convenait, l’électrique double avent Natural et faire quelques réserves.
Avec la reprise du travail, j’ai un rythme par poste, je tire quand ma fille dort (avant ou après le boulot) et une fois par poste pendant ma pause (20min). A la maison, c’est tétée à volonté.
Je m’installe dans une des salles de bains de l’établissement (je travaille en EHPAD) et peux mettre le lait dans le frigo de notre salle de pause.
J’ai acheté 2 lots de téterelles, un pour la maison et un pour le boulot. Comme ça, mon sac est toujours prêt et je n’ai pas de vaisselle à faire juste avant de partir travailler. Je lave tout une fois rentrée. Avec la technique du frigo, je n’ai qu’une vaisselle par jour à la maison, ce qui est plutôt confortable.
Je laisse au frigo le lait qui sera consommé le lendemain et congèle le reste.
Ma fille est gardée par mon mari, homme au foyer et a donc mon lait en mon absence. Elle garde le même rythme de tétées qu’en ma présence.
Toute la famille a été formée à la conservation du lait. Ainsi, j’ai pu laisser des stocks chez ma mère et ma belle-mère qui m’ont beaucoup aidée. Ma puce a souvent dormi chez l’une ou l’autre.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Le fait que ce soit mon premier enfant donc pas d’expérience pour l’allaitement et beaucoup de questions.
Un mauvais démarrage de l’allaitement. Ma fille tétait avec ses gencives car j’avais les seins très dur au début. Elle ne buvait presque rien, pleurait beaucoup et j’avais les seins irrités et douloureux.
Elle s’est mise en économie d’énergie, ne grossissait plus. J’ai dû faire un tire-allaitement pendant un mois pour qu’elle puisse reprendre des forces avant de réapprendre à téter.
Elle a su téter correctement juste avant que je reprenne le travail. Un déchirement pour moi d’avoir eu à utiliser le tire-lait tous les jours avant ma reprise.
Le pédiatre qui me demande sans cesse des quantités de lait par biberon et fait les gros yeux dès que je dis que j’allaite encore.
Le manque d’exemple dans mon entourage et sur internet concernant ma profession et l’allaitement.
La fatigue du travail, d’un bébé qui dort peu, pleure (hurle) beaucoup et un emploi du temps draconien pour maintenir une lactation suffisante. Beaucoup de découragements.
La peur de ne pas « produire » assez, de faire une dépression ou de devoir arrêter et regretter.
Le fait de laisser son bébé et de partir. 2 mois ½ c’est beaucoup trop tôt.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Le soutien de mes collègues qui ont respecté ma décision.
La première tétée sans douleur vers les 1 mois de ma puce.
Elle avait 5 mois quand j’ai pu abandonner le tire-lait pour une semaine de congés. Un rêve !
L’aide de ma famille, qui a régulièrement gardé ma fille la nuit pour que je puisse dormir. Environ une fois par semaine depuis ma reprise jusqu’à ses 9 mois.
Quand j’ai découvert le blog A tire-d’Aile. Très utile pour me remonter le moral et m’aider à persévérer. Merci encore à Véronique Darmangeat et à tous les témoignages.
Les tétées de retrouvailles et voir mon bébé apaisé après. Son air réjoui et empressé quand elle sait qu’elle va téter.
La sage-femme spécialiste en lactation qui m’a aidée à remettre ma fille au sein et à reprendre confiance en moi après le tire-allaitement.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Je souhaiterais leur dire que si elles souhaitent allaiter et travailler, c’est possible. Peut-être difficile mais possible. Il faut s’adapter, s’accrocher, c’est une aventure unique et passionnante.
L’aide est finalement peu visible en France mais elle existe et ça vaut le coup de persévérer. On en retire beaucoup d’estime et de confiance en soi.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Si c’était à refaire, je prendrais la même décision.
Cependant, je reprendrais le boulot le plus tard possible et éviterais mes erreurs de débutante qui m’ont conduite au tire-allaitement. C’était vraiment une épreuve épuisante.

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