Vous avez été presque 300 à répondre à mon questionnaire de la semaine dernière ! (297 exactement)

Un grand merci à vous !

Je vous livre les résultats de ce sondage :

Sur les réponses à cette question, j’ai pu mesurer toute l’inventivité dont vous faites preuve. Les réponses les plus courantes sont :

  • obtention d’un congé pathologique
  • congé parental
  • démission de votre emploi
  • reprise d’activité plus tardive
  • Congés sans solde
  • Passage en temps partiel.
  • report des semaines de congés de grossesse après la naissance
  • Baisse d’activité
  • Rupture conventionnelle
  • Convention collective prévoyant un « congé allaitement »

Pour plus de 60% d’entre vous, vous avez pris plus de 6 semaines supplémentaires pour l’allaitement et pour 44.4%, c’est même plus de 3 mois.
C’est avec ces réponses que l’on mesure bien à quel point le congé maternité est trop court aujourd’hui.

Le fait de disposer d’une salle d’allaitement sur son lieu de travail ne ferait changer d’avis que 25% d’entre vous. Pour les 3/4 d’entre vous, vous repousseriez de toute façon la reprise du travail.

Et vous ne regrettez pas votre choix !

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allaiter et travaillerNous allons le mois prochain fêter avec ma fille nos 3 ans d’allaitement. Moi qui me disait « j’essaye 1 semaine »…

La reprise du travail c’était pour ses 5 mois.
Je travaillais dans une petite entreprise de 10 personnes, avec un siège anglais, en open-space et depuis que l’entreprise s’était implantée il y a 4 ans j’étais la première à allaiter. Ce n’était pas gagné à première vue.

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Les premiers mois avaient été très compliqués et maintenant ça se passait bien ; alors je voulais continuer.
J’ai choisi de continuer l’allaitement exclusif jusqu’à 6 mois, avec l’aide de mon assistante maternelle.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Je n’avais que très très peu de stock.
Le matin je donnais un sein à ma fille et je tirais l’autre, j’arrivais à tirer 50 ml en même temps que mon petit déjeuner.
Je tirais dans le local informatique le midi, sur mon heure de pause, encore 50 ml sur les deux seins (j’étais dans de moins bonnes conditions je tirais moins).
Puis le soir je tirais encore 50 ml en tirant les deux seins.
Le week-end je continuais soir et matin pour refaire des réserves pour les jours où je tirais moins.
Elle partait donc chez la nounou avec ses 3 contenants de 50 ml et j’en donnais un congelé en plus.
Ca a marché jusqu’à ses 9 mois. Elle n’a pas augmenté la dose car elle s’est diversifiée dans le même temps.

A ses 9 mois j’ai changé de travail, structure encore plus petite. Pas de salle supplémentaire, nous sommes passées en mixte. Lait en poudre chez l’assistante maternelle et nous avons conservé les tétées du matin, retrouvailles, couché et nuit et à volonté le week-end.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Mes principales craintes étaient de ne pas avoir le 4e biberons. Mais avec les petits stocks reconstitués le week-end ça s’est bien passé.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

L’aide de mon assistante maternelle a été très importante, elle avait la gentillesse de me laver les biberons ce qui me simplifiait les soirées. Je lui avais fait une feuille sur la conservation, les mélanges possibles et elle n’a jamais jeté une goutte de lait, m’aidant à optimiser mon stock.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Si vous devez faire un choix faites-le en essayant ce que vous dit votre coeur, et donnez-vous quelques moyens matériels (glacière adaptée, sachets congélations… contenants pour la congélation sécables…). Faites de votre mieux et ce qui est possible et vous aurez le coeur léger, quelque soit le résultat.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Si c’était à refaire je ferais pareil, c’était intense mais je voulais lui donner uniquement mon lait le plus longtemps possible et je l’ai fait, même si j’aurais aimé continuer plus longtemps, ce n’était plus possible.

Merci à toutes les mamans qui ont donné leur témoignages et qui m’ont aidée à trouver ma solution, merci pour ce blog que j’ai beaucoup parcouru.

Bon chemin à toutes !

 

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allaitement et travailMon allaitement a été, à ses débuts, très difficile. Je me rappelle très distinctement allaiter dans la cuisine, alors que ma petite a environ deux mois et dire à mon mari : je crois que c’est la première fois que j’apprécie réellement cet allaitement.

Pourquoi ai-je persévéré ? A vrai dire, je n’ai pas de raison. Lorsque j’étais enceinte, je ne faisais pas de l’allaitement une obsession. Je disais, bêtement, « j’allaiterai si je peux, on verra. » L’équipe de la maternité était géniale et respectueuse de mon choix sur l’allaitement. J’avais d’ailleurs un suivi un peu privilégié car une très bonne amie était auxiliaire de puériculture dans la clinique. Mais, la naissance de ma pitchounette s’est suivi d’une dispute assez profonde avec ma famille qui m’a beaucoup affectée. Je pense que cela explique les difficultés de mise en place de la lactation.
Toujours est-il que le 3ème jour, ma pepette avait perdu beaucoup de poids. Pour moi, je ne voulais pas mettre en balance la santé de mon bébé et la réussite d’un allaitement. Il y a donc bien eu par ci par là pendant deux premières semaines quelques petits compléments. Je passais plusieurs heures par jour avec le bébé au sein. Quand je lisais, «un nourrisson tête 7 fois par jour et dort 18 heures »… la mienne tétait 20 min toutes les 40 minutes et n’acceptait de dormir que le sein dans la bouche, sur moi, jour et nuit. Là, c’était dur.

Si je m’examine en conscience, j’ai continué pour 3 motifs que je veux partager :

  • La simplicité. J’ai lâché prise. Tout a commencé à aller mieux alors que j’ai arrêté de noter les heures de début, de fin, sein droit, sein gauche… Rien que de parler de cette feuille, pfff… et, j’ai envoyé balader soutien-gorge voire tee-shirt ! C’était tellement plus simple. Résonnent en moi, les mots lâchés par la sage-femme à mon départ (alors que je n’arrivais pas à faire téter à droite) : « l’allaitement, c’est pour les mamans cools ».
  • La conviction intime que ça ne serait pas plus facile avec un biberon. Et honnêtement, l’allaitement c’est LA solution de facilité. Je n’imagine pas aujourd’hui devoir me lever à 3 heures du matin pour préparer un biberon ! Ma fille est un bébé qui n’a presque pas pleuré, que je pouvais amener partout : la solution simple à tout était de la mettre au sein. C’est ce qu’elle voulait et rien d’autre. Je suis son doudou, c’est parfois contraignant mais c’est un grand honneur et au fond, c’est quand même plus logique qu’elle veuille sa maman plutôt qu’un bout de plastique ou qu’une poupée (pas faute d’avoir essayé).
    On a une image de l’allaitement comme choix de maman plutôt casanière, mais la réalité c’est qu’allaiter est le mode d’alimentation le plus rassurant et le plus pratique quand on est une maman nomade. Je pars dans la journée quand je veux, je peux la nourrir partout, sans préparatif. Je peux aller quelque part et décider de ne pas rentrer manger chez moi. Si ma pépette a des selles liquides, remède : tétée ; si elle est constipée : tétée ; si elle a de la fièvre : tétée. C’est pas magique ?
  • Mon mari est pro-allaitement. Ainsi que ma mère. Aucun des deux ne m’a poussé à continuer. Ils m’ont même dit, « arrête, si c’est pour mal le vivre ». Mais, je savais qu’ils y étaient favorables. Je savais qu’ils pensaient que c’était le mieux pour pitchounette. A ceux qui pensent que le père est mis de côté : il est vrai qu’il n’y avait que moi pour apaiser notre fille lorsqu’elle était nourrisson. A quelques mois déjà, ce n’était plus le cas. Mon mari a pris un congés parental de 5 mois. Il a pris ma relève lorsque j’ai repris le travail, tout en allaitant.

Comment s’est passé ma reprise ?

Jamais je n’aurais pensé reprendre le travail et continuer à allaiter. Pour moi, il était clair que le sevrage s’imposerait avec la reprise.

Nous sommes partis en vacances en Croatie juste avant ma reprise et pour moi, il était impensable de la sevrer à 8 mois, en pleine crise de la séparation, pendant des vacances où l’on est bien content de ne pas se traîner pack d’eau, lait artificiel et biberon… C’est votre site qui m’a montré que c’était possible.

La pédiatre m’a dit : un laitage en plus à midi et un laitage au goûter. J’avoue qu’on ne le fait pas vraiment car elle n’est pas fan (mais vu tout le fromage qu’elle s’engouffre je ne me fais pas de souci). Pas de biberon. Elle était diversifiée depuis ses 6 mois. J’ai donc continué l’allaitement à la demande quand j’étais là, et les jours de travail à minima une tétée le matin et le soir. Quand j’ai repris le travail, j’avais 7 poches de lait congelé au cas où je partirais tôt ou rentrerais tard. Je n’ai jamais tiré mon lait au travail.

Aujourd’hui, Pitchounette a plus d’un an (et quelques jours). Je l’allaite encore. Je ne sais pas quand j’arrêterai. Demain ? Dans 2 mois ? Dans 6 mois ? Plus ?

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Alice est née le 28 mai. Mon mari et moi souhaitions qu’elle soit allaitée. Nous ne nous étions que peu renseignés pendant la grossesse sur l’allaitement mais étions vraiment motivés. Ma seule crainte était que « ça ne marche pas » et que je ne sache pas gérer ma déception.
Après sa naissance nous avons été un peu esseulés car la maternité était surchargée. J’ai essayé de mettre Alice au sein pour une tétée d’accueil mais ne savais pas bien comment m’y prendre. Une sage femme me l’a finalement mise au sein 3h après sa naissance.

Ensuite, durant les premiers jours, j’ai connu quelques difficultés pour bien la mettre. Les sage-femmes étaient débordées et passaient en coup de vent, essayant de m’aider comme elles le pouvaient. Finalement, le 3è jour, une sage-femme m’a remontré bien calmement et est restée plusieurs minutes pendant la tétée, j’ai fini par prendre confiance, bien comprendre comment faire et mieux m’y prendre. En parallèle, j’ai aussi ressenti une grande pression de la part du personnel médical: si tu veux que ton allaitement marche il faut lui donner très souvent pendant les premières semaines (toutes les 2-3h), y compris la nuit et il faut la réveiller pour lui donner, « merci de mettre votre réveil à sonner ». Cela m’a non seulement épuisée mais complètement stressée.
De retour à la maison nous avons continué avec ce rythme effréné. Le problème c’est que notre bébé pleurait beaucoup et avait beaucoup de mal à se rendormir. Quand elle finissait par dormir c’était déjà presque l’heure de la réveiller pour la tétée suivante! Au bout d’une semaine environ elle avait repris son poids de naissance et pour notre survie nous avons décidé d’allonger les périodes de sommeil la nuit. Si elle dormait 4 ou 5h alors nous aussi!
Dès le 3è jour d’Alice j’avais ressenti des douleurs à un téton mais les sage-femmes disaient qu’il n’y avait pas de crevasse et rien de visible, que ça passerait. Plus le temps passait et plus j’avais mal, y compris au deuxième. Les débuts de tétée devenaient vraiment difficiles. J’en ai parlé à la sage-femme qui venait à domicile. Elle a hésité entre une infection ou une candidose et m’a traitée pour les deux: crème antibiotique, crème antifongique sur les tétons et huile de coco dans la bouche de bébé après chaque tétée. Alice n’avait pas de muguet (et n’en a jamais eu). Les symptômes ont un peu régressé mais revenaient. Nous avons donc attaqué le deuxième traitement quans Alice a eu 3 semaines: la gentiane violette. Que ce fut difficile pour moi de voir mon bébé avec le tour de la bouche tout violet, comme un petit clown. Comme je culpabilisais de lui infliger ça! J’interdisais à tout le monde de prendre des photos. De nouveau les symptômes ont été très attenués mais sont revenus en puissance. Finalement, j’ai pris un troisième traitement: antifongique oral. Là les symptômes sont passés. Et revenus 2 semaines plus tard… J’en ai parlé à ma gynécologue qui m’a dit que je portais surement le champignon sur moi en permanence et que je ne pourrai pas l’éradiquer. Elle m’a prescrit plusieurs cures d’antifongique oral et m’a dit d’en prendre quand les symptômes étaient trop forts. D’apprendre que je pouvais arrêter de lutter, que je ne pourrai pas gagner, m’a beaucoup aidée psychologiquement. J’ai même eu un répit de plusieurs semaines. Après quelques cures, les comprimés ne m’ont plus fait d’effet, je pense que j’ai développé une résistance. Par contre, j’ai appris à maîtriser la douleur et le champignon: cure intensive de tisane de gingembre, huile de coco sur les seins et sommeil encouragé (en épisode douloureux je ne me lève plus la nuit, c’est mon mari qui gère tout et m’amène le bébé dans le lit si besoin de tétée), si douleur insupportable je tire mon lait et ne donne plus le sein pendant 24h. C’est mon remède et c’est ce qui marche le mieux pour moi et m’a permis de continuer l’allaitement malgré cette candidose chronique.
J’ai voulu continuer à allaiter en reprenant le travail. J’ai repris quand Alice a eu 4 mois. La crèche acceptait de donner du lait maternel. Nous avons décidé d’introduire les purées de légumes à ses 4 mois : elle a beaucoup souffert de coliques et de reflux, on espérait que le solide l’aide et cela me permettait aussi d’avoir moins de lait à apporter à la crèche et ça me rassurait. Mon entreprise encourage l’allaitement en offrant l’accès à une salle pour tirer son lait : fauteuil confortable, réfrigérateur, magazines, évier, calendrier de réservation etc. Ce fut un fiasco total pour moi: 7 minutes de marche pour aller à la salle, 50 minutes pour tirer une quantité plutôt faible de lait… J’étais hyper stressée et même si j’avais le droit de prendre jusqu’à 2h par jour pour le faire ça ne me convenait pas et je culpabilisais. J’ai ensuite trouvé la solution qu’il me fallait : trouvé la clé de mon bureau, tiré tout en travaillant (pas de culpabilité=pas de stress=production en très nette hausse), stocké mon lait dans des pots opaques dans le frigo commun du groupe et fait tout le nettoyage aux toilettes. Je tirais 2 fois par jour.
Je l’ai fait jusqu’aux 7 mois d’Alice où nous avons profité d’une semaine de vacances pour introduire un deuxième repas solide dans la journée. Dès lors je n’ai plus eu besoin de fournir de lait à la crèche et ai arrêté de tirer mon lait au travail (ce qui m’a quand même bien soulagée). Je me disais que si la lactation s’arrêtait ce n’était pas grave, que j’avais déjà fait 7 mois et j’en étais heureuse.
Finalement ma lactation a continué et nous avons toujours une tétée matin et soir. Parfois j’ai l’impression que j’ai moins de lait et qu’elle a toujours faim, nous complétons donc, soit par un biberon de lait maternel (il reste encore un peu de stock au congel), soit par du lait en poudre. Quand les épisodes de candidose sont trop fréquents ou douloureux il m’arrive de penser que nous allons nous sevrer prochainement mais pour l’instant Alice a 10 mois et nous profitons de chaque jour l’un après l’autre.
Ce que je retiens en vrac :
  • Il faut une motivation vraiment forte pour un allaitement réussi.
  • Mon mari a été d’un soutien inconditionnel et fondamental. Quand autour de moi tout le monde me conseillait d’arrêter car j’étais épuisée ou que j’avais très mal, il m’a toujours soutenue et encouragée. Il a toujours été le seul à comprendre qu’arrêter me ferait plus de mal psychologiquement que de bien physiquement. Je lui en serai reconnaissante pour toujours.
  • Je suis d’un caractère tempéré et n’aime pas les affirmations extrémistes ou jugement sur le choix des autres, par crainte de cela je ne me suis pas rapprochée de forum ou associations pour aider à l’allaitement et ce fut une erreur. J’ai écrit un mail une fois à la leche league et la réponse que j’ai reçue m’a beaucoup aidée et m’a fait sentir « normale ». Je pense qu’il suffit de rencontrer les bonnes personnes et que l’aide que l’on peut recevoir est vraiment bénéfique.
  • Pendant mon congé maternité tous les matins c’est mon mari qui donnait le premier biberon (vers 6h). Ca me permettait de dormir une heure de plus (sommeil de plomb sans guetter les petits bruits de bébé) puis de tirer mon lait (qui serait donné le lendemain matin) et de les retrouver tous les deux qui venaient de passer un moment privilégié ensemble. Ce mode de fonctionnement m’a été d’une grande d’aide.
  • En dehors de la candidose j’ai eu des conditions idéales d’allaitement, tout a toujours très bien marché et je connais ma chance.
  • Alice n’a jamais posé de problème pour prendre le biberon (tétine calma de medela pour les 3-4 premiers mois et le biberon du matin avec papa), ni ensuite pour les repas soit au biberon soit au sein, avec du lait maternel ou en poudre… tout passe!
  • Si c’était à refaire : je le referai 🙂

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allaitement jumeauxJ’ai 28 ans et j’ai l’immense bonheur d’être maman allaitante de deux petites filles, Adèle et Ambre. Elles sont nées par voies basses après déclenchement 3 semaines avant terme, pesaient 2kg850 et 2kg630 et étaient en parfaite santé.

Depuis « toujours » la question ne se posait pas : j’allaiterai !
Enceinte, j’étais déterminée et je me suis beaucoup documentée sur internet. La seule chose qui me hantait c’était la réussite de l’allaitement et plus j’avais de connaissances sur ses bienfaits plus je me disais qu’il était impossible qu’il en soit autrement.
Évidemment on trouve moins d’informations pour l’allaitement de deux enfants mais le peu que j’ai trouvé était rassurant : c’est possible !! Et puis je faisais confiance à mon instinct et ma détermination… Je m’étais fixée pour objectif 6 mois exclusifs.

Le Papa était de tout cœur avec moi et mes choix, j’ai voulu qu’il assiste au cours de préparation à l’accouchement sur l’allaitement pour être autant informé que moi car je redoutais les moments durs et je voulais qu’il m’aide et me soutienne.

En salle d’accouchement nous avons pratiqué une petite tétée d’accueil. Les premiers jours elles dormaient beaucoup, ont eu un ictère physiologique ce qui n’a pas aidé car ça les fatiguait. Le papa et moi les stimulions lors des tétées en changeant leurs couches avant, en les découvrant, en les titillant pendant…
Lors du 2ème jour, l’équipe médicale m’a un peu fait paniquer par rapport à la perte de poids de mes filles car elles avaient perdu 10% comme tous les bébés mais pour elles, petits poids, ça faisait beaucoup. Alors ils ont voulu que je leur donne des compléments après les tétées, au biberon… quelle horreur pour moi ! Alors j’ai mis les bouchées doubles !! Je prélevais manuellement mon colostrum pendant 45 min pour 10ml que je mettais dans une seringue pour le leur donner. Je pouvais le garder 4h en chambre.
Et j’ai fini par donner, sous la pression des soignants, du lait artificiel. Je craignais la confusion sein/tétine. Au début nous avons donné goutte par goutte à la seringue puis un ou deux biberons de 5/10ml. Ça n’a duré que quelques heures… j’ai vite dit qu’elles ne voulaient pas du lait artificiel alors que je n’essayais même pas car je savais que le poids allait remonter et c’est ce qu’il s’est passé.
Mais cette peur de la prise de poids et du « il faut qu’elles tètent, qu’elles tètent !! » m’est restée de longues semaines. J’étais obnubilée par l’allaitement. J’avais même beaucoup de mal à me concentrer sur autre chose, à faire à manger tout simplement. J’étais toujours sur le qui-vive et il fallait que je sois à 100% disponible pour mes filles à la seconde où elles réclamaient.

Nous leur avons donné les tétines à une semaine, après avoir passé de long moment à la maternité, la nuit, debout entre les deux berceaux avec les petits doigts dans la bouche pour calmer leur besoin de succion. Il y a eu une confusion… Au début de la tétée, elles tétaient mon sein comme leur tétine.
De plus, à cause de l’utilisation de la ventouse lors de l’accouchement, Adèle avait la mâchoire qui n’était pas symétrique ce qui compliquait la tétée et me faisait un peu mal. Au bout de 2/3 semaines j’avais les tétons rouge vif, irrités. J’avais mal mais je me disais « accroche toi ça va passer ». J’ai utilisé les bouts de seins et c’était très pratique car elles prenaient le sein plus facilement surtout quand je les mettais ensemble en position ballon de rugby. Mais après deux semaines d’utilisation, Ambre ne pouvait plus s’en passer alors je me suis dit qu’il fallait vite les supprimer. Ajouté à l’utilisation de la tétine ça faisait beaucoup de confusions pour elle. J’ai bataillé une dizaine de jours pour qu’elle retète correctement sans. Et je tiens à préciser que je n’ai jamais eu de crevasses ou autres grâce à la bonne compréhension du positionnement des filles et en mettant de la lanoline après chaque tétée !

La prise de leur premier biberon ?! Un grand moment pour moi…. Avec mon lait évidemment. Elles avaient 2 mois et demi. Enceinte je m’étais dit que je tirerais mon lait pour que le papa puisse avoir le plaisir de nourrir ses filles, sans me rendre compte que ce n’est pas anodin et que c’est toute une logistique. Pour le repas de Noël nous étions invités et je préférais donner un biberon plutôt que de « déballer le généreux matos » en public (Allaiter 2 bébés en même temps n’est pas très discret et j’ai horreur que l’on me scrute pendant ce moment). Alors nous nous sommes entraînés au calme tous les 4 la veille. Moi je ne pouvais pas le donner, il m’a fallu deux semaines de préparation psychologique pour déjà accepter le fait qu’elles prennent un biberon. J’avais le sentiment de trahir mes filles et puis peut être au fond la peur qu’elles ne veuillent plus le sein… je me suis mise loin d’eux et je regardais avec les larmes aux yeux le papa très content de donner le premier biberon à ses filles. Elles l’ont englouti comme si elles avaient toujours fait ça ! En me fixant du regard !! Avec une tétine lambda et il n’y a eu aucune confusion ou refus de sein après mais peut-être un petit peu d’impatience qu’au sein ça ne coule pas aussi vite mais ce n’est que mon interprétation.

Les deux premiers mois ont été extrêmement éprouvant… je m’en félicite encore.
Je les faisais téter à tour de rôle, rarement à deux car je voulais respecter le rythme de chacune et puis c’était aussi plus simple pour l’apprentissage. La nuit je faisais jusqu’à 12 tétées… je vous laisse imaginer les minutes de sommeil qu’il restait pour moi… heureusement le papa était beaucoup présent et je dormais en général 1h30 l’après-midi. J’ai atteint des niveaux de fatigue extrême…

A leurs 3 semaines, j’ai eu un engorgement. Tous les symptômes d’une grippe et je croyais que s’en était une ! J’ai dit à mon conjoint après toute une matinée à pleurer toutes les larmes de mon corps « va acheter une boîte de lait, je suis à bout, je peux plus! ». Et heureusement un ami dont la femme a allaité prenait des nouvelles de moi à ce moment-là, je lui ai dit « je crois que j’ai la grippe ça ne va pas du tout » et c’est lui qui m’a informé que l’engorgement donnait ces symptômes. Bingo c’était ça ! Je ne l’aurais jamais deviné ! J’avais simplement une petite douleur en haut d’un sein vers l’aisselle. Et dans les semaines suivantes j’ai fait 2 débuts d’engorgement que j’ai immédiatement reconnus et soulagés par paracétamol et tétées +++. Un à cause de mon soutien-gorge trop serré et l’autre à cause d’une très grosse contrariété.

J’ai demandé conseil et du soutien à des amies qui ont eu une expérience d’allaitement long et positif mais il y a eu aussi l’entourage qui n’a pas allaité ou qui n’a pas réussi à mener à bien son allaitement et qui commente sans arrêt vos faits et gestes, veut vous donner de grosses bêtises en guise de conseil. D’où l’intérêt d’avoir de solides connaissances pour ne pas se laisser influencer. Ou dans les moments où vous avez besoin d’encouragement, on vous conseille de passer au lait artificiel alors que c’est la dernière chose que vous souhaitez. Ce n’est pas tant l’allaitement qui fatigue, c’est d’avoir deux bébés tout simplement et surtout de ne pas dormir la nuit. Je ne me serais pas vu descendre plusieurs fois au rez-de-chaussée pour préparer les biberons dans la cuisine, allumer toutes les lumières etc… Allaiter c’est avoir toujours du lait prêt et à température idéale en toutes circonstances.

Une fois nous avons même eu une coupure d’eau et d’électricité pendant 12h à la maison, j’étais ravie d’allaiter.
Elles ont souvent dormi avec moi les 2 premiers mois. Une de chaque côté et je me tournais d’un côté puis de l’autre. Alors quand je faisais téter une et que l’autre voulait aussi et pleurait dans mon dos j’avais la pression ! Mais à un moment donné j’avais l’impression qu’elles voulaient téter encore plus car en tétant allongé elles se rendormaient beaucoup plus vite et tétaient moins. Puis je pense que mon contact leur donnait envie aussi, mes mouvements les réveillaient. Alors j’ai essayé plusieurs choses et le mieux a été de les faire dormir chacune dans un berceau à côté de moi.

A 1 mois et demi/2 mois elles ont commencé à dormir 4 à 6h d’affilées puis rapidement n’ont tété qu’une fois dans la nuit. Le comble c’est que c’est moi à la fin qui leur sautait dessus pour les faire téter car mes seins étaient deux grosses boules énormes et douloureuses et puis ça me rassurait de maintenir une tétée pour la lactation. Jusqu’à la dernière nuit où à peine réveillée je les ai fait téter et elles se sont rendormies sur mes seins en 30 secondes. Je me suis dit qu’il était temps de les laisser dormir. Depuis elles dorment de 20H30 à 7h environ et ma lactation s’est réglée petit à petit. Je ne produis plus la nuit ou du moins peu.

Jusqu’à 3 mois environ, les tétées duraient en moyenne 45 min et il se passait 2h entre deux débuts de tétées. Les rares fois où elles n’étaient pas synchros, je passais de longues heures sur le canapé à allaiter. Il m’est arrivé de rester 6h sans bouger lors d’un pic de croissance certainement. Mais depuis, c’est beaucoup plus rapide. En 5/10min c’est fait !

En fait ce qu’il faut se dire c’est que chaque semaine qui arrive sera beaucoup plus facile que celle qui vient de passer et chaque petit problème va passer plus rapidement que l’on croit.
J’ai plusieurs fois craqué d’épuisement physique et psychologique car on ne peut déléguer cet acte à personne et il faut toujours être présente et disponible mais l’allaitement m’apporte une relation unique avec mes filles que personne d’autre ne peux vivre ! A chaque tétée elles se tiennent et se caressent les mains, se regardent… c’est beau à voir !

Depuis leur 2 mois je les fais téter toutes les deux ensembles en ballon de rugby. Elles sont calées pareils au niveau dodo et tétées. Alors ça rend les sorties difficiles car à l’extérieur il est difficile de les allaiter de cette façon sur un banc public ! Mais ce n’est pas grave, ce n’est que pour quelques mois. Nous arrivons à faire des petites promenades entre deux tétées. Qu’elles aient le même rythme est la clé de beaucoup de choses.

allaitement jumeauxIl y a autre chose aussi dont je voulais parler, que je n’ai lu nulle part, mais je n’ai pas tout lu non plus…. je crois que nous avons aussi une dépendance physique et psychique à l’allaitement. Et que lorsque l’on emploie le mot sevrage, il y a celui de l’enfant mais aussi de la mère. Alors surement est-ce dû à la sécrétion d’ocytocine et en sécrétant deux fois plus de cette hormone, peut être que je le ressens deux fois plus fort ? Au bout d’un mois et demi je disais à mon conjoint que je ressentais de plus en plus de plaisir à allaiter, que quand venait ce moment je ressentais presque une excitation, une grande joie ! Que j’adorais de plus en plus la sensation. Et de plus en plus j’ai ressenti la libération d’ocytocine dans mon corps. Tous les matins quand ça fait 10h ou plus qu’elles n’ont pas tété, je le ressens très fort et je suis obligée de ne pas penser à la tétée qui arrive car sinon je me provoque une éjection de lait avant. Je me suis même étonnée un soir… je les ai laissées avec leur papa pour me rendre à l’anniversaire d’une amie. A l’heure de la dernière tétée, il devait donner des biberons. Et bien à partir de 20h30 j’ai commencé à être prise d’une angoisse incontrôlable, de pleurs. J’ai dû rentrer, et ce n’était pas le fait d’être loin de mes filles car j’ai pleuré jusqu’à m’endormir…

Je crois que je suis tellement accro que j’ai décidé il y a un mois d’aller au-delà des 6 mois, de continuer en travaillant et j’ai dit à mon conjoint « Mais en fait je ne voudrais jamais arrêter je crois ! » et donc je ne me donne plus de limite et souhaiterai même aller jusqu’au sevrage naturel… et là encore une fois les remarques fusent de tous les côtés… Mon conjoint me taquine en appelant ça « Ma Drogue !! » mais il me soutient et me défend auprès des personnes non tolérantes.

Aujourd’hui elles ont 4 mois et demi et je suis tellement fière d’avoir passé ces premières semaines difficiles, si fière de nourrir mes filles par moi-même ! Elles ont une très belle croissance ! De la naissance à 3 mois, Adèle prenait 40 grammes par jour et Ambre 32 grammes alors qu’on demande un minimum de 15/20gr par jour… Elles n’ont jamais été malades malgré la période hivernale en cours. Le papa et moi avons pourtant eu une rhinopharyngite tous les deux ! Vers 1 mois elles avaient eu une conjonctivite et le lait étant entre autres antiseptique, je les ai soignées avec des gouttes de mon lait dans les yeux.

Je reprends mon métier d’infirmière libérale dans 1 mois et demi, à leur 6 mois et depuis 3 semaines je commence mes stocks. Lorsque je tire bien, c’est ma petite victoire personnelle du jour ! Je tire le plus vite possible après la première tétée du matin. Au début, forte de ma motivation, je tirais 1h après la dernière tétée du soir mais tirant de moins en moins, je me suis démotivée et ai gardé que le tirage du matin. Je regrette presque de ne pas avoir tiré plus tôt car quand elles avaient 3 mois je me souviens encore avoir tiré 400ml en 7 minutes et me dire : je m’arrête là au cas où elles se réveilleraient.

J’espère de tout mon cœur que je vais continuer à allaiter le plus longtemps possible car je le vivrais comme un échec si cette belle aventure s’arrêtait avant sans que une de nous trois ne l’ai décidé. Au delà d’un échec, ce serait un déchirement…

L’allaitement me permet de passer des heures et des heures au contact de mes filles, de les regarder, de les observer, de les connaître davantage mais aussi qu’elles me connaissent encore plus, d’échanger lors des pauses, de créer des liens encore plus forts. Nous vivons toutes les 3 des beaux moments privilégiés et je nous en souhaite encore.

Je remercie Véronique pour le dévouement qu’elle accorde à cette cause. Bravo ! Et merci d’avoir répondu à mes questions quand j’en ai eu besoin !

 

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  • allaitement et travailQuel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Je travaille en indépendante et à domicile, et j’avais repris bien avant de faire garder mon bébé : en congé parental partiel, je me reposais également sur le papa, le week-end, pour maintenir un niveau d’activité suffisant. Mon bébé n’a donc commencé la crèche qu’à ses 11 mois. Depuis septembre dernier, il y est gardé par petites journées de six heures, cinq jours par semaine. La poursuite de l’allaitement était une évidence absolue, d’abord parce que celui-ci fonctionnait très bien depuis la naissance, ensuite parce que mon bébé comme moi y étions totalement « accro », avec encore de nombreuses tétées, y compris la nuit. Et puis j’avais et j’ai toujours pour projet de suivre la recommandation de l’OMS (allaitement maternel jusqu’à deux ans et plus) et idéalement de laisser venir le sevrage naturel, tout en travaillant.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Initialement, j’avais prévu de tirer mon lait à la maison pendant mes pauses-déjeuner, puis de le faire donner à mon bébé dans une tasse de type « 360 », qu’il connaissait déjà pour y boire un peu d’eau à l’occasion. J’ai donc loué le matériel auprès d’un site Internet spécialisé, et j’ai profité de la fin de l’été pour faire un petit stock de démarrage-dépannage avec du lait congelé. C’était surtout pour me rassurer, car avec un bébé diversifié, les quantités à fournir pour la garde ne sont évidemment pas les mêmes qu’avec un bébé de trois mois ! Par la suite, j’aurais donné du lait frais, tiré au jour le jour. La crèche (parisienne et respectant la circulaire municipale sur l’allaitement en crèche) avait tout accepté, mais…

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

…mon bébé a totalement refusé mon lait tiré, qu’il soit frais, congelé, lipasé ou non. Après deux semaines d’essais infructueux, j’ai donc décidé d’arrêter les tirages, et mon bambin ne consomme du coup que des solides en crèche. J’ai également refusé l’option « un yaourt au goûter » : comme je récupère mon bambin dès 16 heures, je préfère lui proposer une tétée de retrouvailles après sa compote prise en crèche. Il tète aussi le soir et la nuit, puis bien sûr le matin. Le week-end, il est à la demande, mais ajoute rarement plus d’une tétée en journée.
Autre difficulté : malgré l’allaitement, mon bambin a été pas mal malade, et j’ai trouvé très délicat de le mettre en crèche dans ces moments-là avant la rémission vraiment complète, car il ne se réconfortait et ne se nourrissait alors plus qu’au sein. Cela dit, même en temps normal, il mange extrêmement peu en crèche, car c’est un bébé DME : la totale…

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

L’arrêt rapide des tirages m’a bien plu, car je n’ai jamais été très à l’aise avec le matériel, malgré des dons au lactarium antérieurement. J’ai trouvé ça très contraignant. J’ai eu la chance de ne jamais avoir fait d’engorgement important après l’arrêt des tirages. Ma lactation s’est adaptée très vite.
Sinon simplement tous les moments d’allaitement qui se poursuivent et ne semblent pas près de s’arrêter malgré la garde. Mon bambin aura bientôt 17 mois.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Je leur souhaite à toutes ainsi qu’à leur bébé un bel allaitement, qui continue longtemps, afin d’adoucir la reprise.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Je ne tenterais même pas les tirages : dans ces conditions très confortables (bambin diversifié, tétées de nuit qui continuent, petites journées en crèche permettant de téter à la maison), ils ne sont pas indispensables.

 

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