allaiter et travailler Je pourrai écrire des pages et des pages sur l’allaitement. C’est un vrai bonheur de ma vie ! Un accomplissement et une révélation. L’allaitement m’a facilité la maternité ! Il renforce le lien (ou en tout cas le facilite), il atténue ma culpabilité de ne pas être là tout le temps.

Je suis avocate, collaboratrice libérale. Cela signifie que je n’ai pas les droits des femmes salariées pour l’allaitement, mais que j’ai quand même un patron à qui je rends des comptes. Au moment de la reprise, j’ai fait le choix de poursuivre l’allaitement, et sur ce point-là, je n’ai  pas envisagé avoir ni son accord, ni son assentiment ! Cela signifie aussi que je ne suis pas beaucoup à la maison (tétée du matin 7h30, tétée du soir 19h30 au plus tôt) !

Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai choisi de poursuivre l’allaitement pour ma fille (née en 2015) et j’ai fait d’autant plus ce choix pour mon fils (né en 2017).  Pour ma fille, je ne savais même pas qu’on pouvait allaiter « longtemps » (après 3 mois) ou en travaillant. Je n’avais jamais entendu parler de tire lait, je ne savais pas que ça existait. A la maternité ils nous ont donné un petit livret pour écrire les premiers jours, à la fin de ce livret il était indiqué : allaitement pendant 6 mois exclusif ???? Je me suis renseignée ! J’ai trouvé ce site, j’ai lu des témoignages et je me suis dit ok je m’organise et on verra bien ! Pour ma fille, je n’ai eu de cesse que de repousser « ma limite », j’ai arrêté à ses 15 mois pour cause de 2e grossesse. Le sevrage a été assez doux. Pour mon fils, 15 mois actuellement, je n’ai plus de limite ! On verra bien !

Comment vous êtes-vous organisée ?

Si je ne savais pas qu’on pouvait allaiter et travailler, je voulais quand même allaiter et le plus longtemps possible. J’avais donc décalé le plus possible mon congé maternité pour pouvoir profiter de ma fille et l’allaiter. J’ai fait le même choix pour mon fils. J’ai donc bénéficié de 14 semaines avec ma fille et de 15 semaines avec mon fils. (Je suis profession libérale, le RSI nous autorise à cesser le travail à j-15). Donc j’ai repris le travail, mes enfants avaient 3 mois. Ma fille allait chez ma mère et la nounou, donc très facile pour gérer le lait, l’une comme l’autre suivaient mes recommandations, et je pouvais aller sur place le midi.

J’ai voulu tirer mon lait 3 fois par jour. J’ai vite renoncé car les locaux où je travaillais à l’époque,  étaient  peu adaptés. Je tirais donc le matin avant de partir, juste après la tétée, et le midi après la tétée également. Je tirais les DEUX seins et pas seulement celui qui n’avait pas été pris par ma fille. Tirer le lait juste après que ma fille ait pris me permettait d’avoir un tirage efficace. (Le matin 200 ml minimum et le midi 150 ml minimum). J’ai eu très vite du surplus (mais je ne savais pas qu’on pouvait donner au lactarium). J’ai tiré mon lait jusqu’à ses 10 mois. Ensuite j’ai poursuivi l’allaitement sans lait tiré (je rentrais toujours le midi) jusqu’à ses 15 mois où j’arrivais à la fin du premier trimestre de ma 2e grossesse et c’était devenu compliqué pour moi. Elle a tété la nuit jusqu’à ses 12 mois. L’organisation était somme toute facile compte-tenu du fait que c’était une nounou et ma mère.

Pour mon fils c’était la crèche, donc une organisation beaucoup plus réglementée. Il fallait préparer tous les biberons à l’avance (sans savoir combien il allait avoir besoin sur la journée c’est très difficile de savoir si lors d’une tétée il aura besoin de 100 ou 200 ou 60 ml ! et bien sûr si c’est chauffé et non bu dans les 30 minutes c’est jeté !!). Je ne pouvais pas venir le midi pour l’allaiter (même si la crèche l’autorisait). J’ai repris grosso modo la même façon de tirer. Une fois le matin et une fois le midi. Comme je ne pouvais pas rentrer le midi, j’ai poursuivi le tire-lait jusqu’à ses 12 mois. Il est toujours allaité (15 mois) le matin et le soir et le weekend à la demande.

Autre remarque utile peut-être pour des mamans :

J’avais plusieurs kits, donc je rinçais juste le kit de tirage du matin, idem le midi, et mon mari (il était très investi) faisait la vaisselle du tout le soir.

J’avais fabriqué avec une brassière de sport un « kit main libre » (petit trou dans le bonnet – cette astuce fonctionne avec les kits de chez medela où la téterelle se détache)

Tirer son lait en se détendant (lire un magazine, écouter de la musique, regarder une série)

Quelles ont été vos principales difficultés ?

Pour mon premier allaitement : la course le midi ! J’avais 1h30 je devais allaiter ma fille et tirer mon lait et manger et faire l’aller-retour !  (Avec mon kit main libre je tirais le lait en mangeant)

Pour mon deuxième allaitement : l’organisation avec la crèche, gérer les multiples biberons de quantité différentes et les étiquettes, l’impossibilité en pratique de donner du lait congelé car le protocole était trop complexe (ou alors il fallait mentir sur le fait que le lait ait été congelé – je l’ai fait 2 ou 3 fois). Transporter mon tire-lait tous les jours dans le métro et les remarques de collègues qui ne voulaient pas voir le lait dans le frigo commun (j’ai dû improviser des « caches » biberons).  La «course » le midi pour avoir le temps de manger, puis d’aller tirer mon lait. La fatigue qui faisait que parfois j’avais très peu de lait et donc le stress de me dire que mon fils n’aurait pas assez le lendemain. L’attitude du médecin de la crèche qui met clairement des bâtons dans les roues, qui voulaient absolument que je donne le biberon à mon fils avant son arrivée à la crèche ! (elle n’a jamais dû entendre parler du risque de confusion sein-tétine). J’ai été en flux tendu tout le temps où mon fils avait des biberons. Je n’avais pratiquement aucun stock d’avance. La fatigue joue beaucoup dans la production de lait je pense.

Quels ont été vos meilleurs moments ?

Chaque tétée ! Pour ma fille celle du matin au réveil, pour mon fils celle du soir avant de l’endormir ! De vrais moments câlins. J’aime toutes les étapes de l’allaitement, mais j’adore vraiment l’allaitement à partir de 5 mois jusqu’à 10 mois ! Je ne sais pas pourquoi !

Le soutien de mon mari (je n’ai pratiquement jamais lavé moi-même les kits !!)

Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

 Essayez ! Vous verrez bien ! Ne posez pas la question à votre travail, informez les, mais en ayant déjà pensé à comment vous allez faire pour 1/ être sure de vous, et 2/ qu’ils ne tentent pas de vous dissuader !

Pour moi : allaiter c’est l’une des seules choses que je fais pour mes enfants dont je suis sûre qu’elle leur est bénéfique !

Une maman disait sur ce site à tire d’aile (je reprends l’idée, je n’ai plus les mots exacts) déjà qu’on doit repartir travailler, qu’on doit les laisser toute la journée, ce serait dommage de perdre en plus ce lien magnifique !

Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Oui j’allaiterais à nouveau un autre enfant. Et je ferais tout pour concilier l’allaitement et le travail ! Je ne changerais rien du tout, surtout que maintenant, je suis très équipée ! Sauf peut-être que j’envisagerais mieux le don de lait !

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Sophie est anesthésiste en libéral et fait des gardes hospitalières.

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

j’ai repris à plein temps aux 4 mois et demi de mon bébé. C’est parce que je changeais de lieu d’exercice que j’ai pu reprendre aussi tard. C’était à la fois une chance mais également stressant parce que nouvel endroit.
Autant prévu d’allaiter environ 6 mois la case tire-lait était incontournable, avant même d’accoucher j’avais rempli la demande de tire-lait à grandir nature pour avoir le Medela Symphony et j’avais rencontré une consultante en lactation.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Je prends ma nourrice 55 h par semaine et je fais par mois 2 gardes de 24 h.
J’avais donc besoin d’avoir du stock.
J’ai commencé à tirer vers 4 semaines au début pas longtemps et pas tous les jours. Ça ma permis de voir le temps que ça me prenait le temps de vaisselle et quel moment de la journée était le plus adapté (le matin pour moi).
Jusqu’à 2 mois et demi j’ai donné mon lait au lactarium.
Je pensais reprendre le travail plus tôt et j’avais une nourrice à partir de ses 3 mois date où j’ai commencé à le mettre quelques heures par ci par là en augmentant progressivement.
J’ai commencé à être régulière sur les tirages à ce moment là.
J’ai testé différentes forme de stockage (petits glaçons, bâtonnets et enfin sachets) pour choisir finalement les sachets à plat pour gagner de la place.. J’ai aussi vérifié avant de stocker une grande quantité que mon lait ne lipasait pas.
Ayant un bébé glouton il a toujours accepté mon lait donc j’ai stocké de 120 jusqu’à 180 ml par sac.
Le choix du contenant a été source de stress et d’interrogations.
On lit partout qu’il ne faut pas utiliser de biberon pour éviter la confusion mais les alternatives ne me paraissaient pas adaptées à la fois pour mon bébé comme pour ma nourrice qui garde 4 jeunes bébés.
J’ai donc pris le « risque » et il n’y a pas eu de problème.
C’était son premier bébé allaité je lui ai donc expliqué de ne pas lui donner trop vite, s’il avait l’air d’avoir faim à la fin de lui faire un câlin.. Au final j’avais peur qu’elle décongèle mais elle ne m’a jamais jeté de poche.
Je lui laissais 2 poches par journée gardée mais elle avait toujours les 2 poches du lendemain + un stock au congélateur.
Le soir elle essayait de le faire patienter si elle savait que j’allais arriver.

Pour les tirages j’ai tiré tous les matins avant qu’il tète, WE compris jusqu’à ses 6 mois+ 1 fois à midi +en partant du travail.
J’ai eu la chance de découvrir une salle de tirage en néonatologie avec tire-lait et kit à disposition ce qui m’a grandement changé la vie.
J’avais plusieurs mini glacières souples un peu bariolées pour ranger ma brassiere et mes biberons.

Quand je le récupérais c’était tétées à volonté.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Retour de couche la première semaine de l’adaptation je ne tirais pas assez, heureusement que j’avais du stock. Idem avant de reprendre le travail je n’ai pas tiré pendant les vacances de noël, il a fallu à nouveau 15 jours pour récupérer mes quantités.
Se lever plus tôt tous les jours est fatiguant à la longue. Devoir calculer chaque jour quel est le moment le plus opportun pour ne pas gêner le travail (même si mes collègues ont été très arrangeants).

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Les meilleurs moments sont clairement les retrouvailles, les sourires et pouvoir aller partout avec son bébé sans presque rien prendre.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Choisir le bon tire-lait, se faire accompagner par une conseillère (les forums ne sont pas très adaptés lorsqu’on travaille beaucoup/ culpabilisant etc).
Avoir du stock ma permis de reprendre sereinement, de pas faire un drame si un tirage saute. Cela ma permis d’avoir du lait 3 mois après l’arrêt des tirages.
Assumer devant ses collègues mais ne pas attendre des fleurs ou des félicitations c’est un choix personnel. Idem être inflexible sur les horaires quelle que soit la charge de travail…se mettre à dos ses collègues est à mon avis néfaste sur le long terme.
Chercher personnellement l’endroit le plus adapté pour tirer.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Si c’était à refaire je referais pareil mais en stressant beaucoup moins.

Lait maternel exclusif 9 mois.. Allaitement mixte quand je suis au travail 9 mois -1 an, exclusif si non.

 

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Vous avez été presque 300 à répondre à mon questionnaire de la semaine dernière ! (297 exactement)

Un grand merci à vous !

Je vous livre les résultats de ce sondage :

Sur les réponses à cette question, j’ai pu mesurer toute l’inventivité dont vous faites preuve. Les réponses les plus courantes sont :

  • obtention d’un congé pathologique
  • congé parental
  • démission de votre emploi
  • reprise d’activité plus tardive
  • Congés sans solde
  • Passage en temps partiel.
  • report des semaines de congés de grossesse après la naissance
  • Baisse d’activité
  • Rupture conventionnelle
  • Convention collective prévoyant un « congé allaitement »

Pour plus de 60% d’entre vous, vous avez pris plus de 6 semaines supplémentaires pour l’allaitement et pour 44.4%, c’est même plus de 3 mois.
C’est avec ces réponses que l’on mesure bien à quel point le congé maternité est trop court aujourd’hui.

Le fait de disposer d’une salle d’allaitement sur son lieu de travail ne ferait changer d’avis que 25% d’entre vous. Pour les 3/4 d’entre vous, vous repousseriez de toute façon la reprise du travail.

Et vous ne regrettez pas votre choix !

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allaiter et travaillerNous allons le mois prochain fêter avec ma fille nos 3 ans d’allaitement. Moi qui me disait « j’essaye 1 semaine »…

La reprise du travail c’était pour ses 5 mois.
Je travaillais dans une petite entreprise de 10 personnes, avec un siège anglais, en open-space et depuis que l’entreprise s’était implantée il y a 4 ans j’étais la première à allaiter. Ce n’était pas gagné à première vue.

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Les premiers mois avaient été très compliqués et maintenant ça se passait bien ; alors je voulais continuer.
J’ai choisi de continuer l’allaitement exclusif jusqu’à 6 mois, avec l’aide de mon assistante maternelle.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Je n’avais que très très peu de stock.
Le matin je donnais un sein à ma fille et je tirais l’autre, j’arrivais à tirer 50 ml en même temps que mon petit déjeuner.
Je tirais dans le local informatique le midi, sur mon heure de pause, encore 50 ml sur les deux seins (j’étais dans de moins bonnes conditions je tirais moins).
Puis le soir je tirais encore 50 ml en tirant les deux seins.
Le week-end je continuais soir et matin pour refaire des réserves pour les jours où je tirais moins.
Elle partait donc chez la nounou avec ses 3 contenants de 50 ml et j’en donnais un congelé en plus.
Ca a marché jusqu’à ses 9 mois. Elle n’a pas augmenté la dose car elle s’est diversifiée dans le même temps.

A ses 9 mois j’ai changé de travail, structure encore plus petite. Pas de salle supplémentaire, nous sommes passées en mixte. Lait en poudre chez l’assistante maternelle et nous avons conservé les tétées du matin, retrouvailles, couché et nuit et à volonté le week-end.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Mes principales craintes étaient de ne pas avoir le 4e biberons. Mais avec les petits stocks reconstitués le week-end ça s’est bien passé.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

L’aide de mon assistante maternelle a été très importante, elle avait la gentillesse de me laver les biberons ce qui me simplifiait les soirées. Je lui avais fait une feuille sur la conservation, les mélanges possibles et elle n’a jamais jeté une goutte de lait, m’aidant à optimiser mon stock.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Si vous devez faire un choix faites-le en essayant ce que vous dit votre coeur, et donnez-vous quelques moyens matériels (glacière adaptée, sachets congélations… contenants pour la congélation sécables…). Faites de votre mieux et ce qui est possible et vous aurez le coeur léger, quelque soit le résultat.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Si c’était à refaire je ferais pareil, c’était intense mais je voulais lui donner uniquement mon lait le plus longtemps possible et je l’ai fait, même si j’aurais aimé continuer plus longtemps, ce n’était plus possible.

Merci à toutes les mamans qui ont donné leur témoignages et qui m’ont aidée à trouver ma solution, merci pour ce blog que j’ai beaucoup parcouru.

Bon chemin à toutes !

 

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allaitement et travailMon allaitement a été, à ses débuts, très difficile. Je me rappelle très distinctement allaiter dans la cuisine, alors que ma petite a environ deux mois et dire à mon mari : je crois que c’est la première fois que j’apprécie réellement cet allaitement.

Pourquoi ai-je persévéré ? A vrai dire, je n’ai pas de raison. Lorsque j’étais enceinte, je ne faisais pas de l’allaitement une obsession. Je disais, bêtement, « j’allaiterai si je peux, on verra. » L’équipe de la maternité était géniale et respectueuse de mon choix sur l’allaitement. J’avais d’ailleurs un suivi un peu privilégié car une très bonne amie était auxiliaire de puériculture dans la clinique. Mais, la naissance de ma pitchounette s’est suivi d’une dispute assez profonde avec ma famille qui m’a beaucoup affectée. Je pense que cela explique les difficultés de mise en place de la lactation.
Toujours est-il que le 3ème jour, ma pepette avait perdu beaucoup de poids. Pour moi, je ne voulais pas mettre en balance la santé de mon bébé et la réussite d’un allaitement. Il y a donc bien eu par ci par là pendant deux premières semaines quelques petits compléments. Je passais plusieurs heures par jour avec le bébé au sein. Quand je lisais, «un nourrisson tête 7 fois par jour et dort 18 heures »… la mienne tétait 20 min toutes les 40 minutes et n’acceptait de dormir que le sein dans la bouche, sur moi, jour et nuit. Là, c’était dur.

Si je m’examine en conscience, j’ai continué pour 3 motifs que je veux partager :

  • La simplicité. J’ai lâché prise. Tout a commencé à aller mieux alors que j’ai arrêté de noter les heures de début, de fin, sein droit, sein gauche… Rien que de parler de cette feuille, pfff… et, j’ai envoyé balader soutien-gorge voire tee-shirt ! C’était tellement plus simple. Résonnent en moi, les mots lâchés par la sage-femme à mon départ (alors que je n’arrivais pas à faire téter à droite) : « l’allaitement, c’est pour les mamans cools ».
  • La conviction intime que ça ne serait pas plus facile avec un biberon. Et honnêtement, l’allaitement c’est LA solution de facilité. Je n’imagine pas aujourd’hui devoir me lever à 3 heures du matin pour préparer un biberon ! Ma fille est un bébé qui n’a presque pas pleuré, que je pouvais amener partout : la solution simple à tout était de la mettre au sein. C’est ce qu’elle voulait et rien d’autre. Je suis son doudou, c’est parfois contraignant mais c’est un grand honneur et au fond, c’est quand même plus logique qu’elle veuille sa maman plutôt qu’un bout de plastique ou qu’une poupée (pas faute d’avoir essayé).
    On a une image de l’allaitement comme choix de maman plutôt casanière, mais la réalité c’est qu’allaiter est le mode d’alimentation le plus rassurant et le plus pratique quand on est une maman nomade. Je pars dans la journée quand je veux, je peux la nourrir partout, sans préparatif. Je peux aller quelque part et décider de ne pas rentrer manger chez moi. Si ma pépette a des selles liquides, remède : tétée ; si elle est constipée : tétée ; si elle a de la fièvre : tétée. C’est pas magique ?
  • Mon mari est pro-allaitement. Ainsi que ma mère. Aucun des deux ne m’a poussé à continuer. Ils m’ont même dit, « arrête, si c’est pour mal le vivre ». Mais, je savais qu’ils y étaient favorables. Je savais qu’ils pensaient que c’était le mieux pour pitchounette. A ceux qui pensent que le père est mis de côté : il est vrai qu’il n’y avait que moi pour apaiser notre fille lorsqu’elle était nourrisson. A quelques mois déjà, ce n’était plus le cas. Mon mari a pris un congés parental de 5 mois. Il a pris ma relève lorsque j’ai repris le travail, tout en allaitant.

Comment s’est passé ma reprise ?

Jamais je n’aurais pensé reprendre le travail et continuer à allaiter. Pour moi, il était clair que le sevrage s’imposerait avec la reprise.

Nous sommes partis en vacances en Croatie juste avant ma reprise et pour moi, il était impensable de la sevrer à 8 mois, en pleine crise de la séparation, pendant des vacances où l’on est bien content de ne pas se traîner pack d’eau, lait artificiel et biberon… C’est votre site qui m’a montré que c’était possible.

La pédiatre m’a dit : un laitage en plus à midi et un laitage au goûter. J’avoue qu’on ne le fait pas vraiment car elle n’est pas fan (mais vu tout le fromage qu’elle s’engouffre je ne me fais pas de souci). Pas de biberon. Elle était diversifiée depuis ses 6 mois. J’ai donc continué l’allaitement à la demande quand j’étais là, et les jours de travail à minima une tétée le matin et le soir. Quand j’ai repris le travail, j’avais 7 poches de lait congelé au cas où je partirais tôt ou rentrerais tard. Je n’ai jamais tiré mon lait au travail.

Aujourd’hui, Pitchounette a plus d’un an (et quelques jours). Je l’allaite encore. Je ne sais pas quand j’arrêterai. Demain ? Dans 2 mois ? Dans 6 mois ? Plus ?

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Alice est née le 28 mai. Mon mari et moi souhaitions qu’elle soit allaitée. Nous ne nous étions que peu renseignés pendant la grossesse sur l’allaitement mais étions vraiment motivés. Ma seule crainte était que « ça ne marche pas » et que je ne sache pas gérer ma déception.
Après sa naissance nous avons été un peu esseulés car la maternité était surchargée. J’ai essayé de mettre Alice au sein pour une tétée d’accueil mais ne savais pas bien comment m’y prendre. Une sage femme me l’a finalement mise au sein 3h après sa naissance.

Ensuite, durant les premiers jours, j’ai connu quelques difficultés pour bien la mettre. Les sage-femmes étaient débordées et passaient en coup de vent, essayant de m’aider comme elles le pouvaient. Finalement, le 3è jour, une sage-femme m’a remontré bien calmement et est restée plusieurs minutes pendant la tétée, j’ai fini par prendre confiance, bien comprendre comment faire et mieux m’y prendre. En parallèle, j’ai aussi ressenti une grande pression de la part du personnel médical: si tu veux que ton allaitement marche il faut lui donner très souvent pendant les premières semaines (toutes les 2-3h), y compris la nuit et il faut la réveiller pour lui donner, « merci de mettre votre réveil à sonner ». Cela m’a non seulement épuisée mais complètement stressée.
De retour à la maison nous avons continué avec ce rythme effréné. Le problème c’est que notre bébé pleurait beaucoup et avait beaucoup de mal à se rendormir. Quand elle finissait par dormir c’était déjà presque l’heure de la réveiller pour la tétée suivante! Au bout d’une semaine environ elle avait repris son poids de naissance et pour notre survie nous avons décidé d’allonger les périodes de sommeil la nuit. Si elle dormait 4 ou 5h alors nous aussi!
Dès le 3è jour d’Alice j’avais ressenti des douleurs à un téton mais les sage-femmes disaient qu’il n’y avait pas de crevasse et rien de visible, que ça passerait. Plus le temps passait et plus j’avais mal, y compris au deuxième. Les débuts de tétée devenaient vraiment difficiles. J’en ai parlé à la sage-femme qui venait à domicile. Elle a hésité entre une infection ou une candidose et m’a traitée pour les deux: crème antibiotique, crème antifongique sur les tétons et huile de coco dans la bouche de bébé après chaque tétée. Alice n’avait pas de muguet (et n’en a jamais eu). Les symptômes ont un peu régressé mais revenaient. Nous avons donc attaqué le deuxième traitement quans Alice a eu 3 semaines: la gentiane violette. Que ce fut difficile pour moi de voir mon bébé avec le tour de la bouche tout violet, comme un petit clown. Comme je culpabilisais de lui infliger ça! J’interdisais à tout le monde de prendre des photos. De nouveau les symptômes ont été très attenués mais sont revenus en puissance. Finalement, j’ai pris un troisième traitement: antifongique oral. Là les symptômes sont passés. Et revenus 2 semaines plus tard… J’en ai parlé à ma gynécologue qui m’a dit que je portais surement le champignon sur moi en permanence et que je ne pourrai pas l’éradiquer. Elle m’a prescrit plusieurs cures d’antifongique oral et m’a dit d’en prendre quand les symptômes étaient trop forts. D’apprendre que je pouvais arrêter de lutter, que je ne pourrai pas gagner, m’a beaucoup aidée psychologiquement. J’ai même eu un répit de plusieurs semaines. Après quelques cures, les comprimés ne m’ont plus fait d’effet, je pense que j’ai développé une résistance. Par contre, j’ai appris à maîtriser la douleur et le champignon: cure intensive de tisane de gingembre, huile de coco sur les seins et sommeil encouragé (en épisode douloureux je ne me lève plus la nuit, c’est mon mari qui gère tout et m’amène le bébé dans le lit si besoin de tétée), si douleur insupportable je tire mon lait et ne donne plus le sein pendant 24h. C’est mon remède et c’est ce qui marche le mieux pour moi et m’a permis de continuer l’allaitement malgré cette candidose chronique.
J’ai voulu continuer à allaiter en reprenant le travail. J’ai repris quand Alice a eu 4 mois. La crèche acceptait de donner du lait maternel. Nous avons décidé d’introduire les purées de légumes à ses 4 mois : elle a beaucoup souffert de coliques et de reflux, on espérait que le solide l’aide et cela me permettait aussi d’avoir moins de lait à apporter à la crèche et ça me rassurait. Mon entreprise encourage l’allaitement en offrant l’accès à une salle pour tirer son lait : fauteuil confortable, réfrigérateur, magazines, évier, calendrier de réservation etc. Ce fut un fiasco total pour moi: 7 minutes de marche pour aller à la salle, 50 minutes pour tirer une quantité plutôt faible de lait… J’étais hyper stressée et même si j’avais le droit de prendre jusqu’à 2h par jour pour le faire ça ne me convenait pas et je culpabilisais. J’ai ensuite trouvé la solution qu’il me fallait : trouvé la clé de mon bureau, tiré tout en travaillant (pas de culpabilité=pas de stress=production en très nette hausse), stocké mon lait dans des pots opaques dans le frigo commun du groupe et fait tout le nettoyage aux toilettes. Je tirais 2 fois par jour.
Je l’ai fait jusqu’aux 7 mois d’Alice où nous avons profité d’une semaine de vacances pour introduire un deuxième repas solide dans la journée. Dès lors je n’ai plus eu besoin de fournir de lait à la crèche et ai arrêté de tirer mon lait au travail (ce qui m’a quand même bien soulagée). Je me disais que si la lactation s’arrêtait ce n’était pas grave, que j’avais déjà fait 7 mois et j’en étais heureuse.
Finalement ma lactation a continué et nous avons toujours une tétée matin et soir. Parfois j’ai l’impression que j’ai moins de lait et qu’elle a toujours faim, nous complétons donc, soit par un biberon de lait maternel (il reste encore un peu de stock au congel), soit par du lait en poudre. Quand les épisodes de candidose sont trop fréquents ou douloureux il m’arrive de penser que nous allons nous sevrer prochainement mais pour l’instant Alice a 10 mois et nous profitons de chaque jour l’un après l’autre.
Ce que je retiens en vrac :
  • Il faut une motivation vraiment forte pour un allaitement réussi.
  • Mon mari a été d’un soutien inconditionnel et fondamental. Quand autour de moi tout le monde me conseillait d’arrêter car j’étais épuisée ou que j’avais très mal, il m’a toujours soutenue et encouragée. Il a toujours été le seul à comprendre qu’arrêter me ferait plus de mal psychologiquement que de bien physiquement. Je lui en serai reconnaissante pour toujours.
  • Je suis d’un caractère tempéré et n’aime pas les affirmations extrémistes ou jugement sur le choix des autres, par crainte de cela je ne me suis pas rapprochée de forum ou associations pour aider à l’allaitement et ce fut une erreur. J’ai écrit un mail une fois à la leche league et la réponse que j’ai reçue m’a beaucoup aidée et m’a fait sentir « normale ». Je pense qu’il suffit de rencontrer les bonnes personnes et que l’aide que l’on peut recevoir est vraiment bénéfique.
  • Pendant mon congé maternité tous les matins c’est mon mari qui donnait le premier biberon (vers 6h). Ca me permettait de dormir une heure de plus (sommeil de plomb sans guetter les petits bruits de bébé) puis de tirer mon lait (qui serait donné le lendemain matin) et de les retrouver tous les deux qui venaient de passer un moment privilégié ensemble. Ce mode de fonctionnement m’a été d’une grande d’aide.
  • En dehors de la candidose j’ai eu des conditions idéales d’allaitement, tout a toujours très bien marché et je connais ma chance.
  • Alice n’a jamais posé de problème pour prendre le biberon (tétine calma de medela pour les 3-4 premiers mois et le biberon du matin avec papa), ni ensuite pour les repas soit au biberon soit au sein, avec du lait maternel ou en poudre… tout passe!
  • Si c’était à refaire : je le referai 🙂

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