• allaitement et travailQuel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

L’allaitement était avant même la naissance de ma fille une évidence ! J’ai été amenée à reprendre le travail à ses 6 mois, une reprise un peu chaotique avec un mode de garde qui n’a pas convenu et du rafistolage (ma maman, des congés sans soldes pour moi…) jusqu’à ses 10 mois pour me permettre de travailler. Mais de toute façon la poursuite de l’allaitement n’était pas négociable. Parce que je suis persuadée de l’importance pour la santé de ma fille de la poursuite de l’allaitement, mais aussi de l’importance qu’a la relation qui nait de l’allaitement pour sa sécurité émotionnelle et son équilibre cognitif.
Je ne suis pas en train de dire que les mamans qui choisissent de ne pas allaiter ou de ne pas poursuivre l’allaitement à la reprise du travail sont dans le faux, je partage juste un sentiment profondément ancré en moi qui fait que depuis très longtemps, avant d’être enceinte, je défends l’allaitement comme étant indissociable de la maternité.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Ma petite gloutonne tète 3 à 4 fois la nuit depuis notre sortie de la maternité (14 mois maintenant). Du coup la dernière tétée de la nuit se fait vers 5h30 et avant de partir je lui propose une petite tétée. Au début, elle venait de commencer la diversification et la tétée était copieuse, et maintenant que je lui propose un fruit et du pain au petit déjeuner, la tétée varie en fonction des jours, et de la durée de la dernière tétée «nocturne».
Et puis j’ai loué un tire-lait compact et sans fil que je promène avec moi au travail et lors de mes déplacements. Je tire mon lait le midi et vers 16h00 ce qui me permet en moyenne d’avoir 170 à 220 ml par jour.
Mon petit crapaud n’a jamais tété beaucoup au biberon, elle boit maximum 160 ml chez ses nounous. Du coup je congèle le surplus ce qui me permet d’être plus sereine.
Ce qui est vraiment facilitant pour moi c’est que je dispose d’un bureau dans lequel je suis seule et qui me permet de tirer mon lait en toute discrétion et sérénité. Et par ailleurs je dispose d’un point d’eau et d’un frigo, ce qui m’apporte une réelle sérénité quant au respect de la chaine du froid et l’hygiène.
Aujourd’hui c’est une routine bien huilée, la tétée du matin avec le petit déjeuner, je tire mon lait après mon déjeuner (12 minutes au total pour obtenir 170 ml), éventuellement si mon emploi du temps me le permet je tire de nouveau mon lait vers 16h30 (12 minutes pour environ 120ml) et hop direction la Maison d’Assistantes Maternelles pour chercher mon crapaud.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Je retiens 3 difficultés majeures :
– Le plus difficile a été « l’avant reprise ». Je me suis créé des angoisses de toutes sortes. Aussi j’ai parcouru des heures et des heures des forums, et notamment celui de Véronique, qui me permettait de me projeter avec des témoignages rassurant mais aussi alimenter mes angoisses : confusions seins tétines ? quelle tasses à bec choisir (je refusais de lui proposer le biberon et au final j’ai cédé après quelques jours d’essais chez sa première nourrice) ? comment argumenter auprès de la nourrice pour l’utilisation de la tasse à bec vs le biberon ? comment faire comprendre le rythme spécifique de tétées (maximum 10 minutes) mais jusqu’à 25 tétées par jours ?

– Les premières fois avec le tire lait ne furent pas concluantes … 20 ml maximum. Et plus l’angoisse de ne pas parvenir à constituer un stock de lait était présente, moins je tirais mon lait efficacement, surtout que pendant ce temps, ma fille tétait allègrement, ce qui ne me laissait pas beaucoup de marge de manœuvre. J’ai fini par relâcher la pression et j’ai réussi à tirer de quoi nourrir ma fille 2 jours en lait congelé et le lait frais a pris la relève naturellement dès le deuxième jour de garde.

– Je dois toujours anticiper mes déplacements pour permettre le biberon du petit déjeuner donné par son papa, ceux de la journée et celui du soir avant que je rentre mais aussi ceux du lendemain. Les semaines qui précèdent, j’essaye de tirer plus pour stocker plus…. Et c’est toujours dans ces moments que des aléas vous tombent dessus : réunions qui s’éternisent, votre bébé qui tombe malade et vous restez avec lui… Mais j’y suis toujours parvenue, souvent dans le stress, mais le résultat était là. Le problème lors des quelques déplacements d’une journée (départ 5h00 retour 20h00) que j’ai été amenée à faire, c’est que je tire mon lait sans volonté de le conserver (chaine du froid pas respectée et je suis un psychorigide sur ce sujet). Du coup tirer son lait aux toilettes me coupe le réflexe d’éjection et savoir qu’une fois tiré, c’est direction « égouts » renforce la difficulté. Ces soirs là quand je rentre j’ai les seins comme des pastèques et ma fille a pour mission de téter !

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Je ne vais pas mentir, la reprise du travail n’était pas pour moi un plaisir et si je l’ai fait c’est uniquement pour une raison financière. Alors parler de meilleurs moments…. Non je n’en ai pas eu. Pour autant c’est vrai qu’on parle souvent de la tétée retrouvaille, c’est devenu pour nous aussi un rituel doux qui nous amène, ma fille et moi, à ne rien faire pendant 10 minutes après notre arrivée à la maison. Juste être toute les deux. Et parfois même l’impatience a fait que je me suis assise sur le petit meuble à chaussures dans le sas d’accueil de la MAM ou ma fille est accueillie pour lui donner le sein…

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Écoutez votre cœur !!!!! Sincèrement, si votre bébé et vous n’avez aucune envie de mettre un terme à ce lien si doux qu’est celui de l’allaitement, alors donnez-vous les moyens et foncez !
Trouvez un tire-lait qui est compact qui vous permet de transporter votre lait avec des blocs de glaces. Trouvez-vous un endroit sur votre lieu de travail qui vous permet de tirer sereinement votre lait. Et en avant l’aventure !
Sincèrement ne vous arrêtez pas pour le regard des autres ou de votre hiérarchie. Il m’arrive de faire ma petite vaisselle quand certains de mes collègues (majoritairement des hommes) se trouvent en salle de pause. Au début j’étais discrète et maintenant je continue de l’être mais j’assume totalement la démarche surtout que la plupart sait que je tire mon lait. A une collègue avec laquelle je m’entends bien je dis « je vais au pré». Pour les mamans dont le métier est moins sédentaire que le mien, je pense que c’est une question d’habitude, une voiture peut devenir un endroit serein si on s’y sent bien à condition d’avoir de quoi stocker son lait convenablement.
Et puis surtout n’écoutez pas vos proches, vos amis, votre belle-famille, éventuellement vos parents, vos collègues et même trop souvent nos médecins qui vous diront que l’allaitement n’a pas de sens sur le long terme, que votre lait n’est plus bon, que cela vous fatigue trop, que vous devriez donnez du lait maternisé… j’ai une collègue qui vit l’aventure elle aussi et elle réponds à la question « tu comptes l’allaiter jusqu’à quand ? bah jusqu’à ses 18 ans et après elle choisira … »

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Bref, si c’était à refaire…. Sans hésitation oui je le referais ! En revanche, j’essayerais de ne plus me prendre la tête et d’angoisser avant l’heure (facile à dire…), en tout cas pour mon deuxième je me ferai confiance et surtout je lui ferai confiance. C’est ce qui m’a fait rater quelques doux moments d’endormissement au sein parce que pendant que mon crapaud tétait en fermant ses jolis yeux, moi je cherchais compulsivement sur internet des réponses à mes angoisses. Mais bon, il fallait bien avoir une première fois. Reprendre le travail c’est déjà renoncer à une partie de son rôle de maman, c’est accepter les règles d’une tierse personne qui vous impose plus ou moins sa façon de faire pour votre petit bout, alors continuer à lui permettre de boire notre lait, c’est un peu l’accompagner pendant notre absence.
Aujourd’hui ma fille a 14 mois, elle est diversifiée depuis ses 6 mois et continue à téter à la demande, et je continuerai jusqu’au sevrage naturelle. Pour finir, si je peux conseiller un ouvrage, certes très psychosociale, mais tellement décomplexant pour tout parents qui s’engage dans l’aventure de l’allaitement : « L’allaitement long expliqué à mon psy, mon généraliste mon pédiatre, ma voisine…, Agnès Vigouroux, Editions du Hêtre, 2015. »

Je vous souhaite à toutes un bel allaitement !!

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Je suis la maman d’un petit garçon de 3,5 mois que j’allaite exclusivement depuis sa naissance. Depuis 2 jours (oui c’est tout frais) j’ai repris le travail et j’ai décidé de donner mon lait à la nourrice.

A partir de 1 mois et demi j’ai commencé à tirer mon lait pour en faire un petit stock au congélateur. Mon fils tétait et de l’autre sein je tirais mon lait (tire-lait Kitett Fisio en location). J’étais assez dubitative parce que je tirais environ 200 ml par jour ce que je trouvais peu mais mon médecin qui s’y connait bien en allaitement puisqu’elle a allaité sa fille jusqu’à 2 ans et demi m’a dit que c’était une très bonne « consommation » puisque mon fils continuait à téter toute la journée. J’ai réussi à me constituer un stock d’un peu plus de 2 litres au congélateur (avec le recul et pour un second allaitement je pense que je m’y prendrai plus tôt et de façon plus régulière pour avoir un stock plus conséquent).

Comme je suis une maman assez stressée et angoissée nous avons décidé avec le papa d’habituer notre fils au biberon environ un mois avant la reprise. Premier essai (avec papa, moi à l’étage) avec une tétine Calma de Medela, mon fils a bu 90 ml. Deuxième essai (toujours papa et même tétine) : refus (je n’étais pas très loin et il était affamé…). Troisième essai (avec la mamie et même tétine) : 60 ml mais beaucoup de mal à prendre le biberon.
Voyant la reprise arriver à grand pas nous avons donc décidé de changer de tétine : Biberon Mam avec tétine débit 2. Mon fils a englouti le biberon et n’a plus voulu le sein de toute la journée, ça coulait plus vite que le sein et c’était plus facile. J’en ai pleuré toute la journée. Puis j’ai tenté de lui redonner la nuit quand il commençait à peine à se réveiller et il a repris le sein. Par la suite nous avons décider que ce serait seulement la nounou qui lui donnerait le biberon et nous avons pris une tétine nouveau né (débit 1).

A la reprise du travail (soit au 3,5 mois de mon fils) et un peu avant pendant l’adaptation, la nounou lui a donné le biberon pendant qu’elle le gardait et il l’a très bien pris. Quand j’allais le récupérer il prenait volontiers le sein que je n’avais pas « vidé » en son absence pour qu’il soit plein et qu’il ne râle pas parce que ça n’allait pas assez vite.

Aujourd’hui après deux jours de travail, voilà comment ça se passe : la nuit et le matin avant de partir travailler, il tète (environ 2-3 tétées), je tire mon lait à la dernière tétée avant de partir (mon fils sur un sein et tire-lait pour l’autre) et je récolte environ 80 ml.
Le midi, comme j’ai la possibilité de rentrer chez moi, je tire mon lait (double pompage) et j’obtiens environ 180 ml.
Le soir en rentrant (18h) soit il réclame une tétée de retrouvaille (c’était le cas hier) soit il dort (c’est le cas aujourd’hui) et du coup je tire mon lait sur le sein qu’il ne prend pas (environ 80 ml). Le soir il prend 2 tétées soit 4 à 5 tétées par jour environ et un tirage de lait de 340 ml environ.
Pour l’instant je donne à sa nourrice 400 ml de lait pour une garde de 9h à 18h mais sur les 2 jours il n’a pris que 300-310 ml à la journée, répartis sur 4 biberons. Comme je tire un peu le week-end et que pour l’instant je tire plus que ce qu’il consomme, j’ai toujours un peu d’avance sur le jour d’après et je n’ai pas besoin de piocher dans mes réserves de surgelé.

Je reviens après presque trois semaines complètes de travail pour vous faire part de l’évolution de ma situation. Pour l’instant tout se passe à merveille.
Très rapidement mon fils est passé d’une consommation de 300-310 ml en 4 biberons à une consommation de 300-310 ml en 3 biberons (vous aviez raison, sa consommation par jour ne varie quasiment pas de jours en jours, parfois 290, parfois 330 mais jamais au delà). Du coup alors qu’au début je fournissais 400 ml à la nounou, je commence petit à petit à diminuer mes doses données pour maintenant lui donner 340 ml. Cela me permet de moins me stresser sur la quantité que je tire par jour et de moins me mettre la pression.

Au début je lui fournissais un biberon de 150 ml et un autre biberon recharge de 250 ml qu’elle versait au fur et à mesure dans le premier biberon pour compléter sauf qu’au bout d’une semaine je me suis rendue compte que l’odeur du premier biberon était très forte, un goût très désagréable… J’ai pensé de suite (grâce à votre site) à un problème de lait prédigéré mais après avoir fait un test de laisser 20 ml au frigo pendant 5 jours et de le goûter tous les jours je me suis rendu compte que le problème ne venait pas de là. Je pense (mais je n’en suis pas certaine) que le problème venait peut être du fait que le lait du premier biberon était réchauffé plus de 2 fois puisque je lui fournissais 150 ml, qu’il buvait ce qu’il voulait, que la nounou complétait avec la recharge et ainsi de suite tout au long de la journée. Du coup il y avait toujours un reste de lait qui était réchauffé plus de deux fois.
Maintenant je lui fourni 3 biberons numérotés. Le premier contient le lait qui reste de la veille (et qui a été réchauffé 1 fois) et les deux derniers du lait frais (s’il en reste après la journée dans ces deux biberons il serviront pour le lendemain et ainsi de suite). Niveau quantité des biberons pour l’instant on tâtonne un peu puisque mon fils ne prends pas la même quantité à chaque fois. Souvent le biberon de 10 h il boit moins (donc actuellement je lui mets 100 ml), celui de 13 h un peu plus (donc je lui met 130 ml) et celui de 16 h est de 110 ml (sachant que je le récupère 2 h après il patiente sans soucis).

Et toujours tétées à volonté à la maison : deux tétées de nuit, une au matin, et le soir entre une à deux tétées. Ici on n’a pas souvent la tétée des retrouvailles parce que la plupart du temps il dort en rentrant de chez la nounou donc la tétée des retrouvailles se couple avec la tétée du soir.
Sinon pour tirer le lait je le fais toujours en trois fois :
– le matin sur un sein pendant qu’il tète l’autre.
– le midi sur les deux seins (le tirage le plus difficile parce que bébé n’est pas là et qu’il faut que je mange en même temps le tout en 30 min :/ ).
– le soir sur un sein pendant qu’il tète l’autre.
Pour l’instant ça fonctionne bien, on croise les doigts pour que ça continue (et au pire j’ai deux litres de lait au congélateur en cas de coup dur).
Voilà j’espère que ça pourra aider d’autres personnes.

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  • allaiter et travaillerQuel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Pour moi, allaiter était une évidence. Je voulais donner mon lait en cadeau à ma fille, au moins essayer. J’avais lu des témoignages avec des sevrages non voulus et des regrets. Mon but est un allaitement sans regret quelle que soit sa durée.
Allaiter en travaillant fût une question que je me suis posée très tôt dans la grossesse car je suis aide-soignante, avec des horaires postée très irréguliers et des nuits de temps en temps. Plus je m’informais sur comment tirer son lait, plus je trouvais cela impossible jusqu’au jour où j’ai lu le témoignage d’une infirmière qui l’avait fait !! Alors pourquoi pas moi ?
J’ai repris le travail à plein temps à la fin du congé maternité, aux 2 mois 1/2 de ma puce.
Aujourd’hui, elle a 11 mois, en pleine santé et toujours allaitée.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’ai commencé à tirer mon lait dès la naissance pour m’habituer et désengorger mes seins entre 2 tétées. J’ai pu trouver le tire-lait qui me convenait, l’électrique double avent Natural et faire quelques réserves.
Avec la reprise du travail, j’ai un rythme par poste, je tire quand ma fille dort (avant ou après le boulot) et une fois par poste pendant ma pause (20min). A la maison, c’est tétée à volonté.
Je m’installe dans une des salles de bains de l’établissement (je travaille en EHPAD) et peux mettre le lait dans le frigo de notre salle de pause.
J’ai acheté 2 lots de téterelles, un pour la maison et un pour le boulot. Comme ça, mon sac est toujours prêt et je n’ai pas de vaisselle à faire juste avant de partir travailler. Je lave tout une fois rentrée. Avec la technique du frigo, je n’ai qu’une vaisselle par jour à la maison, ce qui est plutôt confortable.
Je laisse au frigo le lait qui sera consommé le lendemain et congèle le reste.
Ma fille est gardée par mon mari, homme au foyer et a donc mon lait en mon absence. Elle garde le même rythme de tétées qu’en ma présence.
Toute la famille a été formée à la conservation du lait. Ainsi, j’ai pu laisser des stocks chez ma mère et ma belle-mère qui m’ont beaucoup aidée. Ma puce a souvent dormi chez l’une ou l’autre.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Le fait que ce soit mon premier enfant donc pas d’expérience pour l’allaitement et beaucoup de questions.
Un mauvais démarrage de l’allaitement. Ma fille tétait avec ses gencives car j’avais les seins très dur au début. Elle ne buvait presque rien, pleurait beaucoup et j’avais les seins irrités et douloureux.
Elle s’est mise en économie d’énergie, ne grossissait plus. J’ai dû faire un tire-allaitement pendant un mois pour qu’elle puisse reprendre des forces avant de réapprendre à téter.
Elle a su téter correctement juste avant que je reprenne le travail. Un déchirement pour moi d’avoir eu à utiliser le tire-lait tous les jours avant ma reprise.
Le pédiatre qui me demande sans cesse des quantités de lait par biberon et fait les gros yeux dès que je dis que j’allaite encore.
Le manque d’exemple dans mon entourage et sur internet concernant ma profession et l’allaitement.
La fatigue du travail, d’un bébé qui dort peu, pleure (hurle) beaucoup et un emploi du temps draconien pour maintenir une lactation suffisante. Beaucoup de découragements.
La peur de ne pas « produire » assez, de faire une dépression ou de devoir arrêter et regretter.
Le fait de laisser son bébé et de partir. 2 mois ½ c’est beaucoup trop tôt.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Le soutien de mes collègues qui ont respecté ma décision.
La première tétée sans douleur vers les 1 mois de ma puce.
Elle avait 5 mois quand j’ai pu abandonner le tire-lait pour une semaine de congés. Un rêve !
L’aide de ma famille, qui a régulièrement gardé ma fille la nuit pour que je puisse dormir. Environ une fois par semaine depuis ma reprise jusqu’à ses 9 mois.
Quand j’ai découvert le blog A tire-d’Aile. Très utile pour me remonter le moral et m’aider à persévérer. Merci encore à Véronique Darmangeat et à tous les témoignages.
Les tétées de retrouvailles et voir mon bébé apaisé après. Son air réjoui et empressé quand elle sait qu’elle va téter.
La sage-femme spécialiste en lactation qui m’a aidée à remettre ma fille au sein et à reprendre confiance en moi après le tire-allaitement.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Je souhaiterais leur dire que si elles souhaitent allaiter et travailler, c’est possible. Peut-être difficile mais possible. Il faut s’adapter, s’accrocher, c’est une aventure unique et passionnante.
L’aide est finalement peu visible en France mais elle existe et ça vaut le coup de persévérer. On en retire beaucoup d’estime et de confiance en soi.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Si c’était à refaire, je prendrais la même décision.
Cependant, je reprendrais le boulot le plus tard possible et éviterais mes erreurs de débutante qui m’ont conduite au tire-allaitement. C’était vraiment une épreuve épuisante.

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allaiter et travaillerPremier enfant, née en Ariège dans une maternité très « pro allaitement ».
C’était une évidence pour moi d’essayer de l’allaiter mais je n’y connaissais rien …

Trois premières semaines = la galère ! => Tenir bon !!!

Tout petit bébé (2kg750 47 cm), toute petite poitrine mais tétons très adaptés d’après les sages-femmes (commentaires surprenants à la maternité mais encourageants !), malhabiletés de ma part (novice), succion très importante du bébé avec un raclage de mon pauvre téton contre son palais à chaque succion.

Résultats : des crevasses etc, je me revoie en larmes pendant la nuit à lui tendre mon sein crispée, pleine d’interrogations, fatiguée, à me demander si le fait qu’elle me sente en larmes pendant son repas pouvait être néfaste psychologiquement pour elle, entraîner des troubles alimentaires type anorexie boulimie en grandissant etc (siii je me posais toutes ces questions…..!!! A me dire qu’il valait peut être mieux arrêter que de risquer de lui entraîner tout ça….!!!)
Des coliques les trois premiers mois qui ont été soulagé transitoirement par 2 séances d’ostéopathies prodiguées par la sage-femme qui m’a suivie pour la préparation à l’accouchement.
Donc beaucoup de questionnements sur la ‘qualité’ de mon lait etc, sa digestibilité etc…
Vu sa courbe de poids parfaite et la lecture de votre blog etc j’ai persevéré en me bouchant les oreilles lors des commentaires désagréables de tout un chacun…

Les solutions que j’ai trouvé (grâce à ma sœur qui a allaité, ma sage femme, votre site internet etc) : tenir bon, se détendre, « rien de mieux pour mon bébé », j’ai suivi les conseils, pas de sucettes les trois premières semaines (malgré les recommandations de tous ceux qui l’ont vu autant pleurer, « ça lui fera du bien etc », je ne suis pas sûre que ça ait aidé mais j’ai appliqué bêtement les conseils, et à 3 semaines elle en voulait pas tellement, a fini par accepter mais que celle en caoutchouc, et c’est surtout pour aider la nounou à l’endormir qu’elle y est passé du coup à 3 mois environ); pommade et crème et tout ce que vous voulez n’ont pas eu tellement d’effet, le top a été d’améliorer la position, de la changer à chaque tétée, et pour les crevasses les pansements hydrogel de chez Medela ont été tout simplement magiques !

Les problèmes d’engorgements n’ont trouvé qu’une réelle solution : le tire lait.

Sevrage : fait en trois jours à peine juste avant ma reprise de boulot a à peine 3 mois : par mamie qui la pauvre l’a entendu hurler car elle refusait la tétine du biberon.
Je n’ai jamais fait l’essai moi-même, convaincue qu’elle ne comprendrait pas, sentant mon sein gorgé disponible tout près…

Nounou 12h/j 4 jours et 1/2 / semaine (je suis vétérinaire).
Elle-même a allaité deux de ses quatre enfants et comprenait très bien ma volonté de poursuivre mon allaitement. N’a pas trouvé embêtant de gérer le lait maternel.
Pourtant ma petite fait plein de mini repas, encore aujourd’hui où l’on a commencé la diversification, elle prend des bibi de 150 ml max en moyenne, on est loin du compte pour le standard de cet âge là.

Pour tirer le lait : dans la salle de radio sans lavabo, sans frigidaire suffisamment propre, je rentrais le midi, le stocker dans un sac isotherme avec des pains de glace que je changeais (plus de 4h le matin/ plus de 5h30 l’après midi => jamais eu de soucis d’indigestion chez la petite même si pas idéal). Bu le lendemain en général, essentiellement conservé au frigo.
En double pompage, à peine plus d’un quart d’heure par « traite » avec nettoyage de la salle etc.

Fréquence des traites : les premiers mois elle ne buvait que sur un sein à la fois, je tirais donc la fin du sein en question et surtout l’autre une fois au petit matin (4h), une fois à 7h, une fois dans la matinée au boulot sur les 2 seins en même temps, une fois à midi chez moi sur les 2 seins puisque je ne la reprenais pas (pause trop courte et aléatoire selon les urgences), une fois l’après-midi au boulot sur les 2 seins, et une fois le soir à 23h quand elle dormait sur les 2 seins.
(autant vous dire que le dimanche soir quand je préparais le tire-lait pour la semaine, je n’avais pas envie de le voir….!)
Mais je voulais absolument maintenir l’allaitement et je faisais une fixette pour qu’elle ne reçoive pas de préparation pour nourrisson, je suppose que c’était ma façon de me déculpabiliser de la laisser autant si petite à la nounou (top heureusement…).
Avec ça j’étais en flux tendu d’un jour à l’autre environ en quantité de lait. J’avais juste fait quelques réserves avant la reprise en le tirant le soir à 23h et le matin sur le deuxième sein…

Aucune discussion au travail par rapport à ça; (gros conflits pour finir avec mes employeurs qui m’ont mis une pression énorme pour que je démissionne à cause de la maternité et car ils avaient trouvé un nouveau collaborateur homme qui correspondait mieux à leur entreprise…pas très légal….mais bref, j’ai trouvé un autre emploi et ai démissionné pour ne pas me retrouver à la rue…); par ma fonction de vétérinaire, avec le rythme de ce métier très fluctuant et relativement imprévisible, les traites au travail étaient à des heures irrégulières et parfois j’en ai sauté une dans la journée (vive les coussinets à placer dans le soutien gorge…!).

Le premier bibi en poudre donné par la nounou m’a fait pleurer : je me donnais tellement de mal ça a été une terrible déception ! Et puis j’ai relativisé et me suis appliquée à bien poursuivre mon rythme de traite pour obtenir la quantité nécessaire.

Mais quel bonheur de la voir se développer si bien, elle a eu une petite rhino une fois seulement et elle a quasiment 8 mois, et je pense que c’est surtout à cause de grosses variations de températures extérieures et entre ma maison et celle de la nounou.
Elle n’est pas en crèche mais la nounou a deux petits de 2 ans et 1/2 , une fille 8 ans et beaucoup de va et vient chez elle…
1 seule journée d’absence en 8 mois !!

En volume : vers ses 3 mois des petits bibi de 60 à 90 mL / repas 5 à 6 repas sur les 12 h avec la nounou.
A la maison une tétée le soir plus une ou deux dans la nuit et une au matin avant le départ pour nounou.

Puis elle a augmenté avec des volumes de 120 à 150 mL en moyenne/ repas, et 4 à 5 repas sur les 12 h avec nounou.

Je pense avoir approvisionné en moyenne de 500 mL / j la nounou en lait maternel, et aujourd’hui encore c’est ce qu’elle boit, avec en plus un repas le midi avec un petit pot de 120g de légumes et peut être un quart de petit pot de compote de fruits.
Elle a du mal à prendre ce repas, souvent la nounou met la moitié du pot dans 60mL de lait au bibi pour qu’elle le prenne.

J’ai lâché beaucoup de lest sur les traites au quotidien, entre la fatigue s’accumulant, le stress avec ces employeurs etc, et je pense que depuis ses 6 mois je tire mon lait que deux à trois fois par jour, et la nounou donne du lait en poudre pour compléter…

Très heureuse d’avoir tenu bon, j’ai un mois de vacances entre mes deux boulots du coup, et c’est un bonheur de me simplifier la vie avec l’allaitement.
Elle commence juste à sortir des dents : les tétées semblent être un grand réconfort pour elle j’ai l’impression.
Je la couche dans son lit le soir mais chaque nuit elle se réveille plusieurs fois et elle reste avec moi, tétouille je pense plus pour se consoler et je me sens vraiment là pour elle dans « cette épreuve qu’est l’éruption dentaire »!
Elle m’a quand même mordu deux fois dans un demi sommeil ; j’ai hurlé tellement fort qu’elle s’est mise à pleurer !!! La pauvre ! Alors je lui ai expliqué qu’ elle devait vraiment se contrôler car je ne lui donnerais plus le sein si elle me mordait…pour le moment on dirait « qu’elle a compris »!

J’avais juste un projet d’allaitement initialement le temps de reprendre mon boulot…
Aujourd’hui je crois que j’aimerais le poursuivre jusqu’à ce qu’elle mange vraiment du solide pour la plupart de ses apports (au moins midi et soir de vrai repas)…On verra si je tiens le coup et si l’arrivée de ses quenottes ne nous perturbe pas trop !!

Par rapport à mon corps à moi : la fatigue ressentie me parait bien plus venir du stress de mon boulot que de l’allaitement, malgré les nombreux réveils nocturnes, sachant que je me rendors très facilement, et qu’elle aussi elle voulait juste téter et se rendormait illico au sein.

J’ai même observé des montées de stress au boulot, qui étaient apaisées par ce moment d’intimité avec mon tire-lait !!! Siii je suppose l’afflux d’ocytocyne associé à la traite ! Je m’en suis même servie, par exemple avant d’opérer un chien, quand j’étais méga énervée par mes connos de patrons, pour ne pas entamer une chirurgie en étant à cran! Je prenais le temps de tirer mon lait et était plus détendue pour m’occuper du toutou ! hihi

Toujours pas de règles à presque 8mois de l’accouchement.
Quelques jours de douleurs intenses au niveau du bas ventre, m’évoquant des contractions, lors des périodes où j’ai moins tiré mon lait (stress manque de temps etc)…J’espère que le retour des règles ne sera pas si violent, je crois que je ne serais bonne à rien avec de telles douleurs!!!
(je ne prends pas de contraception car je suis seule avec ma petite, j’attends le retour des règles pour me faire placer un stérilet).

Pour la location du tire-lait je suis passée par le site grandir nature, infos via internet et entre autre votre site, ma sage-femme, la maternité, vu une consultante en lactation à la maternité une fois avant la reprise du boulot, contact avec une asso de femmes ayant allaitées dans ma région par téléphone pour un soutien et des questions ; hauts d’allaitement acheté sur le site envie de fraises, soutien-gorges d’allaitement acheté chez Kiabi pas trop cher…

Merci à vous pour votre travail, j’espère que vous parviendrez à toucher des petites entreprises comme les cliniques vétérinaires, métiers qui se féminisent et où le salaria grandit, car aujourd’hui c’est vraiment « arriéré » comme mentalité…

Et merci à toutes les mamans qui ont témoigné, grand réconfort au moment du stress du sevrage pour le bibi, des fameux pics de croissance où les critiques vont bon train…

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  • allaiter et travaillerQuel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai allaité mon premier neuf mois, ce fut une belle expérience facile car je n’ai eu aucun problème et j’ai pris six mois de congé parental.
Pour mon deuxième, j’allais évidemment allaiter mais je me posais des questions sur la reprise. Comme l’allaitement était aussi sans souci, je n’ai pas eu le cœur de le sevrer et j’ai décidé d’essayer de continuer, surtout que j’avais des exemples d’amies qui avait fait ce choix. Néanmoins je pensais passer à l’allaitement mixte, car si dans la loi on a une heure pour tirer le lait, dans les faits pendant cette heure mon travail n’aurait pas été fait, ma collègue déjà surchargée aurait du le faire, ou alors j’aurai du partir une heure plus tard le soir. J’ai donc décidé de ne tirer que le midi et d’acheter une boite de lait. Que je n’ai jamais ouverte, comme quoi.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Je travaille dans une petite boîte qui n’a donc pas l’obligation de mettre une salle à dispo. J’en ai parlé à la RH. Comme toutes les portes des bureaux sont en verre, j’avais deux choix, la salle des archives sale et poussiéreuse et minuscule ou les toilettes. A l’heure du midi, je savais qu’i n’y aurait pas trop de va et vient et elles sont propres. J’ai donc passé 30 minutes chaque midi dans les toilettes en toute discrétion. Comme je n’avais pas d’autres tirages, je mettais mes accessoires sales dans un sac à laver le soir. J’ai comme tire-lait le Calipso d’Ardo qui m’a bien convenu surtout car il était petit et à pile (j’utilise des rechargeables). Il est fourni avec un petit sac isotherme et des blocs froids.
A partir du printemps, j’ai tiré dans ma voiture, le parking est calme, avec une étole pour cacher au cas où.
Je mettais la bonne quantité pour le lendemain et congelais le reste. J’ai appris à mes dépends que j’ai intérêt à congeler le plus frais possible sinon mon lait a une odeur rance à la décongélation. J’ai toujours congelé dans un bac à glaçon en silicone, super pratique. Je mets le bon nombre de glaçons dans un bib le soir, la nuit au frigo, le matin il est prêt pour chez la nourrice.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

J’ai des déplacements ponctuels, au début j’ai prévenu ma chef que souhaitais les éviter le premier mois pour ne pas me compliquer la vie, elle a bien compris pourquoi. Je n’en ai parlé qu’à ma chef, je savais qu’elle respectait les choix des gens en général, et la RH quand on a cherché une salle, et c’est tout, je n’avais pas envie d’attirer là dessus l’attention des autres sur ce sujet personnel. En revanche les collègues proches qui ont demandé je l’ai expliqué, pas de souci.
Par la suite j’ai repris les déplacements, une à deux fois par mois, ça impliquait de ne pas tirer le lait de la journée (pas d’endroit pour), je me ruais donc dans les WC dégueu du train le soir avec mon tire-lait manuel, ça c’est pas des très bons souvenirs ! Surtout quand le train a deux heures de retard et que tu débordes de partout ! Une fois je me suis même collée une mastite (mais pour en avoir eu à mon premier j’ai développé les bons réflexes et c’était réglé en 48h).

Autre anecdote, ne pas oublier ses coussinets… une fois que je tardais le soir à discuter boulot, j’ai senti la cata arriver, j’ai dégouliné et ne pouvais pas trop expliquer pourquoi à la personne…

Sinon pour Bébé, ça a été très compliqué. Refus de biberon (et de tasse, et de dispositif…) il buvait rien la première semaine, 30 mL la deuxième, 60 ML la troisième et n’a jamais dépassé 100 ml. Il compensait la nuit. Après je suis passée au yaourt pour compléter. Même maintenant à 10 mois il ne veut pas de biberon. J’ai eu la chance d’avoir une super nourrice pourtant absolument pas familière de l’allaitement qui n’a pas remis en doute mon choix et a été patiente quoique inquiète. On pouvait en parler en toute sérénité. Actuellement je ne tire plus, j’ai des stocks à écouler et il est diversifié. Je continue d’allaiter par contre.
Anecdote, à une visite à la PMI à l’époque où il buvait 40/60 mL par jour, la puéricultrice commence par dire « ha, mais ça ne va pas, en plus il grossit pas assez », de quoi me faire un peu vaciller. Arrive la pédiatre. « Quel beau bébé en pleine santé. Il boit 60 mL en journée ? Mais c’est bien, tu te débrouilles bien bébé, c’est déjà pas mal ! ». Cette pédiatre m’a tellement reboostée ! Effectivement avec ce qu’il buvait la nuit pas de souci !

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Le soir, quand on rentre du boulot, il fait beau, et hop une petite tétée au jardin pour oublier tous les soucis ! Et puis finalement, enfermée 30 minutes dans les toilettes ou la voiture, on est peinard, on peut bouquiner, ça fait une pause (l’investissement dans la brassière mains-libres vaut le coup !).

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

En fait, ça peut aussi être simple, je n’ai jamais eu de soucis d’organisation alors que je redoutais vraiment de me charger avec ça en plus. Bon, certes, il mangeait la nuit plutôt que le jour, mais mon ainé qui têtait correctement le jour ne me laissait pas dormir pour autant, donc bon j’ai l’habitude !
J’avais énormément lu ce blog pour me préparer, ça aide. On se sent seule alors qu’en fait on est plein. Moi j’ai pas mal tannée une amie qui l’avait fait pour avoir plein d’info, après chaque situation est différente mais ça aide. J’ai aussi posté une ou deux fois sur les forums de la LLL dans des moments de doute et j’ai eu des tas de commentaires bienveillants qui remotivent.
Un autre conseil, c’est de retarder le plus possible la reprise pour avoir un allaitement bien mis en place. Moi j’ai pris un mois de congé parental et deux semaines de vacances pour ne reprendre qu’à ses quatre mois.
Bonus : regarder sur le bon coin pour les accessoires, moi ça m’a coûté 1 € symbolique !

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Honnêtement, tout pareil ! Si je suis contente de ne jamais avoir utilisé le lait en poudre, je pense que partir en me disant que je ferais du mixte m’a bien allégé niveau anxiété. Pour moi l’important de l’allaitement c’est plus le lien physique et les câlins, tant pis si un biberon était artificiel.

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  • allaiter et travaillerQuel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Ma fille Élisa est née fin avril 2016 (le 26 pour être précise). J’étais à ce moment là en conflit avec mon employeur (conflit lié à ma grossesse). J’ai été en arrêt de travail deux mois après la fin de mon congé maternité. Cela m’a permis de continuer à allaiter au sein Élisa jusqu’à ses 4 mois. Pour moi, il n’était pas concevable d’arrêter l’allaitement parce que je reprenais le travail. J’ai donc fait le choix de tirer mon lait, puisque mon objectif était de pouvoir allaiter exclusivement Élisa jusqu’à ses 6 mois, comme le recommande l’OMS.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Au vu des conflits avec mon employeur, ça n’a pas été simple d’obtenir mes heures d’allaitement, malgré ce que prévoit la loi. J’ai du me battre et ai finit par obtenir gain de cause. Deux fois par jour, j’avais une demi-heure pour tirer mon lait. Je tirais ce qu’il fallait pour le lendemain, et parfois même plus, ce qui m’a permis de compléter les stocks commencés avant la reprise.
Je travaillais à 10 minutes de la crèche et ayant deux heures de pause le midi, j’ai pu aller allaiter Élisa à la crèche chaque jour. La directrice de la crèche est pro-allaitement et a tout fait pour que je sois le mieux possible. Elle a mis à ma disposition une petite salle puisque j’étais la seule maman a venir allaiter mon enfant.
J’ai repris à temps plein mais me suis arrangé pour poser une journée de congé par semaine. (une sorte de 80% déguisé). Le mercredi, quand j’étais à la maison, je mettais Élisa au sein à la demande, à la fois car elle en avait besoin et à la fois parce que ça me permettait de favoriser la lactation. Je faisais de même le week-end.

Puis, en novembre, j’ai changé d’emploi. J’ai eu une opportunité de travailler à 70%, ce qui ne m’arrangeait pas forcément mais je me suis dit que c’était le moment ou jamais de profiter de ma fille et de poursuivre mon allaitement. Mon premier objectif de 6 mois d’allaitement exclusif était atteint… Le seul bémol, c’est qu’à partir de ce moment là, je n’ai plus eu la possibilité d’aller allaiter ma fille à la crèche, par manque de temps. J’ai donc continué à tirer mon lait, 2 fois par jour, parfois même 3 fois par jour.

Elle n’a donc jamais eu autre chose que mon lait jusqu’à ses 11 mois (à part les purées et compotes bien sûr, à partir de 6 mois). A ce moment là, j’ai eu la possibilité de reprendre à temps plein, et ne pouvais pas refuser cette chance. J’ai depuis, moins de lait et n’arrive plus à tirer assez pour le repas du midi et pour le goûter. J’ai alors introduit courant mars un yaourt pour le repas du midi, le restant étant du lait maternel.
Elle a maintenant 14 mois et est toujours nourrie de cette manière (tétées matin et soir, yaourt le midi et biberon de lait maternel pour le goûter).

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Les premiers jours, les premières semaines et les premiers mois n’ont pas toujours été simples.
D’abord à la maternité où le personnel soignant m’a fortement encouragé à donner des compléments . Elisa pesait 2.7kg à la naissance et a perdu +de 10 % de son poids dans les jours qui ont suivis. Heureusement, une des auxiliaires puéricultrice s’est fortement investie et s’est montré très patiente avec moi car elle a réellement compris mon désir d’allaiter.
La pédiatre a voulu plus d’une fois que je donne des compléments de lait maternisé , ce que j’ai toujours refusé. Elisa n’a jamais été bien grosse, mais a toujours bien suivi sa courbe de poids : je ne voyais donc pas pourquoi je devais lui donner autre chose que mon lait.
J’ai eu quelques engorgements, mais j’ai su m’entourer de personnes et professionnels experts en allaitement, qui m’ont donné des trucs et astuces pour m’en dépatouiller.
Ce qui a été difficile également, c’est le regard et remarques des autres, surtout à l’approche de son 1er anniversaire. Je ne compte plus le nombre de fois où on m’a demandé combien de temps je comptais allaiter ma fille (et on me le demande toujours d’ailleurs). Je sens que cela gêne… car les gens ne sont pas habitués à ce qu’on allaite longtemps nos enfants.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Je crois que chaque tétée a été et est un moment de bonheur… car en plus de l’aspect nutritif, c’est un moment d’échange, de tendresse et de complicité entre ma fille et moi.
Maintenant qu’elle est plus grande, à la fin de chaque tétée, elle me sourit et rit parfois aux éclats comme pour me dire merci.
Je n’ai jamais eu de douleurs que ce soit lors de la mise au sein ou avec le tire lait, et je mesure ma chance !

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Que l’allaitement, ce n’est pas toujours simple, qu’on se pose beaucoup de questions mais qu’il faut se faire confiance et faire confiance à son bébé. Et qu’il faut passer outre les remarques et conseils des autres, même si très souvent, ils sont bienveillants.
La place du papa est aussi très importante: se sentir soutenu par son conjoint est important…

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Si c’était à refaire, je referais exactement le même choix. Si j’avais la chance d’avoir un deuxième enfant, je m’organiserais de la même façon car je pense avoir eu (et avoir toujours) un bel allaitement. Je mesure cependant ma chance car ma fille a toujours accepté le biberon et je n’ai jamais eu de douleurs (ni avec le tire-lait, ni lors de la mise au sein).
Allaiter en travaillant, ce n’est pas toujours simple, assez fatiguant mais tout à fait possible quand on le souhaite vraiment.
L’allaitement demande du temps, de la patience et quelques sacrifices, mais c’est tellement magique que je le conseille à tout le monde (sans pour autant juger les mamans qui n’allaitent pas).

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