Je vous livre aujourd’hui le témoignage d’Emmanuelle. Un grand merci à elle !

Je travaille pour une association de solidarité internationale et suis régulièrement amenée à faire des missions d’une ou deux semaines dans des pays du Sud, en Afrique de l’Ouest, Afrique Centrale ou encore Asie du Sud, dans des zones souvent rurales et loin des infrastructures de santé auxquelles nous sommes habituées. A la reprise du travail j’ai été confrontée au dilemme arrêter ou poursuivre l’allaitement. Or je viens de réussir à partir 8 jours en déplacement professionnel sans ma fille, en continuant l’allaitement à mon retour, et c’est cette expérience que je souhaite partager avec les autres mères qui pourraient se retrouver face au même dilemme. J’ai moi-même beaucoup cherché de témoignages avant de partir sans pour autant trouver beaucoup de conseils pratiques, parfois même ils ont plutôt élevé mon niveau d’anxiété, face à des situations imprévues et à l’absence de préparation de certaines mères qui partageaient leur expérience. Alors ici je partage mes « trucs » pour partir plus sereine, gérer le quotidien en déplacement, et une checklist de choses à emporter avec soi pour faire face à différentes situations possibles. Si j’ai réussi c’est sûrement que les autres mères le peuvent aussi, si elles ont la possibilité et la volonté de le faire. Je suis absolument soulagée aujourd’hui de savoir je ne suis pas obligée de choisir entre mon travail et mon allaitement, et que les deux sont possibles.

Pour remettre mon expérience en contexte, je suis le genre de mère allaitante qui a eu « trop de lait », et des engorgements à répétition pendant les trois premiers mois. Ma fille vient d’avoir 9 mois, et jusqu’à très récemment l’idée d’être loin d’elle faisait surgir en moi une impression de menace vitale ! L’angoisse de la séparation, au sens affectif, si elle était présente, était estompée par la peur immédiate de problème médicaux pouvant découler du « trop de lait ».

J’ai repris le travail aux 6 mois de ma fille, « résignée » à l’idée que cela rimerait avec arrêt de l’allaitement dès le premier déplacement professionnel. Puis, plus le premier voyage approchait, moins je n’avais de volonté pour forcer une fin d’allaitement. Ma fille est une sacrée gourmande. Elle est si visiblement heureuse de téter, et affiche une préférence si nette pour les biberons de lait maternel par rapport aux biberons de lait de vache reconstitué, que je ne voyais pas le sens de lui infliger la peine d’un sevrage forcé en plus de mon absence imminente. Je suis fière des moments de tendresse ou de réconfort que nous permettent l’allaitement. Et l’arrêt de l’allaitement rimerait aussi pour moi avec tracas logistiques, fin des sorties libres et improvisées sans une smala de biberons, poudres, eau minérales et autres ustensiles en tout genre que les magasins de puériculture savent nous vendre.

J’ai pris du temps pour préparer ce voyage, et j’ai fait le grand saut, je suis partie 8 jours à l’autre bout de la planète sans ma fille. Et ça a marché ! Voici les 6 trucs qui sont devenus pour moi des incontournables pour mon prochain voyage :

1) Partir en confiance, accompagnée. J’ai trouvé une conseillère en lactation qui me connaissais, avec mon histoire d’allaitement unique, en qui j’avais confiance et que je pouvais joindre n’importe quand en cas de besoin. Ce point était d’autant plus important pour moi que j’étais amenée à voyager seule. J’ai trouvé une conseillère qui a déjà accompagnée plusieurs mères dans les problématiques de reprise du travail et de « trop de lait », et avec qui je me suis entraînée à l’expression manuelle avant de partir.

2) Pouvoir tirer son lait sans contrainte psychologique ni peur du jugement des autres. Mon truc pour y arriver était d’informer et d’impliquer les partis prenants de mon voyage dès la première rencontre. Je leur expliquais ma situation et le fait que j’ai besoin d’eux pour trouver un lieu propice pour tirer mon lait à heures fixes et non négociables, et de le prévoir dans la planification de la mission. J’ai ainsi engagé les hôtesses de l’air (24 heures et 2 escales étaient nécessaires pour parvenir à ma destination) et les partenaires locaux qui m’ont accompagné pendant toute la mission. Dès mon arrivée je leur ai expliqué que je ferais un « break » à heures fixes. « Break » était le mot magique qu’on utilisait pour pas avoir à parler de « milk pumping » ou autre vocabulaire étrange qui passerait mal dans un contexte professionnel ! On s’adaptait chaque jour à la situation, grâce à leur soutien : j’ai utilisé une salle de classe dans un village, des salles de bureau, une salle de bain chez l’habitant, des toilettes de restaurant et aéroport, quand il n’était pas possible de rentrer à l’hôtel. Mes hôtes ont été absolument extraordinaires et compréhensifs pendant le voyage. Ma conclusion est qu’avec un entourage coopératif, il est très facile de trouver un lieu adéquat pour tirer son lait, dans n’importe quelle situation.

3) Être rigoureuse sur les heures, et flexible/réactive pendant la phase d’adaptation. La règle d’or étant, qu’il pleuve ou qu’il vente, de ne pas se permettre de « sauter une tétée » (un tirage en l’occurrence). J’avais l’habitude d’une tétée le matin, deux le soir et une la nuit (et le midi au travail un simple soulagement manuel de l’excès), donc environ 4 tétées par jour. Par précaution j’ai mis des réveils qui se répètent toutes les 5h, plutôt plus souvent que d’habitude, pour penser à vérifier l’état de mes seins. J’ai pris soin de réajuster les réveils à chaque changement d’heure (et non ils ne changent pas d’heure automatiquement… !). Au final pendant les 8 jours il n’y a jamais eu plus de 6h entre chaque tirage. En revanche, ma physiologie a été comme chamboulée les 2-3 premiers jours. J’ai dû tirer mon lait 5-6 fois par jour pour éviter l’engorgement. C’est donc vraiment important de vérifier plus souvent que d’habitude au début du voyage pour laisser le corps passer une « période d’adaptation ». Quand on y pense quoi de plus normal ? Il y a tant de raisons possibles car tant de différences dues au voyage. Par exemple :

– comme je tirais mon lait au lieu d’être tétée, mes seins étaient vidés moins efficacement donc, dans l’immédiat (avant qu’un réajustement physiologique ne soit possible), ils remplissaient plus vite.

– le décalage horaire qui a fait que, en l’absence de repères horaires et de repères jour/nuit, mon corps a produit beaucoup de lait tout le temps (sans les trêves habituelles le midi et la nuit).

– pendant les vols j’ai eu l’impression que la position fixe assises avec les vibrations « stimulaient » le remplissage de mes seins tout en les « anesthésiant » (attention ! au 1er vol ils sont devenus durs sans que je ne ressente aucun inconfort, d’où les checks réguliers à s’imposer pour éviter cela).

– ma nourriture était subitement complètement différente, et, en l’occurrence, est devenue très épicée (Inde).

La conclusion c’est qu’il faut s’attendre à une phase d’adaptation et être flexible en soulageant ses seins aussi souvent que nécessaire, et en mettant des réveils comme « garde-fou ».

4) Avoir l’équipement adéquat et plusieurs cordes à son arc pour tirer son lait. En cabine d’avion vous ne pourrez prendre qu’un tire-lait avec batterie. Moi je n’en n’avais pas donc toutes les périodes de voyage (24h aller et 24h retour) se sont passées en expression manuelle. Tout le reste du temps j’alternais tire-lait électrique (Medela Pump in Style), plus rapide et efficace. Mon truc pour ne pas surstimuler : je n’utilisais le tire lait-électrique que 3 fois par jour, le reste du temps j’exprimais mon lait manuellement, ce qui me permettait aussi de reposer mes aréoles du tire-lait. J’ai mis 6 mois à réaliser que l’inconfort permanent que je ressentais avec le tire-lait électrique venait :

– d’une part de téterelles trop grandes : je fais du 17-19mm mais la plus petite taille que Medela commercialise est du 21mm. Heureusement Maymom vend des téterelles en 15-17-19mm compatible avec les tire-laits Medela

– d’autre part mon tire-lait électrique ne me convenait pas (un autre Medela). Il fallait plus de deux minutes pour que le lait commence à couler. Un peu par hasard j’ai essayé le Pump in Style, et la sensation était complètement différente et le lait commençait à couler en quelques secondes. Ce tire-lait est rapidement devenu mon meilleur atout pendant le voyage.

J’avais deux alternatives avec moi : un tire-lait manuel, et l’expression manuelle. Pour moi c’était clé de savoir que je maîtrisais l’expression manuelle, que j’avais pratiqué avec ma conseillère, pour faire face aux situations imprévues (surtout si pas de prise pour le tire-lait car il n’avait pas de batterie). Un bon test pour savoir si vous avez le bon matériel : avant le voyage, essayer 2-3 jours uniquement en tirant votre lait. Si quelque chose ne convient pas il est probable que des douleurs ou blocages apparaissent. C’est comme ça que je me suis décidée à consulter car dans mon cas c’était trop douloureux de tirer mon lait tout un week-end.

5) Se connaître et savoir créer des conditions propices pour tirer son lait. Ennemi numéro 1 : le stress ! Dans mon cas c’était flagrant : du stress, un malaise, des douleurs, ou de la presse, et pas d’écoulement de lait, même (ou surtout !) avec le tire-lait. Chacun ses trucs qui marchent, moi c’était une vidéo de ma fille qui tête (radical !), un petit massage des omoplates avec une balle de tennis dos à un mur, et des respirations profondes pour me relaxer avant de tirer mon lait.

6) Pas de panique ! Je sais maintenant qu’il peut être normal d’avoir une phase d’adaptation ou la lactation semble être inhabituelle, trop abondante dans mon cas. Cela s’accompagnait d’une réaction légèrement inflammatoire (probablement due au mécanisme de succion différent), mais dès que cela devenait perceptible je prenais un ibuprofène et tout rentrait tout de suite dans l’ordre. J’alternais aussi les différentes façons de tirer mon lait pour ne pas créer de tension trop récurrente sur mes aréoles, l’expression manuelle étant une bonne alternative « relaxante » au tire-lait. Et si au début il peut y avoir « trop de lait » et des tirages un peu anarchiques, j’ai pu voir qu’e c’est bien la loi de l’offre et la demande qui prévaut in fine, car en deuxième partie de voyage ma lactation a commencé à baisser significativement.

Et pour une liste de matériel qui me semble utile pour être parée en toute situation :

  • Pour l’expression manuelle : un flacon, un tissu/serviette pour protéger ses habits
  • Le(s) tire-laits, avec prises et adaptateur compatible avec le pays, un accessoire et valve de pompage de rechange en cas de perte/ défaut, des piles si nécessaire
  • Un bustier en cas de double pompage
  • Une balle de tennis pour se masser le dos contre un mur
  • Une vidéo et des photos de l’enfant si vous y êtes sensible
  • Une lampe frontale en cas d’absence d’électricité nocturne
  • Des compresses thérapeutiques de gel qui vont au congélo et aux micro-ondes et qui peuvent être utilisées soit pour chauffer soit pour refroidir le sein en cas d’engorgement (je n’en n’ai pas eu besoin)
  • De l’ibuprofène, à utiliser sans état d’âme !
  • Vos remèdes médicinaux à base de plantes si vous en avez
  • Un petit sac passe partout que vous ne serez pas gêné d’avoir toujours avec vous-même en contexte professionnel, pour y mettre tout ceci

 

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En 10 ans d’existence, vous avez lu et commenté de nombreux articles. Voici la liste des 10 articles les plus lus de l’histoire du blog.

Quand mon bébé refuse le biberon
Voici l’article le plus lu depuis la création de ce blog.
Toutes les familles s’adaptent à la reprise du travail et il suffit souvent de faire confiance au bébé, surtout quand bébé refuse le biberon.
Surtout n’hésitez pas à parcourir les commentaires dans lesquelles de nombreuses personnes témoignent du refus du biberon avant la reprise mais de la résolution de la situation avec la personne qui garde le bébé.

Quantité de lait bu par un bébé allaité
C’est une question que se posent beaucoup d’entre vous au moment de proposer les premiers biberons à leur bébé : quelle quantité dois-je lui donner ? J’ignore ce que bois mon bébé, est-ce que le lait que je vais tirer va suffire ?

Avoir ses règles pendant l’allaitement
Un sujet légèrement… hors sujet ?
Oui et non car quand on reprend le travail et que l’on continue l’allaitement, il n’est pas rare d’avoir son retour de couches. Et beaucoup de femmes me demandent si cela va avoir une influence sur l’allaitement.

La conservation du lait maternel en question
La question de la conservation du lait suscite toujours de nombreuses questions.
Je vous propose d’imaginer ma tête quand je reçois certaines questions 😉 :

Quelle quantité de lait au tire-lait
Lorsque l’on commence à tirer son lait au tire-lait, on s’inquiète souvent de la quantité de lait tiré : est-ce normal, représentatif de ma production de lait, comment vais-je obtenir assez pour les journées de travail ?

Le point sur les pics de croissance
Lorsque l’on se promène sur les forums, les blogs, que l’on va dans les réunions sur l’allaitement, on entend souvent parler de pics de croissance. On donne même souvent des âges : 3 semaines, 6 semaines, 3 mois,…

Allonger son congés maternité pour assurer l’allaitement
Plus l’allaitement exclusif au sein est long, plus la poursuite de l’allaitement à la reprise du travail est facilitée : la lactation est bien établie, le bébé est plus grand et peut parfois manger des solides,…
Cela vaut donc parfois la peine de réfléchir à la manière d’allonger le congé maternité.

Le bébé qui ne s’endort qu’au sein
Depuis sa naissance, votre bébé ne s’endort qu’au sein. Vous avez donc pris l’habitude qu’il s’endorme de cette manière.
Mais la reprise du travail se profile et cette question se pose : comment va-t-il réussir à s’endormir à la crèche ou chez l’assistante maternelle ?

Comment passer du sein au biberon
Vous avez décidé de sevrer votre enfant ou de tirer votre lait, vous reprenez votre travail et votre enfant a moins de six mois, il va devoir se nourrir en votre absence.
Il existe différents moyens de donner du lait à un bébé : la tasse, le verre, la tasse à bec, la paille au doigt,…

Le sevrage de nuit
Votre enfant a plus de 9 mois, fait toujours plusieurs tétées de nuit et vous n’en pouvez plus. Vous pourriez profiter des vacances pour lui apprendre à se rendormir sans téter et reprendre le travail un peu moins fatiguée grâce au sevrage de nuit…

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Et oui, tout est dans le titre…

10 ans pour ce blog autour de l’allaitement à la reprise du travail, cela représente :

  • 2 495 293 lectrices !!!
  • 15 184 commentaires
  • 1 000 lectrices par jour en moyenne
  • 494 articles

10 ans que je vous accompagne au quotidien dans ce challenge qu’est la reprise du travail quand on allaite. 10 ans de belles rencontres et de témoignages. 10 ans d’émotions.

Ces 10 années n’auraient pas existé sans vous, je vous dois donc un immense merci !

Pour fêter cet anniversaire, je vous propose de vous inviter, vous les lectrices de ce blog, à vous rencontrer au Centre Allaitement Véronique Darmangeat le samedi 26 janvier à midi autour d’un buffet composé de ce que chacune apportera. Les bébés sont bien sûr les bienvenus !

Une bonne occasion de faire connaissance et d’échanger sur vos expériences allaitement et travail.

Pour participer, rien de plus facile : il suffit de m’envoyer un mail avec votre nom, votre numéro de téléphone et le plat que vous apporterez à contact@lactissima.com. Le nombre de places est limité à 20 donc inscrivez-vous vite !

Je vous dis donc à très bientôt !

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revues de presse allaitementVoici l’actualité que j’ai repérée pour vous depuis un mois :

– Des vidéos :

– Des articles :

  • Une démarche qui a du sens : « Allaiter en plein air et briser les stéréotypes pour des femmes autochtones »
  • « Cet espace est la seule salle de lactation connue en son genre aux Etats-Unis qui permet aux femmes incarcérées de tirer leur lait et de le faire expédier à leurs nourrissons pendant qu’elles restent en prison. »
  • Histoire de l’allaitement en public.
  • Une conférence internationale pour insister sur l’importance de l’allaitement maternel.
  • Le chou et l’allaitement.
  • Les freins de langue courts ou serrés engendrent-ils des problèmes d’allaitement ?
  • Des araignées sauteuses peuvent nourrir leurs progénitures par allaitement.
  • Au Havre, le don de lait est désormais possible.

– Des études :

  • Frénotomie chez les nourrissons ayant des problèmes d’ allaitement et d’ allaitement.
  • Le lait maternel donne une bouche plus saine à bébé.
  • Le lait maternel peut inhiber les symptômes d’une gastro-entérite à rotavirus chez les bébés.

– Une émission de radio sur le maternage proximale dans laquelle vous retrouverez 2 consultantes en lactation du Centre allaitement Véronique Darmangeat.

Rappel : vous pouvez traduire toutes les publications en anglais grâce à Google et donc les lire à peu près correctement en français !

Bonne lecture ! Et surtout, n’hésitez pas à nous faire partager vos découvertes

Articles en rapport : voir l’onglet Revues de presse.

 

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sevrage bambinQuand ma petite Zélie est née, le 23 juillet 2015, je savais que je voulais l’allaiter et le faire longtemps. J’avais allaité son aîné 13 mois et là je me disais que l’allaitement durerait 18 mois/ 2 ans.
J’avais la chance de pouvoir l’allaiter sur mon lieu de travail et de ne pas travailler le mercredi. La crèche était stricte sur les horaires de tétées et je n’ai jamais pu imposer l’allaitement à la demande mais je l’allaitais le matin en la déposant, en fin de matinée, milieu d’après-midi puis en la récupérant le soir et à la demande à la maison. J’ai fait ça jusqu’à ses un an. Quand elle est entrée chez les moyens, elle était bien diversifiée donc c’était plus facile et j’avais supprimé la tétée de quand on arrivait à la crèche. Pour sa dernière année de crèche, j’ai supprimé toute tétée à la crèche.

Notre allaitement se passait bien mais quand elle a eu deux ans et quelques mois ça a commencé à me peser. Elle était toujours allaitée à la demande et ne se privait jamais : dans le métro, à chaque fois qu’elle s’ennuyait…j’ai mis le « holà » pour ne plus allaiter dans les lieux publics. Elle a parfois hurlé fort mais les circonstances faisaient qu’il m’était facile de tenir bon (heure de pointe dans le métro….).

Elle continuait néanmoins de s’endormir en tétant, de téter jusqu’à 5 fois par nuit, le matin et souvent à la maison….à deux ans et demi j’en avais un peu marre (et parfois vraiment marre), ne pouvait pas boire de vin ne sachant jamais quand elle voudrait téter et le plaisir de l’allaitement devenait contrainte. Le papa était pour que je continue mais moi je voulais mon corps pour moi. J’ai donc, là encore, rajouté des règles: si maman boit du vin, il y a du « caca dans son lait » et tu ne peux pas téter. Ça ne lui a pas toujours plu mais c’est vite devenu un jeu : « maman a du caca dans le lait je peux pas téter ». Après j’ai parfois eu honte quand à 10h du matin en public elle me demande: «- tu as du caca dans le lait maman, tu as bu du champagne? » « -euh…non ma chérie maman ne boit pas à 10h du matin! ».

Toutes ces nouvelles règles rendaient l’allaitement plus supportable mais les couchers en 1 h au sein me pesaient. Je ne pouvais pas coucher mon fils….alors j’ai décidé que c’était fini, j’en avais marre. Il fallait que ça s’arrête. J’ai pris RDV avec Véronique le 18 avril 2017. On a parlé avec Zélie et Véronique m’a expliqué que même si elle ne voulait pas, elle pouvait être sevrée, qu’elle était armée pour, et on a mis en place un « plan »: d’abord supprimer les tétées de la nuit, puis celle du matin puis celle du coucher.

Zélie a préféré, moyennant l’achat d’un biberon et d’une tétine dont elle ne se sert pas, supprimer la tétée du coucher en premier….et sans cri elle a arrêté de téter pour le coucher. Nous avons donc mis en place un nouveau rituel : lecture de deux livres, petit câlin. Les endormissements ont parfois été très difficiles mais elle n’a jamais demandé le sein et je ne le lui ai jamais proposé…

Et puis nous n’avons pas pu aller plus loin dans la poursuite du plan. Je n’étais peut être pas prête. Je ne voulais pas la brusquer. J’avais envie d’un sevrage naturel mais c’était tellement long….et finalement toutes les tétées qui me pesaient avaient été supprimées (celles dans le métro et l’interminable du coucher).

Si bien que l’arrêt des tétées la journée, la possibilité de lui dire non la nuit parce que j’avais bu de l’alcool et le fait qu’elle s’endorme sans le sein nous avait emmené à un allaitement acceptable pour toutes les deux (il lui restait la nuit et le matin)…et nous a emmené jusqu’aux vacances d’été où elle n’a pas demandé pendant 15 jours…j’ai cru que nous y étions mais à peine arrivées au bord de la mer c’était reparti…

Et puis nous avons passé la rentrée scolaire et je lui ai dit qu’à Noël on arrêtait, même si au fond ce n’était plus un besoin (c’était un problème de pilule. La seule pilule compatible avec l’allaitement ne me convient pas et j’ai besoin d’en changer pour mon confort).

Et pendant ces vacances de la Toussaint pour ses 3 ans et 3 mois exactement elle m’a à nouveau réclamé l’achat d’un biberon. J’ai dit ok mais uniquement si elle arrêtait de téter pour toujours. Elle a accepté après que je lui ai bien posé plusieurs fois la question pour qu’elle soit sûre de son choix… J’ai acheté le biberon qui ne sert pas plus que le premier et voilà l’allaitement est terminé. Ça fait 10 jours…
Je ne suis pas allée au sevrage naturel mais elle l’a bien vécu quand même je crois. On a mis du temps mais je crois qu’elle était prête….et aujourd’hui je regrette de ne pas avoir eu, moi, la force d’aller plus loin mais je suis heureuse de notre bel allaitement.

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allaitement et travailJe me présente, je m’appelle Flo j’ai 34 ans et je suis maman de deux garçons de 6,5 et 2,5 ans.

Ma mère m’a allaitée 9 mois alors j’ai toujours considéré l’allaitement comme quelque chose de simple et naturel. Mais j’avoue que j’avais du mal a croire qu’on pouvait toujours avoir du lait passé un an … L’allaitement long ou non raccourci n’était pas une évidence de départ et encore moins une volonté. Mais avec les problématiques de santé RGO fort, intolérances aux protéines de lait de vache, eczéma…. J’ai poursuivi pour lui pour sa santé.
Apres 3 ans nous avons décidé de commencer les essais bébé 2. Essai très concluant car il en aura fallu un seul. J’avais souvent lu que les enfants se sevraient, ou alors que le lait se tarissait pendant la grossesse. Puis l’envie du co-allaitement est venue. Une envie de faire partager ce moments de tendresse entre 2 frères alors j’ai décidé de ne pas lui imposer un sevrage.

J’ai eu quelques douleurs au premier trimestre puis c’est passé. Plus la grossesse avançait plus il pompait longtemps pour avoir quelques gouttes du précieux breuvage.

A la naissance de son frère, j’ai découvert qu’un bébé ça pouvait aussi dormir plusieurs heures d’affilée voir la nuit presque complète. J’avoue j’étais ravie que le grand tête encore pour soulager mes seins devenus des obus de lait.

Rapidement j’ai interdit les tétées le soir au grand pour laisser la priorité au petit. Après un an de co-allaitement quotidien, j’ai commencé a vraiment limiter les tétées du grand. Il s’est progressé sevré tout seul. Il a pris sa dernière tétée à l’aube de ses 6 ans.

Le petit de 2,5 ans tête toujours à volonté ou presque. Et oui « presque » parce que je travaille !

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’ai repris quand mon premier avait 2,5 mois et le deuxième 4 mois. J’ai fait un stock sous forme de glaçons majoritairement. J’avais aussi quelques poches et pots de 100 ml environ chacun. Je tirais chaque jour du lait dans les toilettes de mon travail. Le lait frais était donné le lendemain par la crèche au biberon avec une tétine bas débit. Le vendredi soir je congelais ma traite. Le lundi matin je décongelais mes plus anciens glaçons. Ainsi j’entretenais mon stock.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Des difficultés ? Je n’en ai pas eu liées à l’allaitement. Le premier était un bébé aux besoins intenses et tétait chaque demi heure. Cela a été fatigant. Mais les BABI sont épuisants allaités ou non.

Des difficultés par rapport au travail ? J’ai vécu mes allaitements dans deux entreprises différentes. J’ai toujours pu tirer mon lait sans problème. En revanche, j’ai eu des déplacements professionnels sur plusieurs jours avec découchage. Donc plusieurs nuits loin de mon bébé. Je n’étais pas ravie mais je n’avais pas le choix. Papa a toujours pris le relais en lui donnant mon stock de lait au biberon. Bébé a toujours repris le sein sans problème à chacun de mes retours.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Si c’était à refaire ? Je refais pareil sans hésiter. Je suis sûr que l’allaitement a contribué à créer cette relation si fusionnelle que j’ai avec mes enfants.

Ce qui m’a vraiment aidé dans cette réussite c’est d’avoir un super mari qui cuisine et qui participe aux tâches ménagères.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

A toutes les mamans je vous souhaite de vivre ces moments là. A celles qui hésitent je vous recommande d’essayer. Vous pourrez toujours arrêter si cela ne vous convient pas. L’inverse est moins évident.

 

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tirer son lait à la mainSur ce blog, je parle beaucoup de tire-lait car il est utilisé par de nombreuses femmes qui reprennent le travail. Cependant, il n’est pas absolument nécessaire car quasiment tout le monde dispose de … ses deux mains !

Et oui, il est tout à fait possible de tirer son lait à la main sans utiliser d’autre accessoire qu’un récipient pour recueillir le lait. Cela ne coûte absolument rien, vos mains sont faciles à nettoyer, bref c’est le plus simple.

D’autre part, même si vous utilisez habituellement un tire-lait, c’est très utile de savoir le faire lorsque vous avez oublié votre tire-lait, qu’il s’est cassé ou qu’à l’étranger la prise électrique ne fonctionne pas, toutes situations déjà vécues par les lectrices de ce blog.

C’est un geste à apprendre, simple et qui a été utilisé par les femmes de tout temps. Cela ne prend pas forcément plus de temps qu’un tire-lait, c’est surtout une question d’habitude. De plus, les études montrent que l’on obtient un lait plus riche en graisses lorsque l’on tire à la main, comparé à un tire-lait.

Comment faire ?

Tout d’abord, se munir d’un récipient à col large, un bol par exemple, car les jets de lait partent un peu dans tous les sens et qu’il peut être difficile de viser avec un récipient à col étroit. Faites des essais et choisissez le récipient qui vous convient le mieux.

Placez votre main en forme de C et placez le pouce et l’index de part et d’autre de l’aréole, assez loin du mamelon. Vous devez pouvoir tracer une ligne imaginaire qui va de l’ongle de votre pouce à l’ongle de votre index en passant par le mamelon. Vous devez sentir la glande mammaire sous vos doigt.
Vous appliquez une légère pression vers le torse puis vous faites comme des empreintes digitales vers l’avant, sans faire glisser les doigts sur la peau. Vos doigts doivent rester loin du mamelon et ne jamais le pincer. Vous ne devez pas vous faire mal.

Puis vous relâchez et vous recommencez.

Pour visualiser la technique, voici une vidéo (en anglais) très claire. Une autre video en français.

La technique est bien expliquée dans ce document .

Et vous, avez-vous l’habitude de tirer votre lait à la main ?

 

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