allaitement et travailJe m’appelle Edith, j’ai 30 ans, je suis mariée, professeur des écoles et j’ai deux beaux enfants, Lucie 2 ans 1/2 et Tom 6 mois 1/2. J’ai repris le travail il y a 6 semaines, Tom est toujours allaité pour notre plus grand bonheur !

Pour comprendre mes choix concernant l’allaitement de Tom, je dois d’abord parler de l’allaitement de Lucie.

J’envisageais avec elle un allaitement mixte à la reprise du travail. Mais quelques temps avant, nous voilà à tenter péniblement de lui faire accepter le biberon, tant et si bien que j’ai décidé de la sevrer pour la couper totalement du sein, je pensais à ce moment là que c’était la meilleure solution pour qu’elle prenne ce fameux (j’ai envie de dire foutu) bib ! Le sevrage a été un crève cÅ“ur, pour elle comme pour moi, j’ai le sentiment de l’avoir arrachée à l’allaitement, l’impression de l’avoir trahie, elle qui tétait si bien !

Et puis j’ai fait la connaissance sur facebook de mamans aux parcours d’allaitement longs, parcours qui m’ont faite rêver… tellement que je me suis jurée de tout mettre en Å“uvre pour que mon 2ème enfant, qui n’a pas tardé à s’annoncer, soit allaité… aussi longtemps qu’il le souhaiterait ! Tom est né et notre plus belle aventure a commencé.

L’allaitement a démarré très facilement, autant que pour sa grande sÅ“ur. Je savais que je reprendrai le travail vers ses 4/5 mois, j’ai donc anticipé. J’ai demandé à ma sage-femme de me prescrire un tire lait électrique double pompage, et quand il a eu 3 mois j’ai commencé à faire des réserves. Je tirais un peu tous les matins, autour de 60 ml, et j’ai entassé des pots de 180 ml dans mon congélateur. Quand j’ai eu rempli et congelé les 20 pots achetés, j’ai décidé d’arrêté de tirer et de profiter pleinement de mon allaitement l’esprit tranquille, mon arrêt était prolongé jusqu’à ses 5 mois.

J’ai commencé à le faire garder des journées entières par-ci par-là , et chaque pot de lait décongelé pour aller chez papi/mamie était remplacé le soir même : j’ai veillé lors de son absence à tirer mon lait au moment où il aurait normalement tété. Au début tout s’est très bien passé, il prenait bien le biberon (de la même marque que celui que sa sÅ“ur avait fini par accepter, tommee tippee).

J’ai donc repris le travail, il avait 5 mois et 1 semaine exactement. J’ai acheté une glacière et des accumulateurs de froid. J’emportais le tire lait à l’école et tirais mon lait le midi puis le rangeais soigneusement dans la glacière. Je le faisais téter une dernière fois le matin chez papi/mamie qui le gardaient et je leur laissais 2 pots de 180 ml. Au début, en le récupérant en fin de journée, j’avais la satisfaction de voir qu’il avait tout bu… et que malgré tout il se jetait sur mon sein une fois dans mes bras. Moi le midi, je tirais entre 250 et 300 ml, donc pas assez pour le lendemain, mais absolument pas inquiète, mes réserves allaient servir. Les papi/mamie avaient pour consigne de donner d’abord le lait décongelé puis le frais tiré de la veille, afin de pouvoir congeler ce qui n’avait pas été bu le cas échéant. L’autre consigne était de ne pas donner un biberon 30 min avant que je le récupère, que je préférais qu’il attende pour le faire téter.

Peu à peu, il a commencé à moins bien boire au biberon… les jours s’enchainant, c’était tout de suite moins drôle, moins facile de boire au biberon. Il avalait beaucoup d’air, lâchait la tétine à chaque gorgée… bref, pas génial ! Mais moi, ça ne m’inquiétait pas : il boit peu la journée ? il se rattrapera ce soir et cette nuit (étant un petit dormeur aux nombreux réveils nocturnes, je savais qu’il tèterait abondamment la nuit). Mais les papi/mamie eux étaient inquiets, me pressaient pour entamer la diversification de manière à pouvoir réduire la quantité de lait à lui donner.

Je suis allée voir mon groupe de mamans facebookiennes favori et ai demandé leur aide. L’une d’elle m’a conseillé le biberon calma de medela, reproduisant apparemment la succion au sein et particulièrement adapté pour un bébé allaité. J’ai équipé mon fiston et comme par magie, les biberons se sont de nouveau vidés avec plaisir !!

J’ai donc pu attendre que monsieur manifeste l’envie d’une diversification pour commencer les purées. Ca n’a d’ailleurs pas tardé ! Un vrai bonheur, tout lui plait, il dévore !!!

Actuellement donc, je continue à tirer mon lait le midi, toujours entre 250 et 300 ml selon les jours. Ca suffit maintenant pour le lendemain puisqu’il dévore ses purées, il me reste donc encore plus de la moitié de mon stock de départ. Je délaye même ses purées avec mon lait !

J’ai quand même la chance de ne pas travailler le mercredi, le samedi et le dimanche, 3 jours sur 7 où c’est tétées à volonté (et il ne se prive pas !) et purées et compotes maisons.

Ma principale difficulté a été de trouver un biberon qui lui convienne, et vous remarquerez que ça a été rapide, j’ai été très bien conseillée.

Mon plus grand bonheur ? la tétée retrouvaille de la fin d’après-midi, parfois nutritive, parfois juste câlins !

Ma plus grande satisfaction ? à 6 mois 1/2, mon fils n’a bu jusque là que MON lait et surtout il n’a jamais pleuré sur un biberon ! Avec lui on n’a rien forcé, on ne s’est pas pris la tête !

Mes plus grandes aides ? le soutien et la compréhension du papa et des papi/mamie nounous et mon groupe de mamans facebookiennes favori !

Aux mamans qui allaitent et sont sur le point de reprendre le travail :

– si vous préférez sevrer votre enfant, pour x ou y raisons, n’en culpabilisez pas, c’est déjà fantastique de l’avoir allaité jusque là !

– si vous ne voulez pas vous embêter à tirer votre lait mais que vous tenez à votre allaitement, choisissez un allaitement mixte et profitez à fond des tétées qu’il reste dans la journée !

– si vous tenez à ce que bébé ne boive que votre lait, organisez vous, entourez vous de personnes ayant cette expérience là et qui pourront vous soutenir et vous conseiller, ne remplacez jamais une tétée potentielle par un bib, faites téter bébé un maximum les jours où vous êtes ensemble, et surtout, surtout, faites vous confiance et faites confiance à bébé ! (conseils valables aussi pour un allaitement mixte d’ailleurs !).

Dans l’immédiat, deux semaines de vacances scolaires pour moi pendant lesquelles nous allons reprendre les tétées à volonté et profiter pleinement de ces moments magiques !

Si c’était à refaire, je ne changerais rien ! J’ai été particulièrement bien conseillée par des mamans aux parcours semblables ou aux connaissances solides sur l’allaitement, elles m’ont permis d’avoir une confiance inébranlables en Tom et moi, et tout a roulé exactement comme je le souhaitais ! C’est fantastique, Tom et moi sommes comblés par cet allaitement que nous poursuivrons jusqu’à ce qu’il choisisse lui-même d’arrêter… mais nous aurons encore des milliers de possibilités pour des câlins d’un autre genre…

Note : Edith m’a fait parvenir ce témoignage il y a maintenant un an et demi…peut-être viendra-t-elle nous donner des nouvelles !

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revues de presse allaitementVoici l’actualité que j’ai repérée pour vous depuis un mois :

– En anglais :

  • ma collègue Nancy Mohrbacher a sorti un bon article : Coping with Fast Milk Flow
  • le Brésil fait baisser la mortalité de ses bébés en privilégiant le lait maternel.
  • une revue de toutes les sortes de mamelons.
  • allaiter quand on souffre de diabète.
  • allaitement et règles.

– Des études qui confirment le risque à utiliser des préparations pour nourrissons :

– Une étude sur le rôle des médecins généralistes dans l’allaitement.

– Maman Eprouvette nous régale toujours :

Bonne lecture ! Et surtout, n’hésitez pas à nous faire partager vos découvertes

Articles en rapport :

Voir l’onglet Revues de presse.


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fiche pratique pour l'assistante maternelleDans un certain nombre d’articles, je vous ai proposé des fiches pratiques. J’ai décidé de vous les préparer de manière à ce qu’elles soient téléchargeables en fichier pdf.

Ainsi vous pouvez maintenant les imprimer et vous en servir facilement au quotidien.

Pour qu’elle soient plus visibles, j’ai également ajouté un onglet fiches pratiques. Je compléterai cet onglet au fur et à mesure des publications.

Pour le moment voici les fiches pratiques qui sont disponibles :

  • Fiche pratique pour l’assistante maternelle : temps de conservation et explications pratiques pour utiliser le lait maternel.
  • Quantité de lait : fiche pratique. Cette fiche pratique est destinée à la personne qui va s’occuper de votre bébé en votre absence (père, grands-parents, assistante maternelle, crèche ). Elle est destinée à lui donner des repères si elle n’a pas l’habitude des bébés allaités et qu’elle ne sait pas quelle est la quantité de lait pour bébé.
  • Gestion des stocks de lait : fiche pratique. Il faut parfois jongler pour réussir à prévoir les bonnes quantités de lait pour vos absences : vous travaillez à des horaires irréguliers ou votre bébé ne tète jamais de la même façon. Dans ce genre de cas, il peut être utile d’utiliser une fiche pour prévoir ses horaires de tirage de lait et et noter les quantités tirées. On pourra également y noter les besoins de votre bébé en votre absence et réussir à tout faire coïncider pour une bonne gestion des stocks de lait maternel.
  • Proposer le biberon à un bébé : fiche pratique pour l’assistante maternelle. Une fiche pratique destinée à l’assistante maternelle de votre enfant pour lui permettre de proposer le biberon dans les meilleures conditions pour un bébé allaité qui n’est pas habitué à prendre le biberon.

Et vous, de quelles fiches pratiques auriez-vous besoin ?

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conservation du lait maternelLa question de la conservation du lait suscite toujours de nombreuses questions.

Je vous propose d’imaginer ma tête quand je reçois certaines questions 😉 :

« Je souhaite connaitre le temps de conservation d’un biberon de lait maternel une fois entamé par le bébé mais non terminé. Peut-on congeler ce qu’il reste ou pas ? »

« Pour une raison que j’ignore mon réfrigérateur est a 11 degrés(j’ai mis un thermomètre a l’endroit suppose être le plus froid) ! Il doit être un peu trop vieux est ce que c’est trop « chaud » pour conserver le lait fraîchement tiré même 5 jours ? »

« Peut-on mélanger un lait qui a été chauffé une fois ( il n’a pas terminé son biberon) avec un lait fraîchement tiré ?
Et combien de temps peut-on conserver au réfrigérateur un lait qui a été chauffé une fois ? »

« Je propose à mon bébé de la bouillie de millet faite avec mon lait (chauffé à 40 maxi à cette occasion). Le lait est frais Au bout de combien de temps dois-je jeter la bouillie et puis-je la réutiliser si elle a été mise au frigo ? Sur l’emballage du fabriquant de la bouillie, rien n’est spécifié « 

« Une fois le lait maternel réchauffé, combien de temps peut-on le garder à température ambiante avant de le redonner à bébé (mademoiselle ne fini jamais ses biberons) ? »

A toutes ces questions, je ne peux, honnêtement, pas répondre. Pourquoi ? Tout simplement parce que tous ces cas de figures n’ont jamais été étudiés.
Seuls les cas de figures figurant dans mon article sur la conservation du lait maternel ont été étudiés.

Pour toutes les autres situations, il faut juste faire preuve de bon sens et quand on ne sait pas, on évite de donner le lait au bébé.
On peut également goûter le lait. S’il est bon, on peut, en général, le donner. S’il a mauvais goût, il n’est pas forcément mauvais. Je vous rappelle que le lait peut prendre un mauvais goût.

Donc, il est inutile de me poser des questions sur la conservation du lait dans des situations particulières : je ne peux pas vous répondre 🙂 .

Et vous, comment faites-vous lorsque vous avez un doute ?

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allaitement et travail

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai choisi de poursuivre l’allaitement, c’était une évidence pour moi après les difficultés de mise en route de l’allaitement, heureusement surmontées avec l’aide de Véronique que j’ai vue plusieurs fois. Bébé né en avance sans force pour téter et qui s’endormait dès que je le mettais au sein, tire allaitement pendant presque 1 mois et demi avec les quantités tirées qui diminuaient, puis bébé qui serre trop les gencives et qui fait mal à maman. Après avoir passé tout cela, je ne me voyais pas arrêter et lui donner du lait en poudre.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Nous avons trouvé une assistante maternelle agréée ouverte concernant l’allaitement, elle-même ayant allaité ses 4 enfants. Elle a été très surprise de savoir qu’on pouvait congeler le lait maternel, mais a accepté tout de suite d’en prendre dans son congélateur, ce qui m’a tout de suite rassurée car je savais qu’il y aurait toujours de quoi le nourrir si le lait frais fourni le matin ne suffisait pas. La nounou a donc en réserve 2 sachets de 150 ml et un sac de glaçons de 15 ml pour les petites faims.

J’utilise le tire lait manuel Medela Harmony (en continuité du Symphony loué les premiers mois, comme j’avais investi dans des téterelles à ma taille). Je tire entre 80 et 150 ml par sein quand c’est plein en moins de 10 minutes, il me convient très bien : silencieux, petit, léger. Je me disais que je passerais à un double pompage si ça ne suffisait plus. Je prends une boite hermétique (avec les ailettes) pour stocker mon tire-lait au frigo la journée (au lieu de sachets ziploc) que je lave tous les soirs.

Quand je sens que le lait a du mal à venir je compresse le sein avec la main qui tient la téterelle, ça repart bien en général.

La première semaine je rentrais tirer mon lait à la maison à la pause déjeuner (10 min à pied de mon travail), je tirais le sein non tété le matin ou les 2 si bébé dormait encore, puis les 2 le midi. Ca roulait, je tirais ce qu’il fallait pour remplir les biberons. Puis j’ai été en formation toute la semaine avec 2 heures de trajet en plus. J’avais appelé la semaine d’avant l’organisme de formation et ils m’ont gentiment mis à disposition une salle et leur réfrigérateur. Pour le transport, impossible de trouver un pain de glace en cette saison et en une semaine… Commander sur internet je l’aurais reçu trop tard. C’était donc système D : sac isotherme et bouteille de 50 cl d’eau glacée. Ca a marché j’ai tenu toute la semaine comme ça. Maintenant j’emmène mon tire-lait au boulot (toujours avec mon sac isotherme et la bouteille d’eau glacée), je tire à 11h30 et à 15h.

J’ai de la chance d’avoir un responsable papa de 2 enfants qui soutient complètement les mamans allaitantes. Il me permet d’utiliser une salle de réunion attenante. J’ai la clé de la salle et j’y vais quand j’en ai besoin, je m’y enferme et tire tranquillement en écoutant de la musique. Il me permet également de m’éclipser des réunions pour « faire ce que j’ai à faire », que c’est plus important pour le moment et que je m’occuperai du travail après.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Après les premiers mois difficiles, la première semaine de garde complète a été très angoissante pour moi. Mon fils ne buvait « que » 2 biberons de 80 ml chez la nounou sur 9 heures de garde et ne voulait plus téter le soir. Il ne faisait que dormir, et a même recommencé à faire ses nuits cette semaine là . J’étais vraiment inquiète, je pensais qu’il ne voulait plus téter. En plus de ça, il avait perdu du poids à la visite mensuelle chez le pédiatre, lui qui m’avait habituée à prendre quasiment 1 kg par mois, j’ai vraiment eu peur qu’il ne boive pas assez. Avec le recul je me dis que dormir beaucoup était sa manière à lui de s’adapter à tous ces chamboulements dans sa vie, le fait d’être avec quelqu’un d’autre que maman, les biberons, s’endormir autrement qu’au sein.
Puis il a repris appétit et s’est remis à téter une à deux fois la nuit. Maintenant on a retrouvé un rythme plus régulier : 2 tétées le matin, 2 biberons de 150 ml + 1 variable (80 à 120ml) pour le goûter, 2 tétées le soir. Il finit rarement le bib du gouter, comme s’il savait que maman allait bientôt venir le chercher 🙂 et redort la nuit jusqu’à 5-6h du matin.

Suite à la semaine de formation (et sans doute le stress de la semaine de reprise et la fatigue) j’ai senti une baisse de lait, je n’arrivais plus à tirer assez le midi. Comme je rentrais plus tard le soir, je ratais la tétée (papa donnait le bib à la place). Je tirais quand même mon lait en rentrant mais ça ne donnait plus grand chose. En plus, mon fils réclamait à téter 2 fois le matin donc je ne tirais plus rien le matin, et la nounou me disait qu’il fallait remplir les biberons… Mon stock de lait au congélateur m’a été bien utile. J’ai ajouté un tirage l’après-midi, commencé une cure de fenugrec (en gélules 4g par 24 heures). Ca fait une semaine et je sens que ça revient je tire largement ce qu’il faut.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

La tétée de retrouvailles quand je vais le chercher le soir ! Avant je m’occupais pendant les tétées (bouquin, téléphone), maintenant je savoure le moment et regarde mon fils, lui prends la main, lui caresse les cheveux.

J’aime aussi les tétées dodo, devenues rares maintenant qu’il s’endort seul dans son lit avec sa berceuse.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Lire vos livres et votre blog pour prendre le maximum d’informations avant de décider. Les témoignages des mamans m’ont bien inspirée aussi, il y a pleins de bonnes idées et d’astuces pour s’organiser avant la reprise.

Ne pas culpabiliser car on n’a pas toutes la chance de pouvoir tirer son lait confortablement au travail, l’allaitement mixte est aussi un moyen de poursuivre. C’est ce que j’envisage si je n’arrive plus à tirer assez la journée.

Echanger avec d’autres mamans allaitantes ou pas c’est super important de se soutenir et se rassurer.

Témoigner après car ça aidera d’autres mamans qui doutent.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Oui sans hésiter. Je suis consciente que j’ai vraiment de la chance d’être soutenue tant au travail qu’à la maison.

Je pense que je prendrais un congé parental s’il y a un 2ème bébé, pour allaiter tranquillement au moins jusqu’à ses 6 mois.

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travail et allaitement

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’étais un peu perdue, mon nouveau rôle de maman était compliqué, ma fille souffrait d’un RGO, de coliques, et elle pleurait beaucoup. Aussi on m’a énormément culpabilisée vis à vis de l’allaitement. En me disant que c’était à cause de cela que ma fille souffrait. Qu’elle devait avoir faim. Elle tétait énormément, environ 18 à 20 fois par jour, et dormait très peu, 4h sur 24h, la plus part du temps au sein. Forcément, pédiatre, sage femme et compagnie me disait d’arrêter, de sevrer? Alors que faire, que choisir ?
Je ne me voyais pas reprendre le travail, alors qu’elle tétait encore toutes les heures.
On me parle de me tirer le lait, pourquoi pas ? J’essaye et là , déception, je tire 3 fois rien, simple pompage en plus.
J’ai commencé à me faire à l’idée de la sevrer. Mais au fond de mon cÅ“ur, je n’arrivais pas à m’y résoudre.
Elle souffrait tellement, et était si apaisée par ces tétées, que je ne pouvais pas lui enlever ça.
Je devais reprendre fin janvier, elle aurait du avoir 2 mois et demi. Et ça me semblait insurmontable.
J’étais dans un tel état de fatigue et de stress que mon médecin m’a prolongé d’un mois. J’étais soulagée et je me suis dis que j’allais tout mettre en Å“uvre pour pouvoir continuer l’allaitement au moment de la reprise, du moins essayer.
J’ai commencé à tirer le lait, devant le peu de récolte, je décide de changer de tire-lait, et là : miracle, je tire de grosses quantités. Je suis alors motivée et congèle 7 litres de lait. Après 15 jours de prolongation par le médecin, je me sentais encore incapable de reprendre, ma fille souffrait toujours et on m’avait donné une piste à explorer : un régime sans protéines de lait de vache.
Je pose alors 15 jours de congés à la suite de la prolongation, ce qui m’a permis de reprendre qu’aux 4 mois et demi de ma fille.
Pendant le mois qu’il me restait, j’ai commencé un régime strict et il s’est avéré gagnant. Disparition du reflux, des coliques, des pleurs.
Elle a commencé à dormir la nuit (6-7h d’affilé, jusqu’ici elle ne dormait jamais plus de 2h d’affilé), elle a commencé à faire des siestes, même sans le sein ! Elle est passée de 18 tétés à « seulement » 8, et je voyais enfin une étincelle d’espoir pour ma reprise.
Ma sage-femme continuait de me dire de sevrer, de commencer le biberon etc.
Et heureusement avant de faire cela, on m’a parlé de La Leche League, je me suis inscrite à la communauté internet, et j’ai beaucoup appris. J’ai commandé des livres comme L’art de l’allaitement maternel, et j’ai acquis des connaissances. J’ai compris beaucoup de choses et j’ai arrêté de culpabiliser et d’avoir peur.
Ma fille est née à terme à 4.100kg et 53 cm, et malgré une bonne prise de poids, on n’a cessé de me dire qu’elle n’avait pas assez de lait, qu’il était pas nourrissant, pas bon, voir acide. Personne n’a jamais une seule fois admis que si elle tétait autant, c’était juste pour se soulager.
Pour mon mari et moi, il était évident qu’il y avait un lien entre les protéines de lait de vache, et tous les symptômes qu’elle avait. Les proches aussi ont dit que c’était pas possible une telle coïncidence, mais n’étaient pas à fond avec nous pour autant. Le pédiatre m’a cru ridicule et ne voulait pas explorer plus cette piste.
Mais pour moi, ça a été le vrai déclic pour continuer l’allaitement maternel. Et avec les livres, la Leche League j’étais motivée pour allaiter 6 mois exclusivement.
Me voilà armée de mon tire-lait double pompage, de mon sac Medela, et de ma motivation grandissante pour affronter la reprise.
Douloureuse cette reprise, surtout avec des seins qui « pleuraient » ma fille pendant mes longues absences.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Je suis infirmière, j’allais donc être confrontée à 3 horaires de boulot (matin, soir et nuit).
J’ai prévenu mes collègues que j’allais tirer mon lait et qui ont trouvé ça honorable pour certains, bizarre pour d’autre, voir même dingue pour quelques-uns. Mais à aucun moment ils m’ont reproché quoi que ce soit.
Je faisais le boulot que j’avais à faire, je demandais toujours s’ils avaient besoin de moi, et si tout était OK, je m’isolais dans le vestiaire, où il y avait un fauteuil, un point d’eau, une prise électrique.
Quand je commençais mon service j’installais tout mon matériel pour ne pas perdre de temps. J’avais une pochette où je mettais liquide vaisselle, éponge, torchon, que je mettais sur un bord du lavabo, je branchais mon tire-lait et le posais sur le fauteuil.
Je prenais mon téléphone avec moi et je prenais 15/20min, 10min de tirage et 5 à 10min pour le nettoyage.
Sur mon téléphone je regardais l’heure mais surtout des photos ou des vidéos de ma fille afin de favoriser le réflexe d’éjection. Ou mieux encore, je me permettais d’appeler la nounou (ma mère), pour l’entendre gazouiller, avoir des nouvelles, bref avoir une pensée positive.
Une fois le tirage fini, je pouvais conserver mon lait dans un frigo dans la salle de pause du personnel.
A la fin du service, je le mettais dans la glacière fournie avec le sac Medela où un pain de glace est installé et permet de stocker jusqu’à 4 pots ou biberon de lait maternel.
Le 1er mois de ma reprise, je tirais 4 fois par jour (2 fois sur le lieu de travail, parfois sur ma pause déjeuner, quand j’en avais une. Et 2 fois à la maison)
Très vite je n’ai pu le faire qu’une fois au boulot, trop de pression, trop de travail, trop de fatigue.
Et pour finir, au bout de 2-3 mois de reprise, je ne tirais plus que 2 fois par jour, et les 2 fois c’était à la maison.
Sauf quand j’étais de soir ou de nuit, horaires qui permettaient de faire 1 à 2 tirages encore.
A la maison, réveil à 5h30 du matin TOUS LES JOURS, même pendant les jours de repos, même pendant les week end. J’ai ainsi créé une tétée fictive. Je faisais pareil à 15h.
Ce qui me permettais de tirer 200ml par tirage, donc 400ml.
Ma fille prenait 2X150ml, donc j’avais toujours 100ml d’avance pour le lendemain, ce qui me rassurait.
En fin de semaine, tout le surplus je le congelais.
Dès que le boulot était fini, c’était tétées à volonté, plus de tire-lait et ma fille au sein +++.
On s’est parfaitement adapté à ce rythme, pourtant on est parti de loin.
Mes seins ont arrêté de pleurer son absence, pour s’adapter parfaitement à ces horaires.
On est arrivé aux 6 mois d’allaitement exclusif, pour notre plus grande fierté, mon mari et moi !
A ses 7 mois jusqu’à ses 1 an, j’ai donné tous le surplus au lactarium, car je n’ai jamais eu besoin de taper dans le stock.
A ses 11 mois, une prise de sang (longuement demandée) a révélé une allergie aux protéines de lait de vache.
Par la suite on a découvert qu’elle était aussi allergique aux protéines de lait de chèvre, brebis et au soja.
C’est aussi à ce moment là où je n’arrivais plus à tirer autant de lait qu’avant. Mon pédiatre m’a dit que c’était alors la fin, et qu’il fallait la sevrer. Il avait raison, il était temps de sevrer, mais de se sevrer de ce pédiatre ! J’ai changé de médecin, et après quelques recherches sur le net, je suis tombée sur un pédiatre pro-allaitement. Il a été mon arc en ciel dans ce paysage si gris. Il m’a reboosté à fond, et m’a dit que ce n’était pas la fin non, mais une évolution de l’allaitement. Il m’a dit d’arrêter de paniquer sur la machine, et de ne plus stresser sur les quantités.
Je suis alors passée de 200ml par tirage à 100, puis à 70, puis à 50 sur quelques mois, pour ne plus tirer que 20ml à ses 20 mois.
Ne pouvant pas compenser par d’autres laitages, c’est dans la diversification que j’ai trouvé les apports nécessaires et que j’ai appris que le lait de vache n’apporte rien en réalité. Qu’on trouvait tout dans les légumes, fruits, poissons…
Comme je continue à paniquer de perdre ce lien lacté, mon « Sauveur » de pédiatre m’a dit de ne plus tirer mon lait, mais de prendre doucement ma fille dans son lit le matin, pour la mettre au sein avant de partir bosser quand je suis d’horaire du matin.
Voilà donc 15 jours que lorsque le réveil sonne à 5h15, au lieu de me diriger vers le tire lait avec la tête dans le….brouillard, je vais doucement, tout sourire, la sortir de son lit, pour la lover dans mes bras délicatement, elle ne se réveille même pas. Elle prend sa dose de bonheur, et je la repose ni vu ni connu. Mais moi je pars au boulot gonflée de soulagement.
Quand je suis de soir, elle tète tout le matin et a une tétée de retrouvaille vers 22h, seules fois où elle se couche si tard. Mais elle est trop accro pour s’endormir sans.
Quand je suis de nuit, elle tète une fois à son réveil, quand je rentre de ma nuit, puis je dors pendant qu’elle va chez la nounou (ma mère). Et je la récupère vers 14h, elle tète à volonté jusqu’à 20h30, heure à laquelle je pars pour aller bosser.
Notre aventure avec le tire-lait aura duré 17 mois.
Cela fait aussi 17 mois que nous faisons toutes les deux le régime sans protéines de lait animal et soja.
Notre histoire lactée évolue et continuera d’évoluer. Ce qui ne change pas, c’est ce plaisir qu’on partage.
Je rêve secrètement d’un sevrage naturel, quand elle l’aura décidé elle, et non pas la société ou une quelconque personne.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Trouver du temps pour tirer mon lait au travail.
Les préjugés, les remarques négatives, le réveil à 5h30 les jours de repos pour maintenir cette tétée fictive.
La peur de manquer de lait.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Le fait d’avoir eu le « choix » de lui offrir le meilleur. Et dire qu’à la naissance je pensais ne pas tenir plus de 2 mois et demi (date à laquelle j’aurais du reprendre le travail)…
Les tétées retrouvailles aussi sont d’excellents moments. Je n’en ai pas une en particulier, car elles sont toutes merveilleuses. C’est chaque jour ma bulle d’oxygène pour finir ma journée de travail.
Le soutien du papa, sa fierté et ce regard qu’il porte sur moi.
Avoir pu surmonter 2 pyélonéphrites, où à 41° de fièvre, elle ne voulait rien d’autre que mon lait. La satisfaction et ce côté rassurant de savoir que je pouvais lui apporter tout ce dont elle avait besoin à travers un bout de moi. Chaleur, câlin, réconfort, sécurité, réassurance et du lait adapté.
Avoir acquis la confiance qu’on m’avait enlevé au tout début de mon rôle de maman.
Avoir su faire confiance à mon instinct. Cette fierté que je ressens quand je m’aperçois que je viens de passer une semaine de 52h, en ayant bosser lundi et mardi en horaire du matin, mercredi en horaire du soir et vendredi-samedi et dimanche en horaire de nuit et que malgré ça ma fille eu ses 5 à 7 tétées journalières, que je prends toujours autant de plaisir et que je la vois s’épanouir sereinement.
Ce que j’adore, c’est quand elle vient avec ses yeux brillants me demander « poupou maman teplait » ou qu’elle me dit « poupou est bon et doux ».

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Ne pas se précipiter, écouter les besoins de notre enfant, et se faire confiance.
Je n’ai aucunement préparé la transition pour la reprise du boulot, si ce n’est avoir stocké du lait au congélateur, je ne l’ai pas habituée au biberon. Son 1er biberon était le jour de ma reprise, avec une tétine spéciale qui réduit le risque de confusion sein tétine. Elle a mis une semaine avant de prendre des quantités raisonnables, mais se rattrapait toujours le soir quand je rentrais.
Se rapprocher d’associations qui soutiennent l’allaitement, car seule, c’est très difficile d’y arriver.
Car quand on a des coups de mou, c’est toujours bien d’avoir du soutien de partout.
Lire un peu sur l’allaitement, pour éviter tous les « on dit » qui peuvent détruire le peu de confiance en nous.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Absolument. Il me tarde déjà le prochain allaitement. Je sais maintenant tout ce que j’ai à savoir pour allier allaitement et reprise du boulot. Il me tarde, car je sais que je ne le vivrai pas de la même manière.
Moins de stress et de pression. Plus de confiance, de sérénité. J’ai vécu les premiers mois de souffrance et d’amour, mais ce qui nous a permis de surmonter tout ça, c’est l’allaitement. Ainsi ce choix est resté le meilleur que j’ai pris dans ma vie de maman.
Ce que je changerais et qu’il me semble que je change déjà , c’est le regard des gens sur l’allaitement. Je prouve que quand on veut on peut. Et surtout, je n’aurai jamais de regret, c’est le plus important pour moi.
C’est une histoire que j’écris avec ma fille, et qui restera à jamais gravée dans notre âme, une histoire que mon mari nous aide à écrire, et qui nous unis tous les 3 comme personne ne pourra jamais le faire.

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revues de presse allaitementVoici l’actualité que j’ai repérée pour vous depuis un mois :

– On a parlé travail et allaitement :

  • Un très bon article d’une collègue américaine sur le soutien des femmes qui allaitent et travaillent.
  • Un article belge pour améliorer la poursuite de l’allaitement à la reprise du travail.
  • Une étude américaine sur la différence pour l’allaitement entre reprendre à temps plein et reprendre à temps partiel.

– De la recherche :

– Une belle initiative d’un restaurant en Angleterre pour soutenir les femmes qui allaitent.

– Un blog pour les papas de bébés allaités.

– Une trouvaille sur les vieilles croyances du Bourbonnais.

Bonne lecture ! Et surtout, n’hésitez pas à nous faire partager vos découvertes

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Voir l’onglet Revues de presse.


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