allaitement jumeauxJ’ai 28 ans et j’ai l’immense bonheur d’être maman allaitante de deux petites filles, Adèle et Ambre. Elles sont nées par voies basses après déclenchement 3 semaines avant terme, pesaient 2kg850 et 2kg630 et étaient en parfaite santé.

Depuis « toujours » la question ne se posait pas : j’allaiterai !
Enceinte, j’étais déterminée et je me suis beaucoup documentée sur internet. La seule chose qui me hantait c’était la réussite de l’allaitement et plus j’avais de connaissances sur ses bienfaits plus je me disais qu’il était impossible qu’il en soit autrement.
Évidemment on trouve moins d’informations pour l’allaitement de deux enfants mais le peu que j’ai trouvé était rassurant : c’est possible !! Et puis je faisais confiance à mon instinct et ma détermination… Je m’étais fixée pour objectif 6 mois exclusifs.

Le Papa était de tout cœur avec moi et mes choix, j’ai voulu qu’il assiste au cours de préparation à l’accouchement sur l’allaitement pour être autant informé que moi car je redoutais les moments durs et je voulais qu’il m’aide et me soutienne.

En salle d’accouchement nous avons pratiqué une petite tétée d’accueil. Les premiers jours elles dormaient beaucoup, ont eu un ictère physiologique ce qui n’a pas aidé car ça les fatiguait. Le papa et moi les stimulions lors des tétées en changeant leurs couches avant, en les découvrant, en les titillant pendant…
Lors du 2ème jour, l’équipe médicale m’a un peu fait paniquer par rapport à la perte de poids de mes filles car elles avaient perdu 10% comme tous les bébés mais pour elles, petits poids, ça faisait beaucoup. Alors ils ont voulu que je leur donne des compléments après les tétées, au biberon… quelle horreur pour moi ! Alors j’ai mis les bouchées doubles !! Je prélevais manuellement mon colostrum pendant 45 min pour 10ml que je mettais dans une seringue pour le leur donner. Je pouvais le garder 4h en chambre.
Et j’ai fini par donner, sous la pression des soignants, du lait artificiel. Je craignais la confusion sein/tétine. Au début nous avons donné goutte par goutte à la seringue puis un ou deux biberons de 5/10ml. Ça n’a duré que quelques heures… j’ai vite dit qu’elles ne voulaient pas du lait artificiel alors que je n’essayais même pas car je savais que le poids allait remonter et c’est ce qu’il s’est passé.
Mais cette peur de la prise de poids et du « il faut qu’elles tètent, qu’elles tètent !! » m’est restée de longues semaines. J’étais obnubilée par l’allaitement. J’avais même beaucoup de mal à me concentrer sur autre chose, à faire à manger tout simplement. J’étais toujours sur le qui-vive et il fallait que je sois à 100% disponible pour mes filles à la seconde où elles réclamaient.

Nous leur avons donné les tétines à une semaine, après avoir passé de long moment à la maternité, la nuit, debout entre les deux berceaux avec les petits doigts dans la bouche pour calmer leur besoin de succion. Il y a eu une confusion… Au début de la tétée, elles tétaient mon sein comme leur tétine.
De plus, à cause de l’utilisation de la ventouse lors de l’accouchement, Adèle avait la mâchoire qui n’était pas symétrique ce qui compliquait la tétée et me faisait un peu mal. Au bout de 2/3 semaines j’avais les tétons rouge vif, irrités. J’avais mal mais je me disais « accroche toi ça va passer ». J’ai utilisé les bouts de seins et c’était très pratique car elles prenaient le sein plus facilement surtout quand je les mettais ensemble en position ballon de rugby. Mais après deux semaines d’utilisation, Ambre ne pouvait plus s’en passer alors je me suis dit qu’il fallait vite les supprimer. Ajouté à l’utilisation de la tétine ça faisait beaucoup de confusions pour elle. J’ai bataillé une dizaine de jours pour qu’elle retète correctement sans. Et je tiens à préciser que je n’ai jamais eu de crevasses ou autres grâce à la bonne compréhension du positionnement des filles et en mettant de la lanoline après chaque tétée !

La prise de leur premier biberon ?! Un grand moment pour moi…. Avec mon lait évidemment. Elles avaient 2 mois et demi. Enceinte je m’étais dit que je tirerais mon lait pour que le papa puisse avoir le plaisir de nourrir ses filles, sans me rendre compte que ce n’est pas anodin et que c’est toute une logistique. Pour le repas de Noël nous étions invités et je préférais donner un biberon plutôt que de « déballer le généreux matos » en public (Allaiter 2 bébés en même temps n’est pas très discret et j’ai horreur que l’on me scrute pendant ce moment). Alors nous nous sommes entraînés au calme tous les 4 la veille. Moi je ne pouvais pas le donner, il m’a fallu deux semaines de préparation psychologique pour déjà accepter le fait qu’elles prennent un biberon. J’avais le sentiment de trahir mes filles et puis peut être au fond la peur qu’elles ne veuillent plus le sein… je me suis mise loin d’eux et je regardais avec les larmes aux yeux le papa très content de donner le premier biberon à ses filles. Elles l’ont englouti comme si elles avaient toujours fait ça ! En me fixant du regard !! Avec une tétine lambda et il n’y a eu aucune confusion ou refus de sein après mais peut-être un petit peu d’impatience qu’au sein ça ne coule pas aussi vite mais ce n’est que mon interprétation.

Les deux premiers mois ont été extrêmement éprouvant… je m’en félicite encore.
Je les faisais téter à tour de rôle, rarement à deux car je voulais respecter le rythme de chacune et puis c’était aussi plus simple pour l’apprentissage. La nuit je faisais jusqu’à 12 tétées… je vous laisse imaginer les minutes de sommeil qu’il restait pour moi… heureusement le papa était beaucoup présent et je dormais en général 1h30 l’après-midi. J’ai atteint des niveaux de fatigue extrême…

A leurs 3 semaines, j’ai eu un engorgement. Tous les symptômes d’une grippe et je croyais que s’en était une ! J’ai dit à mon conjoint après toute une matinée à pleurer toutes les larmes de mon corps « va acheter une boîte de lait, je suis à bout, je peux plus! ». Et heureusement un ami dont la femme a allaité prenait des nouvelles de moi à ce moment-là, je lui ai dit « je crois que j’ai la grippe ça ne va pas du tout » et c’est lui qui m’a informé que l’engorgement donnait ces symptômes. Bingo c’était ça ! Je ne l’aurais jamais deviné ! J’avais simplement une petite douleur en haut d’un sein vers l’aisselle. Et dans les semaines suivantes j’ai fait 2 débuts d’engorgement que j’ai immédiatement reconnus et soulagés par paracétamol et tétées +++. Un à cause de mon soutien-gorge trop serré et l’autre à cause d’une très grosse contrariété.

J’ai demandé conseil et du soutien à des amies qui ont eu une expérience d’allaitement long et positif mais il y a eu aussi l’entourage qui n’a pas allaité ou qui n’a pas réussi à mener à bien son allaitement et qui commente sans arrêt vos faits et gestes, veut vous donner de grosses bêtises en guise de conseil. D’où l’intérêt d’avoir de solides connaissances pour ne pas se laisser influencer. Ou dans les moments où vous avez besoin d’encouragement, on vous conseille de passer au lait artificiel alors que c’est la dernière chose que vous souhaitez. Ce n’est pas tant l’allaitement qui fatigue, c’est d’avoir deux bébés tout simplement et surtout de ne pas dormir la nuit. Je ne me serais pas vu descendre plusieurs fois au rez-de-chaussée pour préparer les biberons dans la cuisine, allumer toutes les lumières etc… Allaiter c’est avoir toujours du lait prêt et à température idéale en toutes circonstances.

Une fois nous avons même eu une coupure d’eau et d’électricité pendant 12h à la maison, j’étais ravie d’allaiter.
Elles ont souvent dormi avec moi les 2 premiers mois. Une de chaque côté et je me tournais d’un côté puis de l’autre. Alors quand je faisais téter une et que l’autre voulait aussi et pleurait dans mon dos j’avais la pression ! Mais à un moment donné j’avais l’impression qu’elles voulaient téter encore plus car en tétant allongé elles se rendormaient beaucoup plus vite et tétaient moins. Puis je pense que mon contact leur donnait envie aussi, mes mouvements les réveillaient. Alors j’ai essayé plusieurs choses et le mieux a été de les faire dormir chacune dans un berceau à côté de moi.

A 1 mois et demi/2 mois elles ont commencé à dormir 4 à 6h d’affilées puis rapidement n’ont tété qu’une fois dans la nuit. Le comble c’est que c’est moi à la fin qui leur sautait dessus pour les faire téter car mes seins étaient deux grosses boules énormes et douloureuses et puis ça me rassurait de maintenir une tétée pour la lactation. Jusqu’à la dernière nuit où à peine réveillée je les ai fait téter et elles se sont rendormies sur mes seins en 30 secondes. Je me suis dit qu’il était temps de les laisser dormir. Depuis elles dorment de 20H30 à 7h environ et ma lactation s’est réglée petit à petit. Je ne produis plus la nuit ou du moins peu.

Jusqu’à 3 mois environ, les tétées duraient en moyenne 45 min et il se passait 2h entre deux débuts de tétées. Les rares fois où elles n’étaient pas synchros, je passais de longues heures sur le canapé à allaiter. Il m’est arrivé de rester 6h sans bouger lors d’un pic de croissance certainement. Mais depuis, c’est beaucoup plus rapide. En 5/10min c’est fait !

En fait ce qu’il faut se dire c’est que chaque semaine qui arrive sera beaucoup plus facile que celle qui vient de passer et chaque petit problème va passer plus rapidement que l’on croit.
J’ai plusieurs fois craqué d’épuisement physique et psychologique car on ne peut déléguer cet acte à personne et il faut toujours être présente et disponible mais l’allaitement m’apporte une relation unique avec mes filles que personne d’autre ne peux vivre ! A chaque tétée elles se tiennent et se caressent les mains, se regardent… c’est beau à voir !

Depuis leur 2 mois je les fais téter toutes les deux ensembles en ballon de rugby. Elles sont calées pareils au niveau dodo et tétées. Alors ça rend les sorties difficiles car à l’extérieur il est difficile de les allaiter de cette façon sur un banc public ! Mais ce n’est pas grave, ce n’est que pour quelques mois. Nous arrivons à faire des petites promenades entre deux tétées. Qu’elles aient le même rythme est la clé de beaucoup de choses.

allaitement jumeauxIl y a autre chose aussi dont je voulais parler, que je n’ai lu nulle part, mais je n’ai pas tout lu non plus…. je crois que nous avons aussi une dépendance physique et psychique à l’allaitement. Et que lorsque l’on emploie le mot sevrage, il y a celui de l’enfant mais aussi de la mère. Alors surement est-ce dû à la sécrétion d’ocytocine et en sécrétant deux fois plus de cette hormone, peut être que je le ressens deux fois plus fort ? Au bout d’un mois et demi je disais à mon conjoint que je ressentais de plus en plus de plaisir à allaiter, que quand venait ce moment je ressentais presque une excitation, une grande joie ! Que j’adorais de plus en plus la sensation. Et de plus en plus j’ai ressenti la libération d’ocytocine dans mon corps. Tous les matins quand ça fait 10h ou plus qu’elles n’ont pas tété, je le ressens très fort et je suis obligée de ne pas penser à la tétée qui arrive car sinon je me provoque une éjection de lait avant. Je me suis même étonnée un soir… je les ai laissées avec leur papa pour me rendre à l’anniversaire d’une amie. A l’heure de la dernière tétée, il devait donner des biberons. Et bien à partir de 20h30 j’ai commencé à être prise d’une angoisse incontrôlable, de pleurs. J’ai dû rentrer, et ce n’était pas le fait d’être loin de mes filles car j’ai pleuré jusqu’à m’endormir…

Je crois que je suis tellement accro que j’ai décidé il y a un mois d’aller au-delà des 6 mois, de continuer en travaillant et j’ai dit à mon conjoint « Mais en fait je ne voudrais jamais arrêter je crois ! » et donc je ne me donne plus de limite et souhaiterai même aller jusqu’au sevrage naturel… et là encore une fois les remarques fusent de tous les côtés… Mon conjoint me taquine en appelant ça « Ma Drogue !! » mais il me soutient et me défend auprès des personnes non tolérantes.

Aujourd’hui elles ont 4 mois et demi et je suis tellement fière d’avoir passé ces premières semaines difficiles, si fière de nourrir mes filles par moi-même ! Elles ont une très belle croissance ! De la naissance à 3 mois, Adèle prenait 40 grammes par jour et Ambre 32 grammes alors qu’on demande un minimum de 15/20gr par jour… Elles n’ont jamais été malades malgré la période hivernale en cours. Le papa et moi avons pourtant eu une rhinopharyngite tous les deux ! Vers 1 mois elles avaient eu une conjonctivite et le lait étant entre autres antiseptique, je les ai soignées avec des gouttes de mon lait dans les yeux.

Je reprends mon métier d’infirmière libérale dans 1 mois et demi, à leur 6 mois et depuis 3 semaines je commence mes stocks. Lorsque je tire bien, c’est ma petite victoire personnelle du jour ! Je tire le plus vite possible après la première tétée du matin. Au début, forte de ma motivation, je tirais 1h après la dernière tétée du soir mais tirant de moins en moins, je me suis démotivée et ai gardé que le tirage du matin. Je regrette presque de ne pas avoir tiré plus tôt car quand elles avaient 3 mois je me souviens encore avoir tiré 400ml en 7 minutes et me dire : je m’arrête là au cas où elles se réveilleraient.

J’espère de tout mon cœur que je vais continuer à allaiter le plus longtemps possible car je le vivrais comme un échec si cette belle aventure s’arrêtait avant sans que une de nous trois ne l’ai décidé. Au delà d’un échec, ce serait un déchirement…

L’allaitement me permet de passer des heures et des heures au contact de mes filles, de les regarder, de les observer, de les connaître davantage mais aussi qu’elles me connaissent encore plus, d’échanger lors des pauses, de créer des liens encore plus forts. Nous vivons toutes les 3 des beaux moments privilégiés et je nous en souhaite encore.

Je remercie Véronique pour le dévouement qu’elle accorde à cette cause. Bravo ! Et merci d’avoir répondu à mes questions quand j’en ai eu besoin !

 

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Voici l’actualité que j’ai repérée pour vous depuis un mois :

– Des études :

  • Une étude de cohorte prospective a conclu que les professionnels de la santé devraient fournir davantage de compétences en matière d’allaitement aux parents qui ont eu une césarienne, et que les familles devraient être averties des dangers des césariennes facultatives pour les pratiques d’allaitement maternel.
  • L’allaitement et les troubles du comportement chez les enfants et les adolescents.
  • Identification indépendante des anticorps des peptides dérivés du lait bovin dans le lait maternel.
  • Rôle de l’allaitement maternel exclusif dans la protection conférée aux enfants à risque de trouble du spectre autistique.
  • Une protéine du lait de vache reste présente dans le lait maternel pendant au moins 7 jours.

– Des articles :

  • Encore un Fake
  • Une bonne explication du lait maternel.
  • Pourquoi le nouveau-né tète mal (neurologie du post partum).
  • Allaitement et mode de garde.
  • Un excellent point sur VIH et allaitement !
  • Je veux allaiter !
  • Un geste dicté par la bonté, en accord avec la mère.
  • Réponse d’expert : « Enceinte, puis-je continuer à allaiter ? »
  • Le travail du diététicien et IBCLC, Stefan Kleintjes, auteur de plusieurs livres sur la nutrition infantile et l’allaitement.
  • Des cellules souches dans le lait maternel.

– Des vidéos :

  • La beauté du co-allaitement 😉
  • Une belle initiative pour la reprise du travail !
  • Katie Hinde partage des idées sur le lait maternel, cette substance complexe, qui donne la vie et examine les principales lacunes que la recherche scientifique doit encore remplir afin que nous puissions mieux le comprendre.
  • Très intéressant pour expliquer le frein de langue. Sur le film, on voit le geste chez un enfant, c’est encore plus simple, chez un bébé.

Et un peu d’humour pour finir :

Rappel : vous pouvez traduire toutes les publications en anglais grâce à Google et donc les lire à peu près correctement en français !

Bonne lecture ! Et surtout, n’hésitez pas à nous faire partager vos découvertes

Articles en rapport :

Voir l’onglet Revues de presse.

 

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  • allaitement et travailQuel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Je travaille en indépendante et à domicile, et j’avais repris bien avant de faire garder mon bébé : en congé parental partiel, je me reposais également sur le papa, le week-end, pour maintenir un niveau d’activité suffisant. Mon bébé n’a donc commencé la crèche qu’à ses 11 mois. Depuis septembre dernier, il y est gardé par petites journées de six heures, cinq jours par semaine. La poursuite de l’allaitement était une évidence absolue, d’abord parce que celui-ci fonctionnait très bien depuis la naissance, ensuite parce que mon bébé comme moi y étions totalement « accro », avec encore de nombreuses tétées, y compris la nuit. Et puis j’avais et j’ai toujours pour projet de suivre la recommandation de l’OMS (allaitement maternel jusqu’à deux ans et plus) et idéalement de laisser venir le sevrage naturel, tout en travaillant.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Initialement, j’avais prévu de tirer mon lait à la maison pendant mes pauses-déjeuner, puis de le faire donner à mon bébé dans une tasse de type « 360 », qu’il connaissait déjà pour y boire un peu d’eau à l’occasion. J’ai donc loué le matériel auprès d’un site Internet spécialisé, et j’ai profité de la fin de l’été pour faire un petit stock de démarrage-dépannage avec du lait congelé. C’était surtout pour me rassurer, car avec un bébé diversifié, les quantités à fournir pour la garde ne sont évidemment pas les mêmes qu’avec un bébé de trois mois ! Par la suite, j’aurais donné du lait frais, tiré au jour le jour. La crèche (parisienne et respectant la circulaire municipale sur l’allaitement en crèche) avait tout accepté, mais…

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

…mon bébé a totalement refusé mon lait tiré, qu’il soit frais, congelé, lipasé ou non. Après deux semaines d’essais infructueux, j’ai donc décidé d’arrêter les tirages, et mon bambin ne consomme du coup que des solides en crèche. J’ai également refusé l’option « un yaourt au goûter » : comme je récupère mon bambin dès 16 heures, je préfère lui proposer une tétée de retrouvailles après sa compote prise en crèche. Il tète aussi le soir et la nuit, puis bien sûr le matin. Le week-end, il est à la demande, mais ajoute rarement plus d’une tétée en journée.
Autre difficulté : malgré l’allaitement, mon bambin a été pas mal malade, et j’ai trouvé très délicat de le mettre en crèche dans ces moments-là avant la rémission vraiment complète, car il ne se réconfortait et ne se nourrissait alors plus qu’au sein. Cela dit, même en temps normal, il mange extrêmement peu en crèche, car c’est un bébé DME : la totale…

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

L’arrêt rapide des tirages m’a bien plu, car je n’ai jamais été très à l’aise avec le matériel, malgré des dons au lactarium antérieurement. J’ai trouvé ça très contraignant. J’ai eu la chance de ne jamais avoir fait d’engorgement important après l’arrêt des tirages. Ma lactation s’est adaptée très vite.
Sinon simplement tous les moments d’allaitement qui se poursuivent et ne semblent pas près de s’arrêter malgré la garde. Mon bambin aura bientôt 17 mois.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Je leur souhaite à toutes ainsi qu’à leur bébé un bel allaitement, qui continue longtemps, afin d’adoucir la reprise.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Je ne tenterais même pas les tirages : dans ces conditions très confortables (bambin diversifié, tétées de nuit qui continuent, petites journées en crèche permettant de téter à la maison), ils ne sont pas indispensables.

 

Articles en rapport :

 

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A la suite de ma demande de la semaine dernière, voici ce que vous m’avez répondu sur le blog et sur les réseaux sociaux quand aux réactions de vos collègues lorsque vous tirez votre lait au travail.

Il y a les encourageants :

  • « Et puis, des collègues, plutôt des femmes, m’ont posé des questions, pour savoir si j’allaitais encore, et du coup, pour savoir comment je faisais… et elles ont été plutôt admiratives. L’accueil a été très positif.
    Mon chef avait remarqué mon petit manège aussi, et m’a dit qu’il comprenait fort bien, puisque sa femme avait allaité sa fille pendant deux ans. »
  • « Quand j’ai annoncé à ma cadre que je comptait tirer mon lait, elle a tout de suite accepté et m’a encouragée, même réaction pour la cadre qui l’a remplacée peut de temps après.
    J’étais la première à le faire dans mon équipe.
    Mes collègues (hommes et femmes) ont vite vu mon sac supplémentaire et ma disparition pendant la pause. Ils ont tous accepté le fait que je prenne du temps pour tirer mon lait, m’ont soutenue et donné le temps qu’il me fallait. Ça m’a aussi permis de découvrir le témoignage d’autre collègues par rapport à leur allaitement.
    Après 6 mois d’allaitement, j’ai entendu les inévitables : « encore!? » mais sans jugement et avec parfois un peu d’admiration.
    Un jour, des jeunes collègues avec un « projet bébé » sont venues me voir pour prendre des conseils pour l’allaitement. Arriver sans le vouloir à donner envie aux autres je trouve cela magnifique. »

Il y a les compréhensifs :

  • « Mon chef a été très compréhensif. »

Il y a ceux qui ne comprennent pas l’intérêt de l’allaitement :

  • « On me disait tu sais il y a le lait artificiel. Ton fils s’y fera comme les autres. »

Il y a les moqueurs :

  • « Elles rigolaient en disant que j’étais une vache laitière, que j’allais allaiter jusqu’à ses 10 ans. »

Il y a les dégoûtés :

  • « Ha moi j’allaiterai 6 mois pas plus, après je trouve ça trop bizarre ! »
  • « Ça créait des interrogations. C’était une aberration pour certains. J’avais le droit à des « moi je pourrai pas ! » »

Il y a les admiratifs :

  • «  »T’es courageuse ! ». Mais j’entendais surtout au travers de ça : « Elle est un peu folle de faire ça ! Faut couper le cordon !! » »
  • « Dans l’ensemble les gens ne me disent plus rien, mais trouvent curieux que je veuille allaiter longtemps (16 mois pour ma fille, je trouve que c’est pas si long), et me trouvent courageuse de faire ça. »

Il y a les discrets :

  • « Jamais de critiques. »
  • « On en a un peu discuté au début, maintenant plus personne ne fait attention. »

Il y a les franchement désagréables :

  • « Une collègue fait exprès de faire des remarques désobligeantes et de prendre à parti d’autres femmes lorsque je tire mon lait aux wc… C est la seule, tous les autres sont top et trouvent ça normal. »
  • « J’avais informé mon chef avant la reprise. Il a été assez mitigé et a fait des remarques moyennes mais sans plus.
    Mais l’information a circulé au sein du cabinet. Ça a manifestement beaucoup fait parlé (où est-ce que j’allais me mettre, qu’est-ce que j’allais faire du lait, etc…). J’ai eu le droit à des remarques des collègues femmes et mamans… qui avaient allaité mais seulement le temps du congé mat et qui m’ont fait comprendre que c’était pas compatible avec notre travail (je suis avocate), que ça n’irait pas.
    Les regards et sous entendus étaient tels que j’ai fini par ne plus tirer au travail. »
  • « Il faut que je mette mon lait dans le frigo commun, et consigne m’a été donnée par un des dirigeants de « cacher mon lait », ça le choque … J’ai donc créé des « cache-pots »… »

 

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Aujourd’hui je fais appel à vous.

En effet de nombreuses femmes s’inquiètent, avant la reprise du travail, des réactions de leurs collègues si elles tirent leur lait au travail.

Alors racontez-nous : est-ce que vos collègues savent que vous allaitez ? Est-ce qu’ils savent que vous tirez votre lait au travail ? Quelles sont leurs réactions ?

A vos claviers !

 

 

 

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fonctionnairesDe nombreuses femmes travaillant dans la fonction publique se voient refuser leur heure d’allaitement, prévue par le code du travail.

Pour cela, Les ressources humaines invoquent une circulaire du 9 août 1995 (FP/4 n° 1864) relative au congé de maternité ou d’adoption et aux autorisations d’absence liées à la naissance pour les fonctionnaires et agents de l’Etat (NOR :FPPA9530027C).

La juriste Martine Herzog Evans nous dit ce qui suit dans son ouvrage Allaitement maternel et droit :
« Une lecture attentive montre toutefois qu’elle ne traite nullement des pauses d’allaitement. Elle renvoie en effet aux dispositions d’une instruction plus ancienne du 23 mars 1950 (J.O. des 26 mars, 7 et 29 avril 1950), laquelle retient,
à son tour, qu’il « n’est pas possible, en l’absence de dispositions particulières, d’accorder d’autorisations spéciales aux mères allaitant leurs enfants, tant en raison de la durée de la période d’allaitement que de la fréquence des absences nécessaires ». L’instruction recommande cependant aux administrations, qui le peuvent matériellement, de permettre aux mères d’allaiter leur enfant, voire de bénéficier d’autorisations d’absence.

Il convient donc de relever que l’instruction de 1950 évoque, d’une part, l’absence de la mère pour cause d’allaitement et, d’autre part, se fonde sur l’absence de disposition particulière.

Sur le premier point : l’instruction de 1950 ne traite en réalité tout simplement pas de la même chose que le code du travail. Elle se réfère à l’autorisation d’absence de la mère, tandis que le code du travail évoque une pause
d’allaitement prise sur le lieu du travail. En fait, l’instruction de 1950 n’interdit pas l’heure d’allaitement, mais l’absence pour allaitement.

Quant au second point, soit l’absence de disposition particulière, il ne tient pas plus. Les textes de 1950 et de 1995 ne sauraient en tenir lieu, puisqu’ils traitent d’un autre sujet, comme il vient d’être dit. Au demeurant, ils ne constituent pas des normes, contrairement aux arrêtés, décrets ou lois. En outre et surtout, en l’absence de règles particulières concernant les fonctionnaires, le principe retenu par le Conseil d’Etat, juridiction suprême en droit public, est que les règles du code du travail s’appliquent (C.E., 8 juin 1973, Ass., Dame Peynet, Rec. Leb.,406 ; A.J.D.A 1973.587, JCP 1975.II.17957).

En conséquence, l’absence de texte interdisant spécialement les pauses d’allaitement et le vide juridique à ce sujet
conduit à rendre obligatoire, pour les fonctionnaires, les pauses d’allaitement. Ce raisonnement, que nous avons proposé antérieurement dans un article publié en 2001 (M. HerzogEvans, « Aspects juridiques de l’allaitement maternel », R. t. d.san. et soc., 2001, p. 223), a pu être appliqué avec succès à plusieurs reprises dans le contexte hospitalier. Les fonctionnaires de ce secteur ont ainsi pu bénéficier de pauses pour allaiter leur enfant ou tirer leur lait. »

Donc ne vous laissez pas démonter par votre hiérarchie et utilisez ces arguments !

Et vous, avez-vous pu prendre votre heure d’allaitement ?

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revues de presse allaitementVoici l’actualité que j’ai repérée pour vous depuis un mois :

– Des rapports :

  • Le rapport WBTI vise à inciter le gouvernement à réaliser des actions concrètes, en matière de politique de santé axée sur l’allaitement maternel en France.
  • Voici le nouveau PNNS. Ce qui concerne l’allaitement est en page 82.
  • La diversification du nourrisson allaité au cours de la première année. Les recommandations de la COFAM.

– Des témoignages :

– Des études :

  • Quelle alimentation pour le nourrisson allergique aux protéines du lait de vache ? Le lait maternel évidemment…
  • Enquête d’une équipe de l’hopital Necker au sujet de l’impact de l’hospitalisation de l’enfant souffrant de bronchiolite sur le déroulement de l’allaitement maternel.
  • Allaiter son nourrisson pendant au moins six mois réduit jusqu’à 47% le risque des mères de développer du diabète au cours de leur vie.
  • Un anticancéreux tiré du lait maternel entre en essai pré-clinique.
  • Effet possible d’un allaitement maternel prolongé sur les facteurs de risque cardio-métaboliques.

– Une vidéo très mignonne.

– Des articles :

– Voici le porc USB :

Rappel : vous pouvez traduire toutes les publications en anglais grâce à Google et donc les lire à peu près correctement en français !

Bonne lecture ! Et surtout, n’hésitez pas à nous faire partager vos découvertes

Articles en rapport :

Voir l’onglet Revues de presse.

 

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