Articles portant l'étiquette ‘travail’

Allaiter et travailler : le témoignage de Lucie

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

À l’origine, pendant ma grossesse, je me disais, si je peux, j’allaiterai jusqu’à ma reprise. Ma meilleure amie avait allaité sa fille l’année précédente, mais cela ne s’était pas super bien passé, notamment en raison du frein de sa fille.
Donc, je m’étais dit que si je n’y arrivais pas, je n’en ferais pas une maladie !

Après j’ai eu beaucoup de chance, la mise au sein ne m’a pas fait mal et s’est faite super naturellement. C’est comme si Annabel avait compris le truc toute seule…
Le plus difficile et le plus fatigant restait le rythme à prendre, les nuits sans sommeil ou très peu.

Bref, le début était dur, mais j’ai tenu le coup face à mes proches, qui me disaient de passer au lait maternisé, que ça me laisserait plus libre de mes mouvements…
J’ai tenu bon…Même si effectivement le papa jalousait de ne pouvoir nourrir sa petite fille.

Aux six semaines d’Annabel, nous avions un mariage en Province. Il me fallait absolument aller chez le coiffeur, acheter une tenue et chercher la voiture de location (le papa d’Annabel ne conduit pas, donc je ne pouvais pas compter sur lui pour cette tâche)…

Un de nos copains avait proposé de la garder. J’avais donc tiré du lait (environ 60 ml) la veille pour la première fois pour le cas où je ne reviendrai pas assez vite pour la nourrir. Bien évidemment, toutes les tâches que j’avais à accomplir se situaient à moins de dix minutes de notre appartement.
Ça a été folklorique !

Le copain, voyant qu’elle pleurait, s’est dit qu’elle avait faim, a donc sorti le biberon du frigo et le lui a donné… Autant dire qu’elle n’a pas apprécié…

Par ailleurs, nous étions, avant d’avoir Annabel, toujours par monts et par vaux. Et pendant mon congé maternité, quand Annabel a été un peu plus grande nous l’avons été aussi…
L’allaitement était bien pratique dans ces moments–là. Tout comme le biberon de lait maternel l’était aussi !!!

Fin septembre, Début octobre, alors qu’Annabel n’avait qu’un mois et demi, je commençais à angoisser de ma reprise, de son sevrage, de sa garde (je n’avais toujours pas de réponse de la crèche)…
Alors que la reprise se profilait, je n’arrivais pas à me résoudre à abandonner l’allaitement d’Annabel. Ça se passait tellement bien.

Et puis, la lettre de la mairie est arrivée… la rencontre avec la directrice également… Cela s’est très bien passé. Elle nous a donné le guide et la charte d’allaitement mis en place par la mairie : ce qu’il fallait faire pour que le lait maternel puisse être donné en son absence.

Et là, tout s’est éclairé !!! Je me suis dit c’est bon je ne suis pas obligée de la sevrer et continuer à lui donner ce qu’elle adore.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’ai donc commencé fin octobre à alimenter la réserve de lait congelé. (pour la petite anecdote, nous avons dû changer de frigo, l’ancien congélateur était rempli de lait et nous ne pouvions plus nous en servir pour nous, dans le nouveau, seul un tiroir en contenait !)

Je tirais deux à trois fois par jour, le papa lui donnait pour l’habituer un biberon le soir quand il rentrait du travail.

Quand j’ai repris le travail, je me levais à 6 h 30 pour tirer une première fois, mon lait avant qu’Annabel ne se réveille.
Sur mon lieu de travail, nous disposons d’une salle de bain (avantage de la profession libérale), je tirais donc deux fois par jour par tranche qui pouvait varier entre 15 et 30 minutes, à midi et à seize heures.
Puis, une dernière fois le soir avant d’aller se coucher vers 23 h.

J’ai tenu jusqu’au six mois d’Annabel, ensuite je n’ai plus tiré qu’une fois à la maison et une fois au travail, pour enfin ne plus tirer qu’à la maison jusqu’à ce que la crèche me dise que ce n’était plus la peine d’en ramener (à partir de sa diversification alimentaire, Annabel ne consommait sur les 120 ml que 60 ml ou 10 ml cela dépendait).

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Les fuites de lait : je suis avocate et il m’arrive de passer plus de temps que prévu en audience ou même au Tribunal, ce qui ne me permettait pas certains jours de tirer mon lait pendant plus de douze heures ! Heureusement que j’ai une robe (rires) !

La fatigue et l’impression de toujours courir après le temps : ce que je connaissais déjà dans ma profession.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Le soir quand je rentrais et que je retrouvais Annabel pour son câlin de lait, encore aujourd’hui c’est mon meilleur moment.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Je pense que l’allaitement ne coule pas de source et qu’il faut avoir en tête que la mise en place n’est pas évidente, mais que passées ces difficultés, c’est un pur bonheur, un moment inoubliable.

Il faut surtout s’écouter et ne pas laisser les autres instaurer le doute, c’est le meilleur moyen de ne pas y arriver.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Si c’était à refaire, je referais le même choix, mais différemment.
En effet, je ne connaissais personne ou peu pour m’orienter dans mes choix et je n’ai pas su demander de l’aide à ma sage-femme au moment où j’ai décidé de continuer l’allaitement au travail.
J’ai donc utilisé mon tire-lait manuel, ou bien j’exprimais le lait à la main, cela me prenait donc un temps monstrueux.

Mettre le papa plus à profit la nuit aussi.
On verra donc pour la prochaine grossesse !

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Allaiter et travailler : le témoignage de Karine

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Pendant la grossesse, avec mon mari, nous avions envie que j’allaite pour le contact avec notre loulou et pour lui apporter l’alimentation la plus saine et naturelle possible. Nous nous étions dit qu’allaiter 6 mois serait notre objectif, tout en  se laissant la liberté, d’y renoncer si l’allaitement ne fonctionnait pas ou que je ne me sentais pas, au dernier moment, de continuer à la reprise de travail. Notre seul problème était que nous ne connaissions personne autour de nous qui avait  fait ce choix là et que je n’avais, du coup, aucune idée de comment faire.

Finalement, plusieurs choses m’ont aidée à tenter l’aventure (car c’en est une !) de l’allaitement à la reprise du travail :
- j’avais suivi le cours de préparation à l’allaitement de Christine Coursaget aux Diaconesses, une femme extraordinaire, qui m’a ouvert une première fenêtre : elle m’a d’abord fondamentalement donné envie d’allaiter alors que je doutais de ma capacité à y arriver ; elle m’a fait découvrir qu’il était possible de tirer son lait au boulot et que c’était un droit ; elle nous a donné un conseil précieux que j’ai depuis en tête « faites vous aider, soyez entourée, ne restez pas seule »; enfin, dans son cours, j’ai rencontré une maman qui avait allaité 6 mois ses deux premiers enfants tout en travaillant, malgré des difficultés. Du coup je me suis dit : et pourquoi pas moi ?
- les deux premiers mois d’allaitement ont été difficiles pour Elouan, qui n’arrivait pas à têter (merci Véronique pour votre aide !) et pour moi qui avait du mal à gagner une confiance sur ma  capacité à le nourrir. Au bout de 3 mois, même si ce n’était pas un allaitement idéal, ça se passait beaucoup mieux, je me détendais, Elouan grossissait et grandissait bien. Je me disais qu’arrêter l’allaitement, à cause du travail, alors que j’en avais bavé jusqu’alors et que je commençais juste à savourer plus facilement avec mon fiston, était rageant !
- mon mari me soutenait et était volontaire dans cette démarche.
- enfin, j’avais tellement de mal à me faire à l’idée de reprendre le travail, à me séparer la journée de mon loulou, que continuer l’allaitement m’aidait à appréhender plus sereinement cette reprise : je n’assimilais pas boulot et sevrage, je gardais le lien en journée avec mon petit bonhomme en tirant mon lait.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

En juillet, je m’étais assurée que la crèche acceptait bien le lait maternel, ce qui était le cas (même si j’ai eu des difficultés dans les faits).
Je m’y suis prise 3 semaines avant la reprise de travail environ.
1) J’ai eu d’abord besoin, concrètement, de me préparer à ce dont  j’avais besoin en matériel et en terme d’organisation pour me rassurer : quel type de tire-lait (j’avais le Medela en location déjà mais je le trouvais énorme et impossible à transporter) ? à quoi fallait-il penser ? comment transporter le lait ?..etc
Toujours avec la phrase de Christine Coursaget en tête, j’ai appelé à l’aide :
* je suis allée sur  le blog de Véronique où j’ai trouvé plein de bonnes idées : j’ai découvert le petit tire-lait Ameda (le top ! petit et super pratique. J’ai seulement passé pas mal de temps avec la pharmacie pour qu’elle me le trouve en location, mais depuis j’ai découvert qu’on peut louer sur le site Almalfil, tout en étant remboursé par la sécu..).
* j’ai demandé un RDV téléphonique avec Véronique qui m’a conseillée sur le tire-lait, combien tirer, où tirer, les coussinets Lilypadz (finalement je n’en ai pas eu besoin ou quasi pas) etc etc, bref a rendu concret les tirages de lait au travail et du coup envisageable tout ce que je n’arrivais pas à imaginer et qui m’angoissait.
2) Côté boulot,  lorsque j’ai passé des entretiens  pour intégrer un poste à mon retour de congé mat, j’ai chaque fois précisé que j’allais continuer à allaiter et que cela allait impliquer deux tirages de lait dans la journée, tout en assurant que je m’arrangerais pour que cela ne dérange pas trop. J’ai aussi contacté l’infirmerie pour qu’elle me donne son accord pour aller tirer là bas (de fait ce n’était pas pratique du tout, j’ai dû donc trouver une autre solution par la suite). J’ai eu de la chance car, au moins en façade, je n’ai pas essuyé de refus.
3) les 3 semaines avant ma reprise, mon loulou étant à la crèche partiellement, je devais tirer mon lait pour donner des biberons…j’ai donc fait des entraînements et stocké un peu de lait au congélateur.

Sur place, je tire encore 2 fois par jour (matin et après-midi en fonction de mes impératifs de la journée).L’infirmerie étant trop loin, j’ai dû trouver une autre salle. Finalement j’ai pu aller dans une salle de repos, pas toujours libre certes, mais qui est vraiment super (je mesure ma chance). C’est par contre stressant de me demander chaque fois si je vais pouvoir tirer ou non, et, au dernier moment, de trouver un autre endroit où tirer.

Au début, j’avais un seul set de pompage (pompage double), mon liquide vaisselle, torchon. Au bout d’une semaine, j’ai trouvé ça ingérable car je prenais 2 fois plus de temps que la normale (du temps pour tirer+du temps pour laver). Très vite j’ai donc commandé un second set de pompage : génial ! je mets les téterelles sales dans un sac ziploc et je lave tout ça le soir, juste après avoir préparé les biberons pour la crèche…et pendant que mon mari baigne notre loulou (merci à lui !).

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

- D’abord la crèche !! Malgré l’accord du début, au quotidien fournir du lait maternel a été et reste très difficile.
Elouan a eu la « bonne idée » de refuser son premier biberon à la crèche ; dès lors, tout le monde s’est braqué en assimilant tout pleur, tout refus de biberon, toute difficulté au fait que je l’allaitais (« tant que vous n’aurez pas arrêté l’allaitement, Elouan ne s’intègrera pas à la crèche » sic). Les règles sont en outre hyper strictes (pas de lait congelé, lait de 24h maximum, ..) : très vite, cela m’a angoissée car si je ne tire pas assez un jour, je n’ai aucune solution de secours, d’autant plus que je dois dater mes tirages de lait : c’est un stress pour moi chaque jour. Enfin, le lait que j’apporte est entouré d’une méfiance extrême : « ça risque de lui donner la gastro » (!), obligation de signer une décharge (car je refusais qu’ils aient une boite de lait maternisé pour lui) stipulant que « si le lait était visiblement impropre à la consommation ou que le biberon de lait maternel se cassait », je devais revenir nourrir mon enfant dans la 1/2h ..etc

- ensuite, le travail pour plusieurs raisons : mes collègues et mes responsables étaient au courant que je tirais mon lait. J’ai souvent eu des remarques soit parce que je m’absentais quelques instants, soit parce que j’avais l’air trop fatiguée, et beaucoup de gens se sont mêlés de ce qui, au final ne les regardait pas (« tu vas allaiter jusqu’à quel âge » ? « t’en as pas marre », « tu devrais arrêter parce que t’es vraiment trop fatiguée »..etc). Le plus compliqué est surtout l’organisation : jongler entre les réunions pour trouver un créneau pour tirer, trouver une salle dans n’importe quel lieu de travail (hôtels, salles de conférence…) : au final, j’ai jusqu’à présent toujours trouvé mais c’est parfois sportif (salles non fermées ou entourées de vitres sans store..etc).

- la logistique également : il ne faut pas se voiler la face, allaiter exclusivement tout en travaillant est une superbe aventure, mais ce n’est pas reposant et c’est contraignant. Il faut le soir, alors que l’on rentre du travail, faire les biberons pour la crèche, étiqueter, puis laver les téterelles et les biberons, remettre le bloc de glace au congel et préparer son sac de tirage pour le lendemain. Il faut, la journée et dans les transports (bondés), se balader toujours avec un sac qui, même s’il est le plus petit possible (le Medela n’est pas mal du tout pour cela, l’Ameda n’étant pas très pratique), est de toute façon encombrant et pas si léger.

-  mon petit loulou et sa succion toujours difficile : il tête largement assez pour grandir, mais tête sur seins bien pleins et pas assez efficacement pour entretenir la lactation. Du coup, dans les moments comme les week-end ou les vacances où j’aurais pu me passer de tire- lait, je dois toujours l’emmener et tirer mon lait a minima une fois par jour. Je l’ai très mal vécu jusqu’au moment où je me suis dit que ça me laissait aussi respirer et que le papa était ravi de donner un biberon de mon lait. A partir de là, je me suis détendue.

- à la Toussaint j’ai failli tout laisser tomber : mon fils, malade, tétait encore moins que d’habitude et j’étais épuisée : je n’avais quasi plus de lait, mon loulou hurlait après chaque tétée même si mon mari complétait avec des petits biberons de lait congelé. J’ai relancé la lactation en tirant mon lait après chaque tétée (le cauchemar!) et c’est le seul moment où j’ai vraiment hésité à arrêter. J’ai alors rencontré un médecin (merci Véronique) qui, voyant ma volonté de tenir bon au moins jusqu’à Noël, m’a aidée avec un médicament pour franchir le cap et me permettre de faire remonter ma production de lait.

-  enfin deux épisodes d’engorgement localisé du sein droit avec forte douleur : j’ai eu très peur et j’ai réussi à m’en sortir grâce à des petites astuces (douches chaudes, huile de massage Weleda, homéopathie, compresses d’argile).

…….last but not least : moi même !! J’ai longtemps douté de ma capacité à continuer l’allaitement et à nourrir mon bonhomme, ce qui me stressait beaucoup et pesait sur l’allaitement. Quel soulagement quand j’ai pu me détendre vis-à-vis de cela, décongeler du lait le week-end si il fallait lorsque ma lactation diminuait, compléter au besoin, plus grand, avec un peu de yahourt. Finalement j’ai eu beaucoup moins de problèmes de lactation depuis !!

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

-Vraiment avant tout la relation avec mon loulou : le sourire  et le regard de mon petit bonhomme quand il me voit et que s’annonce la tétée, quand il me tend les bras pour venir téter (on l’a surnommé flap flap le papillon), quand il me sourit lorsqu’il est au sein, quand il s’endort, ses jours de grande fatigue, le soir au sein, quand le matin, pour le réveiller pour la crèche je le mets au sein endormi et que peu à peu il s’éveille en souriant. J’adore et, visiblement, lui aussi, ces moments de douceur, de confiance, de contact. Je ne m’imaginais pas cela avant, mais ce sont des moments privilégiés tendres et profonds avec lui.

Et puis tout plein de choses :

- quand au bout de 6 mois, l’allaitement est devenu naturel, et le rythme allaitement/travail fluide (ouf !). Les contraintes logistiques se sont mises à moins peser ; j’ai trouvé mon rythme du week-end avec un biberon de mon lait du papa ; j’ai vécu apaisée mes tirages de lait en oubliant un quart d’heure les remarques, la somme de boulot qui m’attendait ; j’ai réussi à me fondre dans le paysage au travail et à ne plus susciter des réflexions et questions en permanence ; j’ai trouvé mes petits trucs pour alléger encore le temps passé le soir (je mets par exemple toutes mes téterelles et biberons dans un grand saladier avec eau chaude et produit vaisselle et je les lave très vite, beaucoup plus que un par un : ça parait
bête mais j’ai gagné au moins 5 min le soir!!).

- quand un médecin qui avait voulu donner des biberons de complément à 2 mois à Elouan m’encourage maintenant à continuer compte tenu de ses bronchiolites.

- quand je sais aujourd’hui qu’avec sa torsion de sa tête in utero, le fait d’avoir tenu bon pour l’allaitement nous a permis de nous rendre compte de son problème et de l’accompagner dans les soins.

- quand mon homme me dit qu’il est fier de moi, de nous.

- quand je regarde tout le chemin parcouru, dont je ne me serais jamais sentie capable, et que, en avançant jour après jour, avec mon loulou et avec mon mari, je réalise que j’allaite depuis plus de 9 mois avec joie.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

* D’abord, faire le choix dont elles ont profondément envie, au fond d’elles, et pas sous une pression quelconque (si je ne continue pas, je ne suis pas une bonne mère, je ne serais pas allée assez loin, ou au contraire, continuer en travaillant c’est refuser de couper le lien, c’est asservissant etc etc).

* Ensuite faire le choix avec le papa de l’enfant : on a besoin fondamentalement de son accord, qu’il nous soutienne quand arrivent des moments de  découragement ou face à la logistique, qu’il puisse répondre aussi aux remarques familiales, amicales, qu’il puisse vivre ce choix en étant fier, content et non pas tenu à l’écart. C’est important de ne pas être seule à porter et assumer ce choix.

* Ne pas se dire ni « c’est impossible pour moi » (parfois ça l’est, parfois on ne se sent pas capable alors qu’au fond, on a une l’énergie pour cela)…ni « ça va être facile, l’allaitement c’est naturel… » : allaiter et travailler demande de l’organisation et, je trouve, beaucoup de volonté ! Il faut savoir dans quelle (belle) aventure on se lance , mais que au quotidien ça peut être lourd.

* Prévoir, organiser à l’avance, et notamment le côté logistique et pratique : moins on galère dans ces aspects là, plus on peut profiter et mettre son énergie là où il faut (allaiter et tirer son lait).

* Vivre au jour le jour « allaiter et travailler », avancer et décider au fur et à mesure si l’on continue ou non.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez- vous ?

Oui je referais le même choix et nous referions le même choix avec mon mari !
Que changer ? Avant tout ma confiance en moi : moins me stresser, parvenir à me dire que je réussirai à le nourrir sans souci, ne pas paniquer à la moindre baisse de lactation en me disant que j’ai quelques réserves de lait et que ça va revenir…
Bien sûr, si mon loulou avait tété de façon plus efficace, avait été moins gêné par sa petite tête tordue, ça aurait été plus facile et m’aurait évité le tire-lait le week-end et les vacances…mais il n’a pas choisi, pas plus que moi !
Bref, je ne changerais pas grand chose, mais aurais gagné toute la période d’apprentissage des « petits trucs qui font gagner du temps ».

Ah si, j’essaierais de m’habituer au bustier spécial tire-lait qui permet de tirer les mains libres. Je n’ai pas trouvé le truc pour que ce soit confortable, mais je suis motivée pour retenter la prochaine fois !

Et puis j’essaierais de trouver un peu plus de temps pour aller sur le blog de Véronique et faire partager mes petits trucs.

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Reprendre le travail quand son bébé souffre de RGO

Cet article est la suite de l’article que j’ai écrit pour maman Travaille sur l’allaitement des bébés souffrant de RGO.

Reprendre le travail lorsque son bébé souffre de reflux gastro-œsophagien pose un certain nombre de problèmes.

  • Laisser son bébé lorsqu’il est malade est particulièrement difficile à vivre. Malheureusement, on n’a parfois pas le choix puisqu’il faut continuer à payer son loyer et tout ce qui va avec.
  • Pour le bébé, la séparation est beaucoup plus difficile lorsqu’il est malade. C’est à ce moment là qu’il a le plus besoin de sa mère et qu’il a le moins de capacités d’adaptation. Il va falloir être particulièrement patiente avec lui.
  • Trouver un mode de garde pour un bébé malade, qui pleure beaucoup et a besoin d’être dans les bras en permanence n’est pas un exercice facile ! Parfois même on ne trouve pas… Et c’est du côté de la famille que l’on se tourne, ce n’est pas forcément plus simple. On peut avoir plus de mal à imposer ses exigences.
  • Le suivi scrupuleux d’un traitement anti-reflux par le personnel de crèche ou par une assistante maternelle pose problème. Certaines crèches n’acceptent pas de donner des médicaments, tout simplement parce que leur responsabilité est en jeu. Voir ce très bon article . Il faut donc amener très vite le sujet au cours de la discussion car un bébé souffrant de reflux qui ne peut pas prendre son traitement est un bébé qui souffre et donc l’œsophagite (si elle existe) risque d’empirer.
  • Le fait de tirer son lait prend là une importance toute particulière puisque le lait maternel fait partie du traitement d’un bébé souffrant de reflux. Il est beaucoup moins agressif pour les parois de l’œsophage qu’un lait en poudre et soulage le bébé quand il boit.

Du point de vue de la garde, il va falloir trouver quelqu’un qui accepte de garder un enfant malade, sous traitement, qui pleure plus que la moyenne et qui dort en général beaucoup moins. Il faut reconnaître que le tableau n’est pas séduisant ! Mettez en avant tous les bons côtés de votre bébé et dites bien qu’il a besoin de toute l’expérience de la personne qui se trouve en face de vous pour pouvoir passer ce cap !
Une fois que vous avez trouvé la perle rare, le dialogue est absolument nécessaire car vous avez besoin d’expliquer à cette personne ce qui calme le mieux votre bébé, quels sont ses besoins spécifiques. De son côté, elle va devoir vous dire quelles sont ses réactions (pleurs, douleurs, sommeil,…) pour que votre médecin puisse adapter le traitement au mieux (ce qui prend parfois plusieurs mois). La confiance est absolument nécessaire !

Ce qui va vous compliquer encore la tâche, c’est qu’en général ces enfants dorment mal la nuit car les remontées acides les réveillent. Vous devez avoir les idées claires au travail pour être performante et vous ne dormez que par tranches d’une heure dans le meilleur des cas. Autant dire mission impossible ! Soyez indulgente avec vous, vous faites de votre mieux et personne ne peut vous demander l’impossible ! N’hésitez pas à poser des jours enfant malade quand vous craquez ou bien demandez un congé maladie à votre médecin de temps à autre si c’est trop difficile (devrais-je écrire une chose pareille ??? :-) )

Mais voyez le côté positif de la situation : vos heures au travail peuvent être votre bol d’air pour pouvoir affronter les pleurs de votre bébé au retour. Au travail, vous n’entendez pas de bébés pleurer, sauf si vous travaillez en maternité ou en crèche… Profitez-en !

Avoir un bébé souffrant de RGO n’est jamais une partie de plaisir, n’hésitez pas à partager avec d’autres parents.

Et vous, avez-vous repris le travail avec un bébé souffrant de RGO ?



 

Allaiter et travailler : le témoignage de Julie

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai fait le choix de l’allaitement à la naissance de ma fille Nausicaa avant tout parce que nous sommes allergiques, son père et moi. J’avais donc prévu de l’allaiter 6 mois en exclusif, jusqu’à la diversification, sans même me poser la question de comment ça allait se passer et de ma reprise de travail. Dès le début, l’allaitement a très bien fonctionné et a été une grande source de bonheur pour elle, pour moi et pour le papa, et c’est donc assez naturellement que j’ai décidé de m’organiser pour continuer à l’allaiter exclusivement à ma reprise professionnelle, alors que ma belette avait 3 mois et demi.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’ai très tôt averti mon employeur pour pouvoir organiser mes pauses de tirage le plus sereinement possible. Et j’ai surtout commencé à faire des réserves au congélateur deux mois avant la reprise, en tirant tous les matins un sein pendant que Nausicaa tête l’autre et le soir avant d’aller me coucher. Un rythme contraignant, mais qui a été bien utile ! En effet, cela fait un mois et demi que j’ai repris, et je vois avec bonheur les vacances et la diversification arriver car les réserves s’amenuisent ! Ma fille prend plus que ce que je tire, alors merci le congélateur !

Une fois le boulot repris, j’ai continué à tirer lors de la tétée du matin, ainsi qu’à toutes les tétées de retrouvailles (Bébé sur un sein, son frère en plastique sur l’autre !). Je tire également à mon boulot le midi, en milieu d’après-midi et en début de soirée quand je travaille tard.

J’ai la chance de ne pas travailler loin de mon domicile, et nous avons le meilleur mode de garde qui soit : Nausicaa est gardée à la maison par nous à tour de rôle et ponctuellement par les grand-parents. Il n’y a donc aucune difficulté à lui donner mon lait au biberon, tout-le-monde est ravi et me soutient pleinement dans mon allaitement !

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

D’abord le tire-lait ! J’en ai testé plusieurs pour finalement utiliser le TL manuel d’Avent. Il faut de la patience pour apprivoiser cet engin… Au début je ne tirais quasiment rien ! Puis j’ai trouvé « ma » solution : écouter de la bonne musique… Et ça marchait ! Depuis, je n’ai plus aucun problème.

Ensuite, l’employeur ! Au début il m’a refusé le droit de tirer mon lait sur mon lieu de travail ! J’ai insisité, il a finalement accepté sur du temps non rémunéré. Comme il n’y a pas de lieu où je peux m’isoler, je fais ça aux toilettes… Bref, heureusement que je suis motivée et que j’ai beaucoup de soutien de la part du papa.

Enfin la baisse de lactation ! Depuis que j’ai repris le travail, ma lactation fluctue quelque peu, entre la fatigue, les tirages qui sont moins réguliers que les tétées… Et ma fille me réclame donc à manger à 4 heures du matin toutes les nuits. Je pense que mes absences n’aident pas non plus. Je suis donc fatiguée, mais je tiens bon, voyant arriver les vacances de noël avec grande impatience !

J’ai donc de temps en temps des petits coups de barre, mais il me suffit à penser à une boîte de lait en poudre et au sourire de ma fille pour me remotiver.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Les bons moments dépassent de très loin les moments difficiles ! J’adore en particulier les tétées de retrouvaille après une journée de boulot, les sourires de ma fille et de mon compagnon, et les siestes faites avec ma fille pour compenser les courtes nuits.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Peu importe le choix qu’elles font, surtout qu’elles prennent soin d’elles ! Le retour au travail est un moment difficile, qu’on continue l’allaitement ou pas, et on pense souvent au meilleur pour le bébé en oubliant la maman.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Je referais exactement la même chose. J’aurais finalement aimé prendre un congé parental de 6 mois, ça aurait été plus confortable, mais ce n’était pas possible financièrement, dommage.

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Allaiter et travailler : le témoignage de Florence

florenceBonjour Florence,

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Pour mes deux enfants, le choix a été comme une évidence : l’allaitement mixte. J’ai essayé de garder les tétées du matin et du soir afin d’avoir, malgré la reprise du travail, nos moments de complicité et de tendresse. Je continuais ainsi à les nourrir mais d’une façon unique : celle que seule leur maman puisse leur donner. Les assistantes maternelles leur ont donné le biberon mais j’avais ce « truc » qui me différenciait d’elles. C’était important car à la reprise du travail, surtout pour mon aînée, je me suis posé beaucoup de questions du style : va t’elle l’aimer plus que moi ? Finalement ma fille était ravie de retrouver maman le soir et de faire une tétée-câlin. Mon fils est pareil. Dès qu’il me voit le soir il réclame sa tétée et me regarde dans les yeux. J’ai l’impression que c’est leur façon de me dire « je t’aime ».

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’ai commencé à introduire les biberons trois semaines avant la reprise du travail. D’abord des biberons de lait maternel et j’ai testé pas mal de biberons jusqu’à ce que je trouve celui qui convenait. J’ai commencé par la tétée du goûter pendant trois jours puis celle du midi et celle de dix heures. Une fois le rythme installé avec l’assistante maternelle j’ai pu reprendre l’allaitement exclusif les jours où je suis avec eux.

Pour mon aînée, elle a eu du lait artificiel en journée et tétée soir et matin. J’ai regretté de ne pas avoir stocké de lait et de ne pas avoir fait en sorte de lui fournir au moins un biberon de lait maternel.

Pour mon fils, j’ai donc tiré mon lait et préparé des biberons au congélateur. J’ai utilisé un tire-lait manuel afin de pouvoir l’emmener facilement au travail avec un bon sac isotherme. A presque cinq mois, il a deux biberons de lait artificiel et un biberon de lait maternel chez son assistante maternelle en plus des tétées soir et matin et celle des retrouvailles.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Pour le sevrage : entendre son enfant pleurer car comme moi il préférait l’allaitement.

Après la reprise du boulot : la motivation pour tirer son lait quand on est fatiguée. Il y a des jours où on n’a pas envie de le faire mais il faut se forcer pour pouvoir garder le rythme. Sinon on risque de vite perdre la lactation. Heureusement les week-ends la boostent.

Au niveau du travail c’est pouvoir le faire discrètement notamment quand il est prévu une réunion tout l’après-midi. Mais après quelques jours on trouve le rythme aussi.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

J’étais incapable d’arrêter l’allaitement pour ma fille. Je garde au fond de mon cœur ces instants magiques, ses regards de petite fille. Aujourd’hui encore, même si elle a arrêté elle-même l’allaitement, on reste complice. C’est pour moi la magie de l’allaitement.

Pour mon fils j’ai sensiblement les mêmes instants magiques. Ils sont juste différents car mes enfants sont différents, ils tètent différemment… Ma plus grande fierté était le jour où j’ai réalisé que j’avais « travaillé  » pour faire un stock de trois semaines de lait pour la reprise du travail. Je suis fière le matin de donner un biberon de lait maternel à la tata de mon fils. C’est le seul biberon qu’il termine et en réclame encore. Je me dis que ça en vaut la peine.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Comme choisir d’allaiter c’est un choix personnel de conserver au moins deux tétées et peut-être de tirer son lait. Mais si on aime donner le sein à notre enfant il n’y a pas de raison que le travail nous prive de ce bonheur. Profitez de ces instants magiques encore longtemps après la reprise de travail. C’est entre vous et votre bébé et personne ne peut vous dire quoi que soit. Certes c’est fatiguant mais ça en vaut la peine. C’est compliqué d’expliquer quelque chose qu’on ressent comme ça. Fermez les yeux et pensez à ce que vous ressentez quand votre bébé tète. Si le sourire apparait c’est que vous devriez continuer pour vous deux parce que vous aimez et lui sera ravi de continuer.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

A 300% je referais le même choix! A défaut de pouvoir allaiter sur mon lieu de travail. Pour ce qui est des changements, peut-être tenter de faire deux biberons de lait maternel par jour!



 

Allaitement et déplacements professionnels

avionVotre patron vous a annoncé hier, tout content, que c’est vous qui étiez choisie pour représenter la société auprès des nouveaux clients chinois, en Chine, la semaine prochaine pendant trois jours…
Bonne nouvelle : votre patron considère, malgré votre récente maternité, que vous êtes la meilleure et digne de confiance :-) .
Mauvaise nouvelle : votre bébé a trois mois, vous n’avez aucune envie de le laisser trois jours d’affilée et vous commencez à angoisser pour votre allaitement.
Pas de panique, voyons ensemble comment vous y prendre.

Tout d’abord, si vous êtes au travail, c’est que vous avez déjà mis en place une stratégie pour poursuivre votre allaitement (ou bien vous avez déjà sevré et la question ne se pose pas). Il va juste falloir adapter cette stratégie à cette situation particulière.

Si vous êtes de celles qui ne tirent pas leur lait au travail et qui poursuivent l’allaitement lorsqu’elles sont avec leur enfant, vous allez devoir apprendre à utiliser un tire-lait, ne serait-ce que pour gérer les possibles engorgements. Dans ce cas, vous pouvez prendre un petit tire-lait manuel ou électrique. Voir cet article.
Vous tirerez le lait matin et soir jusqu’à avoir les seins confortables. Vous n’êtes pas obligée de conserver le lait et vous reprendrez votre allaitement habituel de retour à la maison.

Si vous êtes de celles qui tirent leur lait au travail, il va falloir songer à tirer votre lait matin et soir en plus des tirages habituels. Souvenez-vous que la lactation est adaptable et que si vous ne tirez pas aux horaires habituels, ce n’est pas grave. Vous devez juste faire attention à éviter les engorgements.
Si vous souhaitez conserver votre lait pendant plusieurs jours, vous devez avoir obligatoirement accès à un réfrigérateur mais il vous suffira d’une glacière munie de freezpack pour le trajet du retour. Attention cependant, le lait maternel est généralement refusé en cabine en avion :-( .
Si vous souhaitez que votre bébé n’ai que votre lait durant votre absence, vous aurez besoin de faire du stock avant de partir et faire du stock pour trois jours alors que l’on tire déjà quotidiennement, ce n’est pas facile ! Pensez à exploiter les week-end et les soirées pour tirer du lait supplémentaire.
Si vous savez à l’avance que vous aurez des déplacements professionnels, pensez à faire du stock au congélateur pendant votre congé maternité. Cela facilite la logistique.

Les petits trucs en plus :

  • les lilypadz pour éviter les fuites devant les clients chinois.
  • la glacière souple qui se range dans la valise au départ.
  • les pots de conservation qui ferment hermétiquement pour ne pas retrouver une valise mouillée au lait maternel à la descente du train.
  • le tire-lait électrique qui fonctionne sur batterie (que vous aurez rechargée) car les prises électriques à l’étranger ne sont pas toujours compatibles avec les appareils français.
  • le savon liquide et le torchon propre pour nettoyer son matériel.

Et vous quels sont vos trucs pour concilier allaitement et déplacements professionnels ?

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Comment faire pour habituer mon bébé au biberon ?

pensante2Voilà une question que l’on me pose fréquemment, qui circule énormément sur les forums et suscite beaucoup d’inquiétude. Pourtant, je n’ai trouvé que cet article sur le sujet. Le plus souvent la maman se dit qu’il ne faut pas introduire trop de changements d’un coup et donc habituer son bébé au biberon avant de le laisser en garde.

En fait, la situation est rarement aussi simple. Si vous avez exclusivement allaité votre bébé jusqu’à présent, il comprend souvent mal pourquoi tout à coup il doit prendre un biberon lorsqu’il a faim alors que le sein est à portée de bouche.
Il convient donc de prendre soin de votre bébé et de vous-même.
De votre bébé car ce changement de mode d’alimentation n’est pas toujours bien vécu ; et de vous car vous avez besoin de savoir que tout se passera bien lorsque vous laisserez votre bébé.

Beaucoup de mères choisissent de ne pas introduire le biberon avant la reprise du travail. Elles continuent à allaiter normalement jusqu’au jour J et c’est la personne qui garde le bébé qui propose le biberon. Cette façon de faire a l’avantage d’être claire pour le bébé : maman est là, je tète ; maman n’est pas là, je me nourris autrement.
Certains bébés refusent le biberon les premiers jours mais le plus souvent ils comprennent vite et acceptent facilement.
Pour vous aussi, cela présente des avantages : vous pouvez profiter de votre allaitement exclusif le plus longtemps possible et vous n’avez pas à affronter l’angoisse de votre bébé qui refuse le biberon avant la reprise du travail.

Cependant, cette façon de faire ne convient pas à tout le monde. Certaines mamans ont besoin de savoir que leur bébé saura se nourrir en leur absence pour pouvoir partir travailler l’esprit serein. Elles préfèrent donc essayer de donner le biberon avant la reprise du travail. Le délai avant la reprise n’est pas important car si vous constatez que votre bébé accepte le biberon, vous n’êtes pas obligée de lui en proposer régulièrement tous les jours avant la reprise.
A l’inverse, si votre bébé refuse le biberon, ce n’est pas forcément en insistant tous les jours pendant quinze jours que cela va marcher.
Dans ce cas de figure, je vous renvoie à mon article sur le sujet.

Bref, la question essentielle n’est pas une question de délai (en revanche cela peut-être la question si vous souhaitez sevrer) mais une question de priorité : qu’est-ce qui est le plus important pour vous ? Profiter au maximum de ce temps qu’il vous reste avec votre bébé, quitte à vivre quelques jours difficiles à la reprise ; ou bien préparer cette reprise au maximum quitte à vous gâcher vos derniers jours en exclusif avec votre bébé ?
C’est un choix très personnel, vous seule pouvez répondre à cette question.
Dans les deux cas, il peut y avoir des moments difficiles ou au contraire tout peut se passer parfaitement bien. Alors faites comme vous le sentez et parlez-en à votre bébé !

Et vous, comment avez-vous fait ?

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Semaine pour la qualité de vie au travail

nl007Comme me l’ont rappelé Sylviane et le blog Modes d’emploi, jeudi a débuté la semaine pour la qualité de vie au travail qui a lieu du 11 au 19 juin. Cette année l’accent est mis sur le stress au travail.

Et l’allaitement dans tout ça ?
Et bien justement : une étude que j’avais menée avec une collègue il y a quelques années montrait que les femmes qui poursuivaient l’allaitement après la reprise du travail étaient moins stressées que celle qui avaient sevré avant la reprise du travail. Elles étaient convaincus que leur bébé aurait le meilleur lait en leur absence (le leur !) et cela leur permettait d’avoir l’esprit plus tranquille.
Or un salarié moins stressé est plus efficace dans son travail. Le bénéfice est donc pour tous : la salariée et son entreprise !

La qualité de vie au travail, cela passe également par la possibilité de concilier vie familiale et vie professionnelle dans les meilleures conditions. Les femmes qui le souhaitent doivent donc pouvoir utiliser l’heure d’allaitement prévue par le code du travail dans les meilleures conditions.

Vous l’avez compris, le respect du droit des femmes à allaiter leur enfant me tient à cœur. Qu’une femme souhaite sevrer son enfant au moment de la reprise du travail, je le comprends sans aucun problème ; mais qu’une femme soit contrainte d’arrêter son allaitement parce qu’elle n’a pas la possibilité de tirer son lait au travail ou parce que son patron l’envoie faire des déplacements de plusieurs jours trop souvent ou encore parce que la crèche refuse de donner son lait à son bébé, je trouve cela inadmissible.

Peut-être pourrait-on imaginer qu’un jour cette idée fasse son chemin et que les femmes n’aient plus à se battre pour faire respecter leurs droits. C’est en tout cas dans ce sens que je travaille…

Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

Poursuivre l’allaitement lorsque l’on travaille en indépendant

infirmereLorsque que l’on parle de travail et allaitement, on trouve beaucoup de choses pour les salariées, mais si vous travaillez en indépendant ou en libéral, vous trouverez déjà beaucoup moins d’information. En effet, le terme de travailleur indépendant regroupe une grande variété de situations : du médecin qui travaille en libéral en cabinet, à l’infirmière qui se déplace à domicile, de l’avocat qui se rend au tribunal au développeur qui travaille chez lui la majorité du temps,…
En général, lorsque l’on est indépendant, il est nécessaire de maintenir sa clientèle et l’on reprend son travail tôt, d’où l’importance de bien installer sa lactation, en tirant son lait si besoin, si l’on veut pouvoir poursuivre son allaitement quelques mois ou plus.

Quelles sont donc les différentes situations d’une femme travailleur indépendant, ses contraintes et ses « trucs » à savoir ?
Tout d’abord, vous pouvez travailler à temps partiel, à plein temps, voir à temps hyper-plein. En effet, un indépendant doit travailler souvent beaucoup plus de 35h pour s’en sortir. Du coup, vous devrez avoir une organisation en béton et ce sera parfois difficile de trouver du temps pour tirer son lait.
Si vous travaillez à temps partiel, cela vous permet souvent d’être plus souple sur l’organisation de votre emploi du temps et de pouvoir y caser une tétée de temps en temps ou un tirage de lait au bon moment. Si vous êtes à temps plein avec des horaires réguliers, votre situation se rapproche de celle d’une salariée.

Si vous travaillez chez vous, trois situations sont possibles : votre bébé est gardé à l’extérieur, il est gardé chez vous ou bien c’est vous qui vous en occupez. Dans cette dernière situation, vous pouvez bien sûr continuer l’allaitement exclusif sans avoir besoin de tirer votre lait régulièrement, sauf en cas de rendez-vous. Cependant, vous êtes toujours à l’affût du moindre moment de sommeil de votre progéniture pour pouvoir travailler et c’est souvent épuisant nerveusement. Si votre bébé est gardé chez vous, vous avez tout intérêt à vous isoler pour travailler : bien sûr, petit-dernier préfère vos bras à ceux de la nounou et les réclame à corps et à cris et si vous l’entendez pleurer, c’est très difficile de continuer à coudre ce charmant tablier dont cliente adorée attend la livraison depuis hier. Donc l’isolation phonique est importante. L’avantage de la situation c’est que bébé peut venir prendre une tétée de temps en temps et vous n’êtes pas forcée de tirer votre lait, ou bien vous choisissez de tirer votre lait mais vous le faites chez vous, au moment qui vous convient et dans les meilleures conditions. Cela s’applique également si votre bambin chéri est gardé en crèche ou chez une assistante maternelle : vous pouvez travailler au calme et tirer votre lait dans les meilleures conditions d’hygiène, d’intimité et de conservation. Rien ne vous empêche alors d’utiliser un système permettant de maintenir les téterelles du tire-lait et de continuer à travailler.

Si vous travaillez en cabinet, rien ne vous empêche d’organiser votre emploi du temps de manière à garder des plages pour tirer votre lait ou pour que la personne qui garde votre bébé vous l’amène pour une tétée. Au moins, vous avez un bureau pour vous isoler et vous êtes en général maitresse de votre emploi du temps.

Si vous travaillez en visites à domicile, cela se complique un peu : soit vous vous déplacez à pied ou en transports en commun, soit vous vous déplacez en voiture. En voiture, il possible de tirer son lait très discrètement avec un petit tire-lait fonctionnant sur batterie ou que vous pouvez brancher sur l’allume-cigare. Un châle peut vous couvrir et personne ne s’apercevra de rien. Je sais, cela peut paraître difficile à croire mais certaines mères l’ont fait sans problème pendant plusieurs semaines. Si vous n’êtes pas en voiture, vous n’avez pas d’espace personnel. Vous pouvez imaginer de demander à votre client au moment de la prise de rendez-vous téléphonique s’il peut vous prêter une pièce un quart d’heure pour tirer votre lait mais il faut être très à l’aise et ne pas avoir peur de surprendre… Sinon, vous pouvez essayer d’organiser votre emploi du temps de manière à passer voir votre bébé une ou plusieurs fois dans la journée pour des tétées, ou bien opter pour un allaitement mixte : vous allaitez complètement votre bébé lorsque vous êtes avec lui et il prend du lait en poudre quand vous n’êtes pas là.

Si vous n’avez qu’un seul client à la fois et que vous travaillez dans son entreprise, votre situation est proche de celle des salariées de cette entreprise et vous pouvez tout à fait utiliser l’infirmerie s’il y en a une ou un bureau pour tirer votre lait. Meilleure est votre relation avec votre client, plus ce sera facile. Il ne faut pas hésiter à signifier votre besoin d’un endroit isolé pour un quart d’heure deux fois par jour, cela ne pénalise pas votre client.

Une des caractéristiques commune à ces professions c’est que vous dépendez de vos clients et ne maîtrisez pas toujours votre emploi du temps qui peut toujours être chamboullé au dernier moment. Il est alors très utile d’avoir un stock de lait au congélateur qui vous permettra de ne pas stresser si vous n’avez pas pu tirer suffisamment sur une journée. Dans un cas comme celui-ci, vous pouvez également avoir la désagréable surprise de sentir votre lait se mettre à couler au beau milieu de cette audience où vous devez prendre la parole dans cinq minutes : auréoles sur les vêtements interdites ! Un petit truc qui peut aider : l’utilisation de coussinets en silicone type Lilypadz. Ils sont très efficaces et vous êtes assurée de ne pas subir une des pires gênes de votre vie… Dans le même stock de trucs : évitez les vêtements unis noirs ou blancs : le blanc devient transparent lorsqu’il est mouillé, le noir ne cache absolument pas les auréoles. Optez plutôt pour des tissus bariolés, pas trop près du corps, ils seront plus discrets en cas de perte de lait.

Et vous comment avez-vous fait ? Quelles ont été vos astuces ?



 

Poursuivre l’allaitement après la reprise du travail, vous avez dit fatigant ?

Vous avez repris le travail depuis quinze jours, vous aviez décidé de poursuivre votre allaitement et vous avez la sensation d’être aussi fatiguée (voir plus) qu’au lendemain de votre accouchement. Vous en êtes à douter de votre choix : est-ce que finalement donner des biberons à Arthur ne serait pas plus simple et surtout moins fatigant ??? D’ailleurs, tout le monde vous le dit : « pourquoi vous embêter alors qu’il existe du lait en poudre ? Vous vous fatiguez pour rien… »

Je vais vous dire ce que personne ne vous dit en pareil cas : vous êtes fatiguée, c’est NORMAL ! Rien que reprendre un rythme de travail après une pause de plusieurs mois est en soi très fatigant. Avoir un bébé (allaité ou pas) est également très fatigant, alors si vous cumulez les deux, vous êtes très très fatiguée ! Tout cela est parfaitement compréhensible.

De plus, la première reflexion en pareil cas, c’est de se dire qu’on en fait trop et qu’il va falloir faire des coupes franches dans ses activités. Oui mais vous avez déjà arrêté votre cours de danse du mercredi soir et votre rendez-vous rituel avec vos copines du samedi midi et franchement vous ne voyez plus quoi supprimer à part votre emploi (mais là c’est votre compte en banque qui n’est pas d’accord), ou vos séances de tirage de lait. Résultat, c’est l’allaitement qui est sacrifié sur l’autel de la fatigue.

Alors la question se pose : continuer l’allaitement après la reprise du travail, est-ce fatigant ?

Non :

  • Le fait de produire du lait ne fatigue pas le corps, c’est une fonction naturelle au même titre que produire du sang ou de l’urine.
  • Les tétées permettent de ne pas préparer de biberon (y compris la nuit) et de ne pas faire de vaisselle.
  • Tirer son lait avec un bon tire-lait ne prend que deux fois 1/4 d’heure sur la journée de travail.(voir mon article précédent sur les tire-lait).

Oui :

  • Certains bébés se réveillent souvent la nuit pour téter après la reprise du travail pour pouvoir profiter de maman.
  • Il faut souvent jongler avec les conditions de tirage difficiles au boulot car l’entreprise n’a rien prévu pour ça…quand on ne se cache pas parce qu’on n’a rien osé demander au moment de la reprise du travail. 
  • Oui, parce que vous vous rajoutez une tâche supplémentaire dans la journée  Mais qui sera compensée par le fait que le soir vous ne préparerez pas le biberon. Comment ça, c’est pas juste, c’est le papa qui en profite,…car lui, non seulement il n’a pas de bib à préparer mais en plus comme bb est moins malade, il a moins de java à gérer la nuit- c’est vrai , vous avez raison, c’est pas juste.

Il y a tout de même une chose à savoir avec la fatigue : quand on est fatiguée ou stressée, on peut avoir du mal à déclencher le reflexe d’éjection du lait au moment de tirer son lait au travail. Il est alors important de parvenir à se détendre et à oublier le travail pour 1/4 d’heure.

Et vous, avez-vous trouvé fatigant de reprendre le travail en continuant à allaiter ? Qu’avez-vous fait alors ?