Articles portant l'étiquette ‘tirer son lait’

Allaiter et travailler : le témoignage de Sandrine

J’ai 2 enfants qui ont aujourd’hui 4 et 2 ans. Pour les deux, j’ai eu la chance de pouvoir prendre 3 mois de congé parental à temps plein pour pouvoir mener mon allaitement exclusif tranquillement. A ma reprise (mes enfants avaient 6/7 mois), ils étaient diversifiés et n’avaient plus besoin de mon lait en journée.
J’ai tiré un peu mon lait jusque vers 9 mois, juste pour entretenir ma lactation.
Mon entreprise me mettait à disposition l’infirmerie, libre entre 12 et 14 heures afin de pouvoir tirer mon lait dans de bonnes conditions.

Rien de bien extra-ordinaire là-dedans …
Là où je voulais plutôt témoigner concerne un séminaire auquel j’ai participé.
A l’époque j’étais cadre dans un groupe européen et je faisais partie d’un groupe de jeunes cadres à haut potentiel. Nous suivions des séminaires de formation au management de 3 jours dans différentes filiales en Europe tous les 4/5 mois.
L’une des sessions avaient été programmée environ 6 semaines après la naissance de mon fils. Bien qu’en congé maternité, j’ai souhaité participer quand même à cette session, d’autant plus qu’elle avait lieu en France, pas très loin de mon domicile (coup de chance !).
Je connaissais le formateur et je lui ai demandé s’il acceptait que je vienne avec mon fils (de 6 semaines donc). Il a accepté après accord des autres membres du groupe. J’avais beaucoup échangé avec le formateur (nous l’avions eu lors d’une autre session : il est hollandais et sa femme allemande et je savais son approche des enfants proche de la mienne).

J’ai ensuite informé mon DRH … qui a été très surpris. Des réunions ont été organisées au plus haut niveau de la société afin de savoir si cela pouvait ou non être validé … et cela l’a été !
J’ai donc suivi ce séminaire avec mon fils de 6 semaines en écharpe et allaité. Les 3 jours se sont extrêmement bien passés, mes collègues étaient ravis d’avoir un petit bout de chou à câliner…
Aucun d’eux n’a été choqué de l’allaitement (il faut dire qu’ils étaient tous allemands, hongrois, bulgares, italiens, … tous pays où l’allaitement est beaucoup plus « dans la norme » que chez nous).

Merci à Sandrine pour ce témoignage !

Articles en rapport :



 

Allaiter et travailler : le témoignage d’Agnès

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai choisi de continuer d’allaiter ma fille. Mais je tiens à dire plutôt « NOUS avons choisi » car ce fut un réel projet de couple. L’idée a fait son chemin, s’en tenir à la durée du congé maternité, si courte, semblait tellement arbitraire !  Pour mon compagnon, c’était complètement naturel de ne pas arrêter l’allaitement. Je donne du lait  à notre fille, pourquoi soudainement arrêter et lui donner de lait de vache nourrie aux antibiotiques,alors que nous mangeons équilibré, souvent bio ? Il n’avait jamais pensé qu’on arrêterait à la reprise du travail, pour lui c’est dans l’ordre des choses, simplement et naturellement.
J’ai repris le travail aux 3 mois 1/2 de ma fille, que c’était dur d’envisager de la quitter !!
Je me suis beaucoup renseignée, j’ai beaucoup lu, découvert qu’on pouvait tirer son lait, pour le faire donner à son bébé. Ainsi est né le projet de reprendre le travail en continuant l’allaitement.  Nous avons trouvé une nourrice très maternante et rassurante, et qui acceptait tout à fait l’idée de donner des biberons de mon lait à bébé !!

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Là encore mes lectures m’ont ouvert des horizons ! J’ai découvert qu’on pouvait tirer son lait, le congeler, pour ainsi avoir des petits biberons de réserve et se détendre ! J’ai loué un tire-lait et j’ai commencé à tirer mon lait chaque matin, tranquillement, après la 1ère tétée. Ainsi j’ai constitué de petits stocks que j’ai congelés. Ca me rassurait d’avoir cette cagnotte d’or blanc liquide !!
J’ai parlé avec me chef de mon projet, afin d’être un peu plus à l’aise quand je serai avec mes collègues.
Je vais donc travailler avec mon tire-lait bien rangé dans son sac à dos glacière, c’est une petite organisation qui vaut vraiment le coup !

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

L’inquiétude, les mauvais conseils de médecins qui n’y connaissent rien, l’entourage sceptique ! Et donc se laisser persuader qu’il n’y a pas de solution à certaines difficultés physiques ! J’ai eu de gros engorgements, terribles, face auxquels on me conseillait d’arrêter ! Idem pour la fatigue ! Là encore, de bonnes lectures et de bonnes personnes m’ont permis de surmonter ces difficultés, et de poursuivre l’allaitement, en faisant fi  des idées reçues.
Au travail, je m’aperçois que tirer mon lait constitue un bon test de mon état de stress et de fatigue ! Quand l’ambiance est très dure, je ne récolte que très peu de lait ! Je tire 2 fois par jour, ce qui n’est pas assez donc chez la nounou ma fille reçoit un biberon de lait artificiel, bio, que j’ai hâte de remplacer par des fruits !
J’étais très inquiète de ne pas être disponible au travail, 2 fois 20 minutes (même si on a droit à 1h), j’ai donc évoqué simplement le sujet avec mes collègues, pour mettre tout le monde à l’aise, les autres et moi-même ! Le code c’est « je vais à la ferme ! ». Je rencontre de la bienveillance, même si le temps passant je me prépare à faire face à l’ignorance : la plupart des gens pensent que tant que l’on continue d’allaiter, bébé n’est pas diversifié !
Sinon, la fatigue due au rythme de travail est grande, j’ai 3h de transports par jour, donc je veille à me préserver.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Chaque tétée de retrouvailles le soir ! Et maintenant, ma fille boit son lait en me regardant dans les yeux, avec un large sourire !!
Savoir que son père donne à notre fille un biberon de mon lait le matin avant d’aller chez sa nounou !
Partir en vadrouille simplement, entre nous, sans matériel à trimballer, ni biberon ni boite de lait !

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Que c’est merveilleux de poursuivre son allaitement ! Allaitement à volonté les jours de repos, et allaitement le matin et le soir les jours de travail, un parfait équilibre !

J’insisterais sur le repos, la nécessité de se protéger de toute  agression ambiante, faire de bonnes lectures car personne ne nous encourage dans l’entourage ! Surtout, se protéger des remarques extérieures !
Enfin, contacter une conseillère en lactation et la Leche League m’ont énormément apporté, en réconfort, conseils et humour !

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Je referais de même, quel bonheur de donner du lait approprié à notre fille ! En 6 mois, jamais malade ! Quelle relation merveilleuse ! Car l’allaitement, c’est nourrir, réconforter, câliner, calmer, endormir ! Et  que c’est pratique : rien à préparer, toujours du lait sur soi !

Articles en rapport :



 

Allaiter et travailler : le témoignage d’une lectrice

Je suis la maman d’une ravissante jeune Nathanaëlle de 16 mois et voilà notre aventure sur l’allaitement :

J’ai été très triste de ne peut pas pouvoir allaiter mon fils aîné et du coup j’ai tout mis en oeuvre et me suis énormément informée pour ma deuxième grossesse.
Lorsque ma fille est donc née, je me suis mise à l’allaiter, non sans une pointe d’inquiétude quand à un éventuel échec. Mais bien au contraire, ce fût une réussite totale, j’ai donc tout logiquement décidé de continuer à l’allaiter et la nourrir au lait maternel exclusivement même lorsque j’ai repris le travail. Elle avait 3 mois et demi (j’avais décaler de 15 jours le début de mon congé de maternité et j’ai donc pu rester 15 jours de plus avec elle, si si c’est tout à fait légal !!! voir la sécurité sociale pour cela).
J’ai la chance de travailler seule dans un bureau et j’ai donc pu tirer mon lait tous les jours. Pour ne pas être prise de cours, j’ai commencé à tirer le lait régulièrement 1 mois avant ma reprise, je tirais d’un côté pendant que j’allaitais de l’autre, ainsi bébé buvait bien et m’aidait en plus à tirer davantage de lait. Cela m’a permis d’avoir toujours 2 biberons d’avance sur ses besoins, sachant que le lait se conserve 24h au frigo, et plus longtemps au congélateur, je n’étais donc jamais à cours de lait même au biberon.

Mais ces p’tits bouts sont malins, même si le biberon ne la dérangeait pas, ma fille buvait juste ce qu’il lui fallait la journée pour ne pas « mourir de faim » et se lâchait complètement le soir dès mon arrivée (ce qui n’était pas pour me déplaire… lol)

Aujourd’hui plus d’allaitement, mais je peux vous assurer que vu comment elle aime se lover contre moi le soir, j’ai l’intime conviction qu’instinctivement elle n’a pas oublié ces merveilleux moments que nous avons passé ensemble…

Articles en rapport :



 

Trouver la motivation pour tirer son lait

Une chose dont témoignent beaucoup de mamans c’est la difficulté à garder la motivation pour tirer son lait. Quand les journées de travail s’enchaînent, que le manque de sommeil s’accumule et que la pression du travail est difficile à supporter, ce n’est pas toujours évident de trouver la motivation pour prendre ses pauses de tirage de lait.

Pour certaines femmes, il peut être utile d’éviter de réfléchir, de tirer son lait comme on se brosse les dents. On ne se pose pas la question tous les jours de savoir si on va ou non se brosser les dents… Cela peut vous être utile de noter tout ce que vous devez faire pour votre allaitement : les heures de tirage mais aussi la préparation du matériel, le stockage du lait …

Le simple souvenir du sourire de son enfant après la tétée peut être une motivation très importante !

Pour d’autres, c’est le fait d’imaginer son bébé en train de boire son lait qui donne l’énergie pour s’y mettre. À l’inverse pour certaines, imaginer leur enfant prendre du lait en poudre leur fait tellement mal que cela les incite à tirer leur lait.

La motivation peut venir également de la satisfaction à tenir le challenge que l’on s’est fixé (« Mon bébé ne prendra rien d’autre que mon lait avant six mois » par exemple). À l’inverse, accepter l’idée que l’on peut ne pas y arriver va aider certaines femmes à faire diminuer la pression et donc à s’en sortir beaucoup mieux.

Il vaut mieux essayer d’être régulière car lorsque l’on passe quelques jours sans tirer, c’est parfois difficile de s’y remettre. Pour cela, certaines femmes aiment tenir un tableau des tirages quotidiens : avoir sous les yeux les quantités tirées peut motiver.

Ne pas hésiter non plus à demander le soutien du père : ce que vous faites, vous le faites pour son enfant ! Si vous savez qu’il accorde de l’importance à votre démarche, vous serez plus motivée pour tirer votre lait.

En fait, c’est à chacune de trouver ce qui va l’aider car personne ne fonctionne de la même façon.

Et vous, qu’est-ce qui vous aide à rester motivée ?

Articles en rapports :



 

Allaitement et déplacements professionnels

avionVotre patron vous a annoncé hier, tout content, que c’est vous qui étiez choisie pour représenter la société auprès des nouveaux clients chinois, en Chine, la semaine prochaine pendant trois jours…
Bonne nouvelle : votre patron considère, malgré votre récente maternité, que vous êtes la meilleure et digne de confiance :-) .
Mauvaise nouvelle : votre bébé a trois mois, vous n’avez aucune envie de le laisser trois jours d’affilée et vous commencez à angoisser pour votre allaitement.
Pas de panique, voyons ensemble comment vous y prendre.

Tout d’abord, si vous êtes au travail, c’est que vous avez déjà mis en place une stratégie pour poursuivre votre allaitement (ou bien vous avez déjà sevré et la question ne se pose pas). Il va juste falloir adapter cette stratégie à cette situation particulière.

Si vous êtes de celles qui ne tirent pas leur lait au travail et qui poursuivent l’allaitement lorsqu’elles sont avec leur enfant, vous allez devoir apprendre à utiliser un tire-lait, ne serait-ce que pour gérer les possibles engorgements. Dans ce cas, vous pouvez prendre un petit tire-lait manuel ou électrique. Voir cet article.
Vous tirerez le lait matin et soir jusqu’à avoir les seins confortables. Vous n’êtes pas obligée de conserver le lait et vous reprendrez votre allaitement habituel de retour à la maison.

Si vous êtes de celles qui tirent leur lait au travail, il va falloir songer à tirer votre lait matin et soir en plus des tirages habituels. Souvenez-vous que la lactation est adaptable et que si vous ne tirez pas aux horaires habituels, ce n’est pas grave. Vous devez juste faire attention à éviter les engorgements.
Si vous souhaitez conserver votre lait pendant plusieurs jours, vous devez avoir obligatoirement accès à un réfrigérateur mais il vous suffira d’une glacière munie de freezpack pour le trajet du retour. Attention cependant, le lait maternel est généralement refusé en cabine en avion :-( .
Si vous souhaitez que votre bébé n’ai que votre lait durant votre absence, vous aurez besoin de faire du stock avant de partir et faire du stock pour trois jours alors que l’on tire déjà quotidiennement, ce n’est pas facile ! Pensez à exploiter les week-end et les soirées pour tirer du lait supplémentaire.
Si vous savez à l’avance que vous aurez des déplacements professionnels, pensez à faire du stock au congélateur pendant votre congé maternité. Cela facilite la logistique.

Les petits trucs en plus :

  • les lilypadz pour éviter les fuites devant les clients chinois.
  • la glacière souple qui se range dans la valise au départ.
  • les pots de conservation qui ferment hermétiquement pour ne pas retrouver une valise mouillée au lait maternel à la descente du train.
  • le tire-lait électrique qui fonctionne sur batterie (que vous aurez rechargée) car les prises électriques à l’étranger ne sont pas toujours compatibles avec les appareils français.
  • le savon liquide et le torchon propre pour nettoyer son matériel.

Et vous quels sont vos trucs pour concilier allaitement et déplacements professionnels ?

Articles en rapport :

 

Allaiter et travailler, un facteur d’égalité homme-femme

egalite-hfAssocier les expressions « allaitement » et « égalité homme-femme » en France peut paraître un brin provocateur. Dans notre pays, les courants féministes ont plutôt cherché à développer l’alimentation artificielle, justement pour plus d’égalité homme-femme. Or la poursuite de l’allaitement maternel à la reprise du travail peut être un facteur de développement de cette égalité, d’un point de vue professionnel mais aussi du point de vue du partage des tâches domestiques.

Du côté professionnel, ce sont en général les femmes les plus pénalisées lorsqu’un enfant est malade, ce sont encore elles qui s’absentent le plus souvent pour s’en occuper. Or ces absences à répétition nuisent au bon déroulement d’une carrière.
On sait aujourd’hui qu’un enfant allaité est statistiquement significativement moins malade qu’un bébé au biberon. Une femme qui poursuit l’allaitement après la reprise du travail est donc beaucoup moins souvent absente et moins pénalisée d’un point de vue professionnel. Cela lui permet d’être sur un pied d’égalité avec les hommes de son entreprise.

D’autre part, certaines femmes reculent le plus longtemps possible la reprise du travail afin de retarder le moment du sevrage. Quand une femme sait qu’elle peut poursuivre l’allaitement tout en travaillant, elle peut faire le choix de reprendre le travail plus tôt pour ne pas nuire à sa carrière et parce que son travail lui plaît. En cela également elle se met sur un pied d’égalité avec les hommes de son entreprise.

Bien évidemment, tout cela n’est possible que si le fait de tirer son lait au travail devient quelque-chose de normal, admis par tous et ne sucitant aucun commentaire déplaisant.

Du côté domestique, la poursuite de l’allaitement nécessite souvent un nouveau partage des tâches. Lorsqu’une femme retrouve son bébé en rentrant du travail, la plupart du temps, elle lui donne à téter et personne ne peut prendre ce temps à sa place. Il faut également qu’elle nettoie son matériel pour le lendemain et éventuellement qu’elle fasse un tirage supplémentaire le soir. Elle ne tient pas souvent le coup si son conjoint ne prend pas sa part des tâches domestiques, ne serait-ce que pour s’occuper des enfants plus grands ou préparer le repas. Ce choix de la poursuite de l’allaitement implique également l’homme et la femme n’est plus la seule à faire une double journée.

Enfin, certaines femmes prennent un congé parental pour pouvoir poursuivre l’allaitement. Si elles peuvent à la fois reprendre le travail et poursuivre l’allaitement, le père peut aussi prendre un congé parental. C’est un nouveau choix possible.

C’est finalement ça le plus important : que les femmes aient désormais de vrais choix : arrêter ou poursuivre l’allaitement, reprendre le travail rapidement pour gérer sa carrière ou profiter de ses enfants, ne pas être pénalisée par les absences pour maladie de l’enfant, choisir qui dans le couple prendra un congé parental.
Une femme peut ainsi garder sa spécificité de femme (elle est la seule à pouvoir allaiter son enfant) tout en développant ses compétences professionnelles au même titre que ses homologues masculins. N’est-ce pas cela la vraie égalité homme-femme ?