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L’engorgement

Lorsque l’on reprend le travail, que l’on sèvre ou que l’on poursuive l’allaitement, il peut arriver que l’on ait à gérer un engorgement.
Si vous avez décidé de sevrer mais que le sevrage n’est pas totalement terminé, les premières journées de travail peuvent être difficiles pour vos seins. Si vous avez décidé de ne garder que les tétées à la maison, il faudra un peu de temps à vos seins pour prendre l’habitude de ne plus produire en journée. Si vous avez décidé de conserver une lactation complète mais que vous avez l’habitude d’un bébé qui tète souvent, les pauses de tirages de lait ne seront pas aussi nombreuses…

Voici quelques petits trucs pour gérer ces situations délicates :

  • Tout d’abord, savoir repérer que l’engorgement arrive, avant qu’il s’installe. Vous pourrez ainsi prendre les devants en tirant un petit peu de lait pour soulager vos seins avant qu’ils soient tellement gonflés que vous n’arriviez plus à tirer du lait.
  • Si vous poursuivez l’allaitement sans tirer votre lait, il vaut mieux prévoir de tirer un peu les premiers jours, sans drainer complètement les seins, dès que vous en ressentez le besoin. Petit à petit vous n’en aurez plus besoin.
  • Si malgré tout un engorgement s’est installé, vous devez réagir car c’est une situation douloureuse. Soit il est 17 heures et vous pouvez rentrer un peu plus tôt pour donner le sein à votre enfant, dans ce cas là, faites-le ! Soit vous devez rester au travail, vous allez alors vous éclipser quelques minutes pour passer vos seins sous l’eau chaude (vous pouvez prévoir un gant de toilette par exemple) et tirer votre lait. Le chaud aide à faire couler le lait. Si c’est plus simple pour vous, vous pouvez prévoir un coussin de gel bleu vendu en pharmacie qui passe au micro-ondes. Ce genre de coussin peut aussi se passer au congélateur et peut aider à soulager l’engorgement entre deux tétées ou deux tirages de lait.
  • Prévenez la personne qui s’occupe de votre enfant de votre heure de retour pour qu’elle ne donne pas un biberon une demi-heure avant votre arrivée : votre enfant risque alors de ne pas vouloir téter alors que vos seins en ont désespérément besoin.
  • Si vous êtes en période de sevrage et que vos seins s’engorgent, n’essayez pas d’aller trop vite en besogne. Laissez le temps à vos seins de réagir à la baisse de la demande et n’hésitez pas à tirer un peu de lait pour soulager un engorgement. Cela ne relancera pas la lactation si vous tirez juste ce qu’il faut pour vous soulager.
  • Prévoyez des coussinets d’allaitement en cas de « fuite » de lait.
  • Prévoyez également une tenue de rechange, cela peut toujours servir…
  • L’utilisation d’un tire-lait est parfois difficile en cas d’engorgement alors que le tirage manuel peut s’avérer plus efficace.
  • Il est inutile d’arrêter de boire, c’est inefficace et dangereux pour vos reins.

L’engorgement est douloureux mais régresse rapidement si l’enfant tète efficacement. C’est un « accident de parcours » fréquent chez les femmes allaitant, surtout au moment de la reprise du travail.
Les femmes qui risquent plus d’avoir un engorgement sont celles qui :

  • passent brutalement de douze tétées par jour à trois sans prévoir de tirer du lait.
  • stockent peu de lait entre deux tétées. Le fait d’espacer les tétées ou les tirages est plus difficile à supporter.
  • commencent à prendre des galactogogues à la reprise du travail par peur de manquer de lait…

Le remède universel à l’engorgement est le drainage du sein, soit par le bébé, soit en tirant son lait !

Et vous, vous est-il déjà arrivé de devoir gérer un engorgement au travail ? Qu’est-ce qui a été le plus efficace pour vous ?

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Quel lait donner au moment du sevrage ?

Voici une question que l’on me pose souvent : par quoi remplacer le lait maternel au moment du sevrage ?

Cela dépend beaucoup de l’âge de votre enfant.

  • Si votre bébé a moins de six mois, il ne se nourrit que de lait. S’il ne prend plus de lait maternel, il faut le remplacer par une préparation pour nourrisson qui est l’aliment le plus adapté pour prendre la suite de votre lait.
    Toutes les préparations pour nourrissons doivent répondre aux mêmes normes. Il est donc inutile de choisir le lait le plus cher, vous pouvez prendre le premier prix du supermarché, sauf indication contraire de votre médecin.
  • Si votre bébé a entre six mois et un an, son alimentation reste en majorité lactée, les solides ne sont encore que du complément. S’il ne prend plus de lait maternel, vous devez lui proposer une préparation pour nourrisson. Vous pouvez continuer à lui donner du lait premier âge sans aucun souci. Les lais dit « deuxième âge » ont été inventés pour contourner la législation qui interdit de faire de la publicité pour les laits premier âge.
  • Si votre bébé a plus d’un an, vous avez plus de choix. Certains bébés continuent à boire beaucoup de lait alors que d’autres vont plutôt manger des laitages sous la forme de yaourts, fromage,…
    Pour le lait, c’est à vous de choisir si vous continuez à lui proposer une préparation pour nourrissons ou si vous passez au lait demi-écrémé.
    Votre enfant peut aussi avoir son comptant de laitages sous forme de « solides » sans aucun souci pour sa santé.

Il est important de ne pas proposer de lait de chèvre, de jument ou autre à un bébé de moins d’un an s’il n’a pas été transformé en préparation pour nourrisson !

Les laits végétaux ne sont pas adaptés pour nourrir exclusivement un bébé sauf les préparations pour nourrisson à base de soja. Pour ces dernières, il est recommandé de ne pas les utiliser au long cours pour les petits garçons en raison des phyto-hormones contenues dans le soja.

Vous n’êtes pas obligée d’acheter des petits-suisses « spécial bébé » à base de lait de croissance, les petits suisses normaux peuvent être mangés par votre enfant.

Enfin, l’utilisation d’un lait de croissance est très controversée. L’ajout de fer dans le lait pouvant provoquer une réaction de Maillard, nocive pour l’enfant.
Voir cet article.

Et vous, qu’avez-vous donné à votre enfant après votre lait ?

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Faut-il anticiper son retour au travail ?

IMG_4170Lorsqu’on allaite son enfant, on a envie de rester dans cette bulle intime, et songer à la reprise du travail n’est pas une partie de plaisir. Pourtant, plus l’échéance approche, plus la question se pose : que vais-je faire de mon allaitement ?

La plupart des mères souhaitent que tout se passe au mieux lors de cette première séparation d’avec leur bébé. Elles souhaitent alors préparer au maximum pour être sûre que tout se passera bien.
Pour autant, faut-il et peut-on tout anticiper concernant l’allaitement ?

Bien sûr, il est important de savoir si l’on souhaite sevrer complètement son bébé ou bien continuer l’allaitement. Cependant, une telle décision prise un mois avant la reprise du travail peut très bien ne plus convenir trois jours avant l’échéance. Alors, comment faire ?

Tout d’abord, profiter pleinement de son allaitement sans se gâcher le plaisir à l’idée de la reprise du travail. Un mois avant le reprise du travail, se renseigner sur les différentes options possibles, quelles sont celles compatibles avec sa situation. Puis prendre une décision environ trois semaines avant la reprise en gardant à l’esprit que l’on peut changer d’avis en cours de route.

Si l’on souhaite un sevrage complet avant la reprise, il vaut mieux le décider au plus tard trois semaines avant la reprise pour avoir le temps de le mener en douceur. Il faut alors commencer à supprimer une tétée à la fois, et surveiller la réaction de ses seins. Voir cet article.

Si l’on souhaite continuer un allaitement complet, il faut se renseigner sur la possibilité matérielle de tirer son lait sur son lieu de travail et sur le matériel à prévoir. Puis prendre le temps de se procurer ce matériel (tire-lait, sachet de conservation, glacière éventuelle, biberons, …). On peut prévoir d’essayer le tire-lait tranquillement à la maison et de faire un peu de stock de lait au congélateur en prévision des jours possibles où l’on ne tirera pas assez de lait pour le lendemain. Cela permet de reprendre le travail plus tranquillement.
Si l’on souhaite garder un allaitement partiel, il faut juste prévoir d’acheter du lait en poudre et de quoi le donner au bébé (biberon, tasse,…).
Dans ces deux derniers cas, il n’est pas indispensable de préparer son enfant au biberon. Voir cet article.

Dans tous les cas de figure, il vaut mieux essayer de préparer cette reprise le plus sereinement possible. En effet, si votre bébé sent de la tension chez vous, l’urgence qu’il accepte le biberon par exemple, il y a de fortes chances qu’il refuse et se braque.
Gardez à l’esprit que c’est un moment de transition, que tous les bébés s’adaptent à la nouvelle situation et que plus on est zen, mieux cela se passe. Il faut laisser à votre bébé le droit d’exprimer son mécontentement et la possibilité de s’adapter à sa manière (qui n’est pas forcément celle que vous aviez imaginée).

Et vous, comment avez-vous préparé votre reprise du travail ?

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Quand mon bébé refuse le biberon

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Ça y est, vous reprenez le travail dans quinze jours et vous avez décidé d’introduire les premiers biberons pour que votre admirable poupon s’y habitue et ne pose pas de problème chez l’assistante maternelle.
Oui mais vous n’aviez pas prévu que ce bébé devienne soudain moins admirable : il refuse catégoriquement de prendre un biberon…

Voilà une situation finalement assez fréquente à laquelle la plupart des parents ne sont pas préparés. Ils sont donc très souvent démunis et ne savent pas comment y faire face.

Le bébé refuse de prendre le biberon en bouche, ou bien il accepte mais ne prend que 5 ml de lait, il se recule et pleure, voir hurle. Soit sa maman est là et il ne se calme qu’au sein, soit il pleure de détresse jusqu’au retour de celle-ci.
La personne qui s’en occupe  et les parents sont destabilisés. Prendre un biberon semble quelque-chose de normal pour un bébé dans notre culture occidentale, pourquoi mon enfant refuse-t-il ?
En général, en tant que mère, on se dit que l’on a raté quelque-chose: on aurait dû lui proposer un biberon plus tôt, les autres ont raison, je suis trop fusionnelle,… De plus, la reprise du travail approche, il faut trouver une solution rapidement sinon cela va mal se passer. Ou bien la personne qui va garder le bébé ne veut le prendre que s’il est déjà habitué au biberon et ne pose pas de problème. La pression est forte…et ce bébé qui refuse de prendre un biberon… C’est une situation très stressante pour les parents et en particulier pour la mère qui a tendance à culpabiliser.

Essayons de comprendre ce qui se passe et comment se sortir de cette situation.

Du côté du bébé, la situation est tout à fait compréhensible. Celui-ci est allaité depuis sa naissance, il ne connait rien d’autre ou bien a complètement oublié les quelques biberons qui lui ont été donnés à la maternité. On lui explique (ou pas) qu’il va devoir prendre des biberons car sa maman reprend le travail. Cela a-t-il un sens pour lui ? On lui présente ce fameux biberon qu’il est censé prendre en bouche alors qu’il ne connait que la douceur du sein. Il a faim, on lui demande de changer de comportement alors qu’il n’aspire qu’à téter. Tout ceci est incompréhensible. Pour un bébé il est normal de préférer le sein (essayez de prendre une tétine de biberon en bouche, ce n’est pas l’expérience la plus agréable) et il ne comprend pas pourquoi tout d’un coup il ne peut plus téter.

Rassurez-vous, cette situation est transitoire et on trouve toujours une solution.

La première chose à faire est de se détendre. En général, plus le bébé sent la pression monter autour du biberon, moins il accepte de le prendre. Vous pouvez faire confiance à votre enfant, il va trouver sa solution pour s’adapter à sa nouvelle situation lorsque vous serez retournée au travail. Tous les bébés s’adaptent (ils n’ont d’ailleurs pas vraiment le choix). La personne qui va s’occuper de votre enfant pendant votre absence va également s’adapter. Si elle refuse de réfléchir à une solution avec vous, êtes-vous prête à lui confier votre tout petit ?
Cette situation n’étant problématique que peu de temps, autant ne pas la dramatiser.

Ensuite, vous pouvez essayer de repérer si votre bébé refuse le lait ou la tétine du biberon. Si vous lui proposez votre lait fraichement tiré dans ce même biberon, l’accepte-t-il ? Si oui, alors vous avez la réponse, c’est le lait en poudre qu’il n’aime pas. Vous pouvez alors commencer par tirer un peu votre lait. Dans le premier biberon, vous lui donnez 100% de lait maternel, dans le second 75% de lait maternel et 25% de lait artificiel pour qu’il s’habitue au goût petit à petit. Dès qu’il accepte ce mélange, vous pouvez passer à 50% de lait maternel et 50% de lait artificiel et ainsi de suite jusqu’au 100% de lait artificiel. C’est finalement une situation assez simple.
Attention, chez certaines femmes le lait tiré se « pré-digère » et prend un goût et une odeur très forts. Ce lait est toujours bon mais certains bébés le refusent (alors que d’autres le prennent sans problème). Dans ce cas, il suffit de chauffer le lait à 60° juste après l’avoir tiré pour arrêter le processus. Il n’y a alors plus de problème de goût.
Encore une petite chose, certains bébés ont une préférence pour le lait froid ou le lait chaud ou tiède

Si votre bébé refuse la tétine, vous pouvez essayer de varier l’offre. Essayez différentes sortes de tétines, certains bébés ayant leurs préférences (silicone ou caoutchouc, différentes formes ou tailles). Si vous trouvez la tétine que votre bébé accepte, vous avez gagné et résolu votre problème !
Mais certains bébés refusent toutes les tétines. Vous pouvez alors essayer le verre car on se contente de poser le bord du verre sur la lèvre inférieure et on n’introduit rien dans la bouche du bébé, cela convient mieux pour certains.

Pour tous ces essais, il vaut mieux ne pas attendre que votre bébé ait très faim car il n’est plus en état de faire un effort d’apprentissage.

Enfin, si votre enfant a plus de six mois, vous n’êtes pas obligée de lui faire prendre des biberons, il peut prendre des solides(s’il les aime) lorsque vous êtes absente et téter quand vous êtes avec lui. Cela résout le problème facilement.

Il faut savoir que de nombreux bébés refusent le biberon lorsqu’on essaie de les habituer avant la reprise du travail mais les acceptent lorsque c’est « pour de vrai ». Quand vous êtes absente, votre bébé se rend bien compte qu’il ne peut plus téter et accepte les biberons soit le jour même, soit dans les jours qui suivent.
Un bébé qui refuse de manger toute la journée n’est pas en danger, de même qu’un bébé qui dort toute la nuit sans manger. Simplement il compensera quand il vous retrouvera.
Vous pouvez alors rassurer la personne qui le garde en votre absence : si votre enfant n’a rien mangé de la journée, vous ne serez ni inquiète ni fâchée, vous savez que cela peut arriver et que c’est transitoire et sans danger.
Dans de très rares cas, un bébé va refuser de manger la journée pendant plusieurs semaines. C’est fatigant pour la mère car il va alors compenser en tétant la nuit mais ce n’est pas inquiétant pour la santé de l’enfant. Je le répète, c’est très rare.
Enfin pour un enfant, refuser de manger peut être une façon de protester contre l’absence de sa mère. Un bébé n’est jamais content de ne plus avoir sa mère avec lui et il a peu de moyens de le faire savoir. Le refus du biberon en est un.

Dans tous les cas, la crispation accentue le problème et on gagne à dédramatiser la situation. Toutes les familles sans exception s’adaptent à la reprise du travail et il suffit souvent de faire confiance à la capacité d’adaptation du bébé et de prendre le temps de l’écouter.

Et pour votre enfant, comment s’est passé le passage au biberon ?


 

Et le sevrage ?

Souvenez-vous, lors d’ un précédent article, j’évoquais le sevrage et je vous avais promis de développer. Aujourd’hui, je vous explique comment arrêter l’allaitement.

En tant que consultante en lactation, je suis convaincue que l’idéal pour un bébé est d’être allaité exclusivement pendant six mois puis que l’allaitement se poursuive après l’introduction des solides. Cependant la vie n’est jamais idéale et l’allaitement ne concerne pas uniquement le bébé mais aussi sa mère, vous. Un enfant veut toujours devenir grand et si on le laisse faire, un jour ou l’autre il se sèvre seul, mais pas toujours au moment où sa mère le souhaite, souvent même beaucoup plus tard (voir cet article sur cette question). Or vous pouvez avoir beaucoup de raisons différentes pour souhaiter sevrer. Cette décision  vous appartient et personne ne devrait se permettre de vous juger, que vous souhaitiez sevrer votre enfant ou au contraire que vous souhaitiez poursuivre l’allaitement, et ce, quel que soit l’âge de votre bébé.

Première chose importante, prenez le temps de la décision. Il est toujours possible de relancer une lactation si l’on change d’avis mais cela demande quand même beaucoup de temps et d’énergie que vous préfèrerez certainement passer ailleurs : dormir par exemple parce que bébé n°3 se réveille encore plusieurs fois par nuit et qu’entre ses réveils s’intercalent les cauchemards de fiston et les réveils pipi de grande fille (pas si grande que ça d’ailleurs).
Vous pouvez vous poser les questions suivantes : pourquoi ai-je envie de sevrer, qu’est-ce que j’en attends, est-ce mon désir ou celui de belle-maman, suis-je prête à faire les efforts nécessaires ? Si vous souhaitez sevrer pour que Ondine fasse enfin ses nuits, autant vous prévenir tout de suite que vous pourriez être déçue, le biberon règle parfois ce genre de soucis mais pas toujours. Si la pression est forte autour de vous pour vous inciter à sevrer, vous risquez de vous apercevoir un peu tard que vous regrettez votre décision.

Maintenant vous êtes vraiment décidée : vous ne voulez plus donner le sein parce que l’usage exclusif de votre corps vous appartient, vous reprenez le travail et n’avez pas envie ou pas la possibilité de tirer votre lait au travail, ou tout autre raison qui vous sont propres. Dès demain vous commencez le sevrage.

De quel sevrage parle t-on ? Quel est l’âge de votre bébé ? Vous voulez un sevrage rapide ou vous avez le temps ? Vous souhaitez conserver certaines tétées ou bien arrêter totalement l’allaitement ?

L’âge du bébé change beaucoup les conditions du sevrage. Un bébé de moins de 6 mois prendra des biberons de lait industriel pour remplacer les tétées supprimées, un enfant de plus de 6 mois pourra aussi remplacer certaines tétées par des solides, tout dépend si vous avez le modèle qui dévore tout ce qui lui tombe sous les doigts ou le modèle que rien d’autre que le sein n’intéresse jusqu’à fort tard. Un enfant de plus d’un an est désormais capable de bien faire comprendre sa volonté et de rester inflexible, votre propre volonté doit donc être sans faille si vous voulez que votre enfant accepte le sevrage.

Vous  avez le temps: vous voulez juste vous dire que dans quelques temps petit Sacha ne tètera plus ou bien le travail vous impose de supprimer trois tétées par jour. Ou bien vous souhaitez un sevrage rapide : vous devez vous faire opérer en urgence par exemple et ne pourrez pas poursuivre l’allaitement avec le traitement proposé (situation particulièrement rare il faut le rappeler), ou bien le ras-le -bol est trop grand et vous ne tiendrez pas 12h de plus (ce n’est pas de l’humour, certaines femmes en sont là pour des tas de raisons différentes).

Comment faire ? Dans les deux cas prenez soin de vos seins : le plus gros risque encouru lors du sevrage, ce sont les engorgements.

Pour un sevrage en douceur, que ce soit un sevrage complet ou la suppression de quelques tétées, commencer par supprimer une tétée par 24h (pas celle du matin qui est en général celle où l’on a le plus de lait), et attendre que ses seins soient confortables avec une tétée en moins. Cela peut prendre de un à plusieurs jours selon les femmes et leur lactation. Lorsque les seins sont confortables, on peut supprimer une tétée supplémentaire et ainsi de suite. Avec cette méthode , on peut obtenir un sevrage complet en une semaine pour les femmes  dont la lactation s’adapte très rapidement, dont le bébé a plus de quatre mois et qui ne sont pas en surproduction de lait ; ou en plusieurs semaines pour les autres. Le critère principal : être attentive à ses seins et aux possibles signes d’engorgement. C’est la méthode la plus douce, la plus confortable. Cela vous permet aussi un retour en arrière si finalement vous changez d’avis au bout de trois jours ou si vous avez finalement opté pour un sevrage partiel.

Si l’on veut un sevrage rapide, il faut s’attendre à plus d’inconfort. Vous pouvez supprimer toutes les tétées et utiliser un petit tire-lait manuel. Dès que vous sentez qu’un sein commence à durcir un peu ou à être douloureux, vous tirez un peu de lait, juste pour soulager le sein mais surtout pas plus pour ne pas relancer la lactation. Cette méthode est souvent inconfortable et certaines femmes devront tirer un peu de lait toutes les 2 heures ou plus pendant les premiers jours, ce qui n’est pas forcément pratique, surtout lorsque l’on a repris le travail : « Pourquoi tu t’absentes toutes les heures alors que tu ne fumes pas ? Oh, pour rien , je me soulage juste les seins…  » Hum…

A savoir : certaines plantes peuvent aider à faire diminuer la lactation à condition d’être prises en grande quantité : le persil et la sauge semblent être les plus efficaces. Un bon taboulé libanais à tous les repas pendant plusieurs jours, accompagné d’une infusion de sauge bien serrée trois fois par jour…

Et après ? Vous avez sevré votre bébé, vous êtes heureuse de ne pas avoir à vous en occuper seule à chaque fois qu’il pleure. Oui mais même sevré, il reste un bébé qui a besoin d’être porté, caliné, qui peut faire des cauchemards, avoir faim toutes les nuits et qui a fondamentalement besoin de vous, surtout si vous avez repris le travail et qu’il ne vous voit qu’une heure par jour (raison de plus pour qu’il se réveille pour vous voir la nuit). Il faut donc garder à l’esprit les besoins de tout bébé, allaité ou pas.

Et vous comment avez-vous sevré et surtout comment l’avez-vous vécu ?