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Médicaments et allaitement

Je reçois beaucoup de questions de femmes à qui l’on a prescrit des médicaments incompatibles avec l’allaitement ou que l’on refuse de soigner sous prétexte qu’elles allaitent.

Je trouve vraiment cela dommage alors que l’on sait aujourd’hui qu’il est rarissime de devoir sevrer pour pouvoir se soigner. Une énorme majorité de médicaments est compatible avec l’allaitement. Malheureusement, vous ne savez pas lesquels sont vraiment incompatibles et il s’agit parfois de médicaments en vente libre.

Voici donc quelques ressources à proposer à votre médecin :

  • Sans conteste la meilleure source : Medications and Mother’s Milk de Thomas Hale.
    Son site internet est complémentaire et apporte des mises à jour.
  • La meilleure source en français : La compilation des coins du prescripteur, édité par LLL France, que vous trouverez ici .
    Un très bon cadeau à faire à votre médecin…
  • Le site internet Lactancia est également une excellente source d’informations.
  • Le site Lecrat peut être complémentaire.

Avec tout ça, si votre médecin refuse toujours de vous soigner, c’est qu’il est vraiment de mauvaise volonté

Et vous, avez-vous eu du mal à vous faire soigner ?



 

Où trouver de l’aide ?

aideL’allaitement se passe souvent très bien mais il peut arriver que l’on rencontre un problème et que l’on ait besoin d’aide : engorgement à répétition, bébé qui ne prend pas assez de poids, difficultés à la reprise du travail et bien d’autres choses encore.
A qui peut-on alors s’adresser pour obtenir de l’aide ?

Si vous rencontrez un problème médical (infection par exemple), votre premier interlocuteur devrait être votre médecin. Vous me direz certainement que votre médecin n’est pas la personne qui connait le mieux l’allaitement. C’est vrai, la formation de base d’un médecin en allaitement se résume à 2h au cours des études sur les cas d’infection (mastites et abscès). Un médecin peut choisir de se former à l’allaitement maternel (par le DU d’allaitement maternel ou par la formation de consultant en lactation) mais ce n’est pas compris dans ses études universitaires. Cependant, c’est la seule personne qui puisse prescrire un traitement lorsqu’il est nécessaire. Vous pouvez voir un professionnel de l’allaitement auparavant (consultant en lactation par exemple) qui proposera des informations à jour à votre médecin.
Une sage-femme peut également prescrire mais sa capacité de prescription est limitée. La formation des sages-femmes à l’allaitement maternel est très différente selon les écoles. Toutes les sages-femmes n’ont pas les mêmes compétences dans ce domaine et les meilleures cotoient les pires.

Pour tout problème d’allaitement, vous pouvez vous adresser à un consultant en lactation. Le consultant en lactation est un spécialiste de la lactation humaine et de l’allaitement maternel. Sa formation est la plus complète sur le sujet aujourd’hui en France. Elle comprend également un volet sur la relation d’aide.
Vous trouverez une liste de consultants en lactation travaillant en libéral sur le site de l’association Prolactin’. Voici également la liste des consultants en lactation faisant partie de l’association internationale des consultants en lactation (ILCA).

Si vous avez besoin de rencontrer d’autres femmes qui allaitent et de pouvoir partager, vous trouverez cela au sein des associations de soutien à l’allaitement maternel : La Leche League France, Solidarilait et beaucoup d’associations locales dont vous trouverez les coordonnées sur le site de la COFAM (coordination française pour l’allaitement maternel).
Certains lieux proposent aussi des rencontres autour de l’allaitement maternel comme Le Poussette Café à Paris par exemple. Cherchez près de chez vous, il existe surement un lieu proposant des réunions.
Pour la reprise du travail, il est très intéressant de rencontrer d’autres femmes qui l’ont déjà vécu, cela rassure beaucoup et permet de découvrir de nouvelles façons de faire.

Vous pouvez aussi lire : ce blog par exemple :-) mais aussi de très bon livres. Mon préféré est très certainement celui de Jack Newman.

Et vous, où avez-vous trouvé de l’aide ?

 

Allaiter et travailler : le soutien

coupleQuand on poursuit l’allaitement à la reprise du travail, le soutien est particulièrement précieux. Il permet de tenir le choc dans les moments difficiles : c’est tellement plus sympa de s’entendre dire « tu as tenu bon jusque là, tu vas y arriver, c’est génial ce que tu fais » plutôt que « Si tu es si fatiguée, tu n’as qu’à arrêter, le lait en poudre est fait pour ça ! ».
Cela permet également de pouvoir être entièrement à ce que l’on fait (rendre ce rapport urgent à gentil patron à 14h) plutôt que de penser en permanence « comment est-ce que je vais bien pouvoir m’éclipser discrètement pour tirer mon lait dans le placard à balai sans que la femme de ménage ne me voit », le stress occupe une bonne place dans la tête et ne permet pas de travailler correctement.
Et puis c’est tellement plus agréable de se sentir soutenue dans ses choix que de devoir se battre pour les imposer…

Les premières personnes qui peuvent vous soutenir sont vos proches et particulièrement le père de votre enfant. En général, quand une mère poursuit l’allaitement, le père s’investit plus dans les tâches ménagères (voir cet article), ce qui allège la charge de travail de la mère. Le père est celui à qui vous avez envie de confier vos joies et vos difficultés et c’est souvent le mieux placé pour vous remonter le moral. Après tout, ce que vous faites, vous le faites pour son enfant ! Le reste de la famille peut également être important : parents, beaux parents, frères et soeurs, tout soutien est bon à prendre.

Votre entreprise devrait également pouvoir vous soutenir : en mettant à votre disposition un local pour tirer votre lait, en vous laissant prendre les pauses dont vous avez besoin, en informant l’ensemble du personnel que tirer son lait est quelque-chose de normal pour éviter les remarques désagréables ou déplacées,… L’entreprise a tout à y gagner : les enfants allaités sont statistiquement moins malades et une mère stressée travaille moins bien.

Les professionnels de santé ont leur rôle à jouer. Le pédiatre devrait vous soutenir plutôt que de vous conseiller de sevrer si ce n’est pas votre choix. Votre médecin ne devrait pas mettre votre fatigue sur le dos de l’allaitement alors que le fait même de reprendre le travail avec un bébé est en soi très fatigant. Ils devraient être à même de vous fournir de l’information et du soutien.

Enfin, le soutien de la personne qui garde votre bébé est très important. Vous avez besoin qu’elle accepte de gérer votre lait pour ne pas en gaspiller par exemple ou tout simplement pour qu’elle accepte de donner votre lait (voir cet article). Si cette personne vous soutient, elle ne vous stressera pas avec des demandes irréalistes (du genre : « il me faut 800 ml de lait par jour ») et c’est tellement plus agréable de ne pas avoir de remarques désagréables deux fois par jour.

Le soutien n’est pas acquis d’avance en matière d’allaitement maternel. Vous allez devoir faire preuve de pédagogie envers vos proches et la personne qui garde votre enfant. C’est important qu’ils aient les informations sur le bien fondé de votre démarche. La meilleure preuve étant la preuve par l’exemple : « regardez comme mon bébé allaité se porte bien, je ne veux pas gâcher cela en le sevrant »… Cela peut bien marcher avec l’entourage. Avec la personne qui va garder votre enfant, il faut lui expliquer que ce n’est pas plus compliqué que le lait en poudre, que cela ne va pas alourdir sa charge de travail et surtout lui fournir toutes les informations sur la manipulation et la conservation du lait maternel.
Il est important également d’écouter ses craintes et ses réticences. Le dialogue est absolument nécessaire pour obtenir le soutien dont vous avez besoin.

Vis à vis de votre entreprise, la loi est de votre côté : vous avez droit à deux fois une demi-heure dans la journée pour tirer votre lait. Cependant, affronter véhémentement votre employeur n’est a priori pas la meilleure des solutions. Commencez plutôt par expliquer votre demande. Vous pourrez toujours ensuite sortir votre article de loi s’il refuse de vous entendre…

Malgré toute votre bonne volonté, vous n’obtiendrez sûrement pas le soutien de tous. Cependant, la neutralité vaut mieux que la réprobation et si personne ne vous fait de remarques désagréables, c’est déjà un grand pas de fait.
Vous pouvez également trouver du soutien auprès d’autres femmes ayant déjà vécu la même situation, au sein de votre entreprise ou dans des associations de mères (LLL, Solidarilait et bien d’autres).

Et vous, avez-vous reçu le soutien dont vous aviez besoin ?