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Allaitement et travail de nuit

Le travail de nuit peut prendre de nombreuses formes : ménage en entreprise, médecins et infirmières hospitalières, accueil d’urgence, sages-femmes …

Si ce rythme de travail est souvent subit, le travail de nuit est une option choisie délibérément par certaines femmes pour passer plus de temps avec leurs enfants. En effet, si vous travaillez de nuit, vous avez des jours de récupération et des horaires irréguliers, ce qui convient bien à certaines familles.
En général, c’est tout de même une situation fatigante car vous dormez moins le jour que la nuit habituellement. Il faut donc prendre soin de vous, penser à vous forcer à faire une sieste par exemple les jours de récupération, manger équilibré car une mauvaise hygiène alimentaire fatigue le corps. Ne succombez pas à la tentation de raccourcir vos périodes de sommeil : vous en avez besoin !

Si votre enfant fait ses nuits, mais que vous souhaitez qu’il n’ait que votre lait, vous devrez quand même tirer du lait pour que la personne qui s’en occupe pendant votre sommeil puisse lui donner. Ou bien vous choisirez de vous faire réveiller, de la même manière que les mamans qui gèrent les réveils nocturnes. Dans ce cas, attention à la fatigue !
S’il ne fait pas encore ses nuits, vous devrez prévoir du lait pour ses réveils nocturnes.
Un des avantages de cette situation, c’est qu’en général, le papa peut s’occuper de votre enfant en votre absence et le nourrir la nuit en cas de besoin.

Comme vous travaillez en horaires irréguliers, l’organisation va s’avérer plus compliquée car vous ne pouvez pas compter sur la régularité. Le plus simple est alors d’allaiter à la demande quand vous êtes avec votre bébé et de gérer indépendamment votre lactation durant les périodes travaillées.
Si vous ne souhaitez pas tirer votre lait pour nourrir votre bébé, le plus important est le confort de vos seins. Veillez à ce qu’ils ne s’engorgent pas.

Et vous, travaillez-vous de nuit ? Comment le vivez-vous ?

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Rencontre avec l’équipe du Pr Hartmann, le retour…

tribune 2Je vous avais promis un retour sur le symposium organisé par Medela avec l’équipe du Pr Hartmann, m’y voici.

Les interventions proposées étaient passionnantes, la conférence de presse était une première pour moi, j’en ai profité pour poser les questions pouvant vous être utiles.

A tire d’Ailes : Est-ce qu’un bon tire-lait peut stimuler la lactation aussi efficacement qu’un bébé ?

Pr Hartmann : Oui, c’est à peu près la même chose. Dans certains cas le bébé est plus efficace mais pour stimuler une production de lait défaillante, le tire-lait peut être indispensable car il continue à stimuler le sein alors qu’un bébé s’arrête quand il n’a plus faim. Du coup, une séance d’expression au tire-lait peut durer un quart d’heure alors qu’un bébé efficace va téter en moyenne 8 minutes (selon l’appétit du bébé).
Les reflexes d’éjection se produisent de la même façon avec un tire-lait ou avec un bébé au sein, nous en avons eu la confirmation grâce à l’échographie.

A tire d’Ailes : A la reprise du travail, une mère qui ne tire pas son lait la journée et allaite son bébé à la demande quand elle est avec lui peut-elle maintenir sa lactation ?

Pr Hartmann : Cela dépend des femmes et de leur anatomie. Si le sein peut stocker suffisamment de lait, on peut espacer les tétées mais pas si la capacité de stockage est limitée. Pour certaines femmes, on ne peut pas espacer les tétées ou les tirages de plus de trois heures alors que d’autres pourront espacer de douze heures si le bébé tète à la demande à la maison.
D’autre part, un sein non drainé risque plus de voir se développer une bactérie (qui stagne alors dans le lait et peut s’y développer) qu’un sein drainé bien régulièrement.
Il vaut donc mieux prévoir au moins une pause par jour pour tirer son lait, l’idéal étant de prévoir trois pauses par jour.

A tire d’Ailes : Vous avez expliqué lors de votre intervention que pendant la période d’allaitement, le sein nécessite une proportion plus grande de consommation d’énergie quotidienne que le cerveau, représentant 30% de la prise énergétique quotidienne. Cela veut-il dire que l’allaitement fatigue ?

Pr Hartmann : Non, car le corps n’a pas besoin d’un apport calorique supplémentaire en période d’allaitement (sauf pour des jumeaux). Simplement cet apport calorique est distribué différemment. Du point de vue de l’évolution de l’espèce, ce serait anormal que l’allaitement soit fatigant.

A tire d’ailes : Si le cerveau consomme moins d’énergie pendant l’allaitement, cela veut-il dire que l’on pense ou réfléchit moins bien  pendant cette période ? :-)

Pr Hartmann : Non, car il a été prouvé, notamment grâce à des expériences sur des souris, que le QI de la femme augmente en période d’allaitement. Les entreprises devraient donc tout faire pour que leurs salariées poursuivent leur allaitement le plus longtemps possible :-) .



 

Poursuivre l’allaitement après la reprise du travail, vous avez dit fatigant ?

Vous avez repris le travail depuis quinze jours, vous aviez décidé de poursuivre votre allaitement et vous avez la sensation d’être aussi fatiguée (voir plus) qu’au lendemain de votre accouchement. Vous en êtes à douter de votre choix : est-ce que finalement donner des biberons à Arthur ne serait pas plus simple et surtout moins fatigant ??? D’ailleurs, tout le monde vous le dit : « pourquoi vous embêter alors qu’il existe du lait en poudre ? Vous vous fatiguez pour rien… »

Je vais vous dire ce que personne ne vous dit en pareil cas : vous êtes fatiguée, c’est NORMAL ! Rien que reprendre un rythme de travail après une pause de plusieurs mois est en soi très fatigant. Avoir un bébé (allaité ou pas) est également très fatigant, alors si vous cumulez les deux, vous êtes très très fatiguée ! Tout cela est parfaitement compréhensible.

De plus, la première reflexion en pareil cas, c’est de se dire qu’on en fait trop et qu’il va falloir faire des coupes franches dans ses activités. Oui mais vous avez déjà arrêté votre cours de danse du mercredi soir et votre rendez-vous rituel avec vos copines du samedi midi et franchement vous ne voyez plus quoi supprimer à part votre emploi (mais là c’est votre compte en banque qui n’est pas d’accord), ou vos séances de tirage de lait. Résultat, c’est l’allaitement qui est sacrifié sur l’autel de la fatigue.

Alors la question se pose : continuer l’allaitement après la reprise du travail, est-ce fatigant ?

Non :

  • Le fait de produire du lait ne fatigue pas le corps, c’est une fonction naturelle au même titre que produire du sang ou de l’urine.
  • Les tétées permettent de ne pas préparer de biberon (y compris la nuit) et de ne pas faire de vaisselle.
  • Tirer son lait avec un bon tire-lait ne prend que deux fois 1/4 d’heure sur la journée de travail.(voir mon article précédent sur les tire-lait).

Oui :

  • Certains bébés se réveillent souvent la nuit pour téter après la reprise du travail pour pouvoir profiter de maman.
  • Il faut souvent jongler avec les conditions de tirage difficiles au boulot car l’entreprise n’a rien prévu pour ça…quand on ne se cache pas parce qu’on n’a rien osé demander au moment de la reprise du travail. 
  • Oui, parce que vous vous rajoutez une tâche supplémentaire dans la journée  Mais qui sera compensée par le fait que le soir vous ne préparerez pas le biberon. Comment ça, c’est pas juste, c’est le papa qui en profite,…car lui, non seulement il n’a pas de bib à préparer mais en plus comme bb est moins malade, il a moins de java à gérer la nuit- c’est vrai , vous avez raison, c’est pas juste.

Il y a tout de même une chose à savoir avec la fatigue : quand on est fatiguée ou stressée, on peut avoir du mal à déclencher le reflexe d’éjection du lait au moment de tirer son lait au travail. Il est alors important de parvenir à se détendre et à oublier le travail pour 1/4 d’heure.

Et vous, avez-vous trouvé fatigant de reprendre le travail en continuant à allaiter ? Qu’avez-vous fait alors ?