Articles portant l'étiquette ‘crèche’

10 trucs pour avoir de bonnes relations avec sa nounou…

…ou avec sa crèche, ou sa belle-mère, bref, toute personne qui s’occupe de votre enfant quand vous êtes en train de gagner votre vie.

  • Fournissez-lui toutes les informations dont elle a besoin pour bien s’occuper de votre enfant : comment il a l’habitude de s’endormir, quelle chanson il aime, qu’est-ce qui le calme quand il est grognon,…
  • Soyez claire sur vos exigences : si vous ne souhaitez pas qu’elle lui donne une tétine, dites-lui clairement.
  • En contrepartie, donnez toutes les informations nécessaires au respect de vos souhaits : si vous voulez qu’elle donne du lait maternel, vous devez lui expliquer comment le manipuler. Vous pouvez utiliser cette fiche par exemple.
  • Demandez-lui comment se passent les journées de votre enfant.
  • Soyez à l’écoute de ses difficultés avec votre enfant. C’est un partenariat, il faut que les deux parties se sentent reconnues.
  • Vous devez donc aussi tenir compte de ses craintes : si elle refuse votre lait, peut-être a-t-elle peur d’une contamination ? Engagez le dialogue.
  • Soyez polie : cela devrait être une évidence mais cela ne fait jamais de mal de le rappeler.
  • Soyez à l’heure pour amener votre enfant et venir le chercher.
  • Respectez son domicile : elle n’a peut-être pas envie que vous déposiez vos affaires n’importe où, son congélateur n’est pas dédié à votre lait (sauf si elle vous le propose),…
  • Ne la « fliquez » pas : oui elle s’occupe de la prunelle de vos yeux mais cela ne vous autorise pas à débarquer chez elle à l’improviste. La confiance se gagne des deux côtés.

Et vous, comment avez-vous établi de bonnes relations avec votre nounou ?

Articles en rapport :



 

Interview d’une directrice de crèche

Aujourd’hui, grâce à Clara, j’ai interviewé pour vous Émilie Delourme qui est directrice de crèche. Elle accueille régulièrement des bébés allaités au sein de sa crèche et elle nous donne son point de vue sur l’allaitement en crèche.

  • Bonjour ! Comment se passe l’accueil des bébés allaités dans votre crèche ?

Au sein de notre crèche, nous accueillons des bébés allaités et j’explique toujours aux parents qu’il est possible, s’ils le souhaitent, de continuer l’allaitement à l’entrée en crèche. Je l’explique dès l’inscription qui a lieu pendant la grossesse. Je leur donne un document de la ville qui parle de ce sujet. Je leur donne également des conseils sur la manière de tirer leur lait ou de concilier travail et allaitement.
Dans notre crèche les mères peuvent apporter leur lait (congelé) ou faire un allaitement mixte. Le bébé prend alors des biberons de lait artificiel à la crèche et continue de téter à la maison.
Je travaille également avec l’équipe sur les différences de rythmes alimentaires des bébés allaités. Quand c’est nécessaire, nous donnons de plus petits biberons, plus souvent, nous nous adaptons à chaque bébé.

  • Quelles difficultés pouvez-vous rencontrer avec des bébés allaités ?

Souvent nous devons faire face à un refus du sein au début. Un bébé africain que nous accueillons en ce moment a eu besoin de chants africains, de son doudou portant l’odeur de sa mère pour accepter le biberon.

Pour le personnel, un bébé allaité demande plus d’imagination, de temps (car il faut préparer plus de biberons) et d’investissement. Le personnel doit y mettre de sa personne mais ce n’est pas plus difficile qu’accueillir un bébé qui a des difficultés de sommeil par exemple.
Parfois, il faut accorder le rythme d’allaitement et de sommeil du bébé.

  • Voyez-vous des avantages à accueillir des bébés allaités ?

Oui, c’est super ! Ils ont plus d’assurance dans le monde. C’est aussi faire preuve de respect pour la maman. Le lien entre la maison et la crèche se fait mieux, plus en douceur.
L’immunité des bébés allaités est meilleure : quand ils sont malades, ils le sont moins gravement.

  • Que souhaiteriez-vous dire aux mamans allaitantes qui vous confiant leurs enfants ?

Faites-le ! Continuez à prendre plaisir à allaiter. N’hésitez pas à vous faire aider : avoir des lieux de reflexion par exemple.
Pour nous c’est facile d’accompagner les parents qui savent déjà ce qu’ils veulent faire par rapport à l’allaitement.
Et si vous souhaitez venir allaiter votre enfant à la crèche, il n’y a pas de raison que cela crée des difficultés supplémentaires.

Merci à Émilie d’avoir pris le temps de me répondre !


 

Allaiter et travailler : le témoignage de Cécile

Cécile Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Au moment de la reprise du travail, mon fils avait presque huit mois. Je l’avais exclusivement allaité jusqu’à environ 6 mois avant d’introduire progressivement purées, compotes et compagnie. A ce moment la, je pensais que je remplacerais peu à peu les tétées de la journée par du lait 2ème age comme je l’avais fait pour mon ainée et que je garderais, à la reprise du travail les tétées du matin et du soir. Nous avions fait ce choix, pas trop contraignant, pour notre fille aînée, qui a été allaitée exclusivement 4 mois, puis matin et soir pendant 6 mois à la reprise du travail.
C’est la directrice de la crèche qui m’a poussée à essayer de tirer mon lait pour que notre fils boive uniquement du lait maternel. Une fois assurée qu’il serait possible de tirer mon lait sur mon lieu de travail dans des conditions pas trop désagréables (pas dans les toilettes), j’ai donc pris ma décision.
Cette décision m’aurait sûrement paru plus évidente si mon fils avait été plus jeune (moins de 6 mois). La, je me disais que c’était surement moins nécessaire, je me demandais si tous ces efforts de logistique se justifiaient…

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Sachant que la crèche avait un protocole spécifique pour le lait maternel (ce qui n’est pas évident car à part le lait maternel, tout ce qui est donné aux enfants est préparé sur place), il me fallait donc me rapprocher de la médecine du travail de mon entreprise pour savoir s’il y avait eu des précédents et s’il y avait des dispositions particulières pour tirer mon lait. Bien que travaillant dans un milieu très féminin dans une grosse entreprise (700 salariés), il n’y en avait pas. Le médecin du travail s’est documenté sur le sujet, a proposé que j’utilise l’infirmerie, et a informé les ressources humaines et le CHSCT.
Cela me permet donc d’avoir accès à l’infirmerie pour tirer et stocker mon lait. J’utilise un tire-lait manuel Avent et je tire mon lait une fois par jour, dans l’après-midi. Je récolte entre 300 et 330 ml. Le soir je les répartis dans 2 biberons dédiés et étiquetés par la crèche : 150 ml pour accompagner le déjeuner et 180 ml pour le goûter.
Le plus précieux, ça a été l’adaptation de mon fils à la crèche pendant 10 jours. J’ai pu « jouer le jeu » et régler peu à peu les détails logistiques pendant cette période : ne pas oublier d’emporter le(s) biberon(s), le sac thermos, ne pas oublier de rapporter les biberons le soir, faire les transvasements, laver le tire-lait et tous les biberons… Cela m’a permis d’imaginer que c’était possible.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Il n’y en a pas vraiment. Ce qui n’est pas facile c’est qu’à part le médecin, l’infirmière et une collègue, je n’ai pas informé les gens avec qui je travaille. D’où le sentiment de temps en temps d’avoir une « double vie ». Je m’absente chaque après-midi 20-25 minutes, ce qui pour le moment n’a pas suscité de réflexion ou d’interrogation de la part de mes collègues.
Ce n’est pas toujours pratique en cas de réunion l’après-midi : il faut essayer d’anticiper et parfois on se complique la vie. Par exemple, si j’ai une réunion de 14h à 17h, j’essaie d’aller tirer mon lait avant pour éviter tout « débordement ». Ce qui n’est pas forcément idéal quand c’est moi qui organise la réunion : il faut arriver à garder un peu de temps avant la réunion et arriver à être suffisamment détendue pour pouvoir remplir le biberon…
Autre difficulté, ou peut être plutôt désagrément, c’est qu’en continuant l’allaitement complet, je maintiens une lactation relativement importante, ce qui complique tout déplacement sans enfant(s) (enfin surtout celui qui tête). Je n’ai pas encore eu de déplacement professionnel, mais nous sommes partis 36 h sans enfant pour un mariage, et c’est vrai que dans ces situations, le tire-lait doit être de la partie, et utilisé régulièrement, ce qui n’est pas toujours glamour pour le week-end de l’année sans enfant…

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?
Et bien c’est (presque) tous les jours. C’est le plaisir de se séparer le matin à la crèche sur une dernière tétée (qui est aussi le moyen de m’assurer que je pars « à vide »), et c’est le plaisir de la tétée des retrouvailles le soir.
C’est une belle aventure vécue en famille avec le soutien de mon mari. C’est voir ma fille de 3 ans donner le sein à ses poupées. C’est le plaisir de se dire qu’on donne le meilleur (de soi-même !) à son enfant, qui – on l’espère – le protègera pour l’hiver. Et puis c’est aussi se dire, une fois n’est pas coutume, qu’on respecte la nature telle quelle nous a créés, et en apprécier les cotés sympathiques comme par exemple, le retour au poids de forme sans régime…
  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?
J’ai vécu deux expériences heureuses et faciles ayant concilié allaitement et travail. Donc le message, c’est que c’est possible !
La reprise du travail pour la maman et le début de la garde pour le bébé marquent une étape importante pour toute la famille. Ce changement majeur n’est pas toujours facile après les premiers mois souvent fusionnels. Aussi prolonger l’allaitement maternel après la reprise du travail, c’est une façon de dire à son bébé que les choses ont changé, mais pas complètement et c’est se dire que malgré la séparation, notre corps travaille toute la journée pour lui fabriquer ce lait (son dîner !), ce qui est assez incroyable quand on y pense.
D’un point de vue plus pratique, je crois qu’il faut prendre sa décision en très petit comité, et solliciter le moins possible l’avis de l’entourage (famille, amis, pédiatre, gynéco…) afin de ne pas se laisser influencer ou angoisser par des remarques des uns et des autres.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?
Bien sûr je referais le même choix : allaitement mixte au minimum !
Ce qui doit changer, c’est la place de l’allaitement dans la société en général, et dans le monde du travail dans ce cas concret. Typiquement, je regrette de ne pas me sentir suffisamment à l’aise pour informer mon responsable de mon choix. Je n’en ai pas parlé pour ne pas avoir à me justifier, pour ne pas être jugée, et parce qu’on est déjà cataloguée en revenant de congé parental et en reprenant à 80% et que je ne voulais pas en rajouter.
Ce qui me met face à mes contradictions, car à coté de ça, ce 2ème allaitement me pousse vers un coté plus militant voire revendicatif par rapport à l’allaitement. Or pour le moment, à part entrer dans les statistiques d’allaitement maternel à la crèche et à la médecine du travail de mon entreprise, je n’ai pas vraiment le sentiment de faire bouger les choses…
Articles en rapport :



 

Comment transporter son lait ?

Pour les femmes qui tirent leur lait se pose souvent la question du transport : pour rapporter le lait que l’on a tiré au travail, pour apporter le lait à la crèche ou à l’assistante maternelle,

Le lait peut être transporté à température ambiante ou au froid. Quand le trajet est court, par exemple dix minutes pour aller déposer petit poussin à la crèche avec le lait de la journée, le lait frais peut se transporter à température ambiante. Attention cependant, si c’est du lait congelé que vous transportez, à ne pas rompre la chaine du froid. Dans ce cas, vous avez besoin d’un contenant isotherme.isotherme

Par contre, si vous tirez votre lait au travail et que vous n’avez pas de réfrigérateur à disposition, vous aurez besoin d’une petite glacièreglacière qui vous permettra de conserver et de transporter votre lait sur la journée. Vous le mettrez au réfrigérateur à votre retour chez vous.

Si vous disposez d’un réfrigérateur sur votre lieu de travail, vous pouvez transporter votre lait à température ambiante en le remettant au réfrigérateur en rentrant.

En fait, vous devez toujours faire attention à ne pas cumuler les maxima de conservation. Mais le lait maternel se conserve et se transporte très bien.

Pour le matériel, certains tire-lait sont vendus ou loués avec un sac comprenant un compartiment isotherme, ce qui peut être très pratique. En ce moment, c’est aussi le moment pour trouver une petite glacière souple en supermarché (au rayon du matériel à pic-nique).
Pour le lait, préférez un pot ou un biberon bien fermé pour le transport car les sachets peuvent fuir. Il n’y a rien de plus rageant que de perdre les 200 ml tirés au travail dans le fond de votre sac…
Si vous apportez du lait congelé en sachet à l’assistante maternelle, pensez à placer le sachet dans une boite fermée pour récupérer le lait en cas de fuite.

Le soir, pensez également à placer dans le compartiment à glaçons de votre réfrigérateur les packs de réfrigération de votre glacièrefreezpack, sinon, vous risquez d’être très embêtée le lendemain matin.

Et si vous qui me lisez êtes chef d’entreprise, un frigo à la disposition de vos employées, ça aide !

Et vous, comment transportez-vous votre lait ?

Articles en rapport :

  • Le point sur les tire-lait
  • La conservation du lait maternel


 

modes de garde et allaitement maternel

crecheVous avez choisi de poursuivre l’allaitement après la reprise du travail et de tirer votre lait. Maintenant, comment cela va-t-il se passer avec le mode de garde ?
Tout dépend évidemment du mode de garde choisi, ou de celui que vous avez trouvé in extremis parce que la nounou vous a laché au dernier moment et que votre patron a finalement décidé qu’il avait besoin de vous une semaine plus tôt que prévu…

Séparons les modes de garde collectifs des modes de garde individuels.
En mode de garde collectif, il existe les crèches (collectives, parentales ou d’entreprise et dans une moindre mesure familiales) et les haltes garderies (quand vous n’avez pas besoin d’une garde à plein temps). D’une ville à l’autre, d’une structure à l’autre, d’une direction à l’autre, il existe de grandes disparités. A Paris, par exemple, une directive oblige les crèches municipales à accepter le lait maternel mais c’est loin d’être le cas partout et il faut parfois se battre (sans forcément obtenir gain de cause) pour pouvoir laisser son lait pour son bébé. Parfois il est accepté mais les conditions sont tellement draconiennes que c’est à décourager n’importe quelle mère normalement fatiguée à la reprise du travail. On vous demande par exemple de tirer votre lait uniquement sur place, ou de faire « décontaminer » votre lait au lactarium (lactarium qui vous fait évidemment payer très cher le traitement du lait)…
Il existe également des difficultés pour la tétée de retrouvaille, celle que vous avez terriblement envie de donner à votre bébé parce que vos seins sont tellement tendus que la seule chose à laquelle vous pensez, c’est la tétée libératrice. Si certaines crèches ne posent aucune difficulté pour que vous puissiez allaiter votre bébé dans les locaux, d’autres y sont totalement opposées.
De manière générale, il est souvent plus difficile de faire fléchir une structure plutôt qu’un individu.

Les modes de garde individuels regroupent beaucoup de situations : les assistantes maternelles, les jeunes filles au pair, les gardes à domicile (partagées ou non), les membres de la famille (mari, grand-mère le plus souvent). On trouve dans cette catégorie beaucoup de personnes qui n’ont jamais gardé un bébé allaité et en sont parfois effrayées mais aussi beaucoup de personnes ouvertes à la discussion qu’il est plus facile de convaincre. Les réticences sont parfois loin du raisonnable : la peur de manipuler un fluide humain par exemple (le lait en l’occurrence). Mais ce sont aussi les mêmes que celles des crèches en ce qui concerne la tétée de retrouvaille : certaines assistantes maternelles ne veulent pas que la mère s’installe pour donner une tétée chez elle, elles le vivent comme une intrusion dans leur espace de vie.

De manière générale, comment faire ?
Tout d’abord parler. Cela peut paraître évident mais ne l’est pas forcément lorsque l’on se retrouve face à la seule personne que l’on a trouvé pour garder son bébé et que la reprise est proche. Il est normal d’avoir peur de l’effrayer et de la perdre. Aujourd’hui, c’est encore souvent le parcours du combattant pour faire garder son enfant et l’allaitement est loin d’être le seul facteur à prendre en compte dans son choix.
Néanmoins, si vous tenez à donner votre lait à votre bébé, il faut en parler, clairement, dès la première rencontre. Expliquer concrètement comment vous envisagez les choses, comment gérer le lait maternel et engager la personne qui est face à vous à vous faire part de ses peurs et de ses réticences pour pouvoir les désamorcer.
Poser également toutes les questions qui vous viennent à l’esprit : serait-il possible de passer donner une tétée sur votre pause de midi, pourrez-vous donner une tétée de retrouvaille,… ? Expliquer également que si votre bébé refuse de manger en vous attendant, vous ne serez pas inquiète et n’en voudrez absolument pas à la personne qui garde l’enfant (ce n’est pas pire pour un bébé de ne pas manger pendant une journée que de ne pas manger pendant une nuit…si vous avez la chance d’avoir un bébé qui fait ses nuits).
Soyez également réaliste dans vos attentes, vous n’avez pas forcément besoin d’un soutien sans faille de la crèche mais au moins d’une neutralité bienveillante.

Pour les crèches justement, mettez en avant l’argument de la santé du bébé allaité qui est statistiquement moins malade alors que les bébés en crèche sont souvent malades.

Quand cela se passe bien et que tout le monde fait des efforts, pensez à remercier de l’effort fourni et de l’adaptation qui a été faite.

Et si malgré tous vos efforts, votre lait est refusé, vous avez là un choix difficile : accepter ce mode de garde parce que vous n’en avez pas d’autre ou prendre le risque de le refuser pour en trouver un autre plus conciliant…difficile question !

Et vous, comment avez-vous « négocié » avec votre mode de garde ?



 

Mon bébé va être gardé en crèche : que se cache-t-il derrière cette injonction de sevrage ?

Encore trop souvent à mon goût, j’entends les femmes  raconter que la crèche qui va très bientôt s’occuper de leur enfant leur a demandé de sevrer bébé…

Quelle justification les crèches apportent-elles à cette demande ? Souvent aucune, soyons clairs. Il s’agit principalement de la peur de se tromper dans la manipulation du lait (n’oublions pas que la France est encore traumatisée par l’histoire du sang contaminé) et de donner à un autre bébé le lait maternel qui est destiné à votre fiston.   Pourtant, chaque maman apporte la plupart du temps un lait différent de celui qui nourrit le petit copain.  Les boites de lait sont soigneusement étiquetées, tout comme vous allez étiqueter votre biberon de lait maternel.

La crèche peut également refuser pour des raisons d’hygiène :  peur de contaminer votre bébé avec un produit dont le personnel  ignore souvent tout des conditions de recueil et de conservation.

Plus difficile à vivre pour les mamans, le discours culpabilisant : » il faut le sevrer,  Madame, car il est trop attaché à vous ».  Là derrière se cachent toutes  les craintes au sujet de la mère fusionnelle, ainsi que la méconnaissance des rythmes et des besoins des bébés allaités. Très concrètement la personne qui va s’occuper de l’enfant peut avoir peur de ne pas réussir à calmer ce bébé qui à l’habitude de la chaleur des bras de sa maman.

Parfois la crèche demande aux mamans de  « substituer le lait maternel à un autre aliment (solide ou liquide) afin que conformément aux règles HACCP , plus aucun aliment non traçable ne soit introduit à la crèche. » Alors là, dur dur, vous avez une crèche qui assimile le lait maternel aux fluides corporels et qui, par peur de la contamination pour son personnel, applique une règle strictement, sans réfléchir.

Comme vous voyez, les raisons de cette demande de sevrage peuvent-être multiples. Il s’agit donc d’en parler, d’en parler et d’en parler… avant de commencer l’adaptation. Ce sera plus facile pour vous d’en discuter de manière détendue et si vous êtes détendue, ce sera plus facile pour le personnel de la crèche de vous entendre, parce qu’ils n’auront pas le sentiment d’être dans la confrontation.

creche-parisDès lors que dire ?

Vous pouvez tout d’abord écouter et essayer de comprendre quelles sont les peurs derrière les raisons invoquées. N’oubliez pas que le personnel de la crèche fait partie des professionnels de la petite enfance, et à ce titre, est très soucieux du bien-être de votre bébé.  Entendez et faites savoir que vous entendez ce souci.

Ensuite, vous pouvez donner de l’information et suggérer d’en discuter ensemble. De plus en plus de brochures sont publiées sur le sujet :

  • La mairie de Paris accueille depuis 2002 les bébés allaités dans les crèches collectives et familiales :  « L’entrée à la crèche n’est pas synonyme de sevrage. L’allaitement maternel est d’un nourrisson en crèche est possible et même souhaitable ».  La brochure « Allaitement maternel à la crèche » conseille les parents sur la manière de s’y prendre.
  • Le Conseil Général des Alpes Maritimes a publié une brochure bébé allaité et modes d'accueil intitulée  »Allaiter et confier son enfant à des tiers ».
  • La ville de Pau, en collaboration avec la Caisse Primaire d’Assurance Maladie, a publié une brochure intitulée « le bébé allaité et les modes d’accueil ».
  • Juliette Le Roy, médecin, a publié un article dans la revue Spirale, intitulé « Allaiter à la crèche ou l’accueil des mamans et de leur bébé allaité ». Il décrit le projet de la crèche familiale « les p’tits malins » autour de l’accueil des bébés allaités.
  • Le Département de la Seine Saint Denis, dans son règlement intérieur des établissements départementaux d’accueil du jeune enfant, stipule à l’article 5 sur l’alimentation : « la poursuite de l’allaitement maternel, soit au sein, soit par du lait tiré, est possible dans les établissements départementaux, dès lors que la mère le souhaite. (merci Elisabeth ;-) )

Et chez vous, comment cela se passe-t-il ?