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Interview d’une directrice de crèche

Aujourd’hui, grâce à Clara, j’ai interviewé pour vous Émilie Delourme qui est directrice de crèche. Elle accueille régulièrement des bébés allaités au sein de sa crèche et elle nous donne son point de vue sur l’allaitement en crèche.

  • Bonjour ! Comment se passe l’accueil des bébés allaités dans votre crèche ?

Au sein de notre crèche, nous accueillons des bébés allaités et j’explique toujours aux parents qu’il est possible, s’ils le souhaitent, de continuer l’allaitement à l’entrée en crèche. Je l’explique dès l’inscription qui a lieu pendant la grossesse. Je leur donne un document de la ville qui parle de ce sujet. Je leur donne également des conseils sur la manière de tirer leur lait ou de concilier travail et allaitement.
Dans notre crèche les mères peuvent apporter leur lait (congelé) ou faire un allaitement mixte. Le bébé prend alors des biberons de lait artificiel à la crèche et continue de téter à la maison.
Je travaille également avec l’équipe sur les différences de rythmes alimentaires des bébés allaités. Quand c’est nécessaire, nous donnons de plus petits biberons, plus souvent, nous nous adaptons à chaque bébé.

  • Quelles difficultés pouvez-vous rencontrer avec des bébés allaités ?

Souvent nous devons faire face à un refus du sein au début. Un bébé africain que nous accueillons en ce moment a eu besoin de chants africains, de son doudou portant l’odeur de sa mère pour accepter le biberon.

Pour le personnel, un bébé allaité demande plus d’imagination, de temps (car il faut préparer plus de biberons) et d’investissement. Le personnel doit y mettre de sa personne mais ce n’est pas plus difficile qu’accueillir un bébé qui a des difficultés de sommeil par exemple.
Parfois, il faut accorder le rythme d’allaitement et de sommeil du bébé.

  • Voyez-vous des avantages à accueillir des bébés allaités ?

Oui, c’est super ! Ils ont plus d’assurance dans le monde. C’est aussi faire preuve de respect pour la maman. Le lien entre la maison et la crèche se fait mieux, plus en douceur.
L’immunité des bébés allaités est meilleure : quand ils sont malades, ils le sont moins gravement.

  • Que souhaiteriez-vous dire aux mamans allaitantes qui vous confiant leurs enfants ?

Faites-le ! Continuez à prendre plaisir à allaiter. N’hésitez pas à vous faire aider : avoir des lieux de reflexion par exemple.
Pour nous c’est facile d’accompagner les parents qui savent déjà ce qu’ils veulent faire par rapport à l’allaitement.
Et si vous souhaitez venir allaiter votre enfant à la crèche, il n’y a pas de raison que cela crée des difficultés supplémentaires.

Merci à Émilie d’avoir pris le temps de me répondre !


 

Allaiter et travailler : le témoignage d’une lectrice

Je suis la maman d’une ravissante jeune Nathanaëlle de 16 mois et voilà notre aventure sur l’allaitement :

J’ai été très triste de ne peut pas pouvoir allaiter mon fils aîné et du coup j’ai tout mis en oeuvre et me suis énormément informée pour ma deuxième grossesse.
Lorsque ma fille est donc née, je me suis mise à l’allaiter, non sans une pointe d’inquiétude quand à un éventuel échec. Mais bien au contraire, ce fût une réussite totale, j’ai donc tout logiquement décidé de continuer à l’allaiter et la nourrir au lait maternel exclusivement même lorsque j’ai repris le travail. Elle avait 3 mois et demi (j’avais décaler de 15 jours le début de mon congé de maternité et j’ai donc pu rester 15 jours de plus avec elle, si si c’est tout à fait légal !!! voir la sécurité sociale pour cela).
J’ai la chance de travailler seule dans un bureau et j’ai donc pu tirer mon lait tous les jours. Pour ne pas être prise de cours, j’ai commencé à tirer le lait régulièrement 1 mois avant ma reprise, je tirais d’un côté pendant que j’allaitais de l’autre, ainsi bébé buvait bien et m’aidait en plus à tirer davantage de lait. Cela m’a permis d’avoir toujours 2 biberons d’avance sur ses besoins, sachant que le lait se conserve 24h au frigo, et plus longtemps au congélateur, je n’étais donc jamais à cours de lait même au biberon.

Mais ces p’tits bouts sont malins, même si le biberon ne la dérangeait pas, ma fille buvait juste ce qu’il lui fallait la journée pour ne pas « mourir de faim » et se lâchait complètement le soir dès mon arrivée (ce qui n’était pas pour me déplaire… lol)

Aujourd’hui plus d’allaitement, mais je peux vous assurer que vu comment elle aime se lover contre moi le soir, j’ai l’intime conviction qu’instinctivement elle n’a pas oublié ces merveilleux moments que nous avons passé ensemble…

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Assistante maternelle et bébé allaité

Quelques pistes pour aider une assistante maternelle à nourrir un bébé allaité.

Tout d’abord établir un dialogue entre les parents et l’assistante maternelle : tous les adultes doivent pouvoir exprimer leurs attentes et leurs souhaits et être entendus. Cela permet de mettre en place une solution qui peut convenir à tout le monde.  Apporter de la documentation peut aider pour répondre aux peurs générées par l’inconnu.

A priori, il n’est pas nécessaire que le bébé prenne des biberons avec ses parents avant de les prendre avec l’assistante maternelle. Il peut tout à fait apprendre avec elle.
Il peut commencer par accepter quelques millilitres avant de prendre de plus grandes quantités. A partir du moment où il sait prendre quelques gorgées, c’est qu’il est capable de prendre plus, s’il est d’accord ! Plusieurs petites prises peuvent être plus efficaces les premiers temps puis l’enfant apprend à prendre de plus grosses quantités à la fois.
Pour qu’il soit d’accord pour cet apprentissage, il faut qu’il soit calme et qu’il ne soit pas affamé. Un bébé qui pleure de faim n’est pas en état d’apprendre une nouvelle façon de manger…

En général, il vaut mieux installer le bébé à la verticale, soit dos à la personne qui le nourrit, soit dans un transat, face à face avec l’assistante maternelle (le siège auto ou la poussette peuvent aussi très bien marcher).
Présenter la tétine doucement au contact des lèvres, sans la forcer dans la bouche du bébé. Le bébé la prendra quand il sera d’accord pour cela.

Proposer différentes tétines fonctionne bien chez certains bébés mais pour d’autres il peut être nécessaire de respecter le temps d’apprentissage en présentant toujours la même tétine.

L’assistante maternelle peut parler au bébé pour lui expliquer ce qui se passe et l’encourager. Elle peut aussi le féliciter pour ses progrès même s’il n’a pris que très peu de lait.
Elle peut l’accompagner dans ses pleurs : pour le bébé, ne plus avoir le sein peut être très frustrant et il doit apprendre à passer par dessus cette frustration. L’accompagner dans cette phase est très important.

Petit à petit, l’enfant et l’assistante maternelle vont apprendre à se connaître et prendre leurs habitudes et leur rythme. La confiance va s’installer et chacun en sortira gagnant.
La patience reste le maître mot.

Et vous, si vous êtes assistante maternelle, comment vous y prenez-vous ? Si vous êtes maman, comment s’y est prise l’assistante maternelle de votre enfant ?

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Comment passer du sein au biberon ?

bib8Vous avez décidé de sevrer votre enfant ou de tirer votre lait, vous reprenez votre travail et votre enfant a moins de six mois, il va devoir se nourrir en votre absence.
Il existe différents moyens de donner du lait à un bébé : la tasse, le verre, la tasse à bec, la paille au doigt,… Vous trouverez tous ces moyens ici.

Cependant de nombreux parents préfèrent utiliser un biberon. Il convient alors de faire attention à la manière de donner ce biberon et de choisir la bonne tétine.

Aujourd’hui les marques se battent pour obtenir le marché des femmes allaitantes, de plus en plus nombreuses. Ces marques utilisent des arguments du type : « tétine la plus proche du sein » qui ne sont fondés sur aucun argument valable. Aucune tétine ne pourra avoir la souplesse, l’adaptabilité ni l’étirement d’un sein et de son mamelon. Ce sont des arguments purement commerciaux et qui n’ont aucune valeur.

Ce qui est important lorsqu’un bébé passe du sein au biberon et vice-versa, c’est qu’il garde un mouvement de langue quasi identique dans les deux cas.
Au sein, le bébé étire le mamelon dans sa bouche et l’amène tout au fond, derrière le palais osseux, sous le voile du palais. Il peut ainsi placer sa langue sous le sein et lui imprimer un mouvement ondulatoire.
Si l’on veut qu’il reproduise ce mouvement de langue au biberon, la tétine doit se placer au même endroit dans sa bouche, c’est à dire très loin, et elle doit lui remplir la bouche autant que possible. Pour que ce soit possible, il faut utiliser une tétine longue, que le bébé pourra prendre entièrement dans sa bouche. La base de la tétine ne doit pas être trop large, sinon, la plupart des bébés ne la prendront pas en bouche.
Il existe plusieurs marques présentant ces caractéristiques : Dodie classique premier âge, Rémond NN premier âge ou Tex 3 vitesses par exemple.

Pour que le bébé prenne bien la tétine en bouche, il faut lui proposer de la même manière que le sein : lui chatouiller la lèvre supérieure avec la tétine et attendre que votre bébé ouvre la bouche le plus grand possible. Lorsque c’est le cas, lui mettre la tétine loin dans la bouche.

Si la tétine n’arrive qu’au milieu du palais osseux, le bébé va devoir faire un mouvement de langue en piston, très différent de ce qu’il fait au sein.

Votre bébé ne doit pas boire son biberon entier en cinq minutes. Un bébé qui boit trop vite stresse. D’autre part, s’il boit trop vite la sensation de satiété arrive trop tard et du coup, il a tendance à boire trop. Le repas au biberon devrait prendre environ 20 minutes. S’il ne dure que 5 à 10 mn, le débit est trop rapide. S’il dure 30 à 45 mn, le débit peut être trop lent pour les capacités du bébé.

Pour lui donner le biberon, mettre le bébé en position presque assise sur les genoux de l’adulte, en lui soutenant le haut du dos et la tête avec une main (et non en le maintenant au creux du bras). Tenir le biberon presque horizontalement, de façon à ne pas faciliter la sortie du lait par la force de la gravité. Lorsque le bébé a la tétine en bouche, incliner le biberon juste ce qui est nécessaire pour qu’il n’y ait pas d’air dans la tétine.

Faire faire des pauses au bébé toutes les 3 ou 4 succions en lui laissant la tétine sous le nez. En effet, au sein, le bébé fait 3 ou 4 succions avant de déglutir alors qu’au biberon il doit déglutir à chaque mouvement de succion.

Enfin, la condition la plus importante pour que ce passage se passe le mieux possible, c’est que la succion de votre bébé au sein soit la meilleure possible au départ, sinon, il risque d’avoir du mal à passer du biberon au sein.

Et vous, quels sont vos trucs pour que ce passage se passe au mieux ?

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Comment faire pour habituer mon bébé au biberon ?

pensante2Voilà une question que l’on me pose fréquemment, qui circule énormément sur les forums et suscite beaucoup d’inquiétude. Pourtant, je n’ai trouvé que cet article sur le sujet. Le plus souvent la maman se dit qu’il ne faut pas introduire trop de changements d’un coup et donc habituer son bébé au biberon avant de le laisser en garde.

En fait, la situation est rarement aussi simple. Si vous avez exclusivement allaité votre bébé jusqu’à présent, il comprend souvent mal pourquoi tout à coup il doit prendre un biberon lorsqu’il a faim alors que le sein est à portée de bouche.
Il convient donc de prendre soin de votre bébé et de vous-même.
De votre bébé car ce changement de mode d’alimentation n’est pas toujours bien vécu ; et de vous car vous avez besoin de savoir que tout se passera bien lorsque vous laisserez votre bébé.

Beaucoup de mères choisissent de ne pas introduire le biberon avant la reprise du travail. Elles continuent à allaiter normalement jusqu’au jour J et c’est la personne qui garde le bébé qui propose le biberon. Cette façon de faire a l’avantage d’être claire pour le bébé : maman est là, je tète ; maman n’est pas là, je me nourris autrement.
Certains bébés refusent le biberon les premiers jours mais le plus souvent ils comprennent vite et acceptent facilement.
Pour vous aussi, cela présente des avantages : vous pouvez profiter de votre allaitement exclusif le plus longtemps possible et vous n’avez pas à affronter l’angoisse de votre bébé qui refuse le biberon avant la reprise du travail.

Cependant, cette façon de faire ne convient pas à tout le monde. Certaines mamans ont besoin de savoir que leur bébé saura se nourrir en leur absence pour pouvoir partir travailler l’esprit serein. Elles préfèrent donc essayer de donner le biberon avant la reprise du travail. Le délai avant la reprise n’est pas important car si vous constatez que votre bébé accepte le biberon, vous n’êtes pas obligée de lui en proposer régulièrement tous les jours avant la reprise.
A l’inverse, si votre bébé refuse le biberon, ce n’est pas forcément en insistant tous les jours pendant quinze jours que cela va marcher.
Dans ce cas de figure, je vous renvoie à mon article sur le sujet.

Bref, la question essentielle n’est pas une question de délai (en revanche cela peut-être la question si vous souhaitez sevrer) mais une question de priorité : qu’est-ce qui est le plus important pour vous ? Profiter au maximum de ce temps qu’il vous reste avec votre bébé, quitte à vivre quelques jours difficiles à la reprise ; ou bien préparer cette reprise au maximum quitte à vous gâcher vos derniers jours en exclusif avec votre bébé ?
C’est un choix très personnel, vous seule pouvez répondre à cette question.
Dans les deux cas, il peut y avoir des moments difficiles ou au contraire tout peut se passer parfaitement bien. Alors faites comme vous le sentez et parlez-en à votre bébé !

Et vous, comment avez-vous fait ?

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Donner son lait autrement…qu’au biberon

Vous tirez votre lait mais votre bébé refuse de prendre le biberon… Nous avons déjà abordé cette question . Je voudrais vous parler de toutes les autres manières de donner son lait à son bébé. En effet, contrairement à ce que notre société voudrait nous faire croire, le biberon n’est pas un accessoire absolument indispensable.

Le plus simple quand on reprend le travail et que son bébé est déjà « grand » (et oui il a déjà deux mois et demi !!!), c’est de lui proposer le lait à la tasse. Il faut prendre au début un récipient de petite contenance, au bord bien fin. Un verre en cristal serait idéal…mais peut-être un peu couteux si votre bébé tape malencontreusement dans le verre et le fait tomber… Alors disons que l’on peut prendre un capuchon de biberon, c’est nettement moins précieux. Vous le remplissez de lait à moitié et vous posez le bord du verre sur la lèvre inférieure de votre bébé ; vous laissez le lait affleurer au bord sans jamais lui verser dans la bouche et c’est votre bébé qui va boire seul. Au début, il va sans doute commencer par laper et en renverser un peu mais très vite il va apprendre à boire et ne prendra pas plus de temps au verre qu’au biberon. Certains bébés ne prendront ainsi jamais de biberon.tasse
Il est plus prudent si votre bébé est gardé par quelqu’un qui n’est pas habitué à ce mode de nourrissage de lui apprendre avant qu’il aille en garde. Ainsi, seule la personne qui va le garder devra apprendre et elle l’acceptera certainement beaucoup plus facilement si elle voit que le bébé sait faire.

Une variante du verre ou de la tasse, c’est le gobelet à bec. S’il est muni d’un système anti-fuite, votre bébé devra apprendre à aspirer et certains bébés ont du mal à trouver le « truc ». Mais il existe toujours dans votre supermarché des gobelets à bec tout simple : si on le renverse, le lait coule… Certains bébés apprécient ce système et la personne qui s’occupe du bébé apprécie que cela se renverse moins facilement qu’un verre.tasse-bec2

Il existe également un système à mi-chemin entre le biberon et le verre, c’est la softcup. Son bec est souple, ce qui permet de le pincer pour régler le débit du lait. Le principe est le suivant : on pose le bec sur la lèvre inférieure du bébé, on règle le débit avec la pression des doigts et on laisse le bébé boire seul. Un petit truc à savoir : l’utilisation est plus simple si on pose le bec sur le côté de la bouche du bébé. Son inconvénient majeur : un truc de plus à acheter sans savoir si ça conviendra à son enfant.

Quand un bébé est petit, on peut le nourrir au doigt : on lui propose l’auriculaire, pulpe vers le haut, sur les lèvres et on le laisse le prendre. Un bébé qui tète bien amène votre doigt tout au fond de sa bouche. Mais comme un doigt ne nourrit pas beaucoup, vous avez deux solutions : une seringue (sans aiguille) ou un DAL. Si vous utilisez une seringue, vous allez placer l’embout le long de votre doigt et appuyer doucement quand votre bébé tète votre doigt. Si vous utilisez un DAL, vous allez introduire le petit tuyau (très fin et très souple) le long de votre doigt et le lait viendra quand votre bébé tètera votre doigt. C’est une solution qui fonctionne très bien et permet au bébé d’exercer son mouvement de langue puisqu’il fait le même mouvement avec le sein qu’avec votre doigt. Inconvénient : si votre bébé boit de grandes quantités, c’est un peu long.doigt

Et vous, quelle solution avez-vous adoptée ?



 

Reprise du travail en allaitement mixte

photo-alexCa y est, vous reprenez le travail et vous avez choisi de poursuivre l’allaitement de votre bébé chéri. Petit souci : vous n’avez pas la possibilité de tirer votre lait au travail, vous n’avez pas de bureau, il n’y a pas d’infirmerie et votre patron adoré ne souhaite pas vous laisser son bureau deux fois un quart d’heure dans la journée… Vous décidez donc de faire un allaitement mixte : votre bébé tétera à volonté quand vous serez avec lui et prendra des biberons de lait en poudre en votre absence.
Il est aussi possible que vous tiriez du lait au travail ou à la maison mais que la quantité soit insuffisante, vous complétez donc avec du lait en poudre.

Ce sujet est très courant dans la vie des femmes mais il est peu abordé sauf ici et un petit peu .

Comme vous n’avez jamais donné de lait en poudre, une question devant laquelle on peut se sentir très bête : quel lait choisir ? Il faut savoir que les normes sont les mêmes pour tous et que donc tous les laits premier âge se valent à peu de chose près, vous avez donc le droit de choisir la marque la moins chère. Si votre enfant ne le supporte pas bien, il faut voir avec son médecin quel lait sera le plus approprié dans son cas.

Quelle quantité donner ? Vous pouvez regarder les indications sur la boite, cela vous donnera un ordre d’idée. Il faut savoir qu’un bébé allaité prend en moyenne 800 ml de lait maternel par 24h entre un mois et six mois. Si vous divisez par le nombre de repas, cela peut aussi vous donner un ordre d’idée. Pensez également à faire boire le biberon lentement (cela doit durer environ vingt minutes). En effet, au sein, un bébé a plusieurs mouvements de succion pour une déglutition ; au biberon il doit déglutir à chaque mouvement de succion, il a donc tendance à boire beaucoup trop vite et donc beaucoup trop.

Quelles sont les précautions à prendre pour que cela se passe au mieux ? Si vous souhaitez pouvoir poursuivre votre allaitement, il vaut mieux attendre d’avoir une lactation bien installée avant de commencer l’allaitement mixte. Mais si vous reprenez le travail après le congès maternité légal, il n’y a pas de problème. Ceci dit, plus on commence tard, mieux cela se passe.

Au début, vous devrez faire attention aux engorgements. Votre corps est habitué à produire du lait pour un bébé qui tète régulièrement, donc une première journée sans votre bébé risque de provoquer un engorgement. Vous devez donc prévoir de tirer un tout petit peu de lait en cours de journée, juste pour soulager les seins. Vos seins vont s’habituer et dans quelques jours vous n’aurez plus besoin de le faire. Plus votre bébé est âgé, plus vos seins s’habituent rapidement. Si dès le début, vous avez une lactation très importante, vos seins mettront plus de temps à s’habituer à ce nouveau rythme. Prévoyez des coussinets d’allaitement ou des Lilypadz et évitez les vêtements unis car il est possible que vous perdiez un peu de lait… (voir article précédent).

Pour certaines mamans dont la lactation a toujours tendance à être un peu « juste« , il va falloir faire attention pour maintenir une lactation suffisante. Le risque étant qu’elle diminue plus rapidement que ce que vous souhaitez… Pour ces mamans, deux tétées par 24h sont en général insuffisantes pour maintenir une lactation, il faut en garder un minimum de trois, ce qui est assez facile : une le matin, une quand vous retrouvez votre bébé, une le soir au coucher. Il faut donc prévenir la personne qui garde votre bébé de ne pas le nourrir dans les deux heures qui précèdent votre retour, pour qu’il puisse faire une bonne tétée. Garder un allaitement à la demande quand vous êtes avec votre bébé reste la meilleure solution pour maintenir la lactation. Ce qui veut dire que votre bébé sera complètement allaité le week-end par exemple, cela permet de bien relancer la lactation toutes les semaines.

Enfin, certains bébés refusent le lait en poudre, dont le goût est nettement moins bon que celui du lait de maman… (voir article précédent).

Cependant, un allaitement mixte bien conduit peut durer aussi longtemps que vous le souhaitez.

Et vous, comment s’est passé votre allaitement mixte ?



 

Quand mon bébé refuse le sein

pleurs5Dans mon dernier article je vous parlais des bébés qui refusent le biberon. Comme on me l’a très justement fait remarqué, il existe aussi des bébés qui refusent le sein.

Cette situation se rencontre essentiellement dans deux cas de figure : en début d’allaitement ou bien après la reprise du travail.

En début d’allaitement, lorsque l’allaitement démarre mal et que l’on donne des compléments au biberon (parce que la priorité c’est quand même que son bébé mange !), il arrive parfois que le bébé se mette à refuser le sein.
Après la reprise du travail, vous vous êtes organisée pour pouvoir poursuivre l’allaitement, vous avez tiré votre lait au travail, vous êtes heureuse à l’idée de pouvoir donner le sein à votre progéniture dès votre arrivée chez l’assistante maternelle, quelle n’est pas votre déception lorsque vous vous apercevez que fiston adoré refuse de téter mais prend allègrement le biberon…

Que se passe-t-il pour le bébé ?

En début d’allaitement, il arrive parfois que certains bébés tètent mal, qu’ils placent mal la langue. Pour ces bébés, obtenir du lait au sein est difficile car leur mouvement de langue n’est pas adapté. Lorsqu’on leur présente un biberon car leur prise de poids est insuffisante, ils se rendent vite compte que le biberon coule avec un minimum d’effort, que c’est plus facile de manger ainsi.
Si vous êtes dans ce cas là, tout dépend de ce que vous souhaitez :

  • Si le plus important pour vous c’est que votre bébé ait votre lait, vous pouvez tirer votre lait avec un bon tire-lait et lui donner au biberon.
  • Si pour vous, préserver l’allaitement au sein est plus important et que votre bébé a momentanément besoin de compléments, vous pouvez les lui donner à l’aide d’une sonde ou d’une seringue le long du doigt. C’est une technique très facile d’utilisation mais qu’il vaut mieux se faire expliquer par un professionnel. Cela permet à la fois de nourrir votre enfant et de lui apprendre à téter en plaçant correctement la langue.

Après la reprise du travail, il existe deux « modèles » de bébé refusant le sein :

  • Celui qui doit faire beaucoup d’efforts pour obtenir du lait au sein et qui, de plus, ne tète que pour se nourrir et lâche le sein dès qu’il est repu. La lactation de sa mère suffit très exactement à le nourrir à condition qu’il tète toujours de manière très efficace. Celui-ci peut trouver plus simple de se nourrir au biberon car le lait coule plus facilement, il a besoin de faire moins d’efforts.
  • Celui qui est en permanence submergé par le lait de sa mère : il s’etouffe au sein, doit avaler très vite le lait qui arrive en gros jets. C’est souvent assez stressant de téter pour ces bébés car ils doivent avaler trop vite par rapport au rythme naturel d’un nourrisson. Pour certains de ces enfants, le biberon est une heureuse découverte : ils peuvent manger de façon moins stressante et parfois ils préfèrent. Et oui, l’allaitement n’est pas idyllique ! C’est la façon naturelle de se nourrir du petit humain mais cela n’exclut pas les situations stressantes.

Pour vous, se rendre compte que votre bébé refuse de téter est souvent très difficile. Vous pouvez avoir l’impression que votre bébé vous rejette, qu’il préfère l’assistante maternelle, que vous avez raté une étape. Il n’en est rien ! Un bébé préfère toujours sa maman ! Parfois il choisit un mode de nourrissage plus facile pour lui, c’est tout. Mais c’est frustrant pour vous.

En préventif, vous pouvez faire attention aux situations « à risque » : une lactation un peu « juste » ou au contraire une hyperproduction. Dans ces deux cas, il y a un risque pour que le bébé préfère le biberon mais ce n’est pas une fatalité. Pour éviter ce refus du sein, vous pouvez choisir de lui donner du lait autrement qu’au biberon en votre absence : tasse à bec, verre.
Pour donner à boire au verre à un bébé, il faut prendre un petit verre à bord fin (un capuchon de biberon peut très bien faire l’affaire), le remplir à moitié seulement, poser le bord du verre sur la lèvre inférieure du bébé et laisser le lait affleurer au bord, sans verser dans la bouche. C’est le bébé qui va aller boire tout seul. Il ne faut bien évidemment pas attendre que le bébé soit affamé et donc agité mais au contraire choisir un moment de calme.

Si vous êtes déjà dans la situation où votre bébé refuse le sein :

  • Soit vous acceptez la situation et vous choisissez le sevrage ou bien de tirer votre lait pour le donner au biberon.
  • Soit vous choisissez d’enlever tous les biberons et de les remplacer par verre ou tasse à bec pour que votre petit bout retrouve le chemin du sein.

Dans tous les cas de figure, la situation est crispante pour la mère car cela s’ajoute soit à un allaitement difficile, soit à la reprise du travail. Emotionnellement, vous avez besoin de soutien dans cette situation, entourez vous des personnes qui vous font du bien !

Et vous comment votre bébé a-t-il réagi ?

 

Et le sevrage ?

Souvenez-vous, lors d’ un précédent article, j’évoquais le sevrage et je vous avais promis de développer. Aujourd’hui, je vous explique comment arrêter l’allaitement.

En tant que consultante en lactation, je suis convaincue que l’idéal pour un bébé est d’être allaité exclusivement pendant six mois puis que l’allaitement se poursuive après l’introduction des solides. Cependant la vie n’est jamais idéale et l’allaitement ne concerne pas uniquement le bébé mais aussi sa mère, vous. Un enfant veut toujours devenir grand et si on le laisse faire, un jour ou l’autre il se sèvre seul, mais pas toujours au moment où sa mère le souhaite, souvent même beaucoup plus tard (voir cet article sur cette question). Or vous pouvez avoir beaucoup de raisons différentes pour souhaiter sevrer. Cette décision  vous appartient et personne ne devrait se permettre de vous juger, que vous souhaitiez sevrer votre enfant ou au contraire que vous souhaitiez poursuivre l’allaitement, et ce, quel que soit l’âge de votre bébé.

Première chose importante, prenez le temps de la décision. Il est toujours possible de relancer une lactation si l’on change d’avis mais cela demande quand même beaucoup de temps et d’énergie que vous préfèrerez certainement passer ailleurs : dormir par exemple parce que bébé n°3 se réveille encore plusieurs fois par nuit et qu’entre ses réveils s’intercalent les cauchemards de fiston et les réveils pipi de grande fille (pas si grande que ça d’ailleurs).
Vous pouvez vous poser les questions suivantes : pourquoi ai-je envie de sevrer, qu’est-ce que j’en attends, est-ce mon désir ou celui de belle-maman, suis-je prête à faire les efforts nécessaires ? Si vous souhaitez sevrer pour que Ondine fasse enfin ses nuits, autant vous prévenir tout de suite que vous pourriez être déçue, le biberon règle parfois ce genre de soucis mais pas toujours. Si la pression est forte autour de vous pour vous inciter à sevrer, vous risquez de vous apercevoir un peu tard que vous regrettez votre décision.

Maintenant vous êtes vraiment décidée : vous ne voulez plus donner le sein parce que l’usage exclusif de votre corps vous appartient, vous reprenez le travail et n’avez pas envie ou pas la possibilité de tirer votre lait au travail, ou tout autre raison qui vous sont propres. Dès demain vous commencez le sevrage.

De quel sevrage parle t-on ? Quel est l’âge de votre bébé ? Vous voulez un sevrage rapide ou vous avez le temps ? Vous souhaitez conserver certaines tétées ou bien arrêter totalement l’allaitement ?

L’âge du bébé change beaucoup les conditions du sevrage. Un bébé de moins de 6 mois prendra des biberons de lait industriel pour remplacer les tétées supprimées, un enfant de plus de 6 mois pourra aussi remplacer certaines tétées par des solides, tout dépend si vous avez le modèle qui dévore tout ce qui lui tombe sous les doigts ou le modèle que rien d’autre que le sein n’intéresse jusqu’à fort tard. Un enfant de plus d’un an est désormais capable de bien faire comprendre sa volonté et de rester inflexible, votre propre volonté doit donc être sans faille si vous voulez que votre enfant accepte le sevrage.

Vous  avez le temps: vous voulez juste vous dire que dans quelques temps petit Sacha ne tètera plus ou bien le travail vous impose de supprimer trois tétées par jour. Ou bien vous souhaitez un sevrage rapide : vous devez vous faire opérer en urgence par exemple et ne pourrez pas poursuivre l’allaitement avec le traitement proposé (situation particulièrement rare il faut le rappeler), ou bien le ras-le -bol est trop grand et vous ne tiendrez pas 12h de plus (ce n’est pas de l’humour, certaines femmes en sont là pour des tas de raisons différentes).

Comment faire ? Dans les deux cas prenez soin de vos seins : le plus gros risque encouru lors du sevrage, ce sont les engorgements.

Pour un sevrage en douceur, que ce soit un sevrage complet ou la suppression de quelques tétées, commencer par supprimer une tétée par 24h (pas celle du matin qui est en général celle où l’on a le plus de lait), et attendre que ses seins soient confortables avec une tétée en moins. Cela peut prendre de un à plusieurs jours selon les femmes et leur lactation. Lorsque les seins sont confortables, on peut supprimer une tétée supplémentaire et ainsi de suite. Avec cette méthode , on peut obtenir un sevrage complet en une semaine pour les femmes  dont la lactation s’adapte très rapidement, dont le bébé a plus de quatre mois et qui ne sont pas en surproduction de lait ; ou en plusieurs semaines pour les autres. Le critère principal : être attentive à ses seins et aux possibles signes d’engorgement. C’est la méthode la plus douce, la plus confortable. Cela vous permet aussi un retour en arrière si finalement vous changez d’avis au bout de trois jours ou si vous avez finalement opté pour un sevrage partiel.

Si l’on veut un sevrage rapide, il faut s’attendre à plus d’inconfort. Vous pouvez supprimer toutes les tétées et utiliser un petit tire-lait manuel. Dès que vous sentez qu’un sein commence à durcir un peu ou à être douloureux, vous tirez un peu de lait, juste pour soulager le sein mais surtout pas plus pour ne pas relancer la lactation. Cette méthode est souvent inconfortable et certaines femmes devront tirer un peu de lait toutes les 2 heures ou plus pendant les premiers jours, ce qui n’est pas forcément pratique, surtout lorsque l’on a repris le travail : « Pourquoi tu t’absentes toutes les heures alors que tu ne fumes pas ? Oh, pour rien , je me soulage juste les seins…  » Hum…

A savoir : certaines plantes peuvent aider à faire diminuer la lactation à condition d’être prises en grande quantité : le persil et la sauge semblent être les plus efficaces. Un bon taboulé libanais à tous les repas pendant plusieurs jours, accompagné d’une infusion de sauge bien serrée trois fois par jour…

Et après ? Vous avez sevré votre bébé, vous êtes heureuse de ne pas avoir à vous en occuper seule à chaque fois qu’il pleure. Oui mais même sevré, il reste un bébé qui a besoin d’être porté, caliné, qui peut faire des cauchemards, avoir faim toutes les nuits et qui a fondamentalement besoin de vous, surtout si vous avez repris le travail et qu’il ne vous voit qu’une heure par jour (raison de plus pour qu’il se réveille pour vous voir la nuit). Il faut donc garder à l’esprit les besoins de tout bébé, allaité ou pas.

Et vous comment avez-vous sevré et surtout comment l’avez-vous vécu ?