Articles portant l'étiquette ‘Allaitement et Travail’

Appel à témoignages !

Cela fait un moment que je n’ai plus publié de témoignage sur ce blog. Or ce sont justement les témoignages qui en font la richesse.

Donc si vous souhaitez partager votre expérience autour de l’allaitement et du travail (sevrage ou poursuite de l’allaitement), n’hésitez pas !

Voici les questions auxquelles vous pouvez répondre :

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?
  • Comment vous êtes-vous organisée ?
  • Quelles ont été vos principales difficultés ?
  • Quels ont été vos meilleurs moments ?
  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?
  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Vous me joignez une jolie photo de vous ou de votre bébé (ou des deux) pour illustrer et vous m’envoyez le tout à contact@lactissima.com .

J’attends avec impatience vos messages…

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Anecdote

Reprenons la rubrique anecdote avec le témoignage de Sibylle :

Une toute petite anecdote. Mon garçon s’est réveillé le matin alors que j’étais déjà partie au bureau. C’est donc mon mari qui le retrouve à son réveil, et il lui explique qu’il a dormi tard et que je suis au boulot. Réponse de mon adoré fiston (20 mois) « téton pati ? » (tétons partis ?) ! Ah bravo ! J’ai bien ri quand il m’a appelé pour me raconter. Ca m’a fait penser à une anecdote lue sur le blog de Mamanana « tu veux maman ? » « Non, veux téter ! » :-)

 

Allaiter et travailler : le témoignage de Karine

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Pendant la grossesse, avec mon mari, nous avions envie que j’allaite pour le contact avec notre loulou et pour lui apporter l’alimentation la plus saine et naturelle possible. Nous nous étions dit qu’allaiter 6 mois serait notre objectif, tout en  se laissant la liberté, d’y renoncer si l’allaitement ne fonctionnait pas ou que je ne me sentais pas, au dernier moment, de continuer à la reprise de travail. Notre seul problème était que nous ne connaissions personne autour de nous qui avait  fait ce choix là et que je n’avais, du coup, aucune idée de comment faire.

Finalement, plusieurs choses m’ont aidée à tenter l’aventure (car c’en est une !) de l’allaitement à la reprise du travail :
- j’avais suivi le cours de préparation à l’allaitement de Christine Coursaget aux Diaconesses, une femme extraordinaire, qui m’a ouvert une première fenêtre : elle m’a d’abord fondamentalement donné envie d’allaiter alors que je doutais de ma capacité à y arriver ; elle m’a fait découvrir qu’il était possible de tirer son lait au boulot et que c’était un droit ; elle nous a donné un conseil précieux que j’ai depuis en tête « faites vous aider, soyez entourée, ne restez pas seule »; enfin, dans son cours, j’ai rencontré une maman qui avait allaité 6 mois ses deux premiers enfants tout en travaillant, malgré des difficultés. Du coup je me suis dit : et pourquoi pas moi ?
- les deux premiers mois d’allaitement ont été difficiles pour Elouan, qui n’arrivait pas à têter (merci Véronique pour votre aide !) et pour moi qui avait du mal à gagner une confiance sur ma  capacité à le nourrir. Au bout de 3 mois, même si ce n’était pas un allaitement idéal, ça se passait beaucoup mieux, je me détendais, Elouan grossissait et grandissait bien. Je me disais qu’arrêter l’allaitement, à cause du travail, alors que j’en avais bavé jusqu’alors et que je commençais juste à savourer plus facilement avec mon fiston, était rageant !
- mon mari me soutenait et était volontaire dans cette démarche.
- enfin, j’avais tellement de mal à me faire à l’idée de reprendre le travail, à me séparer la journée de mon loulou, que continuer l’allaitement m’aidait à appréhender plus sereinement cette reprise : je n’assimilais pas boulot et sevrage, je gardais le lien en journée avec mon petit bonhomme en tirant mon lait.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

En juillet, je m’étais assurée que la crèche acceptait bien le lait maternel, ce qui était le cas (même si j’ai eu des difficultés dans les faits).
Je m’y suis prise 3 semaines avant la reprise de travail environ.
1) J’ai eu d’abord besoin, concrètement, de me préparer à ce dont  j’avais besoin en matériel et en terme d’organisation pour me rassurer : quel type de tire-lait (j’avais le Medela en location déjà mais je le trouvais énorme et impossible à transporter) ? à quoi fallait-il penser ? comment transporter le lait ?..etc
Toujours avec la phrase de Christine Coursaget en tête, j’ai appelé à l’aide :
* je suis allée sur  le blog de Véronique où j’ai trouvé plein de bonnes idées : j’ai découvert le petit tire-lait Ameda (le top ! petit et super pratique. J’ai seulement passé pas mal de temps avec la pharmacie pour qu’elle me le trouve en location, mais depuis j’ai découvert qu’on peut louer sur le site Almalfil, tout en étant remboursé par la sécu..).
* j’ai demandé un RDV téléphonique avec Véronique qui m’a conseillée sur le tire-lait, combien tirer, où tirer, les coussinets Lilypadz (finalement je n’en ai pas eu besoin ou quasi pas) etc etc, bref a rendu concret les tirages de lait au travail et du coup envisageable tout ce que je n’arrivais pas à imaginer et qui m’angoissait.
2) Côté boulot,  lorsque j’ai passé des entretiens  pour intégrer un poste à mon retour de congé mat, j’ai chaque fois précisé que j’allais continuer à allaiter et que cela allait impliquer deux tirages de lait dans la journée, tout en assurant que je m’arrangerais pour que cela ne dérange pas trop. J’ai aussi contacté l’infirmerie pour qu’elle me donne son accord pour aller tirer là bas (de fait ce n’était pas pratique du tout, j’ai dû donc trouver une autre solution par la suite). J’ai eu de la chance car, au moins en façade, je n’ai pas essuyé de refus.
3) les 3 semaines avant ma reprise, mon loulou étant à la crèche partiellement, je devais tirer mon lait pour donner des biberons…j’ai donc fait des entraînements et stocké un peu de lait au congélateur.

Sur place, je tire encore 2 fois par jour (matin et après-midi en fonction de mes impératifs de la journée).L’infirmerie étant trop loin, j’ai dû trouver une autre salle. Finalement j’ai pu aller dans une salle de repos, pas toujours libre certes, mais qui est vraiment super (je mesure ma chance). C’est par contre stressant de me demander chaque fois si je vais pouvoir tirer ou non, et, au dernier moment, de trouver un autre endroit où tirer.

Au début, j’avais un seul set de pompage (pompage double), mon liquide vaisselle, torchon. Au bout d’une semaine, j’ai trouvé ça ingérable car je prenais 2 fois plus de temps que la normale (du temps pour tirer+du temps pour laver). Très vite j’ai donc commandé un second set de pompage : génial ! je mets les téterelles sales dans un sac ziploc et je lave tout ça le soir, juste après avoir préparé les biberons pour la crèche…et pendant que mon mari baigne notre loulou (merci à lui !).

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

- D’abord la crèche !! Malgré l’accord du début, au quotidien fournir du lait maternel a été et reste très difficile.
Elouan a eu la « bonne idée » de refuser son premier biberon à la crèche ; dès lors, tout le monde s’est braqué en assimilant tout pleur, tout refus de biberon, toute difficulté au fait que je l’allaitais (« tant que vous n’aurez pas arrêté l’allaitement, Elouan ne s’intègrera pas à la crèche » sic). Les règles sont en outre hyper strictes (pas de lait congelé, lait de 24h maximum, ..) : très vite, cela m’a angoissée car si je ne tire pas assez un jour, je n’ai aucune solution de secours, d’autant plus que je dois dater mes tirages de lait : c’est un stress pour moi chaque jour. Enfin, le lait que j’apporte est entouré d’une méfiance extrême : « ça risque de lui donner la gastro » (!), obligation de signer une décharge (car je refusais qu’ils aient une boite de lait maternisé pour lui) stipulant que « si le lait était visiblement impropre à la consommation ou que le biberon de lait maternel se cassait », je devais revenir nourrir mon enfant dans la 1/2h ..etc

- ensuite, le travail pour plusieurs raisons : mes collègues et mes responsables étaient au courant que je tirais mon lait. J’ai souvent eu des remarques soit parce que je m’absentais quelques instants, soit parce que j’avais l’air trop fatiguée, et beaucoup de gens se sont mêlés de ce qui, au final ne les regardait pas (« tu vas allaiter jusqu’à quel âge » ? « t’en as pas marre », « tu devrais arrêter parce que t’es vraiment trop fatiguée »..etc). Le plus compliqué est surtout l’organisation : jongler entre les réunions pour trouver un créneau pour tirer, trouver une salle dans n’importe quel lieu de travail (hôtels, salles de conférence…) : au final, j’ai jusqu’à présent toujours trouvé mais c’est parfois sportif (salles non fermées ou entourées de vitres sans store..etc).

- la logistique également : il ne faut pas se voiler la face, allaiter exclusivement tout en travaillant est une superbe aventure, mais ce n’est pas reposant et c’est contraignant. Il faut le soir, alors que l’on rentre du travail, faire les biberons pour la crèche, étiqueter, puis laver les téterelles et les biberons, remettre le bloc de glace au congel et préparer son sac de tirage pour le lendemain. Il faut, la journée et dans les transports (bondés), se balader toujours avec un sac qui, même s’il est le plus petit possible (le Medela n’est pas mal du tout pour cela, l’Ameda n’étant pas très pratique), est de toute façon encombrant et pas si léger.

-  mon petit loulou et sa succion toujours difficile : il tête largement assez pour grandir, mais tête sur seins bien pleins et pas assez efficacement pour entretenir la lactation. Du coup, dans les moments comme les week-end ou les vacances où j’aurais pu me passer de tire- lait, je dois toujours l’emmener et tirer mon lait a minima une fois par jour. Je l’ai très mal vécu jusqu’au moment où je me suis dit que ça me laissait aussi respirer et que le papa était ravi de donner un biberon de mon lait. A partir de là, je me suis détendue.

- à la Toussaint j’ai failli tout laisser tomber : mon fils, malade, tétait encore moins que d’habitude et j’étais épuisée : je n’avais quasi plus de lait, mon loulou hurlait après chaque tétée même si mon mari complétait avec des petits biberons de lait congelé. J’ai relancé la lactation en tirant mon lait après chaque tétée (le cauchemar!) et c’est le seul moment où j’ai vraiment hésité à arrêter. J’ai alors rencontré un médecin (merci Véronique) qui, voyant ma volonté de tenir bon au moins jusqu’à Noël, m’a aidée avec un médicament pour franchir le cap et me permettre de faire remonter ma production de lait.

-  enfin deux épisodes d’engorgement localisé du sein droit avec forte douleur : j’ai eu très peur et j’ai réussi à m’en sortir grâce à des petites astuces (douches chaudes, huile de massage Weleda, homéopathie, compresses d’argile).

…….last but not least : moi même !! J’ai longtemps douté de ma capacité à continuer l’allaitement et à nourrir mon bonhomme, ce qui me stressait beaucoup et pesait sur l’allaitement. Quel soulagement quand j’ai pu me détendre vis-à-vis de cela, décongeler du lait le week-end si il fallait lorsque ma lactation diminuait, compléter au besoin, plus grand, avec un peu de yahourt. Finalement j’ai eu beaucoup moins de problèmes de lactation depuis !!

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

-Vraiment avant tout la relation avec mon loulou : le sourire  et le regard de mon petit bonhomme quand il me voit et que s’annonce la tétée, quand il me tend les bras pour venir téter (on l’a surnommé flap flap le papillon), quand il me sourit lorsqu’il est au sein, quand il s’endort, ses jours de grande fatigue, le soir au sein, quand le matin, pour le réveiller pour la crèche je le mets au sein endormi et que peu à peu il s’éveille en souriant. J’adore et, visiblement, lui aussi, ces moments de douceur, de confiance, de contact. Je ne m’imaginais pas cela avant, mais ce sont des moments privilégiés tendres et profonds avec lui.

Et puis tout plein de choses :

- quand au bout de 6 mois, l’allaitement est devenu naturel, et le rythme allaitement/travail fluide (ouf !). Les contraintes logistiques se sont mises à moins peser ; j’ai trouvé mon rythme du week-end avec un biberon de mon lait du papa ; j’ai vécu apaisée mes tirages de lait en oubliant un quart d’heure les remarques, la somme de boulot qui m’attendait ; j’ai réussi à me fondre dans le paysage au travail et à ne plus susciter des réflexions et questions en permanence ; j’ai trouvé mes petits trucs pour alléger encore le temps passé le soir (je mets par exemple toutes mes téterelles et biberons dans un grand saladier avec eau chaude et produit vaisselle et je les lave très vite, beaucoup plus que un par un : ça parait
bête mais j’ai gagné au moins 5 min le soir!!).

- quand un médecin qui avait voulu donner des biberons de complément à 2 mois à Elouan m’encourage maintenant à continuer compte tenu de ses bronchiolites.

- quand je sais aujourd’hui qu’avec sa torsion de sa tête in utero, le fait d’avoir tenu bon pour l’allaitement nous a permis de nous rendre compte de son problème et de l’accompagner dans les soins.

- quand mon homme me dit qu’il est fier de moi, de nous.

- quand je regarde tout le chemin parcouru, dont je ne me serais jamais sentie capable, et que, en avançant jour après jour, avec mon loulou et avec mon mari, je réalise que j’allaite depuis plus de 9 mois avec joie.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

* D’abord, faire le choix dont elles ont profondément envie, au fond d’elles, et pas sous une pression quelconque (si je ne continue pas, je ne suis pas une bonne mère, je ne serais pas allée assez loin, ou au contraire, continuer en travaillant c’est refuser de couper le lien, c’est asservissant etc etc).

* Ensuite faire le choix avec le papa de l’enfant : on a besoin fondamentalement de son accord, qu’il nous soutienne quand arrivent des moments de  découragement ou face à la logistique, qu’il puisse répondre aussi aux remarques familiales, amicales, qu’il puisse vivre ce choix en étant fier, content et non pas tenu à l’écart. C’est important de ne pas être seule à porter et assumer ce choix.

* Ne pas se dire ni « c’est impossible pour moi » (parfois ça l’est, parfois on ne se sent pas capable alors qu’au fond, on a une l’énergie pour cela)…ni « ça va être facile, l’allaitement c’est naturel… » : allaiter et travailler demande de l’organisation et, je trouve, beaucoup de volonté ! Il faut savoir dans quelle (belle) aventure on se lance , mais que au quotidien ça peut être lourd.

* Prévoir, organiser à l’avance, et notamment le côté logistique et pratique : moins on galère dans ces aspects là, plus on peut profiter et mettre son énergie là où il faut (allaiter et tirer son lait).

* Vivre au jour le jour « allaiter et travailler », avancer et décider au fur et à mesure si l’on continue ou non.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez- vous ?

Oui je referais le même choix et nous referions le même choix avec mon mari !
Que changer ? Avant tout ma confiance en moi : moins me stresser, parvenir à me dire que je réussirai à le nourrir sans souci, ne pas paniquer à la moindre baisse de lactation en me disant que j’ai quelques réserves de lait et que ça va revenir…
Bien sûr, si mon loulou avait tété de façon plus efficace, avait été moins gêné par sa petite tête tordue, ça aurait été plus facile et m’aurait évité le tire-lait le week-end et les vacances…mais il n’a pas choisi, pas plus que moi !
Bref, je ne changerais pas grand chose, mais aurais gagné toute la période d’apprentissage des « petits trucs qui font gagner du temps ».

Ah si, j’essaierais de m’habituer au bustier spécial tire-lait qui permet de tirer les mains libres. Je n’ai pas trouvé le truc pour que ce soit confortable, mais je suis motivée pour retenter la prochaine fois !

Et puis j’essaierais de trouver un peu plus de temps pour aller sur le blog de Véronique et faire partager mes petits trucs.

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Allaiter et travailler : le témoignage de Marianne

themis 5 juillet 2009 002Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai eu tellement de difficultés à démarrer que lorsque j’ai commencé à me sentir bien dans cette expérience de l’allaitement, la reprise du travail pointait son nez. J’avais été informée lors de la pré inscription de mon futur enfant à la crèche de la possibilité de donner mon lait pour qu’il soit donné à mon bébé. J’ai donc souhaité poursuivre cette belle aventure et tirer mon lait pour qu’il soit donné à ma fille pendant mes absences.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’avais été informée du droit de tirer son lait sur mon lieu de travail. J’ai donc informé ma directrice que je souhaitais continuer à allaiter et donc m’organiser pour tirer mon lait. Nous avons réfléchi à la meilleur solution. J’ai donc pu m’installer dans les toilettes handicapées, lieu spacieux où je pouvais mettre une chaise et être sûre de ne pas être dérangée. Je tirais au début 3 fois par jour matin, pause déjeuner, après midi au tire lait manuel puis je suis passée au médéla double pompage et 2 fois par jour matin et soir. Je rapportais le lait dans un sac isotherme le soir pour qu’il soit donné le lendemain à la crèche. Le lait du vendredi était congelé dans des bacs à glaçons et ensuite soit donné le mardi (je ne travaille pas le lundi) soit mis en sachet. Chaque glaçon faisait 20ml, et un sac était conservé à la crèche en cas de besoin.
J’ai tiré mon lait jusqu’au 13 mois de ma fille.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

La première difficulté est arrivée au bout d’un mois, ma production a diminué dû à un manque de tétées avec mon bébé. Mon médecin m’avait conseillé de passer à 4 tétées par jour et du coup je ne produisais pas assez. J’ai donc suivi les conseils de La Leche League, tétées à volonté le week end et matin et soir en semaine. Ajouté à cela du fenugrec en gélules, le tirage double pompage et tout est reparti.

La deuxième a été une mycose mammaire qui est revenue et qui m’a fait souffrir pendant mes tirages de lait.

Autre difficulté, l’organisation. Entre le travail, se reposer, s’occuper de bébé et gérer le quotidien cela n’a pas été de tout repos mais j’y suis arrivée!

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Les tétées retrouvailles après une dure journée de travail, lorsque ma fille a commencé à parler et me disait en tendant les bras vers mois TETEE maman, « j’adore téter maman » un soir, les regards complices lors des tétées, mes rencontres avec d’autres mamans qui allaitent et qui m’ont fait réaliser que je ne suis pas une extra terrestre, juste une maman qui suit son instinct!

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Que le jeu en vaut la chandelle! que la tendresse partagée avec son enfant est un cadeau inestimable! que cela les rend plus fort! qu’il faut s’accrocher et surtout ne pas hésiter à demander de l’aide (LLL, sage-femme, consultante en lactation, amies qui ont allaité etc…), qu’il faut croire en soit et en ses capacités à rebondir, que cela est possible d’allaiter ET de travailler qu’il faut juste trouver l’organisation qui convient à la famille. Que cela est pratique: on est chez des amis, ils nous invitent à rester diner, hop le diner du bébé est tout prêt! On part en balade, bébé a faim, hop le sein de maman. Que cela renforce la confiance en soi, cela booste et donne envie de déplacer des montagnes!

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

OUI mille fois oui!
Je me serais informée avant la naissance sur le nombre de tétée (à la demande est la meilleure réponse) pour éviter de diminuer à 4 et baisser ma lactation.J’utiliserais un tire lait double pompage où les mains seraient libres (j’arrivais pas avec le double pompage).

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Allaiter et travailler : le témoignage de Sabine

sabine2Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Poursuite de l’allaitement. Mon allaitement se passait bien, et puis de toute façon même avant la naissance d’Anaïs j’avais décidé de ne pas lui donner de lait artificiel. Je dois dire que j’ai eu l’exemple de ma soeur qui allaite ses bébés, le 1er pendant 3 ans, le 2ème encore en cours (il a 2 ans). Donc j’avais décidé de me battre pour tirer assez de lait pour ma puce. J’ai repris le travail quand elle a eu 4 mois.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’ai déjà commencé à tirer mon lait pour faire des réserves 1 mois 1/2 avant la reprise. On m’avait conseillé de ne pas commencer trop tôt pour profiter des tétées en direct, mais finalement étant mauvaise tireuse j’ai bien fait !
Je me suis également organisée avec mon travail; j’ai joint le service médical qui a accepté de me laisser tirer mon lait dans leurs locaux.
Au bout d’une semaine après de ma reprise, ils m’ont même trouvé une salle de repos inutilisée à coté de mon bureau; j’avais les clés et pouvait y aller à tout moment. En plus je pouvais continuer à travailler sur mon PC grâce au WIFI … ! Du grand luxe.
Je tirais le matin en arrivant au travail; je venais assez tôt exprès. Je tirais encore une fois le midi, et si possible vers 16h. Cela me prenait au moins 30 min à chaque fois.
J’ai aussi trouvé une nounou en or qui avait déjà eu un bébé allaité en garde et qui trouvait cela normal; d’autres nounous y avaient vu une difficulté, arguant qu’un bébé allaité cherchait à téter tout le temps et était donc difficile à garder. Ce qui a été complètement faux pour ma puce qui s’est très bien adaptée à la garde, et est toujours un bébé facile à garder.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Je tire peu de lait en un seul coup. J’ai donc eu du mal à maintenir le LM exclusif jusqu’à la diversification.
J’avais l’impression de tirer tout le temps pendant ce mois-là: le matin, le midi, le soir, le WE; je n’en pouvais plus et en plus je voyais mes réserves diminuer au congel. C’était devenu une obsession.
J’ai diversifié ma puce à 5 mois et par chance elle a tout de suite accepté la cuillière et adoré les solides (elle en criait de joie). Donc rapidement j’ai introduit la carotte et la pomme, de manière à pouvoir lui donner un repas de midi complet chez la nounou.
J’étais soulagée ! j’ai recommencé à faire des réserves au congel. Et petit à petit j’ai diminué le nombre de tirages au travail, et arrêté de tirer à la maison. Elle n’avait plus qu’un biberon à 16h.Vers ses 8 mois j’ai arrêté tout tirage. Elle a désormais 10 mois 1/2 et mange des solides avec la nounou, et tète avec moi à volonté (en plus des solides bien sûr, c’est une vorace …).
Après il y a eu des réflexions des collègues qui me prenaient un peu pour une extra-terrestre, surtout ceux, nombreux, dont les enfants ont eu le biberon dès la naissance. Mais une poignée d’entre eux ont appris qu’on pouvait continuer à allaiter après la reprise du travail et ont trouvé cela bien; qui sait peut-être qu’il y aura d’autres émules ?
Et l’infirmière qui me disait: « jai vu ce que vous avez tiré ce matin, c’est pas grand chose, vous êtes sûre que vous avez assez de lait ? » Il vaut mieux être bien renseignée et sûre de soi dans ces cas-là.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Réussir le challenge du 5 mois exclusif (!) et du pas de « lait artificiel ». Avant ma reprise j’avais « rôdé » vers le rayon LA des supermarchés mais jamais franchit le pas.
Et puis les tétées retrouvailles, encore aujourd’hui c’est génial ! le meilleur moment de la journée.
Quand j’arrive chez la nounou, elle tète, et pendant ce temps la nounou me raconte la journée de ma puce. Ce qui permet d’ailleurs à la petite de 3 ans gardée avec ma fille de voir une maman allaiter; elle avait du mal à comprendre qu’Anaïs tète du lait(!) elle voulait lui ramener du lait du frigo…

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Ça vaut le coup ! Maintenir l’allaitement pendant ces quelques mois, permet de continuer ensuite très longtemps, pour le bonheur de tous.
Et à la diversification c’est tellement facile.
Par contre c’est vrai que j’ai considéré que tout ajout de LA serait un échec pour moi, ce qui était sans doute une réaction un peu excessive.
Et la location du tire-lait étant remboursé, c’est très rentable…

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Je reprendrais le travail aux 6 mois du bébé, quand il serait diversifié. C’est quand même beaucoup plus facile, surtout vu les difficultés de tirage que j’ai eu.
Mais sinon je referais le même choix de l’allaitement, c’est le meilleur don que je puisse faire pour mon bébé. Je ne me vois pas du tout donner le biberon.

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Allaiter et travailler : le témoignage de Cécile

Cécile Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Au moment de la reprise du travail, mon fils avait presque huit mois. Je l’avais exclusivement allaité jusqu’à environ 6 mois avant d’introduire progressivement purées, compotes et compagnie. A ce moment la, je pensais que je remplacerais peu à peu les tétées de la journée par du lait 2ème age comme je l’avais fait pour mon ainée et que je garderais, à la reprise du travail les tétées du matin et du soir. Nous avions fait ce choix, pas trop contraignant, pour notre fille aînée, qui a été allaitée exclusivement 4 mois, puis matin et soir pendant 6 mois à la reprise du travail.
C’est la directrice de la crèche qui m’a poussée à essayer de tirer mon lait pour que notre fils boive uniquement du lait maternel. Une fois assurée qu’il serait possible de tirer mon lait sur mon lieu de travail dans des conditions pas trop désagréables (pas dans les toilettes), j’ai donc pris ma décision.
Cette décision m’aurait sûrement paru plus évidente si mon fils avait été plus jeune (moins de 6 mois). La, je me disais que c’était surement moins nécessaire, je me demandais si tous ces efforts de logistique se justifiaient…

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Sachant que la crèche avait un protocole spécifique pour le lait maternel (ce qui n’est pas évident car à part le lait maternel, tout ce qui est donné aux enfants est préparé sur place), il me fallait donc me rapprocher de la médecine du travail de mon entreprise pour savoir s’il y avait eu des précédents et s’il y avait des dispositions particulières pour tirer mon lait. Bien que travaillant dans un milieu très féminin dans une grosse entreprise (700 salariés), il n’y en avait pas. Le médecin du travail s’est documenté sur le sujet, a proposé que j’utilise l’infirmerie, et a informé les ressources humaines et le CHSCT.
Cela me permet donc d’avoir accès à l’infirmerie pour tirer et stocker mon lait. J’utilise un tire-lait manuel Avent et je tire mon lait une fois par jour, dans l’après-midi. Je récolte entre 300 et 330 ml. Le soir je les répartis dans 2 biberons dédiés et étiquetés par la crèche : 150 ml pour accompagner le déjeuner et 180 ml pour le goûter.
Le plus précieux, ça a été l’adaptation de mon fils à la crèche pendant 10 jours. J’ai pu « jouer le jeu » et régler peu à peu les détails logistiques pendant cette période : ne pas oublier d’emporter le(s) biberon(s), le sac thermos, ne pas oublier de rapporter les biberons le soir, faire les transvasements, laver le tire-lait et tous les biberons… Cela m’a permis d’imaginer que c’était possible.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Il n’y en a pas vraiment. Ce qui n’est pas facile c’est qu’à part le médecin, l’infirmière et une collègue, je n’ai pas informé les gens avec qui je travaille. D’où le sentiment de temps en temps d’avoir une « double vie ». Je m’absente chaque après-midi 20-25 minutes, ce qui pour le moment n’a pas suscité de réflexion ou d’interrogation de la part de mes collègues.
Ce n’est pas toujours pratique en cas de réunion l’après-midi : il faut essayer d’anticiper et parfois on se complique la vie. Par exemple, si j’ai une réunion de 14h à 17h, j’essaie d’aller tirer mon lait avant pour éviter tout « débordement ». Ce qui n’est pas forcément idéal quand c’est moi qui organise la réunion : il faut arriver à garder un peu de temps avant la réunion et arriver à être suffisamment détendue pour pouvoir remplir le biberon…
Autre difficulté, ou peut être plutôt désagrément, c’est qu’en continuant l’allaitement complet, je maintiens une lactation relativement importante, ce qui complique tout déplacement sans enfant(s) (enfin surtout celui qui tête). Je n’ai pas encore eu de déplacement professionnel, mais nous sommes partis 36 h sans enfant pour un mariage, et c’est vrai que dans ces situations, le tire-lait doit être de la partie, et utilisé régulièrement, ce qui n’est pas toujours glamour pour le week-end de l’année sans enfant…

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?
Et bien c’est (presque) tous les jours. C’est le plaisir de se séparer le matin à la crèche sur une dernière tétée (qui est aussi le moyen de m’assurer que je pars « à vide »), et c’est le plaisir de la tétée des retrouvailles le soir.
C’est une belle aventure vécue en famille avec le soutien de mon mari. C’est voir ma fille de 3 ans donner le sein à ses poupées. C’est le plaisir de se dire qu’on donne le meilleur (de soi-même !) à son enfant, qui – on l’espère – le protègera pour l’hiver. Et puis c’est aussi se dire, une fois n’est pas coutume, qu’on respecte la nature telle quelle nous a créés, et en apprécier les cotés sympathiques comme par exemple, le retour au poids de forme sans régime…
  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?
J’ai vécu deux expériences heureuses et faciles ayant concilié allaitement et travail. Donc le message, c’est que c’est possible !
La reprise du travail pour la maman et le début de la garde pour le bébé marquent une étape importante pour toute la famille. Ce changement majeur n’est pas toujours facile après les premiers mois souvent fusionnels. Aussi prolonger l’allaitement maternel après la reprise du travail, c’est une façon de dire à son bébé que les choses ont changé, mais pas complètement et c’est se dire que malgré la séparation, notre corps travaille toute la journée pour lui fabriquer ce lait (son dîner !), ce qui est assez incroyable quand on y pense.
D’un point de vue plus pratique, je crois qu’il faut prendre sa décision en très petit comité, et solliciter le moins possible l’avis de l’entourage (famille, amis, pédiatre, gynéco…) afin de ne pas se laisser influencer ou angoisser par des remarques des uns et des autres.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?
Bien sûr je referais le même choix : allaitement mixte au minimum !
Ce qui doit changer, c’est la place de l’allaitement dans la société en général, et dans le monde du travail dans ce cas concret. Typiquement, je regrette de ne pas me sentir suffisamment à l’aise pour informer mon responsable de mon choix. Je n’en ai pas parlé pour ne pas avoir à me justifier, pour ne pas être jugée, et parce qu’on est déjà cataloguée en revenant de congé parental et en reprenant à 80% et que je ne voulais pas en rajouter.
Ce qui me met face à mes contradictions, car à coté de ça, ce 2ème allaitement me pousse vers un coté plus militant voire revendicatif par rapport à l’allaitement. Or pour le moment, à part entrer dans les statistiques d’allaitement maternel à la crèche et à la médecine du travail de mon entreprise, je n’ai pas vraiment le sentiment de faire bouger les choses…
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Appel à témoignage

dessinAujourd’hui, je vous fait passer cet appel à témoignage d’une étudiante qui souhaite mener une étude que je trouve particulièrement intéressante.
Je vous laisse découvrir…

Étude : Travailler et allaiter : est-ce possible ?

Étudiante en deuxième année de BTS en économie sociale et familiale, je mène une étude auprès d’assistantes maternelles, afin de savoir si, en tant que professionnelles, elles sont favorables à l’accueil d’un enfant allaité.

En parallèle, je souhaite avoir davantage de renseignements auprès de futures et jeunes mamans, afin de savoir si l’allaitement se pratique de plus en plus à la naissance et si, par la suite, il leur est possible de concilier travail et allaitement.

Cette étude a deux objectifs :

  • le premier est de savoir si les assistantes maternelles sont favorables à l’accueil d’un enfant allaité et pensent être assez informées sur cet accueil,
  • le deuxième est de savoir si de plus en plus de femmes qui travaillent, continuent d’allaiter ou si la reprise du travail rime avec le sevrage de l’enfant.

De ce fait, lors de mon stage dans un relais d’assistantes maternelles, j’ai commencé mon étude auprès d’une quinzaine de professionnelles, avec lesquelles je me suis entretenue.

Pour la mener à bien, je souhaiterais avoir davantage de témoignages.

En parallèle, j’ai élaboré deux questionnaires qui s’adressent aux mamans :

  • le premier pour celles qui sont enceintes et qui souhaitent allaiter
  • le deuxième pour celles qui ont accouché, allaité et repris le travail

Suite à cette étude, je vais devoir mener un projet au sein du relais où j’étais en stage.

Je mettrai alors diverses actions (réunion d’information, création de plaquettes informatives, etc.) en place afin de répondre au(x) besoin(s) des assistantes maternelles. En parallèle, je favoriserai l’information auprès des jeunes parents, sur la poursuite de l’allaitement dés lors que leur enfant est gardé.

Si vous vous sentez concerné(e)s, que ce soit en tant que professionnelle ou en tant que maman, merci de prendre le temps de répondre au questionnaire  correspondant à votre situation, cela ne vous prendra pas plus de cinq minutes. Vous pouvez me le demander et le renvoyer par mail à l’adresse suivante : prigenth@voila.fr

Et si vous avez d’autres commentaires à faire ou informations à fournir, n’hésitez surtout pas !

 

Allaiter et travailler : le témoignage de Sophie

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  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai choisi d’allaiter mes enfants avant même d’être enceinte. Ce choix était évident pour moi, parce que le lait maternel est ce qu’on peut donner de mieux à son enfant. Peut-être aussi que je voulais, en quelque sorte, « prolonger la grossesse » et le rapport privilégié qu’on a avec son bébé lorsqu’on lui donne le sein, pour se souvenir du temps où il grandissait en soi…

Pour ma fille (née en juin 2007), j’avais choisi de la sevrer avant la reprise du travail. Je m’y suis prise de bonne heure, parce que je voulais que ça se fasse en douceur. Je travaillais en décalé à l’époque et garder une ou deux tétées par jour était impossible car j’avais un rythme très irrégulier. De plus, tirer mon lait sur mon lieu de travail me semblait trop contraignant : pas de local « tranquille », et j’avais déjà beaucoup de mal à le tirer à la maison (en une heure je ne sais pas si j’aurais réussi à tirer un biberon)…

Pour mon fils (qui a presque 5 mois), j’ai voulu faire autrement et j’ai fait en sorte de changer de travail (au sein même de mon entreprise) pour travailler en horaires administratifs, afin de pouvoir continuer le plus longtemps possible un allaitement mixte. Ca n’aura malheureusement pas duré très longtemps.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Pour ma fille, j’ai commencé vers 2 mois à retirer une tétée par semaine. Elle en prenait 5 par jour, je pensais que ça prendrait un bon mois… Comme je devais commencer l’adaptation à la crèche vers 3 mois, c’était parfait. Un biberon, super. Deux biberons, ça va encore… Au troisième biberon, elle n’a plus voulu du sein. Ca a été un sacré choc pour moi de voir ma fille me repousser, je n’étais pas prête à ça. Et en plus, j’ai dû arrêter trop brusquement la lactation, ce qui a été fort douloureux.

Pour mon fils, je ne voulais pas revivre la même chose. J’ai donc commencé le sevrage plus tard, et fait en sorte de garder les tétées du matin et du soir. Il a été allaité 3 mois pleins (4 tétées par jour depuis ses 2 mois), j’ai commencé à introduire un biberon, puis deux sans problème. Quand j’ai repris le travail, il avait 3 mois ½ et j’ai supprimé la tétée du matin (parce que je n’avais pas le temps de l’allaiter le matin, il fallait s’occuper de lui, de ma fille, de moi…). J’ai continué la tétée du soir pendant un bon mois, il n’a jamais fait de différence entre le sein et la tétine du biberon !

Mais j’ai petit à petit dû compléter avec un biberon, parce que je n’avais plus assez de lait, et mon fils s’énervait… De toute façon, ce nouveau rythme m’a fatiguée, et puis j’ai voulu reprendre le sport, donc le soir, une fois par semaine, je devais tirer mon lait. Moi qui réussissais fièrement à tirer au moins 160 ml (contre 20 ml maxi pour ma fille !!), je n’arrivais plus à tirer plus de 80 ml, donc il fallait compléter aussi avec du lait artificiel.

Bref, je me suis résignée à arrêter, mais comme ça s’est fait réellement en douceur, ça n’a pas été difficile. Et puis c’était devenu plus contraignant qu’agréable parce que mon fils se mettait à pleurer au bout de 2 minutes…

Ca fait une semaine ½ qu’il est sevré aujourd’hui et tout va bien ! Et j’avoue que j’ai toujours au moins autant de plaisir à lui faire un câlin en lui donnant son biberon !

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

La mise en place de l’allaitement pour ma fille. Elle était toute petite à la naissance (46 cm pour 2,700 kg), et elle avait du mal à bien prendre le sein (peut-être parce qu’elle avait une toute petite bouche ?)… Et du coup j’ai eu des crevasses pendant 3 semaines ! C’est là que j’ai testé ma volonté… Et j’ai tenu bon. Je me disais que je devais nourrir ma fille (j’ai du croire qu’elle mourrait de faim sinon !), même si je devais souffrir à chacune des tétées quotidiennes (7 ou 8, voire plus au début), et essayer de garder le sourire (devant mon beau-père par exemple qui était ravi de filmer sa petite fille au sein de sa maman… Je n’en ai jamais vu le film d’ailleurs !).

Et puis un jour, en en discutant avec une amie, elle m’a conseillé la seule crème que je n’avais pas encore essayée (à base de lanoline pure), et qui ma guérie du jour au lendemain ! J’ai pu continuer à lui donner le sein, sereinement…

Et puis j’ai eu un petit engorgement au début du sevrage, mais ça n’a heureusement pas duré longtemps.

Et surtout le sevrage trop brusque a été vraiment difficile, surtout psychologiquement, après tout ce que j’avais enduré pour réussir à allaiter ma fille…

Pour mon fils c’est passé comme une lettre à la poste ! Tout a été facile, même si les premières semaines, la mise au sein était légèrement douloureuse.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Il y a eu de nombreux moments magiques… Les regards de ma fille, yeux dans les yeux… Les endormissements au sein…

Il y a eu aussi la toute première mise au sein de mon fils. C’était comme si je ne m’étais jamais arrêtée d’allaiter… Il est resté 10 minutes à chaque sein comme s’il avait fait ça depuis des mois… Et moi j’étais aux anges. Ca présageait bien un super allaitement !

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Prenez le temps de la réflexion…

Et parlez-en avec votre employeur. Vous avez des droits (1h par jour pour tirer son lait sur son lieu de travail) mais parfois l’entreprise n’a pas de local convenable pour ça, et si vous le demandez, elle doit pouvoir le mettre en place.

Si vous ne souhaitez pas sevrer votre enfant, ce n’est (en théorie) pas compliqué de continuer un allaitement total, encore faut-il pouvoir suivre le rythme (ne pas être trop fatiguée, pouvoir tirer son lait en quantité suffisante) et avoir un mari compréhensif !

Si ça vous semble trop compliqué, ne culpabilisez pas… On a autant de moments de tendresse avec son bébé en lui donnant le biberon… Je vous assure !

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

L’expérience de mon premier allaitement m’a donné des améliorations à apporter à mon deuxième allaitement… S’il devait y avoir un troisième bébé (oh pas tout de suite !!)… Je ferais au moins comme pour mon deuxième, mais si possible encore plus longtemps ! Mais je pense qu’avec un 3e enfant je prendrais un congé parental d’au moins 6 mois (pour mon fils, financièrement c’était compliqué, mais j’aurais aimé…) pour pouvoir continuer sereinement a allaiter mon bébé…

Parce qu’il faut se le dire, malgré les droits qu’on nous a donnés pour concilier allaitement et travail, c’est tout de même plus que contraignant. Le congé de maternité devrait durer jusqu’aux 6 mois de l’enfant s’il est allaité (pourquoi pas en échange de don de lait maternel aux lactariums ? Ca profiterait à tout le monde !)

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Allaiter et travailler : le témoignage d’Alexia

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  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Je ne condamne pas les mères qui le font car financièrement tout le monde ne peut pas arrêter de travailler mais en ce qui me concerne il était impensable que mon bébé parte en crèche à 2 mois avec un biberon de lait en poudre j’ai donc pris un congé parental de 6 mois. J’avais déjà prévu dès le départ de l’allaiter plus de 6 mois et lorsque l’échéance est arrivée j’ai choisi naturellement de poursuivre l’allaitement parce qu’il était primordial pour moi que mon fils ait droit à ce qu’il y a de meilleur et c’est un moment tellement agréable que je ne me voyais pas faire autrement. C’est déjà un choc pour lui de ne plus être toute la journée avec sa maman alors si en plus il fallait arrêter l’allaitement je crois qu’on en aurait été malade tous les deux.

En plus il a une suspicion d’allergie alimentaire (certainement au lait de vache mais peut être aussi à autre chose) et ma pédiatre ainsi que l’allergologue m’ont fortement conseillé d’allaiter le plus longtemps possible pour « soigner » ses allergies. Et lorsqu’il part chez la nounou avec un biberon de lait maternel c’est un peu comme s’il emmenait avec lui une partie de moi, c’est quelque chose que seule la maman peut lui apporter.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Mon fils tète le matin avant d’aller chez la nounou et le soir lorsque je le récupère. Je tire mon lait une fois par jour le midi pendant ma pause, je travaille et j’habite dans le même immeuble donc c’est très pratique, j’ai un tire-lait que je loue à la pharmacie, j’ai récupéré des mini bouteilles en verre (200ml pour jus de fruit) et je m’en sers pour stocker mon lait au frigo ou au congélateur. J’arrive pour l’instant à remplir une bouteille voir une bouteille et demie par jour. Heureusement que j’habite et travaille sur place car à mon ancien travail le bureau était entièrement vitré, il n’y avait pas de salle de pause, ni de vestiaire et là j’aurais dû tirer mon lait assise sur la cuvette des toilettes le tout manuellement car il n’y a pas de prise électrique dans les toilettes et bonjour l’hygiène ! En déplacement (je parcours la France entière presque tous les week-end pour participer à des foires) j’ai investi dans un mini-frigo que je branche sur l’allume-cigare ou à l’hôtel ça me permet de stocker mes bouteilles de lait ou la nourriture du petit lorsqu’il vient avec moi, c’est très pratique, c’est plus petit qu’une glacière et j’en ai eu pour 40 ou 50€ en l’achetant d’occasion.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Trouver le bon moment pour tirer mon lait car trop tard je suis à la limite de l’engorgement et trop tôt la lactation est un peu plus longue à démarrer. Or, mon temps de pause est assez court et j’en profite également pour faire plein d’autres choses en même temps (j’en profite pour faire le ménage, les lessives des couches lavables, préparer des petits pots maison….) donc il ne faut pas que ça traine… Si je ne tire pas mon lait pendant quelques jours c’est dur de s’y remettre, il faut vraiment garder le rythme.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Au bout de 3 semaines d’allaitement lorsque j’ai réussi à me passer des embouts de sein et que j’arrivais à l’allaiter correctement, je me suis dit « ça y est ! j’y arrive enfin malgré les commentaires blessants qu’on m’a dit ». Les meilleures tétées ont été celles qu’on faisait pendant la sieste ou le soir lorsqu’on s’endormait ensemble l’un contre l’autre. L’allaitement m’a aussi permis de perdre 20kg en 6 mois sans aucun régime ni effort, c’est pas le but mais non seulement mon fils profite bien de l’allaitement (il est dans le haut de la courbe pour la croissance et le poids) mais au passage je retrouve la ligne…

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Qu’il est possible de continuer l’allaitement et que ce n’est qu’une question de volonté à condition d’être bien conseillée et bien organisée. On ne peut pas faire de meilleur cadeau à nos enfants et c’est à cet âge là qu’on peut en profiter le plus alors pourquoi arrêter quand il existe des solutions ?

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Oui oui et ouiiiiiiiiiii! Si j’avais su je me serais préparée avant l’accouchement en participant à des réunions avec la leche league par exemple et en lisant des livres sur l’allaitement afin d’avoir dès le départ des bons conseils au lieu d’écouter tout et n’importe quoi de la part de personnes qui ne s’y connaissent pas en matière d’allaitement.

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Allaiter et travailler : le témoignage de Béatrice

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  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai repris le travail pour trois de mes quatre enfants. Pour le deuxième, j’ai pris quelques mois de congé parental.
La poursuite de l’allaitement me semblait naturelle, je n’envisageais pas du tout de passer aux bibs de lait « en boite ».
Il me semblait que mon lait était ce qu’il y avait de mieux.

Pour le petit quatrième (9 mois) qui a 9 ans de différence avec le troisième, je ne me sentais pas le courage de tirer du lait sur mon lieu de travail (je suis enseignante, j’ai repris en septembre dernier). Pour la première fois, j’ai acheté une boite de lait (bio …) ; il prend un tout petit bib (90ml) vers 9h les jours où je travaille. J’ai la chance de pouvoir le faire manger à midi (avec une petite tétée comme dessert).

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Pour les trois premiers, j’ai tiré du lait pour le lactarium à partir de leur premier mois. J’étais donc habituée au tire lait. J’ai fait quelques réserves au congélateur avant la reprise du travail.

J’emmenais une glacière, des blocs gelés et le tire-lait stérilisé dans une boite. Pour l’ainé, je tirais le lait entre midi et 13h30. Pour le troisième, je tirais du lait pendant la récréation du matin, à la main, sans tire lait (méthode d’expression Marmet je crois ).

Je n’ai jamais donné de biberon moi même : je donnais le sein, la nounou le biberon de lait maternel. L’ainé a eu un peu de mal à s’y mettre, la nounou a donc essayé la cuillère, la tasse jusqu’à ce qu’il prenne enfin le biberon. Elle n’avait pas allaité ses propres enfants et ne connaissait pas ce genre de difficultés. Elle a malgré tout accepté de me suivre dans l’aventure et je l’en remercie !

Mes enfants prennaient donc un repas de midi et un goûté « solide » et pour le reste des petites faims, il y avait les bibs de lait maternel à la demande. Le matin et à mon retour, c’était le sein, à la demande (y compris la nuit). Pour le petit dernier, c’est un peu la même chose, avec juste un biberon de lait « en boite » en milieu de matinée.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Pas vraiment de difficultés, sauf peut être le jour de la reprise du travail pour l’ainé : le ressort du tire-lait s’est cassé juste au moment où je voulais commencer à tirer, les seins à la limite de l’engorgement … J’ai passé toute la pause de midi à tirer le lait à la main, en larmes, je n’ai pas eu le temps de manger et j’étais soulagée de rentrer chez moi à 16h30.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Les meilleurs moments, ce sont toutes les tétées « de retrouvailles », allongés au chaud dans le grand lit !

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

De s’écouter et de faire ce qu’elles ont vraiment envie de faire.

Ce n’est pas toujours facile d’allaiter et de travailler en même temps, la fatigue est là. Ce n’est pas toujours facile ni évident de tirer son lait sur son lieu de travail.
Mais si c’est celà qui fait envie, il faut foncer. J’ai toujours adoré voir mes enfants me faire de grands sourires dégoulinants de lait au moment des tétées « de retrouvaillles ».

A l’inverse, si on est plus à l’aise avec l’idée de passer au biberon de lait artificiel parce que tirer son lait semble trop compliqué, trop stressant, trop aléatoire, et bien il faut le faire aussi.

C’est un choix qui concerne la maman, le papa … et le bébé (certains sont très doués pour imposer leur choix à eux !!)

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Quatre bébés, quatre situations différentes, mais toujours ce même plaisir à allaiter. Je referais les mêmes choix sans hésiter et j’espère bien que l’allaitement en cours, et qui sera le dernier, durera encore longtemps (record à battre, 13 mois !!).

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