Articles portant l'étiquette ‘Allaitement’

Allaiter et travailler : le témoignage de Lucie

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

À l’origine, pendant ma grossesse, je me disais, si je peux, j’allaiterai jusqu’à ma reprise. Ma meilleure amie avait allaité sa fille l’année précédente, mais cela ne s’était pas super bien passé, notamment en raison du frein de sa fille.
Donc, je m’étais dit que si je n’y arrivais pas, je n’en ferais pas une maladie !

Après j’ai eu beaucoup de chance, la mise au sein ne m’a pas fait mal et s’est faite super naturellement. C’est comme si Annabel avait compris le truc toute seule…
Le plus difficile et le plus fatigant restait le rythme à prendre, les nuits sans sommeil ou très peu.

Bref, le début était dur, mais j’ai tenu le coup face à mes proches, qui me disaient de passer au lait maternisé, que ça me laisserait plus libre de mes mouvements…
J’ai tenu bon…Même si effectivement le papa jalousait de ne pouvoir nourrir sa petite fille.

Aux six semaines d’Annabel, nous avions un mariage en Province. Il me fallait absolument aller chez le coiffeur, acheter une tenue et chercher la voiture de location (le papa d’Annabel ne conduit pas, donc je ne pouvais pas compter sur lui pour cette tâche)…

Un de nos copains avait proposé de la garder. J’avais donc tiré du lait (environ 60 ml) la veille pour la première fois pour le cas où je ne reviendrai pas assez vite pour la nourrir. Bien évidemment, toutes les tâches que j’avais à accomplir se situaient à moins de dix minutes de notre appartement.
Ça a été folklorique !

Le copain, voyant qu’elle pleurait, s’est dit qu’elle avait faim, a donc sorti le biberon du frigo et le lui a donné… Autant dire qu’elle n’a pas apprécié…

Par ailleurs, nous étions, avant d’avoir Annabel, toujours par monts et par vaux. Et pendant mon congé maternité, quand Annabel a été un peu plus grande nous l’avons été aussi…
L’allaitement était bien pratique dans ces moments–là. Tout comme le biberon de lait maternel l’était aussi !!!

Fin septembre, Début octobre, alors qu’Annabel n’avait qu’un mois et demi, je commençais à angoisser de ma reprise, de son sevrage, de sa garde (je n’avais toujours pas de réponse de la crèche)…
Alors que la reprise se profilait, je n’arrivais pas à me résoudre à abandonner l’allaitement d’Annabel. Ça se passait tellement bien.

Et puis, la lettre de la mairie est arrivée… la rencontre avec la directrice également… Cela s’est très bien passé. Elle nous a donné le guide et la charte d’allaitement mis en place par la mairie : ce qu’il fallait faire pour que le lait maternel puisse être donné en son absence.

Et là, tout s’est éclairé !!! Je me suis dit c’est bon je ne suis pas obligée de la sevrer et continuer à lui donner ce qu’elle adore.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’ai donc commencé fin octobre à alimenter la réserve de lait congelé. (pour la petite anecdote, nous avons dû changer de frigo, l’ancien congélateur était rempli de lait et nous ne pouvions plus nous en servir pour nous, dans le nouveau, seul un tiroir en contenait !)

Je tirais deux à trois fois par jour, le papa lui donnait pour l’habituer un biberon le soir quand il rentrait du travail.

Quand j’ai repris le travail, je me levais à 6 h 30 pour tirer une première fois, mon lait avant qu’Annabel ne se réveille.
Sur mon lieu de travail, nous disposons d’une salle de bain (avantage de la profession libérale), je tirais donc deux fois par jour par tranche qui pouvait varier entre 15 et 30 minutes, à midi et à seize heures.
Puis, une dernière fois le soir avant d’aller se coucher vers 23 h.

J’ai tenu jusqu’au six mois d’Annabel, ensuite je n’ai plus tiré qu’une fois à la maison et une fois au travail, pour enfin ne plus tirer qu’à la maison jusqu’à ce que la crèche me dise que ce n’était plus la peine d’en ramener (à partir de sa diversification alimentaire, Annabel ne consommait sur les 120 ml que 60 ml ou 10 ml cela dépendait).

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Les fuites de lait : je suis avocate et il m’arrive de passer plus de temps que prévu en audience ou même au Tribunal, ce qui ne me permettait pas certains jours de tirer mon lait pendant plus de douze heures ! Heureusement que j’ai une robe (rires) !

La fatigue et l’impression de toujours courir après le temps : ce que je connaissais déjà dans ma profession.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Le soir quand je rentrais et que je retrouvais Annabel pour son câlin de lait, encore aujourd’hui c’est mon meilleur moment.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Je pense que l’allaitement ne coule pas de source et qu’il faut avoir en tête que la mise en place n’est pas évidente, mais que passées ces difficultés, c’est un pur bonheur, un moment inoubliable.

Il faut surtout s’écouter et ne pas laisser les autres instaurer le doute, c’est le meilleur moyen de ne pas y arriver.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Si c’était à refaire, je referais le même choix, mais différemment.
En effet, je ne connaissais personne ou peu pour m’orienter dans mes choix et je n’ai pas su demander de l’aide à ma sage-femme au moment où j’ai décidé de continuer l’allaitement au travail.
J’ai donc utilisé mon tire-lait manuel, ou bien j’exprimais le lait à la main, cela me prenait donc un temps monstrueux.

Mettre le papa plus à profit la nuit aussi.
On verra donc pour la prochaine grossesse !

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Petites phrases assassines

Voici une petite mise à jour de ce billet avec vos participations rajoutées.

Un petit peu de légèreté en ce mois de juillet…

Lors de la rencontre au mois de juin des lectrices d’A tire d’Ailes, nous nous sommes partagées ces petites phrases que l’on entend quand on ne fait pas comme tout le monde. Par exemple lorsque que l’on poursuit l’allaitement après la reprise du travail.

Je vous propose de les partager sur ce blog car finalement, mieux vaut en rire qu’en pleurer :-) .

Je commence donc avec celle-ci :
«  Votre bébé a 8 mois madame, vous devez le sevrer, il ne tète plus que de l’eau. » Et bien pour de l’eau, ça a l’air plutôt nourrissant pour un bébé qui fait 12 kg…

Agnès : C’était le jour de Noël
« Elle tète encore , mais elle fait que téter !! »
– Un peu comme nous, aujourd’hui on ne fait que manger !

Charlotte : En 1979, mon généraliste m’a indiqué qu’il fallait diversifier mon fils de 3 mois, « à, cet âge, votre lait n’est plus que de l’eau savonneuse et ne lui suffit pas ». Ce n’était pas fin, mais moi je n’étais guère mieux car l’eau savonneuse avait fait prendre plus d’un kilo par mois à Marc. Le médecin et moi-même avions sous les yeux un bébé rond comme un bille !

Régine :  »Ah tu l’allaites encore (Maya a 11 mois) ! Ah oui mais tu fais comme chez toi (je suis noire)!! »
En gros l’allaitement long c’est bien pour les noirs et les chimpanzés!!!
NB : je suis certes noire mais tout à fait francaise puisque née à Paris et ai toujours vécu ici et n’avais jamais vu personne de ma famille allaiter.

L : Commentaire d’une collègue de boulot, qui a pourtant allaité ses fils et trouvait ça bien que je tire mon lait au travail : « Quoi mais elle tète encore à un an ! Mais pourquoi, ça ne sert à rien! »
Ah ?

Sophie : Commentaire d’ une connaissance : « Mais il tète encore !? Mais il a des dents ça doit faire mal?!?!?
Non pourquoi? Il tète, il ne mord pas. »
Commentaire d’ un médecin généraliste : « La tétée c’est 10 à 15 minutes. Après ça abime les seins !! »
Commentaire de la famille : « Impossible de le poser!!! C’est normal il est encore allaité. Ou mais il tète tout le temps!!! Ou encore il tète encore »
« S’il ne fait pas ses nuits c’est parce que ton lait ne lui suffit pas. » Et enfin si souvent entendu : « Tu devrais essayer la tétine. » Dur dur les mythes sur le bébé allaité.

Deedeen : Une médecin généraliste, lorsque je lui dis que ma fille, dix mois, tête encore : – Mais vous savez, les anticorps c’était pendant les six premiers mois…
Mais oui, donc le lendemain de son « anniversaire de six mois », pouf, plus d’anticorps ?

Laurence : Le pédiatre, à la visite juste avant ma reprise du boulot : « Bon je vous prescris du lait en poudre alors. » (bébé RGO)
Moi « Non je compte continuer à l’allaiter »
Lui « Mais vous allez faire comment ??? »
Moi « Ben… avec un tire-lait, et la nounou lui donnera mon lait en mon absence… »
Lui « Mais vous savez qu’un enfant boit environ 1 litre par jour ! »
Moi « Oui mais quand il sera avec moi il boira à la source… »
Lui « Mais quand même… enfin de toute façon c’est comme pour les animaux il y a des femmes qui sont bonnes laitières et d’autres qui sont mauvaises laitières.»
Moi «  »
Et en sortant du cabinet j’ai vu qu’il m’avait prescrit du lait en poudre sur son ordonnance. Et je ne l’ai jamais acheté !

Marie : La pédiatre de la PMI : « il faut attendre 2 heures entre chaque tétée, pour que vos seins se remplissent ».
Un vieux monsieur à une fête de famille: « vous le nourrissez encore ? » (bah non maintenant qu’il a 3 mois je ne lui donne plus rien à manger!).
Mon médecin orthopédique, en me montrant l’Afrique sur sa mappemonde: « l’allaitement c’est pour là » (pfff).

A vous de nous faire partager toutes les réflexions que vous entendez sur votre allaitement.



 

L’engorgement

Lorsque l’on reprend le travail, que l’on sèvre ou que l’on poursuive l’allaitement, il peut arriver que l’on ait à gérer un engorgement.
Si vous avez décidé de sevrer mais que le sevrage n’est pas totalement terminé, les premières journées de travail peuvent être difficiles pour vos seins. Si vous avez décidé de ne garder que les tétées à la maison, il faudra un peu de temps à vos seins pour prendre l’habitude de ne plus produire en journée. Si vous avez décidé de conserver une lactation complète mais que vous avez l’habitude d’un bébé qui tète souvent, les pauses de tirages de lait ne seront pas aussi nombreuses…

Voici quelques petits trucs pour gérer ces situations délicates :

  • Tout d’abord, savoir repérer que l’engorgement arrive, avant qu’il s’installe. Vous pourrez ainsi prendre les devants en tirant un petit peu de lait pour soulager vos seins avant qu’ils soient tellement gonflés que vous n’arriviez plus à tirer du lait.
  • Si vous poursuivez l’allaitement sans tirer votre lait, il vaut mieux prévoir de tirer un peu les premiers jours, sans drainer complètement les seins, dès que vous en ressentez le besoin. Petit à petit vous n’en aurez plus besoin.
  • Si malgré tout un engorgement s’est installé, vous devez réagir car c’est une situation douloureuse. Soit il est 17 heures et vous pouvez rentrer un peu plus tôt pour donner le sein à votre enfant, dans ce cas là, faites-le ! Soit vous devez rester au travail, vous allez alors vous éclipser quelques minutes pour passer vos seins sous l’eau chaude (vous pouvez prévoir un gant de toilette par exemple) et tirer votre lait. Le chaud aide à faire couler le lait. Si c’est plus simple pour vous, vous pouvez prévoir un coussin de gel bleu vendu en pharmacie qui passe au micro-ondes. Ce genre de coussin peut aussi se passer au congélateur et peut aider à soulager l’engorgement entre deux tétées ou deux tirages de lait.
  • Prévenez la personne qui s’occupe de votre enfant de votre heure de retour pour qu’elle ne donne pas un biberon une demi-heure avant votre arrivée : votre enfant risque alors de ne pas vouloir téter alors que vos seins en ont désespérément besoin.
  • Si vous êtes en période de sevrage et que vos seins s’engorgent, n’essayez pas d’aller trop vite en besogne. Laissez le temps à vos seins de réagir à la baisse de la demande et n’hésitez pas à tirer un peu de lait pour soulager un engorgement. Cela ne relancera pas la lactation si vous tirez juste ce qu’il faut pour vous soulager.
  • Prévoyez des coussinets d’allaitement en cas de « fuite » de lait.
  • Prévoyez également une tenue de rechange, cela peut toujours servir…
  • L’utilisation d’un tire-lait est parfois difficile en cas d’engorgement alors que le tirage manuel peut s’avérer plus efficace.
  • Il est inutile d’arrêter de boire, c’est inefficace et dangereux pour vos reins.

L’engorgement est douloureux mais régresse rapidement si l’enfant tète efficacement. C’est un « accident de parcours » fréquent chez les femmes allaitant, surtout au moment de la reprise du travail.
Les femmes qui risquent plus d’avoir un engorgement sont celles qui :

  • passent brutalement de douze tétées par jour à trois sans prévoir de tirer du lait.
  • stockent peu de lait entre deux tétées. Le fait d’espacer les tétées ou les tirages est plus difficile à supporter.
  • commencent à prendre des galactogogues à la reprise du travail par peur de manquer de lait…

Le remède universel à l’engorgement est le drainage du sein, soit par le bébé, soit en tirant son lait !

Et vous, vous est-il déjà arrivé de devoir gérer un engorgement au travail ? Qu’est-ce qui a été le plus efficace pour vous ?

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Allaiter et travailler : le témoignage de Sandrine

J’ai 2 enfants qui ont aujourd’hui 4 et 2 ans. Pour les deux, j’ai eu la chance de pouvoir prendre 3 mois de congé parental à temps plein pour pouvoir mener mon allaitement exclusif tranquillement. A ma reprise (mes enfants avaient 6/7 mois), ils étaient diversifiés et n’avaient plus besoin de mon lait en journée.
J’ai tiré un peu mon lait jusque vers 9 mois, juste pour entretenir ma lactation.
Mon entreprise me mettait à disposition l’infirmerie, libre entre 12 et 14 heures afin de pouvoir tirer mon lait dans de bonnes conditions.

Rien de bien extra-ordinaire là-dedans …
Là où je voulais plutôt témoigner concerne un séminaire auquel j’ai participé.
A l’époque j’étais cadre dans un groupe européen et je faisais partie d’un groupe de jeunes cadres à haut potentiel. Nous suivions des séminaires de formation au management de 3 jours dans différentes filiales en Europe tous les 4/5 mois.
L’une des sessions avaient été programmée environ 6 semaines après la naissance de mon fils. Bien qu’en congé maternité, j’ai souhaité participer quand même à cette session, d’autant plus qu’elle avait lieu en France, pas très loin de mon domicile (coup de chance !).
Je connaissais le formateur et je lui ai demandé s’il acceptait que je vienne avec mon fils (de 6 semaines donc). Il a accepté après accord des autres membres du groupe. J’avais beaucoup échangé avec le formateur (nous l’avions eu lors d’une autre session : il est hollandais et sa femme allemande et je savais son approche des enfants proche de la mienne).

J’ai ensuite informé mon DRH … qui a été très surpris. Des réunions ont été organisées au plus haut niveau de la société afin de savoir si cela pouvait ou non être validé … et cela l’a été !
J’ai donc suivi ce séminaire avec mon fils de 6 semaines en écharpe et allaité. Les 3 jours se sont extrêmement bien passés, mes collègues étaient ravis d’avoir un petit bout de chou à câliner…
Aucun d’eux n’a été choqué de l’allaitement (il faut dire qu’ils étaient tous allemands, hongrois, bulgares, italiens, … tous pays où l’allaitement est beaucoup plus « dans la norme » que chez nous).

Merci à Sandrine pour ce témoignage !

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Médicaments et allaitement

Je reçois beaucoup de questions de femmes à qui l’on a prescrit des médicaments incompatibles avec l’allaitement ou que l’on refuse de soigner sous prétexte qu’elles allaitent.

Je trouve vraiment cela dommage alors que l’on sait aujourd’hui qu’il est rarissime de devoir sevrer pour pouvoir se soigner. Une énorme majorité de médicaments est compatible avec l’allaitement. Malheureusement, vous ne savez pas lesquels sont vraiment incompatibles et il s’agit parfois de médicaments en vente libre.

Voici donc quelques ressources à proposer à votre médecin :

  • Sans conteste la meilleure source : Medications and Mother’s Milk de Thomas Hale.
    Son site internet est complémentaire et apporte des mises à jour.
  • La meilleure source en français : La compilation des coins du prescripteur, édité par LLL France, que vous trouverez ici .
    Un très bon cadeau à faire à votre médecin…
  • Le site internet Lactancia est également une excellente source d’informations.
  • Le site Lecrat peut être complémentaire.

Avec tout ça, si votre médecin refuse toujours de vous soigner, c’est qu’il est vraiment de mauvaise volonté

Et vous, avez-vous eu du mal à vous faire soigner ?



 

Allaitement et travail de nuit

Le travail de nuit peut prendre de nombreuses formes : ménage en entreprise, médecins et infirmières hospitalières, accueil d’urgence, sages-femmes …

Si ce rythme de travail est souvent subit, le travail de nuit est une option choisie délibérément par certaines femmes pour passer plus de temps avec leurs enfants. En effet, si vous travaillez de nuit, vous avez des jours de récupération et des horaires irréguliers, ce qui convient bien à certaines familles.
En général, c’est tout de même une situation fatigante car vous dormez moins le jour que la nuit habituellement. Il faut donc prendre soin de vous, penser à vous forcer à faire une sieste par exemple les jours de récupération, manger équilibré car une mauvaise hygiène alimentaire fatigue le corps. Ne succombez pas à la tentation de raccourcir vos périodes de sommeil : vous en avez besoin !

Si votre enfant fait ses nuits, mais que vous souhaitez qu’il n’ait que votre lait, vous devrez quand même tirer du lait pour que la personne qui s’en occupe pendant votre sommeil puisse lui donner. Ou bien vous choisirez de vous faire réveiller, de la même manière que les mamans qui gèrent les réveils nocturnes. Dans ce cas, attention à la fatigue !
S’il ne fait pas encore ses nuits, vous devrez prévoir du lait pour ses réveils nocturnes.
Un des avantages de cette situation, c’est qu’en général, le papa peut s’occuper de votre enfant en votre absence et le nourrir la nuit en cas de besoin.

Comme vous travaillez en horaires irréguliers, l’organisation va s’avérer plus compliquée car vous ne pouvez pas compter sur la régularité. Le plus simple est alors d’allaiter à la demande quand vous êtes avec votre bébé et de gérer indépendamment votre lactation durant les périodes travaillées.
Si vous ne souhaitez pas tirer votre lait pour nourrir votre bébé, le plus important est le confort de vos seins. Veillez à ce qu’ils ne s’engorgent pas.

Et vous, travaillez-vous de nuit ? Comment le vivez-vous ?

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Anecdotes autour de l’allaitement

A la demande de Clara, je crée aujourd’hui une rubrique anecdotes, pour dédramatiser un peu ce sujet sérieux qu’est le retour au travail !

Donc j’attends avec impatience toutes vos anecdotes sur l’allaitement et la reprise du travail !

Aujourd’hui nous commençons avec Clara :

« L’autre jour en rentrant du boulot et en faisant mes 85 kms jusqu’à chez moi, j’ai téléphoné à mon mari en arrivant au péage (quelques mètres avant…) pour savoir si mon petit « tenait » encore avant sa tétée. J’étais stressée de ne pas arriver à l’heure, mon mari devait partir travailler dès mon arrivée, on n’a parfois que quelques minutes le soir entre le moment où j’arrive, et le moment où il part… Bref, je téléphonais donc, et je n’ai pas vu le jeune policier qui me regardait là-bas juste après le péage dans sa longue-vue… Aïe aïe aïe… « Madame, ce n’est pas bien de téléphoner vous savez… » me dit-il après m’avoir fait signe de me garer. Oups, je n’en menais pas large ! Mon petit qui attendait !!!
« mais Monsieur, je devais absolument savoir si mon fils tenait encore…Je l’allaite, vous comprenez, et je travaille loin… Ça me stresse !  »
« ah bon vous l’allaitez ?… Soupir. Il a besoin de vous, faites attention, alors…  » et il m’a fait signe de repartir !!!!
Il était tout jeune ce policier, et je me suis demandée après si sa femme par hasard n’était pas dans la même situation !
En tout cas je n’en suis pas revenue!
Et ce n’est pas la seule fois où l’allaitement m’a « sauvée » !! »

Allez, à vos claviers, faites-nous partager ce qui fait le sel de vos vies de femmes qui allaitent et reprennent le travail



 

Allaiter et travailler : le témoignage de Sophie

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  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai choisi d’allaiter mes enfants avant même d’être enceinte. Ce choix était évident pour moi, parce que le lait maternel est ce qu’on peut donner de mieux à son enfant. Peut-être aussi que je voulais, en quelque sorte, « prolonger la grossesse » et le rapport privilégié qu’on a avec son bébé lorsqu’on lui donne le sein, pour se souvenir du temps où il grandissait en soi…

Pour ma fille (née en juin 2007), j’avais choisi de la sevrer avant la reprise du travail. Je m’y suis prise de bonne heure, parce que je voulais que ça se fasse en douceur. Je travaillais en décalé à l’époque et garder une ou deux tétées par jour était impossible car j’avais un rythme très irrégulier. De plus, tirer mon lait sur mon lieu de travail me semblait trop contraignant : pas de local « tranquille », et j’avais déjà beaucoup de mal à le tirer à la maison (en une heure je ne sais pas si j’aurais réussi à tirer un biberon)…

Pour mon fils (qui a presque 5 mois), j’ai voulu faire autrement et j’ai fait en sorte de changer de travail (au sein même de mon entreprise) pour travailler en horaires administratifs, afin de pouvoir continuer le plus longtemps possible un allaitement mixte. Ca n’aura malheureusement pas duré très longtemps.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Pour ma fille, j’ai commencé vers 2 mois à retirer une tétée par semaine. Elle en prenait 5 par jour, je pensais que ça prendrait un bon mois… Comme je devais commencer l’adaptation à la crèche vers 3 mois, c’était parfait. Un biberon, super. Deux biberons, ça va encore… Au troisième biberon, elle n’a plus voulu du sein. Ca a été un sacré choc pour moi de voir ma fille me repousser, je n’étais pas prête à ça. Et en plus, j’ai dû arrêter trop brusquement la lactation, ce qui a été fort douloureux.

Pour mon fils, je ne voulais pas revivre la même chose. J’ai donc commencé le sevrage plus tard, et fait en sorte de garder les tétées du matin et du soir. Il a été allaité 3 mois pleins (4 tétées par jour depuis ses 2 mois), j’ai commencé à introduire un biberon, puis deux sans problème. Quand j’ai repris le travail, il avait 3 mois ½ et j’ai supprimé la tétée du matin (parce que je n’avais pas le temps de l’allaiter le matin, il fallait s’occuper de lui, de ma fille, de moi…). J’ai continué la tétée du soir pendant un bon mois, il n’a jamais fait de différence entre le sein et la tétine du biberon !

Mais j’ai petit à petit dû compléter avec un biberon, parce que je n’avais plus assez de lait, et mon fils s’énervait… De toute façon, ce nouveau rythme m’a fatiguée, et puis j’ai voulu reprendre le sport, donc le soir, une fois par semaine, je devais tirer mon lait. Moi qui réussissais fièrement à tirer au moins 160 ml (contre 20 ml maxi pour ma fille !!), je n’arrivais plus à tirer plus de 80 ml, donc il fallait compléter aussi avec du lait artificiel.

Bref, je me suis résignée à arrêter, mais comme ça s’est fait réellement en douceur, ça n’a pas été difficile. Et puis c’était devenu plus contraignant qu’agréable parce que mon fils se mettait à pleurer au bout de 2 minutes…

Ca fait une semaine ½ qu’il est sevré aujourd’hui et tout va bien ! Et j’avoue que j’ai toujours au moins autant de plaisir à lui faire un câlin en lui donnant son biberon !

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

La mise en place de l’allaitement pour ma fille. Elle était toute petite à la naissance (46 cm pour 2,700 kg), et elle avait du mal à bien prendre le sein (peut-être parce qu’elle avait une toute petite bouche ?)… Et du coup j’ai eu des crevasses pendant 3 semaines ! C’est là que j’ai testé ma volonté… Et j’ai tenu bon. Je me disais que je devais nourrir ma fille (j’ai du croire qu’elle mourrait de faim sinon !), même si je devais souffrir à chacune des tétées quotidiennes (7 ou 8, voire plus au début), et essayer de garder le sourire (devant mon beau-père par exemple qui était ravi de filmer sa petite fille au sein de sa maman… Je n’en ai jamais vu le film d’ailleurs !).

Et puis un jour, en en discutant avec une amie, elle m’a conseillé la seule crème que je n’avais pas encore essayée (à base de lanoline pure), et qui ma guérie du jour au lendemain ! J’ai pu continuer à lui donner le sein, sereinement…

Et puis j’ai eu un petit engorgement au début du sevrage, mais ça n’a heureusement pas duré longtemps.

Et surtout le sevrage trop brusque a été vraiment difficile, surtout psychologiquement, après tout ce que j’avais enduré pour réussir à allaiter ma fille…

Pour mon fils c’est passé comme une lettre à la poste ! Tout a été facile, même si les premières semaines, la mise au sein était légèrement douloureuse.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Il y a eu de nombreux moments magiques… Les regards de ma fille, yeux dans les yeux… Les endormissements au sein…

Il y a eu aussi la toute première mise au sein de mon fils. C’était comme si je ne m’étais jamais arrêtée d’allaiter… Il est resté 10 minutes à chaque sein comme s’il avait fait ça depuis des mois… Et moi j’étais aux anges. Ca présageait bien un super allaitement !

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Prenez le temps de la réflexion…

Et parlez-en avec votre employeur. Vous avez des droits (1h par jour pour tirer son lait sur son lieu de travail) mais parfois l’entreprise n’a pas de local convenable pour ça, et si vous le demandez, elle doit pouvoir le mettre en place.

Si vous ne souhaitez pas sevrer votre enfant, ce n’est (en théorie) pas compliqué de continuer un allaitement total, encore faut-il pouvoir suivre le rythme (ne pas être trop fatiguée, pouvoir tirer son lait en quantité suffisante) et avoir un mari compréhensif !

Si ça vous semble trop compliqué, ne culpabilisez pas… On a autant de moments de tendresse avec son bébé en lui donnant le biberon… Je vous assure !

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

L’expérience de mon premier allaitement m’a donné des améliorations à apporter à mon deuxième allaitement… S’il devait y avoir un troisième bébé (oh pas tout de suite !!)… Je ferais au moins comme pour mon deuxième, mais si possible encore plus longtemps ! Mais je pense qu’avec un 3e enfant je prendrais un congé parental d’au moins 6 mois (pour mon fils, financièrement c’était compliqué, mais j’aurais aimé…) pour pouvoir continuer sereinement a allaiter mon bébé…

Parce qu’il faut se le dire, malgré les droits qu’on nous a donnés pour concilier allaitement et travail, c’est tout de même plus que contraignant. Le congé de maternité devrait durer jusqu’aux 6 mois de l’enfant s’il est allaité (pourquoi pas en échange de don de lait maternel aux lactariums ? Ca profiterait à tout le monde !)

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Allaiter et travailler : le témoignage d’Alexia

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  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Je ne condamne pas les mères qui le font car financièrement tout le monde ne peut pas arrêter de travailler mais en ce qui me concerne il était impensable que mon bébé parte en crèche à 2 mois avec un biberon de lait en poudre j’ai donc pris un congé parental de 6 mois. J’avais déjà prévu dès le départ de l’allaiter plus de 6 mois et lorsque l’échéance est arrivée j’ai choisi naturellement de poursuivre l’allaitement parce qu’il était primordial pour moi que mon fils ait droit à ce qu’il y a de meilleur et c’est un moment tellement agréable que je ne me voyais pas faire autrement. C’est déjà un choc pour lui de ne plus être toute la journée avec sa maman alors si en plus il fallait arrêter l’allaitement je crois qu’on en aurait été malade tous les deux.

En plus il a une suspicion d’allergie alimentaire (certainement au lait de vache mais peut être aussi à autre chose) et ma pédiatre ainsi que l’allergologue m’ont fortement conseillé d’allaiter le plus longtemps possible pour « soigner » ses allergies. Et lorsqu’il part chez la nounou avec un biberon de lait maternel c’est un peu comme s’il emmenait avec lui une partie de moi, c’est quelque chose que seule la maman peut lui apporter.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Mon fils tète le matin avant d’aller chez la nounou et le soir lorsque je le récupère. Je tire mon lait une fois par jour le midi pendant ma pause, je travaille et j’habite dans le même immeuble donc c’est très pratique, j’ai un tire-lait que je loue à la pharmacie, j’ai récupéré des mini bouteilles en verre (200ml pour jus de fruit) et je m’en sers pour stocker mon lait au frigo ou au congélateur. J’arrive pour l’instant à remplir une bouteille voir une bouteille et demie par jour. Heureusement que j’habite et travaille sur place car à mon ancien travail le bureau était entièrement vitré, il n’y avait pas de salle de pause, ni de vestiaire et là j’aurais dû tirer mon lait assise sur la cuvette des toilettes le tout manuellement car il n’y a pas de prise électrique dans les toilettes et bonjour l’hygiène ! En déplacement (je parcours la France entière presque tous les week-end pour participer à des foires) j’ai investi dans un mini-frigo que je branche sur l’allume-cigare ou à l’hôtel ça me permet de stocker mes bouteilles de lait ou la nourriture du petit lorsqu’il vient avec moi, c’est très pratique, c’est plus petit qu’une glacière et j’en ai eu pour 40 ou 50€ en l’achetant d’occasion.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Trouver le bon moment pour tirer mon lait car trop tard je suis à la limite de l’engorgement et trop tôt la lactation est un peu plus longue à démarrer. Or, mon temps de pause est assez court et j’en profite également pour faire plein d’autres choses en même temps (j’en profite pour faire le ménage, les lessives des couches lavables, préparer des petits pots maison….) donc il ne faut pas que ça traine… Si je ne tire pas mon lait pendant quelques jours c’est dur de s’y remettre, il faut vraiment garder le rythme.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Au bout de 3 semaines d’allaitement lorsque j’ai réussi à me passer des embouts de sein et que j’arrivais à l’allaiter correctement, je me suis dit « ça y est ! j’y arrive enfin malgré les commentaires blessants qu’on m’a dit ». Les meilleures tétées ont été celles qu’on faisait pendant la sieste ou le soir lorsqu’on s’endormait ensemble l’un contre l’autre. L’allaitement m’a aussi permis de perdre 20kg en 6 mois sans aucun régime ni effort, c’est pas le but mais non seulement mon fils profite bien de l’allaitement (il est dans le haut de la courbe pour la croissance et le poids) mais au passage je retrouve la ligne…

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Qu’il est possible de continuer l’allaitement et que ce n’est qu’une question de volonté à condition d’être bien conseillée et bien organisée. On ne peut pas faire de meilleur cadeau à nos enfants et c’est à cet âge là qu’on peut en profiter le plus alors pourquoi arrêter quand il existe des solutions ?

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Oui oui et ouiiiiiiiiiii! Si j’avais su je me serais préparée avant l’accouchement en participant à des réunions avec la leche league par exemple et en lisant des livres sur l’allaitement afin d’avoir dès le départ des bons conseils au lieu d’écouter tout et n’importe quoi de la part de personnes qui ne s’y connaissent pas en matière d’allaitement.

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Rencontre avec l’équipe du Pr Hartmann, le retour…

tribune 2Je vous avais promis un retour sur le symposium organisé par Medela avec l’équipe du Pr Hartmann, m’y voici.

Les interventions proposées étaient passionnantes, la conférence de presse était une première pour moi, j’en ai profité pour poser les questions pouvant vous être utiles.

A tire d’Ailes : Est-ce qu’un bon tire-lait peut stimuler la lactation aussi efficacement qu’un bébé ?

Pr Hartmann : Oui, c’est à peu près la même chose. Dans certains cas le bébé est plus efficace mais pour stimuler une production de lait défaillante, le tire-lait peut être indispensable car il continue à stimuler le sein alors qu’un bébé s’arrête quand il n’a plus faim. Du coup, une séance d’expression au tire-lait peut durer un quart d’heure alors qu’un bébé efficace va téter en moyenne 8 minutes (selon l’appétit du bébé).
Les reflexes d’éjection se produisent de la même façon avec un tire-lait ou avec un bébé au sein, nous en avons eu la confirmation grâce à l’échographie.

A tire d’Ailes : A la reprise du travail, une mère qui ne tire pas son lait la journée et allaite son bébé à la demande quand elle est avec lui peut-elle maintenir sa lactation ?

Pr Hartmann : Cela dépend des femmes et de leur anatomie. Si le sein peut stocker suffisamment de lait, on peut espacer les tétées mais pas si la capacité de stockage est limitée. Pour certaines femmes, on ne peut pas espacer les tétées ou les tirages de plus de trois heures alors que d’autres pourront espacer de douze heures si le bébé tète à la demande à la maison.
D’autre part, un sein non drainé risque plus de voir se développer une bactérie (qui stagne alors dans le lait et peut s’y développer) qu’un sein drainé bien régulièrement.
Il vaut donc mieux prévoir au moins une pause par jour pour tirer son lait, l’idéal étant de prévoir trois pauses par jour.

A tire d’Ailes : Vous avez expliqué lors de votre intervention que pendant la période d’allaitement, le sein nécessite une proportion plus grande de consommation d’énergie quotidienne que le cerveau, représentant 30% de la prise énergétique quotidienne. Cela veut-il dire que l’allaitement fatigue ?

Pr Hartmann : Non, car le corps n’a pas besoin d’un apport calorique supplémentaire en période d’allaitement (sauf pour des jumeaux). Simplement cet apport calorique est distribué différemment. Du point de vue de l’évolution de l’espèce, ce serait anormal que l’allaitement soit fatigant.

A tire d’ailes : Si le cerveau consomme moins d’énergie pendant l’allaitement, cela veut-il dire que l’on pense ou réfléchit moins bien  pendant cette période ? :-)

Pr Hartmann : Non, car il a été prouvé, notamment grâce à des expériences sur des souris, que le QI de la femme augmente en période d’allaitement. Les entreprises devraient donc tout faire pour que leurs salariées poursuivent leur allaitement le plus longtemps possible :-) .