Allaiter et travailler : le soutien

coupleQuand on poursuit l’allaitement à la reprise du travail, le soutien est particulièrement précieux. Il permet de tenir le choc dans les moments difficiles : c’est tellement plus sympa de s’entendre dire « tu as tenu bon jusque là, tu vas y arriver, c’est génial ce que tu fais » plutôt que « Si tu es si fatiguée, tu n’as qu’à arrêter, le lait en poudre est fait pour ça ! ».
Cela permet également de pouvoir être entièrement à ce que l’on fait (rendre ce rapport urgent à gentil patron à 14h) plutôt que de penser en permanence « comment est-ce que je vais bien pouvoir m’éclipser discrètement pour tirer mon lait dans le placard à balai sans que la femme de ménage ne me voit », le stress occupe une bonne place dans la tête et ne permet pas de travailler correctement.
Et puis c’est tellement plus agréable de se sentir soutenue dans ses choix que de devoir se battre pour les imposer…

Les premières personnes qui peuvent vous soutenir sont vos proches et particulièrement le père de votre enfant. En général, quand une mère poursuit l’allaitement, le père s’investit plus dans les tâches ménagères (voir cet article), ce qui allège la charge de travail de la mère. Le père est celui à qui vous avez envie de confier vos joies et vos difficultés et c’est souvent le mieux placé pour vous remonter le moral. Après tout, ce que vous faites, vous le faites pour son enfant ! Le reste de la famille peut également être important : parents, beaux parents, frères et soeurs, tout soutien est bon à prendre.

Votre entreprise devrait également pouvoir vous soutenir : en mettant à votre disposition un local pour tirer votre lait, en vous laissant prendre les pauses dont vous avez besoin, en informant l’ensemble du personnel que tirer son lait est quelque-chose de normal pour éviter les remarques désagréables ou déplacées,… L’entreprise a tout à y gagner : les enfants allaités sont statistiquement moins malades et une mère stressée travaille moins bien.

Les professionnels de santé ont leur rôle à jouer. Le pédiatre devrait vous soutenir plutôt que de vous conseiller de sevrer si ce n’est pas votre choix. Votre médecin ne devrait pas mettre votre fatigue sur le dos de l’allaitement alors que le fait même de reprendre le travail avec un bébé est en soi très fatigant. Ils devraient être à même de vous fournir de l’information et du soutien.

Enfin, le soutien de la personne qui garde votre bébé est très important. Vous avez besoin qu’elle accepte de gérer votre lait pour ne pas en gaspiller par exemple ou tout simplement pour qu’elle accepte de donner votre lait (voir cet article). Si cette personne vous soutient, elle ne vous stressera pas avec des demandes irréalistes (du genre : « il me faut 800 ml de lait par jour ») et c’est tellement plus agréable de ne pas avoir de remarques désagréables deux fois par jour.

Le soutien n’est pas acquis d’avance en matière d’allaitement maternel. Vous allez devoir faire preuve de pédagogie envers vos proches et la personne qui garde votre enfant. C’est important qu’ils aient les informations sur le bien fondé de votre démarche. La meilleure preuve étant la preuve par l’exemple : « regardez comme mon bébé allaité se porte bien, je ne veux pas gâcher cela en le sevrant »… Cela peut bien marcher avec l’entourage. Avec la personne qui va garder votre enfant, il faut lui expliquer que ce n’est pas plus compliqué que le lait en poudre, que cela ne va pas alourdir sa charge de travail et surtout lui fournir toutes les informations sur la manipulation et la conservation du lait maternel.
Il est important également d’écouter ses craintes et ses réticences. Le dialogue est absolument nécessaire pour obtenir le soutien dont vous avez besoin.

Vis à vis de votre entreprise, la loi est de votre côté : vous avez droit à deux fois une demi-heure dans la journée pour tirer votre lait. Cependant, affronter véhémentement votre employeur n’est a priori pas la meilleure des solutions. Commencez plutôt par expliquer votre demande. Vous pourrez toujours ensuite sortir votre article de loi s’il refuse de vous entendre…

Malgré toute votre bonne volonté, vous n’obtiendrez sûrement pas le soutien de tous. Cependant, la neutralité vaut mieux que la réprobation et si personne ne vous fait de remarques désagréables, c’est déjà un grand pas de fait.
Vous pouvez également trouver du soutien auprès d’autres femmes ayant déjà vécu la même situation, au sein de votre entreprise ou dans des associations de mères (LLL, Solidarilait et bien d’autres).

Et vous, avez-vous reçu le soutien dont vous aviez besoin ?



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4 Commentaires

  1. 3 sur 4 !!! J’ai eu le soutien de mon conjoint (qui a toujours été à mes côtés pour
    m’aider à trouver des solutions quand c’était un peu compliqué), celui de mon boulot
    (l’infirmerie m’a offert un asile calme pendant tout mon allaitement au travail, mon
    chef n’a jamais fait un commentaire sur mes pauses en milieu de journée…) et enfin
    la crèche (je peux même dire que c’est PARCE que la crèche m’a proposé de donner mon
    lait à mon fiston que j’ai décidé de continuer l’allaitement, sinon je m’étais résolue
    à passer en allaitement mixte à la reprise du travail).
    Finalement la seule qui ne m’a pas aidée c’est la pédiatre, qui m’a fortement conseillé
    le sevrage quand j’ai dit que je reprenais le travail… Heureusement que je ne l’ai pas
    écoutée ;-)

  2. @Kaline
    Je trouve cela extraordinaire : un mari soutenant, le boulot très compréhensif et surtout la crèche qui a proposé la poursuite de l’allaitement, je suis bluffée…un peu moins par la pédiatre :-)

  3. Pour ma part, peu de soutien de l’entourage (sauf le père, heureusement et quelques parents proches), obligée de m’éclipser discretement au travail pour tirer mon lait. J’ai demandé à la RH si je pouvais utiliser la salle de repos 2 fois 10minutes par jour, je n’ai toujours eu pas de réponse, alors c’est soit les toilettes, soit mon bureau fermé à clé…mais c’est vraiment dommage au jour d’aujourd’hui de devoir se battre pour ça!

  4. @Barbara
    Le soutien du père est le plus important il me semble !
    Pas de réponse de la DRH, c’est dur mais peut-être a-t-elle oublié votre demande ?
    En tout cas, bon courage !

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