Archives de janvier 2010

Assistante maternelle et bébé allaité

Quelques pistes pour aider une assistante maternelle à nourrir un bébé allaité.

Tout d’abord établir un dialogue entre les parents et l’assistante maternelle : tous les adultes doivent pouvoir exprimer leurs attentes et leurs souhaits et être entendus. Cela permet de mettre en place une solution qui peut convenir à tout le monde.  Apporter de la documentation peut aider pour répondre aux peurs générées par l’inconnu.

A priori, il n’est pas nécessaire que le bébé prenne des biberons avec ses parents avant de les prendre avec l’assistante maternelle. Il peut tout à fait apprendre avec elle.
Il peut commencer par accepter quelques millilitres avant de prendre de plus grandes quantités. A partir du moment où il sait prendre quelques gorgées, c’est qu’il est capable de prendre plus, s’il est d’accord ! Plusieurs petites prises peuvent être plus efficaces les premiers temps puis l’enfant apprend à prendre de plus grosses quantités à la fois.
Pour qu’il soit d’accord pour cet apprentissage, il faut qu’il soit calme et qu’il ne soit pas affamé. Un bébé qui pleure de faim n’est pas en état d’apprendre une nouvelle façon de manger…

En général, il vaut mieux installer le bébé à la verticale, soit dos à la personne qui le nourrit, soit dans un transat, face à face avec l’assistante maternelle (le siège auto ou la poussette peuvent aussi très bien marcher).
Présenter la tétine doucement au contact des lèvres, sans la forcer dans la bouche du bébé. Le bébé la prendra quand il sera d’accord pour cela.

Proposer différentes tétines fonctionne bien chez certains bébés mais pour d’autres il peut être nécessaire de respecter le temps d’apprentissage en présentant toujours la même tétine.

L’assistante maternelle peut parler au bébé pour lui expliquer ce qui se passe et l’encourager. Elle peut aussi le féliciter pour ses progrès même s’il n’a pris que très peu de lait.
Elle peut l’accompagner dans ses pleurs : pour le bébé, ne plus avoir le sein peut être très frustrant et il doit apprendre à passer par dessus cette frustration. L’accompagner dans cette phase est très important.

Petit à petit, l’enfant et l’assistante maternelle vont apprendre à se connaître et prendre leurs habitudes et leur rythme. La confiance va s’installer et chacun en sortira gagnant.
La patience reste le maître mot.

Et vous, si vous êtes assistante maternelle, comment vous y prenez-vous ? Si vous êtes maman, comment s’y est prise l’assistante maternelle de votre enfant ?

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Allaiter et travailler : le témoignage de Sylvie

Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Poursuivre l’allaitement a été une évidence au moment de reprendre le travail. Poursuivre l’allaitement en tirant mon lait au travail est également devenu évident, mais une évidence qui s’est construite petit à petit. Célestin est mon premier enfant, allaiter était naturel, mais je n’avais aucun a priori sur la durée de l’allaitement. Rapidement, j’ai adoré ce contact avec mon fils, j’ai découvert à quel point il était heureux accroché à mon sein et j’ai eu envie de poursuivre aussi longtemps que nous avions envie l’un et l’autre.
Mais la reprise du travail apparaissait comme un obstacle, je ne savais pas qu’il était possible de tirer son lait au travail facilement. Je pensais m’en tenir aux recommandations du carnet de santé : tétées matin et soir. C’est d’abord le pédiatre qui a été un déclencheur en émettant des doutes sur le maintien durable de la lactation en allaitant seulement matin et soir. Puis une amie, plutôt conventionnelle, qui avait pour projet de tirer son lait jusqu’aux 6 mois de sa fille après la reprise du travail : tirer son lait n’était donc pas une pratique d’illuminée mais répandue, possible et souhaitable pour poursuivre l’allaitement. Et puis Célestin n’avait  que 3 mois et 1/2 quand j’ai repris le travail, il me paraissait de plus en plus impossible d’arrêter maintenant l’allaitement – et même l’allaitement exclusif…

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’ai rapidement loué un tire-lait électrique double pompage Ameda lactaline sur les conseils d’une animatrice LLL, pendant le dernier mois j’ai constitué quelques stocks pour recommencer le travail sereinement (et me permettre quelques sorties !). J’ai discuté avec la nounou (garde partagée à domicile) qui n’y voyait pas d’inconvénient, ayant elle même longtemps allaiter ses enfants – et avait moins de préparation avec le lait maternel !
A ma reprise, j’ai informé mes collègues que je tirerais mon lait pour poursuivre l’allaitement, ce qu’ils ont tous trouvé très naturel, sans doute parce que je l’ai présenté de façon extrêmement évidente. Je pouvais le faire directement dans mon bureau puisque j’y étais seule. Je laisse mon tire-lait sur place et je transporte le lait dans une petite glacière fournie avec le tire-lait que je mets au frigo la journée. Pour éviter d’être dérangée, je disposais juste un petit écriteau sur la porte. Je l’avais formulé de façon humoristique : c’était une couverture de Martine à la ferme (le personnage pour enfant), avec son dessin naïf et mon prénom. L’expression « je vais à la ferme » est devenue un nom de code dans le service…
Célestin a maintenant 9 mois, entre temps nous avons changé de mode de garde, il est entré à la crèche, il est diversifié. Mais il boit encore deux biberons de 180 ml de lait maternel et j’aimerais poursuivre ce rythme en diminuant progressivement les quantités de lait jusqu’à ses 1 ans – mais je me laisse aussi la possibilité d’arrêter plus tôt si l’envie s’arrêtait !

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Ne pas stresser sur les quantités produites… Jusqu’aux 6 mois de Célestin, je tirais 3 fois par jour (à mon arrivée, en fin de pause déjeuner et vers 16h30). Il y a eu des jours avec et des jours sans : parfois je débordais de lait et avait bien trop en quantité, parfois j’étais plus juste (je complétais au besoin avec mon stock ou je tirais mon lait une ou deux fois de plus !)… Parfois je n’avais pas le temps de tirer le lait comme je le souhaitais. Mais ce qui a été compliqué a été d’ajuster au départ la quantité nécessaire : la nounou avait tendance à augmenter toujours la taille des biberons, ce qui m’entraînait dans une surenchère difficile à suivre et me stressait, donc inhibait en partie ma « production ». Quand nous sommes passés à 2 x 240 ml, j’ai dit stop et transigé sur un biberon de 240ml et le second de 210ml : quand Célestin est avec son père, il ne buvait jamais autant, la nounou avait tendance à « gaver » les bébés… La quantité « gagnée » n’était pas énorme, mais psychologiquement elle m’a permis d’être plus à l’aise et de n’avoir plus de difficulté de stock.
Autre difficulté : en septembre mon service a déménagé. Je ne suis plus seule dans mon bureau : je tire mon lait à l’infirmerie qui se trouve dans le bâtiment. Ce n’est pas loin mais il faut se motiver pour y aller et je perds plus de temps, ma motivation se tasse… mais pas au point d’abandonner ! Je vais donc régulièrement aux réunions LLL pour reprendre du poil de la bête ! Et puis je suis tellement sûre de vouloir conserver ce contact avec Célestin… et notre autonomie pour les week-end et les vacances !

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

La tétée retrouvailles du soir bien sûr !
Il y a aussi toutes ces petites joies les jours où j’arrive à produire beaucoup plus que nécessaire et que je peux congeler mon lait !
Il y a aussi eu ces trois semaines de vacances en août sans aucun biberon, sans me retrouver face à mon tire-lait et c’était vraiment chouette. Ça n’aurait jamais été possible si je n’avais pas continué un allaitement exclusif et tiré mon lait et nous avons tous les 3 vraiment savouré cet aspect des choses…

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

De faire comme elles le sentent. De ne pas se sentir bloquées par le regard des autres : la plupart du temps, les gens sont plutôt admiratifs… Il est vrai que tirer son lait est une pratique contraignante : il faut se créer des bonnes conditions pour qu’elle pèse le moins possible dans l’organisation quotidienne. Laisser mon tire-lait au travail a été d’une grande aide : transporter quotidiennement l’appareil m’aurait vite découragé. J’ai aussi investi dans un « bandeau d’allaitement » acheté chez Mamanana, ça peut paraître un accessoire-gadget, mais il permet de tirer son lait en continuer en conservant les mains libres, donc en pianotant sur l’ordinateur, en lisant, écrivant et permet de perdre moins de temps au travail. Une fois que l’on a pris les bonnes habitudes, cela devient facile – et tellement gratifiant de savoir qu’on a pu continuer à nourrir son enfant, tout en reprenant le travail !
Il faut aussi se laisser la liberté d’arrêter si tirer son lait pèse. Je m’étais fixé un objectif aux 6 mois de Célestin au départ, aujourd’hui je vise ses 1 ans. Mais je me suis toujours dit que si j’en avais marre, j’avais aussi le droit de changer le mode d’allaitement, de passer au mixte par exemple, cet état d’esprit m’a aussi beaucoup permis de ne pas me mettre trop la pression. Je crois qu’il faut reprendre le travail sereinement, en se laissant toutes les chances, essayer pourquoi pas de tirer son lait, de voir ensuite si les conditions le permettent et ne pas en faire un devoir épuisant !

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Bien sûr !
Je ne changerais rien je crois…
Enfin si, je serais encore plus organisée dans la gestion des stocks ! Le soir en rentrant, je remplis directement les biberons du lendemain pour la crèche et je congèle tout de suite le surplus. Cette pratique m’aurait permis d’être vraiment tranquille dès le départ en sachant que si un jour je puise dans le stock, je le remplis au quotidien ! C’est sans doute le meilleur conseil pour éviter de stresser sur les quantités…

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Quantité de lait bue par un bébé

C’est une question que se posent beaucoup d’entre vous au moment de proposer les premiers biberons à leur bébé : quelle quantité dois-je lui donner ? J’ignore ce que bois mon bébé, est-ce que le lait que je vais tirer va suffire ?

Commençons par quelques petites notions.

  • Il est quasi-impossible  de connaître la quantité de lait bue par un bébé au sein.
  • Cependant les études ont montré qu’un bébé d’une semaine à un mois prend en moyenne 150ml de lait par kilo et par 24 heures. Un bébé de 3 kg va donc boire en moyenne 450 ml par 24h.
  • La quantité prise augmente durant le premier mois.
  • Entre un mois et six mois, un bébé allaité boit en moyenne 800 ml de lait par 24 heures. Cette quantité ne varie pas ou presque pendant ces cinq mois. C’est une moyenne donc bien sûr certains bébés vont prendre 700 ml et d’autres 900 ml voir un litre…
  • Pour avoir une idée de la quantité de lait que boit votre bébé lors d’une tétée, vous pouvez donc diviser ce total par le nombre de tétées. Cependant, le résultat sera forcément inexact puisqu’un bébé ne boit pas forcément la même quantité à chaque tétée.

Bref, vous ne saurez jamais précisément…

Alors comment prévoir les quantités de lait à laisser à l’assistante maternelle ou à la crèche ?
Vous pouvez observer le rythme habituel de votre bébé et en déduire environ la quantité qu’il boira en votre absence. Cependant, la plupart des bébés adoptent un rythme différent avec la personne qui les garde.
Au début, ils n’acceptent pas forcément de grandes quantités d’une nouvelle personne, il faut le temps qu’ils trouvent leur nouveau rythme.

Donc le plus simple c’est d’essayer !
Si votre bébé doit prendre du lait en poudre, pas de souci, il sera reconstitué 30ml par 30ml.
Si vous laissez du lait maternel, au début, prévoyez de petites quantités (30ml, 60ml maximum). Un biberon entamé mais non terminé est souvent jeté à la crèche, ce serait dommage de gâcher du lait maternel laborieusement tiré !
Vous pouvez bien évidemment expliquer qu’un biberon de lait maternel frais (et non décongelé) entamé peut être remis au réfrigérateur pour le repas suivant, mais vous ne serez pas forcément entendue…
Petit à petit vous allez discuter avec la personne qui s’occupe de votre enfant et adapter les quantités à laisser.

Attention cependant ! Si l’on donne un biberon à un bébé habituellement allaité, il a souvent tendance à le boire beaucoup trop vite. En effet, il doit avaler à chaque mouvement de succion alors qu’au sein il avale toutes les deux ou trois succions. Il se fait donc un peu « piéger ». Or un bébé qui boit trop vite va boire en trop grande quantité car la sensation de satiété n’a pas le temps d’arriver. La crèche risque donc de vous dire que vous ne fournissez pas suffisamment de lait !
Vous pouvez alors leur expliquer le problème en leur demandant de faire faire beaucoup de pauses à votre bébé lorsqu’il boit un biberon.

Et vous, votre bébé prend des biberons de combien ?

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Hygiène et tirage de lait

lavage mainsQuelles sont les règles d’hygiène à respecter lorsque l’on tire son lait ?

Je vais vous parler ici des règles à appliquer avec un bébé né à terme (ou qui a dépassé l’âge de son terme et est sorti de service de néonatalogie), en bonne santé et lorsque vous ne tirez pas votre lait à l’hôpital.
L’hôpital étant un lieu où circulent beaucoup de germes, parfois très méchants, les règles pour tirer son lait y sont plus strictes.

Première chose, la plus évidente mais pas toujours la mieux appliquée, se laver les mains : il faut bien frotter partout, y compris entre les doigts et sur les poignets. Il faut se laver les mains juste avant de tirer son lait. Si c’est impossible, on peut utiliser une solution hydroalcoolique. Attention, ces solutions ont des propriétés bactéricides, virucides et fongicides mais n’ont pas d’effet nettoyant. Elles doivent donc s’utiliser sur des mains non souillées.

Deuxième chose, utiliser un matériel propre. Le tire-lait et tout ce que vous utilisez pour tirer votre lait doit être propre (serviette, récipient de recueil, …). Propre ne veut pas dire stérile. Un tire-lait lavé à l‘eau chaude et au liquide vaisselle, bien rincé est propre, un biberon également. La stérilisation n’est pas nécessaire et complique singulièrement le quotidien.
Si vous tirez votre lait plusieurs fois dans la journée, vous pouvez aussi mettre les téterelles dans un sac plastique zippé (type sac de congélation) au réfrigérateur entre deux tirages. Il n’y a que du lait sur vos téterelles, or le lait se conserve très bien au réfrigérateur, donc pas de problème. Ainsi vous nettoierez votre tire-lait en rentrant chez vous le soir et vous gagnez du temps au travail. Vous changez de sac zippé tous les jours.

Vous devez également respecter la chaine du froid pour votre lait. Si vous le conservez dans un réfrigérateur au travail, pensez à le transporter dans un petit sac glacière pour rentrer chez vous ou pour l’apporter à la crèche.

Concernant le lieu de tirage, évitez de tirer votre lait dans les toilettes de votre entreprise, les germes y sont très nombreux.
Préférez l’infirmerie ou le service de santé au travail, votre bureau, une salle de réunion, une salle de repos,…
Si les toilettes sont vraiment le seul lieu disponible, insistez bien sur le lavage des mains puis ne touchez à rien sauf à votre tire-lait : pas de poignée de porte, de serviette suspendue pour se sécher les mains, d’interrupteur. Pensez à tout préparer avant de vous laver les mains, puis utilisez votre coude si vous devez fermer une porte.

Enfin, il est inutile (et même nocif) de nettoyer le sein avant ou après le tirage. Une douche quotidienne suffit.

Et vous, avez-vous besoin de précautions supplémentaires ?

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