Archives de novembre 2009

Rencontre avec Ségolène Finet, co-fondatrice de Mamanana

Segolene et TaliaJe vous ai déjà parlé de Mamanana pour ses vêtements d’allaitement et ses accessoires d’allaitement (les Lilypadz ou le bustier pour tire-lait par exemple).

Aujourd’hui, je suis heureuse de vous faire rencontrer Ségolène Finet, la co-fondatrice de Mamanana, qui partage avec nous son expérience du travail et de l’allaitement.

- Bonjour Ségolène. Peux-tu nous parler de ton métier ?

J’ai plusieurs casquette : je suis la fondatrice de la boutique en ligne www.mamanana.com et à ce titre je m’occupe des achats (c’est moi qui choisit la collection de vêtements et de lingerie auprès de plus de 30 fournisseurs), et du marketing du site (publicité, relations presse, etc.) Je suis aussi bloggeuse et j’écris sur mon expérience de maman allaitante, l’actualité de l’allaitement, etc. : http://blog.allaitement.mamanana.com/2008/01/pour-changer-de.html

- Y a-t-il des « trucs » vestimentaires qui peuvent aider une maman qui tire son lait au travail ?

Il y a deux types de trucs : les trucs pour se sentir bien, et les trucs pour tirer son lait facilement.

Pour se sentir bien : souvent quand on reprend le travail après un congé de maternité, on y va un peu à reculons en espérant toujours qu’un miracle de dernière minute nous permettra de rester à la maison au chaud avec bébé. On a tendance aussi à se préoccuper uniquement des besoins futurs de bébé, et à oublier les siens. Du coup, et cela m’est arrivé pour mon premier bébé, on arrive souvent pour le premier jour de boulot avec des cernes, pas super bien coiffée, un tailleur qui date d’avant la grossesse, et souvent, des kilos en trop qui dépriment. Difficile alors d’avoir confiance en soi et de projeter l’image dynamique attendue des collaborateurs de votre entreprise. Donc mon premier truc est de se préparer au retour de manière un peu égoїste : de s’accorder une petite virée shopping, un tour au rayon maquillage de Monop, une coupe de cheveu, etc.  C’est plus important qu’on ne le pense.

Deuxième truc, il faut se préparer une garde-robe qui fonctionne bien pour tirer son lait au travail et/ou pour allaiter bébé en le retrouvant le soir (car s’il faut enlever votre robe pour allaiter à la crèche c’est moyen.) Cela inclut la lingerie.  Voilà ma petite liste :

  • Des soutiens-gorge d’allaitement suffisamment souples et élastiques pour tenir les téterelles du tire-lait (si vous utiliser un tire-lait à double pompage), ou un bustier tire-lait à rajouter dessus.
  • Des hauts et robes qui vous permettent facilement de tirer votre lait, c’est-à-dire, soit des hauts et robes d’allaitement, soit des tenues qui peuvent suffisamment s’ouvrir devant (chemisier boutonné, pull de forme cache-cœur, superposition caraco élastique sous veste, etc.) et qui ne se friperont pas trop lors de l’opération. Vous pouvez aussi porter un haut que vous soulèverez mais c’est moins pratique car 1) vous avez le ventre à l’air, donc risquez d’avoir un peu froid si les locaux sont climatisés, et 2) avec le tee-shirt remonté au dessus de la poitrine vous voyez moins bien comment positionner les téterelles, c’est énervant.
  • Difficile de tirer son lait, du moins au début, sans qu’une goutte ou deux atterrissent sur vos vêtements, donc privilégiez les matières non fragiles (pas de nettoyage à sec !), les teintes sombres, et les imprimés. Amenez aussi une petite serviette de toilette ou un foulard en coton qui ne craint rien que vous posez sur vos genous afin de protéger votre jupe ou votre pantalon.
  • Avoir toujours sur son lieu de travail une tenue complète de rechange (haut et bas), et un soutien-gorge de rechange, en cas de catastrophe (genre, vous renversez sur vous la bouteille de lait tiré) ou d’écoulement de lait intempestif. Prévoir aussi des coussinets d’allaitement de rechange, des barres de céréales, et un petit tire-lait manuel que vous pouvez glisser dans un sac à main en cas de déjeuner client qui s’éternise (et auquel vous n’avez pas amené votre tire-lait électrique plus encombrant).
  • Ne pas lésiner sur les coussinets d’allaitement si vous en avez besoin. En essayer plusieurs afin d’identifier les plus discrets et les plus absorbants. Rien de pire que de sentir un écoulement de lait tremper votre pull lors d’une réunion de fin de journée.

- Quelles sont les erreurs à éviter ?

Idéalement, pour limiter le stress des premiers jours, il faut faire une répétion générale. C’est-à-dire chez soi (ou dans l’entreprise mais c’est difficile !) s’habiller comme pour le premier jour de travail (avec collants et chaussures !), installer son tire-lait, tirer son lait, etc. C’est incroyable le genre de petits détails qu’on découvre « en situation » : le tire-lait qu’on ne sait pas bien assembler, la goutte de lait qui tombe de la téterelle et tâche votre pantalon, les compresses d’allaitement qui se voient sous le haut qu’on avait choisi, etc.

L’autre erreur c’est de ne planifier que la première journée de travail. Il faut prévoir suffisamment de tenues propres et repassées pour toute une semaine de travail, y compris tous les accessoires (des boucles d’oreilles aux chaussures), car en rentrant le soir vous n’aurez qu’une envie : vous occuper de votre petit bout, et dormir dormir dormir (donc repasser vos chemisiers vous paraîtra une tâche insurmontable.) Mieux vaut préparer tout cela avant, pour éviter les matins paniquants ou vous cherchez désespérement une paire de collants non filés (surtout au début quand la nouvelle routine avec bébé et le tire-lait et la crèche ou nounou n’est pas encore rôdée.)

Je crois aussi que les congés de maternité peuvent changer la manière dont vous êtes perçue dans une entreprise (surtout si vous travaillez dans un milieu très masculin), de femme vous passez à mère, avec tout le cortège de clichés que cela suppose sur votre compétence au travail, votre motivation, etc. C’est particulièrement vrai pour les femmes cadres, ou toutes celles qui font un métier peu féminisé (dans l’industrie en particulier). Donc présenter une image professionnelle, féminine, tendance, c’est un moyen de visuellement combattre ces clichés et leur impact négatif sur votre carrière (et votre rémunération). Si vous hésitez à justifier des dépenses vestimentaires à ce moment là (surtout si vous n’avez pas repris votre poids d’avant la grossesse et vous vous dites que cette garde-robe n’est que temporaire), dites-vous que c’est un investissement, et pas une frivolité.

- As-tu toi-même expérimenté le travail et l’allaitement ?

Avant de fonder mamaNANA, j’étais cadre chez un grand éditeur de logiciel et parcourais la planète pour rencontrer mes clients et les équipes de développeurs – c’est dans ce cadre là que j’ai continué à allaiter ma fille aînée donc les problématiques rencontrées par les lectrices d’A tire d’Ailes me parlent beaucoup ! J’ai tiré mon lait au bureau pendant plusieurs mois et cela m’a beaucoup aidé, psychologiquement, à mieux gérer la séparation avec ma fille. Par contre, dans mon poste, et dans cette entreprise en particulier (et il y a 9 ans de cela), j’étais un vrai extra-terrestre et je tirais mon lait en secret dans des conditions pas optimales, donc j’avais trouvé cela un peu stressant, surtout avec les voyages d’affaires, les réunions tard le soir, et bien sûr un environnement très masculin, etc. Après, je l’ai sevrée dans la journée (elle était diversifiée) et lui donnais le sein à la demande le matin, le soir, et les week-ends. Cela fonctionnait super bien et je l’ai ainsi allaitée jusqu’à 11 mois.

- Qu’est-ce qui t’a facilité la vie ?

Avoir un super tire-lait double pompage électrique (Medela, mais je n’ai pas d’actions chez eux) qui me permettait des séances tire-lait super rapides et sans stress. Et surtout, avoir un mari qui me soutenait à fond ! C’est important du point de vue de l’organisation familiale, d’avoir un mari ou compagnon qui fait partie prenante du projet allaitement/travail : que ce soit pour les petites choses (comment stériliser les pièces du tire-lait, les consignes de conservation du lait, etc.), que les plus complexes (s’occuper d’un bébé allaité pendant les voyages d’affaires de sa maman, renforcer l’importance de la poursuite de l’allaitement auprès de la nounou, etc.)

Et puis, je savais que c’était faisable car j’avais vu d’autres femmes le faire lorsque je travaillais aux Etats-Unis au siège social de mon entreprise. Les femmes cadres et non cadres avaient des congés de maternité très courts et elles étaient nombreuses à revenir au travail avec des tire-lait ! Il y avait même une salle réservée pour cela, accessible à toutes, avec fauteuils confortables, réfrigérateurs, prises électriques, etc. Leur exemple m’a beaucoup aidée.

Merci beaucoup Ségolène pour ce partage avec les lectrices d’ A tire d’Ailes !



 

Allaiter et travailler : le témoignage de Sophie

biberon seule 2

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai choisi d’allaiter mes enfants avant même d’être enceinte. Ce choix était évident pour moi, parce que le lait maternel est ce qu’on peut donner de mieux à son enfant. Peut-être aussi que je voulais, en quelque sorte, « prolonger la grossesse » et le rapport privilégié qu’on a avec son bébé lorsqu’on lui donne le sein, pour se souvenir du temps où il grandissait en soi…

Pour ma fille (née en juin 2007), j’avais choisi de la sevrer avant la reprise du travail. Je m’y suis prise de bonne heure, parce que je voulais que ça se fasse en douceur. Je travaillais en décalé à l’époque et garder une ou deux tétées par jour était impossible car j’avais un rythme très irrégulier. De plus, tirer mon lait sur mon lieu de travail me semblait trop contraignant : pas de local « tranquille », et j’avais déjà beaucoup de mal à le tirer à la maison (en une heure je ne sais pas si j’aurais réussi à tirer un biberon)…

Pour mon fils (qui a presque 5 mois), j’ai voulu faire autrement et j’ai fait en sorte de changer de travail (au sein même de mon entreprise) pour travailler en horaires administratifs, afin de pouvoir continuer le plus longtemps possible un allaitement mixte. Ca n’aura malheureusement pas duré très longtemps.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Pour ma fille, j’ai commencé vers 2 mois à retirer une tétée par semaine. Elle en prenait 5 par jour, je pensais que ça prendrait un bon mois… Comme je devais commencer l’adaptation à la crèche vers 3 mois, c’était parfait. Un biberon, super. Deux biberons, ça va encore… Au troisième biberon, elle n’a plus voulu du sein. Ca a été un sacré choc pour moi de voir ma fille me repousser, je n’étais pas prête à ça. Et en plus, j’ai dû arrêter trop brusquement la lactation, ce qui a été fort douloureux.

Pour mon fils, je ne voulais pas revivre la même chose. J’ai donc commencé le sevrage plus tard, et fait en sorte de garder les tétées du matin et du soir. Il a été allaité 3 mois pleins (4 tétées par jour depuis ses 2 mois), j’ai commencé à introduire un biberon, puis deux sans problème. Quand j’ai repris le travail, il avait 3 mois ½ et j’ai supprimé la tétée du matin (parce que je n’avais pas le temps de l’allaiter le matin, il fallait s’occuper de lui, de ma fille, de moi…). J’ai continué la tétée du soir pendant un bon mois, il n’a jamais fait de différence entre le sein et la tétine du biberon !

Mais j’ai petit à petit dû compléter avec un biberon, parce que je n’avais plus assez de lait, et mon fils s’énervait… De toute façon, ce nouveau rythme m’a fatiguée, et puis j’ai voulu reprendre le sport, donc le soir, une fois par semaine, je devais tirer mon lait. Moi qui réussissais fièrement à tirer au moins 160 ml (contre 20 ml maxi pour ma fille !!), je n’arrivais plus à tirer plus de 80 ml, donc il fallait compléter aussi avec du lait artificiel.

Bref, je me suis résignée à arrêter, mais comme ça s’est fait réellement en douceur, ça n’a pas été difficile. Et puis c’était devenu plus contraignant qu’agréable parce que mon fils se mettait à pleurer au bout de 2 minutes…

Ca fait une semaine ½ qu’il est sevré aujourd’hui et tout va bien ! Et j’avoue que j’ai toujours au moins autant de plaisir à lui faire un câlin en lui donnant son biberon !

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

La mise en place de l’allaitement pour ma fille. Elle était toute petite à la naissance (46 cm pour 2,700 kg), et elle avait du mal à bien prendre le sein (peut-être parce qu’elle avait une toute petite bouche ?)… Et du coup j’ai eu des crevasses pendant 3 semaines ! C’est là que j’ai testé ma volonté… Et j’ai tenu bon. Je me disais que je devais nourrir ma fille (j’ai du croire qu’elle mourrait de faim sinon !), même si je devais souffrir à chacune des tétées quotidiennes (7 ou 8, voire plus au début), et essayer de garder le sourire (devant mon beau-père par exemple qui était ravi de filmer sa petite fille au sein de sa maman… Je n’en ai jamais vu le film d’ailleurs !).

Et puis un jour, en en discutant avec une amie, elle m’a conseillé la seule crème que je n’avais pas encore essayée (à base de lanoline pure), et qui ma guérie du jour au lendemain ! J’ai pu continuer à lui donner le sein, sereinement…

Et puis j’ai eu un petit engorgement au début du sevrage, mais ça n’a heureusement pas duré longtemps.

Et surtout le sevrage trop brusque a été vraiment difficile, surtout psychologiquement, après tout ce que j’avais enduré pour réussir à allaiter ma fille…

Pour mon fils c’est passé comme une lettre à la poste ! Tout a été facile, même si les premières semaines, la mise au sein était légèrement douloureuse.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Il y a eu de nombreux moments magiques… Les regards de ma fille, yeux dans les yeux… Les endormissements au sein…

Il y a eu aussi la toute première mise au sein de mon fils. C’était comme si je ne m’étais jamais arrêtée d’allaiter… Il est resté 10 minutes à chaque sein comme s’il avait fait ça depuis des mois… Et moi j’étais aux anges. Ca présageait bien un super allaitement !

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Prenez le temps de la réflexion…

Et parlez-en avec votre employeur. Vous avez des droits (1h par jour pour tirer son lait sur son lieu de travail) mais parfois l’entreprise n’a pas de local convenable pour ça, et si vous le demandez, elle doit pouvoir le mettre en place.

Si vous ne souhaitez pas sevrer votre enfant, ce n’est (en théorie) pas compliqué de continuer un allaitement total, encore faut-il pouvoir suivre le rythme (ne pas être trop fatiguée, pouvoir tirer son lait en quantité suffisante) et avoir un mari compréhensif !

Si ça vous semble trop compliqué, ne culpabilisez pas… On a autant de moments de tendresse avec son bébé en lui donnant le biberon… Je vous assure !

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

L’expérience de mon premier allaitement m’a donné des améliorations à apporter à mon deuxième allaitement… S’il devait y avoir un troisième bébé (oh pas tout de suite !!)… Je ferais au moins comme pour mon deuxième, mais si possible encore plus longtemps ! Mais je pense qu’avec un 3e enfant je prendrais un congé parental d’au moins 6 mois (pour mon fils, financièrement c’était compliqué, mais j’aurais aimé…) pour pouvoir continuer sereinement a allaiter mon bébé…

Parce qu’il faut se le dire, malgré les droits qu’on nous a donnés pour concilier allaitement et travail, c’est tout de même plus que contraignant. Le congé de maternité devrait durer jusqu’aux 6 mois de l’enfant s’il est allaité (pourquoi pas en échange de don de lait maternel aux lactariums ? Ca profiterait à tout le monde !)

Articles en rapports



 

Soigner les mamelons abimés

crevasseNormalement, quand arrive la reprise du travail, votre allaitement est bien installé et vous ne devriez plus rencontrer de soucis de crevasses, gerçures ou autre joies de l’allaitement :-) .
Il arrive pourtant, qu’un bébé tète mal pendant quelques jours après avoir commencé le biberon ou qu’il perce ses dents et mâchouille votre mamelon et vous avez mal comme à la maternité

Comment soigner les mamelons abimés ?

Tout d’abord, ne jamais nettoyer les mamelons avant ou après la tétée. Il existe sur le mamelon et l’aréole ce que l’on appelle les tubercules de Montgomery. Ils secrètent un liquide antiseptique et hydratant. Quand vous nettoyez vos seins, vous enlevez tous les bénéfices de cette opération et vous fragilisez la peau du mamelon.

Ensuite, il faut absolument identifier et corriger la cause des crevasses : mauvaise position, bouche pas assez ouverte, germe,…
Si l’on soigne une crevasse mais pas sa cause, elle n’a aucune chance de guérir !

Alors seulement, on peut envisager de soigner la crevasse. Pour cela, le plus efficace est d’utiliser la cicatrisation « à l’humide », soit avec des pansements au lait maternel, soit avec de la lanoline (à utiliser de préférence à la vaseline qui est un dérivé pétrolier).

Pour faire des pansements au lait maternel :

  • imbiber une petite compresse de lait maternel,
  • l’appliquer sur le mamelon après la tétée,
  • l’entourer de film alimentaire pour que la compresse ne sèche pas,
  • la changer à chaque tétée.

Quand on n’a pas le temps de faire un pansement au lait maternel, on peut utiliser de la lanoline pure modifiée. Il existe plusieurs marques. Attention de toujours prendre un produit ne contenant pas de parfum. En cas de doute, on peut toujours gouter : votre bébé lui va bien gouter… Je recommande en général trois marques qui se valent : Purelan, Prelan, et Lansinoh.
Utiliser l’équivalent d’un demi grain de maïs chauffé entre deux doigts et ne l’appliquer que sur la zone lésée. On a en général tendance à mettre trop de crème, ce qui rend le mamelon glissant et empêche le bébé de garder la bouche grande ouverte sur le sein : il fait de la patinoire sur votre aréole ;-) … et continue à blesser votre mamelon !

Ces deux méthodes permettent une cicatrisation sans croute, bien plus confortable et rapide que si l’on assèche la plaie sécher, à l’air libre par exemple.

Et vous, avez-vous déjà utilisé les pansements au lait maternel ? Qu’en avez-vous pensé ?

Article en rapport :



 

Allaiter et travailler : le témoignage d’Alexia

eddie1

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Je ne condamne pas les mères qui le font car financièrement tout le monde ne peut pas arrêter de travailler mais en ce qui me concerne il était impensable que mon bébé parte en crèche à 2 mois avec un biberon de lait en poudre j’ai donc pris un congé parental de 6 mois. J’avais déjà prévu dès le départ de l’allaiter plus de 6 mois et lorsque l’échéance est arrivée j’ai choisi naturellement de poursuivre l’allaitement parce qu’il était primordial pour moi que mon fils ait droit à ce qu’il y a de meilleur et c’est un moment tellement agréable que je ne me voyais pas faire autrement. C’est déjà un choc pour lui de ne plus être toute la journée avec sa maman alors si en plus il fallait arrêter l’allaitement je crois qu’on en aurait été malade tous les deux.

En plus il a une suspicion d’allergie alimentaire (certainement au lait de vache mais peut être aussi à autre chose) et ma pédiatre ainsi que l’allergologue m’ont fortement conseillé d’allaiter le plus longtemps possible pour « soigner » ses allergies. Et lorsqu’il part chez la nounou avec un biberon de lait maternel c’est un peu comme s’il emmenait avec lui une partie de moi, c’est quelque chose que seule la maman peut lui apporter.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Mon fils tète le matin avant d’aller chez la nounou et le soir lorsque je le récupère. Je tire mon lait une fois par jour le midi pendant ma pause, je travaille et j’habite dans le même immeuble donc c’est très pratique, j’ai un tire-lait que je loue à la pharmacie, j’ai récupéré des mini bouteilles en verre (200ml pour jus de fruit) et je m’en sers pour stocker mon lait au frigo ou au congélateur. J’arrive pour l’instant à remplir une bouteille voir une bouteille et demie par jour. Heureusement que j’habite et travaille sur place car à mon ancien travail le bureau était entièrement vitré, il n’y avait pas de salle de pause, ni de vestiaire et là j’aurais dû tirer mon lait assise sur la cuvette des toilettes le tout manuellement car il n’y a pas de prise électrique dans les toilettes et bonjour l’hygiène ! En déplacement (je parcours la France entière presque tous les week-end pour participer à des foires) j’ai investi dans un mini-frigo que je branche sur l’allume-cigare ou à l’hôtel ça me permet de stocker mes bouteilles de lait ou la nourriture du petit lorsqu’il vient avec moi, c’est très pratique, c’est plus petit qu’une glacière et j’en ai eu pour 40 ou 50€ en l’achetant d’occasion.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Trouver le bon moment pour tirer mon lait car trop tard je suis à la limite de l’engorgement et trop tôt la lactation est un peu plus longue à démarrer. Or, mon temps de pause est assez court et j’en profite également pour faire plein d’autres choses en même temps (j’en profite pour faire le ménage, les lessives des couches lavables, préparer des petits pots maison….) donc il ne faut pas que ça traine… Si je ne tire pas mon lait pendant quelques jours c’est dur de s’y remettre, il faut vraiment garder le rythme.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Au bout de 3 semaines d’allaitement lorsque j’ai réussi à me passer des embouts de sein et que j’arrivais à l’allaiter correctement, je me suis dit « ça y est ! j’y arrive enfin malgré les commentaires blessants qu’on m’a dit ». Les meilleures tétées ont été celles qu’on faisait pendant la sieste ou le soir lorsqu’on s’endormait ensemble l’un contre l’autre. L’allaitement m’a aussi permis de perdre 20kg en 6 mois sans aucun régime ni effort, c’est pas le but mais non seulement mon fils profite bien de l’allaitement (il est dans le haut de la courbe pour la croissance et le poids) mais au passage je retrouve la ligne…

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Qu’il est possible de continuer l’allaitement et que ce n’est qu’une question de volonté à condition d’être bien conseillée et bien organisée. On ne peut pas faire de meilleur cadeau à nos enfants et c’est à cet âge là qu’on peut en profiter le plus alors pourquoi arrêter quand il existe des solutions ?

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Oui oui et ouiiiiiiiiiii! Si j’avais su je me serais préparée avant l’accouchement en participant à des réunions avec la leche league par exemple et en lisant des livres sur l’allaitement afin d’avoir dès le départ des bons conseils au lieu d’écouter tout et n’importe quoi de la part de personnes qui ne s’y connaissent pas en matière d’allaitement.

Articles en rapport :