Archives de la catégorie ‘Femmes et Société’

Rencontre avec Ségolène Finet, co-fondatrice de Mamanana

Segolene et TaliaJe vous ai déjà parlé de Mamanana pour ses vêtements d’allaitement et ses accessoires d’allaitement (les Lilypadz ou le bustier pour tire-lait par exemple).

Aujourd’hui, je suis heureuse de vous faire rencontrer Ségolène Finet, la co-fondatrice de Mamanana, qui partage avec nous son expérience du travail et de l’allaitement.

- Bonjour Ségolène. Peux-tu nous parler de ton métier ?

J’ai plusieurs casquette : je suis la fondatrice de la boutique en ligne www.mamanana.com et à ce titre je m’occupe des achats (c’est moi qui choisit la collection de vêtements et de lingerie auprès de plus de 30 fournisseurs), et du marketing du site (publicité, relations presse, etc.) Je suis aussi bloggeuse et j’écris sur mon expérience de maman allaitante, l’actualité de l’allaitement, etc. : http://blog.allaitement.mamanana.com/2008/01/pour-changer-de.html

- Y a-t-il des « trucs » vestimentaires qui peuvent aider une maman qui tire son lait au travail ?

Il y a deux types de trucs : les trucs pour se sentir bien, et les trucs pour tirer son lait facilement.

Pour se sentir bien : souvent quand on reprend le travail après un congé de maternité, on y va un peu à reculons en espérant toujours qu’un miracle de dernière minute nous permettra de rester à la maison au chaud avec bébé. On a tendance aussi à se préoccuper uniquement des besoins futurs de bébé, et à oublier les siens. Du coup, et cela m’est arrivé pour mon premier bébé, on arrive souvent pour le premier jour de boulot avec des cernes, pas super bien coiffée, un tailleur qui date d’avant la grossesse, et souvent, des kilos en trop qui dépriment. Difficile alors d’avoir confiance en soi et de projeter l’image dynamique attendue des collaborateurs de votre entreprise. Donc mon premier truc est de se préparer au retour de manière un peu égoїste : de s’accorder une petite virée shopping, un tour au rayon maquillage de Monop, une coupe de cheveu, etc.  C’est plus important qu’on ne le pense.

Deuxième truc, il faut se préparer une garde-robe qui fonctionne bien pour tirer son lait au travail et/ou pour allaiter bébé en le retrouvant le soir (car s’il faut enlever votre robe pour allaiter à la crèche c’est moyen.) Cela inclut la lingerie.  Voilà ma petite liste :

  • Des soutiens-gorge d’allaitement suffisamment souples et élastiques pour tenir les téterelles du tire-lait (si vous utiliser un tire-lait à double pompage), ou un bustier tire-lait à rajouter dessus.
  • Des hauts et robes qui vous permettent facilement de tirer votre lait, c’est-à-dire, soit des hauts et robes d’allaitement, soit des tenues qui peuvent suffisamment s’ouvrir devant (chemisier boutonné, pull de forme cache-cœur, superposition caraco élastique sous veste, etc.) et qui ne se friperont pas trop lors de l’opération. Vous pouvez aussi porter un haut que vous soulèverez mais c’est moins pratique car 1) vous avez le ventre à l’air, donc risquez d’avoir un peu froid si les locaux sont climatisés, et 2) avec le tee-shirt remonté au dessus de la poitrine vous voyez moins bien comment positionner les téterelles, c’est énervant.
  • Difficile de tirer son lait, du moins au début, sans qu’une goutte ou deux atterrissent sur vos vêtements, donc privilégiez les matières non fragiles (pas de nettoyage à sec !), les teintes sombres, et les imprimés. Amenez aussi une petite serviette de toilette ou un foulard en coton qui ne craint rien que vous posez sur vos genous afin de protéger votre jupe ou votre pantalon.
  • Avoir toujours sur son lieu de travail une tenue complète de rechange (haut et bas), et un soutien-gorge de rechange, en cas de catastrophe (genre, vous renversez sur vous la bouteille de lait tiré) ou d’écoulement de lait intempestif. Prévoir aussi des coussinets d’allaitement de rechange, des barres de céréales, et un petit tire-lait manuel que vous pouvez glisser dans un sac à main en cas de déjeuner client qui s’éternise (et auquel vous n’avez pas amené votre tire-lait électrique plus encombrant).
  • Ne pas lésiner sur les coussinets d’allaitement si vous en avez besoin. En essayer plusieurs afin d’identifier les plus discrets et les plus absorbants. Rien de pire que de sentir un écoulement de lait tremper votre pull lors d’une réunion de fin de journée.

- Quelles sont les erreurs à éviter ?

Idéalement, pour limiter le stress des premiers jours, il faut faire une répétion générale. C’est-à-dire chez soi (ou dans l’entreprise mais c’est difficile !) s’habiller comme pour le premier jour de travail (avec collants et chaussures !), installer son tire-lait, tirer son lait, etc. C’est incroyable le genre de petits détails qu’on découvre « en situation » : le tire-lait qu’on ne sait pas bien assembler, la goutte de lait qui tombe de la téterelle et tâche votre pantalon, les compresses d’allaitement qui se voient sous le haut qu’on avait choisi, etc.

L’autre erreur c’est de ne planifier que la première journée de travail. Il faut prévoir suffisamment de tenues propres et repassées pour toute une semaine de travail, y compris tous les accessoires (des boucles d’oreilles aux chaussures), car en rentrant le soir vous n’aurez qu’une envie : vous occuper de votre petit bout, et dormir dormir dormir (donc repasser vos chemisiers vous paraîtra une tâche insurmontable.) Mieux vaut préparer tout cela avant, pour éviter les matins paniquants ou vous cherchez désespérement une paire de collants non filés (surtout au début quand la nouvelle routine avec bébé et le tire-lait et la crèche ou nounou n’est pas encore rôdée.)

Je crois aussi que les congés de maternité peuvent changer la manière dont vous êtes perçue dans une entreprise (surtout si vous travaillez dans un milieu très masculin), de femme vous passez à mère, avec tout le cortège de clichés que cela suppose sur votre compétence au travail, votre motivation, etc. C’est particulièrement vrai pour les femmes cadres, ou toutes celles qui font un métier peu féminisé (dans l’industrie en particulier). Donc présenter une image professionnelle, féminine, tendance, c’est un moyen de visuellement combattre ces clichés et leur impact négatif sur votre carrière (et votre rémunération). Si vous hésitez à justifier des dépenses vestimentaires à ce moment là (surtout si vous n’avez pas repris votre poids d’avant la grossesse et vous vous dites que cette garde-robe n’est que temporaire), dites-vous que c’est un investissement, et pas une frivolité.

- As-tu toi-même expérimenté le travail et l’allaitement ?

Avant de fonder mamaNANA, j’étais cadre chez un grand éditeur de logiciel et parcourais la planète pour rencontrer mes clients et les équipes de développeurs – c’est dans ce cadre là que j’ai continué à allaiter ma fille aînée donc les problématiques rencontrées par les lectrices d’A tire d’Ailes me parlent beaucoup ! J’ai tiré mon lait au bureau pendant plusieurs mois et cela m’a beaucoup aidé, psychologiquement, à mieux gérer la séparation avec ma fille. Par contre, dans mon poste, et dans cette entreprise en particulier (et il y a 9 ans de cela), j’étais un vrai extra-terrestre et je tirais mon lait en secret dans des conditions pas optimales, donc j’avais trouvé cela un peu stressant, surtout avec les voyages d’affaires, les réunions tard le soir, et bien sûr un environnement très masculin, etc. Après, je l’ai sevrée dans la journée (elle était diversifiée) et lui donnais le sein à la demande le matin, le soir, et les week-ends. Cela fonctionnait super bien et je l’ai ainsi allaitée jusqu’à 11 mois.

- Qu’est-ce qui t’a facilité la vie ?

Avoir un super tire-lait double pompage électrique (Medela, mais je n’ai pas d’actions chez eux) qui me permettait des séances tire-lait super rapides et sans stress. Et surtout, avoir un mari qui me soutenait à fond ! C’est important du point de vue de l’organisation familiale, d’avoir un mari ou compagnon qui fait partie prenante du projet allaitement/travail : que ce soit pour les petites choses (comment stériliser les pièces du tire-lait, les consignes de conservation du lait, etc.), que les plus complexes (s’occuper d’un bébé allaité pendant les voyages d’affaires de sa maman, renforcer l’importance de la poursuite de l’allaitement auprès de la nounou, etc.)

Et puis, je savais que c’était faisable car j’avais vu d’autres femmes le faire lorsque je travaillais aux Etats-Unis au siège social de mon entreprise. Les femmes cadres et non cadres avaient des congés de maternité très courts et elles étaient nombreuses à revenir au travail avec des tire-lait ! Il y avait même une salle réservée pour cela, accessible à toutes, avec fauteuils confortables, réfrigérateurs, prises électriques, etc. Leur exemple m’a beaucoup aidée.

Merci beaucoup Ségolène pour ce partage avec les lectrices d’ A tire d’Ailes !



 

Un « baromètre social » des femmes cadres

homme femmeLes media ne se sont pas pressés de diffuser cette information… La place des femmes, ce n’est pas encore un sujet porteur !
Merci à Tout pour elles et Du rose dans le gris de m’y avoir donné accès.

Les réseaux de femmes cadres se sont regroupés et ont souhaité mener une enquête commune auprès de leurs membres sur le thème de l’égalité professionnelle.

Les résultats sont édifiants :

  • 69% des femmes interrogées ne sont pas satisfaites de l’égalité dans l’accès aux postes de haut niveau.
  • 60% des femmes interrogées pensent que la situation des femmes ne s’est pas améliorée ou s’est dégradée ces deux dernières années dans leur entreprise.
  • 55% des femmes interrogées pensent que leurs congés maternité ont eu un impact négatif sur leur progression de carrière.

Voilà une preuve que le chemin reste long vers l’égalité professionnelle entre hommes et femmes.

Cependant :

  • 66% des femmes interrogées disent que leur environnement de travail leur permet une organisation flexible pour les aider à concilier vie professionnelle et vie personnelle.

Il ne reste plus qu’à étendre cette flexibilité aux salariées non cadres et aux hommes qui trop souvent n’osent pas en user.

Et vous, quelle est la situation des femmes dans votre entreprise ?

Etude réalisée pour : Les réseaux de femmes cadres
Etude réalisée par : LH2
Dates de réalisation : Du 13 mai au 3 juin 2009
Etude réalisée en ligne : 23 000 femmes cadres appartenant à des réseaux d’entreprises et/ou de grandes écoles consultées, 5 207 répondantes, soit un taux de retour de 22%.



 

Semaine pour la qualité de vie au travail

nl007Comme me l’ont rappelé Sylviane et le blog Modes d’emploi, jeudi a débuté la semaine pour la qualité de vie au travail qui a lieu du 11 au 19 juin. Cette année l’accent est mis sur le stress au travail.

Et l’allaitement dans tout ça ?
Et bien justement : une étude que j’avais menée avec une collègue il y a quelques années montrait que les femmes qui poursuivaient l’allaitement après la reprise du travail étaient moins stressées que celle qui avaient sevré avant la reprise du travail. Elles étaient convaincus que leur bébé aurait le meilleur lait en leur absence (le leur !) et cela leur permettait d’avoir l’esprit plus tranquille.
Or un salarié moins stressé est plus efficace dans son travail. Le bénéfice est donc pour tous : la salariée et son entreprise !

La qualité de vie au travail, cela passe également par la possibilité de concilier vie familiale et vie professionnelle dans les meilleures conditions. Les femmes qui le souhaitent doivent donc pouvoir utiliser l’heure d’allaitement prévue par le code du travail dans les meilleures conditions.

Vous l’avez compris, le respect du droit des femmes à allaiter leur enfant me tient à cœur. Qu’une femme souhaite sevrer son enfant au moment de la reprise du travail, je le comprends sans aucun problème ; mais qu’une femme soit contrainte d’arrêter son allaitement parce qu’elle n’a pas la possibilité de tirer son lait au travail ou parce que son patron l’envoie faire des déplacements de plusieurs jours trop souvent ou encore parce que la crèche refuse de donner son lait à son bébé, je trouve cela inadmissible.

Peut-être pourrait-on imaginer qu’un jour cette idée fasse son chemin et que les femmes n’aient plus à se battre pour faire respecter leurs droits. C’est en tout cas dans ce sens que je travaille…

Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

La charte de la parentalité en entreprise

signature-blogC’est l’article de Solenne qui m’a rappelé que j’avais oublié de vous dire que Lactissima a signé la Charte de la parentalité en entreprise le 7 mai 2009 lors du premier anniversaire de Observatoire de la parentalité en entreprise.

Pourquoi ai-je pris la décision de participer à ce mouvement ? Lactissima propose aux entreprises de soutenir les femmes qui souhaitent poursuivre l’allaitement maternel au retour de congé maternité. Cela leur permet de reprendre le travail l’esprit tranquille, de poursuivre ce lien avec leur enfant et de mieux conjuguer vie familiale et vie professionnelle. Adhérer à la Charte de la parentalité était donc une évidence, la continuité de mon action au quotidien. Je ne pouvais pas passer à côté de cette signature. C’est pour moi une reconnaissance de ce que mon activité peut apporter aux salariés.

Que penser en général de cette charte ? 120 entreprises sont signataires, c’est donc qu’elles se sentent concernées par le statut parental de leurs salariés. En soi, c’est déjà une très bonne chose. De plus cela incite à parler du problème de la conciliation vie familiale et vie professionnelle.

Mais cette charte a tout de même ses limites : l’engagement est quand même assez vague : « Faire évoluer les représentations liées à la parentalité dans l’entreprise, créer un environnement favorable aux salariés-parents, en particulier pour la femme enceinte, respecter le principe de non–discrimination dans l’évolution professionnelle des salariés-parents ». Il n’y a aucun contrôle de prévu : les signataires font-ils les efforts auxquels ils se sont engagés ? Il n’y a pas même de rapport annuel à fournir.

L’initiative est donc très intéressante, il faut maintenant surveiller qu’elle se traduise en actes.

Et pour vous, comment se passe la conciliation vie familiale / vie professionnelle dans votre entreprise ?

Photo : Pascal Versaci



 

Poursuivre l’allaitement lorsque l’on travaille en indépendant

infirmereLorsque que l’on parle de travail et allaitement, on trouve beaucoup de choses pour les salariées, mais si vous travaillez en indépendant ou en libéral, vous trouverez déjà beaucoup moins d’information. En effet, le terme de travailleur indépendant regroupe une grande variété de situations : du médecin qui travaille en libéral en cabinet, à l’infirmière qui se déplace à domicile, de l’avocat qui se rend au tribunal au développeur qui travaille chez lui la majorité du temps,…
En général, lorsque l’on est indépendant, il est nécessaire de maintenir sa clientèle et l’on reprend son travail tôt, d’où l’importance de bien installer sa lactation, en tirant son lait si besoin, si l’on veut pouvoir poursuivre son allaitement quelques mois ou plus.

Quelles sont donc les différentes situations d’une femme travailleur indépendant, ses contraintes et ses « trucs » à savoir ?
Tout d’abord, vous pouvez travailler à temps partiel, à plein temps, voir à temps hyper-plein. En effet, un indépendant doit travailler souvent beaucoup plus de 35h pour s’en sortir. Du coup, vous devrez avoir une organisation en béton et ce sera parfois difficile de trouver du temps pour tirer son lait.
Si vous travaillez à temps partiel, cela vous permet souvent d’être plus souple sur l’organisation de votre emploi du temps et de pouvoir y caser une tétée de temps en temps ou un tirage de lait au bon moment. Si vous êtes à temps plein avec des horaires réguliers, votre situation se rapproche de celle d’une salariée.

Si vous travaillez chez vous, trois situations sont possibles : votre bébé est gardé à l’extérieur, il est gardé chez vous ou bien c’est vous qui vous en occupez. Dans cette dernière situation, vous pouvez bien sûr continuer l’allaitement exclusif sans avoir besoin de tirer votre lait régulièrement, sauf en cas de rendez-vous. Cependant, vous êtes toujours à l’affût du moindre moment de sommeil de votre progéniture pour pouvoir travailler et c’est souvent épuisant nerveusement. Si votre bébé est gardé chez vous, vous avez tout intérêt à vous isoler pour travailler : bien sûr, petit-dernier préfère vos bras à ceux de la nounou et les réclame à corps et à cris et si vous l’entendez pleurer, c’est très difficile de continuer à coudre ce charmant tablier dont cliente adorée attend la livraison depuis hier. Donc l’isolation phonique est importante. L’avantage de la situation c’est que bébé peut venir prendre une tétée de temps en temps et vous n’êtes pas forcée de tirer votre lait, ou bien vous choisissez de tirer votre lait mais vous le faites chez vous, au moment qui vous convient et dans les meilleures conditions. Cela s’applique également si votre bambin chéri est gardé en crèche ou chez une assistante maternelle : vous pouvez travailler au calme et tirer votre lait dans les meilleures conditions d’hygiène, d’intimité et de conservation. Rien ne vous empêche alors d’utiliser un système permettant de maintenir les téterelles du tire-lait et de continuer à travailler.

Si vous travaillez en cabinet, rien ne vous empêche d’organiser votre emploi du temps de manière à garder des plages pour tirer votre lait ou pour que la personne qui garde votre bébé vous l’amène pour une tétée. Au moins, vous avez un bureau pour vous isoler et vous êtes en général maitresse de votre emploi du temps.

Si vous travaillez en visites à domicile, cela se complique un peu : soit vous vous déplacez à pied ou en transports en commun, soit vous vous déplacez en voiture. En voiture, il possible de tirer son lait très discrètement avec un petit tire-lait fonctionnant sur batterie ou que vous pouvez brancher sur l’allume-cigare. Un châle peut vous couvrir et personne ne s’apercevra de rien. Je sais, cela peut paraître difficile à croire mais certaines mères l’ont fait sans problème pendant plusieurs semaines. Si vous n’êtes pas en voiture, vous n’avez pas d’espace personnel. Vous pouvez imaginer de demander à votre client au moment de la prise de rendez-vous téléphonique s’il peut vous prêter une pièce un quart d’heure pour tirer votre lait mais il faut être très à l’aise et ne pas avoir peur de surprendre… Sinon, vous pouvez essayer d’organiser votre emploi du temps de manière à passer voir votre bébé une ou plusieurs fois dans la journée pour des tétées, ou bien opter pour un allaitement mixte : vous allaitez complètement votre bébé lorsque vous êtes avec lui et il prend du lait en poudre quand vous n’êtes pas là.

Si vous n’avez qu’un seul client à la fois et que vous travaillez dans son entreprise, votre situation est proche de celle des salariées de cette entreprise et vous pouvez tout à fait utiliser l’infirmerie s’il y en a une ou un bureau pour tirer votre lait. Meilleure est votre relation avec votre client, plus ce sera facile. Il ne faut pas hésiter à signifier votre besoin d’un endroit isolé pour un quart d’heure deux fois par jour, cela ne pénalise pas votre client.

Une des caractéristiques commune à ces professions c’est que vous dépendez de vos clients et ne maîtrisez pas toujours votre emploi du temps qui peut toujours être chamboullé au dernier moment. Il est alors très utile d’avoir un stock de lait au congélateur qui vous permettra de ne pas stresser si vous n’avez pas pu tirer suffisamment sur une journée. Dans un cas comme celui-ci, vous pouvez également avoir la désagréable surprise de sentir votre lait se mettre à couler au beau milieu de cette audience où vous devez prendre la parole dans cinq minutes : auréoles sur les vêtements interdites ! Un petit truc qui peut aider : l’utilisation de coussinets en silicone type Lilypadz. Ils sont très efficaces et vous êtes assurée de ne pas subir une des pires gênes de votre vie… Dans le même stock de trucs : évitez les vêtements unis noirs ou blancs : le blanc devient transparent lorsqu’il est mouillé, le noir ne cache absolument pas les auréoles. Optez plutôt pour des tissus bariolés, pas trop près du corps, ils seront plus discrets en cas de perte de lait.

Et vous comment avez-vous fait ? Quelles ont été vos astuces ?



 

Et le père ?

pere5Depuis que j’ai commencé à écrire pour ce blog, j’en ai très peu parlé : et le père dans toute cette aventure ?
Je ne suis pas la seule à peu en parler, je n’ai quasiment rien trouvé sur la blogosphère sur le sujet, sauf cet article.
L’expérience m’a montré que le père a une place primordiale dans la réussite d’un allaitement. Et quand je parle de réussite, j’entends un allaitement conforme à ce que vous souhaitez, pas conforme à une norme, quelle qu’elle soit.
Le père donc est l’acteur de l’ombre sans qui tout est plus compliqué.

En effet, c’est une source de soutien quotidienne. Si vous reprenez le travail et que vous souhaitez poursuivre l’allaitement, c’est à votre homme que vous aurez certainement envie de raconter vos déboires ou vos réussites le soir en rentrant du travail. Il est à la fois un soutien psychologique : quand on tire son lait au travail, on est encore hors-norme en France (il faut espérer que cela change) et cela fait du bien de pouvoir en parler à quelqu’un qui comprend votre démarche.
Il est également un soutien logistique. Les femmes qui conjuguent allaitement et travail au long cours sont en général des femmes qui ont un soutien matériel important à la maison. Les pères sont là pour s’occuper des enfants plus grands et prendre leur part de travail domestique : préparation des repas, gestion des lessives, vaisselle, etc…

Les réactions des pères face à la poursuite de l’allaitement sont diverses. Certains sont très fiers de ce que fait leur femme et sont les premiers à tenter de prouver aux amis ou collègues que l’allaitement c’est mieux. D’autres trouvent cela pratique pour la nuit : si bébé se réveille, il tète et ne réveille pas son père…qui n’a pas besoin de se lever.
Pour que cela se passe bien il est nécessaire d’avoir un bon dialogue au sein du couple pour que chacun puisse exprimer ses besoins et se sente reconnu dans son rôle. Il faut également que le père ait pu nouer une relation avec son enfant qui ne dépende pas du fait de le nourrir ou non, qu’il sache jouer avec lui, le porter, le bercer, le baigner, le changer, bref tout ce qui fait la vie d’un bébé en dehors du sein de sa mère. Ainsi, il ne se sent pas exclu de la vie de son enfant.

Cependant, certains pères vivent mal la poursuite de l’allaitement après la reprise du travail. Le regard des autres est parfois difficile à porter et si le père n’est pas lui-même convaincu des bienfaits de l’allaitement, il peut prendre la démarche de sa femme pour de l’acharnement. Il peut également vivre un sentiment d’exclusion : tant que mon enfant est allaité, je n’ai pas de place auprès de lui. C’est alors très difficile pour les deux membres du couple : pour la mère qui veut faire le meilleur pour son enfant et ne se sent ni soutenue, ni comprise ; pour le père qui a l’impression d’être quantité négligeable.

L’allaitement est certes une décision de la mère mais cet allaitement ne se passera bien que si le père est soutenant ou au minimum pas opposé à cet allaitement. Encore une fois, tout est affaire de dialogue au sein du couple.

Et chez vous, comment le père a-t-il vécu l’allaitement de son enfant ?



 

Allaiter et travailler, un facteur d’égalité homme-femme

egalite-hfAssocier les expressions « allaitement » et « égalité homme-femme » en France peut paraître un brin provocateur. Dans notre pays, les courants féministes ont plutôt cherché à développer l’alimentation artificielle, justement pour plus d’égalité homme-femme. Or la poursuite de l’allaitement maternel à la reprise du travail peut être un facteur de développement de cette égalité, d’un point de vue professionnel mais aussi du point de vue du partage des tâches domestiques.

Du côté professionnel, ce sont en général les femmes les plus pénalisées lorsqu’un enfant est malade, ce sont encore elles qui s’absentent le plus souvent pour s’en occuper. Or ces absences à répétition nuisent au bon déroulement d’une carrière.
On sait aujourd’hui qu’un enfant allaité est statistiquement significativement moins malade qu’un bébé au biberon. Une femme qui poursuit l’allaitement après la reprise du travail est donc beaucoup moins souvent absente et moins pénalisée d’un point de vue professionnel. Cela lui permet d’être sur un pied d’égalité avec les hommes de son entreprise.

D’autre part, certaines femmes reculent le plus longtemps possible la reprise du travail afin de retarder le moment du sevrage. Quand une femme sait qu’elle peut poursuivre l’allaitement tout en travaillant, elle peut faire le choix de reprendre le travail plus tôt pour ne pas nuire à sa carrière et parce que son travail lui plaît. En cela également elle se met sur un pied d’égalité avec les hommes de son entreprise.

Bien évidemment, tout cela n’est possible que si le fait de tirer son lait au travail devient quelque-chose de normal, admis par tous et ne sucitant aucun commentaire déplaisant.

Du côté domestique, la poursuite de l’allaitement nécessite souvent un nouveau partage des tâches. Lorsqu’une femme retrouve son bébé en rentrant du travail, la plupart du temps, elle lui donne à téter et personne ne peut prendre ce temps à sa place. Il faut également qu’elle nettoie son matériel pour le lendemain et éventuellement qu’elle fasse un tirage supplémentaire le soir. Elle ne tient pas souvent le coup si son conjoint ne prend pas sa part des tâches domestiques, ne serait-ce que pour s’occuper des enfants plus grands ou préparer le repas. Ce choix de la poursuite de l’allaitement implique également l’homme et la femme n’est plus la seule à faire une double journée.

Enfin, certaines femmes prennent un congé parental pour pouvoir poursuivre l’allaitement. Si elles peuvent à la fois reprendre le travail et poursuivre l’allaitement, le père peut aussi prendre un congé parental. C’est un nouveau choix possible.

C’est finalement ça le plus important : que les femmes aient désormais de vrais choix : arrêter ou poursuivre l’allaitement, reprendre le travail rapidement pour gérer sa carrière ou profiter de ses enfants, ne pas être pénalisée par les absences pour maladie de l’enfant, choisir qui dans le couple prendra un congé parental.
Une femme peut ainsi garder sa spécificité de femme (elle est la seule à pouvoir allaiter son enfant) tout en développant ses compétences professionnelles au même titre que ses homologues masculins. N’est-ce pas cela la vraie égalité homme-femme ?



 

Un projet de loi mentionnant l’allaitement et le travail

Information de la salariée sur l’allaitement maternel au moment de son départ en congé maternité

La Commission des Affaires culturelles, familiales et sociale de l’Assemblée Nationale vient d’adopter, dans le cadre du projet de loi Patients, Santé, Térritoire,  un amendement de Mme Valérie Boyer « prévoyant que la salariée, au moment de son départ de l’entreprise en congé de maternité est informée par l’employeur des dispositions relatives à l’allaitement maternel. »

Sa proposition d’amendement concernant l’obligation aux maternités d’informer les parents sur l’intérêt de l’allaitement maternel a été rejetée

Rejetée également, la proposition d’obliger les crèches à accepter les nourrissons  nourris au lait maternel à la demande des parents.

Réjouissons-nous de l’obligation, de la part de l’employeur, d’informer les mères de ce qui est possible de faire au moment du départ en congé maternité.  Un petit pas, qui incitera, si la loi est votée, à ce que les employeurs se demandent ce qu’ils font en matière d’allaitement maternel.

En revanche, le rejet de l’amendement concernant les crèches est désolant. L’argument invoqué est que cela impose une charge aux collectivités locales.  Là, je ne comprends pas… En quoi accepter le lait des mères impose-t-il une charges aux collectivités locales ? En quoi est-ce différent d’un lait industriel ? Il est facile pour une crèche de s’informer et de former son personnel à ce type de pratiques, histoire de vaincre les réticences (voir mon article précédent) , et à un coût fort ridicule comparé aux bénéfices sur la santé du bébé. Je ne parle même pas de l’impact sur la mère, pour qui se type de mesure fait une différence ENORME.

Comment leur faire comprendre, avez-vous des idées ?