Archives de la catégorie ‘Difficultés’

L’engorgement

Lorsque l’on reprend le travail, que l’on sèvre ou que l’on poursuive l’allaitement, il peut arriver que l’on ait à gérer un engorgement.
Si vous avez décidé de sevrer mais que le sevrage n’est pas totalement terminé, les premières journées de travail peuvent être difficiles pour vos seins. Si vous avez décidé de ne garder que les tétées à la maison, il faudra un peu de temps à vos seins pour prendre l’habitude de ne plus produire en journée. Si vous avez décidé de conserver une lactation complète mais que vous avez l’habitude d’un bébé qui tète souvent, les pauses de tirages de lait ne seront pas aussi nombreuses…

Voici quelques petits trucs pour gérer ces situations délicates :

  • Tout d’abord, savoir repérer que l’engorgement arrive, avant qu’il s’installe. Vous pourrez ainsi prendre les devants en tirant un petit peu de lait pour soulager vos seins avant qu’ils soient tellement gonflés que vous n’arriviez plus à tirer du lait.
  • Si vous poursuivez l’allaitement sans tirer votre lait, il vaut mieux prévoir de tirer un peu les premiers jours, sans drainer complètement les seins, dès que vous en ressentez le besoin. Petit à petit vous n’en aurez plus besoin.
  • Si malgré tout un engorgement s’est installé, vous devez réagir car c’est une situation douloureuse. Soit il est 17 heures et vous pouvez rentrer un peu plus tôt pour donner le sein à votre enfant, dans ce cas là, faites-le ! Soit vous devez rester au travail, vous allez alors vous éclipser quelques minutes pour passer vos seins sous l’eau chaude (vous pouvez prévoir un gant de toilette par exemple) et tirer votre lait. Le chaud aide à faire couler le lait. Si c’est plus simple pour vous, vous pouvez prévoir un coussin de gel bleu vendu en pharmacie qui passe au micro-ondes. Ce genre de coussin peut aussi se passer au congélateur et peut aider à soulager l’engorgement entre deux tétées ou deux tirages de lait.
  • Prévenez la personne qui s’occupe de votre enfant de votre heure de retour pour qu’elle ne donne pas un biberon une demi-heure avant votre arrivée : votre enfant risque alors de ne pas vouloir téter alors que vos seins en ont désespérément besoin.
  • Si vous êtes en période de sevrage et que vos seins s’engorgent, n’essayez pas d’aller trop vite en besogne. Laissez le temps à vos seins de réagir à la baisse de la demande et n’hésitez pas à tirer un peu de lait pour soulager un engorgement. Cela ne relancera pas la lactation si vous tirez juste ce qu’il faut pour vous soulager.
  • Prévoyez des coussinets d’allaitement en cas de « fuite » de lait.
  • Prévoyez également une tenue de rechange, cela peut toujours servir…
  • L’utilisation d’un tire-lait est parfois difficile en cas d’engorgement alors que le tirage manuel peut s’avérer plus efficace.
  • Il est inutile d’arrêter de boire, c’est inefficace et dangereux pour vos reins.

L’engorgement est douloureux mais régresse rapidement si l’enfant tète efficacement. C’est un « accident de parcours » fréquent chez les femmes allaitant, surtout au moment de la reprise du travail.
Les femmes qui risquent plus d’avoir un engorgement sont celles qui :

  • passent brutalement de douze tétées par jour à trois sans prévoir de tirer du lait.
  • stockent peu de lait entre deux tétées. Le fait d’espacer les tétées ou les tirages est plus difficile à supporter.
  • commencent à prendre des galactogogues à la reprise du travail par peur de manquer de lait…

Le remède universel à l’engorgement est le drainage du sein, soit par le bébé, soit en tirant son lait !

Et vous, vous est-il déjà arrivé de devoir gérer un engorgement au travail ? Qu’est-ce qui a été le plus efficace pour vous ?

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Médicaments et allaitement

Je reçois beaucoup de questions de femmes à qui l’on a prescrit des médicaments incompatibles avec l’allaitement ou que l’on refuse de soigner sous prétexte qu’elles allaitent.

Je trouve vraiment cela dommage alors que l’on sait aujourd’hui qu’il est rarissime de devoir sevrer pour pouvoir se soigner. Une énorme majorité de médicaments est compatible avec l’allaitement. Malheureusement, vous ne savez pas lesquels sont vraiment incompatibles et il s’agit parfois de médicaments en vente libre.

Voici donc quelques ressources à proposer à votre médecin :

  • Sans conteste la meilleure source : Medications and Mother’s Milk de Thomas Hale.
    Son site internet est complémentaire et apporte des mises à jour.
  • La meilleure source en français : La compilation des coins du prescripteur, édité par LLL France, que vous trouverez ici .
    Un très bon cadeau à faire à votre médecin…
  • Le site internet Lactancia est également une excellente source d’informations.
  • Le site Lecrat peut être complémentaire.

Avec tout ça, si votre médecin refuse toujours de vous soigner, c’est qu’il est vraiment de mauvaise volonté

Et vous, avez-vous eu du mal à vous faire soigner ?



 

Reprendre le travail quand son bébé souffre de RGO

Cet article est la suite de l’article que j’ai écrit pour maman Travaille sur l’allaitement des bébés souffrant de RGO.

Reprendre le travail lorsque son bébé souffre de reflux gastro-œsophagien pose un certain nombre de problèmes.

  • Laisser son bébé lorsqu’il est malade est particulièrement difficile à vivre. Malheureusement, on n’a parfois pas le choix puisqu’il faut continuer à payer son loyer et tout ce qui va avec.
  • Pour le bébé, la séparation est beaucoup plus difficile lorsqu’il est malade. C’est à ce moment là qu’il a le plus besoin de sa mère et qu’il a le moins de capacités d’adaptation. Il va falloir être particulièrement patiente avec lui.
  • Trouver un mode de garde pour un bébé malade, qui pleure beaucoup et a besoin d’être dans les bras en permanence n’est pas un exercice facile ! Parfois même on ne trouve pas… Et c’est du côté de la famille que l’on se tourne, ce n’est pas forcément plus simple. On peut avoir plus de mal à imposer ses exigences.
  • Le suivi scrupuleux d’un traitement anti-reflux par le personnel de crèche ou par une assistante maternelle pose problème. Certaines crèches n’acceptent pas de donner des médicaments, tout simplement parce que leur responsabilité est en jeu. Voir ce très bon article . Il faut donc amener très vite le sujet au cours de la discussion car un bébé souffrant de reflux qui ne peut pas prendre son traitement est un bébé qui souffre et donc l’œsophagite (si elle existe) risque d’empirer.
  • Le fait de tirer son lait prend là une importance toute particulière puisque le lait maternel fait partie du traitement d’un bébé souffrant de reflux. Il est beaucoup moins agressif pour les parois de l’œsophage qu’un lait en poudre et soulage le bébé quand il boit.

Du point de vue de la garde, il va falloir trouver quelqu’un qui accepte de garder un enfant malade, sous traitement, qui pleure plus que la moyenne et qui dort en général beaucoup moins. Il faut reconnaître que le tableau n’est pas séduisant ! Mettez en avant tous les bons côtés de votre bébé et dites bien qu’il a besoin de toute l’expérience de la personne qui se trouve en face de vous pour pouvoir passer ce cap !
Une fois que vous avez trouvé la perle rare, le dialogue est absolument nécessaire car vous avez besoin d’expliquer à cette personne ce qui calme le mieux votre bébé, quels sont ses besoins spécifiques. De son côté, elle va devoir vous dire quelles sont ses réactions (pleurs, douleurs, sommeil,…) pour que votre médecin puisse adapter le traitement au mieux (ce qui prend parfois plusieurs mois). La confiance est absolument nécessaire !

Ce qui va vous compliquer encore la tâche, c’est qu’en général ces enfants dorment mal la nuit car les remontées acides les réveillent. Vous devez avoir les idées claires au travail pour être performante et vous ne dormez que par tranches d’une heure dans le meilleur des cas. Autant dire mission impossible ! Soyez indulgente avec vous, vous faites de votre mieux et personne ne peut vous demander l’impossible ! N’hésitez pas à poser des jours enfant malade quand vous craquez ou bien demandez un congé maladie à votre médecin de temps à autre si c’est trop difficile (devrais-je écrire une chose pareille ??? :-) )

Mais voyez le côté positif de la situation : vos heures au travail peuvent être votre bol d’air pour pouvoir affronter les pleurs de votre bébé au retour. Au travail, vous n’entendez pas de bébés pleurer, sauf si vous travaillez en maternité ou en crèche… Profitez-en !

Avoir un bébé souffrant de RGO n’est jamais une partie de plaisir, n’hésitez pas à partager avec d’autres parents.

Et vous, avez-vous repris le travail avec un bébé souffrant de RGO ?



 

Soigner les mamelons abimés

crevasseNormalement, quand arrive la reprise du travail, votre allaitement est bien installé et vous ne devriez plus rencontrer de soucis de crevasses, gerçures ou autre joies de l’allaitement :-) .
Il arrive pourtant, qu’un bébé tète mal pendant quelques jours après avoir commencé le biberon ou qu’il perce ses dents et mâchouille votre mamelon et vous avez mal comme à la maternité

Comment soigner les mamelons abimés ?

Tout d’abord, ne jamais nettoyer les mamelons avant ou après la tétée. Il existe sur le mamelon et l’aréole ce que l’on appelle les tubercules de Montgomery. Ils secrètent un liquide antiseptique et hydratant. Quand vous nettoyez vos seins, vous enlevez tous les bénéfices de cette opération et vous fragilisez la peau du mamelon.

Ensuite, il faut absolument identifier et corriger la cause des crevasses : mauvaise position, bouche pas assez ouverte, germe,…
Si l’on soigne une crevasse mais pas sa cause, elle n’a aucune chance de guérir !

Alors seulement, on peut envisager de soigner la crevasse. Pour cela, le plus efficace est d’utiliser la cicatrisation « à l’humide », soit avec des pansements au lait maternel, soit avec de la lanoline (à utiliser de préférence à la vaseline qui est un dérivé pétrolier).

Pour faire des pansements au lait maternel :

  • imbiber une petite compresse de lait maternel,
  • l’appliquer sur le mamelon après la tétée,
  • l’entourer de film alimentaire pour que la compresse ne sèche pas,
  • la changer à chaque tétée.

Quand on n’a pas le temps de faire un pansement au lait maternel, on peut utiliser de la lanoline pure modifiée. Il existe plusieurs marques. Attention de toujours prendre un produit ne contenant pas de parfum. En cas de doute, on peut toujours gouter : votre bébé lui va bien gouter… Je recommande en général trois marques qui se valent : Purelan, Prelan, et Lansinoh.
Utiliser l’équivalent d’un demi grain de maïs chauffé entre deux doigts et ne l’appliquer que sur la zone lésée. On a en général tendance à mettre trop de crème, ce qui rend le mamelon glissant et empêche le bébé de garder la bouche grande ouverte sur le sein : il fait de la patinoire sur votre aréole ;-) … et continue à blesser votre mamelon !

Ces deux méthodes permettent une cicatrisation sans croute, bien plus confortable et rapide que si l’on assèche la plaie sécher, à l’air libre par exemple.

Et vous, avez-vous déjà utilisé les pansements au lait maternel ? Qu’en avez-vous pensé ?

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Allaitement et déplacements professionnels

avionVotre patron vous a annoncé hier, tout content, que c’est vous qui étiez choisie pour représenter la société auprès des nouveaux clients chinois, en Chine, la semaine prochaine pendant trois jours…
Bonne nouvelle : votre patron considère, malgré votre récente maternité, que vous êtes la meilleure et digne de confiance :-) .
Mauvaise nouvelle : votre bébé a trois mois, vous n’avez aucune envie de le laisser trois jours d’affilée et vous commencez à angoisser pour votre allaitement.
Pas de panique, voyons ensemble comment vous y prendre.

Tout d’abord, si vous êtes au travail, c’est que vous avez déjà mis en place une stratégie pour poursuivre votre allaitement (ou bien vous avez déjà sevré et la question ne se pose pas). Il va juste falloir adapter cette stratégie à cette situation particulière.

Si vous êtes de celles qui ne tirent pas leur lait au travail et qui poursuivent l’allaitement lorsqu’elles sont avec leur enfant, vous allez devoir apprendre à utiliser un tire-lait, ne serait-ce que pour gérer les possibles engorgements. Dans ce cas, vous pouvez prendre un petit tire-lait manuel ou électrique. Voir cet article.
Vous tirerez le lait matin et soir jusqu’à avoir les seins confortables. Vous n’êtes pas obligée de conserver le lait et vous reprendrez votre allaitement habituel de retour à la maison.

Si vous êtes de celles qui tirent leur lait au travail, il va falloir songer à tirer votre lait matin et soir en plus des tirages habituels. Souvenez-vous que la lactation est adaptable et que si vous ne tirez pas aux horaires habituels, ce n’est pas grave. Vous devez juste faire attention à éviter les engorgements.
Si vous souhaitez conserver votre lait pendant plusieurs jours, vous devez avoir obligatoirement accès à un réfrigérateur mais il vous suffira d’une glacière munie de freezpack pour le trajet du retour. Attention cependant, le lait maternel est généralement refusé en cabine en avion :-( .
Si vous souhaitez que votre bébé n’ai que votre lait durant votre absence, vous aurez besoin de faire du stock avant de partir et faire du stock pour trois jours alors que l’on tire déjà quotidiennement, ce n’est pas facile ! Pensez à exploiter les week-end et les soirées pour tirer du lait supplémentaire.
Si vous savez à l’avance que vous aurez des déplacements professionnels, pensez à faire du stock au congélateur pendant votre congé maternité. Cela facilite la logistique.

Les petits trucs en plus :

  • les lilypadz pour éviter les fuites devant les clients chinois.
  • la glacière souple qui se range dans la valise au départ.
  • les pots de conservation qui ferment hermétiquement pour ne pas retrouver une valise mouillée au lait maternel à la descente du train.
  • le tire-lait électrique qui fonctionne sur batterie (que vous aurez rechargée) car les prises électriques à l’étranger ne sont pas toujours compatibles avec les appareils français.
  • le savon liquide et le torchon propre pour nettoyer son matériel.

Et vous quels sont vos trucs pour concilier allaitement et déplacements professionnels ?

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Où trouver de l’aide ?

aideL’allaitement se passe souvent très bien mais il peut arriver que l’on rencontre un problème et que l’on ait besoin d’aide : engorgement à répétition, bébé qui ne prend pas assez de poids, difficultés à la reprise du travail et bien d’autres choses encore.
A qui peut-on alors s’adresser pour obtenir de l’aide ?

Si vous rencontrez un problème médical (infection par exemple), votre premier interlocuteur devrait être votre médecin. Vous me direz certainement que votre médecin n’est pas la personne qui connait le mieux l’allaitement. C’est vrai, la formation de base d’un médecin en allaitement se résume à 2h au cours des études sur les cas d’infection (mastites et abscès). Un médecin peut choisir de se former à l’allaitement maternel (par le DU d’allaitement maternel ou par la formation de consultant en lactation) mais ce n’est pas compris dans ses études universitaires. Cependant, c’est la seule personne qui puisse prescrire un traitement lorsqu’il est nécessaire. Vous pouvez voir un professionnel de l’allaitement auparavant (consultant en lactation par exemple) qui proposera des informations à jour à votre médecin.
Une sage-femme peut également prescrire mais sa capacité de prescription est limitée. La formation des sages-femmes à l’allaitement maternel est très différente selon les écoles. Toutes les sages-femmes n’ont pas les mêmes compétences dans ce domaine et les meilleures cotoient les pires.

Pour tout problème d’allaitement, vous pouvez vous adresser à un consultant en lactation. Le consultant en lactation est un spécialiste de la lactation humaine et de l’allaitement maternel. Sa formation est la plus complète sur le sujet aujourd’hui en France. Elle comprend également un volet sur la relation d’aide.
Vous trouverez une liste de consultants en lactation travaillant en libéral sur le site de l’association Prolactin’. Voici également la liste des consultants en lactation faisant partie de l’association internationale des consultants en lactation (ILCA).

Si vous avez besoin de rencontrer d’autres femmes qui allaitent et de pouvoir partager, vous trouverez cela au sein des associations de soutien à l’allaitement maternel : La Leche League France, Solidarilait et beaucoup d’associations locales dont vous trouverez les coordonnées sur le site de la COFAM (coordination française pour l’allaitement maternel).
Certains lieux proposent aussi des rencontres autour de l’allaitement maternel comme Le Poussette Café à Paris par exemple. Cherchez près de chez vous, il existe surement un lieu proposant des réunions.
Pour la reprise du travail, il est très intéressant de rencontrer d’autres femmes qui l’ont déjà vécu, cela rassure beaucoup et permet de découvrir de nouvelles façons de faire.

Vous pouvez aussi lire : ce blog par exemple :-) mais aussi de très bon livres. Mon préféré est très certainement celui de Jack Newman.

Et vous, où avez-vous trouvé de l’aide ?

 

Comment faire pour habituer mon bébé au biberon ?

pensante2Voilà une question que l’on me pose fréquemment, qui circule énormément sur les forums et suscite beaucoup d’inquiétude. Pourtant, je n’ai trouvé que cet article sur le sujet. Le plus souvent la maman se dit qu’il ne faut pas introduire trop de changements d’un coup et donc habituer son bébé au biberon avant de le laisser en garde.

En fait, la situation est rarement aussi simple. Si vous avez exclusivement allaité votre bébé jusqu’à présent, il comprend souvent mal pourquoi tout à coup il doit prendre un biberon lorsqu’il a faim alors que le sein est à portée de bouche.
Il convient donc de prendre soin de votre bébé et de vous-même.
De votre bébé car ce changement de mode d’alimentation n’est pas toujours bien vécu ; et de vous car vous avez besoin de savoir que tout se passera bien lorsque vous laisserez votre bébé.

Beaucoup de mères choisissent de ne pas introduire le biberon avant la reprise du travail. Elles continuent à allaiter normalement jusqu’au jour J et c’est la personne qui garde le bébé qui propose le biberon. Cette façon de faire a l’avantage d’être claire pour le bébé : maman est là, je tète ; maman n’est pas là, je me nourris autrement.
Certains bébés refusent le biberon les premiers jours mais le plus souvent ils comprennent vite et acceptent facilement.
Pour vous aussi, cela présente des avantages : vous pouvez profiter de votre allaitement exclusif le plus longtemps possible et vous n’avez pas à affronter l’angoisse de votre bébé qui refuse le biberon avant la reprise du travail.

Cependant, cette façon de faire ne convient pas à tout le monde. Certaines mamans ont besoin de savoir que leur bébé saura se nourrir en leur absence pour pouvoir partir travailler l’esprit serein. Elles préfèrent donc essayer de donner le biberon avant la reprise du travail. Le délai avant la reprise n’est pas important car si vous constatez que votre bébé accepte le biberon, vous n’êtes pas obligée de lui en proposer régulièrement tous les jours avant la reprise.
A l’inverse, si votre bébé refuse le biberon, ce n’est pas forcément en insistant tous les jours pendant quinze jours que cela va marcher.
Dans ce cas de figure, je vous renvoie à mon article sur le sujet.

Bref, la question essentielle n’est pas une question de délai (en revanche cela peut-être la question si vous souhaitez sevrer) mais une question de priorité : qu’est-ce qui est le plus important pour vous ? Profiter au maximum de ce temps qu’il vous reste avec votre bébé, quitte à vivre quelques jours difficiles à la reprise ; ou bien préparer cette reprise au maximum quitte à vous gâcher vos derniers jours en exclusif avec votre bébé ?
C’est un choix très personnel, vous seule pouvez répondre à cette question.
Dans les deux cas, il peut y avoir des moments difficiles ou au contraire tout peut se passer parfaitement bien. Alors faites comme vous le sentez et parlez-en à votre bébé !

Et vous, comment avez-vous fait ?

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Donner son lait autrement…qu’au biberon

Vous tirez votre lait mais votre bébé refuse de prendre le biberon… Nous avons déjà abordé cette question . Je voudrais vous parler de toutes les autres manières de donner son lait à son bébé. En effet, contrairement à ce que notre société voudrait nous faire croire, le biberon n’est pas un accessoire absolument indispensable.

Le plus simple quand on reprend le travail et que son bébé est déjà « grand » (et oui il a déjà deux mois et demi !!!), c’est de lui proposer le lait à la tasse. Il faut prendre au début un récipient de petite contenance, au bord bien fin. Un verre en cristal serait idéal…mais peut-être un peu couteux si votre bébé tape malencontreusement dans le verre et le fait tomber… Alors disons que l’on peut prendre un capuchon de biberon, c’est nettement moins précieux. Vous le remplissez de lait à moitié et vous posez le bord du verre sur la lèvre inférieure de votre bébé ; vous laissez le lait affleurer au bord sans jamais lui verser dans la bouche et c’est votre bébé qui va boire seul. Au début, il va sans doute commencer par laper et en renverser un peu mais très vite il va apprendre à boire et ne prendra pas plus de temps au verre qu’au biberon. Certains bébés ne prendront ainsi jamais de biberon.tasse
Il est plus prudent si votre bébé est gardé par quelqu’un qui n’est pas habitué à ce mode de nourrissage de lui apprendre avant qu’il aille en garde. Ainsi, seule la personne qui va le garder devra apprendre et elle l’acceptera certainement beaucoup plus facilement si elle voit que le bébé sait faire.

Une variante du verre ou de la tasse, c’est le gobelet à bec. S’il est muni d’un système anti-fuite, votre bébé devra apprendre à aspirer et certains bébés ont du mal à trouver le « truc ». Mais il existe toujours dans votre supermarché des gobelets à bec tout simple : si on le renverse, le lait coule… Certains bébés apprécient ce système et la personne qui s’occupe du bébé apprécie que cela se renverse moins facilement qu’un verre.tasse-bec2

Il existe également un système à mi-chemin entre le biberon et le verre, c’est la softcup. Son bec est souple, ce qui permet de le pincer pour régler le débit du lait. Le principe est le suivant : on pose le bec sur la lèvre inférieure du bébé, on règle le débit avec la pression des doigts et on laisse le bébé boire seul. Un petit truc à savoir : l’utilisation est plus simple si on pose le bec sur le côté de la bouche du bébé. Son inconvénient majeur : un truc de plus à acheter sans savoir si ça conviendra à son enfant.

Quand un bébé est petit, on peut le nourrir au doigt : on lui propose l’auriculaire, pulpe vers le haut, sur les lèvres et on le laisse le prendre. Un bébé qui tète bien amène votre doigt tout au fond de sa bouche. Mais comme un doigt ne nourrit pas beaucoup, vous avez deux solutions : une seringue (sans aiguille) ou un DAL. Si vous utilisez une seringue, vous allez placer l’embout le long de votre doigt et appuyer doucement quand votre bébé tète votre doigt. Si vous utilisez un DAL, vous allez introduire le petit tuyau (très fin et très souple) le long de votre doigt et le lait viendra quand votre bébé tètera votre doigt. C’est une solution qui fonctionne très bien et permet au bébé d’exercer son mouvement de langue puisqu’il fait le même mouvement avec le sein qu’avec votre doigt. Inconvénient : si votre bébé boit de grandes quantités, c’est un peu long.doigt

Et vous, quelle solution avez-vous adoptée ?



 

Reprise du travail en allaitement mixte

photo-alexCa y est, vous reprenez le travail et vous avez choisi de poursuivre l’allaitement de votre bébé chéri. Petit souci : vous n’avez pas la possibilité de tirer votre lait au travail, vous n’avez pas de bureau, il n’y a pas d’infirmerie et votre patron adoré ne souhaite pas vous laisser son bureau deux fois un quart d’heure dans la journée… Vous décidez donc de faire un allaitement mixte : votre bébé tétera à volonté quand vous serez avec lui et prendra des biberons de lait en poudre en votre absence.
Il est aussi possible que vous tiriez du lait au travail ou à la maison mais que la quantité soit insuffisante, vous complétez donc avec du lait en poudre.

Ce sujet est très courant dans la vie des femmes mais il est peu abordé sauf ici et un petit peu .

Comme vous n’avez jamais donné de lait en poudre, une question devant laquelle on peut se sentir très bête : quel lait choisir ? Il faut savoir que les normes sont les mêmes pour tous et que donc tous les laits premier âge se valent à peu de chose près, vous avez donc le droit de choisir la marque la moins chère. Si votre enfant ne le supporte pas bien, il faut voir avec son médecin quel lait sera le plus approprié dans son cas.

Quelle quantité donner ? Vous pouvez regarder les indications sur la boite, cela vous donnera un ordre d’idée. Il faut savoir qu’un bébé allaité prend en moyenne 800 ml de lait maternel par 24h entre un mois et six mois. Si vous divisez par le nombre de repas, cela peut aussi vous donner un ordre d’idée. Pensez également à faire boire le biberon lentement (cela doit durer environ vingt minutes). En effet, au sein, un bébé a plusieurs mouvements de succion pour une déglutition ; au biberon il doit déglutir à chaque mouvement de succion, il a donc tendance à boire beaucoup trop vite et donc beaucoup trop.

Quelles sont les précautions à prendre pour que cela se passe au mieux ? Si vous souhaitez pouvoir poursuivre votre allaitement, il vaut mieux attendre d’avoir une lactation bien installée avant de commencer l’allaitement mixte. Mais si vous reprenez le travail après le congès maternité légal, il n’y a pas de problème. Ceci dit, plus on commence tard, mieux cela se passe.

Au début, vous devrez faire attention aux engorgements. Votre corps est habitué à produire du lait pour un bébé qui tète régulièrement, donc une première journée sans votre bébé risque de provoquer un engorgement. Vous devez donc prévoir de tirer un tout petit peu de lait en cours de journée, juste pour soulager les seins. Vos seins vont s’habituer et dans quelques jours vous n’aurez plus besoin de le faire. Plus votre bébé est âgé, plus vos seins s’habituent rapidement. Si dès le début, vous avez une lactation très importante, vos seins mettront plus de temps à s’habituer à ce nouveau rythme. Prévoyez des coussinets d’allaitement ou des Lilypadz et évitez les vêtements unis car il est possible que vous perdiez un peu de lait… (voir article précédent).

Pour certaines mamans dont la lactation a toujours tendance à être un peu « juste« , il va falloir faire attention pour maintenir une lactation suffisante. Le risque étant qu’elle diminue plus rapidement que ce que vous souhaitez… Pour ces mamans, deux tétées par 24h sont en général insuffisantes pour maintenir une lactation, il faut en garder un minimum de trois, ce qui est assez facile : une le matin, une quand vous retrouvez votre bébé, une le soir au coucher. Il faut donc prévenir la personne qui garde votre bébé de ne pas le nourrir dans les deux heures qui précèdent votre retour, pour qu’il puisse faire une bonne tétée. Garder un allaitement à la demande quand vous êtes avec votre bébé reste la meilleure solution pour maintenir la lactation. Ce qui veut dire que votre bébé sera complètement allaité le week-end par exemple, cela permet de bien relancer la lactation toutes les semaines.

Enfin, certains bébés refusent le lait en poudre, dont le goût est nettement moins bon que celui du lait de maman… (voir article précédent).

Cependant, un allaitement mixte bien conduit peut durer aussi longtemps que vous le souhaitez.

Et vous, comment s’est passé votre allaitement mixte ?



 

Quand mon bébé refuse le sein

pleurs5Dans mon dernier article je vous parlais des bébés qui refusent le biberon. Comme on me l’a très justement fait remarqué, il existe aussi des bébés qui refusent le sein.

Cette situation se rencontre essentiellement dans deux cas de figure : en début d’allaitement ou bien après la reprise du travail.

En début d’allaitement, lorsque l’allaitement démarre mal et que l’on donne des compléments au biberon (parce que la priorité c’est quand même que son bébé mange !), il arrive parfois que le bébé se mette à refuser le sein.
Après la reprise du travail, vous vous êtes organisée pour pouvoir poursuivre l’allaitement, vous avez tiré votre lait au travail, vous êtes heureuse à l’idée de pouvoir donner le sein à votre progéniture dès votre arrivée chez l’assistante maternelle, quelle n’est pas votre déception lorsque vous vous apercevez que fiston adoré refuse de téter mais prend allègrement le biberon…

Que se passe-t-il pour le bébé ?

En début d’allaitement, il arrive parfois que certains bébés tètent mal, qu’ils placent mal la langue. Pour ces bébés, obtenir du lait au sein est difficile car leur mouvement de langue n’est pas adapté. Lorsqu’on leur présente un biberon car leur prise de poids est insuffisante, ils se rendent vite compte que le biberon coule avec un minimum d’effort, que c’est plus facile de manger ainsi.
Si vous êtes dans ce cas là, tout dépend de ce que vous souhaitez :

  • Si le plus important pour vous c’est que votre bébé ait votre lait, vous pouvez tirer votre lait avec un bon tire-lait et lui donner au biberon.
  • Si pour vous, préserver l’allaitement au sein est plus important et que votre bébé a momentanément besoin de compléments, vous pouvez les lui donner à l’aide d’une sonde ou d’une seringue le long du doigt. C’est une technique très facile d’utilisation mais qu’il vaut mieux se faire expliquer par un professionnel. Cela permet à la fois de nourrir votre enfant et de lui apprendre à téter en plaçant correctement la langue.

Après la reprise du travail, il existe deux « modèles » de bébé refusant le sein :

  • Celui qui doit faire beaucoup d’efforts pour obtenir du lait au sein et qui, de plus, ne tète que pour se nourrir et lâche le sein dès qu’il est repu. La lactation de sa mère suffit très exactement à le nourrir à condition qu’il tète toujours de manière très efficace. Celui-ci peut trouver plus simple de se nourrir au biberon car le lait coule plus facilement, il a besoin de faire moins d’efforts.
  • Celui qui est en permanence submergé par le lait de sa mère : il s’etouffe au sein, doit avaler très vite le lait qui arrive en gros jets. C’est souvent assez stressant de téter pour ces bébés car ils doivent avaler trop vite par rapport au rythme naturel d’un nourrisson. Pour certains de ces enfants, le biberon est une heureuse découverte : ils peuvent manger de façon moins stressante et parfois ils préfèrent. Et oui, l’allaitement n’est pas idyllique ! C’est la façon naturelle de se nourrir du petit humain mais cela n’exclut pas les situations stressantes.

Pour vous, se rendre compte que votre bébé refuse de téter est souvent très difficile. Vous pouvez avoir l’impression que votre bébé vous rejette, qu’il préfère l’assistante maternelle, que vous avez raté une étape. Il n’en est rien ! Un bébé préfère toujours sa maman ! Parfois il choisit un mode de nourrissage plus facile pour lui, c’est tout. Mais c’est frustrant pour vous.

En préventif, vous pouvez faire attention aux situations « à risque » : une lactation un peu « juste » ou au contraire une hyperproduction. Dans ces deux cas, il y a un risque pour que le bébé préfère le biberon mais ce n’est pas une fatalité. Pour éviter ce refus du sein, vous pouvez choisir de lui donner du lait autrement qu’au biberon en votre absence : tasse à bec, verre.
Pour donner à boire au verre à un bébé, il faut prendre un petit verre à bord fin (un capuchon de biberon peut très bien faire l’affaire), le remplir à moitié seulement, poser le bord du verre sur la lèvre inférieure du bébé et laisser le lait affleurer au bord, sans verser dans la bouche. C’est le bébé qui va aller boire tout seul. Il ne faut bien évidemment pas attendre que le bébé soit affamé et donc agité mais au contraire choisir un moment de calme.

Si vous êtes déjà dans la situation où votre bébé refuse le sein :

  • Soit vous acceptez la situation et vous choisissez le sevrage ou bien de tirer votre lait pour le donner au biberon.
  • Soit vous choisissez d’enlever tous les biberons et de les remplacer par verre ou tasse à bec pour que votre petit bout retrouve le chemin du sein.

Dans tous les cas de figure, la situation est crispante pour la mère car cela s’ajoute soit à un allaitement difficile, soit à la reprise du travail. Emotionnellement, vous avez besoin de soutien dans cette situation, entourez vous des personnes qui vous font du bien !

Et vous comment votre bébé a-t-il réagi ?