Archives de la catégorie ‘Allaitement’

Vacances

L’heure des vacances a sonné pour A tire d’Ailes.
Je vous retrouve en septembre pour de nouveaux articles.

En attendant, si vous vous ennuyez au mois d’août, n’hésitez pas à m’envoyer vos témoignages qui viendront enrichir ce blog dès mon retour.
Ce blog est habituellement inondé de spams que je nettoie tous les jours. J’ai donc bloqué la fonction de commentaires jusqu’à mon retour car je ne pourrai pas faire mon nettoyage quotidien habituel.

Je vous souhaite donc un bon mois d’août !



 

Petites phrases assassines

Voici une petite mise à jour de ce billet avec vos participations rajoutées.

Un petit peu de légèreté en ce mois de juillet…

Lors de la rencontre au mois de juin des lectrices d’A tire d’Ailes, nous nous sommes partagées ces petites phrases que l’on entend quand on ne fait pas comme tout le monde. Par exemple lorsque que l’on poursuit l’allaitement après la reprise du travail.

Je vous propose de les partager sur ce blog car finalement, mieux vaut en rire qu’en pleurer :-) .

Je commence donc avec celle-ci :
«  Votre bébé a 8 mois madame, vous devez le sevrer, il ne tète plus que de l’eau. » Et bien pour de l’eau, ça a l’air plutôt nourrissant pour un bébé qui fait 12 kg…

Agnès : C’était le jour de Noël
« Elle tète encore , mais elle fait que téter !! »
– Un peu comme nous, aujourd’hui on ne fait que manger !

Charlotte : En 1979, mon généraliste m’a indiqué qu’il fallait diversifier mon fils de 3 mois, « à, cet âge, votre lait n’est plus que de l’eau savonneuse et ne lui suffit pas ». Ce n’était pas fin, mais moi je n’étais guère mieux car l’eau savonneuse avait fait prendre plus d’un kilo par mois à Marc. Le médecin et moi-même avions sous les yeux un bébé rond comme un bille !

Régine :  »Ah tu l’allaites encore (Maya a 11 mois) ! Ah oui mais tu fais comme chez toi (je suis noire)!! »
En gros l’allaitement long c’est bien pour les noirs et les chimpanzés!!!
NB : je suis certes noire mais tout à fait francaise puisque née à Paris et ai toujours vécu ici et n’avais jamais vu personne de ma famille allaiter.

L : Commentaire d’une collègue de boulot, qui a pourtant allaité ses fils et trouvait ça bien que je tire mon lait au travail : « Quoi mais elle tète encore à un an ! Mais pourquoi, ça ne sert à rien! »
Ah ?

Sophie : Commentaire d’ une connaissance : « Mais il tète encore !? Mais il a des dents ça doit faire mal?!?!?
Non pourquoi? Il tète, il ne mord pas. »
Commentaire d’ un médecin généraliste : « La tétée c’est 10 à 15 minutes. Après ça abime les seins !! »
Commentaire de la famille : « Impossible de le poser!!! C’est normal il est encore allaité. Ou mais il tète tout le temps!!! Ou encore il tète encore »
« S’il ne fait pas ses nuits c’est parce que ton lait ne lui suffit pas. » Et enfin si souvent entendu : « Tu devrais essayer la tétine. » Dur dur les mythes sur le bébé allaité.

Deedeen : Une médecin généraliste, lorsque je lui dis que ma fille, dix mois, tête encore : – Mais vous savez, les anticorps c’était pendant les six premiers mois…
Mais oui, donc le lendemain de son « anniversaire de six mois », pouf, plus d’anticorps ?

Laurence : Le pédiatre, à la visite juste avant ma reprise du boulot : « Bon je vous prescris du lait en poudre alors. » (bébé RGO)
Moi « Non je compte continuer à l’allaiter »
Lui « Mais vous allez faire comment ??? »
Moi « Ben… avec un tire-lait, et la nounou lui donnera mon lait en mon absence… »
Lui « Mais vous savez qu’un enfant boit environ 1 litre par jour ! »
Moi « Oui mais quand il sera avec moi il boira à la source… »
Lui « Mais quand même… enfin de toute façon c’est comme pour les animaux il y a des femmes qui sont bonnes laitières et d’autres qui sont mauvaises laitières.»
Moi «  »
Et en sortant du cabinet j’ai vu qu’il m’avait prescrit du lait en poudre sur son ordonnance. Et je ne l’ai jamais acheté !

Marie : La pédiatre de la PMI : « il faut attendre 2 heures entre chaque tétée, pour que vos seins se remplissent ».
Un vieux monsieur à une fête de famille: « vous le nourrissez encore ? » (bah non maintenant qu’il a 3 mois je ne lui donne plus rien à manger!).
Mon médecin orthopédique, en me montrant l’Afrique sur sa mappemonde: « l’allaitement c’est pour là » (pfff).

A vous de nous faire partager toutes les réflexions que vous entendez sur votre allaitement.



 

Allaiter et travailler : le témoignage de Sophie

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Encore enceinte j’étais décidée à poursuivre l’allaitement après la reprise du travail. J’avais gardé un souvenir frustrant du sevrage de mon ainée. Stressée, j’avais tenu à introduire les biberons avant la reprise. En quinze jours elle était totalement sevrée séduite par la facilité qu’ offrait le biberon. Une véritable déception pour moi. Alors pour ma seconde grossesse, j’ai pris les devants. J’ai fait appel à une consultante qui m’avait aidé pour mon premier allaitement  (Véronique) afin d’éviter tous les petits soucis de démarrage ( mise au sein, ouverture de la bouche, fréquence des tétées…). Elle m’a été d’ une grande aide et reste un précieux soutien. J’ai également pris conseil pour le sevrage et le tire-lait. Je voulais tellement allaiter après la reprise du travail que j’ai suivi ses conseils : je n’ai présenté aucun biberon avant le jour fatidique de la reprise. Il ne s’agissait pas d’un acharnement mais tous les deux nous prenions et prenons encore beaucoup de plaisir dans cet allaitement malgré les difficultés de mise en route ( deux mastites en deux semaines).  De plus après modification de mon congé maternité je n’ai repris le travail qu’ en avril. Mon fils avait alors cinq mois : un petit mois à tenir jusqu’à ses six mois, cela valait la peine de tenter le coup. Enfin comme il souffre d’ un reflux gastro-œsophagien doublé d’ une allergie aux protéines de lait de vache, je tenais à maintenir un allaitement exclusif au maximum pour éviter d’ aggraver la situation.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Avant la reprise j’ai commencé par faire du stock conservé au congélateur par peur de manquer et pour me familiariser avec le tire-lait. Je gardais un mauvais souvenir de ma première expérience avec le tire-lait manuel d’ Avent. J’ai donc loué sur les conseils de Véronique le lactaline d’ Ameda. Un très bon tire-lait. A la reprise, j’ai demandé à mon administration de bénéficier de l’heure d’ allaitement.  Ils étaient paniqués, n’osaient pas refuser mais préféraient trouver un autre système. Finalement j’ai bénéficié d’ un aménagement de mon emploi du temps. J’ai ainsi pu allaiter le matin avant de partir, le midi car je rentrais chez moi, puis en sortant en fin d’après midi et enfin le soir. Sur place, je tirais mon lait le matin et parfois en début d’après midi. Mon fils n’a pratiquement jamais pris de biberons : une situation exceptionnelle qui m’a demandé de déployer un art de la négociation avec mes chefs. Je reconnais être une privilégiée.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

La seule véritable difficulté était de parvenir à tirer mon lait en un temps imparti très court : 15 minutes pour installer, tirer et ranger. Malgré le stock accumulé, j’étais angoissée car j’avais peur de manquer de lait et d’ être interrompue, ce qui m’est arrivé le premier jour lorsqu’un collègue est entré dans la salle pourtant fermée à clef !  Aux conditions matérielles s’ajoute la fatigue liée aux nuits très courtes et à la reprise du travail.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Toutes les tétées sont des moments inoubliables même lorsqu’elles sont quelque peu agitées à cause du reflux. Entendre ses petits cris lorsqu’il veut téter, voir ses petits yeux rieurs et ses mains s’accrocher à mon sein puis le sentir s’apaiser, se laisser aller et même parfois s’endormir… De grands moments de bonheur !

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

A toutes ces mamans, je leur conseillerais de faire comme elles le sentent mais  » le jeu en vaut la chandelle ». Si elles prennent plaisir à allaiter, je leur conseillerais de mettre toutes les chances de leur côté en s’informant auprès d’une consultante en lactation et surtout de ne pas écouter tout ce qui peut leur être dit par le corps médical ou l’entourage surtout si l’allaitement dépasse les six mois du bébé. Qu’elles profitent pleinement de leur allaitement.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Si c’était à refaire, je referais le même choix et je ne changerais rien !! Je suis contente d’avoir tenu car maintenant qu’ est venu le temps des vacances, allaiter offre de nombreux avantages : pas de problèmes d’ intendance, tout est prêt à toute heure et quel que soit l’endroit, c’est aussi un remède aux « petits malheurs » quotidiens. Et même s’il faut gérer l’aînée pendant les tétées, allaiter c’est la solution de facilité.

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L’engorgement

Lorsque l’on reprend le travail, que l’on sèvre ou que l’on poursuive l’allaitement, il peut arriver que l’on ait à gérer un engorgement.
Si vous avez décidé de sevrer mais que le sevrage n’est pas totalement terminé, les premières journées de travail peuvent être difficiles pour vos seins. Si vous avez décidé de ne garder que les tétées à la maison, il faudra un peu de temps à vos seins pour prendre l’habitude de ne plus produire en journée. Si vous avez décidé de conserver une lactation complète mais que vous avez l’habitude d’un bébé qui tète souvent, les pauses de tirages de lait ne seront pas aussi nombreuses…

Voici quelques petits trucs pour gérer ces situations délicates :

  • Tout d’abord, savoir repérer que l’engorgement arrive, avant qu’il s’installe. Vous pourrez ainsi prendre les devants en tirant un petit peu de lait pour soulager vos seins avant qu’ils soient tellement gonflés que vous n’arriviez plus à tirer du lait.
  • Si vous poursuivez l’allaitement sans tirer votre lait, il vaut mieux prévoir de tirer un peu les premiers jours, sans drainer complètement les seins, dès que vous en ressentez le besoin. Petit à petit vous n’en aurez plus besoin.
  • Si malgré tout un engorgement s’est installé, vous devez réagir car c’est une situation douloureuse. Soit il est 17 heures et vous pouvez rentrer un peu plus tôt pour donner le sein à votre enfant, dans ce cas là, faites-le ! Soit vous devez rester au travail, vous allez alors vous éclipser quelques minutes pour passer vos seins sous l’eau chaude (vous pouvez prévoir un gant de toilette par exemple) et tirer votre lait. Le chaud aide à faire couler le lait. Si c’est plus simple pour vous, vous pouvez prévoir un coussin de gel bleu vendu en pharmacie qui passe au micro-ondes. Ce genre de coussin peut aussi se passer au congélateur et peut aider à soulager l’engorgement entre deux tétées ou deux tirages de lait.
  • Prévenez la personne qui s’occupe de votre enfant de votre heure de retour pour qu’elle ne donne pas un biberon une demi-heure avant votre arrivée : votre enfant risque alors de ne pas vouloir téter alors que vos seins en ont désespérément besoin.
  • Si vous êtes en période de sevrage et que vos seins s’engorgent, n’essayez pas d’aller trop vite en besogne. Laissez le temps à vos seins de réagir à la baisse de la demande et n’hésitez pas à tirer un peu de lait pour soulager un engorgement. Cela ne relancera pas la lactation si vous tirez juste ce qu’il faut pour vous soulager.
  • Prévoyez des coussinets d’allaitement en cas de « fuite » de lait.
  • Prévoyez également une tenue de rechange, cela peut toujours servir…
  • L’utilisation d’un tire-lait est parfois difficile en cas d’engorgement alors que le tirage manuel peut s’avérer plus efficace.
  • Il est inutile d’arrêter de boire, c’est inefficace et dangereux pour vos reins.

L’engorgement est douloureux mais régresse rapidement si l’enfant tète efficacement. C’est un « accident de parcours » fréquent chez les femmes allaitant, surtout au moment de la reprise du travail.
Les femmes qui risquent plus d’avoir un engorgement sont celles qui :

  • passent brutalement de douze tétées par jour à trois sans prévoir de tirer du lait.
  • stockent peu de lait entre deux tétées. Le fait d’espacer les tétées ou les tirages est plus difficile à supporter.
  • commencent à prendre des galactogogues à la reprise du travail par peur de manquer de lait…

Le remède universel à l’engorgement est le drainage du sein, soit par le bébé, soit en tirant son lait !

Et vous, vous est-il déjà arrivé de devoir gérer un engorgement au travail ? Qu’est-ce qui a été le plus efficace pour vous ?

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Allaiter et travailler : le témoignage de Sandrine

J’ai 2 enfants qui ont aujourd’hui 4 et 2 ans. Pour les deux, j’ai eu la chance de pouvoir prendre 3 mois de congé parental à temps plein pour pouvoir mener mon allaitement exclusif tranquillement. A ma reprise (mes enfants avaient 6/7 mois), ils étaient diversifiés et n’avaient plus besoin de mon lait en journée.
J’ai tiré un peu mon lait jusque vers 9 mois, juste pour entretenir ma lactation.
Mon entreprise me mettait à disposition l’infirmerie, libre entre 12 et 14 heures afin de pouvoir tirer mon lait dans de bonnes conditions.

Rien de bien extra-ordinaire là-dedans …
Là où je voulais plutôt témoigner concerne un séminaire auquel j’ai participé.
A l’époque j’étais cadre dans un groupe européen et je faisais partie d’un groupe de jeunes cadres à haut potentiel. Nous suivions des séminaires de formation au management de 3 jours dans différentes filiales en Europe tous les 4/5 mois.
L’une des sessions avaient été programmée environ 6 semaines après la naissance de mon fils. Bien qu’en congé maternité, j’ai souhaité participer quand même à cette session, d’autant plus qu’elle avait lieu en France, pas très loin de mon domicile (coup de chance !).
Je connaissais le formateur et je lui ai demandé s’il acceptait que je vienne avec mon fils (de 6 semaines donc). Il a accepté après accord des autres membres du groupe. J’avais beaucoup échangé avec le formateur (nous l’avions eu lors d’une autre session : il est hollandais et sa femme allemande et je savais son approche des enfants proche de la mienne).

J’ai ensuite informé mon DRH … qui a été très surpris. Des réunions ont été organisées au plus haut niveau de la société afin de savoir si cela pouvait ou non être validé … et cela l’a été !
J’ai donc suivi ce séminaire avec mon fils de 6 semaines en écharpe et allaité. Les 3 jours se sont extrêmement bien passés, mes collègues étaient ravis d’avoir un petit bout de chou à câliner…
Aucun d’eux n’a été choqué de l’allaitement (il faut dire qu’ils étaient tous allemands, hongrois, bulgares, italiens, … tous pays où l’allaitement est beaucoup plus « dans la norme » que chez nous).

Merci à Sandrine pour ce témoignage !

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Allaiter et travailler : le témoignage d’Agnès

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai choisi de continuer d’allaiter ma fille. Mais je tiens à dire plutôt « NOUS avons choisi » car ce fut un réel projet de couple. L’idée a fait son chemin, s’en tenir à la durée du congé maternité, si courte, semblait tellement arbitraire !  Pour mon compagnon, c’était complètement naturel de ne pas arrêter l’allaitement. Je donne du lait  à notre fille, pourquoi soudainement arrêter et lui donner de lait de vache nourrie aux antibiotiques,alors que nous mangeons équilibré, souvent bio ? Il n’avait jamais pensé qu’on arrêterait à la reprise du travail, pour lui c’est dans l’ordre des choses, simplement et naturellement.
J’ai repris le travail aux 3 mois 1/2 de ma fille, que c’était dur d’envisager de la quitter !!
Je me suis beaucoup renseignée, j’ai beaucoup lu, découvert qu’on pouvait tirer son lait, pour le faire donner à son bébé. Ainsi est né le projet de reprendre le travail en continuant l’allaitement.  Nous avons trouvé une nourrice très maternante et rassurante, et qui acceptait tout à fait l’idée de donner des biberons de mon lait à bébé !!

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Là encore mes lectures m’ont ouvert des horizons ! J’ai découvert qu’on pouvait tirer son lait, le congeler, pour ainsi avoir des petits biberons de réserve et se détendre ! J’ai loué un tire-lait et j’ai commencé à tirer mon lait chaque matin, tranquillement, après la 1ère tétée. Ainsi j’ai constitué de petits stocks que j’ai congelés. Ca me rassurait d’avoir cette cagnotte d’or blanc liquide !!
J’ai parlé avec me chef de mon projet, afin d’être un peu plus à l’aise quand je serai avec mes collègues.
Je vais donc travailler avec mon tire-lait bien rangé dans son sac à dos glacière, c’est une petite organisation qui vaut vraiment le coup !

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

L’inquiétude, les mauvais conseils de médecins qui n’y connaissent rien, l’entourage sceptique ! Et donc se laisser persuader qu’il n’y a pas de solution à certaines difficultés physiques ! J’ai eu de gros engorgements, terribles, face auxquels on me conseillait d’arrêter ! Idem pour la fatigue ! Là encore, de bonnes lectures et de bonnes personnes m’ont permis de surmonter ces difficultés, et de poursuivre l’allaitement, en faisant fi  des idées reçues.
Au travail, je m’aperçois que tirer mon lait constitue un bon test de mon état de stress et de fatigue ! Quand l’ambiance est très dure, je ne récolte que très peu de lait ! Je tire 2 fois par jour, ce qui n’est pas assez donc chez la nounou ma fille reçoit un biberon de lait artificiel, bio, que j’ai hâte de remplacer par des fruits !
J’étais très inquiète de ne pas être disponible au travail, 2 fois 20 minutes (même si on a droit à 1h), j’ai donc évoqué simplement le sujet avec mes collègues, pour mettre tout le monde à l’aise, les autres et moi-même ! Le code c’est « je vais à la ferme ! ». Je rencontre de la bienveillance, même si le temps passant je me prépare à faire face à l’ignorance : la plupart des gens pensent que tant que l’on continue d’allaiter, bébé n’est pas diversifié !
Sinon, la fatigue due au rythme de travail est grande, j’ai 3h de transports par jour, donc je veille à me préserver.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Chaque tétée de retrouvailles le soir ! Et maintenant, ma fille boit son lait en me regardant dans les yeux, avec un large sourire !!
Savoir que son père donne à notre fille un biberon de mon lait le matin avant d’aller chez sa nounou !
Partir en vadrouille simplement, entre nous, sans matériel à trimballer, ni biberon ni boite de lait !

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Que c’est merveilleux de poursuivre son allaitement ! Allaitement à volonté les jours de repos, et allaitement le matin et le soir les jours de travail, un parfait équilibre !

J’insisterais sur le repos, la nécessité de se protéger de toute  agression ambiante, faire de bonnes lectures car personne ne nous encourage dans l’entourage ! Surtout, se protéger des remarques extérieures !
Enfin, contacter une conseillère en lactation et la Leche League m’ont énormément apporté, en réconfort, conseils et humour !

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Je referais de même, quel bonheur de donner du lait approprié à notre fille ! En 6 mois, jamais malade ! Quelle relation merveilleuse ! Car l’allaitement, c’est nourrir, réconforter, câliner, calmer, endormir ! Et  que c’est pratique : rien à préparer, toujours du lait sur soi !

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Interview d’une directrice de crèche

Aujourd’hui, grâce à Clara, j’ai interviewé pour vous Émilie Delourme qui est directrice de crèche. Elle accueille régulièrement des bébés allaités au sein de sa crèche et elle nous donne son point de vue sur l’allaitement en crèche.

  • Bonjour ! Comment se passe l’accueil des bébés allaités dans votre crèche ?

Au sein de notre crèche, nous accueillons des bébés allaités et j’explique toujours aux parents qu’il est possible, s’ils le souhaitent, de continuer l’allaitement à l’entrée en crèche. Je l’explique dès l’inscription qui a lieu pendant la grossesse. Je leur donne un document de la ville qui parle de ce sujet. Je leur donne également des conseils sur la manière de tirer leur lait ou de concilier travail et allaitement.
Dans notre crèche les mères peuvent apporter leur lait (congelé) ou faire un allaitement mixte. Le bébé prend alors des biberons de lait artificiel à la crèche et continue de téter à la maison.
Je travaille également avec l’équipe sur les différences de rythmes alimentaires des bébés allaités. Quand c’est nécessaire, nous donnons de plus petits biberons, plus souvent, nous nous adaptons à chaque bébé.

  • Quelles difficultés pouvez-vous rencontrer avec des bébés allaités ?

Souvent nous devons faire face à un refus du sein au début. Un bébé africain que nous accueillons en ce moment a eu besoin de chants africains, de son doudou portant l’odeur de sa mère pour accepter le biberon.

Pour le personnel, un bébé allaité demande plus d’imagination, de temps (car il faut préparer plus de biberons) et d’investissement. Le personnel doit y mettre de sa personne mais ce n’est pas plus difficile qu’accueillir un bébé qui a des difficultés de sommeil par exemple.
Parfois, il faut accorder le rythme d’allaitement et de sommeil du bébé.

  • Voyez-vous des avantages à accueillir des bébés allaités ?

Oui, c’est super ! Ils ont plus d’assurance dans le monde. C’est aussi faire preuve de respect pour la maman. Le lien entre la maison et la crèche se fait mieux, plus en douceur.
L’immunité des bébés allaités est meilleure : quand ils sont malades, ils le sont moins gravement.

  • Que souhaiteriez-vous dire aux mamans allaitantes qui vous confiant leurs enfants ?

Faites-le ! Continuez à prendre plaisir à allaiter. N’hésitez pas à vous faire aider : avoir des lieux de reflexion par exemple.
Pour nous c’est facile d’accompagner les parents qui savent déjà ce qu’ils veulent faire par rapport à l’allaitement.
Et si vous souhaitez venir allaiter votre enfant à la crèche, il n’y a pas de raison que cela crée des difficultés supplémentaires.

Merci à Émilie d’avoir pris le temps de me répondre !


 

Allaiter et travailler : le témoignage d’une lectrice

Je suis la maman d’une ravissante jeune Nathanaëlle de 16 mois et voilà notre aventure sur l’allaitement :

J’ai été très triste de ne peut pas pouvoir allaiter mon fils aîné et du coup j’ai tout mis en oeuvre et me suis énormément informée pour ma deuxième grossesse.
Lorsque ma fille est donc née, je me suis mise à l’allaiter, non sans une pointe d’inquiétude quand à un éventuel échec. Mais bien au contraire, ce fût une réussite totale, j’ai donc tout logiquement décidé de continuer à l’allaiter et la nourrir au lait maternel exclusivement même lorsque j’ai repris le travail. Elle avait 3 mois et demi (j’avais décaler de 15 jours le début de mon congé de maternité et j’ai donc pu rester 15 jours de plus avec elle, si si c’est tout à fait légal !!! voir la sécurité sociale pour cela).
J’ai la chance de travailler seule dans un bureau et j’ai donc pu tirer mon lait tous les jours. Pour ne pas être prise de cours, j’ai commencé à tirer le lait régulièrement 1 mois avant ma reprise, je tirais d’un côté pendant que j’allaitais de l’autre, ainsi bébé buvait bien et m’aidait en plus à tirer davantage de lait. Cela m’a permis d’avoir toujours 2 biberons d’avance sur ses besoins, sachant que le lait se conserve 24h au frigo, et plus longtemps au congélateur, je n’étais donc jamais à cours de lait même au biberon.

Mais ces p’tits bouts sont malins, même si le biberon ne la dérangeait pas, ma fille buvait juste ce qu’il lui fallait la journée pour ne pas « mourir de faim » et se lâchait complètement le soir dès mon arrivée (ce qui n’était pas pour me déplaire… lol)

Aujourd’hui plus d’allaitement, mais je peux vous assurer que vu comment elle aime se lover contre moi le soir, j’ai l’intime conviction qu’instinctivement elle n’a pas oublié ces merveilleux moments que nous avons passé ensemble…

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Faire du stock de lait.

Pour celles qui ont décidé de tirer leur lait, la question se pose souvent : faut-il prévoir un stock de lait avant la reprise ? Pour certaines mamans qui souhaitent que leur enfant ne soit nourri qu’au lait maternel, faire un stock de lait maternel au congélateur pour avoir moins de pression sur les épaules au moment de la reprise du travail peut être une bonne idée.

Pour cela, vous pouvez choisir de tirer régulièrement du lait tous les jours. Soit vous choisissez une heure fixe tous les jours, soit vous tirez quand votre emploi du temps vous le permet.
Beaucoup de mamans ont plus de lait le matin. En effet, le corps produit un pic d’hormones en fin de nuit qui fait augmenter la lactation le matin. Le repos participe aussi certainement à cette meilleure lactation du matin. Si vous êtes dans ce cas, vous pouvez donner un sein à votre bébé lors de la tétée du matin puis tirer le lait en double pompage ensuite. Le sein déjà tété fournira peu de lait mais sera drainé au maximum, ce qui aide à maintenir une bonne lactation. L’autre sein fournira un bon stock que vous pourrez congeler.
Si votre pic de lactation se situe à un autre moment, n’hésitez pas à décaler ce tirage de lait supplémentaire à la meilleure heure pour vous.
Certaines mamans préfèrent tirer le lait du deuxième sein pendant que l’enfant tète le premier car c’est le bébé qui provoque le reflexe d’éjection du lait qui est nettement plus efficace. Elles tirent alors plus de lait. C’est à vous de voir si cela vous convient : il faut une certaine habileté pour donner à téter tout en tirant son lait, certains enfants n’aiment pas ça, cela peut rendre la tétée moins agréable.
L’avantage de tirer du lait à heure fixe, c’est de donner l’habitude au corps d’une stimulation supplémentaire et donc d’une production supérieure.

Si votre bébé a un rythme de tétées très variable d’un jour à l’autre, cela peut être difficile pour vous de pouvoir prévoir ce tirage de lait. Dans ce cas, vous pouvez vous adapter au jour le jour et tirer du lait au moment qui vous semble le plus opportun.

Ne craignez pas de tirer du lait qui va manquer à votre bébé s’il demande peu de temps après. Plus un sein est drainé, plus il produit vite et en grande quantité. Si votre bébé tète efficacement, il aura toujours du lait, le sein n’est jamais vide. Évidemment, si vous avez drainé vos seins une demi-heure avant, le lait coulera beaucoup moins facilement et votre bébé peut être agacé par ce débit moins important. Encouragez-le à persévérer car il y a toujours du lait pour lui ! Plus vous êtes tranquille à ce sujet, plus votre lait coule facilement et moins votre bébé risque d’être frustré.

Un autre avantage de commencer à tirer du lait avant la reprise du travail, c’est de s’habituer à l’utilisation du tire-lait. Plus vous avez l’habitude de vous en servir, plus c’est facile et plus ce sera rapide sur votre lieu de travail. Vous connaitrez tous les petits trucs qui rendent un tirage plus efficace. Pour cela, rien de tel que la pratique.

Ne vous inquiétez pas de la quantité que vous stockez, qui n’est pas toujours très importante puisque vous avez un bébé avec vous qui tète toute la journée (et parfois toute la nuit). Ce sera beaucoup plus facile de tirer votre lait lorsque votre bébé sera gardé et que vos seins n’auront pas été drainés pendant plusieurs heures… Je dois quand même vous informer qu’un très petit nombre de femmes n’arrive pas à tirer du lait au travail, cela peut arriver même si c’est rare.

L’important c’est d’avoir un petit stock au congélateur qui vous permette de faire face aux journées difficiles au cours desquelles vous n’avez pas pu tirer votre lait comme d’habitude : une réunion qui s’est prolongée, l’infirmerie occupée toute la journée, un déplacement chez un client,… Vous êtes alors plus détendue, vous savez que le stock du congélateur est là pour ça.

Vous pouvez également envisager de reconstituer ce stock petit à petit les fins de semaine si vous avez pioché dedans au cours de la semaine. Ainsi vous gardez toujours une réserve de sécurité.

Certaines femmes savent qu’elles ne pourront pas tirer leur lait au travail mais souhaitent quand même que leur bébé soit nourri au maximum au lait maternel. Ces femmes là peuvent faire un stock de lait pendant toute la durée de leur congé maternité à partir de la naissance.

Si vous faites partie de ces femmes là, n’hésitez pas à utiliser la période du premier mois au cours de laquelle beaucoup de femmes ont trop de lait par rapport aux besoins de leur enfant. Vous pouvez en profiter pour tirer ce lait supplémentaire et le conserver au congélateur.

Certes, le lait maternel évolue au cours des mois d’allaitement mais votre bébé sera bien content de boire à trois mois du lait tiré lorsqu’il avait quinze jours, c’est absolument incomparable avec une préparation pour nourrisson et c’est toujours aussi bon pour lui !

Attention cependant ! Si vous souhaitez poursuivre l’allaitement plusieurs semaines ou mois, que vous ne donnez que votre stock de lait en journée et que votre bébé ne tète que deux fois par 24 heures, votre production de lait peut rapidement diminuer et votre allaitement s’arrêter. Beaucoup de bébés n’aiment pas téter un sein qui ne produit quasiment plus de lait. Dans ce cas là, essayez de conserver au moins trois tétées par 24 heures : la tétée de retrouvailles, la tétée du soir et celle du matin par exemple.

Quand commencer à faire du stock ? Quand vous le souhaitez ! Dès la naissance si cela ne vous pose pas de problème, ou un mois avant la reprise si vous ne voulez pas vous compliquer la vie avant.

Et vous, avez-vous fait un stock de lait maternel ? Comment vous êtes-vous prise ?

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Fiche pratique pour l’assistante maternelle

Je vous propose aujourd’hui une fiche pratique que vous pouvez fournir à la personne qui s’occupe de votre bébé en votre absence.

Temps de conservation du lait maternel :

Conservation du lait frais :

  • À température ambiante (25 ou 26 °C) : 4 à 6 heures. Évidemment, ce temps s’allonge si la température baisse.
  • Dans une glacière isotherme, avec des packs de congélation à 15°C : 24 heures.
  • Au réfrigérateur (4°C) : jusqu’à 8 jours. Si votre réfrigérateur n’est pas nettoyé une fois par semaine et n’est pas exactement à 4°C, il vaut mieux compter 5 jours, c’est une mesure de précaution.
  • Conservateur (freezer) : 2 semaines.
  • Congélateur : 6 mois pour une conservation optimale, jusqu’à 12 mois ce lait reste meilleur qu’un lait en poudre.

Conservation du lait décongelé :

  • Décongelé au réfrigérateur et non réchauffé :
    • A température ambiante : 4 heures.
    • Au réfrigérateur : 24 heures.
  • Décongelé à température ambiante ou à l’eau chaude :
    • À température ambiante : pour achèvement du repas en cours.
    • Au réfrigérateur : 4 heures.

Dans le réfrigérateur, le lait maternel se place dans la partie froide (pas dans la porte).

Si le bébé ne finit pas un biberon de lait frais, le remettre au réfrigérateur pour le prochain repas.
Si le biberon non terminé est resté à température ambiante pendant une heure, il peut être remis au réfrigérateur après.
Ne pas jeter de lait maternel : en cas de doute, remettre le lait maternel au réfrigérateur en indiquant sur l’étiquette la raison du doute.

Pour réchauffer le lait, il ne faut pas utiliser de four à micro-ondes.
On peut utiliser un chauffe-biberon, un bain-marie ou passer le biberon sous l’eau chaude du robinet.
Le lait n’a pas besoin d’être chaud, la majorité des bébés l’accepte à température ambiante.

Pour utiliser du lait congelé, le décongeler lentement au réfrigérateur.
Si le lait est décongelé rapidement (chauffe-biberon, bain-marie ou eau chaude du robinet), il doit être bu au cours du repas mais ne pas être gardé au-delà.

Utiliser en priorité :

  • le lait décongelé la veille au soir au réfrigérateur (si c’est la cas)
  • puis le lait frais
  • ne décongeler du lait qu’en cas de besoin, en petite quantité.

Le lait conservé au réfrigérateur se sépare : le gras remonte et le fond du biberon contient du lait plus « clair ». Il suffit de secouer doucement le lait pour le ré homogénéiser.

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