Archives de la catégorie ‘témoignages’

Allaiter et travailler : le témoignage de Lucie

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

À l’origine, pendant ma grossesse, je me disais, si je peux, j’allaiterai jusqu’à ma reprise. Ma meilleure amie avait allaité sa fille l’année précédente, mais cela ne s’était pas super bien passé, notamment en raison du frein de sa fille.
Donc, je m’étais dit que si je n’y arrivais pas, je n’en ferais pas une maladie !

Après j’ai eu beaucoup de chance, la mise au sein ne m’a pas fait mal et s’est faite super naturellement. C’est comme si Annabel avait compris le truc toute seule…
Le plus difficile et le plus fatigant restait le rythme à prendre, les nuits sans sommeil ou très peu.

Bref, le début était dur, mais j’ai tenu le coup face à mes proches, qui me disaient de passer au lait maternisé, que ça me laisserait plus libre de mes mouvements…
J’ai tenu bon…Même si effectivement le papa jalousait de ne pouvoir nourrir sa petite fille.

Aux six semaines d’Annabel, nous avions un mariage en Province. Il me fallait absolument aller chez le coiffeur, acheter une tenue et chercher la voiture de location (le papa d’Annabel ne conduit pas, donc je ne pouvais pas compter sur lui pour cette tâche)…

Un de nos copains avait proposé de la garder. J’avais donc tiré du lait (environ 60 ml) la veille pour la première fois pour le cas où je ne reviendrai pas assez vite pour la nourrir. Bien évidemment, toutes les tâches que j’avais à accomplir se situaient à moins de dix minutes de notre appartement.
Ça a été folklorique !

Le copain, voyant qu’elle pleurait, s’est dit qu’elle avait faim, a donc sorti le biberon du frigo et le lui a donné… Autant dire qu’elle n’a pas apprécié…

Par ailleurs, nous étions, avant d’avoir Annabel, toujours par monts et par vaux. Et pendant mon congé maternité, quand Annabel a été un peu plus grande nous l’avons été aussi…
L’allaitement était bien pratique dans ces moments–là. Tout comme le biberon de lait maternel l’était aussi !!!

Fin septembre, Début octobre, alors qu’Annabel n’avait qu’un mois et demi, je commençais à angoisser de ma reprise, de son sevrage, de sa garde (je n’avais toujours pas de réponse de la crèche)…
Alors que la reprise se profilait, je n’arrivais pas à me résoudre à abandonner l’allaitement d’Annabel. Ça se passait tellement bien.

Et puis, la lettre de la mairie est arrivée… la rencontre avec la directrice également… Cela s’est très bien passé. Elle nous a donné le guide et la charte d’allaitement mis en place par la mairie : ce qu’il fallait faire pour que le lait maternel puisse être donné en son absence.

Et là, tout s’est éclairé !!! Je me suis dit c’est bon je ne suis pas obligée de la sevrer et continuer à lui donner ce qu’elle adore.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’ai donc commencé fin octobre à alimenter la réserve de lait congelé. (pour la petite anecdote, nous avons dû changer de frigo, l’ancien congélateur était rempli de lait et nous ne pouvions plus nous en servir pour nous, dans le nouveau, seul un tiroir en contenait !)

Je tirais deux à trois fois par jour, le papa lui donnait pour l’habituer un biberon le soir quand il rentrait du travail.

Quand j’ai repris le travail, je me levais à 6 h 30 pour tirer une première fois, mon lait avant qu’Annabel ne se réveille.
Sur mon lieu de travail, nous disposons d’une salle de bain (avantage de la profession libérale), je tirais donc deux fois par jour par tranche qui pouvait varier entre 15 et 30 minutes, à midi et à seize heures.
Puis, une dernière fois le soir avant d’aller se coucher vers 23 h.

J’ai tenu jusqu’au six mois d’Annabel, ensuite je n’ai plus tiré qu’une fois à la maison et une fois au travail, pour enfin ne plus tirer qu’à la maison jusqu’à ce que la crèche me dise que ce n’était plus la peine d’en ramener (à partir de sa diversification alimentaire, Annabel ne consommait sur les 120 ml que 60 ml ou 10 ml cela dépendait).

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Les fuites de lait : je suis avocate et il m’arrive de passer plus de temps que prévu en audience ou même au Tribunal, ce qui ne me permettait pas certains jours de tirer mon lait pendant plus de douze heures ! Heureusement que j’ai une robe (rires) !

La fatigue et l’impression de toujours courir après le temps : ce que je connaissais déjà dans ma profession.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Le soir quand je rentrais et que je retrouvais Annabel pour son câlin de lait, encore aujourd’hui c’est mon meilleur moment.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Je pense que l’allaitement ne coule pas de source et qu’il faut avoir en tête que la mise en place n’est pas évidente, mais que passées ces difficultés, c’est un pur bonheur, un moment inoubliable.

Il faut surtout s’écouter et ne pas laisser les autres instaurer le doute, c’est le meilleur moyen de ne pas y arriver.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Si c’était à refaire, je referais le même choix, mais différemment.
En effet, je ne connaissais personne ou peu pour m’orienter dans mes choix et je n’ai pas su demander de l’aide à ma sage-femme au moment où j’ai décidé de continuer l’allaitement au travail.
J’ai donc utilisé mon tire-lait manuel, ou bien j’exprimais le lait à la main, cela me prenait donc un temps monstrueux.

Mettre le papa plus à profit la nuit aussi.
On verra donc pour la prochaine grossesse !

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Allaiter et travailler : le témoignage de Sophie

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Encore enceinte j’étais décidée à poursuivre l’allaitement après la reprise du travail. J’avais gardé un souvenir frustrant du sevrage de mon ainée. Stressée, j’avais tenu à introduire les biberons avant la reprise. En quinze jours elle était totalement sevrée séduite par la facilité qu’ offrait le biberon. Une véritable déception pour moi. Alors pour ma seconde grossesse, j’ai pris les devants. J’ai fait appel à une consultante qui m’avait aidé pour mon premier allaitement  (Véronique) afin d’éviter tous les petits soucis de démarrage ( mise au sein, ouverture de la bouche, fréquence des tétées…). Elle m’a été d’ une grande aide et reste un précieux soutien. J’ai également pris conseil pour le sevrage et le tire-lait. Je voulais tellement allaiter après la reprise du travail que j’ai suivi ses conseils : je n’ai présenté aucun biberon avant le jour fatidique de la reprise. Il ne s’agissait pas d’un acharnement mais tous les deux nous prenions et prenons encore beaucoup de plaisir dans cet allaitement malgré les difficultés de mise en route ( deux mastites en deux semaines).  De plus après modification de mon congé maternité je n’ai repris le travail qu’ en avril. Mon fils avait alors cinq mois : un petit mois à tenir jusqu’à ses six mois, cela valait la peine de tenter le coup. Enfin comme il souffre d’ un reflux gastro-œsophagien doublé d’ une allergie aux protéines de lait de vache, je tenais à maintenir un allaitement exclusif au maximum pour éviter d’ aggraver la situation.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Avant la reprise j’ai commencé par faire du stock conservé au congélateur par peur de manquer et pour me familiariser avec le tire-lait. Je gardais un mauvais souvenir de ma première expérience avec le tire-lait manuel d’ Avent. J’ai donc loué sur les conseils de Véronique le lactaline d’ Ameda. Un très bon tire-lait. A la reprise, j’ai demandé à mon administration de bénéficier de l’heure d’ allaitement.  Ils étaient paniqués, n’osaient pas refuser mais préféraient trouver un autre système. Finalement j’ai bénéficié d’ un aménagement de mon emploi du temps. J’ai ainsi pu allaiter le matin avant de partir, le midi car je rentrais chez moi, puis en sortant en fin d’après midi et enfin le soir. Sur place, je tirais mon lait le matin et parfois en début d’après midi. Mon fils n’a pratiquement jamais pris de biberons : une situation exceptionnelle qui m’a demandé de déployer un art de la négociation avec mes chefs. Je reconnais être une privilégiée.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

La seule véritable difficulté était de parvenir à tirer mon lait en un temps imparti très court : 15 minutes pour installer, tirer et ranger. Malgré le stock accumulé, j’étais angoissée car j’avais peur de manquer de lait et d’ être interrompue, ce qui m’est arrivé le premier jour lorsqu’un collègue est entré dans la salle pourtant fermée à clef !  Aux conditions matérielles s’ajoute la fatigue liée aux nuits très courtes et à la reprise du travail.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Toutes les tétées sont des moments inoubliables même lorsqu’elles sont quelque peu agitées à cause du reflux. Entendre ses petits cris lorsqu’il veut téter, voir ses petits yeux rieurs et ses mains s’accrocher à mon sein puis le sentir s’apaiser, se laisser aller et même parfois s’endormir… De grands moments de bonheur !

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

A toutes ces mamans, je leur conseillerais de faire comme elles le sentent mais  » le jeu en vaut la chandelle ». Si elles prennent plaisir à allaiter, je leur conseillerais de mettre toutes les chances de leur côté en s’informant auprès d’une consultante en lactation et surtout de ne pas écouter tout ce qui peut leur être dit par le corps médical ou l’entourage surtout si l’allaitement dépasse les six mois du bébé. Qu’elles profitent pleinement de leur allaitement.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Si c’était à refaire, je referais le même choix et je ne changerais rien !! Je suis contente d’avoir tenu car maintenant qu’ est venu le temps des vacances, allaiter offre de nombreux avantages : pas de problèmes d’ intendance, tout est prêt à toute heure et quel que soit l’endroit, c’est aussi un remède aux « petits malheurs » quotidiens. Et même s’il faut gérer l’aînée pendant les tétées, allaiter c’est la solution de facilité.

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Allaiter et travailler : le témoignage de Sandrine

J’ai 2 enfants qui ont aujourd’hui 4 et 2 ans. Pour les deux, j’ai eu la chance de pouvoir prendre 3 mois de congé parental à temps plein pour pouvoir mener mon allaitement exclusif tranquillement. A ma reprise (mes enfants avaient 6/7 mois), ils étaient diversifiés et n’avaient plus besoin de mon lait en journée.
J’ai tiré un peu mon lait jusque vers 9 mois, juste pour entretenir ma lactation.
Mon entreprise me mettait à disposition l’infirmerie, libre entre 12 et 14 heures afin de pouvoir tirer mon lait dans de bonnes conditions.

Rien de bien extra-ordinaire là-dedans …
Là où je voulais plutôt témoigner concerne un séminaire auquel j’ai participé.
A l’époque j’étais cadre dans un groupe européen et je faisais partie d’un groupe de jeunes cadres à haut potentiel. Nous suivions des séminaires de formation au management de 3 jours dans différentes filiales en Europe tous les 4/5 mois.
L’une des sessions avaient été programmée environ 6 semaines après la naissance de mon fils. Bien qu’en congé maternité, j’ai souhaité participer quand même à cette session, d’autant plus qu’elle avait lieu en France, pas très loin de mon domicile (coup de chance !).
Je connaissais le formateur et je lui ai demandé s’il acceptait que je vienne avec mon fils (de 6 semaines donc). Il a accepté après accord des autres membres du groupe. J’avais beaucoup échangé avec le formateur (nous l’avions eu lors d’une autre session : il est hollandais et sa femme allemande et je savais son approche des enfants proche de la mienne).

J’ai ensuite informé mon DRH … qui a été très surpris. Des réunions ont été organisées au plus haut niveau de la société afin de savoir si cela pouvait ou non être validé … et cela l’a été !
J’ai donc suivi ce séminaire avec mon fils de 6 semaines en écharpe et allaité. Les 3 jours se sont extrêmement bien passés, mes collègues étaient ravis d’avoir un petit bout de chou à câliner…
Aucun d’eux n’a été choqué de l’allaitement (il faut dire qu’ils étaient tous allemands, hongrois, bulgares, italiens, … tous pays où l’allaitement est beaucoup plus « dans la norme » que chez nous).

Merci à Sandrine pour ce témoignage !

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Allaiter et travailler : le témoignage d’Agnès

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai choisi de continuer d’allaiter ma fille. Mais je tiens à dire plutôt « NOUS avons choisi » car ce fut un réel projet de couple. L’idée a fait son chemin, s’en tenir à la durée du congé maternité, si courte, semblait tellement arbitraire !  Pour mon compagnon, c’était complètement naturel de ne pas arrêter l’allaitement. Je donne du lait  à notre fille, pourquoi soudainement arrêter et lui donner de lait de vache nourrie aux antibiotiques,alors que nous mangeons équilibré, souvent bio ? Il n’avait jamais pensé qu’on arrêterait à la reprise du travail, pour lui c’est dans l’ordre des choses, simplement et naturellement.
J’ai repris le travail aux 3 mois 1/2 de ma fille, que c’était dur d’envisager de la quitter !!
Je me suis beaucoup renseignée, j’ai beaucoup lu, découvert qu’on pouvait tirer son lait, pour le faire donner à son bébé. Ainsi est né le projet de reprendre le travail en continuant l’allaitement.  Nous avons trouvé une nourrice très maternante et rassurante, et qui acceptait tout à fait l’idée de donner des biberons de mon lait à bébé !!

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Là encore mes lectures m’ont ouvert des horizons ! J’ai découvert qu’on pouvait tirer son lait, le congeler, pour ainsi avoir des petits biberons de réserve et se détendre ! J’ai loué un tire-lait et j’ai commencé à tirer mon lait chaque matin, tranquillement, après la 1ère tétée. Ainsi j’ai constitué de petits stocks que j’ai congelés. Ca me rassurait d’avoir cette cagnotte d’or blanc liquide !!
J’ai parlé avec me chef de mon projet, afin d’être un peu plus à l’aise quand je serai avec mes collègues.
Je vais donc travailler avec mon tire-lait bien rangé dans son sac à dos glacière, c’est une petite organisation qui vaut vraiment le coup !

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

L’inquiétude, les mauvais conseils de médecins qui n’y connaissent rien, l’entourage sceptique ! Et donc se laisser persuader qu’il n’y a pas de solution à certaines difficultés physiques ! J’ai eu de gros engorgements, terribles, face auxquels on me conseillait d’arrêter ! Idem pour la fatigue ! Là encore, de bonnes lectures et de bonnes personnes m’ont permis de surmonter ces difficultés, et de poursuivre l’allaitement, en faisant fi  des idées reçues.
Au travail, je m’aperçois que tirer mon lait constitue un bon test de mon état de stress et de fatigue ! Quand l’ambiance est très dure, je ne récolte que très peu de lait ! Je tire 2 fois par jour, ce qui n’est pas assez donc chez la nounou ma fille reçoit un biberon de lait artificiel, bio, que j’ai hâte de remplacer par des fruits !
J’étais très inquiète de ne pas être disponible au travail, 2 fois 20 minutes (même si on a droit à 1h), j’ai donc évoqué simplement le sujet avec mes collègues, pour mettre tout le monde à l’aise, les autres et moi-même ! Le code c’est « je vais à la ferme ! ». Je rencontre de la bienveillance, même si le temps passant je me prépare à faire face à l’ignorance : la plupart des gens pensent que tant que l’on continue d’allaiter, bébé n’est pas diversifié !
Sinon, la fatigue due au rythme de travail est grande, j’ai 3h de transports par jour, donc je veille à me préserver.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Chaque tétée de retrouvailles le soir ! Et maintenant, ma fille boit son lait en me regardant dans les yeux, avec un large sourire !!
Savoir que son père donne à notre fille un biberon de mon lait le matin avant d’aller chez sa nounou !
Partir en vadrouille simplement, entre nous, sans matériel à trimballer, ni biberon ni boite de lait !

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Que c’est merveilleux de poursuivre son allaitement ! Allaitement à volonté les jours de repos, et allaitement le matin et le soir les jours de travail, un parfait équilibre !

J’insisterais sur le repos, la nécessité de se protéger de toute  agression ambiante, faire de bonnes lectures car personne ne nous encourage dans l’entourage ! Surtout, se protéger des remarques extérieures !
Enfin, contacter une conseillère en lactation et la Leche League m’ont énormément apporté, en réconfort, conseils et humour !

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Je referais de même, quel bonheur de donner du lait approprié à notre fille ! En 6 mois, jamais malade ! Quelle relation merveilleuse ! Car l’allaitement, c’est nourrir, réconforter, câliner, calmer, endormir ! Et  que c’est pratique : rien à préparer, toujours du lait sur soi !

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Allaiter et travailler : le témoignage d’une lectrice

Je suis la maman d’une ravissante jeune Nathanaëlle de 16 mois et voilà notre aventure sur l’allaitement :

J’ai été très triste de ne peut pas pouvoir allaiter mon fils aîné et du coup j’ai tout mis en oeuvre et me suis énormément informée pour ma deuxième grossesse.
Lorsque ma fille est donc née, je me suis mise à l’allaiter, non sans une pointe d’inquiétude quand à un éventuel échec. Mais bien au contraire, ce fût une réussite totale, j’ai donc tout logiquement décidé de continuer à l’allaiter et la nourrir au lait maternel exclusivement même lorsque j’ai repris le travail. Elle avait 3 mois et demi (j’avais décaler de 15 jours le début de mon congé de maternité et j’ai donc pu rester 15 jours de plus avec elle, si si c’est tout à fait légal !!! voir la sécurité sociale pour cela).
J’ai la chance de travailler seule dans un bureau et j’ai donc pu tirer mon lait tous les jours. Pour ne pas être prise de cours, j’ai commencé à tirer le lait régulièrement 1 mois avant ma reprise, je tirais d’un côté pendant que j’allaitais de l’autre, ainsi bébé buvait bien et m’aidait en plus à tirer davantage de lait. Cela m’a permis d’avoir toujours 2 biberons d’avance sur ses besoins, sachant que le lait se conserve 24h au frigo, et plus longtemps au congélateur, je n’étais donc jamais à cours de lait même au biberon.

Mais ces p’tits bouts sont malins, même si le biberon ne la dérangeait pas, ma fille buvait juste ce qu’il lui fallait la journée pour ne pas « mourir de faim » et se lâchait complètement le soir dès mon arrivée (ce qui n’était pas pour me déplaire… lol)

Aujourd’hui plus d’allaitement, mais je peux vous assurer que vu comment elle aime se lover contre moi le soir, j’ai l’intime conviction qu’instinctivement elle n’a pas oublié ces merveilleux moments que nous avons passé ensemble…

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Appel à témoignages !

Cela fait un moment que je n’ai plus publié de témoignage sur ce blog. Or ce sont justement les témoignages qui en font la richesse.

Donc si vous souhaitez partager votre expérience autour de l’allaitement et du travail (sevrage ou poursuite de l’allaitement), n’hésitez pas !

Voici les questions auxquelles vous pouvez répondre :

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?
  • Comment vous êtes-vous organisée ?
  • Quelles ont été vos principales difficultés ?
  • Quels ont été vos meilleurs moments ?
  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?
  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Vous me joignez une jolie photo de vous ou de votre bébé (ou des deux) pour illustrer et vous m’envoyez le tout à contact@lactissima.com .

J’attends avec impatience vos messages…

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Allaiter et travailler : le témoignage de Karine

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Pendant la grossesse, avec mon mari, nous avions envie que j’allaite pour le contact avec notre loulou et pour lui apporter l’alimentation la plus saine et naturelle possible. Nous nous étions dit qu’allaiter 6 mois serait notre objectif, tout en  se laissant la liberté, d’y renoncer si l’allaitement ne fonctionnait pas ou que je ne me sentais pas, au dernier moment, de continuer à la reprise de travail. Notre seul problème était que nous ne connaissions personne autour de nous qui avait  fait ce choix là et que je n’avais, du coup, aucune idée de comment faire.

Finalement, plusieurs choses m’ont aidée à tenter l’aventure (car c’en est une !) de l’allaitement à la reprise du travail :
- j’avais suivi le cours de préparation à l’allaitement de Christine Coursaget aux Diaconesses, une femme extraordinaire, qui m’a ouvert une première fenêtre : elle m’a d’abord fondamentalement donné envie d’allaiter alors que je doutais de ma capacité à y arriver ; elle m’a fait découvrir qu’il était possible de tirer son lait au boulot et que c’était un droit ; elle nous a donné un conseil précieux que j’ai depuis en tête « faites vous aider, soyez entourée, ne restez pas seule »; enfin, dans son cours, j’ai rencontré une maman qui avait allaité 6 mois ses deux premiers enfants tout en travaillant, malgré des difficultés. Du coup je me suis dit : et pourquoi pas moi ?
- les deux premiers mois d’allaitement ont été difficiles pour Elouan, qui n’arrivait pas à têter (merci Véronique pour votre aide !) et pour moi qui avait du mal à gagner une confiance sur ma  capacité à le nourrir. Au bout de 3 mois, même si ce n’était pas un allaitement idéal, ça se passait beaucoup mieux, je me détendais, Elouan grossissait et grandissait bien. Je me disais qu’arrêter l’allaitement, à cause du travail, alors que j’en avais bavé jusqu’alors et que je commençais juste à savourer plus facilement avec mon fiston, était rageant !
- mon mari me soutenait et était volontaire dans cette démarche.
- enfin, j’avais tellement de mal à me faire à l’idée de reprendre le travail, à me séparer la journée de mon loulou, que continuer l’allaitement m’aidait à appréhender plus sereinement cette reprise : je n’assimilais pas boulot et sevrage, je gardais le lien en journée avec mon petit bonhomme en tirant mon lait.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

En juillet, je m’étais assurée que la crèche acceptait bien le lait maternel, ce qui était le cas (même si j’ai eu des difficultés dans les faits).
Je m’y suis prise 3 semaines avant la reprise de travail environ.
1) J’ai eu d’abord besoin, concrètement, de me préparer à ce dont  j’avais besoin en matériel et en terme d’organisation pour me rassurer : quel type de tire-lait (j’avais le Medela en location déjà mais je le trouvais énorme et impossible à transporter) ? à quoi fallait-il penser ? comment transporter le lait ?..etc
Toujours avec la phrase de Christine Coursaget en tête, j’ai appelé à l’aide :
* je suis allée sur  le blog de Véronique où j’ai trouvé plein de bonnes idées : j’ai découvert le petit tire-lait Ameda (le top ! petit et super pratique. J’ai seulement passé pas mal de temps avec la pharmacie pour qu’elle me le trouve en location, mais depuis j’ai découvert qu’on peut louer sur le site Almalfil, tout en étant remboursé par la sécu..).
* j’ai demandé un RDV téléphonique avec Véronique qui m’a conseillée sur le tire-lait, combien tirer, où tirer, les coussinets Lilypadz (finalement je n’en ai pas eu besoin ou quasi pas) etc etc, bref a rendu concret les tirages de lait au travail et du coup envisageable tout ce que je n’arrivais pas à imaginer et qui m’angoissait.
2) Côté boulot,  lorsque j’ai passé des entretiens  pour intégrer un poste à mon retour de congé mat, j’ai chaque fois précisé que j’allais continuer à allaiter et que cela allait impliquer deux tirages de lait dans la journée, tout en assurant que je m’arrangerais pour que cela ne dérange pas trop. J’ai aussi contacté l’infirmerie pour qu’elle me donne son accord pour aller tirer là bas (de fait ce n’était pas pratique du tout, j’ai dû donc trouver une autre solution par la suite). J’ai eu de la chance car, au moins en façade, je n’ai pas essuyé de refus.
3) les 3 semaines avant ma reprise, mon loulou étant à la crèche partiellement, je devais tirer mon lait pour donner des biberons…j’ai donc fait des entraînements et stocké un peu de lait au congélateur.

Sur place, je tire encore 2 fois par jour (matin et après-midi en fonction de mes impératifs de la journée).L’infirmerie étant trop loin, j’ai dû trouver une autre salle. Finalement j’ai pu aller dans une salle de repos, pas toujours libre certes, mais qui est vraiment super (je mesure ma chance). C’est par contre stressant de me demander chaque fois si je vais pouvoir tirer ou non, et, au dernier moment, de trouver un autre endroit où tirer.

Au début, j’avais un seul set de pompage (pompage double), mon liquide vaisselle, torchon. Au bout d’une semaine, j’ai trouvé ça ingérable car je prenais 2 fois plus de temps que la normale (du temps pour tirer+du temps pour laver). Très vite j’ai donc commandé un second set de pompage : génial ! je mets les téterelles sales dans un sac ziploc et je lave tout ça le soir, juste après avoir préparé les biberons pour la crèche…et pendant que mon mari baigne notre loulou (merci à lui !).

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

- D’abord la crèche !! Malgré l’accord du début, au quotidien fournir du lait maternel a été et reste très difficile.
Elouan a eu la « bonne idée » de refuser son premier biberon à la crèche ; dès lors, tout le monde s’est braqué en assimilant tout pleur, tout refus de biberon, toute difficulté au fait que je l’allaitais (« tant que vous n’aurez pas arrêté l’allaitement, Elouan ne s’intègrera pas à la crèche » sic). Les règles sont en outre hyper strictes (pas de lait congelé, lait de 24h maximum, ..) : très vite, cela m’a angoissée car si je ne tire pas assez un jour, je n’ai aucune solution de secours, d’autant plus que je dois dater mes tirages de lait : c’est un stress pour moi chaque jour. Enfin, le lait que j’apporte est entouré d’une méfiance extrême : « ça risque de lui donner la gastro » (!), obligation de signer une décharge (car je refusais qu’ils aient une boite de lait maternisé pour lui) stipulant que « si le lait était visiblement impropre à la consommation ou que le biberon de lait maternel se cassait », je devais revenir nourrir mon enfant dans la 1/2h ..etc

- ensuite, le travail pour plusieurs raisons : mes collègues et mes responsables étaient au courant que je tirais mon lait. J’ai souvent eu des remarques soit parce que je m’absentais quelques instants, soit parce que j’avais l’air trop fatiguée, et beaucoup de gens se sont mêlés de ce qui, au final ne les regardait pas (« tu vas allaiter jusqu’à quel âge » ? « t’en as pas marre », « tu devrais arrêter parce que t’es vraiment trop fatiguée »..etc). Le plus compliqué est surtout l’organisation : jongler entre les réunions pour trouver un créneau pour tirer, trouver une salle dans n’importe quel lieu de travail (hôtels, salles de conférence…) : au final, j’ai jusqu’à présent toujours trouvé mais c’est parfois sportif (salles non fermées ou entourées de vitres sans store..etc).

- la logistique également : il ne faut pas se voiler la face, allaiter exclusivement tout en travaillant est une superbe aventure, mais ce n’est pas reposant et c’est contraignant. Il faut le soir, alors que l’on rentre du travail, faire les biberons pour la crèche, étiqueter, puis laver les téterelles et les biberons, remettre le bloc de glace au congel et préparer son sac de tirage pour le lendemain. Il faut, la journée et dans les transports (bondés), se balader toujours avec un sac qui, même s’il est le plus petit possible (le Medela n’est pas mal du tout pour cela, l’Ameda n’étant pas très pratique), est de toute façon encombrant et pas si léger.

-  mon petit loulou et sa succion toujours difficile : il tête largement assez pour grandir, mais tête sur seins bien pleins et pas assez efficacement pour entretenir la lactation. Du coup, dans les moments comme les week-end ou les vacances où j’aurais pu me passer de tire- lait, je dois toujours l’emmener et tirer mon lait a minima une fois par jour. Je l’ai très mal vécu jusqu’au moment où je me suis dit que ça me laissait aussi respirer et que le papa était ravi de donner un biberon de mon lait. A partir de là, je me suis détendue.

- à la Toussaint j’ai failli tout laisser tomber : mon fils, malade, tétait encore moins que d’habitude et j’étais épuisée : je n’avais quasi plus de lait, mon loulou hurlait après chaque tétée même si mon mari complétait avec des petits biberons de lait congelé. J’ai relancé la lactation en tirant mon lait après chaque tétée (le cauchemar!) et c’est le seul moment où j’ai vraiment hésité à arrêter. J’ai alors rencontré un médecin (merci Véronique) qui, voyant ma volonté de tenir bon au moins jusqu’à Noël, m’a aidée avec un médicament pour franchir le cap et me permettre de faire remonter ma production de lait.

-  enfin deux épisodes d’engorgement localisé du sein droit avec forte douleur : j’ai eu très peur et j’ai réussi à m’en sortir grâce à des petites astuces (douches chaudes, huile de massage Weleda, homéopathie, compresses d’argile).

…….last but not least : moi même !! J’ai longtemps douté de ma capacité à continuer l’allaitement et à nourrir mon bonhomme, ce qui me stressait beaucoup et pesait sur l’allaitement. Quel soulagement quand j’ai pu me détendre vis-à-vis de cela, décongeler du lait le week-end si il fallait lorsque ma lactation diminuait, compléter au besoin, plus grand, avec un peu de yahourt. Finalement j’ai eu beaucoup moins de problèmes de lactation depuis !!

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

-Vraiment avant tout la relation avec mon loulou : le sourire  et le regard de mon petit bonhomme quand il me voit et que s’annonce la tétée, quand il me tend les bras pour venir téter (on l’a surnommé flap flap le papillon), quand il me sourit lorsqu’il est au sein, quand il s’endort, ses jours de grande fatigue, le soir au sein, quand le matin, pour le réveiller pour la crèche je le mets au sein endormi et que peu à peu il s’éveille en souriant. J’adore et, visiblement, lui aussi, ces moments de douceur, de confiance, de contact. Je ne m’imaginais pas cela avant, mais ce sont des moments privilégiés tendres et profonds avec lui.

Et puis tout plein de choses :

- quand au bout de 6 mois, l’allaitement est devenu naturel, et le rythme allaitement/travail fluide (ouf !). Les contraintes logistiques se sont mises à moins peser ; j’ai trouvé mon rythme du week-end avec un biberon de mon lait du papa ; j’ai vécu apaisée mes tirages de lait en oubliant un quart d’heure les remarques, la somme de boulot qui m’attendait ; j’ai réussi à me fondre dans le paysage au travail et à ne plus susciter des réflexions et questions en permanence ; j’ai trouvé mes petits trucs pour alléger encore le temps passé le soir (je mets par exemple toutes mes téterelles et biberons dans un grand saladier avec eau chaude et produit vaisselle et je les lave très vite, beaucoup plus que un par un : ça parait
bête mais j’ai gagné au moins 5 min le soir!!).

- quand un médecin qui avait voulu donner des biberons de complément à 2 mois à Elouan m’encourage maintenant à continuer compte tenu de ses bronchiolites.

- quand je sais aujourd’hui qu’avec sa torsion de sa tête in utero, le fait d’avoir tenu bon pour l’allaitement nous a permis de nous rendre compte de son problème et de l’accompagner dans les soins.

- quand mon homme me dit qu’il est fier de moi, de nous.

- quand je regarde tout le chemin parcouru, dont je ne me serais jamais sentie capable, et que, en avançant jour après jour, avec mon loulou et avec mon mari, je réalise que j’allaite depuis plus de 9 mois avec joie.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

* D’abord, faire le choix dont elles ont profondément envie, au fond d’elles, et pas sous une pression quelconque (si je ne continue pas, je ne suis pas une bonne mère, je ne serais pas allée assez loin, ou au contraire, continuer en travaillant c’est refuser de couper le lien, c’est asservissant etc etc).

* Ensuite faire le choix avec le papa de l’enfant : on a besoin fondamentalement de son accord, qu’il nous soutienne quand arrivent des moments de  découragement ou face à la logistique, qu’il puisse répondre aussi aux remarques familiales, amicales, qu’il puisse vivre ce choix en étant fier, content et non pas tenu à l’écart. C’est important de ne pas être seule à porter et assumer ce choix.

* Ne pas se dire ni « c’est impossible pour moi » (parfois ça l’est, parfois on ne se sent pas capable alors qu’au fond, on a une l’énergie pour cela)…ni « ça va être facile, l’allaitement c’est naturel… » : allaiter et travailler demande de l’organisation et, je trouve, beaucoup de volonté ! Il faut savoir dans quelle (belle) aventure on se lance , mais que au quotidien ça peut être lourd.

* Prévoir, organiser à l’avance, et notamment le côté logistique et pratique : moins on galère dans ces aspects là, plus on peut profiter et mettre son énergie là où il faut (allaiter et tirer son lait).

* Vivre au jour le jour « allaiter et travailler », avancer et décider au fur et à mesure si l’on continue ou non.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez- vous ?

Oui je referais le même choix et nous referions le même choix avec mon mari !
Que changer ? Avant tout ma confiance en moi : moins me stresser, parvenir à me dire que je réussirai à le nourrir sans souci, ne pas paniquer à la moindre baisse de lactation en me disant que j’ai quelques réserves de lait et que ça va revenir…
Bien sûr, si mon loulou avait tété de façon plus efficace, avait été moins gêné par sa petite tête tordue, ça aurait été plus facile et m’aurait évité le tire-lait le week-end et les vacances…mais il n’a pas choisi, pas plus que moi !
Bref, je ne changerais pas grand chose, mais aurais gagné toute la période d’apprentissage des « petits trucs qui font gagner du temps ».

Ah si, j’essaierais de m’habituer au bustier spécial tire-lait qui permet de tirer les mains libres. Je n’ai pas trouvé le truc pour que ce soit confortable, mais je suis motivée pour retenter la prochaine fois !

Et puis j’essaierais de trouver un peu plus de temps pour aller sur le blog de Véronique et faire partager mes petits trucs.

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Allaiter et travailler : le témoignage de Julie

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai fait le choix de l’allaitement à la naissance de ma fille Nausicaa avant tout parce que nous sommes allergiques, son père et moi. J’avais donc prévu de l’allaiter 6 mois en exclusif, jusqu’à la diversification, sans même me poser la question de comment ça allait se passer et de ma reprise de travail. Dès le début, l’allaitement a très bien fonctionné et a été une grande source de bonheur pour elle, pour moi et pour le papa, et c’est donc assez naturellement que j’ai décidé de m’organiser pour continuer à l’allaiter exclusivement à ma reprise professionnelle, alors que ma belette avait 3 mois et demi.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’ai très tôt averti mon employeur pour pouvoir organiser mes pauses de tirage le plus sereinement possible. Et j’ai surtout commencé à faire des réserves au congélateur deux mois avant la reprise, en tirant tous les matins un sein pendant que Nausicaa tête l’autre et le soir avant d’aller me coucher. Un rythme contraignant, mais qui a été bien utile ! En effet, cela fait un mois et demi que j’ai repris, et je vois avec bonheur les vacances et la diversification arriver car les réserves s’amenuisent ! Ma fille prend plus que ce que je tire, alors merci le congélateur !

Une fois le boulot repris, j’ai continué à tirer lors de la tétée du matin, ainsi qu’à toutes les tétées de retrouvailles (Bébé sur un sein, son frère en plastique sur l’autre !). Je tire également à mon boulot le midi, en milieu d’après-midi et en début de soirée quand je travaille tard.

J’ai la chance de ne pas travailler loin de mon domicile, et nous avons le meilleur mode de garde qui soit : Nausicaa est gardée à la maison par nous à tour de rôle et ponctuellement par les grand-parents. Il n’y a donc aucune difficulté à lui donner mon lait au biberon, tout-le-monde est ravi et me soutient pleinement dans mon allaitement !

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

D’abord le tire-lait ! J’en ai testé plusieurs pour finalement utiliser le TL manuel d’Avent. Il faut de la patience pour apprivoiser cet engin… Au début je ne tirais quasiment rien ! Puis j’ai trouvé « ma » solution : écouter de la bonne musique… Et ça marchait ! Depuis, je n’ai plus aucun problème.

Ensuite, l’employeur ! Au début il m’a refusé le droit de tirer mon lait sur mon lieu de travail ! J’ai insisité, il a finalement accepté sur du temps non rémunéré. Comme il n’y a pas de lieu où je peux m’isoler, je fais ça aux toilettes… Bref, heureusement que je suis motivée et que j’ai beaucoup de soutien de la part du papa.

Enfin la baisse de lactation ! Depuis que j’ai repris le travail, ma lactation fluctue quelque peu, entre la fatigue, les tirages qui sont moins réguliers que les tétées… Et ma fille me réclame donc à manger à 4 heures du matin toutes les nuits. Je pense que mes absences n’aident pas non plus. Je suis donc fatiguée, mais je tiens bon, voyant arriver les vacances de noël avec grande impatience !

J’ai donc de temps en temps des petits coups de barre, mais il me suffit à penser à une boîte de lait en poudre et au sourire de ma fille pour me remotiver.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Les bons moments dépassent de très loin les moments difficiles ! J’adore en particulier les tétées de retrouvaille après une journée de boulot, les sourires de ma fille et de mon compagnon, et les siestes faites avec ma fille pour compenser les courtes nuits.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Peu importe le choix qu’elles font, surtout qu’elles prennent soin d’elles ! Le retour au travail est un moment difficile, qu’on continue l’allaitement ou pas, et on pense souvent au meilleur pour le bébé en oubliant la maman.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Je referais exactement la même chose. J’aurais finalement aimé prendre un congé parental de 6 mois, ça aurait été plus confortable, mais ce n’était pas possible financièrement, dommage.

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Allaiter et travailler : le témoignage de Sylvie

Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Poursuivre l’allaitement a été une évidence au moment de reprendre le travail. Poursuivre l’allaitement en tirant mon lait au travail est également devenu évident, mais une évidence qui s’est construite petit à petit. Célestin est mon premier enfant, allaiter était naturel, mais je n’avais aucun a priori sur la durée de l’allaitement. Rapidement, j’ai adoré ce contact avec mon fils, j’ai découvert à quel point il était heureux accroché à mon sein et j’ai eu envie de poursuivre aussi longtemps que nous avions envie l’un et l’autre.
Mais la reprise du travail apparaissait comme un obstacle, je ne savais pas qu’il était possible de tirer son lait au travail facilement. Je pensais m’en tenir aux recommandations du carnet de santé : tétées matin et soir. C’est d’abord le pédiatre qui a été un déclencheur en émettant des doutes sur le maintien durable de la lactation en allaitant seulement matin et soir. Puis une amie, plutôt conventionnelle, qui avait pour projet de tirer son lait jusqu’aux 6 mois de sa fille après la reprise du travail : tirer son lait n’était donc pas une pratique d’illuminée mais répandue, possible et souhaitable pour poursuivre l’allaitement. Et puis Célestin n’avait  que 3 mois et 1/2 quand j’ai repris le travail, il me paraissait de plus en plus impossible d’arrêter maintenant l’allaitement – et même l’allaitement exclusif…

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’ai rapidement loué un tire-lait électrique double pompage Ameda lactaline sur les conseils d’une animatrice LLL, pendant le dernier mois j’ai constitué quelques stocks pour recommencer le travail sereinement (et me permettre quelques sorties !). J’ai discuté avec la nounou (garde partagée à domicile) qui n’y voyait pas d’inconvénient, ayant elle même longtemps allaiter ses enfants – et avait moins de préparation avec le lait maternel !
A ma reprise, j’ai informé mes collègues que je tirerais mon lait pour poursuivre l’allaitement, ce qu’ils ont tous trouvé très naturel, sans doute parce que je l’ai présenté de façon extrêmement évidente. Je pouvais le faire directement dans mon bureau puisque j’y étais seule. Je laisse mon tire-lait sur place et je transporte le lait dans une petite glacière fournie avec le tire-lait que je mets au frigo la journée. Pour éviter d’être dérangée, je disposais juste un petit écriteau sur la porte. Je l’avais formulé de façon humoristique : c’était une couverture de Martine à la ferme (le personnage pour enfant), avec son dessin naïf et mon prénom. L’expression « je vais à la ferme » est devenue un nom de code dans le service…
Célestin a maintenant 9 mois, entre temps nous avons changé de mode de garde, il est entré à la crèche, il est diversifié. Mais il boit encore deux biberons de 180 ml de lait maternel et j’aimerais poursuivre ce rythme en diminuant progressivement les quantités de lait jusqu’à ses 1 ans – mais je me laisse aussi la possibilité d’arrêter plus tôt si l’envie s’arrêtait !

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Ne pas stresser sur les quantités produites… Jusqu’aux 6 mois de Célestin, je tirais 3 fois par jour (à mon arrivée, en fin de pause déjeuner et vers 16h30). Il y a eu des jours avec et des jours sans : parfois je débordais de lait et avait bien trop en quantité, parfois j’étais plus juste (je complétais au besoin avec mon stock ou je tirais mon lait une ou deux fois de plus !)… Parfois je n’avais pas le temps de tirer le lait comme je le souhaitais. Mais ce qui a été compliqué a été d’ajuster au départ la quantité nécessaire : la nounou avait tendance à augmenter toujours la taille des biberons, ce qui m’entraînait dans une surenchère difficile à suivre et me stressait, donc inhibait en partie ma « production ». Quand nous sommes passés à 2 x 240 ml, j’ai dit stop et transigé sur un biberon de 240ml et le second de 210ml : quand Célestin est avec son père, il ne buvait jamais autant, la nounou avait tendance à « gaver » les bébés… La quantité « gagnée » n’était pas énorme, mais psychologiquement elle m’a permis d’être plus à l’aise et de n’avoir plus de difficulté de stock.
Autre difficulté : en septembre mon service a déménagé. Je ne suis plus seule dans mon bureau : je tire mon lait à l’infirmerie qui se trouve dans le bâtiment. Ce n’est pas loin mais il faut se motiver pour y aller et je perds plus de temps, ma motivation se tasse… mais pas au point d’abandonner ! Je vais donc régulièrement aux réunions LLL pour reprendre du poil de la bête ! Et puis je suis tellement sûre de vouloir conserver ce contact avec Célestin… et notre autonomie pour les week-end et les vacances !

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

La tétée retrouvailles du soir bien sûr !
Il y a aussi toutes ces petites joies les jours où j’arrive à produire beaucoup plus que nécessaire et que je peux congeler mon lait !
Il y a aussi eu ces trois semaines de vacances en août sans aucun biberon, sans me retrouver face à mon tire-lait et c’était vraiment chouette. Ça n’aurait jamais été possible si je n’avais pas continué un allaitement exclusif et tiré mon lait et nous avons tous les 3 vraiment savouré cet aspect des choses…

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

De faire comme elles le sentent. De ne pas se sentir bloquées par le regard des autres : la plupart du temps, les gens sont plutôt admiratifs… Il est vrai que tirer son lait est une pratique contraignante : il faut se créer des bonnes conditions pour qu’elle pèse le moins possible dans l’organisation quotidienne. Laisser mon tire-lait au travail a été d’une grande aide : transporter quotidiennement l’appareil m’aurait vite découragé. J’ai aussi investi dans un « bandeau d’allaitement » acheté chez Mamanana, ça peut paraître un accessoire-gadget, mais il permet de tirer son lait en continuer en conservant les mains libres, donc en pianotant sur l’ordinateur, en lisant, écrivant et permet de perdre moins de temps au travail. Une fois que l’on a pris les bonnes habitudes, cela devient facile – et tellement gratifiant de savoir qu’on a pu continuer à nourrir son enfant, tout en reprenant le travail !
Il faut aussi se laisser la liberté d’arrêter si tirer son lait pèse. Je m’étais fixé un objectif aux 6 mois de Célestin au départ, aujourd’hui je vise ses 1 ans. Mais je me suis toujours dit que si j’en avais marre, j’avais aussi le droit de changer le mode d’allaitement, de passer au mixte par exemple, cet état d’esprit m’a aussi beaucoup permis de ne pas me mettre trop la pression. Je crois qu’il faut reprendre le travail sereinement, en se laissant toutes les chances, essayer pourquoi pas de tirer son lait, de voir ensuite si les conditions le permettent et ne pas en faire un devoir épuisant !

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Bien sûr !
Je ne changerais rien je crois…
Enfin si, je serais encore plus organisée dans la gestion des stocks ! Le soir en rentrant, je remplis directement les biberons du lendemain pour la crèche et je congèle tout de suite le surplus. Cette pratique m’aurait permis d’être vraiment tranquille dès le départ en sachant que si un jour je puise dans le stock, je le remplis au quotidien ! C’est sans doute le meilleur conseil pour éviter de stresser sur les quantités…

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Allaiter et travailler : le témoignage de Marianne

themis 5 juillet 2009 002Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai eu tellement de difficultés à démarrer que lorsque j’ai commencé à me sentir bien dans cette expérience de l’allaitement, la reprise du travail pointait son nez. J’avais été informée lors de la pré inscription de mon futur enfant à la crèche de la possibilité de donner mon lait pour qu’il soit donné à mon bébé. J’ai donc souhaité poursuivre cette belle aventure et tirer mon lait pour qu’il soit donné à ma fille pendant mes absences.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’avais été informée du droit de tirer son lait sur mon lieu de travail. J’ai donc informé ma directrice que je souhaitais continuer à allaiter et donc m’organiser pour tirer mon lait. Nous avons réfléchi à la meilleur solution. J’ai donc pu m’installer dans les toilettes handicapées, lieu spacieux où je pouvais mettre une chaise et être sûre de ne pas être dérangée. Je tirais au début 3 fois par jour matin, pause déjeuner, après midi au tire lait manuel puis je suis passée au médéla double pompage et 2 fois par jour matin et soir. Je rapportais le lait dans un sac isotherme le soir pour qu’il soit donné le lendemain à la crèche. Le lait du vendredi était congelé dans des bacs à glaçons et ensuite soit donné le mardi (je ne travaille pas le lundi) soit mis en sachet. Chaque glaçon faisait 20ml, et un sac était conservé à la crèche en cas de besoin.
J’ai tiré mon lait jusqu’au 13 mois de ma fille.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

La première difficulté est arrivée au bout d’un mois, ma production a diminué dû à un manque de tétées avec mon bébé. Mon médecin m’avait conseillé de passer à 4 tétées par jour et du coup je ne produisais pas assez. J’ai donc suivi les conseils de La Leche League, tétées à volonté le week end et matin et soir en semaine. Ajouté à cela du fenugrec en gélules, le tirage double pompage et tout est reparti.

La deuxième a été une mycose mammaire qui est revenue et qui m’a fait souffrir pendant mes tirages de lait.

Autre difficulté, l’organisation. Entre le travail, se reposer, s’occuper de bébé et gérer le quotidien cela n’a pas été de tout repos mais j’y suis arrivée!

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Les tétées retrouvailles après une dure journée de travail, lorsque ma fille a commencé à parler et me disait en tendant les bras vers mois TETEE maman, « j’adore téter maman » un soir, les regards complices lors des tétées, mes rencontres avec d’autres mamans qui allaitent et qui m’ont fait réaliser que je ne suis pas une extra terrestre, juste une maman qui suit son instinct!

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Que le jeu en vaut la chandelle! que la tendresse partagée avec son enfant est un cadeau inestimable! que cela les rend plus fort! qu’il faut s’accrocher et surtout ne pas hésiter à demander de l’aide (LLL, sage-femme, consultante en lactation, amies qui ont allaité etc…), qu’il faut croire en soit et en ses capacités à rebondir, que cela est possible d’allaiter ET de travailler qu’il faut juste trouver l’organisation qui convient à la famille. Que cela est pratique: on est chez des amis, ils nous invitent à rester diner, hop le diner du bébé est tout prêt! On part en balade, bébé a faim, hop le sein de maman. Que cela renforce la confiance en soi, cela booste et donne envie de déplacer des montagnes!

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

OUI mille fois oui!
Je me serais informée avant la naissance sur le nombre de tétée (à la demande est la meilleure réponse) pour éviter de diminuer à 4 et baisser ma lactation.J’utiliserais un tire lait double pompage où les mains seraient libres (j’arrivais pas avec le double pompage).

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