Allaiter et travailler : le témoignage de Leslie

allaiter et travaillerBonjour, je m’appelle Leslie et je suis la maman d’un petit Owen de presque deux ans.
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  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Owen est né en mars et je devais reprendre le travail mi-mai (j’étais professeur des écoles à 40 km de chez moi). Ma gynécologue m’a fait un arrêt de travail pour suites de couches difficiles, je n’ai donc repris le travail qu’en septembre 2015. Owen avait déjà 6 mois, l’allaitement était bien installé, nous avons décidé de continuer !
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  • Comment vous êtes-vous organisée ?

De mon côté :
J’ai loué un tire-lait électrique double pompage à la pharmacie (avec une ordonnance de la pédiatre) et j’ai commencé à faire quelques réserves pendant l’été. Je savais que je ne tirerais sans doute pas de grosses quantités au début et mon fils allait être chez la nounou 10 heures par jour, quatre jours par semaine donc il allait falloir un certain nombre de biberons (que mon fils a très bien acceptés d’ailleurs, il n’a jamais fait de confusion sein/tétine).
A la rentrée, j’ai prévenu la directrice que j’allais tirer mon lait à la pause de midi et elle m’a indiqué une salle où je pouvais être tranquille, avec une clé, une prise et un lavabo. Une semaine après, j’ai changé d’école et là j’ai découvert qu’aucune salle ne fermait à clé, et qu’il y avait de grandes fenêtres partout (vive la maternelle…) Nous avons convenu avec les collègues que je pourrais utiliser la salle de rangement du matériel de motricité, la seule sans fenêtre de tout l’établissement. J’ai donc bricolé un petit panneau « Occupé ! » avec un signe sens interdit (plastifié et tout ça, les instits ont un diplôme de plastifiage en général !), et je le fixais à la porte, que je bloquais avec des bacs de matériel de sport.
J’ai tiré mon lait presque tous les midis, pendant toute l’année scolaire 2015-2016. J’avais un petit sac isotherme où je mettait les biberons et les téterelles (que je lavais chez moi, pour gagner du temps), et hop dans le frigo. Début juillet 2016, j’ai rendu mon fidèle tire-lait après 14 mois de bons et loyaux services.

Du côté de mon fils :
Le matin, mon mari apportait chez la nounou le lait tiré la veille (ou le vendredi pour le lundi), avec des fois une poche de lait décongelée pendant la nuit si je n’avais pas tiré suffisamment. J’avais également mis dans le cahier d’Owen certaines fiches pratiques trouvées ici. La nounou avait aussi dans son congélateur quelques poches de mon lait au cas où. Elle notait les quantités bues et les heures, ce qui a permis d’ajuster ce que nous lui donnions.
Le week-end et le mercredi après midi (et aussi la nuit), c’était le sein à la demande, pour le plus grand bonheur de tout le monde ! Depuis la rentrée de septembre 2016, il ne prend plus de lait chez la nounou, nous avons trois ou quatre tétées par jour la semaine (il ne tète plus la nuit depuis juillet), et toujours à la demande le reste du temps.
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  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Ma seule difficulté a été le manque de temps. Lorsqu’on est enseignante, on ne peut pas s’absenter pendant le temps de classe, puisqu’on doit être avec les élèves. Je ne pouvais donc tirer que le midi, mais je devais aussi manger, assister aux réunions, préparer ma classe, etc. C’était très fatiguant.
Je n’ai pas vraiment eu d’autres difficultés, il y a eu quelques entrées impromptues de collègues lorsque je tirais mon lait, mais ça nous a fait rire après coup ! Mon retour de couches vers les 10 mois de mon fils a fait baisser ma lactation et je tirais beaucoup moins. Mais avec le stock au congélateur et le fait qu’il était très bien diversifié et très gourmand d’autres choses que mon lait, tout s’est bien passé.
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  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Au milieu des journées très fatigantes, bruyantes et où je courrais partout de 7h à 17h30, je me suis aperçue que le temps incompressible (et non-négociable) de ma séance de tire-lait me permettait d’avoir un temps à moi pour souffler et être au calme. Pas d’élève à habiller, pas de collègue qui rentre pour se plaindre, pas de feuilles à plastifier, le rêve !
Il y a un moment dont je me souviendrai longtemps : la directrice (une trentaine d’année, pas encore d’enfant) veut en savoir plus sur l’allaitement, on en discute joyeusement dans son bureau, elle est très intéressée par le mécanisme de le montée de lait, et là elle me dit : « Leslie, tu fuis ! » Le seul fait d’en parler et de penser à mon fiston avait illustré mon propos…
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  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Aux mamans qui ont un boulot où elles peuvent prendre le temps de tirage/allaitement autorisé par la loi, faites-le !
Aux mamans qui travaillent dans l’éducation nationale : renseignez vous pour un éventuel allègement de service. Certaines collègues ont été dispensées d’APC (ce sont des heures où l’on prend des petits groupes d’élèves volontaires, pour des activités pédagogiques ou de la remédiation). Demandez aux syndicats de votre département (il y a un article sur le site du Snuipp71), ou directement à l’inspecteur. Personnellement je n’ai été au courant que vers les 11 mois de mon fils, sinon je l’aurais demandé dès la rentrée.
A toutes : lisez les conseils de ce blog, c’est une mine d’or !
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  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Oui je continuerais l’allaitement dans tous les cas. Je pense que je demanderais sans doute un temps partiel pour profiter un peu plus de mon fils, mais comme sa nounou est très bien et qu’il est avec moi pendant toutes les vacances scolaires, nous y trouvons notre compte quand même.

Nous prévoyons un deuxième bébé pour l’an prochain, et depuis septembre je ne suis plus professeur des écoles, mais doctorante. Je ne sais pas comment se passera le retour au travail la prochaine fois, je travaille beaucoup chez moi donc ce sera plus facile pour tirer mon lait, mais je risque également de m’absenter plusieurs jours d’affilée pour des colloques… Ce sera donc l’objet d’un nouveau témoignage, dans quelques années !
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9 Comments

  1. Elodie

    Bonjour,
    Ma fille est née en janvier et je l’allaite avec plaisir. J’ai commencé à tirer mon lait pour faire des réserves pour la reprise, que je redoute, à la fin du mois. Merci pour votre témoignage c’est encourageant. Comment avez-vous fait pour obtenir des suites de couches pathologiques ? J’aurais aimé en bénéficier un peu pour poursuivre l’aventure de l’allaitement…

    • Elodie

      Je suis aussi professeur des écoles mais en élémentaire. Et je pense tirer mon lait sur le temps du midi dans ma classe fermée à clefs.

      • Virginie

        Bonjour, si je ne me trompe pas le congé pour les suites de couches pathologiques n’existe plus. Cela passe par un congé maladie ordinaire.
        J’ai été dans la même situation que Leslie, mon fils est né fin mars 2016, je devais reprendre fin mai, mon médecin m’avait fait le congé pathologique mais c’est passé en congé ordinaire.

        • Leslie

          Oui oui, c’est un arrêt maladie ordinaire.

        • @Virginie
          Le mois de suites de couches pathologiques existe toujours !
          Vous pouvez demander à votre médecin un congé d’un mois maximum pour suites de couches pathologiques. Attention, ce congé ne doit être accordé que pour des raisons médicales liées aux suites de couches.
          Dans le privé, ce congé est assimilé à un congé maladie (indemnité égale à 50 % du salaire journalier de base). Toutefois, l’employeur peut compléter l’indemnité de la Sécurité sociale pour que vous touchiez l’intégralité de votre salaire : tout dépend de votre convention collective. Renseignez-vous auprès de votre entreprise.
          Dans la fonction publique, ce congé est assimilé au congé maternité.

      • Leslie

        Bonjour Elodie,
        En ce qui concerne l’arrêt, j’ai eu une césarienne dont j’ai mis un peu de temps à me remettre, et comme je travaillais loin et que ma gynécologue sait que lorsqu’on est enseignante on est debout toute la journée, elle me l’a proposé d’emblée. C’est vraiment à voir avec votre médecin.
        Bon courage pour la suite, avec une classe qui ferme à clé c’est royal 😀

  2. Virginie

    Bonjour, je suis aussi professeur des écoles et je tire mon lait tous les midi.
    Pour ma part, je suis remplaçante (ZIL). Au début de l’année, j’ai fait des remplacements courts dans des écoles que je ne connaissais pas. Quand je demandais où je pouvais tirer mon lait, on me disait soit dans la classe (bon ok ça ne ferme pas à clé), soit dans les toilettes (heuuuu niveau hygiène ça se passe comment?). Donc je faisais le choix de tirer mon lait dans la classe au risque d’être dérangée.
    Depuis octobre, je suis sur 3 écoles. La première a des baies vitrées partout mais ferme à clé. J’ai donc « calfeutré » certaines fenêtres. Dans la seconde et la troisième, c’est à l’étage et il y a des rideaux. Mais je n’ai pas les clés donc j’espère à chaque fois que personne n’entre dans la classe.

    Après, je ne regrette en rien mon choix même si le midi ça laisse très peu de temps pour manger, corriger…

    Je me retrouve vraiment dans ce témoignage

  3. Elodie

    Merci pour vos réponses . J’espère arriver à continuer l’aventure de l’allaitement même en retournant au travail et en m’occupant de mon aîné!

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