La semaine dernière, je vous ai présenté un article en anglais sur l’usage du fénugrec. Nathalie Le Pontois a eu la grande gentillesse de le traduire. Je vous le livre donc ici, suivi de mes indications pour une bonne utilisation du fénugrec.

fénugrec« Si vous êtes un américain standard, vous n’avez probablement jamais entendu parler de fenugrec, mais il s’agit d’une herbe bien connue qui est vénérée par de nombreuses mères allaitantes. Pendant des siècles, les femmes se sont tournées vers le fenugrec pour ses capacités à augmenter la lactation.

En plus de son utilisation pour améliorer la lactation, le fenugrec est supposé traiter un certain nombre de maladies allant du diabète à l’emphysème en passant par les douleurs menstruelles. Parlez toujours à votre médecin ou à votre praticien de santé avant d’utilisez des herbes.

Consignes générales de sécurité :

Le fenugrec est considéré comme une des herbe médicinale les plus sûres. Selon une étude rapportée en 2004 dans la revue « Food and Chemical Toxicology », l’extrait de graines de fenugrec ne contient aucun risque toxique pour l’homme. Cependant, cela ne signifie pas qu’il est inoffensif. Le fenugrec n’est pas régulé par le FDA pour les normes de sécurité, la pureté ou la fabrication, il est donc sage de considérer les problèmes de sécurité avant d’ajouter cette herbe à votre armoire à pharmacie. Même une herbe sure peut être contaminée par des matières toxiques et autres contaminants, et ainsi transformer une plante sans danger en produit dangereux.

Allaitement :

L’ouvrage « Medication and mothers milk » de Thomas Hale est généralement accepté comme la source de référence pour avoir des informations sur la sureté des herbes et des médications pour les femmes allaitantes. Selon l’édition de 2002, aucun effet néfaste n’a été rapporté dans l’usage du fenugrec en tant qu’aide à la lactation. Cependant, bien que le transfert de fenugrec chez les enfants allaités est incertain, Hale ne classifie le fenugrec que comme « modérément sur ». Si les composés du fenugrec sont transmis à forte dose à un enfant, il se peut que l’enfant présente des selles liquides.

Diabète :

Ironiquement, les capacité du fenugrec à baisser le taux de sucre dans le sang pose le plus gros risque de santé : le fenugrec peut causer de l’hypoglycémie, spécialement sur les diabétiques sous médication orale de glucose ou sous insuline.

Grossesse :

Le fenugrec n’est pas recommandé durant la grossesse car l’herbe est un stimulant utérin efficace. Depuis que les contractions utérines peuvent provoquer des contractions de fin de grossesse, l’ouvrage « Medication and mothers milk » déconseille son utilisation. En d’autres termes, il est préférable de ne prendre du fenugrec qu’après l’arrivée de bébé.

Allergies et interactions :

Le fenugrec contient certaines protéines similaires aux protéines contenues dans les arachides et les pois chiche, ce qui signifie que le fenugrec peut causer des réactions allergiques aux personnes reconnues allergiques à ces familles d’aliments. De plus, le fenugrec peut renforcer l’effet des médicaments anticoagulants. Prenez soin d’informer votre pharmacien et votre médecin lors de l’usage de fenugrec ou autres herbes médicinales.

« Food and Chemical Toxicology » = Aliments et toxicologie des produits chimiques
« Medication and mothers milk » = Médicaments et lait maternel »

Si vous souhaitez utiliser le fénugrec pour augmenter votre lactation, assurez-vous d’abord que vos seins sont suffisamment stimulés, sinon, le fénugrec sera inutile.

En général, le fénugrec est efficace pour augmenter la lactation mais cet effet n’est démontré par aucune étude. Il ne faut pas en prendre si vous êtes enceinte, si vous faites du diabète ou de l’hypoglycémie.

Dans tous les cas, je vous conseille d’en parler à votre médecin !

C’est une plante qui a un effet hypoglycémiant. Si vous la prenez en dehors des repas, vous risquez d’avoir faim toute la journée. Pour ne pas subir cet effet, il faut la prendre au cours des repas.

Comme il faut en prendre beaucoup, il vaut mieux la prendre sous forme de gélules. La dose efficace pour augmenter la lactation est de 4 grammes par jour.
Vous trouverez facilement en pharmacie des gélules de la marque Arkopharma, dosées à 500 mg. Vous pouvez donc prendre 2 gélules le matin, 2 gélules le midi, 2 gélules le soir et 2 gélules au coucher ou dans la nuit.

En général, l’usage de fénugrec à cette dose donne une odeur sucrée à toutes vos sécrétions (sueur, urine, lait), c’est normal.

Quand la lactation est suffisante et bien stabilisée, vous pouvez diminuer progressivement la dose de fénugrec en supprimant une gélule par jour. Surveillez la lactation : si tout va bien, vous diminuez jusqu’à l’arrêt complet ; si la lactation redescend, vous pouvez reprendre la dose efficace pour vous.

Et vous, avez-vous déjà essayé le fénugrec ? Qu’en avez-vous pensé ?

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grossesse et allaitementJe reçois régulièrement des questions sur la poursuite de l’allaitement lorsque l’on est à nouveau enceinte.

Il est tout à fait possible de poursuivre l’allaitement pendant une nouvelle grossesse. Contrairement à ce que disent beaucoup de professionnels de santé, cela ne conduit pas à un risque de fausse couche supplémentaire. Lorsque l’on allaite, on déclenche des pics d’ocytocine au cours des tétées, qui permettent l’éjection du lait. Ces pics d’ocytocine ne provoquent pas de contraction de l’utérus. Lorsque l’on a un orgasme, on déclenche également des pics d’ocytocine et pourtant, on n’interdit pas les rapports sexuels pendant la grossesse.
Le seul cas qui peut poser question, c’est lorsqu’il y a une menace d’accouchement prématuré. Si l’on déconseille les rapports sexuels, alors on devrait également déconseiller les tétées.
Par ailleurs, il n’y a aucun risque pour le développement du fœtus si l’on poursuit l’allaitement au cours de la grossesse.

Au cours de la grossesse, la lactation va diminuer, s’arrêter puis repartir en colostrum. Cette diminution de la lactation peut intervenir à n’importe quel moment de la grossesse, dès le premier mois pour certaines femmes jusqu’à la fin du 9e mois pour d’autres.

Si la lactation diminue, selon l’âge votre enfant, il se peut qu’il n’obtienne plus assez de lait et qu’il faille lui proposer un autre lait. Dans ce cas, attention à lui proposer un lait adapté à son âge. Si votre enfant a moins d’un an et qu’il n’a jamais pris de préparation pour nourrisson, il peut le refuser car le goût ne lui plait pas. On peut alors lui proposer un mélange avec du lait maternel.

Si vous êtes habituée à tirer votre lait au travail, vos tirages peuvent diminuer au cours de la grossesse. Vous ne pouvez malheureusement rien y faire. N’essayez surtout pas de prendre du fenugrec pour augmenter votre lactation car le fenugrec a un effet abortif pendant la grossesse.

Certains enfants allaités, devant la baisse de lactation parfois très importante, se sèvrent d’eux mêmes car ils ne sont plus satisfaits par la quantité de lait obtenue. Il peuvent redemander le sein au moment de la naissance.

Certaines femmes, sous l’effet des hormones de grossesse, développent une sensibilité accrue des mamelons qui peut rendre les tétées désagréables, voir douloureuses. Certaines femmes négocient donc avec leur enfant une diminution des tétées ou de leur durée. Par ailleurs, ces hormones peuvent déclencher un sentiment d’irritation quand l’enfant tète et certaines mères en viennent à sevrer car les tétées deviennent trop pénibles pour elles.

Enfin, si vous connaissez une baisse de lactation qui n’est pas en lien avec la baisse du nombre de tétées, pensez à faire un test de grossesse, on ne sait jamais…

Et vous, comment avez-vous vécu votre allaitement en période de grossesse ?

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Genèse

Nous avions avec mon conjoint placé ma grossesse, mon accouchement et le développement de notre petit (et premier !) garçon sous le signe de la physiologie et du naturel. Après un accouchement merveilleux et en douceur en salle nature à l’hôpital, un peau à peau et une première tétée à quelques minutes de vie, je ne m’étais jamais vraiment posé la question de la longueur de mon allaitement. Dans notre cercle familial et amical, nous entendions ici et là combien l’allaitement était laborieux, douloureux, fatiguant pour la maman… Et pourtant, après les quelques jours où il faut tout apprendre aussi bien pour la maman que pour le bébé, l’allaitement s’est tout doucement mis en place. Avec son lot de douleurs, de fatigue, d’engorgement certes mais bien loin du tableau qui m’avais été dressé et avec le soutien indéfectible du papa indispensable en cas de découragement ! Ce qu’on oublie souvent de préciser aux jeunes mamans, c’est qu’une fois que l’allaitement fonctionne bien, ces petits moments maman-bébé sont synonymes de tendresse, douceur et n’ont tout simplement pas de prix.

La fausse conviction de la nécessité d’un sevrage

Au bout de trois mois et quelques de congés maternité, un allaitement bien en place et un déplacement de 10 jours aux Etats-Unis en vue, il était pour moi certain que je ne pouvais, même si cela me chagrinait énormément, continuer à allaiter mon petit. Nous avons donc commencé à lui donner mon lait tiré au biberon pour l’y habituer petit à petit. Puis, nous avons introduit (à mon grand désespoir) un biberon de lait artificiel. Après 3 mois d’allaitement exclusif, le biberon de lait tiré a été accepté sans problème mais pour le lait artificiel, c’était une autre histoire – rejet complet ! Même si dans le fond, je n’étais pas mécontente qu’il refuse le lait artificiel, je comprenais l’angoisse de mon conjoint de se retrouver seul avec un stock de lait certes important mais pas suffisant pour couvrir les besoins de notre petit pendant 10 jours. Après un changement de marque de lait, il a finalement accepté le lait de vache avant mon départ. Cet épisode de refus m’a pourtant permis de repenser mon allaitement car je n’étais vraiment pas prête à le sevrer, j’ai donc congelé un maximum de lait tiré. Nous avons décidé ensemble de continuer l’aventure allaitement et de compléter avec un minimum de lait en poudre pendant mes déplacements.

Le premier déplacement lointain et long

Après des au revoirs difficiles, c’est parti pour la reprise et me voilà en route pour les Etats-Unis avec un congélateur bien achalandé en lait maternel à la maison et un tire-lait manuel dans mon sac, objectif : maintenir ma lactation ! Ça peut paraître bête mais l’allaitement était pour moi le lien qui m’unissait à mon bébé et me permettait de moins culpabiliser de partir loin de lui. C’est, aujourd’hui encore, toujours le cas à chacun de mes déplacements, comme un petit fil rouge, qui nous lie tout au long de la journée. Je vous avoue qu’avec un long courrier, un décalage horaire de 10h, contrôler mes montées de lait et maintenir ma lactation n’a pas été une mince affaire, loin de là ! J’ai été chanceuse à l’aller de pouvoir tirer mon lait à ma place (car personne à côté de moi), ce fut un peu plus difficile au retour avec deux voisins de siège et des toilettes que je ne me voyais pas bloquer pendant quinze minutes.

Une fois sur place, je travaillais sur un salon et j’ai expliqué à mes collègues proches que je devrais m’absenter plusieurs fois pendant la journée, ils ont tous compris et cela a même aiguisé la curiosité de certains hommes sans enfant qui m’ont posé tout un tas de questions sur les mécanismes de l’allaitement !

A mon retour, quel bonheur cela a été de pouvoir allaiter mon bébé et de retrouver cette proximité et douceur qui m’ont tant manquées pendant mes dix jours d’absence. Il a fallu certes relancer la lactation et mettre mon bébé au sein plus souvent, reprendre les tétés nocturnes, faire une cure de fenugrec (merci Véronique !!) mais tout est revenu dans l’ordre au bout de quelques semaines.

Epilogue

Je suis maintenant devenue une professionnelle du tirage de lait en toutes circonstances avec mon tire-lait électrique de poche ! Pendant ces dix jours aux Etats-Unis et mes quelques déplacements européens depuis, j’ai tiré mon lait dans tellement d’endroits, des toilettes d’aéroport, d’hôtels mais aussi découvert que certains pays proposent des ‘lactation suites’ dans les gares et aéroports, très appréciables, et qui permettent de tirer son lait/allaiter dans de biens meilleurs conditions ! Quand je ne suis pas en déplacement, je tire deux biberons de lait pour la journée chez la nourrice, le reste du temps, c’est allaitement ! J’arrive à apprécier mes déplacements car je sais qu’à mon retour la tétée des retrouvailles sera merveilleuse.

J’aurais des milliers d’autres choses à vous raconter sur cette magnifique aventure qu’est l’allaitement mais mon texte est déjà bien long… Je vous confesse toutefois que ça m’est tombé dessus, je ne pensais pas trouver cette expérience si enrichissante, gratifiante, pourtant il n’y a rien de plus naturel au monde.  Aujourd’hui, après 6 mois et quelques semaines d’allaitement, je me dis que finalement, ça n’était pas si compliqué et que si on le souhaite, tout est faisable….

Enfin, si c’était à refaire, j’aurais tiré plus de lait pendant mon congé maternité pour ne pas avoir à introduire de lait artificiel et être en allaitement exclusif !

PS : c’est une aventure collective que je n’aurais pas réussi sans le soutien de mon conjoint, la Leche League, et les mamans et conseillères en lactation sur Facebook !

 

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allaitement et travail

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Pendant la grossesse, il était évident pour moi que je voulais essayer l’allaitement. Je voulais vivre tous les aspects de la maternité, ne rien louper (même si je suis convaincue qu’il vaut mieux un biberon qui se passe bien qu’un allaitement conflictuel).

Je n’avais pas mesuré l’importance que cela prendrait pour moi, ni la portée affective que cela aurait dans la relation à mon fils. Cela fut une découverte incroyable.

Pendant la grossesse, j’avais participé à une réunion d’information à la maternité organisée par l’association solidarilait. Le discours était positif et serein et cela m’a vraiment renforcé dans mon choix. Alors j’ai commencé à me documenter sur le net, notamment avec le blog de Véronique. Cependant, comme je n’ai pas d’autre exemple autour de moi que l’arrêt rapide de l’allaitement pour des raisons diverses, je m’étais donnée une date en me disant : « Ce sera déjà bien ». Mon fils est né fin août, je savais que je devais reprendre le travail en novembre, alors j’avais fixé la date de noël. La reprise du travail me semblait un obstacle à l’allaitement alors je voulais être raisonnable.

La naissance de mon fils s’est très bien déroulée, j’ai donc pu le mettre au sein dès les premiers instants dans la salle d’accouchement et c’était merveilleux.

L’allaitement se passait tellement bien (malgré mes doutes), je trouvais ça tellement fort dans la relation avec mon fils que mon choix de poursuivre à la reprise du travail s’en est trouvé renforcé. C’était déjà difficile de le laisser pour la journée, alors me priver de ce moment privilégié, c’était trop me demander.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

En premier lieu, je me suis INFORMEE. J’ai scruté le net et étudié quasiment toutes les pages du blog de Véronique. J’ai même acheté son livre.

J’ai commencé à faire du stock dès le premier mois d’Eliott avec un tire-lait doddie que j’avais acheté (pas trop cher). Mais cela me prenait trop de temps alors j’ai loué un tire-lait Calypso de chez Ardo chez Grandir Nature. Avant de reprendre le travail, j’avais deux tiroirs de notre congélateur rempli à ras-bord de pochettes.

J’exerce une profession libérale, donc l’organisation a été facile. Deux tirages par jour à 12 et 16h jusqu’au 7 mois de mon fils, puis une fois à 13h jusqu’à ses 11 mois. Il a suffit que je bloque le créneau sur mon agenda. Un manque à gagner, certes, mais nous ne sommes pas riches que d’argent.

J’avais fait l’acquisition d’un petit frigo pour pouvoir conserver ma production correctement.

Après m’être bloquée les cervicales en tenant les téterelles sans bouger pendant 20 min, je me suis décidée à sacrifier un soutien-gorge d’allaitement qui ne m’allait pas pour en faire une brassière. Une petite entaille au niveau du mamelon, on glisse la téterelle et le tour est joué. Ça m’a vraiment soulagée. J’ai aussi fait le stock de séries à regarder sur l’ordi pour passer le temps en attendant que les pots se remplissent.

Je n’ai que 20 min de trajet pour rentrer chez moi donc le transport se faisait dans un petit sac isotherme avec les pains de glace.

Je travaille trois jours par semaine alors, quand mon fils est gardé, je donnais du lait congelé (max 2 mois) et je renouvelais mon stock avec les tirages du jour. Quand je suis avec lui à la maison, c’est à la demande.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Les doutes : pendant 4 mois, j’ai vécu dans la peur de ne pas avoir assez de lait. Une petite crainte est restée longtemps car j’ai continué à carburer à la tisane d’allaitement (beaucoup moins qu’avant désormais : je pouvais en boire jusqu’à 5 fois par jour) et aux gélules de fénugrec (mon mari m’appelait « mon petit couscous » tellement je sentais les épices) jusqu’au sevrage. Les appels aux bénévoles de solidarilait de ma région et les messages à Véronique m’ont bien aidé à baisser la pression.

Les réflexions de l’entourage : au bout d’un mois, on me disait déjà « bon ben maintenant, tu vas arrêter doucement » puis c’est devenu « bon, tu vas te décider à le lâcher oui ! » Les sous-entendus des âmes bien-pensantes qui m’ont soutenu mordicus que le refus du biberon de mon fils pendant la semaine d’adaptation chez la nourrice était « à cause » de l’allaitement Les premiers temps, j’ai eu l’impression de me battre et que beaucoup de personnes se permettaient de faire intrusion dans mon intimité. Puis, j’ai fini par comprendre que les personnes qui réagissent comme ça sont systématiquement des femmes (oui, je n’ai jamais eu de réflexions de la part d’hommes) qui n’avaient pas pu allaiter comme elles l’auraient voulu. En fin de compte, elles me font de la peine car, en réalité, elles culpabilisent beaucoup et c’est dommage.

Le manque de lait avec le retour de couche : j’ai eu mon retour de couche au bout de 8 mois et pendant les règles, les quantités de lait étaient vraiment moins abondantes. Je me suis dit que peut-être il était temps de penser à un sevrage progressif, que mon corps voulait reprendre un peu de féminité. Il m’a fallu du temps pour l’accepter mais la survenue d’une nouvelle grossesse m’a amené à mettre en action les choses : mon fils s’est mis à accepter le biberon d’un coup d’un seul alors j’en ai profité et nous nous sommes arrêtés à 12 mois ½.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Définitivement, les tétées du matin, pleine de tendresse et de calme.

Quand mon fils s’impatiente quand il me voit m’installer pour la tétée.

Les moments de rigolade quand il essaye de nouvelles positions pour manger.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Faites ce qui est bon pour vous. Informez-vous auprès des personnes qui ont les bonnes informations (en d’autres termes, évitez les médecins et les puéricultrices qui souvent désinforment plus qu’autre chose). Faites un vrai choix, c’est-à -dire un choix éclairé, sans se soucier du regard des autres. Alors, ce sera le bon choix, quel qu’il soit.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Sans aucune hésitation, je referai la même chose. J’ai bien l’intention d’allaiter aussi longtemps avec le petit bout qui arrivera ce printemps. 12 mois : je n’imaginais pas aller aussi loin et j’avoue éprouver un peu de fierté.

Si je devais changer quelque chose, je pense que ce serait ma peur de ne pas y arriver mais ça, je ne suis pas sure que ça se contrôle 😉

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allaitement et travail

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai repris mon travail quand mon bébé avait 3 mois.

Les débuts de l’allaitement ont été difficiles. Pendant 3 jours à la maternité, mon bébé n’a pas su téter et personne ne m’a aidée, on m’a juste sommée de donner des biberons. Depuis, je suis plus motivée et déterminée que jamais à allaiter mon bébé, et à l’allaiter longtemps.

Je voulais continuer l’allaitement exclusif. J’avais peur de manquer de lait si je passais à l’allaitement mixte. J’ai vu beaucoup d’amies arrêter l’allaitement pour cette raison. Je voulais aussi pouvoir allaiter exclusivement pendant les weekends et les vacances, et j’avais peur que ma lactation ait du mal à s’adapter en cas d’allaitement mixte en semaine.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

J’en ai discuté avec Véronique Darmangeat et j’ai beaucoup lu le site A tire d’Ailes. J’ai décidé de tirer mon lait tous les jours au travail pour le lendemain.

Mon bébé est gardé par une assistante maternelle. Elle a tout de suite été d’accord pour donner à David mon lait tiré, même si elle n’avait jamais fait ça avant. La seule condition était que David accepte le biberon, ce qui était le cas.

J’ai loué le tire-lait Améda Lactaline. D’ailleurs, au bout de 10 mois de location, ils me l’ont vendu pour 20 euros. Je le conseille pour son sac à main pratique, sa glacière et son double pompage doux et efficace. Les point faibles sont la fragilité des valves (à remplacer tous les 3 mois environ) et du transformateur (j’en suis au 3e).

J’ai pris contact avec l’infirmerie de l’Université Paris 6, où je travaille. Ils réservent une salle pour que les femmes qui allaitent puissent tirer leur lait tranquillement. Ils laissent aussi le frigo de l’infirmerie à disposition pour y stocker les biberons de lait. Les infirmières sont adorables.

Concrètement, je passe tirer mon lait entre 2 et 3 fois par jour, selon ma lactation. En cas de lactation très poussive, je tire 4 fois. Chaque tirage prend 25-30 minutes. Le tirage en lui même prend 10 minutes, et j’ai acheté la brassière main libre de Mamanana pour pouvoir travailler en même temps. Le reste du temps est dédié au chauffage du lait pour détruire les lipases, à la vaisselle, puis au remplissage et étiquetage des biberons.

J’avais commencé à faire des réserves de lait congelé avant la reprise. Ça m’a permis de reprendre sans stress. Mais au final, non seulement je n’ai jamais utilisé ces réserves, mais en plus j’ai tout jeté (>3 L !) quand je me suis rendue compte que mon bébé était allergique aux Å“ufs par le biais de mon lait. Maintenant, je garde maximum 500 mL de réserve au congélateur.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

1) L’épuisement à cause des reflux
Mon bébé, depuis sa naissance, a des gros problèmes de reflux internes. C’est d’ailleurs Véronique Darmangeat qui l’a diagnostiqué quand il avait 1 mois, alors que je galérais et qu’aucun médecin ne me prenait au sérieux. A chaque tétée, au bout d’1 minute, il se tordait et hurlait de douleur. Et il était impossible de l’allonger. Il ne dormait que dans mes bras ou l’écharpe de portage. Et il tétait (et tète toujours !) toutes les heures, jour et nuit !
Pendant 3 mois, j’ai essayé en vain le faire dormir incliné dans son lit. J’ai tout essayé, même un magnifique parachute de proclive. J’étais épuisée. Alors à la reprise du travail, j’ai pris une décision radicale : je ne me fatiguerai plus à essayer de l’allonger, il dormira toute la nuit dans l’écharpe. De 3 mois à 7 mois, il a ainsi dormi dans l’écharpe, pendant que je dormais assise contre des coussins. Cette position inconfortable, en plus des tétées toutes les heures et des crises de reflux à gérer, m’a épuisée. Mais c’était un moindre mal par rapport à l’épuisement d’avant cette décision.
A 7 mois, il m’a fait comprendre qu’il se sentait trop à l’étroit pour dormir dans l’écharpe. J’ai donc décidé de l’allonger à côté de moi, sur un gros oreiller pour lui sur-élever le haut du corps. J’ai redécouvert le confort du sommeil allongé. Mais ce sommeil est devenu plus court, puisqu’il faut que j’attende au moins 15 minutes pour le reposer après chaque tétée. Sinon, il se réveille en se tordant au bout de 2 minutes. Ça ne me laisse que 30 minutes de sommeil chaque heure. Parfois, même en attendant la fin de la digestion, je n’arrive pas à le poser, il dort alors dans mes bras. Quand il va bien, il dort aussi dans mes bras, car je m’endors avant de la poser.
Il a maintenant presque 14 mois. Ça va mieux, il arrive parfois à dormir 2 h d’affilée. Mais les nuits restent encore difficiles, avec au moins 7-8 tétées et plusieurs crises de reflux à gérer chaque nuit. Et ça, c’est quand il va bien, je ne parle pas des angines.

2) Les lipases
Avant la reprise, tous les dimanches, j’allais à la piscine. Mon mari gardait mon bébé et lui donnait mon lait tiré au biberon. Du jour au lendemain, vers 2 mois, il a commencé à refuser le biberon, puis à hurler quand on lui proposait. Mon mari a essayé de lui donner au verre, rien à faire. J’ai goûté le lait et il avait mauvais goût. Je me suis alors souvenu de l’article sur les lipases sur le site A tire d’Ailes. J’ai goûté le lait fraîchement tiré, il était délicieux. Au bout de 15 minutes, il était devenu mauvais. J’ai appliqué la méthode anti-lipase : chauffage quelques minutes à 60°. Et là , miracle ! Le lait restait bon, et mon bébé le prenait de nouveau, que ce soit au biberon ou au verre.
Depuis, je chauffe mon lait tout de suite après le tirage. Je verse le lait tiré dans un biberon fin en verre que je plonge au bain-marie dans une bouilloire. Je surveille la température avec un thermomètre de cuisson. Pendant ce temps de chauffage, je nettoie tout le matériel.

3) Les phases de lactation insuffisante
Il y a des jours où je tire moins, sans que je n’ai pu corréler cela à la fatigue ou à aucun autre facteur. Je compense les jours où je tire plus.
Le gros problème de lactation a eu lieu quand j’ai commencé un régime draconien pour éviter tous les allergènes potentiels pour mon bébé. Après 2 semaines de régime, il a commencé à aller nettement mieux et à avoir plus d’appétit. De 200 mL par jour chez la nounou, il est passé à 350 mL ! Ma lactation a mis plusieurs semaines à s’adapter à cette nouvelle consommation. Je me suis gavée de fénugrec pendant cette période.

4) Les problèmes techniques et étourderies
Valves abîmées, valve perdue, biberons ou bouchons de biberons oubliés, pannes de transformateur, piles du thermomètre usées, lait oublié le soir dans le frigo de l’infirmerie Les problèmes techniques et étourderies sont rares mais très gênants ! A chaque fois, j’y perds une demi-journée de travail. Heureusement, mon travail, flexible, me le permet.

5) Les critiques des pédiatres
Mon bébé a un rythme très atypique. Ses reflux y sont probablement pour quelque chose. Il tète toutes les heures jour et nuit, au sein comme au biberon (chez la nounou). Chez la nounou, il n’a jamais pu avaler des biberons de plus de 50 mL. Les pédiatres trouvent ça très bizarre, eux qui ont appris qu’il fallait espacer les tétées d’au moins 2-3 h et qu’à tel âge, les biberons doivent faire tant de mL. Au début, c’était des recommandations plus ou moins insistantes. Puis vers 2 mois, mon bébé a cassé sa courbe, comme c’est souvent le cas des bébés à reflux. Entre 7 mois et 13 mois, il n’a pris que 100 g. Les recommandations sont devenues de vrais sermons culpabilisants. C’est de ma faute s’il ne grossit pas et s’il a des reflux, c’est parce qu’il tète trop souvent ! Je suis plusieurs fois rentrée déprimée de la PMI, et heureusement que Véronique Darmangeat et des monitrices de La Leche League étaient là pour me consoler. La fréquence des tétées n’est pas la cause des problèmes, c’est au contraire un moyen pour mon bébé de moins souffrir… Puis vers 11 mois, on lui a découvert une grosse anémie. Là , ce n’étais plus seulement le rythme, mais l’allaitement tout court qui était pointé du doigt. On m’a sommée de donner du lait de croissance. Heureusement, depuis, mon bébé est supplémenté en fer et son anémie s’est résorbée sans recours au lait de croissance.
Je pense que je peux écrire un bêtisier avec tout ce que j’ai entendu par les pédiatres sur l’allaitement : « S’il se réveille en hurlant, c’est un problème d’éducation » (quand mon bébé avait 7 jours); « L’allaitement à la demande, c’est bien dans les villages en Afrique, mais c’est incompatible avec notre mode de vie » ; « Le lait maternel, c’est infecte » ; « En tétant si souvent, il ne peut pas connaître les sensations de faim et de satiété » ; « Il fait 5kg, il doit faire ses nuits » ; « Les allergies par le lait maternel, c’est un mythe » ; « A force de téter, il va avoir des problèmes plus tard avec l’oralité ».

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

Quand mon bébé est calme et sans reflux, chaque tétée est un moment de bonheur. C’est magique. On se regarde les yeux dans les yeux, on se câline, on se caresse, on papote avec des « Hmm hmm hmm ». Parfois, il sourit ou rit avec mon sein dans la bouche, c’est trop mignon.
Les nuits sont dures, mais ce sont aussi des moments de tendresse. S’il faisait ses nuits, je ne le verrait que 1 h le matin et 2-3 h le soir. Quand je l’entends se réveiller à côté de moi, je le prends dans les bras à moitié endormie, sans m’en rendre compte, instinctivement. Je le serre contre moi, il cherche le sein dans le noir et se met à téter, les yeux fermés. Ça aussi c’est magique.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Continuer l’allaitement exclusif en travaillant, c’est faisable et ça vaut la peine d’essayer.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Je referais exactement le même choix. Mais si c’était à refaire, je me serais mieux renseignée sur l’allaitement avant l’accouchement, ça m’aurait épargné bien du stress, des ennuis, des mauvais conseils de médecins et des coups de déprime. J’aurais aussi pratiqué le co-dodo dès le départ.
Aujourd’hui, mon bébé a bientôt 14 mois, je souhaite continuer à l’allaiter en travaillant aussi longtemps qu’il le désire.

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sevrageJ’ai 30 ans et je suis maman d’une petite fille de 20 mois. Il m’avait toujours paru normal d’allaiter, même si je n’avais pas beaucoup d’exemples d’allaitement bien établi autour de moi, mais la naissance d’un bébé par césarienne dans mon entourage et le désarroi de la maman qui n’arrivait pas à l’allaiter à la maternité m’a alarmée : non, allaiter un enfant ne va pas de soi, il faut être préparée. Une autre histoire de maman désirant allaiter, à qui l’on administre par erreur un médicament « anti-montée de lait » à la maternité, m’a également choquée. Pendant ma grossesse, j’ai donc chercher à me renseigner un maximum afin d’être « prête ». Une maman m’a prêté le livre du Dr Thirion « De la naissance au sevrage » que j’ai lu studieusement. Au final, mon état d’esprit était le suivant : se méfier des mauvais conseils (au point de ne faire confiance à personne sur la question de l’allaitement) et ne faire confiance qu’à ma nouvelle « bible ».

J’ai donc choisi d’accoucher dans une clinique qui venait de recevoir le label « Amis des bébés » en précisant bien au personnel médical que je voulais à tout prix allaiter. Tout s’est déroulé parfaitement, ma fille a rampé vers mon sein à la naissance, et l’allaitement s’est parfaitement mis en place, sans souci particulier. Sa prise de poids était parfaite.

La question du tire-lait s’est rapidement posée en prévision d’un mariage vers ses 2 mois. Après moult renseignements sur internet, mon choix s’est porté sur le Medela Freestyle (compact, pratique et discret) et les biberons Calma (qui d’après le fabriquant, interférait peu avec la prise du sein). Sur les conseils de la sage-femme, j’ai attendu 1 mois avant de commencer à tirer un peu de lait. J’ai été rassurée de voir que je pouvais tirer mon lait et très fière de ma fille lorsqu’elle a englouti son 1er biberon dans les bras de son père.

Vers 1.5 mois, ma fille a enfin (?!) accepté de prendre la sucette que j’essayais de lui faire prendre depuis 2 semaines. Cela m’a beaucoup soulagée (je restais souvent entre 30 et 60 min à lui donner le petit doigt le soir dans son lit pour qu’elle s’endorme) et m’a permis de souffler un peu pendant la journée et de manger un déjeuner autrement qu’au lance-pierre. [Avec le recul, j’aurais peut-être dû la porter plus souvent en écharpe, mais c’était un été très chaud, et mon écharpe nous tenait chaud.]

A 3 mois, elle a commencé à faire des nuits de 12h, et à ne téter plus que 4 fois par jour. J’étais très fière de ma fille, qui avait déjà un rythme de « grande ». [Avec le recul, j’aurais dû lui proposer le sein plus souvent, mais ma fille ne réclamait jamais à manger en dehors des « heures de repas », manifestait rarement sa faim. Et la fois où je lui avais proposé le sein trop tôt, elle avait tout régurgité. Et sa courbe de poids était bonne (5.2kg à 3 mois).]

Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Je n’étais pas prête pour le sevrage, bien qu’initialement, je m’étais dit que l’allaitement, ce n’était seulement possible que pour les mamans qui ne travaillent pas. Mais bon, on verrait bien où cela nous mènerait.

J’ai repris le travail en octobre (je suis ingénieur informatique) lorsque ma fille avait 3.5 mois. Pendant mon congé mat, je me suis renseignée sur la législation et opté pour une reprise à 80% pendant 5 mois, et 90% par la suite. Ma fille était gardée par une assistante maternelle à 2 pas de chez moi, 10h par jour, du lundi au jeudi. Il était naturel pour moi de continuer à l’allaiter, mais je pensais que j’aurais rapidement recours à des préparations infantiles pour tenir le coup.

L’adaptation chez la nounou s’est bien passée, les premiers biberons de mon lait ont été difficiles, puis ma fille s’est habituée.

Comment vous êtes-vous organisée ?

J’ai commencé à me renseigner sur internet sur la conservation du lait maternel, et je suis tombée sur le blog de Véronique Darmangeat. C’est sans conteste ce qui m’a permis de m’informer et de m’organiser efficacement pour ma reprise du travail. Merci Véronique !

La semaine précédant ma reprise, j’ai pris contact avec les RH pour mettre en place mes pauses allaitement. J’ai eu de la chance d’avoir eu une salariée qui avait tiré son lait 1 an avant et qui avait « ouvert la voie ». Mon entreprise dispose d’une infirmerie, avec une infirmière permanente, comprenant une pièce close avec 2 lits. J’ai pris contact avec l’infirmière, et elle m’a grandement facilité les choses en me mettant à disposition le local, ainsi qu’un frigo avec freezer où déposer mes pains de glace, et d’un lavabo propre où je pouvais faire ma vaisselle.

Le matin, je me levais plus tôt pour avoir le temps de m’occuper de ma fille, lui donner un sein, puis tirer le deuxième, me préparer, l’amener chez la nounou à côté de la maison et partir au travail (35 min de route). Comme ma fille prenait 2 biberons chez la nounou, je faisais 2 pauses tire-lait au travail : l’une sur ma pause déjeuner, et l’autre vers 16h15. Le soir, je récupérais ma fille vers 18h15. Au début, je ne faisais pas de tétée de retrouvaille, car j’avais peur de manquer de lait pour la tétée de 19h30 avant la nuit. Elle dormait ensuite d’une traite jusqu’au matin. Avant de me coucher, il arrivait que je fasse un dernier tirage pour compléter les biberons.

Je tirais donc mon lait 3 à 4 fois par jour de travail, et arrivais ainsi à tirer entre 330ml et 480ml selon mon état de fatigue. Ma fille a rapidement pris le rythme de 2 biberons de 240ml chez la nounou, qu’elle buvait calmement en une dizaine de minutes. Il fallait donc tenir le challenge.

J’ai fonctionné en flux tendu, avec à peine 3 ou 4 jours de stock de lait congelé en sachets Lansinoh. Je tirais mon lait le matin le week-end pour avoir mon stock pour le lundi, et le lait tiré au travail était donné le lendemain. Le jeudi soir, je congelais mon lait (je n’osais pas le laisser au frigo jusqu’au lundi). Comme je conservais mon lait dans une glacière la journée (avec renouvellement des pains de glace), j’étais très rigoureuse sur l’hygiène : je lavais mes accessoires après chaque tirage, et je stérilisais tire-lait et biberons tous les soirs.

Quelles ont été vos principales difficultés ?

Ma principale difficulté, et tourment, a été sa faible prise de poids pendant les 3 mois qui ont suivi ma reprise du travail.

Après 3 semaines de travail, je constate que sa courbe de poids stagne (seulement +140g entre ses 3 et 4 mois), la pédiatre (remplaçante) n’a pas l’air de s’en inquiéter. Devant mon inquiétude, elle s’étonne que je ne la complète pas au lait artificiel… Un mois plus tard, à peine 300g de plus. Je demande alors conseil à une maman de la Leche League et j’introduis une tétée supplémentaire, au retour de chez la nounou. Je commence également les tisanes d’allaitement. Vers ses 5.5 mois, je commence la diversification en respectant les doses de la pédiatre habituelle (et bienveillante quant à l’allaitement), en espérant que ça me soulagerait du rythme infernal du tire-lait. Mauvais calcul, comme je donnais du légume sans féculent, j’aurais dû continuer à proposer la même quantité de lait. La pesée de la visite des 6 mois me met une nouvelle claque (+170g). La pédiatre me donne alors un ultimatum : j’ai 15 jours pour inverser la tendance, après on passe au lait artificiel.

J’ai donc posé un congé de 15 jours (heureusement, c’était Noël), commencé à prendre du Fenugrec, remisé mon tire-lait au placard, et je suis passé en mode allaitement intensif (entre 6 et 7 tétées + le déjeuner et le goûter diversifié) et loué une balance. En 15 jours, +400g et on attend les 6.2kg ! Comme quoi, il n’y a pas de miracle, il faut proposer le sein souvent 🙂 .

A la rentrée de janvier, ma fille n’acceptait plus mon lait en biberon chez la nounou. Après 3 jours de tirage pour rien, j’ai laissé tomber le tire-lait avec un grand ouf, et j’ai remplacé par des laitages chez ma nounou.

Je suis restée sur un rythme de 1 tétée le matin et 2 le soir en semaine jusqu’à la pesée de ses 8 mois, qui était moyenne. Je me suis résolue à ce moment-là à compléter les tétées avec du lait artificiel bio. Elle a mis une dizaine de jours à l’accepter et les quantités prises ont augmenté petit à petit, jusqu’à atteindre 120 ml vers ses 12 mois. A 12 mois, on est passé au lait entier. Dès le passage en mixte, sa courbe de poids s’est régularisée (elle atteint maintenant les 10kg à 20 mois).

C’a été néanmoins un soulagement de me dire, qu’en mon absence, elle pouvait très bien prendre un grand biberon sans me réclamer.

Par la suite, les tétées ont toujours été un peu chaotiques, elle préférait souvent jouer ou feuilleter des livres. J’ai tenu bon et appris à accepter les livres pendant la tétée 🙂 .

Vers ses 18 mois, j’ai abandonné la tétée du soir, car elle ne la réclamait plus et j’en avais marre de lutter, ce n’était plus un moment de plaisir. Puis elle a commencé à refuser la tétée du matin au profit du biberon (notamment le matin de Noël 🙁 ). J’ai insisté un peu, puis à la rentrée de janvier, vers ses 19 mois, j’ai décidé d’arrêter la tétée du matin, c’était trop laborieux. Et du coup, j’ai gagné un bon 1/4h dans mon planning du matin, c’était pas plus mal…

Ce sevrage s’est fait très progressivement, entre 8 et 19 mois je dirais. A chaque fois je me disais : c’est bientôt la fin, mais ça a quand même continué de longs mois 🙂 .

Quels ont été vos meilleurs moments ?

-> Sa bouille toute repue après une tétée, quand elle était encore toute petite.

-> A partir de 6 mois, profiter pleinement de mon allaitement et ne plus avoir à tirer mon lait. Les tétées matin et soir en semaine suffisaient et c’était un bonheur d’avoir rangé le tire-lait !

Allaiter ma fille aussi longtemps est une vraie fierté. Même si je la nuance toujours en disant que j’ai dû compléter à partir de 8.5 mois, et que progressivement, les tétées n’étaient plus aussi nutritives qu’au début (à la fin, c’était vraiment express !). Mais bon, je pense qu’avec le niveau de connaissances sur l’allaitement que j’avais alors, ainsi que la fatigue due à la reprise du travail, je n’aurais pas pu faire mieux.

Ça a également été un combat. Sur le plan physique, car tout gérer jusqu’à ses 6 mois (trajets, allaitement, tire-lait, boulot) m’a beaucoup fatiguée. Et aussi, j’ai dû tenir bon face aux remarques « mais tu l’allaites encore ??! », « tu penses que tu vas arrêter quand? » quand ma fille était plus grande.

Dans mon aventure, j’ai une amie maman, qui avait accouché 1 mois après moi, et qui partageait la même philosophie. Nous nous sommes beaucoup entre-aidées et avons appris ensemble jour après jour.

Maintenant, je retrouve un peu ces moments de complicité quand je la porte en Buzzidil. C’est ma façon de compenser 🙂 .

Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Je pense qu’il est indispensable de se documenter sur l’allaitement pendant sa grossesse, pour démêler le vrai du faux, et avoir confiance en soi dès les premiers moments de vie de son bébé.

Il faut s’entourer des bonnes personnes (une sage-femme consultante en lactation, discuter avec des mamans allaitantes, lire des blogs sur le sujet, …) et ne pas tenir compte des avis négatifs sur l’allaitement de la part de personnes n’ayant pas le même point de vue que vous.

Il faut surveiller la prise de poids de son bébé à la reprise du travail, et réagir rapidement en cas de stagnation.

Il faut s’organiser, déléguer le maximum des tâches ménagères à la maison, aller à l’essentiel, profiter de son bébé, se ménager et DORMIR. Sinon, on ne s’en sort pas 🙂 .

Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Il est certain que j’allaiterai mon prochain enfant. Et j’espère faire mieux.

Pour le second, si c’est financièrement possible, j’aspire à m’arrêter complètement jusqu’aux 5 mois et reprendre à 50% jusqu’aux 6 mois, puis à 80 ou 90%.

Je me renseignerai pour trouver une sage-femme consultante en lactation.

Je ne donnerai pas la sucette en journée, afin de ne pas rater de tétées. Je porterai mon bébé encore plus en écharpe (j’en prendrai une adaptée aux canicules si besoin 🙂 ).

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allaitement et travailQuel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

Lors de ma reprise du travail, j’ai souhaité poursuivre l’allaitement. Je me suis dit que c’était dommage d’arrêter en si bon chemin ! Je m’étais préparé avant en tirant mon lait à plusieurs reprises notamment suite à des problèmes d’engorgement les premiers mois d’allaitement. Tirer mon lait ne me faisait donc pas peur !

Comment vous êtes-vous organisée ?

Comme dit précédemment, j’ai commencé à tirer mon lait bien avant la reprise du travail, ce qui m’a permis de constituer un bon stock dans le congélateur ! Avec le recul, heureusement que j’avais un stock pour reprendre sereinement.

Mon fils Antonin avait presque 5 mois lors de la reprise du travail. Nous avons eu la chance d’avoir une place dans une crèche à proximité de mon lieu de travail. Je peux donc me rendre sur place pour l’allaiter le midi.

L’après-midi, je tire une fois mon lait avec le tire-lait Lactina de Medela. C’est pratique car je peux le faire sur place dans mon bureau qui ferme à clef et est doté de rideaux. Dans les placards de mon bureau, j’ai des cuvettes pour nettoyer les ustensiles du tire-lait, du liquide vaisselle, des torchons, etc toute une organisation !

Par ailleurs, Antonin a fait une adaptation progressive à la crèche durant un mois avant ma reprise. Je le mettais quelques heures par jour pour qu’il s’habitue à un nouvel environnement, aux biberons, etc. Cela m’a aussi permis de récupérer un peu aussi comme j’étais très fatiguée et anémiée suite à un retour de couches très précoce alors que j’allaite (en gros, des règles très abondantes toutes les semaines et demi pendant 2 mois) !

Enfin, j’ai repris à 80% pendant 3 mois, ce qui permet d’avoir le temps pour de bons moments de retrouvailles et de tétées en milieu de semaine, une vraie bouffée d’air !

Quelles ont été vos principales difficultés ?

Malgré un discours très encourageant de la directrice de crèche sur l’allaitement, j’ai rencontré certaines difficultés sur le terrain ! Tout d’abord, j’ai été surprise de constater que nous étions seulement 2 mères allaitantes sur les 20 bébés présents à la crèche ! J’étais un peu dans mon « nuage de lait » pendant tout le congé maternité avec beaucoup d’amies allaitantes, je n’avais pas réalisé à quel point nous étions une minorité à allaiter au-delà de 2-3 mois Ensuite, la première semaine d’adaptation à la crèche a été assez éprouvante : pour son premier biberon à la crèche, les nounous ont souhaité que ce soit moi qui lui donne. J’ai refusé en expliquant que ce n’était pas possible pour moi étant donné que je l’avais toujours allaité jusque-là . Seuls son papa et sa mamie lui avaient donné des biberons. J’estimais que lui donner un biberon pour la première fois à la crèche, dans un environnement complètement nouveau, aurait été bien perturbant pour lui. Finalement, une nounou lui a donné après que j’ai expliqué à Antonin pourquoi quelqu’un d’autre lui donnait un biberon. Et sinon quelques petits loupés, comme par exemple, les sachets de lait mis par les nounous dans le freezer de la crèche qui m’ont été redonnés recongelés après avoir été décongelés Bref, en prenant le temps d’échanger, on parvient vite à dépasser certaines difficultés !

Quels ont été vos meilleurs moments ?

Le sourire radieux qui illumine le visage de mon fils et le mien ( !) lorsque je le prends dans mon bras le soir en venant le chercher à la crèche. Je sens une telle complicité dans ces moments de retrouvailles, cela me bouleverse. Et une fois arrivés à la maison, comme pour beaucoup, le meilleur moment est la tétée de retrouvaille avec Antonin ! Il stoppe parfois la tétée pour me regarder et gazouiller. Quand son papa rentre, il fait à nouveau de grands sourires et vocalises et c’est à nouveau un merveilleux moment de retrouvaille.

Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Continuez et restez confiantes ! Comme pour le démarrage de l’allaitement, c’est important d’être bien entourées pour poursuivre l’allaitement entre le compagnon, les amis, la sage-femme, les associations, les collègues ou toute autre personne bienveillante ! C’est bien de se préparer avant la reprise en se renseignant par différents canaux : vive le blog A tire d’ailes qui m’a bien aidée et confortée dans mon choix ! Sinon j’ai été bien épaulée par une association de soutien à la parentalité qui organise régulièrement des rencontres sur l’allaitement.

Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Oui à coup sûr !! En prenant un temps partiel plus long !

Addendum :

Petite suite à la publication de mon témoignage 🙂
Antonin a maintenant 11 mois et l’allaitement se poursuit pour notre plus grand plaisir !
Après avoir consulté une bonne cinquantaine de pages sur le site A tire d’ailes et posé une bonne quinzaine de questions, me voilà un peu plus sereine entre allaitement et reprise du travail 😉
En résumé ces 5 derniers mois :
baisse de lactation peu de temps après la reprise du travail qui m’a un peu stressée = merci le fenouil, le fenugrec et la détente retrouvée !
le stock de lait congelé a vite diminué (note pour plus tard : j’en donnerai un peu moins que demandé pour le prochain bambin car un peu de gâchis au niveau des quantités données et réellement bues au départ !)
j’ai accepté que la crèche complète le lait tiré avec du lait artificiel suite à baisse de lactation et de stock de lait congelé un peu avant les 6 mois d’Antonin. Je redoutais que cela signe la fin de l’allaitement mais ouf, ça n’a pas été le cas et la lactation
j’ai acheté un tire-lait manuel Medela Harmony pour d’éventuels tirages d’appoint si nécessaire le week-end et pour éviter les déplacements avec le gros tire-lait électrique
j’ai été agréablement surprise par l’accueil de différentes personnes quand j’allais et je vais à des réunions extérieures munie de mon tire-lait électrique :)
Depuis les 8 mois d’Antonin, je tire mon lait 1 fois/jour le midi et ne vais plus l’allaiter sur place à la crèche car je sentais qu’il ne tétait plus vraiment à ce moment-là . Il regardait à droite, à gauche et cherchait des yeux ses camarades de crèche ! Cela n’a pas été évident pour moi mais c’était une étape. Du coup, il se rattrape au moment de la tétée de retrouvaille et la nuit. Il tète 1, 2 ou 3 fois par nuit, ce qui est tout de même assez fatiguant à la longue avec la reprise du travail depuis plusieurs mois. Nous essayerons sans doute un sevrage nocturne pendant les vacances en août s’il n’y a pas de nouvelle canicule qui se profile !
Enfin, suite à ma dernière phrase de témoignage, je reviens à temps partiel en septembre :)

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allaitement et travail

  • Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai choisi de poursuivre l’allaitement, c’était une évidence pour moi après les difficultés de mise en route de l’allaitement, heureusement surmontées avec l’aide de Véronique que j’ai vue plusieurs fois. Bébé né en avance sans force pour téter et qui s’endormait dès que je le mettais au sein, tire allaitement pendant presque 1 mois et demi avec les quantités tirées qui diminuaient, puis bébé qui serre trop les gencives et qui fait mal à maman. Après avoir passé tout cela, je ne me voyais pas arrêter et lui donner du lait en poudre.

  • Comment vous êtes-vous organisée ?

Nous avons trouvé une assistante maternelle agréée ouverte concernant l’allaitement, elle-même ayant allaité ses 4 enfants. Elle a été très surprise de savoir qu’on pouvait congeler le lait maternel, mais a accepté tout de suite d’en prendre dans son congélateur, ce qui m’a tout de suite rassurée car je savais qu’il y aurait toujours de quoi le nourrir si le lait frais fourni le matin ne suffisait pas. La nounou a donc en réserve 2 sachets de 150 ml et un sac de glaçons de 15 ml pour les petites faims.

J’utilise le tire lait manuel Medela Harmony (en continuité du Symphony loué les premiers mois, comme j’avais investi dans des téterelles à ma taille). Je tire entre 80 et 150 ml par sein quand c’est plein en moins de 10 minutes, il me convient très bien : silencieux, petit, léger. Je me disais que je passerais à un double pompage si ça ne suffisait plus. Je prends une boite hermétique (avec les ailettes) pour stocker mon tire-lait au frigo la journée (au lieu de sachets ziploc) que je lave tous les soirs.

Quand je sens que le lait a du mal à venir je compresse le sein avec la main qui tient la téterelle, ça repart bien en général.

La première semaine je rentrais tirer mon lait à la maison à la pause déjeuner (10 min à pied de mon travail), je tirais le sein non tété le matin ou les 2 si bébé dormait encore, puis les 2 le midi. Ca roulait, je tirais ce qu’il fallait pour remplir les biberons. Puis j’ai été en formation toute la semaine avec 2 heures de trajet en plus. J’avais appelé la semaine d’avant l’organisme de formation et ils m’ont gentiment mis à disposition une salle et leur réfrigérateur. Pour le transport, impossible de trouver un pain de glace en cette saison et en une semaine… Commander sur internet je l’aurais reçu trop tard. C’était donc système D : sac isotherme et bouteille de 50 cl d’eau glacée. Ca a marché j’ai tenu toute la semaine comme ça. Maintenant j’emmène mon tire-lait au boulot (toujours avec mon sac isotherme et la bouteille d’eau glacée), je tire à 11h30 et à 15h.

J’ai de la chance d’avoir un responsable papa de 2 enfants qui soutient complètement les mamans allaitantes. Il me permet d’utiliser une salle de réunion attenante. J’ai la clé de la salle et j’y vais quand j’en ai besoin, je m’y enferme et tire tranquillement en écoutant de la musique. Il me permet également de m’éclipser des réunions pour « faire ce que j’ai à faire », que c’est plus important pour le moment et que je m’occuperai du travail après.

  • Quelles ont été vos principales difficultés ?

Après les premiers mois difficiles, la première semaine de garde complète a été très angoissante pour moi. Mon fils ne buvait « que » 2 biberons de 80 ml chez la nounou sur 9 heures de garde et ne voulait plus téter le soir. Il ne faisait que dormir, et a même recommencé à faire ses nuits cette semaine là . J’étais vraiment inquiète, je pensais qu’il ne voulait plus téter. En plus de ça, il avait perdu du poids à la visite mensuelle chez le pédiatre, lui qui m’avait habituée à prendre quasiment 1 kg par mois, j’ai vraiment eu peur qu’il ne boive pas assez. Avec le recul je me dis que dormir beaucoup était sa manière à lui de s’adapter à tous ces chamboulements dans sa vie, le fait d’être avec quelqu’un d’autre que maman, les biberons, s’endormir autrement qu’au sein.
Puis il a repris appétit et s’est remis à téter une à deux fois la nuit. Maintenant on a retrouvé un rythme plus régulier : 2 tétées le matin, 2 biberons de 150 ml + 1 variable (80 à 120ml) pour le goûter, 2 tétées le soir. Il finit rarement le bib du gouter, comme s’il savait que maman allait bientôt venir le chercher 🙂 et redort la nuit jusqu’à 5-6h du matin.

Suite à la semaine de formation (et sans doute le stress de la semaine de reprise et la fatigue) j’ai senti une baisse de lait, je n’arrivais plus à tirer assez le midi. Comme je rentrais plus tard le soir, je ratais la tétée (papa donnait le bib à la place). Je tirais quand même mon lait en rentrant mais ça ne donnait plus grand chose. En plus, mon fils réclamait à téter 2 fois le matin donc je ne tirais plus rien le matin, et la nounou me disait qu’il fallait remplir les biberons… Mon stock de lait au congélateur m’a été bien utile. J’ai ajouté un tirage l’après-midi, commencé une cure de fenugrec (en gélules 4g par 24 heures). Ca fait une semaine et je sens que ça revient je tire largement ce qu’il faut.

  • Quels ont été vos meilleurs moments ?

La tétée de retrouvailles quand je vais le chercher le soir ! Avant je m’occupais pendant les tétées (bouquin, téléphone), maintenant je savoure le moment et regarde mon fils, lui prends la main, lui caresse les cheveux.

J’aime aussi les tétées dodo, devenues rares maintenant qu’il s’endort seul dans son lit avec sa berceuse.

  • Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

Lire vos livres et votre blog pour prendre le maximum d’informations avant de décider. Les témoignages des mamans m’ont bien inspirée aussi, il y a pleins de bonnes idées et d’astuces pour s’organiser avant la reprise.

Ne pas culpabiliser car on n’a pas toutes la chance de pouvoir tirer son lait confortablement au travail, l’allaitement mixte est aussi un moyen de poursuivre. C’est ce que j’envisage si je n’arrive plus à tirer assez la journée.

Echanger avec d’autres mamans allaitantes ou pas c’est super important de se soutenir et se rassurer.

Témoigner après car ça aidera d’autres mamans qui doutent.

  • Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Oui sans hésiter. Je suis consciente que j’ai vraiment de la chance d’être soutenue tant au travail qu’à la maison.

Je pense que je prendrais un congé parental s’il y a un 2ème bébé, pour allaiter tranquillement au moins jusqu’à ses 6 mois.

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Aujourd’hui je vous propose le témoignage de Tiphaine qui a lancé une relactation alors qu’elle avait repris le travail. Un grand bravo à elle !

relactation« J’ai allaité exclusivement ma fille jusqu’à ses 2,5 mois puis allaitement mixte jusqu’à ses 4,5 mois (2 tétées et 2 biberons de « lait » en poudre) car j’ai du prendre de la cortisone.
J’ai ensuite sevré complètement Alix, une semaine après avoir repris le travail et pour commencer un autre traitement médical.

J’ai adoré allaiter et me suis donnée beaucoup de mal pour persévérer (tout en souffrant) et mettre de côté les médicaments… J’ai donc été triste et n’ai pas tellement bien vécu le sevrage alors que mon allaitement se passait super bien.
Un soir, en exprimant mes seins, j’ai vu que je perdais encore du lait et j’avais entendu qu’on pouvait relancer sa lactation après plusieurs mois d’arrêt. Je me suis donc mis dans la tête que je voulais allaiter de nouveau ma fille, sevrée depuis deux mois et qui connaissait le biberon depuis ses 2,5 mois.

J’ai donc pris contact avec Véronique Darmangeat qui m’a bien aidée et soutenue pour relancer ma lactation.
J’ai loué un tire-lait électrique double pompage et j’ai tiré entre 6 à 8 fois par jour mon lait. Très dur avec les journées de travail et m’occuper de mes deux enfants (Alix 7,5 mois et Mathias 2,5 ans).
J’ai persévéré pendant 10 jours à tirer dès que je pouvais, je rentrais le midi pour tirer car j’habite à 10 min en voiture de mon lieu de travail et j’ai tiré 1 fois la nuit 5 nuits pour stimuler d’avantage ma lactation.

Au début je tirais 2-3 gouttes, c’était déprimant…les premiers jours ont été très durs physiquement et moralement et Alix ne voulait pas téter puisqu’il n’y avait que trois fois rien qui sortait.
Sur les conseils de Véronique, j’ai pris des gélules de fénugrec, bu des tisanes d’allaitement et pris de la dompéridone sur la prescription de mon médecin. Les tirages, plus les plantes etc., ma lactation est montée en flèche ! Et Alix a pu téter au bout 10 jours !
Première tétée, 3 minutes, puis 5, puis 10 min et c’était réparti !
Nous avons repris toutes les deux confiance en nous et le tour était joué. Je n’ai jamais forcé Alix et j’ai laissé tomber le sein 2-3 jours car Alix hurlait dès que je la mettais au sein… J’ai beaucoup douté mais nous y sommes arrivées !

Aujourd’hui, Alix a 7,5 mois et tète le matin et le soir en semaine et tète le midi en plus le week-end.
Je tire mon lait tous les midis au bureau (l’infirmière, contre toute attente, a accepté que je tire mon lait sur place) et une fois avant de me coucher. Ce lait, je l’apporte à la crèche pour le repas du midi et le goûter d’Alix. Je continuerai l’allaitement jusqu’à ce que je puisse satisfaire ma fille et que le sevrage se fasse naturellement ou que cela vienne d’elle et non un sevrage « bête » et forcé.

Ce témoignage s’adresse à toutes les mamans qui souhaitent redonner le seins à leurs bébés après un sevrage total de plusieurs mois. Tout est possible ! Il faut juste persévérer, ne pas stresser (facile à dire 😉 ) et surtout garder confiance en soi et en son enfant ! »

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Quel choix avez-vous fait au moment de la reprise du travail : sevrage ou poursuite de l’allaitement ? Pourquoi ?

J’ai du reprendre le travail quand ma fille avait trois mois. Je voulais garder les tétées du matin et du soir, mais je ne savais pas encore que donner en journée. Au hasard de discussions et de lectures sur le net, j’ai appris qu’on pouvait tirer son lait et même découvert qu’une collègue avait tiré son lait au travail !

J’ai donc décidé de tenter l’aventure du tire-lait pour éviter au maximum la préparation pour nourrisson.

Comment vous êtes-vous organisée ?

J’ai beaucoup de trajet entre mon domicile et mon travail. Au début de ma reprise, nous avions décidé de prendre une assistante maternelle à coté de mon travail. Je faisais donc le trajet -1h15 en train- avec ma fille matin et soir. Je donnais donc la tétée du matin dans le train, et celle de retrouvailles aussi !

Avant mon congé maternité, j’ai entendu au cours d’un déjeuner des collègues parler de tire-lait. Une d’elle venait de rentrer de congés maternité et racontait ses malheurs à la pharmacie avec le tire-lait. Je crois que c’est ce qui m’a mis la puce à l’oreille ! Après la naissance de ma puce, j’ai appelé cette collègue et demandé comment elle s’était organisée. Elle m’a dit n’avoir pas demandé officiellement sa pause tire-lait et avoir fait cela dans son bureau, porte et volets fermés.

Chez moi, j’avais loué un tire-lait dans la pharmacie de la petite ville où j’habite. J’ai eu droit à un vieux Kitett que j’ai laissé dans le salon pendant plusieurs jours. Il m’a fallu du temps avant de « l’apprivoiser ». Je me suis enfin décidé un jour aux environs des deux mois de ma fille- à tirer, pour faire des réserves. C’était assez contraignant et je n’en ai pas fait beaucoup.

Une à deux semaines avant ma reprise, le papa a commencé à donner quelques biberons. C’est moi qui ai essayé de donner le premier, qui n’est pas passé du tout ! Mais le papa a donné le second un moment où je m’étais absentée et cela s’est très bien passé. Nous avons donné quelques biberons avant la reprise, mais pas un par jour, faute d’organisation et nous n’étions pas inquiets du tout.

A cause de la distance, je n’ai pas pu faire une réelle semaine d’adaptation, cela a été en fait deux après-midi, qui se sont bien passées, puis on est passé directement à des journées de 9 h de garde.

Au travail, j’ai commencé à tirer mon lait avec le Kitett que j’avais transporté tant bien que mal. J’ai la chance d’avoir un bureau individuel. Je fermais les stores et la porte de mon bureau à clef et je tirais deux fois par jour. C’était assez long et laborieux, mais comme c’était un simple tirage, j’avais une main de libre, et j’en profitais pour lire les mèls ou lire des documents. Je m’arrangeais pour avoir des choses à lire et préparer tout sur mon bureau avant de tirer. La nounou avait accepté de donner le lait maternel et elle a très vite compris les règles à respecter et l’organisation à adopter. Au début je précisais tout, et puis en quelques jours, je lui donnais le lait tiré et elle gérait elle-même.

Je mettais mon lait dans des petits pots Avent, que l’on peut mettre au frigo, au congélateur et au bain-marie ou chauffe-biberon pour faire réchauffer. Je notais dessus la date et la quantité, au crayon à papier, qui se gommait ensuite.

Mais les premiers jours de garde, ma fille s’est révélée être un ogre ! Elle buvait beaucoup et mes quelques réserves de lait du congé maternité se sont vite épuisées. Je fonctionnais alors en « flux tendus », lait tiré la veille pour le lendemain. Avec la reprise, le changement de rythme et la fatigue, je tirais beaucoup moins de lait, et pas assez pour une journée (deux fois 240 mL !). J’ai dû la mort dans l’âme aller acheter une boite de lait en poudre pour compenser. J’ai alors recherché des informations sur le net et c’est là que j’ai découvert le blog A tires d’ailes. Il m’aurait bien servi quelques mois plus tôt, mais c’était déjà super de le trouver !

Depuis, mon aventure a pris un autre tournant. J’ai été louer un Medela double pompage, j’ai pris du fenugrec Le lait a été plus abondant, même si pas toujours suffisant pour la journée. J’ai gardé un petit tire-lait électrique simple pompage pour la maison, et tiré un peu les week-ends pour avoir du rab pour la semaine. Je laissais toujours une boite de préparation pour nourrisson à la nounou au cas où, mais j’étais très fière quand ma fille passait plusieurs jours sans l’utiliser.

Nous avons changé d’organisation autour des neuf mois de notre fille. En effet, la fatigue me gagnait et j’étais proche de l’épuisement. Levers à 6 h, nuits interrompues, pas une minute de répit entre le travail et le rôle de maman. Sitôt levée, sitôt sortie du bureau, j’avais ma fille. Même si c’était génial de passer du temps avec elle, j’étais épuisée. Nous devions déménager, mais cela s’est éternisé. Nous avons donc changé à regret de nourrice et pris une assistante maternelle à coté de la maison. C’est désormais son père qui lève notre fille le matin et l’emmène chez la nourrice et moi qui la récupère le soir. Cela me permet d’avoir un temps pour moi dans le train et de dormir si nécessaire ! C’en était donc fini des tétées du matin. Moi qui voulais arrêter le tire-lait, j’ai décidé de continuer, pour fournir au moins un biberon de lait maternel le matin. Je ne tire plus que sur ma pause de midi (d’ailleurs j’ai dépassé les un an de pause légale). Au goûter, elle prend un yaourt. Et garde sa tétée le soir ! J’ai choisi de continuer le tire-lait pour éviter aussi la baisse de lactation. Il y a eu des hauts et des bas, principalement motivés par le retour de couches (vers les dix mois) et avant les règles. Dans ces cas-là , le fénugrec ne faisait pas d’effet.

Les week-ends et vacances, ma fille tète à la demande (assez régulée par les heures des repas/gouters). Ce qui permet, entre autres bons moments passés, de relancer un peu la lactation. Et j’allaite encore ma fille qui a bientôt quinze mois !

Quelles ont été vos principales difficultés ?

Le tire-lait : le voir, se décider à l’utiliser. Vaincre la barrière « psychologique » de se mettre une machine sur les seins. Encore pire avec le Kitett de l’avant-guerre !

Les baisses de lait à cause de la fatigue, et les tentatives de relancer la lactation, quand on ne peut pas mettre bébé au sein aussi souvent qu’on le souhaite.

Le questionnement de départ sur « combien va-t-elle prendre » et la quantité de lait à fournir. Le manque de lait et l’achat de poudre.

La motivation pour tirer son lait quand on est prise par une journée de boulot.

Quels ont été vos meilleurs moments ?

Les tétées de retrouvailles dans le train !

Les tétées du soir quand ma fille s’endormait sur ma poitrine.

Les week-ends tranquilles où ma fille tète à volonté, et lève la tête pour me regarder avec un grand sourire !

Quand ma fille a refusé le biberon vers ses douze mois. Elle prend maintenant le lait du matin avec une bouillie de céréales. Je n’ai plus peur de confusion sein-tétine !

Le peu de maladies durant la première année, et le premier hiver.

Le fait de n’avoir jamais préparé un biberon !

Pouvoir encore allaiter maintenant !

La praticité des départs et des grands voyage : pas de biberons à emporter, ni d’eau, de boites de poudre. Si elle râle, on fait un pause, elle tète, et ça repart !

Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux mamans qui doivent faire un choix dans les semaines à venir ?

De bien se renseigner avant de se décider, pour prendre leur décision en connaissant toutes les possibilités, pour que ce soit vraiment un choix et pas une solution par défaut.

D’essayer quand même de tirer son lait, même si elles donnent du lait artificiel en complément, pour entretenir la lactation.

De bien se renseigner à leur travail pour connaitre les conditions de tirage/d’absence pour allaiter leur bébé.

Ce serait à refaire, vous referiez le même choix ? Que changeriez-vous ?

Je continuerais à allaiter mon prochain bébé le plus longtemps possible !

Ce que je changerai :

– je ferai plus de réserves avant la reprise ;

– je n’introduirai pas de biberons mais j’essayerai la pipette, le verre ou la tasse à bec (pour que ce soit pratique pour la nounou aussi) ;

– Dans l’idéal, je prendrais un congé jusqu’aux six mois de bébé pour pouvoir allaiter exclusivement sans tire-lait

Pour résumer, je dirais que l’allaitement est un long chemin, avec toujours une surprise au bout ! Aujourd’hui, j’ai eu l’impression d’être partie pour monter jusqu’au sommet de l’Everest, en me préparant comme si je partais pour une promenade en campagne, avec juste une paire de basket. Mais j’ai eu la chance de trouver des « refuges » tout au long du chemin pour mieux m’équiper (en information).

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